エピソード

  • Municipales: à Lyon, un second tour décisif après la remontée de Grégory Doucet
    2026/03/17

    En France, si la plupart des 36 000 communes connaissent déjà leur maire, c’est une autre affaire dans un certain nombre de grandes villes où il y a un second tour. Notamment Lyon, bien sûr, troisième ville de France où Grégory Doucet a réalisé une véritable remontada. Alors que les sondages l’ont longtemps placé en difficulté, l’écologiste a réussi à rattraper et même dépasser, lors du premier tour, le candidat de 76 ans et figure du football Jean-Michel Aulas, novice en politique. L’Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi, elle, termine troisième et a officialisé lundi 17 mars, dans l'après-midi une fusion avec Grégory Doucet.

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  • Face au PFAS, la difficile dépollution de l’eau
    2026/03/15
    Depuis cette année, l’analyse de 20 PFAS – les fameux polluants éternels – dans l’eau potable est obligatoire en France, en application d’une directive européenne. La détection d’autres polluants, notamment des PFAS à chaînes courtes, plus petits donc, suivra l’année prochaine. Détecter et surtout extraire les micro-polluants comme ces PFAS, les résidus de pesticides dégradés et autres perturbateurs endocriniens est un défi, un défi qui aura un coût. Au cœur de cette usine-pilote du Sedif, le Syndicat des Eaux d'Île-de-France, des tubes sont empilés sur plusieurs étages. C’est là que l’eau est débarrassée d’une partie des pesticides, des polluants éternels ou d'autres résidus de médicaments. Le secret, c'est l'utilisation de membranes, révèle Camille Pain-Le-Quere, ingénieure chez Franciliane et en charge du suivi de la structure pilote. « Une membrane, c'est un matériau filtrant qui, avec la pression, va permettre de retenir certains composés de l'eau. Ce sont des membranes spiralées. En fait, vous avez l'eau qui rentre et l'eau propre qui ressort au centre, montre-t-elle. Ce sont des membranes qui mélangent la nanofiltration et l'osmose inverse. Et la nanofiltration, on est sur 1/1000 de micron. Donc, toutes ces molécules qui sont plus grosses que 10⁻⁹ mètres sont retenues. » Derrière les tubes, de petits robinets permettent de recueillir de l’eau propre et de l’eau presque aussi limpide, mais contenant tous les polluants filtrés. Faute de solution à grande échelle, ils retourneront dans la Seine. Cette usine permettrait de réduire de 90% la quantité des 20 PFAS dont la détection est désormais obligatoire dans l’eau potable. Mais Thomas Martin, responsable des études de faisabilité au Sedif, ne peut pas dire avec précision combien il en reste : « On est aux limites de détection des appareils analytiques en laboratoire, indique-t-il. On a du mal aujourd'hui à quantifier les millionièmes de gramme par litre d'eau potable mis en distribution. » En tous cas, ce procédé filtrerait les polluants bien au-delà de la liste réglementaire. « Les membranes arrêtent ce qu'on connaît aujourd'hui, mais arrêtent aussi ce qu'on ne connaît pas », s’enthousiasme Guillaume de Stordeur, responsable de la communication du Sedif. À écouter dans C'est pas du ventLes PFAS, ces polluants éternels qui contaminent toute l’humanité Les usagers paient la facture Un avantage vu l’investissement nécessaire. « Le montant total d'investissement est de l'ordre de 1 milliard d'euros à mettre au regard des 4 millions d'usagers, poursuit ce responsable du Sedif. Ce coût d'investissement sera répercuté sur la facture finale du consommateur d'eau potable. » Selon les territoires, l’impact pour le consommateur pourrait être plus ou moins significatif, regrette l’UFC-Que Choisir. Selon Olivier Andrault, chargé de mission au sein de l'association, pour enlever les pesticides et les nitrates, il faudrait au moins 1 milliard d’euros par an. « Et c'est pour protester contre cette injustice que l'UFC-Que Choisir a diffusé aux consommateurs cette fausse facture de 1 milliard d'euros, pour la renvoyer aux décideurs, et notamment au préfet, explique le chargé de mission. Car ce sont eux qui ont le pouvoir de décider de protéger nos sources d'eau potable avec des mesures interdisant l'utilisation de pesticides à proximité des sources d'eau les plus sensibles. » UFC-Que Choisir souhaiterait une augmentation de la taxe sur l’utilisation des pesticides. En ce qui concerne les PFAS, une redevance est mise en place pour les industriels qui en rejettent dans l’eau. À lire aussiPFAS: une vaste enquête journalistique révèle le coût astronomique de la dépollution en Europe
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  • Municipales en France: à Juaye-Mondaye, des initiatives pour éviter le village-dortoir
    2026/03/12

