エピソード

  • En France, l'information économique face à sa concentration
    2026/03/13

    En France, l'information économique est en grande partie concentrée entre les mêmes mains et, en ce qui concerne la presse, il n'y a plus qu'un seul propriétaire : Bernard Arnault. Une situation qui a fait réagir Reporters sans frontières et les syndicats de journalistes.

    Le patron fondateur de LVMH possède le seul quotidien économique Les Échos, mais aussi L'Opinion, Investir, L'Agefi et, depuis le 1ᵉʳ janvier, l'hebdo Challenges, jusque-là contrôlé par Claude Perdriel, qui reconnaissait à ce titre une vision « sociale » du marché. C'est ce que spécifiait une charte signée avec la rédaction, mais depuis sa reprise par LVMH, cette charte a été dénoncée et c'est une vision « libérale du marché » qui est défendue.

    En outre il n'est plus question de laisser aux journalistes le droit de valider la nomination de leur directeur de la rédaction. C'est le choix de l'actionnaire qui s'impose et ceux qui ne s'y retrouvent pas sont invités à exercer leur clause de cession. Pour cela, LVMH, qui a repris à l'euro symbolique un Challenges déficitaire de plus de 6 millions d'euros, propose aux journalistes de partir avec deux mois de salaire par année d'ancienneté. De source interne, 30 % d'entre eux l'envisagent. Seulement, les syndicats de journalistes ainsi que RSF ont décidé de porter l'affaire devant le Conseil d'État.

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    Le règlement européen sur la liberté des médias

    Ce règlement estime qu'il ne peut pas y avoir cession d'un média s'il n'y a pas d'évaluation préalable de la concentration. Le problème, c'est que ce texte, European Media Freedom Act, est entré en vigueur en août mais n'a pas été transposé en droit français, et ce malgré une proposition de loi déposée par la députée écologiste Sophie Taillé-Polian. RSF parle donc d'une « carence fautive de l'État ». Le juge des référés rendra sa décision la semaine prochaine, mais rien n'est gagné. Car la cession a maintenant eu lieu et il est difficile de revenir en arrière. L'affaire sera jugée au fond.

    Au même moment, La Tribune, qui est devenue un média digital, va être réunie dans une rédaction unique avec la radio et la télé BFM Business, a annoncé le groupe CMA CGM. On y comptera une soixantaine de journalistes qui travailleront pour les deux médias avec, assure-t-on, « deux lignes éditoriales ». Pourtant, il y aura bien une seule direction avec, là encore, une concentration qui risque d'affecter le pluralisme et donc l'indépendance de l'information par rapport aux grandes puissances économiques. C'est ce que cherche à empêcher le règlement européen. Mais la mise en pratique n'est pas gagnée. On le voit aux Échos, où il n'y a pas eu un mot de la saisine du Conseil d'État à propos de Challenges.

