エピソード

  • Lafayette, héros français de l’indépendance des États-Unis
    2026/07/05

    2026 marque les 250 ans de la déclaration d’indépendance des États-Unis et les 200 ans du Lafayette College. Les Archives nationales et le Lafayette College consacrent une exposition à ce personnage-clé de la relation franco-américaine, adulé aux États-Unis et plus controversé en France.

    « Le bonheur de l’Amérique est intimement lié au bonheur de toute l’humanité ; elle va devenir le respectable et sûr asile de la vertu, de l’honnêteté, de la tolérance, de l’égalité et d’une tranquille liberté » écrivait Lafayette à sa bien-aimée Adrienne en 1777. C’est dire la foi que Gilbert du Motier, marquis de Lafayette plaçait dans l’avenir humaniste des Etats-Unis, quelques mois après la déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776.

    Valeurs des Lumières et appétit de gloire

    Pétri des valeurs philosophiques et morales des Lumières et porté par son appétit de gloire, le jeune Auvergnat répond à l’appel du combat sitôt qu’il entend parler de l’insurrection en Amérique : le 20 mars 1977, il embarque pour l’Amérique à bord du navire de commerce La Victoire, et combat pour la cause des treize colonies en lutte contre la couronne britannique, sans attendre que le royaume de France ne s’engage pleinement. Il faudra attendre 1779 pour que le roi Louis XVI dépêche outre Atlantique un corps expéditionnaire commandé par le prestigieux comte de Rochambeau ; Lafayette l’y rejoindra l’année suivante à bord de la frégate L’Hermione, et sera l’un des héros de la prise de Yorktown (Virginie) le 19 octobre 1781. Un tournant décisif de la guerre d’indépendance.

    Popularité jamais démentie aux États-Unis

    Depuis, Lafayette jouit d’une popularité jamais démentie aux Etats-Unis : en témoigne les produits dérivés et les « goodies » à son effigie qui accompagne un nouveau voyage américain en 1824-1825 : une véritable « Lafayette-mania » ! A contrario, son aura en France apparaît aujourd’hui encore beaucoup moins flamboyante, abîmée par les calomnies et les caricatures, mais également par les soubresauts de la Révolution française, de la période napoléonienne et de la Restauration : député de la noblesse, il est nommé commandant de la Garde nationale en 1789, mais lorsque chute la monarchie en 1792, l’Assemblée nationale vote un décret d’accusation contre lui. En chemin vers la Hollande, il est arrêté par les Prussiens, livré aux Autrichiens et emprisonné à Olmütz (Moravie, actuelle République tchèque). Il reviendra en France en 1800, et sera à nouveau député au moment du retour des Bourbons.

    Conscient de sa célébrité et attentif à son image

    Les trésors présentés dans l’exposition des Archives Nationales témoignent de la notoriété du personnage, conscient de sa célébrité et attentif à son image. Une image reproduite sur les sabres des gardes nationaux, des médailles, des boutons, des éventails… Mais aussi caricaturé en singe, ou en traître à la Nation, et traîné dans la boue lors de campagnes de calomnies… Bref, un avant-goût des batailles médiatiques contemporaines entre partisans idolâtres et adversaires impitoyables.

    Lafayette, entre France et Amérique, aux Archives nationales jusqu’au 14 juillet 2026.

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    20 分
  • «À vau l’eau» au théâtre, faire entendre ce que «réfugié» veut dire
    2026/07/11

    Au festival d’Avignon, la compagnie Pardès rimonim présente un texte de l’autrice syrienne Wejdan Nassif inspirée de son parcours et de celui de ses voisins, également exilés.

