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L'art de raconter le monde

L'art de raconter le monde

著者: RFI
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Jean-François Cadet raconte avec des mots et avec des sons comment – à travers leurs œuvres – les écrivains, les dessinateurs et scénaristes, les metteurs en scène, les comédiens, les cinéastes, les plasticiens ou les musiciens se font l’écho des soubresauts, des débats, des grandes figures et des tendances du monde d’hier, d’aujourd’hui, et peut-être de demain. Réalisation : Antonin Duley. (Diffusions toutes cibles : le samedi et le dimanche à 18h40 TU).

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • L’exposition «Frontière» dévoile le dessous des cartes
    2026/06/14

    À la Cité des Sciences et de l’industrie (Paris), une exposition interactive et souvent ludique, propose, à partir des travaux de géographes, une approche humaniste du monde contemporain.

    Première surprise : Frontière, le titre de l’exposition s’écrit au singulier. Signe que c’est la notion même de frontière qu’elle nous invite à explorer, mais à travers une dizaine d’exemples, sur les continents, les mers ou le cyberespace, afin de dévoiler de façon la plus concrète possible les différentes facettes de la frontière, tout en déconstruisant les idées reçues. Une ambition qui s’inscrit aussi dans les décors en matériaux bruts et dans le caractère interactif et souvent ludique des situations présentées sur des supports variés (cartes, panneaux analytiques, photographies, objets, films, jeux de société…).

    Entendre la parole des migrants et des exilés

    Dès l’entrée, le visiteur peut affronter, face à un écran, un contrôle fictif réalisé par une intelligence artificielle. Il entre ensuite de plain-pied sur une des plus longues frontières du monde -entre le Mexique et les États-Unis-, avant de découvrir la terrible situation humaine des jeunes migrants confrontés aux gangs qui sévissent aux confins du Venezuela et de la Colombie, d’explorer la DMZ -zone démilitarisée entre les deux Corées-, ou de partager à travers un astucieux son et lumière les affres des Ossètes et des Abkhazes, confrontés aux tensions entre la Géorgie et la Russie, cette dernière soutenant les mouvements séparatistes.

    Au centre du parcours, on peut s’asseoir sur une immense tente, et découvrir un film d’animation inspiré du travail du géographe Calvin Minfegue dans la ville-frontière de Garoua-Boulaï (Cameroun), qui accueille depuis le début des années 2000 un afflux de réfugiés centrafricains. Une fiction qui restitue des témoignages, complétée par une carte des camps humanitaires. Les trois ilots de l’installation artistique sonore Territoires du Rêve, du duo Kristoff K. Roll (Carole Rieussec et J-Kristoff Camps) font également entendre la parole aux exilés.

    Parfois de sable ou d’eau

    Parfois de sable -comme dans le Sahara entre Niger et Algérie-, ou d’eau -et donc invisibles dans l’espace maritime-, les frontières sont souvent au centre de contestations et de règlements internationaux pas toujours respectés. L’exposition présente aussi une section intitulée « Étranges frontières », dont les dioramas racontent les histoires singulières : le triangle du Bir Tawil, un territoire entre l’Égypte et le Soudan que personne ne veut ; l’Antarctique, convoité au contraire par tous ; ou l’île des Faisans, qui change de propriétaire tous les six mois !

    Frontière, à la Cité des Sciences et de l’Industrie, jusqu’au 2 janvier 2028.

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    2 分
  • «Le tarbouche magique», d’Emmanuel Villin et Zeina Abirached, conte moderne entre Orient et Occident
    2026/06/13

    Invitée du Lyon BD Festival dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, la dessinatrice libanaise Zeina Abirached publie avec Emmanuel Villin un conte pour enfants aux allures d’Aladin.

    De [Beyrouth] Catharsis et 38, rue Youssef Semaani (Cambourakis, 2006) à son adaptation du livre de Khalil Gibran Le Prophète (Seghers, 2023), le Liban et sa capitale sont toujours en toile de fond des albums de l’auteure et dessinatrice franco-libanaise Zeina Abirached. Rien d’étonnant qu’elle figure parmi les invités que le Lyon BD Festival a choisi de mettre à l’honneur, en partenariat avec la Saison Méditerranée 2026. Elle y propose jusqu’au 31 juillet une exposition dont le titre « Il fallait un peu de rêve » entre en résonnance avec le court roman jeunesse qu’elle a illustré il y a quelques mois dans la collection Mouche de l’École des Loisirs.

    Pas de lampe merveilleuse dans ce conte écrit par Emmanuel Villin, mais un autre objet qui donne son titre au récit : Le tarbouche magique. Le couvre-chef -de couleur rouge vif- apparaît au centre de la couverture, sur la tête de Zalfa, la petite fille qui en est l’héroïne.

