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Chronique des médias

Chronique des médias

著者: RFI
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L’actu des médias, les médias dans l’actu : tel est le propos de cette chronique qui se propose de décrypter ce qui change les médias à l’ère numérique - et donc la façon dont on est informé. Les évolutions technologiques, la crise des modèles classiques, les nouveaux vecteurs d'information... Tels sont quelques-uns des éléments qui seront explorés sur la planète média. Tout en couvrant les grands événements «médias» qui touchent la France, une attention particulière sera accordée à l'actualité internationale des médias, notamment intéressant les pays du Sud. La chronique pourra revenir aussi avec un regard critique sur la façon dont les médias couvrent certains évènements et sur la façon dont les médias sont eux-mêmes transformés par une actualité qui leur est propre. En partenariat avec le magazine «Stratégies».

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • La Coupe du monde 2026, enjeu majeur pour les médias français et internationaux
    2026/06/12

    La Coupe du monde 2026, qui se déroule en Amérique du Nord, marque un tournant pour les médias et les diffuseurs. Avec un format élargi à 48 équipes et 104 matchs, l'événement promet des audiences record et des enjeux financiers colossaux. Entre stratégies publicitaires innovantes, mobilisation sans précédent des rédactions et compétition féroce pour les droits de diffusion, cette édition s'annonce comme un rendez-vous majeur pour les acteurs du secteur.

    S'il y a un média qui soutient ardemment les Bleus, c'est bien M6. La chaîne est le diffuseur exclusif en clair des 54 principaux matchs de la Coupe du monde, pour un montant estimé à 120 millions d'euros. C'est la première fois qu'elle assure seule la diffusion de l'événement, sans TF1. Or, il n'y a qu'un seul moyen pour M6 de rentabiliser cette opération : que l'équipe de France arrive en finale. Le spot de publicité de 20 secondes en coupure est tarifé 370 000 euros, et il monte même à 500 000 euros dans l'éventualité d'une séance de tirs au but.

    Pour l'instant, on n'en est pas là, loin s'en faut. Si la France est très vite éliminée, comme en Afrique du Sud en 2010, ce sera beaucoup plus difficile pour M6. Mais quoi qu'il en soit, la chaîne devient incontournable le temps d'un Mondial et elle se dit qu'il en restera forcément quelque chose.

    Cette Coupe du monde 2026 est-elle un rendez-vous publicitaire plus important que les précédentes ? Oui, car il y a deux nouveautés majeures. D'abord, un nombre bien plus élevé de matchs : 48 équipes sélectionnées pour 104 rencontres, contre 32 équipes et 64 matchs il y a quatre ans au Qatar. Qui dit 40 matchs de plus dit plus d'espace publicitaire. Et ce d'autant plus qu'une autre nouveauté fait son apparition cette année : les « pauses fraîcheur ». Ces temps d'arrêt de jeu au milieu de chaque mi-temps permettent trois écrans publicitaires supplémentaires d'une minute chacun par match. Autant de possibilités d'expression pour les 215 marques présentes sur M6. Si les audiences sont au rendez-vous, les rentrées publicitaires seront conséquentes. Le score du match d'ouverture, le meilleur depuis 2014, laisse penser que ce sera le cas.

    D'autres médias sont également très mobilisés pour cet événement. C'est notamment le cas de BeIN Sports, qui détient les droits de la totalité des matchs en version payante. RMC, radio officielle en France, a dépêché 40 personnes sur place et installé un studio à New York, dans les locaux de CMA CGM, pour des plateaux qui seront diffusés sur BFMTV. La Coupe du monde représente aussi un moment clé pour L'Équipe, qui a envoyé 22 journalistes sur le terrain et mobilisé 170 personnes pour couvrir l'événement. Chaque matin, le média proposera un podcast intitulé L'Équipe du Mondial pour revenir sur les grands moments de la veille.

    Enfin, en Afrique subsaharienne, ce n'est plus Canal+ qui diffuse la compétition, mais New World TV, un groupe panafricain. Depuis son rachat de MultiChoice, le groupe Canal+ semble privilégier le rugby, dont il a acquis les droits pour les deux prochaines Coupes du monde.

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  • La propagandiste russe Xenia Fedorova fait polémique dans les médias français
    2026/06/05

    L'ancienne directrice de la chaîne Russia Today en France, Xenia Fedorova, fait polémique dans les médias français alors qu'elle est chroniqueuse sur plusieurs médias de la sphère Bolloré.

    On hésite à parler d'une journaliste, et pas seulement parce que Xenia Fedorova n'a pas sa carte de presse en France : cette ancienne directrice de la chaîne RT France, Russia Today, épouse systématiquement le point de vue, pour ne pas dire la propagande, du Kremlin. Ainsi, elle relève davantage de l'influence étrangère.

