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Chronique des médias

Chronique des médias

著者: RFI
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L’actu des médias, les médias dans l’actu : tel est le propos de cette chronique qui se propose de décrypter ce qui change les médias à l’ère numérique - et donc la façon dont on est informé. Les évolutions technologiques, la crise des modèles classiques, les nouveaux vecteurs d'information... Tels sont quelques-uns des éléments qui seront explorés sur la planète média. Tout en couvrant les grands événements «médias» qui touchent la France, une attention particulière sera accordée à l'actualité internationale des médias, notamment intéressant les pays du Sud. La chronique pourra revenir aussi avec un regard critique sur la façon dont les médias couvrent certains évènements et sur la façon dont les médias sont eux-mêmes transformés par une actualité qui leur est propre. En partenariat avec le magazine «Stratégies».

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Jusqu'où ira le soutien de Vincent Bolloré à la chroniqueuse russe de CNews expulsée de France
    2026/09/11

    La chroniqueuse russe Xenia Fedorova a été expulsée du territoire français. Pourtant, CNews veut continuer de lui donner la parole à distance, par visioconférence

    Le ministre de l'Intérieur français, Laurent Nunez a écrit à l'Arcom pour lui signaler les risques qu'encourt CNews au cas où cette chaîne redonnerait une place à cette propagandiste russe, connue sous le nom de Xenia Fedorova, mais qui a pour vrai nom Ksenia Borchik, selon Le Monde.

    Le ministre rappelle que cette chroniqueuse, ancienne directrice en France de Russia Today, a été expulsée pour atteinte aux « intérêts fondamentaux de l'État » et que la voir de nouveau intervenir à l'antenne, par visioconférence depuis l'étranger, rendrait la chaîne passible de « sanctions pénales ».

    Entre le gouvernement et le groupe Bolloré, il y a donc deux approches différentes. D'un côté, une agente de l'étranger et propagandiste pro-Kremlin dont les avoirs ont été gelés, de l'autre une journaliste qui a le droit de s'exprimer sur son antenne ou dans ses colonnes, même si elle n'est pas payée pour cela. Le JDnews, l'hebdo de Bolloré, donnait encore deux pages à Xenia Fedorova le 2 septembre dernier pour qu'elle démente les infos publiées dans le journal Le Monde.

    À lire aussiFrance: accusée d'être la «voix du Kremlin», la chroniqueuse Xenia Fedorova, visée par un arrêté d'expulsion

    Jusqu'où va le pouvoir de Xenia Fedorova au sein de la galaxie Bolloré

    Il a souvent été fait mention de l'influence de cette Russe auprès de Vincent Bolloré lui-même, au point qu'elle aurait fait écarter de CNews certaines voix hostiles à la Russie. À l'inverse, on voit de plus en plus de visages comme Régis Le Sommier, ancien de Paris Match souvent qualifié de pro-russe. Alors bien sûr, sur la guerre avec l'Ukraine, il peut y avoir différents avis qui s'expriment, mais le soutien à Xenia Fedorova brouille l'image de la chaîne qui se veut patriote. Et il est un fait que Vincent Bolloré soutient sa protégée. Il l'a publiée chez Fayard et lui a ouvert les colonnes du JD News après son arrêté d'expulsion.

    Bolloré est aussi au centre d'un livre et d'une fronde dans l'édition

    Quatre-vingts auteurs ont exprimé dans un livre La grande évasion leur difficulté à récupérer leurs droits s'ils sont édités par Hachette. Ils font donc valoir leur droit moral de retrait face à un groupe, Bolloré, « dont l'agenda politique vise à faire triompher l'extrême droite », selon l'écrivain Hervé Le Tellier. Le milliardaire est aussi le sujet d'un livre de deux journalistes du Nouvel Obs : À la droite de Dieu. Cet ouvrage montre à quel point le milliardaire est présent lors des réunions de ses médias pour déterminer la ligne éditoriale, contrairement à ce qu'il a déclaré à l'Assemblée.

    Est-il lui-même sous l'influence de la Russie ? Il suffit de regarder le nom de l'émission de Xenia Fedorova, Lumière orthodoxe, pour voir que ce lien, s'il en est, passe aussi par la religion.

    À écouter aussiFrance : pourquoi la chroniqueuse Xenia Fedorova est-elle visée par une expulsion?

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  • L'arrivée de Charles Sapin de «Valeurs actuelles» à France Inter fait polémique
    2026/09/04

    Levée de boucliers au sein d'une partie de la rédaction de France Inter. À l'origine de leurs protestations, il y a le recrutement comme chroniqueur de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, hebdomadaire à la ligne éditoriale classée à l'extrême droite.

    Il y a même un mot d'ordre de grève à France Inter si la direction ne revient pas sur sa décision de recruter Charles Sapin, tout récent numéro deux de la rédaction de Valeurs actuelles, à un poste d'éditorialiste politique le dimanche matin. Ce n'est d'ailleurs pas lui, l'ancien journaliste du Figaro et du Point qui est en cause, mais son journal Valeurs actuelles. L'hebdomadaire a été condamné définitivement, il y a deux ans, pour injures publiques à caractère raciste, après avoir représenté en esclave la députée Danièle Obono (La France insoumise).

