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Les dessous de l'infox, la chronique

Les dessous de l'infox, la chronique

著者: RFI
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Info ou intox ? Chaque semaine, RFI épingle une de ces tentatives de manipulation de l’information, pour en expliquer les ressorts. Vous souhaitez que «Les dessous de l'infox» vérifie la véracité d'une déclaration, d'une photo ou d'une vidéo... qui circule sur les réseaux sociaux, joignez-nous sur notre numéro WhatsApp + 33 6 89 07 61 09.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Les historiens submergés par les infox et l'IA
    2026/10/16
    Elles inondent les réseaux sociaux : les fausses informations concernant l'histoire ou l'archéologie sont légion. Des théories fumeuses sur les pyramides d'Égypte aux vidéos fantaisistes sur des découvertes improbables, les historiens assistent à une recrudescence de cette désinformation parfois motivée par des logiques politiques. Certains commencent déjà à s'organiser pour sensibiliser le public, mais comme souvent quand on parle d'infox, la tâche est immense. C'est une vidéo à succès sur le réseau X, avec 3,3 millions de vues. Elle montre la découverte de l'arche de Noé lors de fouilles sur le mont Ararat dans l'est de la Turquie. Sauf qu'il s'agit d'une vidéo générée artificiellement. D'autres existent d'ailleurs, surfant sur ce succès et sur la passion des internautes pour l'histoire. Lara Fabian, professeure assistante d'archéologie à l'université de Californie à Los Angeles et spécialiste de la région, n'en est pas du tout étonnée : « Les humains sont fascinés par le passé et l'arche de Noé, tout le monde connait cette histoire. Par ailleurs, ces vidéos ont du succès grâce à la controverse. Et leur manière de fonctionner et d'atteindre autant de personnes, c'est parce que les gens ressentent le besoin de réagir et de dire : "Vous savez, c'est faux !" » À écouter dans La marche du mondeHistoire et IA, voix recrées, archives falsifiées ? Des vidéos parfois manipulées à des fins politiques Générer du clic et des abonnements, c'est évidemment une manière de gagner de l'argent pour ces comptes sur les réseaux sociaux. Le problème, c'est que cela cache parfois d'autres motivations. Car la manipulation de l'histoire via ce type de publications peut servir des objectifs politiques et idéologiques selon Lara Fabian : « Le meilleur endroit actuellement pour voir à l'œuvre une manipulation politique, ce sont les publications sur l'ADN et plus précisément les anciens ADN, précise-t-elle. C'est devenu une obsession pour les mouvements de droite radicale : qui est la vraie population originelle de tel endroit, etc. Alors oui, là aussi, il y a une quête de clics, mais surtout une motivation politique sous-jacente qui n'est pas accidentelle. » Autre exemple assez commun : de la désinformation historique autour des Vikings, alimentée par des comptes masculinistes ou racistes. Mais les chercheurs sont aussi confrontés à un autre problème : la multiplication de données erronées. Lara Fabian l'a déjà constaté : « J'ai vu une carte générée par IA des villes de l'ancienne Route de la soie, c'est un sujet sur lequel je travaille. Et toutes les villes étaient mal placées. Je me suis dit que dans 5 ans, j'allais retrouver cette carte dans un article que je devrais relire avant publication et qu'il faudrait que j'écrive tout un paragraphe pour expliquer que les villes ne sont pas au bon endroit, explique-t-elle. Ce sont des choses que nous n'avions pas l'habitude de faire avant. » L'IA de plus en plus utilisée pour traduire les travaux scientifiques Conséquence de cette abondance de données douteuses : davantage de temps passé à la relecture de travaux scientifiques, une étape indispensable avant toute publication. Sans compter le recours accru à l'intelligence artificielle pour traduire ces travaux. Là aussi le risque d'information déformée ou erronée est grand, juge Lara Fabian : « Mes collègues qui publiaient seulement en arménien, en russe ou en géorgien sont maintenant plus à l'aise pour le faire en anglais. C'est mieux écrit, mais ces manuscrits sont très difficiles à vérifier parce que l'IA fait des erreurs de traduction qui sont très subtiles ! » Malgré la sensibilisation, le risque d'intoxication Si beaucoup de fausses informations sur l'Histoire prennent des formes anecdotiques ou divertissantes, elles peuvent donc avoir des conséquences très concrètes sur le travail des chercheurs. La réponse à ce défi est comme souvent la sensibilisation. C'est d'ailleurs ce que fait Lara Fabian avec ses élèves à qui elle donne un cours sur ces vidéos générées artificiellement : « Les étudiants sont déjà très méfiants vis-à-vis de l'IA. Le problème, c'est que quand on se renseigne en ligne sur des sujets historiques, les faux, ce sont les premières choses que l'on trouve et souvent elles sont de bonne qualité, alerte l'archéologue. Prenez ces vidéos sur l'arche de Noé, si vous êtes archéologiste, vous savez immédiatement que c'est faux. Mais si vous ne l'êtes pas, ça peut s'insinuer dans votre esprit et influencer la manière dont vous traitez l'information. » Sans compter que lutter contre la désinformation demande beaucoup de temps et des moyens que les universités, par exemple, n'ont pas toujours. Avec un autre risque selon Lara Fabian, que le public en vienne à considérer toutes les vidéos et sources historiques ou archéologiques comme non fiables et donc à...