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  • En Iran, la couverture médiatique de la guerre limitée et très contrôlée
    2026/03/06
    Une semaine après le début du conflit déclenché par Israël et les États-Unis, on constate la difficulté d'informer depuis l'Iran. Les Iraniens eux-mêmes ont accès à une information extrêmement verrouillée. Si l'une des cibles des frappes de la coalition israélo-américaine a été le siège de la radio-télévision d'État, ce n'est évidemment pas un hasard. Il s'agit d'empêcher la propagande iranienne de se déployer à plein régime auprès de la population alors même que, selon l'observatoire Netblocks, Internet ne fonctionne plus qu'à 1 % de sa capacité habituelle en Iran. Cela signifie qu'un black-out est imposé, et ce depuis les massacres de manifestants en décembre. Les journalistes indépendants en particulier ont le plus grand mal à se connecter et à photographier ou à filmer les lieux des bombardements. Leurs images peuvent être effacées, ils peuvent même être détenus si l'on juge qu'ils portent atteinte à la République islamique. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: les images artificielles saturent l’espace informationnel Peu de couverture médiatique de la guerre du point de vue iranien Il suffit de regarder la surface médiatique de Saviosh Ghazi, correspondant de RFI et de France 24 à Téhéran depuis 1998. Outre les médias du service public, il assure la correspondance des chaînes BFMTV et LCI, car il y a pour ces médias très peu de moyens de prendre le pouls de la population iranienne. C'est lui par exemple qui a annoncé, à la suite des médias officiels, le bombardement de l'école de filles de Minab, près du détroit d'Ormuz, qui a fait 168 morts selon l'Iran. Un bilan qui semble confirmé, des images d'une centaine de tombes creusées ayant pu être authentifiées, même si des médias de l'opposition iranienne ont prétendu à tort que c'était une manipulation médiatique. Les médias occidentaux peuvent aussi compter sur leur cellule de vérification, comme les « Observateurs » sur France 24, mais aussi sur les agences de presse. L'AFP dispose de cinq personnes sur place à Téhéran, ainsi que d'un desk Iran avec des experts à son siège parisien. À lire aussiTensions États-Unis-Iran: une opération de désinformation pro-iranienne est en cours sur TikTok Manipulations sur les réseaux sociaux ? On retrouve de la désinformation liée à la reprise d'images de jeux vidéo, par exemple, pour illustrer l'explosion qui a coulé une frégate iranienne. Mais on trouve aussi énormément de vidéos fabriquées par l'IA qui interviennent dans un espace où la modération s'est beaucoup étiolée. À tel point que le réseau X d'Elon Musk a dû suspendre son partage de revenus pour les images fabriquées sur le conflit qui se multipliaient. À lire aussiÉtats-Unis: la Maison Blanche puise dans les films d'action pour vanter les frappes en Iran À côté de cette désinformation, il y a aussi une mésinformation que l'on retrouve dans des médias comme CNews, mais aussi parfois LCI et BFMTV quand ils en viennent à épouser le point de vue israélien ou américain sans souci d'une information équilibrée et en donnant la vision d'une guerre juste, malgré les violations du droit international. À lire aussiEnquête de Forbidden Stories sur l'Iran: «Depuis 2021, le logiciel FindFace de reconnaissance faciale est utilisé dans le métro ou dans les rues»
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  • Le géant du streaming Netflix renonce à Warner Bros Discovery
    2026/02/28

    Warner Bros Discovery va finalement échapper à Netflix. Le géant du streaming vidéo a refusé, jeudi 26 février, d'aligner son offre sur celle de son concurrent Paramount Skydance.

    C'est une grosse surprise, car il y a encore quelques semaines, le conseil d'administration de Warner Bros Discovery faisait savoir que l'offre de Netflix avait sa préférence, et que s'il avait accepté de laisser un nouveau délai de sept jours à Paramount, c'était pour tirer au clair ses intentions et en finir avec les « pitreries » de son patron David Ellison. Et puis, Paramount a amélioré son offre d'achat en bourse, passant de 30 à 31 dollars par action, ce qui porte de 108 à 110 milliards ce qu'il se dit prêt à payer, dette incluse.

    Pour soutenir cette offre, le groupe a fait un temps appel au soutien de Jared Kushner, le gendre du président Donald Trump, mais aussi à des fonds de la péninsule arabique. Surtout, c'est le soutien inconditionnel de Larry Ellison, le fondateur d'Oracle, à son fils, avec l'assurance d'injecter 40 milliards de dollars dans l'opération, qui a crédibilisé cette offre.

    Pourquoi Netflix a-t-il refusé de renchérir par une contre-offre après cette dernière proposition de Paramount ?

    Le géant du streaming explique que, pour lui, Warner est un « nice to have » et non pas un « must have », comprenez un actif qui fait joli dans son catalogue, mais qui n'est pas absolument indispensable. En outre, Warner a fait état d'une baisse de son chiffre d'affaires de 5% l'an dernier, et Netflix voit ses coûts, donc ses besoins de financement, croître plus rapidement que prévu, alors qu'il dépasse désormais les 131 millions d'abonnés. Son offre de 83 milliards de dollars ne portait d'ailleurs que sur le studio et la plateforme HBO Max, pas sur les chaînes de télévision CNN et Discovery. Et Paramount ne se privait pas de glisser que l'offre de Netflix pouvait être bloquée par les autorités de la concurrence.

