エピソード

  • Pour couvrir les besoins de l'Europe, la Norvège va rouvrir trois anciens champs gaziers
    2026/05/14

    Devenue le plus gros fournisseur de gaz naturel de l'UE depuis l'invasion russe de l'Ukraine, la Norvège propose d'augmenter sa production afin d'assurer la sécurité d'approvisionnement de ses voisins européens. C'est essentiel pour la Norvège et pour l'Europe, a martelé récemment le Premier ministre norvégien. De quoi s'agit-il ?

    Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ont montré la vulnérabilité du continent européen en matière d'approvisionnement énergétique. Actuellement, le gaz fourni par la Norvège à l'Union européenne couvre près d'un tiers de ses besoins.

    La vulnérabilité énergétique de l'Europe

    Parmi les autres fournisseurs figurent les États-Unis, l'Algérie, le Royaume-Uni, l'Azerbaïdjan, le Qatar, mais aussi la Russie. Ces dernières années, les États membres ont pourtant réduit leur dépendance à l'égard du gaz russe.

    Mais se couper du gaz russe prendra du temps. Tirées par la France, l'Espagne et la Belgique, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe par l'Union européenne ont ainsi augmenté de 16% au premier trimestre 2026, pour atteindre presque 7 milliards de m3, un record depuis 2022.

    L'exploitation des vieux champs gaziers reprend

    Pour fournir l'Union européenne, la production norvégienne tourne déjà à plein régime. Situés à moins de dix kilomètres à l'ouest du gigantesque gisement Ekofisk, trois champs gaziers fermés en 1998 abritent toujours du gaz. Entre 90 et 120 millions de barils équivalent pétrole pourraient être ainsi fournis. L'exploitation de ce site nécessitera près de 2 milliards d'euros d'investissement et sera conduite par le groupe américain ConocoPhilips. Elle débutera en 2028 et durera jusqu'en 2048. Oslo propose aussi à la prospection 70 nouveaux sites en mer du Nord, mer de Norvège et mer de Barents.

    Les ONG sont déçues

    La décision de la Norvège frustre les organisations écologistes norvégiennes. Selon elles, le gouvernement norvégien accentue la dépendance mondiale aux énergies fossiles au lieu d'assurer la transition énergétique de l'économie.

    À lire aussiLe gaz naturel liquéfié russe importé dans l'Union européenne atteint un niveau record depuis 2022

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  • Les acteurs de la filière coton oscillent entre euphorie et inquiétude
    2026/05/13

    Les prix du coton poursuivent leur ascension. La tendance qui se dessine depuis début février se confirme et redonne le sourire aux acteurs de la filière. Cette évolution des cours est saluée sur le continent africain.

    Cette évolution des cours est une bonne nouvelle pour l'Afrique : les cours, qui évoluent en ce moment autour de 85 cents la livre – contre 65 cents la livre début janvier – sont enfin passés au-dessus du coût de revient. Ce qui n'était pas le cas il y a quelques semaines encore.

    Les volumes d'Afrique de l'Ouest ont eu du mal à se vendre cette année en raison de cours mondiaux écrasés par l'abondance de coton brésilien, qui n'ont pas été suffisamment rémunérateurs pour les pays producteurs, notamment pour ceux du continent africain : partout où les prix garantis aux cotonculteurs étaient fixés pour toute la durée de la campagne, ils ont été trop décalés, trop élevés par rapport au niveau du marché.

    La remontée des cours redonne l'espoir aux sociétés cotonnières d'équilibrer leurs comptes pour la saison qui se termine, comme le relève Mambo Commodities dans sa dernière lettre de marché.

    Des acheteurs frileux devant les prix

    Ce qui assombrit le tableau, c'est que l'industrie de la filature ne se précipite pas pour acheter du coton. On s'approche de plus en plus d'un prix d'un dollar la livre, un seuil psychologique pour les industriels. « Certains acheteurs se renseignent et renoncent finalement », confie un de nos interlocuteurs. Les filatures sont d'autant plus réticentes à acheter qu'elles ont beaucoup souffert économiquement de la baisse de la demande textile ces dernières années, n'arrivant plus à vendre le fil à un prix suffisant pour assurer leur rentabilité.