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  • Présidentielle au Brésil: l’IA comme arme de propagande et de désinformation
    2026/10/23
    Au Brésil, le second tour de l’élection présidentielle aura lieu dimanche 25 octobre. Après un premier tour serré, les électeurs devront choisir entre le président sortant de gauche Lula da Silva et le sénateur d’extrême droite Flavio Bolsonaro. Alors que l’influence des réseaux sociaux dans ce scrutin est au cœur des débats, cette campagne électorale est marquée par la prolifération de contenus générés par intelligence artificielle. L’IA est utilisée par les candidats et leurs soutiens, à des fins de propagande électorale, mais aussi de désinformation. La banalisation de l'utilisation de l’intelligence artificielle durant cette campagne électorale au Brésil se traduit d’abord par la diffusion de fausses informations ultraréalistes. Dernier exemple en date avec une fausse couverture de journal usurpant l’identité du magazine IstoÉ. On pense y voir un portrait flatteur de Flavio Bolsonaro avec ce titre « L'anti-Lula est né ». Vérification faite, l’hebdomadaire brésilien, qui a cessé ses activités en mai dernier, n’a jamais publié cette Une. L’outil de vérification de la société américaine OpenAI confirme que c’est son outil d’IA qui a permis de générer cette infox. Ce recours à l’IA entraîne également une diversification des modes opératoires, à commencer par la manipulation d’images. C’est le cas de cette photo censée montrer Renan Santos, arrivé en quatrième position au premier tour, faisant un L avec ses doigts, en soutien à Lula. En réalité, le candidat du parti d’extrême droite « Mission » n’a pas donné de consigne de vote pour le second tour : ce cliché a été modifié à l'aide de l'IA. Il y a également des procédés plus pernicieux. Des journalistes de l’agence brésilienne Lupa ont par exemple identifié des avatars érotiques à vocation politique. Concrètement, des jeunes femmes générées par IA semblent apparaître dans des événements de campagne organisés par le camp Bolsonaro. Ces vidéos mensongères dépassent les 45 millions de vues. « Ce qu’il faut rappeler, c’est que l’on n’a pas attendu l'IA pour fabriquer et diffuser des fausses informations. Cependant, l’IA permet l’industrialisation de cette désinformation. C'est la première campagne électorale au Brésil où l'IA peut être aussi facilement utilisée par tout un chacun », explique Allan Deneuville, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication. Si les deux camps ont eu recours à l’intelligence artificielle dans leur propagande politique, leur usage est différent, note cet expert des infrastructures numériques brésiliennes. « La communication du camp bolsonariste utilise l’IA pour mettre en scène une certaine forme de virilité, de force, de puissance. On a ainsi pu voir Flavio Bolsonaro tirer avec un fusil, utiliser un lance-roquette ou bien conduire une voiture de sport. Cela en devient parfois caricatural. » De faux bébés comme vecteurs de propagande À la désinformation s'ajoutent les contenus artificiels présentés comme tels, mais diffusant de la propagande politique sous couvert d’humour. Nous avons ainsi identifié une série de vidéos synthétiques montrant de faux bébés commentant l’actualité. Ces clips enregistrent des dizaines de millions de vues. Contrairement à ce que veut le proverbe, la vérité ne sort pas toujours de la bouche des enfants, d’autant plus lorsqu’ils sont générés par IA. Un usage réglementé Au-delà des règlements propres à chaque plateforme en matière de productions synthétiques, le Brésil est en avance sur l’encadrement de ces contenus. La résolution nᵒ 23732 adoptée par le Tribunal supérieur électoral (TSE), en février 2024, stipule que « l’utilisation, sous quelque forme que ce soit, à des fins de propagande électorale, de contenu multimédia synthétique généré par intelligence artificielle pour créer, remplacer, omettre, fusionner ou modifier la vitesse ou superposer des images ou des sons impose à la personne responsable de la propagande l’obligation d’informer, de manière explicite, visible et accessible, que le contenu a été fabriqué ou manipulé et de préciser la technologie utilisée ». « Le Brésil a mis en place des mesures et un encadrement électoral qui est relativement ambitieux concernant les contenus synthétiques, analyse Allan Deneuville. Ce cadre n'existe pas partout dans le monde et pourrait même servir d’exemple pour certaines campagnes politiques à venir en Europe ou ailleurs. Ce qui est important, c'est qu'il existe un décalage considérable entre la vitesse de production des images et les capacités de contrôle des institutions. Il y a aussi des difficultés techniques, notamment dans la détection des contenus artificiels. La question de la liberté d'expression des candidats se pose également, avec des usages de l’IA qui ne sont pas ...
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  • États-Unis: l’intelligence artificielle s’invite dans la campagne des midterms
    2026/10/30