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    L'offre de Paramount Skydance porte bien sur l'intégralité du groupe Warner Discovery, y compris CNN

    C'est même un élément essentiel de ce dossier. On sait que Larry Ellison est un ami de Donald Trump et que son fils s'est empressé de reprendre en mains CBS et CBS News dès qu'il a pris les rênes de Paramount. On peut être sûr que l'administration Trump ne fera rien pour s'opposer à ce rachat de Warner, qui devrait être actée en assemblée générale le 20 mars. La crainte est maintenant que CNN soit à cette occasion purgée de l'intérieur, mise au pas. On comprend alors que l'intérêt politique de Trump complète la visée économique de Paramount. Cette dernière s'apprête donc à absorber une société à la valeur boursière six fois supérieure, et va sans doute s'empresser de rapprocher, voire de fusionner ses studios avec ceux de Warner Bros, ainsi que son service de streaming Paramount+ avec HBO Max.

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  • L'homme d'affaires Patrick Drahi consolide sa place dans le paysage audiovisuel israélien
    2026/02/20

    L'homme d'affaires franco-israélien, Patrick Drahi, s'installe un peu plus dans le paysage médiatique israélien en se portant acquéreur de la chaîne 13, avec l'appui du Premier ministre Benyamin Netanyahu.

    En France, Patrick Drahi est sorti des médias en cédant la chaîne télé BFMTV et la radio RMC au milliardaire franco-libanais Rodolphe Saadé, tout en conservant pour l'heure SFR. En Israël, c'est un peu l'inverse : il a signé en janvier de cette année un accord pour vendre pour 600 millions de dollars son opérateur Hot Mobile, afin de se désendetter, tout en se renforçant dans les médias où il est déjà présent avec la chaîne d'info i24News. Il s'est en effet entendu pour racheter au milliardaire d'origine ukrainienne Len Blavatnik une participation dans sa chaîne 13, l'une des quatre grandes chaînes privées du pays. Il prend d'abord 15% du capital, mais l'accord prévoit qu'à terme, il puisse avoir le contrôle de la chaîne avec 75% des parts pour près de 40 millions de dollars.

    Un rachat qui fait grincer des dents du coté des opposants de Netanyahu

    Le milliardaire Patrick Drahi est considéré comme « Bibi-compatible », autrement dit pas défavorable à Benyamin Netanyahu. Il a fait évoluer la ligne éditoriale de sa chaîne i24News vers un soutien actif au Premier ministre israélien. D'abord en donnant une vision très pro-gouvernementale de la guerre à Gaza, reprenant les éléments de langage des porte-paroles militaires ou officiels, ignorant les souffrances du peuple palestinien.

    Ensuite, Patrick Drahi a laissé très peu de place aux voix critiques de la politique du gouvernement, notamment face à son projet de réforme judiciaire visant à réduire les prérogatives de la Cour suprême. Enfin, il a recruté des éditorialistes de la 14, deuxième chaîne du pays éminemment acquise à Netanyahu.

    La chaîne 13 plus critique vis-à-vis du gouvernement israélien

    Et la crainte, c'est bien sûr que ces voix un peu dissonantes soient éliminées du paysage, à quelques mois des élections législatives d'octobre 2026. D'autant que Patrick Drahi pourrait fusionner sa rédaction avec celle d'i24News. Le magnat s'est installé à Tel-Aviv il y a deux ans en même temps qu'il a fait basculer sa chaîne d'info sur le Canal 15 en hébreu. C'est donc avec la ferme volonté de prendre racine localement qu'il regarde désormais vers la télévision généraliste.

    On peut même se demander si, avant la vente de BFMTV-RMC à l'été 2024, son intention n'était pas déjà de se replier en Israël. Est-ce que cela a pu influer sur la couverture de BFMTV ? On se souvient en tout cas du malaise de la rédaction quand Olivier Rafowicz, le porte-parole de l'armée israélienne, avait qualifié d'« excellent travail » la couverture par la chaîne du conflit à Gaza et au Liban.

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  • Mondial de football: le match des droits de diffusion avant les matchs
    2026/02/13

    Les droits des matchs payants de la Coupe du monde de football ont été finalement accordés à beIN Sports, plutôt qu'à Ligue 1+, soit la Ligue de football professionnel.

