エピソード

  • Le rapport très politique sur l'audiovisuel public français
    2026/05/02

    Le rapport parlementaire sur la neutralité et le financement de l'audiovisuel public, du député Charles Alloncle (UDR, Union des droites pour la République), allié du Rassemblement national (RN), sera publié ce lundi 4 mai 2026. On en connaît dès à présent les principales préconisations.

    La presse s'est déjà fait l'écho d'une grosse partie de ses 80 recommandations, à commencer par une économie d'un milliard d'euros, soit le quart de la dotation d'État accordée à l'audiovisuel public. Pour cela, le rapport Alloncle prévoit de fusionner France 2 et France 5 comme France 3 et ICI, les radios locales de Radio France. Il recommande aussi de supprimer France 4 et France TV Slash ainsi que la radio Le Mouv, donc toute l'offre destinée aux jeunes, au profit de France.tv.

    L'audiovisuel extérieur (dont RFI fait partie, au sein de France Médias Monde) n'est pas non plus oublié puisqu'il s'agit de fusionner France 24 avec Franceinfo, même si l'information internationale qui s'adresse au monde a peu à voir avec l'information nationale qui s'adresse aux Français. C'est une véritable cure d'austérité, mais aussi un rétrécissement de l'offre, que préconise le rapport Alloncle. Une plus grande neutralité politique est demandée, mais aussi la nomination directe des présidents des groupes publics par l’Élysée, avec approbation de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom).

    Un rapport rendu public après le vote à une courte majorité de la commission

    Douze voix pour, face à dix contre et huit abstentions. Parmi ses détracteurs, il y a les partis de gauche qui se sont opposés à la publication du rapport, alors que les députés emmenés par Gabriel Attal se sont abstenus et que le président Horizon de la commission, Jérémie Patrier Leitus, a voté pour, après l'assurance ne pas être mis en cause en tant qu'administrateur de groupe public.

    Le rapport pointe surtout du doigt France Télévisions, où Charles Alloncle fustige un mauvais usage de l'argent public avec trop de jeux et de divertissements, des dysfonctionnements et le recours à des producteurs extérieurs – Mediawan, Together – pour des émissions d'information qu'il accuse de partialité politique.

    La nature politique de ce rapport pose aujourd'hui question

    Au total, 238 personnes ont été auditionnées par la commission, mais elles ont souvent eu le sentiment de ne pas avoir été entendues. France Télévisions a par exemple été déclarée en état de « quasi-faillite » par le rapporteur, même si la Cour des comptes n'a en effet rien confirmé de cette appréciation.

    En réalité, à travers des insinuations, des généralisations ou une instrumentalisation de la commission, Charles Alloncle a souvent cherché à imposer une lecture biaisée des faits dans un sens idéologique. L'idée est-elle d'affaiblir l'audiovisuel public ? Selon le journal Le Monde, des questions ont été directement transmises par des médias du groupe Bolloré, ce qui ajouterait à la dimension politique une manœuvre de déstabilisation d'un concurrent.

    À lire aussiFrance: le rapport Alloncle sur l'audiovisuel public est «inepte et contre-productif» selon Erwan Balanant, député MoDem