    « Le négoce est scotché », résume un négociant en coton. Mais rien n'est figé. Le ministère américain de l'Agriculture (USDA) prévoit pour cette campagne une demande qui devrait rester bonne chez les cinq plus grands importateurs – en tête le Vietnam qui pourrait acheter, selon l'USDA, jusqu'à 8 millions de balles, soit un record si cela se confirme –, ce qui plaide pour des prix qui pourraient se maintenir, au moins à leur niveau actuel. Dans cette équation, il faudra cependant intégrer l'Inde – 6e importateur mondial –, qui pourrait acheter moins, « deux fois moins » selon les prévisions du ministère américain de l'Agriculture.

    Une production en baisse de 5%

    L'autre point qui pèsera dans la balance des prix de 2026, c'est la production. Le ministère américain de l'Agriculture a revu ses prévisions à la baisse, selon les derniers chiffres mensuels sortis cette semaine : la récolte mondiale devrait chuter cette année de 5% pour atteindre 116 millions de balles, en raison de productions plus basses en Australie, au Brésil, en Chine, au Pakistan, en Turquie et aux États-Unis.

    Ces baisses constituent un signal positif pour les prix, tout comme l'est aussi la flambée des prix des fibres synthétiques qui suivent ceux du pétrole, et la perspective du retour du phénomène climatique El Niño. L'équation est comme toujours complexe, d'où les doutes qui demeurent sur la pérennité des niveaux de prix actuels, selon Mambo Commodities.

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  • Le secteur du diamant d'Anvers, en Belgique, retrouve des couleurs
    2026/05/12

    Le volume total de diamants échangés à Anvers, en Belgique, a augmenté de 20%, au premier trimestre 2026, par rapport à la même période l'année dernière. Ce chiffre est même de 35% pour les importations de pierres brutes, par opposition aux pierres taillées.

    Cette augmentation de l'activité à Anvers n'est pas directement liée à la guerre au Moyen-Orient : elle a débuté à l'été 2025 et s'est réellement consolidée au mois de décembre. Le Centre mondial du diamant d'Anvers (AWDC) explique cette relance du commerce par une série de mesures prises pour renforcer l'attractivité du secteur belge.

    Parmi ces mesures, on peut citer l'introduction d'une directive sur les visas plus efficace pour faciliter l'accès des négociants étrangers à un titre de séjour temporaire ou encore des procédures de recrutement de travailleurs étrangers spécialisés, simplifiées depuis le 1er janvier. « Avec ces facilités, les négociants sont moins tentés de délocaliser leur activité », explique un des représentants du secteur.

    Impact de guerre au Moyen-Orient

    Le conflit au Moyen-Orient a joué tout de même un rôle. La guerre a affecté de nombreux flux, y compris ceux des pierres précieuses. Ces dernières années, Dubaï est devenu une place importante du négoce de diamants. Mais ce hub a été mis à l'épreuve avec la guerre.

    L'interruption temporaire des vols et les craintes sécuritaires ont réorienté une partie des flux de pierres vers la ville d'Anvers, la stabilité étant un des critères qui compte pour les négociants. Difficile cependant de chiffrer l'impact précis sur l'activité à Dubaï, la capitale économique des Émirats arabes unis ne publiant pas ses chiffres.

    Dubaï, un hub du diamant

    Malgré le contexte actuel, Dubaï est loin d'avoir perdu sa place. L'émirat offre toujours une fiscalité très avantageuse et toutes les facilités administratives nécessaires à l'installation d'une société, et ce en particulier depuis la mise en place d'une zone franche dédiée aux traders en matières premières : le Dubai Multi Commodities Centre (DMCC).