    C'est une sorte de camouflet que vient de subir la Ligue de football professionnel, qui regroupe les clubs français de Ligue 1. Sa chaîne, lancée cet été, Ligue 1+, n'a pas été retenue malgré un préaccord commercial à près de 20 millions d'euros qui ne demandait plus qu'à être ratifié par le conseil de la Fifa. Mais voilà qu'au dernier moment, beIN Sports a relancé un processus de négociations qui a abouti – pour une somme supérieure – à l'obtention des 104 matchs du Mondial, dont 54 en co-diffusion avec M6, le diffuseur gratuit.

    Or, beIN appartient à Al Jazeera, donc au Qatar, tout comme le PSG, le principal club de Ligue 1. Les deux ont d'ailleurs comme président Nasser Al-Khelaïfi. Et le Qatar est l'ancien organisateur de la Coupe du monde en 2022. Il a donc l'oreille de Gianni Infantino, le président de la Fifa.

    À écouter dans Radio foot internationaleDroits TV: bras de fer autour du Mondial

    Nicolas de Tavernost, le DG de LFP Media, démissionne

    L'ex-patron de M6 a estimé qu'il ne pouvait pas réussir sa mission s'il n'avait pas « le soutien de tous », soit celui du président du PSG et de beIN Sports, Nasser Al-Khelaïfi, membre du conseil d'administration de la Ligue.

    Il est vrai que Ligue 1+ est un pari. La chaîne a réussi sa phase de lancement avec plus d'un million d'abonnés, mais elle doit monter en puissance puisque la Ligue ne peut plus compter, à partir de la saison prochaine, ni sur l'argent du match du samedi que diffuse encore beIN, 78 millions d'euros, ni sur l'indemnité que lui verse cette année DAZN, 85 millions d'euros, pour rupture anticipée de contrat.

    Ligue 1+ a voulu attirer en diffusant toute la Ligue 1, mais le Mondial, en juin-juillet, était un bon moyen de renouveler les abonnements pour la saison suivante. Les petits clubs, qui vivent des droits sportifs, s'inquiètent.

    À lire aussiLigue1+, la nouvelle chaîne du foot français

    M6 se prépare aussi à la Coupe du monde

    Ce n'est pas TF1 cette fois qui a les droits, la Une préférant se concentrer sur le rugby. Pour M6, c'est aussi un énorme pari, car ces droits sont difficiles à amortir, sauf si l'équipe de France va en finale.

    Pour améliorer les recettes publicitaires, il est prévu cette année d'instiller de la pub dans les deux pauses fraicheur, de trois minutes chacune, qui sont prévues pour les joueurs en Amérique (États-Unis, Mexique, Canada), en plus de la mi-temps.

    Il faudra aussi que le mouvement de boycott de la Coupe du monde ne prenne pas trop d'ampleur sur les 48 équipes sélectionnées. S'il est peu probable que ce boycott soit très suivi par les fédérations, ce sont peut-être les supporters qui bouderont l'événement en raison du prix des places, de la politique de Trump et par peur de l'ICE, la police de l'immigration.

    À écouter dans Radio foot internationaleUn boycott du Mondial 2026 est-il possible ?

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  • États-Unis: à Minneapolis, au cœur des polémiques autour de l'ICE, la bataille des images
    2026/01/30

    Analyse des images de la mort d'Alex Pretti, à Minneapolis (Minnesotta), et de ce que cela dit de l'information aux États-Unis.

    Les médias américains ont repris cette semaine les images du média en ligne The News Movement, dans lesquelles on voit Alex Pretti s'en prendre à une équipe de l'ICE, la police de l'immigration.

    Ces images remontent à onze jours avant sa mort. Il crache sur leur véhicule, profère des insultes et donne deux coups de pied à l'arrière d'un SUV, dont un qui détruit le phare arrière, ce qui amène les agents à le plaquer au sol. On voit aussi distinctement qu'il porte un pistolet à la ceinture comme il en a le droit, y compris dans une manifestation, puisqu'il est détenteur d'un permis de port d'armes.