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  • L'information de service public sur la ligne de front
    2026/04/24
    Nous parlons des médias en tant qu'acteurs de la défense européenne. C'est cette « information nouvelle ligne de front » qui était au centre d'une matinée de débats organisée par France Télévisions, le 14 avril. La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a cité une série de Channel 4, Undeclared War, dans laquelle une attaque cyber contre des télécommunications et des médias prépare une attaque terrestre. C'est cette notion de « guerre hybride » qui mobilise les états-majors ou Viginum, la cellule de lutte contre les ingérences numériques, c'est-à-dire les cyberattaques mais aussi les manipulations par des « bots » sur les réseaux sociaux, comme celle qui a failli porter au pouvoir un candidat pro-russe en Roumanie, fin 2024. Un sondage de Bona fidé montre que 79% des Européens craignent que ces ingérences aient des conséquences sur la sincérité des scrutins, qu'elles soient un risque pour la démocratie. Et ces manipulations passent aussi par les médias On l'a vu en France, avec les fausses étoiles de David bleues taguées sur des murs dans Paris au début du conflit à Gaza. Une opération commanditée par la Russie afin d'attiser les tensions dans la société française. Mais, comme dit l'historien David Colon, il suffit parfois d'une invitation au journal de 20 heures pour désinformer. Une allusion à l'interview de Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, par Léa Salamé, sur France 2 le 26 mars, qui a été très critiquée. La présentatrice rappelle qu'elle a évoqué les civils tués par l'armée russe en Ukraine ou la guerre hybride que mène la Russie. Mais elle concède que cette interview aurait dû être mieux accompagnée par des reportages ou un décryptage. Elle a en tout cas servi au Kremlin pour diffuser des extraits en déformant la traduction des questions de la journaliste. À lire aussiSabotages, cyberattaques, désinformation: la guerre hybride menée par la Russie La « ligne de front » passe donc par les médias publics Comme dit Delphine Ernotte, « le service public est un des éléments qui permet d'assurer la défense nationale » en cas de conflit. Par la confiance qu'il tisse avec les citoyens, son information indépendante, il permet de déjouer des pièges. On l'a vu à Gossi, au Mali, en 2022, quand un faux charnier avait été mis à jour sur RFI et France 24 grâce aux images de drone de l'armée. On le voit aussi en Ukraine où Mykola Chernotytskyi, le patron des médias publics, doit lutter contre les bombardements de ses antennes, mais aussi contre les brouillages de satellites ou le piratage des réseaux. Sans compter les influenceurs sur Telegram à la solde de Moscou. Alors, bien sûr, il ne va pas dévoiler les positions de l'armée ukrainienne ou même le nombre de tués dans son pays. Mais il n'a pas hésité à faire la Une quand le Parlement voulait enterrer une enquête sur la corruption. Il en va de la crédibilité du service public qui, au regard des critères européens, n'est pas un service d'État. À lire aussiLes médias de service public jugés importants voire indispensables par une majorité de Français
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  • Hongrie: le nouveau Premier ministre Péter Magyar prépare une refonte du paysage médiatique
    2026/04/17

    Une semaine après la victoire de Péter Magyar en Hongrie, il faut s'attendre à des changements à venir dans le monde des médias et de l'information de cette nouvelle ère post-Orban

    Il fallait entendre, sur la première chaîne de télévision publique mercredi 15 avril 2026, le nouveau Premier ministre hongrois après sa victoire écrasante aux législatives du dimanche 12 avril. Devant une présentatrice qui plongeait le nez dans ses notes, il a comparé la télévision publique de Hongrie à une machine de propagande digne de Goebbels ou de Kim Jong-un. Cela faisait un an et demi qu'il n'avait pas été invité sur cette chaîne, quand bien même il était le chef de l'opposition. Alors, même s'il a écouté les excuses de la présentatrice et assuré qu'il n'avait aucune rancune personnelle, on a bien compris qu'il avait des comptes à régler. Péter Magyar a accusé l'émission qui l'invitait d'avoir colporté de fausses rumeurs à son égard, comme le fait que ses enfants mineurs ne lui parleraient plus, alors qu'ils vivent avec lui.

    En réalité, le système de contrôle des médias de Viktor Orban a aussi été une machine à diffamer et à dénigrer. Pour Péter Magyar, c'est un point d'autant plus sensible qu'il est séparé de la mère de ses enfants, qui a été ministre de la Justice d'Orban. Il avait été accusé par cette dernière de violences conjugales après avoir effectué un enregistrement clandestin de son ex-épouse dans une affaire de corruption.

    Les médias publics en passe d'être suspendus

    Péter Magyar a dit vouloir suspendre les médias publics hongrois « tant qu'ils ne redeviendront pas indépendants ». Une promesse qui risque de se heurter à la légalité mais qui est possible, compte tenu du fait que la Hongrie contrevenait aux règles européennes sur l'indépendance des médias. Viktor Orban avait d'ailleurs refusé de signer le règlement sur la liberté des médias, l'EMFA.

    Aussitôt, Bruxelles avait engagé une procédure de sanctions contre la Hongrie pour non-respect de l'indépendance des médias. À l'occasion d'une nouvelle loi, Péter Magyar va probablement recréer un groupe public pour éloigner ceux qui y ont pris place : les affidés du Fidesz, le parti d'Orban.

