エピソード

  • La sécurité nationale, un prétexte et une arme contre l’information
    2026/07/10

    Un rapport de Reporters sans frontières, publié le 8 juillet, montre comment la menace sur la sécurité nationale d'un État est souvent invoquée pour poursuivre, voire pour emprisonner des journalistes.

    Selon RSF, c’est même une « arme contre le journalisme ». Alors qu'on l'appelle « menace contre la sécurité nationale », « apologie du terrorisme », ou lutte contre « l'espionnage », il s'agit toujours d'incriminer un journaliste, de le poursuivre et parfois de le jeter en prison comme Jimmy Lai à Hong Kong, voire de le condamner à mort comme Turki-Al-Jasser en Arabie saoudite. C'est dans les pays totalitaires qu'on trouve le plus de poursuites et d'arrestations arbitraires. On pense à la Chine où Zhang Zhan a déjà purgé une peine de quatre ans d'emprisonnement pour être allée à Wuhan documenter la crise du Covid. Elle se trouve encore derrière les barreaux dans un pays considéré comme la plus grande prison au monde de journalistes. Mais il faut également citer la Russie, où un site indépendant sur la Crimée vient d'être mis sur les listes des agents de l'étranger, ou l'Iran où plus d'une centaine de journalistes ont déjà été arrêtés.

    Les pays totalitaires ne sont pas les seuls à invoquer l'intérêt national

    C’est en effet le cas dans des pays en guerre comme Israël, où on ne compte plus les journalistes palestiniens en détention après avoir été arrêtés à Gaza et en Cisjordanie. On y constate aussi une restriction de l'accès à l'information. Mais les prétextes peuvent être des sujets sur la corruption ou des groupes armés en Amérique latine, la santé publique en Tanzanie ou l'environnement en Inde. Au Niger, c'est la publication d'un document « susceptible de troubler l'ordre public » qui vaut à six journalistes d'être poursuivis, dont trois sont emprisonnés. En Algérie, c'est le journaliste français Christophe Gleizes qui a déjà purgé un an de détention après avoir été condamné à sept ans d'emprisonnement.

    Les démocraties occidentales sont également évoquées par RSF

    En effet, notamment les États-Unis qui poursuivent Julian Assange pour espionnage et dont deux journalistes du Wall Street Journal et du Washington Post sont appelés à comparaître pour des fuites touchant à la sécurité nationale. Au Royaume-Uni, de nouvelles sanctions visent depuis 2023 les journalistes qui collaborent avec des lanceurs d'alerte. Quant à la France, elle est aussi mentionnée pour Ariane Lavrilleux, cette enquêtrice de Disclose dont la cour d'appel vient d'annuler le non-lieu, ouvrant la voie à une nouvelle instruction alors qu'elle avait réussi à faire valoir que ses révélations sur une opération militaire secrète de la France en Égypte étaient d'intérêt public. Elle défend le secret des sources face au secret défense. C'est finalement toujours au nom de la sécurité nationale qu'on en vient à en criminaliser l'information.

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  • Intelligence artificielle: la fonctionnalité AI Overviews de Google arrive 2 ans plus tard en France
    2026/07/03

    Cet été, AI Overviews sera disponible en France. Cette fonctionnalité développée par Google permet d'avoir des aperçus d'articles grâce à l'intelligence artificielle. Et ce, sans avoir à cliquer sur les sites des médias.

    Avec AI Overviews, il suffit de taper une requête sur un moteur de recherche et la fonctionnalité de Google vous propose une réponse synthétique, en plus des liens classiques, en puisant dans un ou plusieurs médias. Déjà présente depuis deux ans dans 120 pays et onze langues, la France, étrangement, n'a pas encore expérimenté cette fonctionnalité.

    Étrangement ? En réalité, pour mieux comprendre, il faut remonter à 2021 et 2024, quand Google a été condamné par l'Autorité de la concurrence à des amendes de 500 puis 250 millions d'euros pour ne pas avoir négocié de bonne foi avec les éditeurs de presse des accords de droits voisins. Le géant avait donc dû s'engager à ne pas altérer pendant la durée des discussions l'indexation et la présentation des contenus.