    La règlementation en terme de transparence financière et de traçabilité des pierres y est également beaucoup moins contraignante qu'en Belgique. Autre avantage : Dubaï est situé au croisement des marchés occidentaux, des producteurs africains et à seulement 3 heures d'avion de l'Inde, le pays où sont taillées la majorité des pierres. « Certains commerçants et négociants ont trop investi pour se retirer définitivement », résume un de nos interlocuteurs, même si la durée du conflit au Moyen-Orient a de quoi les rendre nerveux.

    À lire aussiLe Canada, un géant mondial du diamant aux mines vieillissantes

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  • Au Moyen-Orient, les exportations de charbon dopées par le manque de gaz
    2026/05/11
    Le manque de gaz du Moyen-Orient dope la demande en charbon. C'est ce que montrent les chiffres du commerce mondial : alors qu'à cette période de l'année, les achats de combustible ralentissent généralement, les pays de l'hémisphère Nord sortant de leur période de chauffe, la tendance est différente cette année. Pourtant plus polluant que le gaz ou le pétrole, le charbon thermique a de nouveau la cote, pour assurer une production stable d'électricité. Les importations du mois de mai pourraient atteindre 460 000 tonnes, soit un des trois plus hauts niveaux jamais enregistrés en un mois, selon les données maritimes de Kpler, rapportées par le Financial Times. Sans grande surprise, les achats ont augmenté en Asie, une région du monde particulièrement dépendante en gaz du Moyen-Orient. Des pays qui limitaient l'utilisation de ce combustible, ou avaient mis en pause des centrales à charbon, ont renoncé à leurs bonnes intentions. On peut citer la Thaïlande, la Corée du Sud, le Vietnam ou encore le Japon. Le mois dernier, les exportations de charbon vers l'UE ont aussi augmenté de plus d'un quart. Forte demande chinoise La Chine, plus grand pays consommateur au monde, est aussi responsable de ce boom du commerce du charbon. L'industrie chinoise a notamment augmenté ses importations depuis le début du conflit au Moyen-Orient, pour fabriquer des produits pétrochimiques : il existe en effet une chimie du charbon qui permet d'obtenir des dérivés d'ordinaire issus du gaz et du pétrole. Selon le quotidien britannique, cette demande chinoise a contribué à faire bondir les prix de référence du charbon en Asie à leur plus haut niveau depuis deux ans. Ce n'est pas exclu qu'ils connaissent un nouveau sursaut, à l'approche de l'été : la mise en route des climatiseurs pèse sur la demande en électricité. Prix du charbon et prix du fret en hausse Cette hausse de la consommation se traduit dans les prix. Les cours connaissent leur plus forte hausse depuis la guerre en Ukraine. À cette période, les prix avaient littéralement explosé suite à la volonté des Occidentaux de limiter leur dépendance au gaz et au charbon russes. Cette augmentation intervient dans un marché déjà tendu en raison de restrictions à l'exportation mises en place par l'Indonésie, le plus grand exportateur mondial de charbon thermique. La demande a aussi un impact sur les taux de fret maritime : selon l'agence de tarification Argus Media, le transport de charbon au départ de l'Indonésie a augmenté, entre mai et février, de 60 à 75 %, tandis que celui au départ de l'Australie a grimpé de 40 à 50 %. À lire aussiLe charbon vert, une alternative
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  • La potasse, nouvelle arme commerciale du bras de fer entre les États-Unis et l'Europe?
    2026/05/10

    Le prochain bras de fer commercial entre l’Europe et les États-Unis pourrait concerner les engrais agricoles. Et plus précisément la potasse, un minerai méconnu du grand public, mais absolument vital pour l’agriculture mondiale et dont les Américains sont très dépendants. Les États-Unis importent plus de 90 % de leur consommation de potasse. Une vulnérabilité majeure pour la première puissance agricole mondiale et un moyen de pression potentiel contre le pays.

    En novembre dernier, Washington a ajouté la potasse à sa liste des minéraux critiques, aux côtés du lithium ou du nickel. Si cette matière première est désormais considérée comme « essentielle à la sécurité économique et nationale » des États-Unis, c’est parce qu’elle est devenue un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire du pays.