    Reporters sans frontières appelle au respect du droit européen et à la concertation

    Le rétablissement de l'État de droit, y compris en matière d'information, sera bien un marqueur de la nouvelle politique de Magyar. C'est ce qui lui permettra de raccrocher le wagon de la Hongrie à l'Union européenne et de recevoir ses fonds.

    Maintenant, il y a deux façons d'apprécier cette victoire : on peut, comme Thierry Breton, l'ancien commissaire européen, y voir la preuve éclatante que la réglementation de l'UE a servi le rétablissement des libertés. Ou bien, constater qu'une mainmise quasi absolue sur les médias traditionnels, comme celle qu'exerçait l'ancien Premier ministre, Viktor Orban, ne suffit plus aujourd'hui à assurer une réélection.

    À lire aussiÉlections en Hongrie: 80% des médias votent Orban

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  • La commission sur l’audiovisuel public, «cirque» ou révélateur d’une «gabegie»?
    2026/04/10

    La commission d’enquête parlementaire sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public a achevé ses travaux ce 8 avril après quatre mois d’auditions.

    C’est un peu un rendez-vous manqué, tant la dimension idéologique de l’approche du rapporteur, Charles Alloncle, l’a emporté sur les investigations. Ce député UDR, allié du RN, a pris les rênes de la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public après la décision du groupe Bolloré de dénoncer la partialité du service public. En cause : une rencontre entre un responsable socialiste et deux chroniqueurs de France Inter et de France 5, Thomas Legrand et Patrick Cohen, filmée à leur insu. Rien de très probant dans cette vidéo. Mais qu’importe : cela va servir de prétexte pour nourrir le soupçon d’une collusion entre la gauche et l’audiovisuel public.

    Dès le début, le rapporteur veut ainsi démontrer que France Télévisions est mal gérée, alors même que son déficit est lié à un recul de sa dotation d’État. Il dénonce une « gabegie », un « système de castes et de privilèges », de l’opacité et des conflits d’intérêt dans l’attribution des contrats à des sociétés de production.

    À lire aussiAudiovisuel public français: la commission d'enquête parlementaire au bord de l'implosion

    Des accusations peu étayées

    Banijay et Mediawan, entendus dans le cadre de la commission, ont de nombreuses sociétés de production qui travaillent avec France Télévisions, mais ce sont en même temps des champions internationaux et leur part de marché sur le groupe public se situe entre 11 et 13 % chacun. Pas de quoi justifier l’idée d’une méga-concentration.

    En réalité, on a bien senti que ce qui intéressait le rapporteur, c’était d’impliquer deux actionnaires de Mediawan. D’un côté, Xavier Niel, le fondateur de Free, proche de Macron, qui a qualifié de « cirque » cette commission ; de l’autre, Matthieu Pigasse, ancien banquier et patron d’un groupe média de gauche, Combat. Pour le reste, Charles Alloncle n’a pas réussi à aller au-delà des accusations qu’il avait d’emblée formulées pour les réseaux sociaux : sur des frais de bouche trop importants par exemple.

    Point d'interrogation sur le financement de l’audiovisuel public

    On verra dans le rapport – s’il est bien publié début mai – s'il y a des avancées sur le financement de l'audiovisuel public, mais à entendre Vincent Bolloré, qui demande l’arrêt de tout financement public pour réallouer 4 milliards d’euros aux agriculteurs, on ne peut pas dire que cette commission a tout fait pour montrer qu’elle ne s’exerçait pas contre l’audiovisuel public.

    Pourtant, à l’heure de Netflix et YouTube qui captent l’audience, France Télévisions a de moins en moins d’argent pour assurer des missions plus larges, incluant le streaming. Et l’audiovisuel public, auquel appartiennent France 24 et RFI, ne représente que 4,2 euros par habitant par mois, contre 5 en Belgique, 6 au Royaume-Uni et 8,7 en Allemagne, selon le cabinet NPA Conseil.