    À deux jours des élections municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars prochains, éclairage sur une problématique qui touche de nombreuses communes : comment éviter d'être transformée en ville-dortoir ? Une question qui se pose à Juaye-Mondaye, dans le Calvados, en Normandie, une commune qui regroupe trois bourgs et compte 700 habitants et où le maire sortant, Jérôme Berger, se présente pour un second mandat.

    De notre envoyée spéciale à Juaye-Mondaye,

    La carte postale de Juaye-Mondaye, c'est sa magnifique abbaye du 18ᵉ siècle, où vivent encore des chanoines. Jérôme Berger, qui se présente à sa réélection, explique que toutes les attentions sont tournées vers elle : « C'est à la fois un élément positif pour la commune et à la fois un élément négatif pour la commune. Positif parce que, finalement, ça amène du tourisme. Mais négatif parce que c'est très clivant, nuance-t-il. Et c'est aussi un aimant. C'est-à-dire que quand on parle de Juaye-Mondaye, on parle de l'abbaye et on ne parle pas du reste. »

    Mais quand il s'y passe quelque chose, ce maire à la force tranquille saisit l'occasion pour stimuler sa commune. L'abbatiale a été entièrement restaurée. « Sur quatre ans, nous avons reçu 200 enfants. Nous les avons fait monter dans les échafaudages, toucher la coupole et les peintures. Comment dynamiser une commune ?, interroge le maire. Eh bien, c'est aussi apporter à nos enfants, qui aujourd'hui sont plutôt cloisonnés dans des écoles, une nouvelle vision de leur commune, de la culture, qu'elle soit religieuse ou non. »

    Jérôme Berger, 53 ans, en est convaincu : pour dynamiser la commune, il faut rassembler les gens. Ce qui n'est pas facile quand il n'y a pas de centre-ville et que Juaye-Mondaye regroupe trois villages. « Le centre-ville de Juaye-Mondaye, c'est un centre-ville administratif. Vous allez trouver quatre maisons à peu près, peut-être cinq, une école, une salle des fêtes, la mairie et l'abbaye, décrit-il. Où sont les habitants ? Ils ne sont pas là. »

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    Développer les commerces

    Ce sentiment d'appartenance si difficile à obtenir passe par le développement des commerces. Le long de la route, le bar-tabac-épicerie est en survie. Derrière le comptoir, Daniel Marie, grand gaillard aux yeux bleus, confie ses difficultés : « C'est très difficile. J'ai tout refait pour relancer un petit peu de la vie dans la commune. Mais moi, je ne me sors pas de salaire. » Daniel a mis son commerce en vente malgré l'aide de certains habitants. « Je mets un point d'honneur à venir dans les commerces du coin. Sinon, on n'en aura plus », regrette Laurent, cet habitant de la commune.

    En six ans, Jérôme Berger n'a cessé de multiplier les initiatives. Il y a eu de francs succès, comme l'aide aux devoirs, le Citykomi, un outil d'information sur smartphone, les boîtes à livres. Il y a aussi eu des échecs, comme la mise en place d'une mutuelle communale ou les cours de musique. Mais pas de quoi décourager le maire : « Dans ma vie, j'ai beaucoup navigué sur des petits dériveurs. Pour moi, quand le vent n'est pas bon, c'est qu'on n'est pas dans la bonne direction. Mais il faut tourner autour. Il faut rechercher à nouveau », affirme-t-il, philosophe.