    À l'entendre, Charles Sapin serait très loin de cette ligne éditoriale. Il a d'ailleurs été chargé de repositionner Valeurs Actuelles en magazine des droites. Seulement, le titre a été racheté il y a un an par trois investisseurs, dont l'un, Pierre-Édouard Stérin, ne cache pas sa volonté de peser sur l'élection présidentielle 2027 en favorisant l'union des droites. Pierre-Édouard Stérin est aussi un milliardaire exilé fiscal qui s'est déclaré à droite de l'extrême droite sur l'immigration.

    Une polémique qui oppose direction et syndicats à France Inter

    Cette polémique intervient, en effet, juste après que le journaliste marqué à gauche, Thomas Legrand, a dénoncé son invisibilisation de l'antenne après une vidéo prise à la volée, où il a été accusé d'être en connivence avec des responsables socialistes. Pour les représentants du personnel, Charles Sapin appartient à la direction d'un magazine qui n'est pas compatible avec les valeurs de Radio France. Pour la direction, à l'inverse, il est un signe de pluralisme avant la présidentielle, sachant qu'il y a sur France Inter des chroniqueurs venus d'autres hebdos, dont Alternative Économique et le Nouvel Obs, plutôt classés à gauche.

    Pluralisme ou banalisation des idées d'extrême droite

    Souvenez-vous : en 2024, le Conseil d'État a demandé à l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel en France, de garantir le pluralisme sur CNews en regardant l'ensemble des prises de parole, y compris des chroniqueurs. Ce qui s'applique à CNews peut aussi valoir pour France Inter, d'autant qu'en juin, la station a été mise en demeure par le régulateur de mieux répartir le temps de parole politique, les voix du RN étant concentrées la nuit. Alors oui, « écoutons nos différences », comme dit le slogan. Mais en même temps, Valeurs Actuelles a participé aux attaques contre l'audiovisuel public en soutenant que, face à un service public très à gauche, heureusement qu'il y avait des milliardaires très à droite. Très à gauche, il faut le dire vite. Et la question est de savoir si Radio France ne participe pas un tout petit peu, le dimanche, à la banalisation des idées d'extrême droite voulue par Pierre Édouard Sterin.

    À lire aussiMenace de grève à Radio France après l'arrivée d'un éditorialiste de «Valeurs Actuelles»

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  • États-Unis: accord à l'amiable pour Meta, une reconnaissance en creux de l’addiction aux réseaux sociaux?
    2026/08/28

    En Californie, un procès contre Meta s'est conclu par un accord à l'amiable pour 18 milliards de dollars, l'entreprise évitant ainsi une condamnation possible pour avoir favorisé l'addiction des adolescents et des personnes vulnérables.

    C'était un peu le procès de l'addiction, comme il a existé en 1998 pour le tabac. Pour Meta, la facture risquait d'être salée puisqu'une coalition de 29 procureurs généraux aux États-Unis lui réclamait jusqu'à 200 milliards de dollars, selon un chiffrage provisoire. Le témoignage en particulier d'un de ses anciens ingénieurs, Arturo Bejar, a été déterminant devant le tribunal fédéral d'Oakland.

    D'une voix calme et déterminée, l'homme a expliqué comment les paramètres censés limiter l'addiction sur Instagram ou Facebook étaient en réalité « conçus pour échouer ». « C’est comme s’il fallait activer l’airbag chaque fois qu’on monte en voiture », a-t-il déclaré. Il y avait les modes silencieux pour ne pas avoir de notifications nocturnes ou le mode « faire une pause » mais qui n'était actionné par personne. Et pour cause : « Les notifications, a-t-il dit, sont construites et conçues pour faire revenir les gens. » Pas pour leur santé mentale. Est-ce ce qui a convaincu Meta de trouver un accord à l'amiable ? Ce qui est sûr, c'est que le géant s'en sort bien : il ne se reconnaît aucun tort mais s'engage à limiter à deux heures par jour l'accès des moins de 18 ans à ses plateformes, avec blocage entre minuit et 6 heures du matin, suspension des notifications pendant les « horaires d'école » et invisibilisation des likes et des filtres incitant à une consultation compulsive.

    À écouter dans l'Invité internationalProcès de Meta aux États-Unis: «Une tenaille transatlantique se resserre sur les géants de la tech»

    Un accord regardé de près en dehors des États-Unis

    Cet accord est d'autant plus scruté qu'il comporte un volet exigeant aussi de TikTok et YouTube des mesures de protection des mineurs. Volker Türk, le haut-commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, a demandé le respect des règles protégeant les enfants et il a incité les gouvernements à prendre des mesures plutôt qu'à attendre que les tribunaux ou les entreprises agissent.

    En France, l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans n'a pas été validée par le Conseil constitutionnel cet été. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis de revoir sa copie, tous les regards se tournent vers l'Europe. Or Bruxelles, qui a ouvert des enquêtes contre Meta et TikTok, envisage aussi des restrictions d'âge. Des engagements sont désormais attendus au sein de l'Union européenne pour protéger les enfants, que ce soit en termes de temps passé devant les écrans, de contrôle parental ou de limitation des dispositifs d'addiction. La commission constate aussi que les réglages sont compliqués à gérer, sur Meta comme sur TikTok, et elle envisage un accès « progressif et gradué » aux plateformes en ligne des enfants et des adolescents. Sous peine d'amende.

    À lire aussiAddiction aux réseaux sociaux: Meta accepte de verser plus de 16 milliards de dollars à des États américains

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