    À vau l’eau est le second volet du diptyque « Chemin d’exil », présenté par la compagnie Pardès rimonim. Le premier, Après les ruines, créé à Avignon en 2024, mêlait fiction et fragments documentaires, jeux d’ombres et musique live. Si la mise en scène de ce nouveau spectacle -également signée Bertrand Sinapi- est plus sobre, elle n’en est pas moins originale : le scénographe Goury a imaginé une installation orchestrée autour de figurines. Elle fait peu à peu apparaître aux yeux du public une nouvelle carte des migrations. La comédienne -Amandine Truffy ou Christine Koetzel (en alternance) - dessine en direct, à même le sol, les pays d’origine ou de transit des différents personnages, et leurs trajectoires qui, toutes, convergent jusqu’au quartier de Borny.

    Des voix et des accents

    C’est dans cette cité populaire de Metz, en Lorraine, que Wejdan Nassif a posé ses valises. À vau l’eau raconte son parcours d’ancienne institutrice syrienne réfugiée en France, et ceux de ses voisins venus d’Afrique ou du Moyen-Orient : Marwan, le Palestinien né au Koweït, un temps réfugié en Syrie ; Khadija la Marocaine qui n’est pas devenue l’avocate qu’elle rêvait d’être ; Seif, le Soudanais du Darfour, Wassim l’ancien berger enrôlé par les talibans, ou Ablema, venue de Côte d’Ivoire et dont le rire communicatif est un véritable baume sur les plaies des habitants du quartier... Le spectacle fait entendre leurs voix et leurs accents, mais aussi les sons et les ambiances du quartier captés sur place et mis en musique par le compositeur électroacoustique Lionel Marchetti.

    Courage, espoirs et questionnements

    À l’issue de la représentation, on garde en tête les souffrances et les difficultés rencontrées par les différents protagonistes, souvent brinquebalés par les aléas de la géopolitique. Mais peut-être plus encore leur courage, leurs espoirs et leurs questionnements : peut-on -et faut-il- faire le deuil de sa terre d’origine ? Comment garder le contact avec les proches restés au pays ? Comment s’intégrer au mieux dans cette France pas toujours accueillante ? Comment rester fidèle à sa culture tout en apprenant la langue qui permettra cette intégration ? Que transmettre à ses enfants, et surtout comment leur assurer le meilleur avenir ?

    « Tu es ici, mais tu es toujours là-bas ». Cette phrase écrite par Wejdan Nassif - et prononcée par la comédienne qui l’incarne au plateau- résume « ce que « réfugié » veut dire ».

    À vau l’eau, au 11-Avignon jusqu’au 23 juillet 2026. Relâche les vendredis 10 et 17 juillet 2026.

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    20 分
  • À Avignon, le théâtre donne asile aux fous (et à ceux qui les soignent)
    2026/07/12

    Aux Roseaux Teinturiers pendant le festival d’Avignon, À la folie, adaptation du livre éponyme de Joy Sorman par Caroline Loeb, raconte les vies qui peuplent un endroit singulier : l’hôpital psychiatrique.

    Ils ne sont que quatre, mais ils incarnent toute une myriade de personnages, passant d’un rôle à l’autre en changeant de costume, d’accessoire, de voix, de manière de parler et de bouger… Qu’ils soient patients, soignants ou autres membres du personnel hospitalier, chacun d’entre eux partage cette humanité vraie qui respire la vie.

    Sensibilité teintée d’humour et parfois de poésie

    Avec une sensibilité teintée d’humour et parfois de poésie, Caroline Loeb -actrice mais aussi metteuse en scène de ce spectacle- adapte le livre de Joy Sorman À la folie (Flammarion, 2024). Elle a aussi façonné d’autres personnages, comme Valentin, largement inspiré de conversations avec son frère schizophrène, parfois capable de fulgurances à couper le souffle, ou avec d’autres de ses proches. Tous sont dotés d’un vécu consistant, souvent marqués par des traumatismes, des violences et parfois même une grande misère sociale. Et l’on se rend compte à quel point est mince la frontière qui nous sépare de la folie : la maladie mentale peut frapper n’importe qui.