    À lire aussiCommission d'enquête sur l'audiovisuel public: FMM défend «son indépendance» et son «pluralisme d'opinions»

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  • Élections en Hongrie: 80% des médias votent Orban
    2026/04/03
    À une semaine des élections législatives en Hongrie, le 12 avril 2026, retour sur la mainmise de Viktor Orban sur les médias hongrois et les menaces qui pèsent sur les journaux et les sites indépendants. Contrairement à Vladimir Poutine, Viktor Orban n’emprisonne pas et ne fait pas assassiner les journalistes. En Hongrie, la liberté d’expression reste formellement préservée, et c’est là la principale différence avec la Russie. Pourtant, sur le fond, les méthodes employées pour contrôler les médias présentent des similitudes inquiétantes. Les organes d’information indépendants se raréfient dans le pays, où près de 80 % du paysage médiatique est désormais sous contrôle du gouvernement, selon Reporters sans frontières. Ce contrôle s’exerce de deux manières : directement, par une mainmise sur l’audiovisuel public, mise en place dès le retour au pouvoir d’Orban en 2010, et indirectement, par l’intermédiaire d’oligarques proches de son parti, le Fidesz. Parmi eux, Miklos Vaszily, qui a racheté l’an dernier l’un des plus grands journaux populaires du pays, le tabloïd Blikk. Via son groupe Indamedia, cet homme d’affaires avait déjà pris le contrôle, en 2020, du site indépendant Index. Avant leur rachat, ces deux médias enquêtaient encore sur les affaires de corruption impliquant le pouvoir. Miklos Vaszily joue également un rôle central au sein de la fondation Kesma, une structure pro-gouvernementale qui regroupe quelque 500 médias, soit rachetés, soit ralliés. Comment Viktor Orban parvient-il à verrouiller à ce point le paysage médiatique hongrois ? Le processus repose d’abord sur la nomination de fidèles aux postes clés des médias publics. Ces derniers relaient alors la propagande du gouvernement, qu’il s’agisse de positions pro-russes sur la guerre en Ukraine ou de critiques contre une Union européenne présentée comme favorable aux migrants. Autre levier : l’assèchement des recettes publicitaires. L’État et les entreprises sous influence gouvernementale sont incités à cesser leurs investissements dans les médias critiques, les privant de ressources vitales. Le site Index a ainsi été contraint de changer de mains. L’avenir des médias indépendants en Hongrie semble suspendu aux résultats des prochaines élections Le pouvoir n’hésite pas non plus à user de méthodes plus radicales. En 2021, la radio indépendante Klubradio s’est vue retirer sa fréquence, une décision condamnée par la Cour de justice européenne. Par ailleurs, une « autorité de protection de la souveraineté » a été créée pour harceler et discréditer les voix dissidentes. Ces pressions s’inscrivent dans une stratégie plus large de musellement de la presse, qui rappelle les méthodes autoritaires observées ailleurs. L’avenir des médias indépendants en Hongrie semble désormais suspendu aux résultats des prochaines élections. Magyar Hang, le deuxième hebdomadaire politique du pays, a d’ores et déjà annoncé son intention de s’exiler, à l’instar des médias russes critiques envers le Kremlin, si Viktor Orban remporte un cinquième mandat consécutif. Une telle victoire, jugée probable selon les sondages, pourrait déclencher une véritable « vendetta » contre les journaux dissidents. En février dernier, le Premier ministre hongrois avait en effet promis de « faire le ménage » et de s’en prendre aux « journalistes vendus à l'influence étrangère ». Des propos qui rappellent ceux de Vladimir Poutine contre les « agents de l’étranger » ou ceux de Donald Trump qualifiant les journalistes de « corrompus » et d’« ennemis du peuple ». Viktor Orban, qui admire ouvertement ces deux dirigeants, dispose d’outils pour aller encore plus loin dans la répression. La Hongrie est en effet le seul État européen à avoir acquis le logiciel espion Pegasus, utilisé pour surveiller les sources des journalistes et les intimider. Une dérive qui alarme les défenseurs de la liberté de la presse, alors que le pays s’enfonce un peu plus dans un modèle où l’information est étroitement contrôlée. À lire aussiÉlections en Hongrie: la campagne marquée par des soupçons d’ingérences étrangères en faveur d'Orban
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  • Les séries télévisées, au cœur du soft power des grandes puissances mondiales
    2026/03/27

    Le festival Séries Mania s’est terminé vendredi 27 mars à Lille, avec cette idée, en pleine guerre au Moyen-Orient, de l’importance de la série dans le soft power d’un pays.

