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Chronique des matières premières

Chronique des matières premières

著者: RFI
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概要

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

France Médias Monde
経済学
エピソード
  • Le prix du sucre tiré vers le haut par la hausse des coûts de l'énergie
    2026/03/23

    Les cours du sucre blanc atteignent leur plus haut niveau en cinq mois. Comme d'autres matières premières, ils sont entrainés par les bouleversements liés à la guerre en Iran. Le sucre est notamment directement sensible à la hausse des coûts de l'énergie.

    Le sucre est directement sensible à la hausse des coûts de l'énergie. Un baril qui grimpe fait toujours monter le prix des biocarburants et c'est ce qui s'est passé : la hausse du pétrole ces dernières semaines a fait grimper l'éthanol à 80 centimes le litre, soit 10 de plus qu'avant la guerre. Ce prix est incitatif pour l'industrie sucrière, qui peut être tentée de transformer plus de betteraves en éthanol, au détriment du sucre.

    Ce qui est valable en Europe l'est aussi au Brésil. Le pays va ouvrir sa nouvelle campagne dans un mois, et pourrait arbitrer en faveur de l'éthanol. « Les marchés financiers anticipent déjà une baisse des volumes de sucre brésilien qui seront mis sur le marché », explique Timothé Masson, secrétaire général de l'Association mondiale des planteurs de betteraves et de cannes à sucre. Le pays est le mastodonte du secteur et ses décisions pèsent forcément sur les cours.

    Le réal plus fort face au dollar

    La monnaie brésilienne est aussi un facteur de hausse de prix. Le sucre se vend en dollars, comme de nombreuses matières premières, or le réal s'est renforcé ces derniers mois : pour un dollar, il faut environ 5,3 réal, contre 6 il y a un an.

    Cette situation impose aux Brésiliens de monter leur prix, en dollar, pour toucher le même montant dans leur monnaie, et un sucre brésilien plus cher fait grimper les cours mondiaux.

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    Moins de sucre raffiné du Golfe

    Un autre facteur pèse directement sur les prix, c'est le blocage des exportations de sucre blanc de la région du Golfe. Plusieurs pays de la zone importent du sucre brut, souvent du Brésil, car c'est le moins cher, et le réexportent une fois raffiné. Dubaï a ainsi importé l'année dernière 2,4 millions de tonnes de sucre roux, et réexpédié plus de 2 millions de tonnes de volumes raffinés, en direction notamment de la Chine et de l'Afrique du Sud.

    Si la crise continue, les acheteurs qui s'approvisionnaient avec ce sucre blanc du Golfe vont devoir trouver d'autres fournisseurs et le Brésil devra chercher d'autres débouchés. Dans l'immédiat, le marché se trouve privé du sucre blanc bloqué dans les raffineries du Moyen-Orient, ce qui joue également sur les prix.

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  • La Chine limite les exportations d'engrais au profit de ses agriculteurs
    2026/03/22

    Le blocage du détroit d'Ormuz bouleverse le secteur des engrais. Les pays producteurs qui le peuvent sécurisent leur approvisionnement en vue des prochains semis. C'est le cas de la Chine, deuxième exportateur d'intrants, derrière la Russie. Pour limiter les risques, la Chine a décidé de limiter un peu plus ses exportations.

    Cette décision s'ajoute à des restrictions qui étaient déjà entrées en vigueur à l'automne dernier, rappelle Global Sovereign Advisory, dans une de ses dernières notes. Pas un kilo d'urée n'est sorti de Chine depuis octobre 2025, et ça ne va pas changer, résume Michaël Sebag, négociant en engrais pour Orcom à Genève. Pour les engrais phosphatés, seuls deux types très peu utilisés sur le marché local chinois étaient autorisés jusque-là, mais désormais, quelle que soit la formule chimique, la Chine préfère tout garder.

    Avant de restreindre un peu plus les exportations, les autorités ont déjà demandé, la semaine dernière, aux entreprises qui stockent des engrais pour le compte de l'État de libérer, plus tôt que prévu, les volumes nécessaires aux semis de printemps. « ​​​​​​Jusqu'au mois de mai, on est dans le pic de la saison d'utilisation des engrais, en Chine, et en particulier des engrais azotés », explique notre interlocuteur. Le géant asiatique met donc tout en place pour que les intrants soient disponibles et au prix le plus bas possible.

