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L'art de raconter le monde

L'art de raconter le monde

著者: RFI
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Jean-François Cadet raconte avec des mots et avec des sons comment – à travers leurs œuvres – les écrivains, les dessinateurs et scénaristes, les metteurs en scène, les comédiens, les cinéastes, les plasticiens ou les musiciens se font l’écho des soubresauts, des débats, des grandes figures et des tendances du monde d’hier, d’aujourd’hui, et peut-être de demain. Réalisation : Antonin Duley. (Diffusions toutes cibles : le samedi et le dimanche à 18h40 TU).

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Lafayette, héros français de l’indépendance des États-Unis
    2026/07/05

    2026 marque les 250 ans de la déclaration d’indépendance des États-Unis et les 200 ans du Lafayette College. Les Archives nationales et le Lafayette College consacrent une exposition à ce personnage-clé de la relation franco-américaine, adulé aux États-Unis et plus controversé en France.

    « Le bonheur de l’Amérique est intimement lié au bonheur de toute l’humanité ; elle va devenir le respectable et sûr asile de la vertu, de l’honnêteté, de la tolérance, de l’égalité et d’une tranquille liberté » écrivait Lafayette à sa bien-aimée Adrienne en 1777. C’est dire la foi que Gilbert du Motier, marquis de Lafayette plaçait dans l’avenir humaniste des Etats-Unis, quelques mois après la déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776.

    Valeurs des Lumières et appétit de gloire

    Pétri des valeurs philosophiques et morales des Lumières et porté par son appétit de gloire, le jeune Auvergnat répond à l’appel du combat sitôt qu’il entend parler de l’insurrection en Amérique : le 20 mars 1977, il embarque pour l’Amérique à bord du navire de commerce La Victoire, et combat pour la cause des treize colonies en lutte contre la couronne britannique, sans attendre que le royaume de France ne s’engage pleinement. Il faudra attendre 1779 pour que le roi Louis XVI dépêche outre Atlantique un corps expéditionnaire commandé par le prestigieux comte de Rochambeau ; Lafayette l’y rejoindra l’année suivante à bord de la frégate L’Hermione, et sera l’un des héros de la prise de Yorktown (Virginie) le 19 octobre 1781. Un tournant décisif de la guerre d’indépendance.

    Popularité jamais démentie aux États-Unis

    Depuis, Lafayette jouit d’une popularité jamais démentie aux Etats-Unis : en témoigne les produits dérivés et les « goodies » à son effigie qui accompagne un nouveau voyage américain en 1824-1825 : une véritable « Lafayette-mania » ! A contrario, son aura en France apparaît aujourd’hui encore beaucoup moins flamboyante, abîmée par les calomnies et les caricatures, mais également par les soubresauts de la Révolution française, de la période napoléonienne et de la Restauration : député de la noblesse, il est nommé commandant de la Garde nationale en 1789, mais lorsque chute la monarchie en 1792, l’Assemblée nationale vote un décret d’accusation contre lui. En chemin vers la Hollande, il est arrêté par les Prussiens, livré aux Autrichiens et emprisonné à Olmütz (Moravie, actuelle République tchèque). Il reviendra en France en 1800, et sera à nouveau député au moment du retour des Bourbons.

    Conscient de sa célébrité et attentif à son image

    Les trésors présentés dans l’exposition des Archives Nationales témoignent de la notoriété du personnage, conscient de sa célébrité et attentif à son image. Une image reproduite sur les sabres des gardes nationaux, des médailles, des boutons, des éventails… Mais aussi caricaturé en singe, ou en traître à la Nation, et traîné dans la boue lors de campagnes de calomnies… Bref, un avant-goût des batailles médiatiques contemporaines entre partisans idolâtres et adversaires impitoyables.

    Lafayette, entre France et Amérique, aux Archives nationales jusqu’au 14 juillet 2026.

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    20 分
  • «À vau l’eau» au théâtre, faire entendre ce que «réfugié» veut dire
    2026/07/11

    Au festival d’Avignon, la compagnie Pardès rimonim présente un texte de l’autrice syrienne Wejdan Nassif inspirée de son parcours et de celui de ses voisins, également exilés.

    À vau l’eau est le second volet du diptyque « Chemin d’exil », présenté par la compagnie Pardès rimonim. Le premier, Après les ruines, créé à Avignon en 2024, mêlait fiction et fragments documentaires, jeux d’ombres et musique live. Si la mise en scène de ce nouveau spectacle -également signée Bertrand Sinapi- est plus sobre, elle n’en est pas moins originale : le scénographe Goury a imaginé une installation orchestrée autour de figurines. Elle fait peu à peu apparaître aux yeux du public une nouvelle carte des migrations. La comédienne -Amandine Truffy ou Christine Koetzel (en alternance) - dessine en direct, à même le sol, les pays d’origine ou de transit des différents personnages, et leurs trajectoires qui, toutes, convergent jusqu’au quartier de Borny.

