『Chronique des matières premières』のカバーアート

Chronique des matières premières

Chronique des matières premières

著者: RFI
無料で聴く

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

France Médias Monde
日次 経済学
エピソード
  • La production française de maïs attendue en forte baisse en 2026
    2026/06/30

    Sous le coup d'une hausse inattendue des coûts de production en pleine période des semences, les agriculteurs français se sont largement détournés du maïs en 2026. Les deux épisodes de canicule pèsent sur le rendement des autres. Le tout pourrait provoquer une chute historique de la production nationale cette année.

    Les chiffres d'Agreste, le service de statistiques du ministère français de l'agriculture, publiés au début du mois, montrent un recul des surfaces consacrées au maïs de presque 20 % en 2026. En pleine saison des semences, les agriculteurs français se sont retrouvés confrontés à l'augmentation du prix du pétrole et des engrais en raison du blocage du détroit d'Hormuz.

    Face à cette hausse inattendue des coûts de production, beaucoup ont préféré se tourner vers le colza et le tournesol dont les surfaces ont augmenté de respectivement 11 % et 12 %.

    Une baisse de production qui pourrait atteindre 30 %

    La crainte des évènements climatiques extrêmes a aussi pesé dans ce calcul alors que le maïs a besoin de beaucoup d'eau pendant sa période de croissance (entre juin et août). Les deux épisodes de fortes chaleurs que vient de traverser la France leur ont donné raison : l'Association générale des producteurs de maïs anticipe une baisse de rendement de 15 % à 20 %.

    Cumulée avec la baisse des surfaces, cela signifie une baisse de la production qui pourrait atteindre 30 % des volumes par rapport à 2025, pour atteindre 9,5 millions de tonnes. « Un record historiquement faible depuis 26 ans », déplore Franck Laborde, président de l'Association générale des producteurs de maïs et de la Confédération européenne des producteurs de maïs.

    À lire aussiLa hausse des cours du maïs se poursuit, en particulier en Europe

    Des besoins importants en eau au moment où les ressources hydriques sont le plus sollicitées

    Ils réclament donc le soutien de l'État et de l'Union européenne, d'abord pour soulager les trésoreries. Et un accès plus large à l'irrigation pour sauver ce qui peut l'être des cultures soumises à un double choc thermique et hydrique. Problème : les besoins en eau du maïs sont importants. Il représente à lui seul un tiers des surfaces irriguées en France.

    Or les périodes de canicules à répétition, conséquences directes du réchauffement climatique, pèsent aussi sur les ressources en eau. La canicule a également provoqué une véritable hécatombe dans les élevages de poulets, dont on sait qu'ils sont l'un des principaux clients de la filière maïs, mais il est trop tôt pour en évaluer les conséquences. Seule raison de se réjouir : sur un an les prix des céréales se redressent, avec +9 % pour le maïs. Chiffre aussitôt nuancé par Franck Laborde : « Les prix observés en ferme restent en dessous des coûts de production. »

    À lire aussiAgriculture : dans le sud de la France, le grand défi du partage de l’eau

    続きを読む 一部表示
    2 分
  • L’aluminium retrouve son niveau d’avant-guerre plus vite qu’espéré
    2026/07/01

    La fermeture du détroit d’Ormuz avait provoqué une hausse brutale du cours de l’aluminium alors que la région représente 10 % de l’approvisionnement mondial. La résilience des fonderies asiatiques et du Proche-Orient avait permis d’atténuer le choc, l’accalmie géopolitique a entraîné un retour aux prix de février.

    Dans la mesure où plus de 10 % de l’aluminium consommé dans le monde proviennent des régions du Golfe, les cours s’étaient logiquement envolés au printemps. D’autant que l’Iran ne s’était pas contenté de frapper les infrastructures énergétiques des pays de la région, plusieurs fonderies d’aluminium ont également été la cible d’attaques fin mars.

    Se posait aussi la question des approvisionnements des pays du Golfe en alumine et de la capacité des producteurs asiatiques, Chine et Indonésie, à produire sans avoir accès au pétrole venu du Moyen-Orient, alors qu’on le sait la production d’aluminium est extrêmement énergivore.

    À lire aussiRisques de perturbation du marché de l'aluminium en 2026 et 2027

    Une chute des cours de 16 % en juin

    Résultat : début juin la tonne d’aluminium se négociait à plus de 3 700 dollars sur les marchés et nombre d’investisseurs pariaient que les cours allaient rapidement dépasser 4 000 dollars. Et pourtant au mois de juin, le cours de l’aluminium a chuté de 16 %, du jamais vu depuis la crise de 2008. Une chute qui s’est encore accélérée ces derniers jours : au 1er juillet, le cours de la tonne est même repassé sous la barre des 3 100 dollars, retrouvant ses niveaux d’avant-guerre.