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    La Chine inquiète pour son soufre

    Avec la guerre en Iran, la Chine s'est retrouvée privée du soufre qu'elle importait du Moyen-Orient. Le soufre sert à fabriquer l'acide sulfurique qui entre dans la composition de plusieurs engrais et jusque-là, le Moyen-Orient fournissait plus de 50% des besoins chinois.

    Le début de la guerre a fait grimper les prix un peu partout. Une très mauvaise nouvelle donc pour l'empire du Milieu qui, depuis 7 à 8 mois, paye déjà son soufre plus cher, en raison de perturbations sur la production russe de soufre. La Russie, qui était un exportateur historique, est devenue un importateur en raison des attaques répétées de Kiev sur ses raffineries de pétrole.

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    L'Inde et le Brésil pénalisés

    Les restrictions chinoises vont inévitablement accentuer les difficultés pour les importateurs. C'est vrai en particulier pour l'Inde qui achète environ 10 % de ses engrais à la Chine et qui se retrouve directement pénalisée. Un vent de panique touche aussi le Brésil, explique Michaël Sebag, car le pays est un acheteur important d'engrais phosphatés chinois.

    Selon les chiffres de 2024, la Chine était le troisième fournisseur d'engrais de l'Afrique, derrière la Russie et le Maroc. Selon Global Sovereign Advisory, le continent pourrait donc évidemment aussi souffrir de nouvelles règles mises en place par Pékin.

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  • La Guinée, premier pays exportateur de bauxite, cherche à peser sur les cours
    2026/03/20

    La Guinée voudrait peser plus sur le marché mondial de la bauxite, un minerai qui, transformé en alumine, sert ensuite à fabriquer l'aluminium. Le pays en est déjà le premier exportateur, mais il réfléchit maintenant à instaurer un système de contrôle des volumes commercialisés.

    Cette démarche des autorités guinéennes s'inscrit dans un contexte de baisse des cours. Ils ont été divisés de près de la moitié depuis début 2025, car plus de bauxite a été mise sur le marché qu'en 2024, année où la production avait été perturbée chez plusieurs fournisseurs.

    La Guinée a elle-même contribué à la baisse des prix enclenchée l'année dernière, puisqu'elle a vu ses exportations grimper de 25% grâce à une demande chinoise plus forte. Cette demande est liée à la fois à l'ouverture de nouvelles raffineries d'alumine et à la décision de l'Indonésie de ne plus exporter de bauxite, pour développer sa propre industrie de transformation.

    L'exemple de la RDC et du Zimbabwe

    L'objectif de la Guinée est de faire remonter les prix en 2026, car « la baisse des prix associée à la hausse des coûts de transport a comprimé les marges des producteurs », explique Jethro Wookey, analyste en chef pour le marché de l'aluminium chez Argus Media. Elle a aussi fait baisser les recettes de l'État.

    Reste à déterminer sous quelle forme cette régulation se fera. Ira-t-on vers des quotas stricts comme c'est le cas en RDC pour le cobalt ? La RDC a prouvé qu'il était possible pour un État africain d'avoir un impact sur les cours mondiaux, tout comme le Zimbabwe plus récemment avec ses restrictions sur les exportations du lithium. Cela a sûrement inspiré la Guinée, qui aurait, selon l'agence Bloomberg, déjà commencé à discuter avec le secteur minier, dans lequel sont impliqués des groupes étrangers. La bauxite guinéenne est en effet exploitée en partenariat avec des actionnaires chinois (Hongqiao), singapouriens (Winning International) ou encore australiens (Rio Tinto).

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    Pression liée à la guerre en Iran

    D'un point de vue guinéen, le besoin d'agir sur le marché se justifie encore plus depuis le début de la guerre en Iran. Le Golfe est en effet une zone de production d'aluminium. C'est donc une région qui importe de la bauxite et de l'alumine. La guerre fait actuellement baisser les besoins et va créer un excédent sur le marché qui n'était pas prévu.

    « Il est fort probable qu'on assiste à une baisse des prix due à une diminution de la demande globale », explique Jethro Wookey. Soit l'inverse de ce que cherche la Guinée. Un contrôle sur les volumes exportés permettrait peut-être, dans un premier temps, d'éviter que les prix ne tombent encore plus bas que ce qu'ils sont aujourd'hui.

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