    Embarquer les habitants pour éviter la ville-dortoir, c'est comme ça qu'il tient son cap. Jérôme Berger est un maire respecté pour sa loyauté par tous les habitants rencontrés.

    Deux listes sans étiquette s'affrontent à Juaye-Mondaye : Ensemble pour Juaye-Mondaye et Ensemble, un nouveau souffle pour Juaye-Mondaye.

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  • Municipales en France: à Beaucourt-en-Santerre dans la Somme, le maire face au changement climatique
    2026/03/11
    À trois jours des élections municipales en France (premier tour le 15 mars), un thème s'impose en sourdine dans la campagne : le changement climatique, absent dans les discours nationaux, mais omniprésent sur le terrain. Dans les communes, ce sont les maires qui se retrouvent en première ligne face aux sécheresses, aux inondations, à la hausse des coûts de l'énergie. Une responsabilité particulièrement lourde dans les petites communes rurales. C'est là que se joue concrètement la transition écologique, alors que les moyens manquent. Depuis 1989, Hubert Capelle est maire de Beaucourt-en-Santerre, un petit village de 170 habitants, situé dans la Somme, dans le nord de la France. À 70 ans, il se représente pour un dernier mandat, sans étiquette et sans concurrence. Hubert Capelle l'avoue sans hésiter : sa prise de conscience écologique, « c'est pas si vieux : une dizaine d'années ». Mais aujourd'hui, cet ancien cultivateur d'endives a une boussole pour toute prise de décision : « Notre rôle, en tant qu'élus de communes rurales comme la mienne, c'est de faire en sorte que cette transition écologique puisse se faire du mieux possible. Il faut consommer le moins d'énergie possible. Il faut s'adapter aux conditions climatiques. Et chacun doit prendre conscience que, de toute façon, il n'y a pas d'alternative. » Maximilien Péchon en sait quelque chose : il y a sept ans, il a repris la ferme familiale à Beaucourt. « Tous les ans, on a une bricole qui arrive ! En ce moment, avec la pluie, on ne peut pas du tout accéder aux parcelles. L'année dernière, on avait le même problème. Puis, arrivé au mois de mars, il n'y avait plus d'eau jusqu'au mois de juillet. Nous, le changement climatique, on le sent complètement », déplore-t-il. En 1995 encore, le maire croyait bien faire quand il avait donné son accord pour enlever deux talus des champs vallonnés, afin de faciliter le travail des agriculteurs et d'agrandir leurs parcelles. « Aujourd'hui, il est bien évident qu'on éviterait de les supprimer. Parce qu'avec le problème de pluie battante, ça entraîne du ruissellement. Mais Maximilien Péchon a planté des haies qui vont justement retenir les sédiments », explique l'élu. Corriger les erreurs du passé, c'est devenu l'un des crédos d'Hubert Capelle. Pour soutenir la biodiversité, la mairie prévoit la construction d'une mare, alors que le village en comptait trois autrefois. Il nous raconte les efforts entrepris : « Ici, nous sommes dans le cimetière du village. Nous avions chaque année l'habitude d'effectuer des traitements herbicides pour détruire des mauvaises herbes. J'ai proposé au conseil municipal d'enlever les cailloux autour des tombes, de remettre de la terre à la place et de semer du gazon. Et, depuis ce temps-là, eh bien, au lieu d'utiliser des produits de traitement, on utilise une tondeuse à gazon. Donc, c'est un bien positif pour notre planète. C'est ce qu'il fallait faire, tout simplement. » Pour économiser du carburant et réduire leur bilan en CO2, les habitants de Beaucourt peuvent aussi garer leurs véhicules sur le nouvel air de co-voiturage et se déplacer à plusieurs vers la ville la plus proche. L'engagement écologique du maire est salué, surtout par les jeunes, constate Audrey Jourdain, qui habite le village depuis 20 ans : « Les personnes plus âgées, elles ont leur vécu. Elles n'avaient pas besoin de se poser ces questions-là. C'est vrai, je pense que c'était moins présent que pour nous, la jeune génération. On a des enfants en bas âge et on pense à leur avenir. On n'est pas sur des idéologies. Au sein de nos petits villages, on est plutôt pragmatique et on regarde concrètement des choses qui vont être faites. » C'est le cas d'un lotissement en matériaux biosourcés qui doit attirer, dans les prochaines années, 14 nouvelles familles. Objectif : protéger contre les températures caniculaires en été et contre le froid en hiver. Ce futur écoquartier a séduit Rémi Rolkowski, jeune papa de deux enfants, qui nous explique pourquoi : « Passer par du biosourcé permet de réaliser des économies au niveau électrique et au niveau du chauffage. C'est aussi important de pouvoir faire un geste pour la planète et de faire encore vivre le village comme il vit actuellement. » S'il est réélu à l'occasion de ces élections municipales 2026, Hubert Capelle veut garder le cap pour un dernier mandat avec un objectif précis : le bien-être des habitants de Beaucourt. « On peut vivre mieux. L'objectif est de se dire qu'on va préserver à la fois son intérêt personnel, mais aussi penser à l'avenir, penser à nos enfants et penser à la planète », insiste-t-il.
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  • Municipales en France: à Aubusson, en Nouvelle-Aquitaine, la culture en danger
    2026/03/10