    Téhéran est une série d’espionnage sortie en 2020 sur la chaîne publique israélienne KAN 11 puis Apple TV. On y voit une agente du Mossad hacker les défenses anti-aériennes de l’Iran avant un raid destiné à tuer le chef des Gardiens de la Révolution. On y découvre aussi comment ce Mossad a pris le contrôle des caméras de la ville, comment il peut faire exploser à distance un smartphone ou retourner en sa faveur un ennemi au cœur du pouvoir iranien. Tout cela n’était que pure fiction. Mais cette acuité par rapport à une réalité à venir est sans doute ce qui fait le succès des séries, comme on le voyait aussi avec la menace russe dans Le Bureau des légendes, sur Canal+.

    Dans The Deal, sur la RTS et Arte, qui relate les négociations à Genève en 2015 autour du nucléaire iranien, on comprend le rôle des petits pays comme la Belgique ou la Suisse. Dominique de Villepin, l’ancien Premier ministre invité de Séries Mania, a rappelé le rôle des séries dans le soft power des pays. « La bataille mondiale, c’est la bataille des images », a-t-il dit.

    Le climat politique et social au cœur de plusieurs séries

    D’après Laurence Herszberg, sa directrice, le festival a reçu 380 séries cette année contre 450 l’an dernier. Et « la créativité vient beaucoup des pays européens », alors « qu'on a reçu, dit-elle, moins de séries américaines, et avec moins d’audace ». Y a-t-il un risque d’autocensure dans les séries américaines face à un climat politique et actionnarial qui inciterait à la prudence ? L’ensemble Paramount-Warner sera en tout cas bientôt – sans doute – entre les mains d’un proche du président Donald Trump, David Ellison.

    Le climat politique et social est au cœur de plusieurs séries présentées cette année. Des séries qui « entrent en résistance face aux régimes autoritaires », selon Laurence Herszberg. On le voit dans The Best Immigrant, série belge qui raconte l’histoire d’un jeu télévisé où les immigrés gagnent un permis de séjour pour rester dans des Flandres dirigées par l’extrême droite.

    Citons aussi Anatomie d’un instant, série espagnole qui se penche sur un coup d’État raté après la mort de Franco, ou Etty, série néerlandaise qui suit le parcours, transposé aujourd’hui, de l’autrice Etty Hillesum, déportée en camp de concentration. On peut citer également Prisoner 951, un thriller de la BBC sur une employée britannique de la Thomson Reuters Foundation, emprisonnée pendant six ans en Iran. Ou enfin The Testaments, une suite de La Servante écarlate, sur Disney+, qui raconte l’histoire d’adolescents endoctrinés dans une dictature patriarcale aux États-Unis.

    À lire aussiSéries : où est passée la créativité ?

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  • L'IA dans la guerre de la désinformation: le vrai du faux au Moyen-Orient
    2026/03/20
    Des vidéos de désinformation circulent à propos du Moyen-Orient. Ce qui entretient une véritable guerre de récits et de propagande. Donald Trump est le premier à dénoncer une guerre de l'information menée par l'Iran à travers l'intelligence artificielle. Qu'il s'agisse d'une base américaine détruite au Qatar ou du porte-avions « Lincoln » en flammes, en passant par des images des pilotes abattus au Koweït, il y a un véritable déluge de vidéos truquées par l'IA générative, lesquelles peuvent être regardées par plusieurs millions de personnes. Cela relève de la guerre informationnelle – ce n'est pas nouveau –, mais ce qui est assez déroutant, c'est à la fois l'ampleur de ces productions, et leur impact auprès des plus jeunes qui s'informent par les réseaux sociaux, notamment TikTok. Récemment, Benyamin Netanyahu a dû poster à son tour une vidéo dans une boulangerie pour démentir la rumeur de sa mort sur les réseaux sociaux, liée à des images prétendument officielles falsifiées. La Maison Blanche, de son côté, n'est pas en reste avec l'IA. Elle produit ses vidéos de propagande à partir d'images de films comme Top Gun, qu'elle mélange à des créations d'intelligence artificielle. Il y a ainsi une gamification choquante de la guerre que l'on retrouve aussi, côté iranien, dans des films d'animation avec de petites figurines du type Lego. À lire aussiIran : avec l'IA générative, la guerre se déplace un peu plus vers un champ de bataille numérique Le retour en grâce du reportage face à la déferlante de faux Cette manipulation par l'IA a, malgré tout, des conséquences sur l'information. Et ce qui est assez inédit, c'est la manipulation par l'IA des images satellites. Par exemple, avec la photo vue du ciel d'une station radar américaine bombardée au Qatar : c'était en réalité une falsification. Le risque est que ces faux clichés polluent le travail des journalistes ou des chercheurs qui s'appuient sur des sources ouvertes pour évaluer les destructions, comme certains médias ou labos ont pu le faire à Gaza ou à El Fasher au Soudan. Cette déferlante de faux montre aussi, en creux, l'importance du reportage. Le président de l'association du prix Albert-Londres, Hervé Brusini, parle même dans Libération de « retour en grâce du reporter ». Et c'est vrai qu'il faut non seulement des équipes de vérificateurs pour contrer les deep fakes des réseaux sociaux, mais aussi des reporters de terrain pour faire vivre la réalité de la guerre à travers des histoires individuelles. Avec les correspondants, ils permettent « d'établir les faits » ou, comme au Liban, de documenter, de donner chair aux frappes israéliennes à Beyrouth ou dans le sud du pays qui ont fait 1 000 morts et un million de déplacés. Encore faut-il que ces reporters puissent exercer leur métier, alors que de nombreux États de la région restreignent leur liberté d'action ou pénalisent la publication d'images de bombardements. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: les images artificielles saturent l’espace informationnel
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  • En France, l'information économique face à sa concentration
    2026/03/13

