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L'art de raconter le monde

L'art de raconter le monde

著者: RFI
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概要

Jean-François Cadet raconte avec des mots et avec des sons comment – à travers leurs œuvres – les écrivains, les dessinateurs et scénaristes, les metteurs en scène, les comédiens, les cinéastes, les plasticiens ou les musiciens se font l’écho des soubresauts, des débats, des grandes figures et des tendances du monde d’hier, d’aujourd’hui, et peut-être de demain. Réalisation : Antonin Duley. (Diffusions toutes cibles : le samedi et le dimanche à 18h40 TU).

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Cambodge: «Une main vers le ciel», les Khmers rouges entre mémoire, vengeance et justice
    2026/03/15

    À mi-chemin entre la fresque historique et le roman d’action, Une main vers le ciel raconte le Cambodge des Khmers rouges, de la chute de Phnom Penh à la traque des génocidaires.

    Le premier chapitre est plein de tendresse : celle qui unit Khieu à son oncle -devenu son second père après le décès tragique de ses parents -. Le vieil épicier ne sait pas lire, mais il a voulu donner à son neveu les moyens de réussir en l’inscrivant au Lycée français de Phnom-Penh. Leur relation est altruiste et pleine de délicatesse, face aux accélérations de l’Histoire.

    Ce 17 avril 1975 est un tournant : les Khmers rouges entrent dans la capitale cambodgienne, et s’en prennent aux partisans du maréchal Lon Nol forcé à l’exil. Mais ce n’est que le début : l’évacuation forcée des villes et la répression de l’Angkar –le parti communiste- de Pol Pot feront près de deux millions de morts.

    Camp de rééducation

    La plume de Jean-Christophe Boccou taille dans le vif lorsqu’il évoque la violence déployée par les anciens maquisards communistes : « les doctrines changent, les mains aussi, mais il y a toujours une lame, et une gore coupable à trancher -au nom de la justice, au nom de la sauvegarde du régime, au nom du nom », écrit l’auteur qui transporte ses personnages dans un camp de rééducation dirigé par un tortionnaire cruel et exalté, dont le ton vire au « lyrisme hystérique » lorsqu’il s’adresse à ses hommes. Un sinistre personnage nommé Vorn qui sera son tortionnaire, et qu’il s’efforcera de retrouver lorsque sonnera l’heure des comptes.

    CETC

    Car après avoir échappé à l’enfer, Khieu saura se montrer digne des espoirs de son oncle : il deviendra juge d’instruction auprès des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) mis en place par les Nations unies pour traduire en justice les principaux dirigeants encore en vie du régime khmer rouge entre 2001 et 2023. Et il participera même directement à la traque de son ancien bourreau, reconverti en organisateur de combats de boxe clandestins en région parisienne.

    Au-delà des péripéties d’une narration addictive et des personnages hauts en couleurs, le roman interroge aussi le rapport au souvenir et à la transmission. Il pose aussi la question de la frontière entre la justice et la vengeance. Et rappelle à quel point les stigmates du génocide et de la guerre continuent de hanter les Cambodgiens où qu’ils soient dans le monde.

    Une main vers le ciel, Jean-Christophe Boccou (La manufacture de livres).

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    21 分
  • Mathieu Diez et Jibé, Beyrouth à livre ouvert
    2026/03/14

    Dans un album dessiné par Jibé, Mathieu Diez partage sa découverte du Liban et son travail d’attaché pour le livre et le débat d’idées à l’Institut français de Beyrouth dans les années 2021-2024.

    « En quatre ans à Beyrouth, Mathieu Diez a tout vécu : la guerre et la paix, le chaos et la solidarité, les blocages politiques et les élans d’espoir », écrit la directrice du groupe de presse L’Orient-Le Jour -et ancienne ministre française de la Culture- Rima Abdul Malak au début de la préface de l’album.

    Rien d’étonnant à ce que ce passionné de bande dessinée choisisse le 9è art pour raconter - avec un zeste d’humour, beaucoup d’humanité et le trait sobre mais plein d’émotion de Jibé - cette expérience professionnelle et familiale qu’il n’oubliera jamais.

    Énergie bouillonnante

    D’abord un tantinet candide, Mathieu Diez s’est vite acclimaté à l’énergie bouillonnante d’une capitale libanaise traumatisée par la guerre civile, la corruption de ses élites et l’explosion du port le 4 août 2020, mais toujours animée par l’espoir d’un renouveau démocratique, malgré l’échec des manifestations de la « thawra » (révolution) des années 2019-2021. Ses rencontres et sa curiosité lui ont permis d’apprivoiser la complexité, de saisir les paradoxes et d’appréhender les nuances d’une société dans laquelle cohabitent le raffinement culturel et gastronomique, les absurdités les plus cocasses (la séquence sur le passage à l’heure d’été est délicieuse) et la violence la plus débridée.