    La potasse permet d’enrichir les sols et de maintenir les rendements agricoles, notamment pour le maïs, le soja ou le blé. Sans elle, les coûts des engrais explosent et la production peut rapidement chuter. Or les réserves mondiales sont concentrées dans une poignée de pays, au premier rang desquels le Canada, premier producteur mondial.

    Les États-Unis sont donc extrêmement dépendants : plus de 90 % de leur consommation est importée, principalement depuis l’Ouest canadien, dans la province de Saskatchewan, qui concentre à elle seule une grande partie des réserves mondiales exploitables.

    Point de vulnérabilité

    Dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec Donald Trump, plusieurs capitales européennes cherchent à identifier les points faibles des chaînes d’approvisionnement américaines. L’idée n’est pas forcément de déclencher une guerre commerciale, mais d’avoir des leviers dans les négociations.

    Et parmi les vulnérabilités identifiées : la potasse. L’Allemagne estime avoir une carte à jouer via le groupe minier K+S, présent lui aussi en Saskatchewan avec sa propre exploitation. Mais toucher aux exportations de potasse serait politiquement très sensible au Canada. La Saskatchewan, province très conservatrice et fortement dépendante du secteur minier en termes de ressources et d'emplois, refuse toute idée de taxe ou de restriction sur ses exportations.

    Diversifier les approvisionnements

    Oui, parce que dans un contexte de hausse des prix des engrais et de tensions sur l’approvisionnement, les Américains cherchent des alternatives. Les États-Unis regardent de nouveau vers la Biélorussie, autre géant mondial de la potasse, longtemps sanctionné par les Occidentaux en raison de sa proximité avec Moscou.

    Certaines sanctions américaines ont récemment été assouplies envers le pays afin de sécuriser cet approvisionnement stratégique. Washington réfléchit même à investir directement dans une mine biélorusse de potasse, un scénario encore inimaginable il y a deux ans.

    À lire aussiLe monde peut-il se passer de la potasse biélorusse?

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  • La Chine accusée de fraude à l'étiquetage de ses légumes qui transitent par le Vietnam
    2026/05/07

    C'est un autre aspect de la mondialisation : une affaire de tromperie sur l'origine de produits agricoles. L’affaire a été dévoilée récemment par The Guardian. D’après le quotidien britannique, Taïwan accuse la Chine de « blanchir » ses légumes en les faisant transiter par le Vietnam. Il n’est pas question d'une recette de cuisine. L'accusation porte sur la provenance de ces produits.

    C'est le ministre taïwanais de l'Agriculture qui a tiré la sonnette d'alarme. Selon lui, les entreprises chinoises feraient entrer clandestinement à Taïwan des produits agricoles cultivés en Chine en les faisant transiter par le Vietnam voisin. Plusieurs légumes sont concernés, tels que le chou chinois et les champignons shiitake. Ces produits seraient reconditionnés au Vietnam et réexpédiés à Taïwan sous une étiquette vietnamienne.

    Les produits de la Chine continentale interdits à Taïwan

    Depuis des années, les relations entre les deux pays sont exécrables. Le secteur agricole est souvent victime de mesures de rétorsion réciproques. En 2021, sous un prétexte sanitaire, Pékin a suspendu l'importation des ananas en provenance de l'île rebelle. En 2024, Taïwan a interdit l'importation de plus de 1 000 produits chinois issus de l'agriculture et de la pêche. Mais les entreprises chinoises auraient trouvé la parade pour contourner cette interdiction en faussant l'origine de leurs produits.

    À écouter dans Grand reportageTaiwan secoué par les infiltrations chinoises

    Un certificat d'origine vietnamien

    Selon une députée taïwanaise du Parti démocrate progressiste, citée par le quotidien britannique, il est très facile de se procurer un certificat d'origine vietnamienne officiel pour environ 410 dollars. Taipei n'hésite pas à comparer ce procédé au blanchiment d'argent. Parmi les moyens de contrôle évoqués par le ministère figure une surveillance aérienne qui devrait permettre de cartographier la quantité de produits en provenance de certaines régions du Vietnam. Si le volume exporté vers Taïwan dépasse un certain seuil, les contrevenants risquent de lourdes sanctions.

