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Reportage France

Reportage France

著者: RFI
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概要

Du lundi au vendredi, un reportage pour mieux connaître la société française et comprendre ses débats.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Face au PFAS, la difficile dépollution de l’eau
    2026/03/15
    Depuis cette année, l’analyse de 20 PFAS – les fameux polluants éternels – dans l’eau potable est obligatoire en France, en application d’une directive européenne. La détection d’autres polluants, notamment des PFAS à chaînes courtes, plus petits donc, suivra l’année prochaine. Détecter et surtout extraire les micro-polluants comme ces PFAS, les résidus de pesticides dégradés et autres perturbateurs endocriniens est un défi, un défi qui aura un coût. Au cœur de cette usine-pilote du Sedif, le Syndicat des Eaux d'Île-de-France, des tubes sont empilés sur plusieurs étages. C’est là que l’eau est débarrassée d’une partie des pesticides, des polluants éternels ou d'autres résidus de médicaments. Le secret, c'est l'utilisation de membranes, révèle Camille Pain-Le-Quere, ingénieure chez Franciliane et en charge du suivi de la structure pilote. « Une membrane, c'est un matériau filtrant qui, avec la pression, va permettre de retenir certains composés de l'eau. Ce sont des membranes spiralées. En fait, vous avez l'eau qui rentre et l'eau propre qui ressort au centre, montre-t-elle. Ce sont des membranes qui mélangent la nanofiltration et l'osmose inverse. Et la nanofiltration, on est sur 1/1000 de micron. Donc, toutes ces molécules qui sont plus grosses que 10⁻⁹ mètres sont retenues. » Derrière les tubes, de petits robinets permettent de recueillir de l’eau propre et de l’eau presque aussi limpide, mais contenant tous les polluants filtrés. Faute de solution à grande échelle, ils retourneront dans la Seine. Cette usine permettrait de réduire de 90% la quantité des 20 PFAS dont la détection est désormais obligatoire dans l’eau potable. Mais Thomas Martin, responsable des études de faisabilité au Sedif, ne peut pas dire avec précision combien il en reste : « On est aux limites de détection des appareils analytiques en laboratoire, indique-t-il. On a du mal aujourd'hui à quantifier les millionièmes de gramme par litre d'eau potable mis en distribution. » En tous cas, ce procédé filtrerait les polluants bien au-delà de la liste réglementaire. « Les membranes arrêtent ce qu'on connaît aujourd'hui, mais arrêtent aussi ce qu'on ne connaît pas », s’enthousiasme Guillaume de Stordeur, responsable de la communication du Sedif. À écouter dans C'est pas du ventLes PFAS, ces polluants éternels qui contaminent toute l’humanité Les usagers paient la facture Un avantage vu l’investissement nécessaire. « Le montant total d'investissement est de l'ordre de 1 milliard d'euros à mettre au regard des 4 millions d'usagers, poursuit ce responsable du Sedif. Ce coût d'investissement sera répercuté sur la facture finale du consommateur d'eau potable. » Selon les territoires, l’impact pour le consommateur pourrait être plus ou moins significatif, regrette l’UFC-Que Choisir. Selon Olivier Andrault, chargé de mission au sein de l'association, pour enlever les pesticides et les nitrates, il faudrait au moins 1 milliard d’euros par an. « Et c'est pour protester contre cette injustice que l'UFC-Que Choisir a diffusé aux consommateurs cette fausse facture de 1 milliard d'euros, pour la renvoyer aux décideurs, et notamment au préfet, explique le chargé de mission. Car ce sont eux qui ont le pouvoir de décider de protéger nos sources d'eau potable avec des mesures interdisant l'utilisation de pesticides à proximité des sources d'eau les plus sensibles. » UFC-Que Choisir souhaiterait une augmentation de la taxe sur l’utilisation des pesticides. En ce qui concerne les PFAS, une redevance est mise en place pour les industriels qui en rejettent dans l’eau. À lire aussiPFAS: une vaste enquête journalistique révèle le coût astronomique de la dépollution en Europe
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  • Municipales en France: à Juaye-Mondaye, des initiatives pour éviter le village-dortoir
    2026/03/12

    À deux jours des élections municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars prochains, éclairage sur une problématique qui touche de nombreuses communes : comment éviter d'être transformée en ville-dortoir ? Une question qui se pose à Juaye-Mondaye, dans le Calvados, en Normandie, une commune qui regroupe trois bourgs et compte 700 habitants et où le maire sortant, Jérôme Berger, se présente pour un second mandat.