    Les conséquences du 7 octobre 2023

    Pendant ses quatre années de mission, cette dernière s’invite souvent dans son quotidien : dès le premier jour, il remarque qu’un char garde l’entrée de l’Institut français, et on lui donne des consignes de sécurité très strictes. On lui apprend aussi à reconnaitre les sons des fusils d’assaut, utilisés aussi bien lors des affrontements que lors des moments festifs. Mais ce sont les conséquences du 7 octobre 2023 – date de l’attaque du Hamas contre Israël- qui seront particulièrement meurtrières pour « le pays de la guerre des autres », pour reprendre l’expression utilisée dans l’album.

    Beyrouth BD Festival et Beyrouth Livres

    Entre accès de violence, crise économique et bancaire et marasme politique, les fonctions de Mathieu Diez - attaché pour le livre et le débat d’idées à l’Institut français du Liban- lui font sillonner le pays et rencontrer nombre d’acteurs culturels, pour la plupart francophones. Après le succès du Beyrouth BD Festival, il parvient notamment à mettre sur pied le festival Beyrouth Livres, en présence de la moitié de l’Académie Goncourt. Sans échapper à la polémique mais avec un espoir : que la culture parvienne un jour à donner au Liban l’avenir qu’il mérite. Même si l’actualité prouve que décidément le pays du Cèdre est bien celui de « la guerre des autres ».

    Tout mais pas Beyrouth, Mathieu Diez et Jibé (Delcourt).

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    20 分
  • «La découvreuse oubliée» de la trisomie 21, le théâtre rend justice à Marthe Gautier
    2026/03/08

    Au Théâtre de la Reine Blanche, Marie-Christine Barrault et sa petite-fille Marie Toscan se mettent dans la peau de Marthe Gautier, médecin brillante mais largement spoliée de sa découverte : la trisomie 21.

    Physicienne -elle est spécialiste de la mécanique de la rupture des matériaux-, Elisabeth Bouchaud est aussi comédienne, autrice et directrice depuis avril 2014 du Théâtre de la Reine Blanche, théâtre indépendant du XVIIIè arrondissement de Paris, dont la programmation est largement inspirée des sciences dans toutes leurs diversités. Depuis 2022, elle y propose la série théâtrale Les Fabuleuses, qui retrace le parcours de femmes de science méconnues. La découvreuse oubliée en est le quatrième volet.

    Invisibilisée

    Le titre du spectacle reprend l’expression que Marthe Gautier (1925-2022) utilisait à propos d’elle-même : découvreuse en 1958 de l’anomalie génétique baptisée trisomie 21 ; mais oubliée, parce qu’elle fut longtemps invisibilisée, jusqu’à ce que le comité d’éthique de l’INSERM finisse par lui rendre justice.

    Marie-Christine Barrault donne corps avec une émouvante sobriétés aux fêlures de cette femme brillante et droite, passionnée par ses recherches scientifiques et par la spécialité médicale à laquelle elle consacrera sa vie : la cardio-pédiatrie. À l’heure du bilan, la dame aux cheveux blancs raconte son parcours à une jeune journaliste (Marie Toscan), qui devient aussi sur scène la jeune Marthe : le passage de relais entre les deux comédiennes résonne avec d’autant plus de force que la plus jeune est à la ville la petite-fille de l’autre !

    Ce n’est que l’un des clins d’œil de la mise en scène de Julie Timmerman, remarquablement rythmée et teintée d’humour, notamment à travers les rôles secondaires incarnés par le génial Mathieu Desfemmes, qui endosse tour à tour le costume de l’huissier, la blouse du médecin et la soutane du pape Jean-Paul II, grand ami du professeur Jérôme Lejeune !

    Généticien sans gêne

    C’est ce dernier qui se retrouve avec le mauvais rôle, lui qui fut pourtant longtemps considéré comme le véritable découvreur. Tout en regards matois, Matila Malliarakis forge la légende d’un jeune généticien aussi ambitieux que peu scrupuleux, catholique fervent dévoué à ses patients, qui -non content de s’attribuer éhontément les résultats obtenus par sa collègue-, alla même jusqu’à trahir celui qui lui offrira la succession qu’il guignait.

    Mais ce que l’on retient, c’est aussi le poids de la société patriarcale. « Dans les années cinquante et soixante, le monde de la médecine était un monde d’hommes avides de pouvoir, qui n’hésitaient pas à s’entre-déchirer pour obtenir la première place, le meilleur poste, les honneurs. Les femmes, elles, ne pouvaient que se taire, pardonner à ceux qui les dépouillaient de leurs résultats et des récompenses qui leur revenaient », dit Marthe Gautier à la jeune journaliste. On mesure le chemin parcouru. Mais pas sûr qu’on soit au bout.

    La découvreuse oubliée, au Théâtre de la Reine Blanche jusqu’au 29 mars 2026.

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    19 分
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