    Solitude

    Sur la scène volontairement dépouillée -une table, quelques chaises et au fond un distributeur de boissons et friandises- se croisent les diverses fragilités qui rapprochent ceux qui travaillent et ceux qui sont internés dans un hôpital psychiatrique. À commencer par la solitude. Tous sont cabossés par l’existence. Aux souffrances des malades, répond l’usure des soignants, submergés par l’ampleur de la tâche, les injonctions administratives plus ou moins absurdes, et parfois leur incapacité à agir avec l’efficacité requise.

    Regard critique

    Si le spectacle évite tout jugement sur les personnes, il n’en est pas moins engagé, et porte un regard critique sur la prise en charge de la maladie mentale en France. Il est bien fini l’« âge d’or » de la psychiatrie, qu’Adrienne -une des personnages- situe dans les années 1960-1990 ! En cause le manque de moyens – à commencer par les fermetures de lits, même si la santé mentale était « grande cause nationale » en 2025, mais aussi, selon Caroline Loeb, une foi excessive dans les traitements médicamenteux : en témoigne la chanson Chemical Valley qui clôt la représentation, et dont le clip est disponible en ligne.

    À la folie, d’après le livre de Joy Sorman (Flammarion), adaptation et mise en scène de Caroline Loeb, avec Caroline Loeb, Mourad Boudaoud, Gigi Ledron et Claire Nebout, aux Roseaux Teinturiers jusqu’au 25 juillet 2026 (festival d’Avignon Off).

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    20 分
  • «Les hommes de juillet» de Romain Mauffrey, compte à rebours vers la Première Guerre mondiale
    2026/07/18

    Dans les coulisses de l’Histoire, le récit romancé des 30 jours (28 juin-28 juillet 1914) qui ont fait basculer le monde.

    Sur la couverture du livre, ils sont trois à se détacher sur le ciel azuré. De gauche à droite : le président de la République française Raymond Poincaré, l’empereur d’Autriche et roi de Hongrie François-Joseph Ier et le tsar Nicolas II, qui tient encore en 1914 les rênes de la Russie. C’est auprès de ces trois personnages que le néo-romancier Romain Mauffrey a choisi d’introduire ses lecteurs.

    Trois personnages et quelques autres, parmi lesquels le président du Conseil René Viviani -ami du socialiste Jean Jaurès et invétéré coureur de jupons-, l’ambassadeur de France en Russie Maurice Paléologue -onctueux et va-t-en-guerre-, Augustin de Iturbide y Green -neveu de l’empereur devenu professeur d’université à Washington-, et quelques ministres-diplomates comme le Français Abel Ferry et l’Austro-Hongrois Leopold Berchtold, peut-être le plus réaliste -et sans doute le plus belliciste- de tous.

    Décider du destin du monde en l’espace d’un petit mois

    Les voilà donc ces Hommes de juillet qui vont décider du destin du monde en l’espace d’un petit mois, entre le 28 juin et le 28 juillet 1914 : 30 petits jours qui séparent l’assassinat à Sarajevo de l’héritier des Habsbourg, l’archiduc François-Ferdinand, tué par Gavrilo Princip -un Serbe de Bosnie- et la déclaration de guerre de l’empire austro-hongrois à la Serbie, précipitant ainsi l’Europe puis le monde dans la guerre de 1914-1918.

    Savoureux dialogues et détails piquants

    D’une plume alerte, Romain Mauffrey croque ces personnages historiques dans des scènes romancées, publiques ou privées, nourries de savoureux dialogues et parsemées de détails piquants qui offrent au lecteur un vrai plaisir de lecture. Car c’est au cours de réunions, mais aussi de promenades, de repas, de voyages ou dans l’intimité de couple que les grands de ce monde se sont peu à peu résolus à accepter, ce qui finit par sembler inéluctable : la guerre. Une escalade redoutée au début et que personne ne voulait, et qui conclut pourtant le terrible compte à rebours de ce début d’été de tous les dangers.

    Atermoiements, contradictions, états d’âme et vanités

    En nous entraînant dans les coulisses de la grande Histoire, l’auteur met en exergue les atermoiements, les contradictions et les états d’âme, mais aussi les vanités de ces dirigeants qui n’en apparaissent au fond que plus humains. Mais lorsque l’honneur s’en mêle…

    Les hommes de juillet, Romain Mauffrey (Éditions Hervé Chopin).