    Des voix et des accents

    C’est dans cette cité populaire de Metz, en Lorraine, que Wejdan Nassif a posé ses valises. À vau l’eau raconte son parcours d’ancienne institutrice syrienne réfugiée en France, et ceux de ses voisins venus d’Afrique ou du Moyen-Orient : Marwan, le Palestinien né au Koweït, un temps réfugié en Syrie ; Khadija la Marocaine qui n’est pas devenue l’avocate qu’elle rêvait d’être ; Seif, le Soudanais du Darfour, Wassim l’ancien berger enrôlé par les talibans, ou Ablema, venue de Côte d’Ivoire et dont le rire communicatif est un véritable baume sur les plaies des habitants du quartier... Le spectacle fait entendre leurs voix et leurs accents, mais aussi les sons et les ambiances du quartier captés sur place et mis en musique par le compositeur électroacoustique Lionel Marchetti.

    Courage, espoirs et questionnements

    À l’issue de la représentation, on garde en tête les souffrances et les difficultés rencontrées par les différents protagonistes, souvent brinquebalés par les aléas de la géopolitique. Mais peut-être plus encore leur courage, leurs espoirs et leurs questionnements : peut-on -et faut-il- faire le deuil de sa terre d’origine ? Comment garder le contact avec les proches restés au pays ? Comment s’intégrer au mieux dans cette France pas toujours accueillante ? Comment rester fidèle à sa culture tout en apprenant la langue qui permettra cette intégration ? Que transmettre à ses enfants, et surtout comment leur assurer le meilleur avenir ?

    « Tu es ici, mais tu es toujours là-bas ». Cette phrase écrite par Wejdan Nassif - et prononcée par la comédienne qui l’incarne au plateau- résume « ce que « réfugié » veut dire ».

    À vau l’eau, au 11-Avignon jusqu’au 23 juillet 2026. Relâche les vendredis 10 et 17 juillet 2026.

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    20 分
  • À Avignon, le théâtre donne asile aux fous (et à ceux qui les soignent)
    2026/07/12

    Aux Roseaux Teinturiers pendant le festival d’Avignon, À la folie, adaptation du livre éponyme de Joy Sorman par Caroline Loeb, raconte les vies qui peuplent un endroit singulier : l’hôpital psychiatrique.

    Ils ne sont que quatre, mais ils incarnent toute une myriade de personnages, passant d’un rôle à l’autre en changeant de costume, d’accessoire, de voix, de manière de parler et de bouger… Qu’ils soient patients, soignants ou autres membres du personnel hospitalier, chacun d’entre eux partage cette humanité vraie qui respire la vie.

    Sensibilité teintée d’humour et parfois de poésie

    Avec une sensibilité teintée d’humour et parfois de poésie, Caroline Loeb -actrice mais aussi metteuse en scène de ce spectacle- adapte le livre de Joy Sorman À la folie (Flammarion, 2024). Elle a aussi façonné d’autres personnages, comme Valentin, largement inspiré de conversations avec son frère schizophrène, parfois capable de fulgurances à couper le souffle, ou avec d’autres de ses proches. Tous sont dotés d’un vécu consistant, souvent marqués par des traumatismes, des violences et parfois même une grande misère sociale. Et l’on se rend compte à quel point est mince la frontière qui nous sépare de la folie : la maladie mentale peut frapper n’importe qui.

    Solitude

    Sur la scène volontairement dépouillée -une table, quelques chaises et au fond un distributeur de boissons et friandises- se croisent les diverses fragilités qui rapprochent ceux qui travaillent et ceux qui sont internés dans un hôpital psychiatrique. À commencer par la solitude. Tous sont cabossés par l’existence. Aux souffrances des malades, répond l’usure des soignants, submergés par l’ampleur de la tâche, les injonctions administratives plus ou moins absurdes, et parfois leur incapacité à agir avec l’efficacité requise.

    Regard critique

    Si le spectacle évite tout jugement sur les personnes, il n’en est pas moins engagé, et porte un regard critique sur la prise en charge de la maladie mentale en France. Il est bien fini l’« âge d’or » de la psychiatrie, qu’Adrienne -une des personnages- situe dans les années 1960-1990 ! En cause le manque de moyens – à commencer par les fermetures de lits, même si la santé mentale était « grande cause nationale » en 2025, mais aussi, selon Caroline Loeb, une foi excessive dans les traitements médicamenteux : en témoigne la chanson Chemical Valley qui clôt la représentation, et dont le clip est disponible en ligne.

    À la folie, d’après le livre de Joy Sorman (Flammarion), adaptation et mise en scène de Caroline Loeb, avec Caroline Loeb, Mourad Boudaoud, Gigi Ledron et Claire Nebout, aux Roseaux Teinturiers jusqu’au 25 juillet 2026 (festival d’Avignon Off).

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    20 分
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