    En France, les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars prochains. Les habitants sont appelés à élire les maires des quelque 35 000 communes du pays. L'occasion pour RFI de prendre le pouls de la société française, à un an de l'élection présidentielle. Parmi les principales préoccupations : la sécurité, les services publics, la santé... mais également la culture. Illustration avec la ville d'Aubusson, 3 000 habitants, située dans la Creuse, au centre du pays, qui héberge la plus petite scène nationale de France. Un lieu de culture menacé par les infiltrations d'eau.

    Christine Malard est la directrice du théâtre, installé en plein cœur de la ville, dans un bâtiment mal conçu et mal construit il y a 45 ans. Elle nous accueille sous les gouttes qui tombent du plafond remplissant d'eau des seaux. Elle déplore les dégradations : « Le résultat, c'est que l'eau s'infiltre depuis 1981. Et le risque, c'est que le plafond qui est en plâtre tombe sur la tête des personnes qui seraient en dessous. C'est pour cela que les salles sont fermées. »

    Des salles qui servent normalement à l'enseignement artistique à destination des lycéens et des collégiens de la région, mais aussi aux comédiens en résidence venus à Aubusson pour créer et répéter de nouveaux spectacles. C'est le cas de la pièce, Thelma, Louise et nous, co-produite par la scène nationale d'Aubusson et qui se joue ce soir-là devant un public d'adolescents venus de tout le territoire.

    Problème : la rénovation du bâtiment se chiffre à plusieurs millions d'euros, et malgré l'engagement de l'État et de la région à prendre en charge 80% du coût des travaux, le département, propriétaire des lieux, ne veut plus assumer seul la gouvernance.

    Pour Philippe Esterellas, vice-président, chargé de la culture de la communauté de communes qui englobe Aubusson, c'est la conséquence de la baisse des dotations accordées par l'État aux collectivités locales. « Il y a un effet domino, bien évidemment. Ce sont des structures essentielles sur notre territoire, en particulier en zone rurale. Mais ce ne sont pas les seules. Il y a un choix à faire, pas uniquement budgétaire. Il doit être aussi politique », affirme-t-il.

    En attendant, le département n'a accordé à la scène nationale qu'une autorisation temporaire d'occupation des lieux, jusqu'au 5 juillet. Pour Christine Malard impossible dans ces conditions d'envisager l'avenir : « Ça signifie que la saison devrait être finie. L'année 2026-2027, je devrais avoir imaginé la programmation. Or, là, c'est très compliqué de dire aux compagnies : "Je mets des options, peut-être que vous allez venir, peut-être que vous n'allez pas venir, si on n'a plus le droit d'être dans le théâtre". »

    Face au risque de voir la scène nationale disparaître, une association d'usagers s'est montée en soutien. Stéphane et Bruno en font partie, ils défendent le service public de la culture. L'un d'eux nous explique la nécessité de pérenniser le théâtre dans la ville : « Ce lieu a largement contribué au fait qu'on s'installe. On habitait Bordeaux préalablement avec ma femme et nos deux filles. Quand on habite dans un territoire rural de 3 000 habitants, c'est important, pour ma fille, qu'elle puisse voir des artistes qui viennent de la France entière, et même du monde entier. Tous les gens qui viennent ici ressortent avec la banane. Ça s'adresse à tout le monde, la culture ! Ce n'est pas quelque chose qui est élitiste, comme on voudrait nous le faire croire. »

    Une réunion entre les représentants des communes, de la région et du département est prévue autour du préfet de la Creuse le 13 mars. Personne ne veut croire à la disparition de la plus petite scène nationale de France.

