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Chronique des médias

Chronique des médias

著者: RFI
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L’actu des médias, les médias dans l’actu : tel est le propos de cette chronique qui se propose de décrypter ce qui change les médias à l’ère numérique - et donc la façon dont on est informé. Les évolutions technologiques, la crise des modèles classiques, les nouveaux vecteurs d'information... Tels sont quelques-uns des éléments qui seront explorés sur la planète média. Tout en couvrant les grands événements «médias» qui touchent la France, une attention particulière sera accordée à l'actualité internationale des médias, notamment intéressant les pays du Sud. La chronique pourra revenir aussi avec un regard critique sur la façon dont les médias couvrent certains évènements et sur la façon dont les médias sont eux-mêmes transformés par une actualité qui leur est propre. En partenariat avec le magazine «Stratégies».

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • En Turquie, une vague de censure touche les médias et les journalistes
    2026/10/23

    Mercredi 14 octobre, le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan a pris le contrôle de la principale chaîne d'opposition et première chaîne d'informations en audience en Turquie, Halk TV.

    Depuis que la police turque a pris le contrôle de Halk TV, en arrêtant onze personnes et en imposant l'interruption du direct, ce sont des contenus religieux qui sont diffusés. Des mandats d'arrêt ont été émis à l'encontre de 17 personnes ainsi que du patron de Halk TV, Cafer Mahiroglu, qui vit à Londres. Le patron a parlé d'un « jour sombre pour la Turquie », qui bafoue le droit du public à l'information.

    Ce n'est hélas qu'une étape de plus car il y a un an, c'était la chaîne d'opposition Tele 1 qui était ainsi baillonnée, avec, comme à Halk TV, la nomination d'un administrateur. Et il y a trois semaines, c'est l'un des principaux sites d'information, T24, qui s'est vu bloqué par les autorités pour avoir apporté son soutien aux droits LGBT.

    On le voit, alors que se raréfient les médias indépendants, cette prise de contrôle s'intensifie, à l'image d'un régime Erdogan qui fait emprisonner des élus d'opposition, à commencer par le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, depuis un an et demi.

    Des motifs judiciaires fallacieux pour détourner l'attention

    Comme pour le maire d'Istanbul, la justification pour cette prise de contrôle est la : « corruption, le trucage d'appels d'offres et le blanchiment ». Tout cela n'est bien sûr qu'un habillage. Car selon le PDG de Halk TV, la véritable motivation à cette prise de contrôle, c'est une volonté de « détourner l'attention » et de sortir du débat public un immense scandale politico-financier : la liquidation en septembre de fonds d'investissement aux actifs toxiques qui ont spolié près d'un demi-million de petits épargnants pour 17 milliards de dollars d'actifs.

    L'affaire éclabousse de hauts responsables du pouvoir et de l'AKP, le parti d'Erdogan. Et, alors qu'une ministre qui se serait enrichie et n'est pas poursuivie est la risée des réseaux sociaux, quatre journalistes de Halk TV ont été écroués et deux autres ont été placés en détention provisoire pour « diffusion d'information trompeuse ».

    À écouter dans L'invité internationalContrôle des médias en Turquie: «Le premier objectif, c'est pousser les journalistes à l'autocensure»

    Les comptes X des journalistes ne sont pas épargnés

    Au prétexte de garantir la sécurité et l'ordre, près de 180 comptes de journalistes ont été censurés, en particulier celui de Can Dündar, le célèbre rédacteur en chef réfugié en Allemagne. C'est aussi le cas, désormais, de ceux de Cafer Mahiroglu et de Halk TV ainsi que de nombreux journalistes, comme la correspondante britannique de Sky News. En septembre, 1 275 comptes X ont été suspendus, dont ceux de Youtubeurs. Selon une organisation de défense des droits, en Turquie, la « vague de censure est devenue un tsunami ».

    À lire aussi«Le pouvoir se croit tout permis»: l’opposition turque voit dans le cas Halk TV un tournant autoritaire

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  • France: les candidats à l'élection présidentielle 2027 au chevet d'une presse malade
    2026/10/30

    Quelles sont les attentes de la presse française vis-à-vis des candidats à l'élection présidentielle en 2027 ?

    C'est une presse malade, qui multiplie les plans sociaux et voit ses recettes s'effondrer, que les candidats sont venus rencontrer à la mi-octobre au bien nommé Pavillon Élysée, à Paris. Alors, messieurs-dames candidats, quelles sont vos propositions pour venir en aide à une presse qui concourt à l'information, donc à la démocratie ? Ont répondu à l'appel Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, tandis que Marine Le Pen était représentée par Philippe Ballard, Jean-Luc Mélenchon par Manuel Bompard et Raphaël Glucksmann par Boris Vallaud.