    À lire aussiDroits voisins: l'Autorité de la concurrence française inflige 250 millions d'euros d'amende à Google

    Un accord pas encore acquis sur les droits voisins

    Dans un courrier qu'il a adressé aux éditeurs, Google précise qu'il fera pour toutes les publications ayant un accord de droit voisin une mise à jour de leur contrat : ce sera une sorte d'extension pour prendre en compte ce nouveau mode d'affichage des contenus et les éditeurs seront rémunérés en fonction des « impressions IA ». Et pour les autres, il n'y aurait en principe pas d'impact : Google continuera d'afficher leur présence comme avant. Ce distinguo permet aux éditeurs d'opter pour le refus des aperçus IA, sans être rémunérés, tout en continuant d'être indexés.

    Mais pour les médias français, c'est aussi un piège car ces aperçus n'incitent pas à cliquer sur les liens vers leurs sites et font chuter de 20 à 40 % leurs audiences. D'un autre côté, les médias peuvent-ils s'exclure des réponses de demain ? C'est le dilemme et tout dépendra de la rémunération qui sera apportée pour ce mode IA.

    Google condamné en France

    Le tribunal des activités économiques a condamné Google lundi 29 juin à 126 millions d'euros de dommages et intérêts. Google était accusé d'avoir abusé de sa position dominante dans l'achat automatique d'inventaires publicitaires via des enchères en temps réel qui auraient privilégié ses propres outils au détriment d'autres acteurs.

    L'autorité de la concurrence l'avait condamné pour ce motif en 2021 et c'est à ce titre que les groupes Figaro, Les Échos-Le Parisien, Prisma et Dailymotion ont eu ces dommages et intérêts. Ce qui est clair, c'est que le géant se sait aujourd'hui épié par les éditeurs français qui sont d'autant plus procéduriers qu'ils perdent revenus et emplois à cause des plateformes Google et Meta.

    À lire aussiLa Commission européenne enquête sur l’IA de Google

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  • Canicules: des médias en surchauffe !
    2026/06/26

    Il y a des répercussions de la canicule sur les médias et de leurs différents modes de traitement face à une réalité liée au réchauffement climatique.

    La canicule a d'abord des répercussions sur la fréquentation des cinémas : +60% en France pour une semaine par rapport à l'an dernier. Les gens convoitent les salles climatisées et certains films sont aussi appréciés pour leur durée de fraîcheur : trois heures avec les pubs, par exemple, pour La Bataille de Gaulle, d'Antonin Baudry. Mais la canicule, c'est aussi l'occasion de couvertures et parfois de controverses, la France étant le seul pays d'Europe où la climatisation devient un sujet politique. Pour Le Parisien, Le Figaro et beaucoup de médias audiovisuels, c'est ainsi une nécessité absolue et l'on dénonce le retard pris dans ce domaine, surtout dans les structures collectives, pour des raisons idéologiques. Moins massif et plus marginal, le débat sur les solutions alternatives comme la rénovation thermique des bâtiments ou la végétalisation des villes se retrouve surtout sur le service public ou la presse de gauche et centre gauche comme Libération et Le Monde.

    Un pic continu de températures s'accompagne d'un pic d'attention pour la question climatique

    Selon l'association QuotaClimat, un épisode caniculaire s'accompagne de trois fois plus de sujets dans l'audiovisuel sur la question du réchauffement climatique. Même chose dans la presse où l'on observe une hausse des deux tiers des articles consacrés à cette réalité. L'association précise que 60% de ces articles font un lien entre canicule et dérèglement climatique, mais que seuls 20% en mentionnent les causes. Sur les chaînes d'infos, ce lien est fait davantage sur le service public que sur les chaînes privées. QuoClimat estime aussi qu'il y a de la désinformation, surtout sur CNews et Europe 1. Elle a saisi l'Arcom pour des cas de relativisation du caractère exceptionnel de la période, pour une remise en cause du consensus scientifique ou même pour la contestation d'un impact négatif de la climatisation.