    De notre envoyée spéciale à Juaye-Mondaye,

    La carte postale de Juaye-Mondaye, c'est sa magnifique abbaye du 18ᵉ siècle, où vivent encore des chanoines. Jérôme Berger, qui se présente à sa réélection, explique que toutes les attentions sont tournées vers elle : « C'est à la fois un élément positif pour la commune et à la fois un élément négatif pour la commune. Positif parce que, finalement, ça amène du tourisme. Mais négatif parce que c'est très clivant, nuance-t-il. Et c'est aussi un aimant. C'est-à-dire que quand on parle de Juaye-Mondaye, on parle de l'abbaye et on ne parle pas du reste. »

    Mais quand il s'y passe quelque chose, ce maire à la force tranquille saisit l'occasion pour stimuler sa commune. L'abbatiale a été entièrement restaurée. « Sur quatre ans, nous avons reçu 200 enfants. Nous les avons fait monter dans les échafaudages, toucher la coupole et les peintures. Comment dynamiser une commune ?, interroge le maire. Eh bien, c'est aussi apporter à nos enfants, qui aujourd'hui sont plutôt cloisonnés dans des écoles, une nouvelle vision de leur commune, de la culture, qu'elle soit religieuse ou non. »

    Jérôme Berger, 53 ans, en est convaincu : pour dynamiser la commune, il faut rassembler les gens. Ce qui n'est pas facile quand il n'y a pas de centre-ville et que Juaye-Mondaye regroupe trois villages. « Le centre-ville de Juaye-Mondaye, c'est un centre-ville administratif. Vous allez trouver quatre maisons à peu près, peut-être cinq, une école, une salle des fêtes, la mairie et l'abbaye, décrit-il. Où sont les habitants ? Ils ne sont pas là. »

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    Développer les commerces

    Ce sentiment d'appartenance si difficile à obtenir passe par le développement des commerces. Le long de la route, le bar-tabac-épicerie est en survie. Derrière le comptoir, Daniel Marie, grand gaillard aux yeux bleus, confie ses difficultés : « C'est très difficile. J'ai tout refait pour relancer un petit peu de la vie dans la commune. Mais moi, je ne me sors pas de salaire. » Daniel a mis son commerce en vente malgré l'aide de certains habitants. « Je mets un point d'honneur à venir dans les commerces du coin. Sinon, on n'en aura plus », regrette Laurent, cet habitant de la commune.

    En six ans, Jérôme Berger n'a cessé de multiplier les initiatives. Il y a eu de francs succès, comme l'aide aux devoirs, le Citykomi, un outil d'information sur smartphone, les boîtes à livres. Il y a aussi eu des échecs, comme la mise en place d'une mutuelle communale ou les cours de musique. Mais pas de quoi décourager le maire : « Dans ma vie, j'ai beaucoup navigué sur des petits dériveurs. Pour moi, quand le vent n'est pas bon, c'est qu'on n'est pas dans la bonne direction. Mais il faut tourner autour. Il faut rechercher à nouveau », affirme-t-il, philosophe.

    Embarquer les habitants pour éviter la ville-dortoir, c'est comme ça qu'il tient son cap. Jérôme Berger est un maire respecté pour sa loyauté par tous les habitants rencontrés.

    Deux listes sans étiquette s'affrontent à Juaye-Mondaye : Ensemble pour Juaye-Mondaye et Ensemble, un nouveau souffle pour Juaye-Mondaye.