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    20 分
  • La diplomatie en bulles: la BD explore les racines des relations franco-chinoises
    2026/07/25

    Le tome 3 des Chroniques diplomatiques de Tristan Roulot et Christophe Simon raconte les difficultés occidentales à prendre langue avec la Chine du début de l’ère Mao.

    Depuis bientôt cinq ans, la série Chroniques diplomatiques initie les amateurs d’Histoire et de bande dessinée aux arcanes de la diplomatie française des années 50. Après l’Iran de 1953 et la Birmanie de 1954, c’est dans la Chine de Mao, en 1955, que le scénariste Tristan Roulot et le dessinateur Christophe Simon envoient leurs deux héros : le diplomate Jean d’Arven et son garde du corps – et agent des services français – Jacques Franchon. Mission officielle du premier : prendre langue avec Pékin. Mission secrète du second : retrouver et détruire des documents sensibles cachés dans la résidence de l’ancien ambassadeur. Un bâtiment que les autorités chinoises entendent bien récupérer.

    Contexte particulièrement tendu

    Les deux hommes arrivent à Pékin dans un contexte particulièrement tendu : l’armée communiste menace en effet d’envahir l’île de Formose (aujourd’hui Taïwan) où les nationalistes du Kuomintang menés par Tchang Kai-Chek ont trouvé refuge. Certains se demandent même si Washington ne pourrait pas à nouveau faire usage de la bombe atomique pour assurer leur protection.

    Les plaies des occupations occidentales et japonaises

    De surcroît, les plaies des occupations occidentales et japonaises sont très loin d’être refermées. En témoigne le dossier très complet que Tristan Roulot propose à la fin de l’album, notamment autour de ce que les Chinois appellent « le Siècle de l’Humiliation » (1842-1949). Quant aux « domestiques » chinois qui les entourent, il n’y a guère de doute sur leur qualité d’espion.

    Les auteurs mettent en scène les rencontres entre Jean d’Arven, le président Mao et le Premier ministre Zhou Enlai. Le trait classique et très réaliste de Christophe Simon, digne héritier du grand nom de la « ligne claire », Jacques Martin – il a travaillé sur les séries Lefranc et Alix , sait s’adapter le temps de quelques cases aux codes de l’iconographie chinoise lorsqu’il s’agit de remonter le temps pour raconter les temps anciens.

    Une époque qui résonne avec la nôtre

    Ajoutez à tous ces éléments les couleurs d’Alexandre Carpentier, des scènes d’action très cinématographiques, une rocambolesque histoire de baignoire et des flashbacks qui éclairent un peu plus la relation si particulière entre Jean d’Arven et Jacques Franchon, et vous obtenez un thriller mêlant fiction et réalité qui raconte une époque qui résonne avec la nôtre : ne parle-t-on pas d’une nouvelle crise du détroit de Taïwan ?

    Chroniques diplomatiques, tome 3 Chine-1955, de Tristan Roulot et Christophe Simon (Le Lombard).

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    20 分
  • «Nuit blanche» d’Alain Denizet, la traversée de Paris d’un jeune clandestin burkinabè
    2026/07/26

    Un premier roman qui traite avec humanité et originalité de la question des migrants.

    « Il ira loin. » Trois mots écrits sur son bulletin de 3ᵉ qui ont tant impressionné sa mère, et qui résonnent encore en lui : la reconnaissance de ses bons résultats scolaires, mais aussi une porte ouverte sur l’avenir. Un avenir que le jeune garçon de Koudougou (Burkina Faso) a souhaité construire loin de chez lui, à Paris, dans les traces de son cousin Alphonse, qu’il doit retrouver chez lui dans son appartement de Pantin (Seine-Saint-Denis). Alphonse, c’est celui qui a réussi : surnommé « Le Parisien », il a quitté Koudougou depuis 20 ans, et lorsqu’il retourne au pays, il arrive les bras chargés de cadeaux.