    Le traitement médiatique diffère en Europe d'un pays à l'autre

    La presse espagnole ne s'intéresse pas tellement à la climatisation mais demande plus d'adaptation du travail et de protection des salariés alors qu'une loi a déjà instauré un « congé climatique » en 2024. Du côté des journaux italiens, pays où la climatisation est largement répandue, ce sont surtout les infrastructures électriques en surchauffe qui sont au centre de l'attention après plusieurs coupures de courant. Quant aux médias allemands, ils constatent aussi un retard en matière de climatisation et l'inadaptation des bâtiments qui sont faits pour garder la chaleur, mais ils s'interrogent aussi, comme Die Welt sur l'impact économique de la canicule.

    À lire aussiChangement climatique: les journalistes météo menacés par les climatosceptiques

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  • En France, la crise de la presse s'étend toujours plus et fait du mal à l'emploi
    2026/06/19

    La crise de la presse affecte de plus en plus de groupes de presse, comme l'a montré jeudi 18 juin une manifestation à Paris visant à « défendre l'information ».

    La manifestation a rassemblé près d'un millier de personnes. Cela peut paraître peu dans l'absolu, mais c'est assez inédit dans l'histoire de la presse. Son parcours, de la place de la Bourse au ministère de la Culture, en disait long : comme si la presse avait été jusqu'ici ballottée par des puissances d'argent et qu'elle réclamait la considération de l'État. Car l'expression démocratique des journaux est menacée sur des pans entiers de territoire. Et il y a une accélération de ce déclin avec des plans sociaux qui sont annoncés depuis trois mois et qui vont toucher plus de 1 000 salariés au total.

    À Prisma, le groupe contrôlé par Vincent Bolloré et qui édite Femme actuelle, Géo ou Capital, ce sont ainsi plus de 40% des postes qui sont supprimés, soit 265 emplois. À Centre France, qui édite La Montagne, il y a 152 suppressions d'emplois. On trouve aussi des plans sociaux à Bayard, l'éditeur de La Croix, ou à Marie Claire. Mais le plus gros plan est attendu lundi 22 juin au groupe Ebra qui édite Le Progrès, Le Dauphiné libéré ou L'Est républicain. Là, ce sont 350 à 400 postes qui devraient être supprimés.

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    À l'origine de ces suppressions d'emplois

    D'abord un lectorat vieillissant qui ne s'est pas assez renouvelé, en particulier dans la presse régionale qui n'a pas réussi sa bascule numérique, comme ont pu le faire Le Monde ou Le Figaro. Les recettes de diffusion baissent comme celles de la publicité car là, ce sont Google et Meta qui font la loi. L'Arcom a prévenu : entre 2019 et 2030, les médias producteurs d'information vont voir leur part sur le marché publicitaire tomber de 50% à 20%. Tous les journaux n'en sortiront pas saufs.

    Mais il y a aussi, depuis peu, l'impact de l'intelligence artificielle. Il se fait déjà sentir à Infopro Digital, qui édite L'Usine nouvelle, où les 19 secrétaires de rédaction seront remerciés et remplacés par des agents IA.

    L'IA suscite des demandes de la part des éditeurs de presse

    Récemment à Marseille, le patron du New York Times, Arthur Gregg Sulzberger, a eu des mots très forts : « Les géants de la tech pillent les sites d'information sans autorisation ni compensation. Ils se réapproprient ces contenus volés comme s'ils en étaient les auteurs. » C'est donc une rétribution qui est attendue de la part des acteurs de l'IA.

    Et si cela ne vient pas de la loi, les éditeurs iront le demander à l'Autorité de la concurrence. D'ores et déjà, une enquête du Reuters Institute montre que cette année, sur 48 pays, les plateformes sont les premières sources d'information devant la télé et les sites et applis de presse.

    À écouter aussiÀ l'ère de l'intelligence artificielle, le journalisme doit se réinventer

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  • La Coupe du monde 2026, enjeu majeur pour les médias français et internationaux
    2026/06/12

    La Coupe du monde 2026, qui se déroule en Amérique du Nord, marque un tournant pour les médias et les diffuseurs. Avec un format élargi à 48 équipes et 104 matchs, l'événement promet des audiences record et des enjeux financiers colossaux. Entre stratégies publicitaires innovantes, mobilisation sans précédent des rédactions et compétition féroce pour les droits de diffusion, cette édition s'annonce comme un rendez-vous majeur pour les acteurs du secteur.