    Aux États-Unis, Donald Trump va-t-il perdre le soutien de la Chambre des représentants et du Sénat ? À l’approche des élections de mi-mandat, les démocrates sont en position favorable selon les derniers sondages. Les midterms doivent permettre de renouveler les élus de la chambre basse, un tiers des sénateurs et 36 gouverneurs. Cette campagne, où tous les coups semblent permis, est marquée par un recours massif et décomplexé à l’intelligence artificielle.

    Spots de publicité électorale, affiches, hypertrucages sonores : les contenus générés par intelligence artificielle (IA) sont omniprésents durant cette campagne des midterms aux États-Unis. C’est le cas de ce clip musical mettant en scène l’actuelle gouverneure démocrate de l'État de New York, Kathy Hochul, et le maire de la ville, Zohran Mamdani.

    Cette reprise du tube Oops ! I Did It Again de Britney Spears présente la démocrate comme la candidate des taxes et de la vie chère. Cette vidéo a été diffusée par son adversaire républicain, Bruce Blakeman. Son camp est également à l’origine d’une vidéo synthétique ultraréaliste montrant Kathy Hochul et Zohran Mamdani marchant dans un parc. Les commentaires indiquent que certains internautes pensent, à tort, regarder une scène authentique.

    Le « slopaganda »

    Cette vidéo artificielle n’est pas un cas isolé. On a pu voir le candidat démocrate au Sénat, Abdul El-Sayed, jouant à un jeu de société avec une carte « Mort à l'Amérique », ou encore la sénatrice républicaine du Wyoming, Cynthia Lummis, en reine déchue de la cryptomonnaie. « Dans un contexte où les gens ont une faible littératie médiatique et ne savent pas forcément bien discriminer les sources, le potentiel de désinformation de ces contenus synthétiques devient non négligeable », analyse Antoine Marie, chercheur en psychologie politique au Centre de recherches politiques de Sciences Po.

    Au total, plus de 220 publicités électorales en partie générées par IA ont été repérées par les analystes du Wesleyan Media Project. Cet organisme américain ajoute que 81 % de ces spots synthétiques ont été financés par des organisations ou des candidats pro-républicains.

    En opposition à ce phénomène, des candidats ont fait de leur non-utilisation de l’IA un argument électoral. C’est notamment le cas de James Talarico, candidat démocrate dans le Texas.

    Un bouleversement de la communication politique ?

    Au-delà du contexte étasunien, l’intelligence artificielle est-elle en train de bouleverser les codes de la communication politique ? Pour Antoine Marie, « ce qui change, c’est d’abord la capacité à produire facilement du texte, de l'image, de l'affiche de campagne, du podcast ou des clips promotionnels pour un candidat. L'incitation à produire ce genre de contenu est gigantesque car le coût de production est extrêmement faible. Tout parti qui ne se saisit pas de cette opportunité va payer un coût en termes d'avantages compétitifs. Il y a donc une sorte de course à l'armement avec les effets potentiels de désinformation que cela peut engendrer ».

    Se pose également la question de l’impact de ces contenus synthétiques sur le vote des électeurs. « Les recherches suggèrent que la communication politique de masse dans laquelle le message est le même pour tout le monde, le même texte, une même publication sur les réseaux sociaux, un même clip radio ou télé, reste globalement peu persuasive car on n’a pas la possibilité de s’adapter aux objections de chacun, aux idiosyncrasies, aux contre-arguments, etc. Elle peut renforcer les gens dans leurs convictions préexistantes mais elle ne va pas les faire bouger énormément. Et l'IA, de ce point de vue-là, ne change pas grand-chose. »

    Cette désinformation renforce aussi l’agressivité des campagnes électorales avec des contenus synthétiques toujours plus diffamatoires et violents. Une évolution déjà largement visible lors de ces élections de mi-mandat aux États-Unis.

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