    Survivant plein d’espoir

    Lorsque débute le roman d’Alain Denizet, Désiré est déjà allé loin : il est parvenu à franchir le Sahara, la Méditerranée, l’Italie et la moitié de la France. Il en a payé le prix, au sens propre comme au sens figuré. C’est un survivant, mais il est plein d’espoir lorsqu’il aborde la dernière étape de son voyage : la traversée de Paris. À pied, car prendre le métro serait trop dangereux pour ce sans-papiers qui n’est pas parvenu à obtenir de visa : il doit se méfier des uniformes.

    Alors, Désiré marche. Pendant 10 kilomètres, le jeune garçon de 22 ans s’étonne des Parisiens trop pressés, s’émerveille des monuments, des illuminations de Noël et des boutiques de luxe aux prix exorbitants. En ce 18 décembre, il neige : encore une découverte que le jeune Burkinabè goûte avec délectation, du moins avant qu’elle ne se transforme en verglas.

    Flashes de souvenirs

    En marchant, Désiré fera quelques belles rencontres, téléphonera à sa mère au village et à Abdou, son frère de traversée resté à Vintimille (Italie). Par association d’idées, il se rappellera aussi les épisodes douloureux de son odyssée. L’auteur a choisi de les raconter non pas de façon linéaire, mais à travers des flashes de souvenirs qui viennent enrichir le roman qui se déroule en à peine 24 heures.

    Lien fort avec l’Afrique

    Alain Denizet n’en est pas à son premier livre, mais Nuit blanche est le premier roman de cet agrégé d’histoire qui a noué un lien fort avec l’Afrique : il a enseigné huit ans au Niger et au Burkina Faso. Son récit est en partie inspiré par le témoignage direct d’un migrant, nourri par des articles de presse, et épicé d’expressions et de proverbes africains ainsi que de quelques mots de mooré.

    Nuit blanche, Alain Denizet (Ella Éditions).

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    19 分
  • «Avanti Popolo», les derniers jours de Mussolini en BD
    2026/08/01

    Les éditions Glénat publient un diptyque signé Patrice Perna et Malo Kerfriden qui racontent la débandade du Duce et la fin du fascisme.

    Un peu plus de dix ans après le premier des deux tomes du diptyque Kersten, médecin d’Himmler (avec Fabien Bedouel), cinq ans après La part de l’ombre (avec Francisco Ruizge) et une année à peine après Mercader, l’assassin de Trotsky (avec Stéphane Bervas), le scénariste Patrice Perna plonge à nouveau dans la seconde guerre mondiale, le temps d’un autre diptyque, italien, cette fois, avec Malo Kerfriden au dessin, lui aussi familier des albums à tonalité historique (KGB, avec Valérie Mangin ; L’abolition, le combat de Robert Badinter avec Marie Bardiaux-Vaïente ; Res Publica, cinq ans de Résistance avec David Chauvel ; Dans les oubliettes de la République – Georges Ibrahim Abdallah avec Pierre Carles).

    Folco, personnage inspiré par l’oncle de Patrice Perna

    Avanti Popolo, premier tome du diptyque Mussolini, croise le destin du personnage éponyme et celui de Folco, un personnage inspiré par l’oncle de Patrice Perna, jeune Italien de France qui repart au pays pour rejoindre les Partisans, engagés contre le fascisme.

    Mis à part le prologue, le récit de l’album se situe dans les tous derniers jours d’avril 1945. Mais c’est depuis le débarquement américain en Sicile du 10 juillet 1943, que la spirale de la défaite est enclenchée : affaibli par les défaites, mis en minorité puis destitué le 24 juillet, Mussolini est arrêté, emprisonné dans les Abruzzes, avant d’être exfiltré le 12 septembre par un commando allemand. Le 13 octobre, l’Italie déclare même la guerre à l’Allemagne. Un an et demi après, le Duce n’est plus que l’ombre de lui-même : lâché de toutes parts, il est en fuite avec un groupe de « chemises noires », mais aussi des SS, des soldats et des blindés de la Wehrmacht.