    De Zalfa à Zeina

    La coiffure de Zalfa ressemble à s’y méprendre à la chevelure de la dessinatrice. Et comme leurs deux prénoms commencent par la même lettre, le lecteur averti n’aura aucun mal à faire le rapprochement avec la dessinatrice, et à passer de Zalfa à Zeina. Pourtant, aucune mention de Beyrouth, ni du Liban, ni d’aucun autre lieu géographique, si ce n’est la maison des grands-parents de la fillette. Nous sommes bien dans un conte contemporain, dans une histoire universelle susceptible d’intéresser tous les enfants du monde, ceux qui rêvent de tablettes ou de téléphones.

    Tarbouche et babouches

    Pourtant, un autre clin d’œil à la culture orientale se glisse dans le texte et le dessin : les babouches -dont le nom -faut-il le préciser- rime avec tarbouche-, d’ailleurs du même rouge vif. Ces deux objets appartiennent au passé du grand-père, une vie antérieure inconnue de sa petite-fille, et constituent autant de portes d’entrée potentielle vers l’imaginaire et la culture orientale.

    Un autre tarbouche dans Le Piano oriental

    Un tarbouche, il y en avait aussi un dans l’un des grands succès de Zeina Abirached, Le Piano oriental (Casterman, 2019). C’était l’un des principaux attributs du héros, Abdallah Kamanja, l’inventeur du dit instrument, capable de rapprocher les traditions musicales d’Orient et d’Occident. Petit détail : le personnage était… le grand-père de la narratrice ! A se demander si ce nouveau conte illustré n’est pas le petit-frère du roman graphique.

    Le tarbouche magique, Emmanuel Villin & Zeina Abirached (L’École des Loisirs)

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    20 分
  • Margaret Thatcher en BD, quand la dame de fer fait feu de tout bois
    2026/06/07

    L’historien Jean-Yves Le Naour (scénario) et Emilio van der Zuiden (dessin) livrent La sorcière qui a changé le monde, un album caustique et jubilatoire sur la première femme Premier ministre britannique, un personnage aussi punk que l’Angleterre de son époque.

    La sorcière qui a changé le monde est, après Le crétin qui a gagné la guerre froide, le deuxième album de la collection « Le grand cirque du pouvoir ». À la manœuvre, l’historien Jean-Yves Le Naour : ce spécialiste du XXè siècle est aussi un scénariste de BD chevronné. Pour ce deuxième opus, il est accompagné du dessinateur Emilio van der Zuiden, dont le trait expressif – qui oscille entre réalisme, caricature, cartoon et roman photo (oui, oui, tout ça çà la fois !) - souligne le ton acide et comique à la fois du propos.

    Autoritaire, tranchante, déterminée

    C’est que Margaret Thatcher est un sacré personnage : autoritaire, tranchante, déterminée, la fille de l’épicier-pasteur de Grantham a su s’imposer au sein du très aristocratique parti conservateur britannique, avant de devenir la première femme Premier ministre du Royaume-Uni. Elle restera plus de 11 années d’affilée à Downing-Street, un record au XXè siècle. Inflexible avec les grévistes et les syndicats, avec les combattants nord-irlandais, avec la dictature militaire argentine pendant la guerre des Malouines. Intraitable aussi dans ses relations avec ses homologues européens : l’album regorge de scènes hilarantes avec les présidents français Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, ou les chanceliers allemand Helmut Schmidt et Helmut Kohl. « Maggie » n’aura pas volé son surnom de « Dame de Fer », donné en 1984 par un journal soviétique.

    Entourage exclusivement masculin

    Le récit de Jean-Yves Le Naour et Emilio van der Zuiden alterne rencontres officielles, coulisses du pouvoir et des campagnes électorales, et scènes familiales et intimes. En privé comme en public, l’entourage de Margaret Thatcher apparaît comme exclusivement masculin.

    Lors de son ascension, son conseiller en communication Gordon Reece -nœud papillon autour du cou- relooke sa patronne, modèle ses déclarations publiques et lui fait adopter les codes du marketing politique de l’époque. Stratégie gagnante, mais dont il ne sera guère récompensé : la nouvelle cheffe du gouvernement le congédiera vite, sans gratitude excessive.

    Humour très british

    Autre personnage-clé : Keith Joseph, secrétaire d’État du cabinet fantôme sous le gouvernement travailliste. Libéral convaincu, pourfendeur du keynésianisme et disciple des monétaristes américains, il est l’un des inspirateurs de la politique économique des conservateurs et restera longtemps l’éminence grise du thatchérisme.

    Impossible d’oublier un troisième homme, encore plus discret, sans poste officiel mais peut-être plus important encore : le mari de Margaret, Denis Thatcher. Toujours à ses côtés, d’une fidélité et d’une loyauté exemplaires, dans les succès comme dans les échecs, il apporte une distance et une touche d’humour très british dans cet album absolument jubilatoire. On attend avec impatience le troisième tome de la série, consacré au dernier président soviétique Mikhaïl Gorbatchev !

    La sorcière qui a changé le monde, Jean-Yves Le Naour, Emilio van der Zuiden (Grand Angle/Bamboo Éditions).

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    20 分
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