    Dès 2017, elle mettait en doute le fait que Bachar el-Assad, allié des Russes, avait procédé à des bombardements chimiques contre sa population en Syrie. En 2022, elle reprenait la terminologie officielle russe en parlant d'« opération spéciale » en Ukraine, allant jusqu'à dire que seul le Dombass était concerné. Depuis qu'elle a été recrutée par Bolloré, l'année dernière, on peut entendre sur CNews que « c’est l’Occident qui a décidé de prolonger la guerre en Ukraine » ou qu'il n'y a pas eu d'enfants ukrainiens enlevés vers la Russie.

    Le plus incongru est sans doute de lire ses leçons de liberté d'expression dans le JDNews. On se demande si la France devrait prendre exemple sur la Russie et sa loi liberticide sur les « agents de l'étranger ».

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    Emmanuel Macron s'exprime sur Xenia Fedorova

    Le président français s'est exprimé en marge d'une visite au Monténégro. Il a rappelé qu'en 2017, il l'avait déjà jugée au service d'une « agence de propagande d'État », alors que le site RT avait relayé la fake news d'un compte offshore d'Emmanuel Macron aux Bahamas entre les deux tours.

    Ce qui a changé malgré tout, c'est l'intégration de Xenia Fedorova dans la sphère d'influence de Bolloré. Elle est à la fois chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et le JDNews, autrice chez Fayard avec un livre intitulé Bannie, et animatrice de l'émission Lumières orthodoxes sur CStar, histoire sans doute de faire vibrer l'attachement à la chrétienté de Bolloré.

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    Polémique autour du prolongement de son titre de séjour

    Son titre de séjour a été prolongé de dix ans en 2024. On peut s'en étonner alors même que Russia Today a été interdite dans l'Union européenne après l'invasion de l'Ukraine. Le ministre de l'Intérieur a fait valoir que c'était un renouvellement automatique, sans intervention du gouvernement. Mais son entourage précise aussi que ce titre de séjour ne protège pas en cas d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.

    L'Arcom a été plusieurs fois saisie, notamment par la députée européenne macroniste Valérie Hayer. Mais Xenia Fedorova a reçu le soutien de la direction de Canal+ comme de Lagardère. Au nom de la liberté d'expression. Son influence dans la sphère Bolloré se vérifie aussi à sa capacité à écarter des contradicteurs de l'antenne, comme – selon Le Monde – le général Bruno Clermont. Elle est devenue un agent de la bataille de l'information.

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  • Le journalisme, enjeu de l'élection colombienne
    2026/05/29

    Ce dimanche 31 mai, l'élection présidentielle en Colombie oppose un candidat d'extrême droite à un sénateur de gauche et à la candidate de droite. Et c'est aussi sur le terrain des médias que se joue la confrontation.

    À Barranquilla, la grande agglomération du Nord de la Colombie, le quotidien de la ville El Heraldo a choisi de rompre dans un éditorial avec sa ligne sagement libérale pour se mettre sur le dos du « Tigre », surnom donné à Abelardo de la Espriella, le candidat d'extrême droite. Un signe de l'attraction qu'exerce sur les élites caribéennes cet avocat et homme d'affaires de 47 ans de nationalités colombienne, américaine et italienne. Il a pour particularité d'avoir défendu à la fois des paramilitaires d'extrême droite en Colombie et des narcotrafiquants aux États-Unis. La presse est pour lui une véritable cible puisque l'on compte 109 poursuites pour diffamation et calomnie entre 2008 et 2019, selon la Fondation pour la liberté de la presse, dont la majorité ont été classées sans suite. Quelle est l'origine de sa fortune ? Pourquoi a-t-il bénéficié de transferts d'argent depuis le Venezuela ? Autant d'informations que le candidat a cherché à passer sous silence. Il préfère sans doute faire le show façon Trump en poussant la chansonnette ou en dénonçant la caste des journalistes, « ceux de toujours » comme il les appelle, ou encore en organisant des campagnes de dénigrement contre ses détracteurs sur les réseaux sociaux. Sur le continent, ses références sont à chercher du côté de l'Argentin Javier Milei pour l'ultralibéralisme et l'anti-étatisme et du Salvadorien Nayib Bukele pour le programme ultrasecuritaire.

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    La Colombie, un pays dangereux pour les médias et les journalistes

    60 % du pays n'a pas de couverture médiatique de proximité, car il n'y a plus aucun média. Un véritable désert de l'information. Alors quand un journaliste, Mateo Perez Rueda, se rend au début de ce mois à Briceño, dans le département de l'Antioquia, il est assassiné alors qu'il vient faire un reportage sur les affrontements entre l'armée et des dissidents des Farc. Mateo Perez Rueda avait son propre média numérique, El Confidente. Mais il n'y a pas que les conflits armés qui menacent la vie des reporters. La corruption, les droits des communautés, l'exploitation minière : tout cela peut coûter cher à un journaliste. Le gouvernement de gauche de Gustavo Petro, au pouvoir depuis quatre ans, a été marqué par huit assassinats de reporters. Petro a lancé des programmes de protection des journalistes et des mesures de soutien aux médias alternatifs. Mais la résurgence de la criminalité et de la violence a fait du président une cible des médias dominés par trois grands conglomérats après l'échec de sa politique de paix totale.

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