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  • Municipales en France: la sécurité, la priorité des électeurs
    2026/03/09

    Le premier tour des élections municipales en France aura lieu le dimanche 15 mars 2026. Cette année, un thème s'est imposé, qui dépasse pourtant les prérogatives des maires : celui de la sécurité. Avec 45% des personnes interrogées préoccupées, c'est la principale attente des Français à l'égard de leur maire, selon une enquête de l'institut IPSOS-BVA, publiée le 20 février. Un autre sondage montrait en début d'année que l'inquiétude concernant la sécurité était partagée par les électeurs de droite comme de gauche, et pas seulement ceux des grandes villes. La question est posée dans tous les types de communes. Exemple avec ce reportage à Portes-lès-Valence, commune d'un peu plus de 10 000 habitants en proche banlieue de Valence dans la Drôme, dans le sud-est du pays.

    Les agents Repellin et Bruyère de la police municipale de Portes-lès-Valence entament leur patrouille quotidienne. La sortie du collège, certains pieds d'immeubles... En voiture, ils font le tour des points sensibles de la ville.

    « C'est vrai qu'on a eu une petite augmentation des points de deal, des rassemblements de jeunes, qui n'ont pas forcément usage des stupéfiants, mais qui peuvent créer un sentiment d'insécurité », nous explique l'un des agents. « On a une montée en puissance du rodéo urbain, notamment maintenant avec des motocross électriques. Ça ne s'entend pas, mais ça crée les mêmes troubles », poursuit son collègue.

    La commune a beau être la plus sûre de la zone police du département, à droite comme à gauche, les trois candidats aux municipales ont fait de la sécurité un thème central de leur campagne.

    « Ce n'est pas juste parce qu'on est en campagne. On entend dire par les Portois, depuis six mois qu'on fait du porte-à-porte, tous les soirs, "la sécurité, la sécurité, la sécurité", parce qu'ils en ont marre », nous raconte Claude Illy, élu municipal d'opposition, qui soutient la liste de gauche.

    Lui et son candidat, Jean-Michel Bochaton, nous ont donné rendez-vous devant le poste de la police nationale. Un sujet qui cristallise les débats. En quelques années, les effectifs ont fondu comme neige au soleil. Le poste n'est plus ouvert que deux jours par semaine. « Une municipalité, une équipe, un maire doivent pouvoir aussi interpeller, taper aux portes pour défendre le territoire et faire en sorte que la sécurité soit appliquée », réplique Jean-Michel Bochaton.

    Et sur ce sujet, Manuel Herrero se présente comme l'homme de la situation. Le candidat sans étiquette a dirigé pendant plus de vingt ans la police municipale de la ville. S'il n'obtient pas la réouverture du poste, il ira plus loin. Il nous confie avoir une solution : « On va construire une caserne de gendarmerie. On veut proposer à la gendarmerie de revenir. On a eu 50 ans de tranquillité quand ils étaient là. J'ai déjà des contacts sérieux. On sait que ça va coûter entre deux millions et demi et trois millions d'euros. Mais je pense que ça vaut le coup de le faire. »

    « On peut se battre, on peut crier, on peut faire tout ce qu'on veut. On peut gesticuler dans tous les sens. La sécurité est une compétence régalienne de l'État », rappelle Geneviève Girard, la maire sortante de Portes-lès-Valence. La candidate divers droite accuse ses adversaires d'instrumentaliser le sentiment d'insécurité des Portois : « Il peut être fort, parce que des personnes qui restent rivées sur leur téléviseur toute la journée entendent des choses anxiogènes. Les gens ne se parlent plus, ils ne savent plus vivre ensemble, ils ne se supportent pas. Il y a une intolérance, aujourd'hui, qui est forte. Et nous, nous devons essayer de lutter contre ça. »

    La maire sortante entend malgré tout répondre à l'inquiétude sécuritaire en promettant plus de caméras de surveillance et des horaires élargis pour la police municipale.