    Évidemment, prenant la suite de militants MAGA, le président américain Donald Trump va se saisir de ces images pour essayer de retourner à son avantage cette nouvelle vidéo. Il a qualifié Alex Pretti d'« agitateur » et de potentiel « insurgé », ce qui n'est pas très loin de l'expression « terroriste intérieur » utilisée par certains de ses soutiens.

    À lire aussiÉtats-Unis: à Minneapolis, l'ICE poursuit ses arrestations alors que Trump tente de calmer le jeu

    Cette nouvelle vidéo change-t-elle le fond de l'affaire ?

    Les faits sont aujourd'hui connus grâce à des vidéos d'autres manifestants authentifiées par les agences de presse : Alex Pretti est mort à la suite de dix coups de feu tirés par deux policiers, alors qu'il avait été plaqué au sol. Est-ce la découverte de cette arme qui a justifié les tirs ? C'est ce qu'on comprend sur les images.

    Est-ce qu'elle a servi de prétexte à une exécution extrajudiciaire ? L'enquête le déterminera, mais il est tout aussi certain qu'une version erronée a été donnée sciemment par l'administration Trump, qui a d'abord prétendu qu'Alex Pretti résistait lors de son interpellation et qu'il menaçait des agents. On sait aujourd'hui que c'est faux. Et au fond, on est un peu dans les codes du trumpisme : tenter d'installer une vérité alternative avant de reculer en cas d'évidence trop forte. Mais revenir à la charge dès que l'occasion se présente.

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    La circulation de l'information, le nerf de la guerre

    Comme dans l'affaire Renee Nicole Good, cette femme de 37 ans tuée à Minneapolis, ce sont les vidéos qui font foi et contredisent la version officielle. Les journalistes qui couvrent les manifestations sont repoussés et, selon l'ONG Reporters sans frontières, six d'entre eux ont même été agressés par des agents en janvier.

    Les réseaux sociaux, et la certification des images par les médias, sont donc un précieux levier pour rétablir la vérité des faits. Mais ils peuvent être aussi manipulés, comme on l'a vu avec ces photos trafiquées montrant Alex Pretti brandissant un pistolet à la place de son portable. Le comble est quand l'intelligence artificielle sur Meta amène le réseau social à bloquer un article dénonçant cette manipulation.

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  • Alerte sur le modèle économique des médias en France
    2026/01/23

    Des menaces pèsent sur les médias traditionnels en France et singulièrement sur le service public. Notamment dans un contexte de restrictions budgétaires tous azimuts.

    Mercredi 21 janvier 2026, l'Assemblée nationale a voté une nouvelle coupe budgétaire de 30 millions d'euros sur l'audiovisuel public, ce qui porte à 100 millions la réduction budgétaire sur un peu plus de 2,8 milliards. Cela signifie pour France Télévisions un recul de 200 millions d'euros par rapport à la trajectoire financière prévue, somme qui manquera pour financer des séries, des téléfilms ou payer des émissions et des droits sportifs – le groupe a déjà dû renoncer à une partie du tournoi des 6 Nations. Sa présidente, Delphine Ernotte, entend préserver l'information, le numérique et l'offre jeunesse, mais elle doit composer avec une réalité européenne : l'attrition des ressources publiques.

    Un seul chiffre : en dix ans, selon l'Union européenne de radiodiffusion, la baisse de financement de l'audiovisuel public est de 7,4% dans les 27 pays de l'UE, en tenant compte de l'inflation. La France n'y échappe pas. On a vu en Lituanie dernièrement, comme en Hongrie, en Slovaquie ou en Italie auparavant, que le redimensionnement budgétaire s'accompagne souvent d'une reprise en mains politique sous l'influence de l'extrême droite.

    Modèle économique des médias menacé

    D’après le dernier rapport publié par l'Arcom et le ministère de la Culture, la production de l'information en France est assurée pour un tiers par le service public.

    Mais, chez les médias privés, la situation est presque plus alarmante au regard de leurs performances publicitaires. Sur cinq ans, de 2019 à 2024, la part de marché publicitaire des médias traditionnels s'est effondrée par rapport aux plateformes numériques comme Google, Meta ou Amazon : elle n'est plus que de 33 % alors qu'elle était de 42 %, il y a cinq ans. Cela signifie que les groupes privés ont de moins en moins les moyens de leurs recettes traditionnelles pour assurer leur mission.