    Tous ont conscience des difficultés de la presse. Le 9 octobre, les salariés des neuf journaux du groupe Ebra ont fait grève après la suppression de 400 emplois sur 3 200 parmi des titres comme Le Progrès, Le Dauphiné libéré, les Dernières Nouvelles d'Alsace ou le Bien public. Ce groupe de presse qui couvre 23 départements a perdu en dix ans la moitié de sa diffusion. Alors bien sûr, les éditeurs demandent à la puissance publique d'intervenir en finançant une restructuration des imprimeries, en aidant à la distribution des journaux et en leur permettant de lutter contre les plateformes numériques qui pompent leurs revenus publicitaires et l'attention de leurs lecteurs.

    Qu'est-ce qui est ressorti des interventions des candidats ?

    Les candidats ont trouvé un consensus : il faut aider la presse qui concourt à éclairer le citoyen. Seul le Rassemblement national fait exception en estimant qu'il faut supprimer en cinq ans les aides directes aux journaux. Ensuite, il s'agit de permettre aux titres de mieux recouvrer leurs droits voisins sur les réseaux sociaux et de faire en sorte qu'ils ne soient pas pillés par les acteurs de l'intelligence artificielle (IA). C'est pourquoi tous sont favorables à une proposition de loi Darcos qui propose d'exiger des géants de l'IA qu'ils fassent la preuve qu'ils n'utilisent pas de contenus de presse dans leur modèle.

    Pour LFI, Manuel Bompard insiste, lui, sur la nécessité de lutter contre la concentration de la presse et de soumettre les aides à des critères sociaux et de gouvernance, comme un droit de veto de la rédaction en cas de changement de direction. Enfin, et c'est sans doute l'idée la plus neuve, Édouard Philippe a proposé de revoir le modèle économique de la presse en l'alignant sur le régime de l'audiovisuel ou du cinéma, autrement dit en lui faisant profiter des mécanismes de soutien à l'exception culturelle. À quand une taxe sur les plateformes ou les IA pour préserver l'information écrite ? En attendant, les éditeurs demandent au gouvernement d'orienter une petite partie du budget publicitaire numérique des annonceurs vers leurs médias en ligne.

    À lire aussiEn France, la crise de la presse s'étend toujours plus et fait du mal à l'emploi

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  • En France, la difficile couverture médiatique des manifestations de lycéens
    2026/10/09

    Quelques semaines après les premières manifestations devant les établissements, retour sur la mobilisation lycéenne en France et la difficulté de sa couverture médiatique.

    Le 17 septembre, lors du premier blocage lycéen à Créteil (Val-de-Marne), les médias ne s'attendaient pas à une telle mobilisation, puisque la crise des carburants faisait craindre à l'exécutif des manifestations d'agriculteurs ou un mouvement de type gilets jaunes. Bruno Jeudy, le directeur de La Tribune Dimanche et éditorialiste sur BFMTV, a pu parler des « gilets jeunes », avec en toile de fond de la casse, des débordements et de la répression policière.

    Et puis, les heurts qui se sont produits entre les lycéens et la police, le mot du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko disant que la violence peut être « légitime » même s'il faut l'éviter... Tout cela a entraîné une focalisation sur le maintien de l'ordre, avec une certaine insistance sur les casseurs et le rôle du parti La France insoumise dans une hypothétique manipulation des jeunes. Parallèlement, deux reporters de BFMTV ont été molestés en Seine-Saint-Denis et un caméraman de M6 a été frappé alors qu'il couvrait le blocage d'un lycée à Marseille.

    Une évolution du traitement médiatique

    Les 6 000 interpellations et les 5 000 gardes à vue – essentiellement de mineurs – ont entraîné des questions sur la réponse policière. Est-elle adaptée ? N'attise-t-elle pas elle-même la violence en raison de l'utilisation de grenades ou de lanceurs de balles de défense ? Ces deux armes ont conduit à l'amputation d'une main et à la perte d'un œil chez deux adolescents, sans parler des autres blessures. Il y a eu aussi des violences contre les policiers, notamment un commissaire.

    Mais il est devenu difficile de se cantonner à la confrontation entre deux France, celle de l'ordre et du désordre, comme on a pu le voir sur CNews ou LCI. Car le mouvement a pris une telle ampleur, avec des interrogations sur un horizon bouché, que les éditorialistes n'ont pu qu'entendre les revendications lycéennes sur leurs conditions d'enseignement, le non-remplacement des profs ou les dysfonctionnements de la plateforme Parcoursup.

    Un mouvement en permanence filmé par les lycéens

    Avec des effets induits : cela permet à de nombreux lycéens ou étudiants de documenter les violences policières. Mais l'algorithme peut aussi nourrir la contestation, et parfois la rage, comme lorsqu'un 4x4 policier a foncé à Dunkerque sur des jeunes. Les images sont ensuite précieuses pour l'IGPN, l'inspection de la police, mais aussi pour l'instruction contre des manifestants, ce qui amène beaucoup à se couvrir le visage.

    Enfin, comme le dit le directeur de Brut, Maxime Darquier, il ne s'agit plus simplement de s'assurer de la source et de contextualiser les images : il faut aussi s'assurer qu'elles soient vraies à l'heure de l'intelligence artificielle.

    À lire aussiMobilisation des lycéens en France: l'ONU «inquiète» face aux violences, le mouvement appelé à se poursuivre

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