    Des cas de fraude en Europe

    Ce type de fraude n'est évidemment pas nouveau. En Europe, des cas de fraude à l’origine existent aussi. Exemple, dans le secteur de l'avocat. Des fruits produits au Maroc sont ainsi « hispanisés », c'est-à-dire vendus sous une étiquette espagnole, et parfois même « bio », alors qu'ils ne le sont pas. « Les volumes en jeu ne sont pas neutres, même s'ils sont en régression », précise un expert du secteur.

    Le plus souvent c'est le consommateur qui trinque. On lui vend plus cher un produit qui est à l'origine moins onéreux et ce sous une étiquette trompeuse. Autre exemple : du vin espagnol étiqueté français, une fraude massive épinglée par Bercy dans le sud de la France, en 2018.

    Mais aussi des sauces et des concentrés de tomates vendus dans des supermarchés en Europe sous une étiquette italienne, derrière laquelle se cachent des tomates cueillies en Chine par des travailleurs forcés ouïghours. Un procédé toujours en cours, alors qu'à compter du 14 décembre 2027, les produits issus du travail forcé ne pourront plus être mis en circulation sur le marché de l'Union européenne.

    À lire aussiL'UE veut bannir les produits issus du travail forcé, notamment la production ouïghoure

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  • Le destin de la noix de cajou perturbé par la guerre au Moyen-Orient
    2026/05/06

    C’est un petit fruit sec, mais il souffre lui aussi des turbulences engendrées par le conflit du Moyen-Orient : la noix de cajou ou l’anacarde, comme on l’appelle souvent en Afrique. Deux géants du secteur, l’Inde et le Vietnam sont directement touchés par les tensions autour du détroit d’Ormuz.

    L'inde et le Vietnam sont les deux poids lourds asiatiques, grosso modo les deux principaux importateurs de noix brutes, qu’ils décortiquent dans leurs usines et réexportent en partie ou en quasi-totalité - sous forme d’amandes - sur le marché mondial. C’est là que la conséquence de la guerre se fait sentir car le Vietnam écoule 10% de sa production au Moyen-Orient et l’Inde y exporte la moitié environ de ce qu'elle commercialise.

    Les statistiques du premier trimestre, depuis peu disponibles, attestent d’un ralentissement brutal des achats des pays du Golfe : en mars, premier mois du conflit, l’Inde n’a expédié que trois conteneurs d’amande de cajou vers les Émirats arabes unis, son plus gros client, aucun vers le Qatar, Bahraïn, l’Irak et l’Iran, qui sont pourtant des clients importants de l’industrie indienne, précise le dernier bulletin du service agricole N’Kalô qui a compilé les données de ces deux pays. Sur l’ensemble du premier trimestre, la baisse des achats est sensible dans tous les pays du Golfe persique, y compris à Oman, en Arabie saoudite, ou encore au Koweït.

    Hausse de stocks au Vietnam et en Inde.

    Ces géants de la transformation de l'anacarde n'avaient pas anticipé la quasi fermeture d'un de leur marché, et avaient au contraire acheté beaucoup de noix brutes avant que le conflit n’éclate. Les importations indiennes du premier trimestre ont atteint plus de 255 000 tonnes, - de Tanzanie et du Mozambique pour des raisons de calendrier agricole - c’est beaucoup plus que les années précédentes.

    Comme l’Inde a vu sur les trois premiers mois ses exportations globales baisser d’environ 20%, son niveau des stocks est élevé, comme au Vietnam qui a été bien approvisionné également au premier trimestre.

    À lire aussiLa demande états-unienne, la grande inconnue du marché de la noix de cajou en 2026

    Demande qui faiblit pour la noix africaine

    Conséquence de cette situation, la demande pour la noix de cajou ouest-africaine est faiblarde. Les acheteurs indiens et vietnamiens sont moins pressés de souscrire des contrats d’approvisionnement à long terme, et plus durs en affaire. Les industriels occidentaux aussi sont prudents et passent leurs commandes au fur et à mesure, ne sachant pas à quoi va ressembler la demande dans les prochains mois.