    S'il y a un média qui soutient ardemment les Bleus, c'est bien M6. La chaîne est le diffuseur exclusif en clair des 54 principaux matchs de la Coupe du monde, pour un montant estimé à 120 millions d'euros. C'est la première fois qu'elle assure seule la diffusion de l'événement, sans TF1. Or, il n'y a qu'un seul moyen pour M6 de rentabiliser cette opération : que l'équipe de France arrive en finale. Le spot de publicité de 20 secondes en coupure est tarifé 370 000 euros, et il monte même à 500 000 euros dans l'éventualité d'une séance de tirs au but.

    Pour l'instant, on n'en est pas là, loin s'en faut. Si la France est très vite éliminée, comme en Afrique du Sud en 2010, ce sera beaucoup plus difficile pour M6. Mais quoi qu'il en soit, la chaîne devient incontournable le temps d'un Mondial et elle se dit qu'il en restera forcément quelque chose.

    Cette Coupe du monde 2026 est-elle un rendez-vous publicitaire plus important que les précédentes ? Oui, car il y a deux nouveautés majeures. D'abord, un nombre bien plus élevé de matchs : 48 équipes sélectionnées pour 104 rencontres, contre 32 équipes et 64 matchs il y a quatre ans au Qatar. Qui dit 40 matchs de plus dit plus d'espace publicitaire. Et ce d'autant plus qu'une autre nouveauté fait son apparition cette année : les « pauses fraîcheur ». Ces temps d'arrêt de jeu au milieu de chaque mi-temps permettent trois écrans publicitaires supplémentaires d'une minute chacun par match. Autant de possibilités d'expression pour les 215 marques présentes sur M6. Si les audiences sont au rendez-vous, les rentrées publicitaires seront conséquentes. Le score du match d'ouverture, le meilleur depuis 2014, laisse penser que ce sera le cas.

    D'autres médias sont également très mobilisés pour cet événement. C'est notamment le cas de BeIN Sports, qui détient les droits de la totalité des matchs en version payante. RMC, radio officielle en France, a dépêché 40 personnes sur place et installé un studio à New York, dans les locaux de CMA CGM, pour des plateaux qui seront diffusés sur BFMTV. La Coupe du monde représente aussi un moment clé pour L'Équipe, qui a envoyé 22 journalistes sur le terrain et mobilisé 170 personnes pour couvrir l'événement. Chaque matin, le média proposera un podcast intitulé L'Équipe du Mondial pour revenir sur les grands moments de la veille.

    Enfin, en Afrique subsaharienne, ce n'est plus Canal+ qui diffuse la compétition, mais New World TV, un groupe panafricain. Depuis son rachat de MultiChoice, le groupe Canal+ semble privilégier le rugby, dont il a acquis les droits pour les deux prochaines Coupes du monde.

    À lire aussiMondial 2026: Orange et New World TV renforcent leur offre de diffusion en Afrique

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  • La propagandiste russe Xenia Fedorova fait polémique dans les médias français
    2026/06/05

    L'ancienne directrice de la chaîne Russia Today en France, Xenia Fedorova, fait polémique dans les médias français alors qu'elle est chroniqueuse sur plusieurs médias de la sphère Bolloré.

    On hésite à parler d'une journaliste, et pas seulement parce que Xenia Fedorova n'a pas sa carte de presse en France : cette ancienne directrice de la chaîne RT France, Russia Today, épouse systématiquement le point de vue, pour ne pas dire la propagande, du Kremlin. Ainsi, elle relève davantage de l'influence étrangère.

    Dès 2017, elle mettait en doute le fait que Bachar el-Assad, allié des Russes, avait procédé à des bombardements chimiques contre sa population en Syrie. En 2022, elle reprenait la terminologie officielle russe en parlant d'« opération spéciale » en Ukraine, allant jusqu'à dire que seul le Dombass était concerné. Depuis qu'elle a été recrutée par Bolloré, l'année dernière, on peut entendre sur CNews que « c’est l’Occident qui a décidé de prolonger la guerre en Ukraine » ou qu'il n'y a pas eu d'enfants ukrainiens enlevés vers la Russie.