    En France, l'information économique est en grande partie concentrée entre les mêmes mains et, en ce qui concerne la presse, il n'y a plus qu'un seul propriétaire : Bernard Arnault. Une situation qui a fait réagir Reporters sans frontières et les syndicats de journalistes.

    Le patron fondateur de LVMH possède le seul quotidien économique Les Échos, mais aussi L'Opinion, Investir, L'Agefi et, depuis le 1ᵉʳ janvier, l'hebdo Challenges, jusque-là contrôlé par Claude Perdriel, qui reconnaissait à ce titre une vision « sociale » du marché. C'est ce que spécifiait une charte signée avec la rédaction, mais depuis sa reprise par LVMH, cette charte a été dénoncée et c'est une vision « libérale du marché » qui est défendue.

    En outre il n'est plus question de laisser aux journalistes le droit de valider la nomination de leur directeur de la rédaction. C'est le choix de l'actionnaire qui s'impose et ceux qui ne s'y retrouvent pas sont invités à exercer leur clause de cession. Pour cela, LVMH, qui a repris à l'euro symbolique un Challenges déficitaire de plus de 6 millions d'euros, propose aux journalistes de partir avec deux mois de salaire par année d'ancienneté. De source interne, 30 % d'entre eux l'envisagent. Seulement, les syndicats de journalistes ainsi que RSF ont décidé de porter l'affaire devant le Conseil d'État.

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    Le règlement européen sur la liberté des médias

    Ce règlement estime qu'il ne peut pas y avoir cession d'un média s'il n'y a pas d'évaluation préalable de la concentration. Le problème, c'est que ce texte, European Media Freedom Act, est entré en vigueur en août mais n'a pas été transposé en droit français, et ce malgré une proposition de loi déposée par la députée écologiste Sophie Taillé-Polian. RSF parle donc d'une « carence fautive de l'État ». Le juge des référés rendra sa décision la semaine prochaine, mais rien n'est gagné. Car la cession a maintenant eu lieu et il est difficile de revenir en arrière. L'affaire sera jugée au fond.

    Au même moment, La Tribune, qui est devenue un média digital, va être réunie dans une rédaction unique avec la radio et la télé BFM Business, a annoncé le groupe CMA CGM. On y comptera une soixantaine de journalistes qui travailleront pour les deux médias avec, assure-t-on, « deux lignes éditoriales ». Pourtant, il y aura bien une seule direction avec, là encore, une concentration qui risque d'affecter le pluralisme et donc l'indépendance de l'information par rapport aux grandes puissances économiques. C'est ce que cherche à empêcher le règlement européen. Mais la mise en pratique n'est pas gagnée. On le voit aux Échos, où il n'y a pas eu un mot de la saisine du Conseil d'État à propos de Challenges.

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