    Difficile de dire précisément quelle va être la production ouest-africaine cette année, à ce stade, mais elle ne sera peut-être pas si mauvaise que certains ne le pensaient : en Côte d’Ivoire près d’un million de tonnes auraient déjà été commercialisées, ce qui correspondrait à peu près au volume de l’année dernière, selon les sources de N'kalô. Si l'offre est bonne et la demande en diminution, les prix devraient baisser. Cette baisse est déjà perceptible chez les pays producteurs et « ce n’est peut-être que le début » prévient Pierre Ricau, analyste senior de N'kalô.

    À lire aussiAnacarde en Côte d'Ivoire: vers un renforcement de la transformation locale?

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  • La hausse des cours du maïs se poursuit, en particulier en Europe
    2026/05/05

    Les prix du maïs européen continuent de grimper dans un marché mondial stressé à la fois par le climat, le coût des engrais et la hausse des cours du pétrole. En Europe, certains contrats d'achat de maïs ont atteint leur plus haut niveau depuis deux ans.

    La hausse des prix est très marquée sur le maïs issu de la dernière récolte, c'est-à-dire pour les grains prêts à être exportés. En moins d'un mois, leur cours a augmenté de plus de 20 euros la tonne à Bordeaux, l'un des points d'entrée et de sortie en Europe, selon les données d'Argus Media France.

    Cette hausse n'est pas directement liée à la guerre au Moyen-Orient, puisqu'on parle de grains qui ont déjà été récoltés, mais elle reflète une impression de rareté : « L'offre européenne n'est pas fantastique », résume Gautier le Molgat, directeur d'Argus Media France. Plusieurs fournisseurs des 27 sont moins présents. C'est le cas de l'Ukraine, qui accuse des retards logistiques : « Les chiffres d'exportation du printemps sont beaucoup plus faibles qu'attendus. »

    La tentation de l'éthanol

    Les Européens espéraient aussi acheter plus aux États-Unis et au Brésil, mais ces deux pays ont alloué une part importante de leur récolte à la transformation en éthanol. La guerre en Iran et la hausse du pétrole ont renforcé l'intérêt pour les carburants alternatifs, ce qui a capté une partie du maïs destiné à l'alimentation animale et humaine.

    Devant cette moindre disponibilité, les prix à la bourse de Chicago ont atteint leur plus haut niveau depuis un an, alors qu'en Europe, le maïs acheté pour une livraison en juin a retrouvé son niveau de mai 2024. Ce sentiment de manque de grains jaunes pousse d'ailleurs des fabricants européens d'aliment bétail à se reporter en partie sur d'autres céréales, comme le blé.

    À lire aussiExceptionnellement, le cours du maïs européen plus haut que celui du blé

    Réduction des surfaces plantées

    Les prix de la prochaine récolte, qui est en train d'être semée, sont aussi en hausse : il est question là des grains commercialisés aujourd'hui, mais qui seront livrés à partir de novembre. Cette future récolte européenne s'achète à un prix qui reflète la baisse attendue des surfaces. En France, par exemple, elles s'annoncent en chute d'environ 15% par rapport à l'an dernier – qui avait été une très bonne année. Même tendance en Roumanie, l'autre grand producteur européen : les surfaces devraient être au plus bas depuis une dizaine d'années, selon l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM).

    Cette réduction n'est pas seulement la conséquence de l'explosion du coût des intrants, mais leur hausse – de 50 à 60% selon les catégories – a évidemment conforté les intentions déjà prises par les agriculteurs de planter moins de maïs, au profit du tournesol, par exemple, ou d'une autre culture moins consommatrice d'engrais. Aux États-Unis, les prévisions anticipent également une baisse des assolements en maïs au bénéfice essentiellement du soja.

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