    Le plus incongru est sans doute de lire ses leçons de liberté d'expression dans le JDNews. On se demande si la France devrait prendre exemple sur la Russie et sa loi liberticide sur les « agents de l'étranger ».

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    Emmanuel Macron s'exprime sur Xenia Fedorova

    Le président français s'est exprimé en marge d'une visite au Monténégro. Il a rappelé qu'en 2017, il l'avait déjà jugée au service d'une « agence de propagande d'État », alors que le site RT avait relayé la fake news d'un compte offshore d'Emmanuel Macron aux Bahamas entre les deux tours.

    Ce qui a changé malgré tout, c'est l'intégration de Xenia Fedorova dans la sphère d'influence de Bolloré. Elle est à la fois chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et le JDNews, autrice chez Fayard avec un livre intitulé Bannie, et animatrice de l'émission Lumières orthodoxes sur CStar, histoire sans doute de faire vibrer l'attachement à la chrétienté de Bolloré.

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    Polémique autour du prolongement de son titre de séjour

    Son titre de séjour a été prolongé de dix ans en 2024. On peut s'en étonner alors même que Russia Today a été interdite dans l'Union européenne après l'invasion de l'Ukraine. Le ministre de l'Intérieur a fait valoir que c'était un renouvellement automatique, sans intervention du gouvernement. Mais son entourage précise aussi que ce titre de séjour ne protège pas en cas d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.

    L'Arcom a été plusieurs fois saisie, notamment par la députée européenne macroniste Valérie Hayer. Mais Xenia Fedorova a reçu le soutien de la direction de Canal+ comme de Lagardère. Au nom de la liberté d'expression. Son influence dans la sphère Bolloré se vérifie aussi à sa capacité à écarter des contradicteurs de l'antenne, comme – selon Le Monde – le général Bruno Clermont. Elle est devenue un agent de la bataille de l'information.

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  • Le journalisme, enjeu de l'élection colombienne
    2026/05/29

    Ce dimanche 31 mai, l'élection présidentielle en Colombie oppose un candidat d'extrême droite à un sénateur de gauche et à la candidate de droite. Et c'est aussi sur le terrain des médias que se joue la confrontation.

    À Barranquilla, la grande agglomération du Nord de la Colombie, le quotidien de la ville El Heraldo a choisi de rompre dans un éditorial avec sa ligne sagement libérale pour se mettre sur le dos du « Tigre », surnom donné à Abelardo de la Espriella, le candidat d'extrême droite. Un signe de l'attraction qu'exerce sur les élites caribéennes cet avocat et homme d'affaires de 47 ans de nationalités colombienne, américaine et italienne. Il a pour particularité d'avoir défendu à la fois des paramilitaires d'extrême droite en Colombie et des narcotrafiquants aux États-Unis. La presse est pour lui une véritable cible puisque l'on compte 109 poursuites pour diffamation et calomnie entre 2008 et 2019, selon la Fondation pour la liberté de la presse, dont la majorité ont été classées sans suite. Quelle est l'origine de sa fortune ? Pourquoi a-t-il bénéficié de transferts d'argent depuis le Venezuela ? Autant d'informations que le candidat a cherché à passer sous silence. Il préfère sans doute faire le show façon Trump en poussant la chansonnette ou en dénonçant la caste des journalistes, « ceux de toujours » comme il les appelle, ou encore en organisant des campagnes de dénigrement contre ses détracteurs sur les réseaux sociaux. Sur le continent, ses références sont à chercher du côté de l'Argentin Javier Milei pour l'ultralibéralisme et l'anti-étatisme et du Salvadorien Nayib Bukele pour le programme ultrasecuritaire.