    Accélérer leur développement numérique

    TF1+, France.TV, M6+ appliquent cette stratégie avec leurs applis. Seulement, on commence à comprendre que tout cet inventaire nouveau de contacts peinera à faire face aux géants du web qui se renforcent avec de nouveaux acteurs. On pense à YouTube, mais également à Netflix, qui vise trois milliards de dollars de revenus publicitaires dans le monde cette année, à Prime Video ou Disney+. Tous sollicitent l'argent des annonceurs et concurrencent les médias.

    Enfin, il faut compter avec les acteurs de l'IA qui, à l'instar d'OpenAI, créent leur régie publicitaire. Le jour où les IA auront détruit les médias en ayant pris leur pub après avoir pillé leurs contenus, la boucle sera bouclée. D'où l'importance de la question des droits d'auteur.

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  • Black-out numérique et médiatique en Iran
    2026/01/16
    Plongée dans le noir numérique et médiatique en Iran pour réduire au silence les victimes de la répression du régime. C'est une sorte de voile noir qui s'est abattu sur le régime des mollahs depuis le 8 janvier 2026, à 20h, lorsqu'ont été bloqués internet et les communications téléphoniques. On a alors pensé qu'il s'agissait d'empêcher les manifestants de se coordonner, d'échanger sur des points de ralliement. En réalité, il y avait beaucoup plus que ça. Car ce 8 janvier, le gouvernement de la République islamique a pris la décision de massacrer en silence, en tirant à balles réelles sur les protestataires. Le Monde a publié le témoignage d'un certain Kiarash, qui a vu à Téhéran, sur la place Kadj, une femme, ou supposée telle, se glisser dans la foule sous un tchador, pour assassiner des manifestants au pistolet silencieux. On commence à estimer le nombre effroyable de victimes. Iran Human Rights, une ONG basée en Norvège, parle de 3 428 morts. Mais le bilan pourrait être plus lourd si l'on en croit un journaliste iranien anonyme qui a livré à Libération le récit de la violente répression des manifestations en cours contre le régime. Lui parle de 10 000 personnes tuées. Avec ce détail sordide : un prix de 5 000 à 15 000 euros par corps demandé aux familles pour récupérer les dépouilles. Cette enquête parue dans Libé montre aussi le rôle de la censure et des médias officiels Un black-out numérique et médiatique, cela signifie qu'on ne peut plus aisément documenter les événements en cours. Si certains témoignages, photos ou vidéos parviennent à sortir d'Iran, c'est que la communication se fait près de la frontière, en dehors du pays, ou bien que l'internaute peut se connecter depuis Starlink, le réseau d'Elon Musk. Mais on voit que les forces de répression traquent les paraboles ou les antennes Starlink et fouillent les photos dans les téléphones portables. Parallèlement, le black-out permet aux médias officiels de livrer la propagande du régime avec ses images de manifestations de soutien et son récit de lutte contre des « terroristes ». Même si, parfois, perce l'ampleur du massacre à travers les appels aux dons de sang. La figure de Reza Pahlavi, le fils du shah, exilé aux États-Unis, peut aussi avoir servi de prétexte Selon le journaliste iranien, c'est quand Reza Pahlavi a appelé à des rassemblements massifs, avec d'autres figures de l'opposition, que le régime a basculé dans la tuerie, au motif de défendre la révolution islamique. On sait que Reza Pahlavi, qui se veut proche de Donald Trump, a été appuyé par la CIA et, selon le média israélien Haaretz, par une opération secrète de promotion sur les réseaux sociaux par l'État hébreu avec des faux comptes et des contenus générés en farsi. Cela a produit une « chambre d'échos » pour appeler à son retour, selon un expert, Maziyar Ghiabi, directeur du centre d'études persanes et iraniennes de l'université d'Exeter, cité sur SkyNews. C'est à se demander si l'Iran ne l'a pas laissé dire - avant le black-out - pour mieux réprimer ensuite. À lire aussiIran: «Notre volonté est de secouer les Nations unies et la communauté internationale»
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