    L’accalmie dans le conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis et la réouverture du détroit d’Ormuz explique en partie cette baisse. Mais avant cela les producteurs ont fait preuve d’une résilience qui a surpris les marchés. D’abord la Chine qui dispose d’importantes capacités de production, à tel point que le gouvernement avait imposé un quota à ses industriels pour éviter de tirer les prix vers le bas, quota vraisemblablement allégé alors que Pékin a puisé dans ses réserves pour exporter dans des proportions record.

    À lire aussiRisques de perturbation du marché de l'aluminium en 2026 et 2027

    L’alumine livrée dans les ports d’Oman et acheminée en camions

    Les pays du Golfe ont également fait preuve d’ingéniosité pour continuer à produire et s’approvisionner en matières premières : les livraisons d’alumine se sont faites via les ports d’Oman avant d’être acheminées en camion vers les différentes fonderies de la région. Certains navires ont pris des risques importants au pic du conflit pour traverser le détroit d’Ormuz en coupant leurs émetteurs et faire passer l’alumine.

    Plus récemment, la politique monétaire des États-Unis a aussi contribué à la baisse des cours : la Banque centrale américaine (Fed) entend visiblement faire son travail pour contenir l’inflation en maintenant voire en augmentant les taux. Le dollar est en hausse et les métaux, dont l’aluminium fait partie, apparaissent donc en comparaison comme un moins bon investissement.

    続きを読む 一部表示
    2 分
  • Scénario sombre pour l'anchois et l'aquaculture qui s'en nourrit
    2026/07/02

    Sans anchois, pas de farine de poisson et donc pas de saumon ou de crevette d’élevage qui s'en nourrissent. Un tiers de ces petits poissons brillants est pêché au large du Pérou, du Chili et de l’Équateur, mais les prochains mois pourraient s’avérer plus que décevants. Les captures d’anchois sont en baisse de 40 % par rapport à l’année dernière, et cela ne devrait pas s’arranger.

    L’horizon est plutôt sombre, pour ne pas dire noir. L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (Noaa) l'a annoncé jeudi 11 juin : l’épisode climatique El Niño qui est en cours et qui met l’océan Pacifique en surchauffe pourrait être d’intensité forte, voire extrême. Or un autre phénomène plus local est déjà observé depuis plusieurs mois le long des côtes du Pérou. « Il s’agit d’une anomalie thermique, encore imparfaitement comprise, qui porte le nom d'El Niño côtier », explique Arnaud Bertrand, chercheur à l'IRD (Institut de recherche pour le développement). Cette perturbation réduit la présence de nutriments dans l’eau et donc la population d’anchois péruviens.

    Si les deux phénomènes s’additionnent, « on plonge dans l’inconnu », résume l’expert de l’IRD. Or le Pérou représente environ 20 % de la production mondiale. « L’anchois pour le Pérou, c’est l’équivalent du pétrole pour l’Arabie saoudite », relève Javier Blas, éditorialiste de l’agence Bloomberg, avec des conséquences toutes aussi mondiales !

    Interdiction de pêche au Pérou

    Le Pérou a commencé par restreindre la pêche pendant quelques jours au mois de mai pour finalement l’interdire de manière « indéfinie » courant juin. Les interdictions sont fréquentes quand trop d’anchois juvéniles sont observés, mais généralement elles sont appliquées sur des zones maritimes localisées.

    Cette fois-ci, comme en 2023, les autorités de Lima ont visiblement estimé qu’il fallait une mesure plus drastique pour protéger la ressource face au scénario qui se profile. Il ne serait d’ailleurs pas surprenant pour Arnaud Bertrand que les quotas annoncés en septembre pour la deuxième saison de pêche de l’année au Pérou soient nuls ou très bas.

    À lire aussiSommet des océans à Nice: l'acidification de l'eau menace la biodiversité marine

    La farine de poisson en hausse de 80 %

    Face à ce scénario, on assiste, sans grande surprise, à un emballement des prix. Le coût de la farine de poisson sur le marché de gros a presque doublé en un an et atteint un record de près de 2 990 $ la tonne fin juin, selon Bloomberg. Le prix des farines commence déjà à se répercuter sur celui des poissons qui pourrait continuer à grimper d’ici 2027.

    Les conséquences sont plus larges qu’elles n’auraient été à la fin des années 1990 : à l’époque un quart du poisson et des fruits de mer qu’on consommait provenait de fermes aquacoles, aujourd’hui, c’est plus de la moitié, relève Javier Blas.

    L’impact va au-delà de l’aquaculture : les poules et les porcs sont aussi nourris en partie à la farine de poisson, même si avec la hausse des prix ces derniers mois, sa part dans l’alimentation des volailles et des porcs a peut-être déjà évolué.

    À lire aussiClimat: le phénomène El Niño a officiellement commencé, faisant craindre des records de chaleur en 2027

    続きを読む 一部表示
    2 分
adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
まだレビューはありません