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    La Colombie, un pays dangereux pour les médias et les journalistes

    60 % du pays n'a pas de couverture médiatique de proximité, car il n'y a plus aucun média. Un véritable désert de l'information. Alors quand un journaliste, Mateo Perez Rueda, se rend au début de ce mois à Briceño, dans le département de l'Antioquia, il est assassiné alors qu'il vient faire un reportage sur les affrontements entre l'armée et des dissidents des Farc. Mateo Perez Rueda avait son propre média numérique, El Confidente. Mais il n'y a pas que les conflits armés qui menacent la vie des reporters. La corruption, les droits des communautés, l'exploitation minière : tout cela peut coûter cher à un journaliste. Le gouvernement de gauche de Gustavo Petro, au pouvoir depuis quatre ans, a été marqué par huit assassinats de reporters. Petro a lancé des programmes de protection des journalistes et des mesures de soutien aux médias alternatifs. Mais la résurgence de la criminalité et de la violence a fait du président une cible des médias dominés par trois grands conglomérats après l'échec de sa politique de paix totale.

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  • Canal+: la polémique de la «liste noire» après une tribune d'opinion
    2026/05/22

    D'après le collectif Zapper Bolloré, plus de 3 000 professionnels du cinéma ont désormais signé une tribune dénonçant la mainmise de Vincent Bolloré sur le secteur. Ce texte a secoué le monde du 7e art, en plein festival de Cannes. Le 17 mai, ils étaient 600 signataires avant la déclaration polémique du président de Canal+, Maxime Saada. Ce dernier a affirmé ne plus vouloir travailler avec les signataires de ce texte.

    Une déclaration qui embarrasse jusqu'aux plus fidèles soutiens de Canal+, tant elle s'apparente à une mise à l'index, à une « liste noire ». La tribune parue dans Libération s'inquiétait de la mainmise d'un « patron d'extrême droite », à savoir Vincent Bolloré, sur le cinéma français. Le texte allait loin puisqu'il pointait un risque de « prise de contrôle fasciste sur l'imaginaire collectif ». Ce qui veut dire, selon Maxime Saada, président de la chaîne, qu'on traite son groupe de « crypto-fasciste ». Il ferme donc aux signataires l'accès à la création soutenue par Canal+. Or, beaucoup de films ne peuvent se faire sans ce groupe, qui représente 43% de la part des diffuseurs au cinéma français.

    Une tribune signée par de plus en plus de professionnels

    Ils sont aujourd'hui 3 460 à l'avoir signée. Au départ, on trouvait dans cette liste, à côté de nombreux techniciens et professionnels, quelques acteurs comme Juliette Binoche, Swann Arlaud, Charles Berling ou Adèle Haenel. Côtés réalisateurs, figuraient aussi Jean-Pascal Zidi, Sepideh Fardi ou Arthur Harari. Selon Le Monde, sur ces cinq dernières années, les signataires de la pétition sont au générique de plus de la moitié des films français.

    Il faut ajouter depuis des personnalités étrangères comme le réalisateur Ken Loach ou les acteurs Mark Ruffalo et Javier Bardem. Et puis, il y a les non-signataires, comme l'acteur Jonathan Cohen, qui dit « comprendre la peur légitime » qu'inspire la déclaration de Maxime Saada.

    Faut-il y voir le signe d'un revirement idéologique ?

    On peut en effet se poser la question. Comme l'ont rappelé les patrons du CNC et de l'Arcom – le gendarme des médias, cette déclaration va à l'encontre du respect de la liberté d'expression, concept dont ne cesse pourtant de se réclamer CNews, chaîne détenue par Bolloré. Le droit à la critique est la première des libertés dans une démocratie et nul n'a à subir des représailles professionnelles pour avoir donné une opinion politique. Mais cette affaire intervient après la reprise en main de Grasset dans l'édition et la commission d'enquête du député Charles Allonce (Union des droites pour la République), proche du Rassemblement national, qui éreinte l'audiovisuel public.

    Difficile de ne pas y voir un agenda politique. Un signe : le jour même de la déclaration de Maxime Saada, paraissait dans le JDNews, hebdomadaire contrôlé par Vincent Bolloré, une interview de Michel Onfray intitulée « En finir avec l'idéologie dans la culture ». Et sur France Info cette semaine, le leader d'extrême droite Éric Zemmour a redit à quel point le cinéma soutenu par Canal+ incarnait, selon lui, une « idéologie de gauche ».

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