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  • Municipales en France: à Beaucourt-en-Santerre dans la Somme, le maire face au changement climatique
    2026/03/11
    À trois jours des élections municipales en France (premier tour le 15 mars), un thème s'impose en sourdine dans la campagne : le changement climatique, absent dans les discours nationaux, mais omniprésent sur le terrain. Dans les communes, ce sont les maires qui se retrouvent en première ligne face aux sécheresses, aux inondations, à la hausse des coûts de l'énergie. Une responsabilité particulièrement lourde dans les petites communes rurales. C'est là que se joue concrètement la transition écologique, alors que les moyens manquent. Depuis 1989, Hubert Capelle est maire de Beaucourt-en-Santerre, un petit village de 170 habitants, situé dans la Somme, dans le nord de la France. À 70 ans, il se représente pour un dernier mandat, sans étiquette et sans concurrence. Hubert Capelle l'avoue sans hésiter : sa prise de conscience écologique, « c'est pas si vieux : une dizaine d'années ». Mais aujourd'hui, cet ancien cultivateur d'endives a une boussole pour toute prise de décision : « Notre rôle, en tant qu'élus de communes rurales comme la mienne, c'est de faire en sorte que cette transition écologique puisse se faire du mieux possible. Il faut consommer le moins d'énergie possible. Il faut s'adapter aux conditions climatiques. Et chacun doit prendre conscience que, de toute façon, il n'y a pas d'alternative. » Maximilien Péchon en sait quelque chose : il y a sept ans, il a repris la ferme familiale à Beaucourt. « Tous les ans, on a une bricole qui arrive ! En ce moment, avec la pluie, on ne peut pas du tout accéder aux parcelles. L'année dernière, on avait le même problème. Puis, arrivé au mois de mars, il n'y avait plus d'eau jusqu'au mois de juillet. Nous, le changement climatique, on le sent complètement », déplore-t-il. En 1995 encore, le maire croyait bien faire quand il avait donné son accord pour enlever deux talus des champs vallonnés, afin de faciliter le travail des agriculteurs et d'agrandir leurs parcelles. « Aujourd'hui, il est bien évident qu'on éviterait de les supprimer. Parce qu'avec le problème de pluie battante, ça entraîne du ruissellement. Mais Maximilien Péchon a planté des haies qui vont justement retenir les sédiments », explique l'élu. Corriger les erreurs du passé, c'est devenu l'un des crédos d'Hubert Capelle. Pour soutenir la biodiversité, la mairie prévoit la construction d'une mare, alors que le village en comptait trois autrefois. Il nous raconte les efforts entrepris : « Ici, nous sommes dans le cimetière du village. Nous avions chaque année l'habitude d'effectuer des traitements herbicides pour détruire des mauvaises herbes. J'ai proposé au conseil municipal d'enlever les cailloux autour des tombes, de remettre de la terre à la place et de semer du gazon. Et, depuis ce temps-là, eh bien, au lieu d'utiliser des produits de traitement, on utilise une tondeuse à gazon. Donc, c'est un bien positif pour notre planète. C'est ce qu'il fallait faire, tout simplement. » Pour économiser du carburant et réduire leur bilan en CO2, les habitants de Beaucourt peuvent aussi garer leurs véhicules sur le nouvel air de co-voiturage et se déplacer à plusieurs vers la ville la plus proche. L'engagement écologique du maire est salué, surtout par les jeunes, constate Audrey Jourdain, qui habite le village depuis 20 ans : « Les personnes plus âgées, elles ont leur vécu. Elles n'avaient pas besoin de se poser ces questions-là. C'est vrai, je pense que c'était moins présent que pour nous, la jeune génération. On a des enfants en bas âge et on pense à leur avenir. On n'est pas sur des idéologies. Au sein de nos petits villages, on est plutôt pragmatique et on regarde concrètement des choses qui vont être faites. » C'est le cas d'un lotissement en matériaux biosourcés qui doit attirer, dans les prochaines années, 14 nouvelles familles. Objectif : protéger contre les températures caniculaires en été et contre le froid en hiver. Ce futur écoquartier a séduit Rémi Rolkowski, jeune papa de deux enfants, qui nous explique pourquoi : « Passer par du biosourcé permet de réaliser des économies au niveau électrique et au niveau du chauffage. C'est aussi important de pouvoir faire un geste pour la planète et de faire encore vivre le village comme il vit actuellement. » S'il est réélu à l'occasion de ces élections municipales 2026, Hubert Capelle veut garder le cap pour un dernier mandat avec un objectif précis : le bien-être des habitants de Beaucourt. « On peut vivre mieux. L'objectif est de se dire qu'on va préserver à la fois son intérêt personnel, mais aussi penser à l'avenir, penser à nos enfants et penser à la planète », insiste-t-il.
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