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  • Municipales en France: Édouard Philippe, gagner au Havre ou tout perdre
    2026/03/05

    Le 15 mars au soir, le résultat du premier tour des élections municipales au Havre sera parmi les plus attendus. Édouard Philippe aura-t-il engagé une dynamique pour espérer l’emporter une nouvelle fois et rester maire ? La question est d’autant plus déterminante que l’ancien Premier ministre a lié l’avenir de sa candidature à la présidentielle 2027 à sa capacité à se faire réélire. Mais face à lui, deux candidats, le communiste Jean-Paul Lecoq et l’UDR-RN Franck Keller, espèrent bien bousculer le maire sortant.

    Ce soir-là, Édouard Philippe est face à quelques dizaines de Havrais à son QG pour parler sécurité. Le Havre, Édouard Philippe ne veut pas le quitter sans avoir été réélu. Pour être concentré sur sa campagne électorale, il fait de la boxe deux fois par semaine dans une salle de la ville, il explique que c'est pour « rester calme ».

    Son calme, il l’affiche dans l’ambiance feutrée de son bureau, malgré ce sondage qui le donne perdant au second tour, battu de justesse par le député communiste Jean-Paul Lecoq, son adversaire déjà en 2020. « J'ai une règle, affirme le maire actuel, c'est que je ne commente pas les sondages. Mais je n'ai jamais considéré qu'une élection au Havre était une élection facile. »

    Et cette année, elle l’est peut-être encore moins, car un nouvel adversaire pourrait se qualifier pour le second tour et provoquer une triangulaire : Franck Keller, le candidat de l’UDR, le parti d’Éric Ciotti, soutenu par le RN, actuellement conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine, arpente les rues du centre-ville à la rencontre des habitants.

    Édouard Philippe a lié sa candidature à la présidentielle à sa victoire au Havre, alors Franck Keller se dit qu’il peut faire d’une pierre deux coups : « On le sait bien, on va faire un strike. Moi, je suis certain qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle. »

    De l’autre côté de l’échiquier politique, Jean-Paul Lecoq fait le même constat : « Les gens se servent du Havre comme marchepied pour une ambition personnelle. »

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    Un bilan national qui rattrape le maire sortant

    Sur le marché de la Mare Rouge, Jean-Paul Lecoq appuie là où ça fait mal pour Édouard Philippe : « Il a réussi à montrer une image détestable du président de la République en demandant qu'il démissionne avant l'heure. Pour quelqu'un qui a été nommé Premier ministre par ce président, c'est étonnant. Les gens nous le disent », confie-t-il.

    Face à ces attaques, Édouard Philippe garde son calme… encore. « Moi, je ne suis pas là pour combattre un candidat. Eux, ils sont manifestement là pour me combattre moi, affirme le maire sortant. Ils ont le droit. Moi, je suis là pour expliquer aux Havrais ce que je pense utile pour Le Havre dans les six ans qui viennent. Et je ne parle que de ça. »

    Mais quand ses équipes vont sur le terrain en porte-à-porte, le maire est rattrapé par son bilan national. « Édouard Philippe, par exemple, je viens de me prendre une prune parce que je roule à 87 km/h, s'agace un habitant. Eh bien merci Monsieur Édouard Philippe, parce que 80 km/h, c'est grâce à lui ! » Du ressentiment chez certains et de la satisfaction chez d’autres. Alors pour convaincre, Édouard Philippe ravive sa fibre havraise : « Moi, mes tripes, elles ont un goût d'eau salée. Je n'envisage pas de faire de la politique locale ailleurs qu'au Havre. »

    Édouard Philippe met ses tripes sur la table pour ne pas perdre, et le Havre, et son avenir national.

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