    Homme déprimé et aux abois

    C’est donc un homme déprimé, aux abois, nostalgique de ses années de puissance, en colère contre « les traîtres », qui plastronne encore de temps à autre mais qui semble plutôt résigné que dessine Malo Kerfriden. En témoigne aussi le travail sur les ombres et les couleurs : lorsque le leader déchu apparaît, le noir est omniprésent, et la coloriste Florence Fantini donne une dimension très sombre au récit. Son seul rayon de soleil est sa dernière maîtresse Clara Petacci, qui lui restera toujours fidèle et qui en paira le prix, puisqu’elle sera exécutée en même temps que lui. Le tome 2 s’annonce d’ailleurs encore plus sombre : il s’intitulera Le cadavre vivant.

    Mussolini, Tome 1 Avanti Popolo, de Patrice Perna et Malo Kerfriden (Glénat).

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    19 分
  • Clémence de Vimal et l’inceste au théâtre, planches de salut
    2026/06/28

    Dans un seule en scène émouvant et parfois drôle -si, si…- Clémence de Vimal raconte l’inceste et le combat pour la vérité, la justice et la résilience.

    « Il n’est point de secret que le temps ne révèle », dit Narcisse dans Britannicus. En montant son spectacle, Clémence de Vimal avait en tête les mots de Racine. J’ai besoin d’air, c’est pour ça que je fume est le fruit d’une longue maturation personnelle et artistique, nourrie par le mouvement #MeToo, mais aussi par ses propres écrits, par exemple dans le secret du journal intime de l’adolescente qu’elle était. Vingt ans d’écrits qui ont servi de matériau de base à l’écriture du spectacle, de même que les pièces du dossier judiciaire, puisqu’elle a porté plainte contre son agresseur.

    Pulsion vitale

    Elisabeth, le personnage que le spectateur découvre sur le plateau, est donc le double théâtral de l’autrice, metteuse en scène et comédienne. Comme elle, elle a grandi au sein d’une famille nombreuse, pétrie de bons sentiments et de bonne éducation aristo-catholique, qui a coutume de se retrouver chaque année pour les vacances d’été, dans un château au bord de l’eau. C’est là que se produira l’événement qui aurait pu détruire sa vie, si elle n’était pas animée par cette pulsion vitale qui irradie le spectacle et qui accompagne son appétit de vérité et de justice aussi bien que sa volonté de témoigner, de sensibiliser et d’aider à la libération de la parole et à la résilience.

    Apparence de conte de fées

    J’ai besoin d’air, c’est pour ça que je fume est un seule en scène, mais à 16 voix, toutes interprétées et incarnées par Clémence de Vimal elle-même. Il suffit de changer de timbre, d’intonation, de débit et de posture, et la magie du théâtre opère, servie par les accessoires démesurés qui accompagnent la mise en scène. L’artiste dit s’être inspirée d’Alice au pays des merveilles pour donner au spectacle cette apparence de conte de fées qui rappelle l’enfance et le sentiment de « bizarre » qui sourd peu à peu dans la tête d’Elisabeth.

    Le ton juste

    Ce choix permet aussi aux spectateurs de prendre un peu de distance par rapport à l’âpreté du vécu du personnage. Le texte est aussi parsemé de traits d’humour et d’ironie qui font mouche et qui apportent des respirations bienvenues. On rit, on est ému parfois à en pleurer : à n’en point douter, Clémence de Vimal a su trouver le ton juste pour aborder sans faux-fuyant un sujet intime et difficile, lui donner une dimension universelle, et susciter chez les spectateurs émotions et réflexion. Tout en criant à la face du monde que la vie est belle, malgré tout.

    J’ai besoin d’air, c’est pour ça que je fume, au Théâtre Transversal (Festival d’Avignon Off) jusqu’au 25 juillet 2026 à 10h45 (relâche le mercredi).

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    20 分