エピソード

  • Mali: l’armée malienne et l’Algérie voisine au cœur des rumeurs
    2026/05/01

    Au Mali, la situation reste tendue après les attaques coordonnées du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) et du Front de libération de l'Azawad (FLA). Les jihadistes du Jnim ont mis en place un blocus autour de la capitale Bamako. De son côté, le chef de la junte, Assimi Goïta, a assuré à la télévision que la situation était maîtrisée. Dans ce contexte propice à la désinformation, les infox ciblent l’armée malienne et l’Algérie voisine.

    La rumeur d’un regain de tension entre Alger et Bamako monte sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Certains affirment notamment, à tort, que 300 000 hommes de l’armée malienne se dirigeraient actuellement vers la frontière algérienne. La vidéo qui circule sur TikTok est de mauvaise qualité. Elle montre des centaines de militaires marchant côte à côte, en plein milieu du désert.

    Les soldats portent une tenue camouflage sable et un gilet tactique kaki. En arrière-plan, on distingue une dizaine de pick-ups et de véhicules blindés parfaitement alignés.

    Un exercice militaire en Libye

    Vérification faite, ces images n’ont rien à voir avec le Mali ni même avec l’Algérie. Elles montrent en réalité un exercice militaire de l’armée nationale libyenne. Cette manœuvre, baptisée Tonnerre, s’est déroulée en octobre 2021, en Libye.

    Les soldats que l’on voit marcher appartiennent à la 106e brigade d’infanterie, fidèle au maréchal Khalifa Haftar, et commandée par l’un de ses fils, Khaled Haftar. Dans les faits, le Mali n’a pas déployé 300 000 soldats à la frontière algérienne.

    Pour déterminer l’origine de cette vidéo, nous avons commencé par effectuer plusieurs recherches par image inversée (voir ici comment faire). Cette première étape ne nous a pas permis d’identifier immédiatement la source originale. Nous avons toutefois retrouvé la même vidéo, cette fois, de meilleure qualité.

    L’analyse de la tenue des soldats et du décor nous a alors mis sur la piste de l’armée nationale libyenne, habituée à diffuser ce genre d’images. Après des heures de recherche sur leur chaîne YouTube officielle, nous avons fini par retrouver l’extrait en question, publié le 19 octobre 2021.

    Un véhicule de l’armée algérienne détruit ?

    Cette infox ciblant les relations entre Alger et Bamako n’est pas un cas isolé. Une autre vidéo prétend montrer un véhicule blindé de l'armée algérienne, frappé par un drone à la frontière avec le Mali. La légende parle de 17 soldats tués. Cependant, tout est faux.

    Nous avons retrouvé la trace de ce clip en février dernier. Il montre en réalité une voiture en flammes lors de la 17ᵉ édition de l’Africa Eco Race. Ce rallye-raid s’est déroulé entre Tanger et Dakar.

    Désordre informationnel régional

    Cette désinformation profite d’un contexte local et régional déjà sous tension. Depuis la dégradation des relations entre Alger et Bamako en 2025 avec, entre autres, la destruction d'un drone malien à la frontière, la désinformation entre les deux pays prolifère.

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    Les récentes attaques du Jnim et du FLA au Mali ont relancé la machine. Ces fausses informations, souvent virales, sèment le doute et ajoutent au désordre informationnel dans la région.

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  • Iran: ce réacteur géant est présenté comme un missile dernière génération
    2026/04/24

    Au Moyen-Orient, le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran tient toujours et Téhéran exclut la réouverture du détroit d’Ormuz tant que le blocus américain sera en vigueur. Donald Trump a de son côté évoqué la possibilité de discuter avec l'Iran, sans préciser de date. Dans ce contexte tendu, la désinformation prolifère sur les réseaux sociaux. La dernière infox en date affirme que l’armée iranienne viendrait de dévoiler un nouveau missile, se préparant à une reprise des hostilités.

    La vidéo est impressionnante. On y voit une énorme machine grise de forme cylindrique transportée sur une route bitumée. La remorque comporte 21 essieux, soit 42 roues pour supporter l’engin. Les comptes qui diffusent ces images affirment, à tort, qu’il s’agit du Perle, « un nouveau missile dévoilé par l’Iran ». Cela indiquerait « la reprise imminente de la guerre contre les États-Unis et Israël ».

    Pour savoir ce que montre réellement cette vidéo, nous nous sommes intéressés au symbole visible sur un panneau positionné sur la partie centrale de cet engin. Une recherche par image inversée (voir ici comment faire) indique qu’il s’agit du logo de la société iranienne Machine Sazi Arak, spécialisée dans la fabrication d’équipements industriels.

    Réacteur industriel

    En consultant les réseaux sociaux de cette entreprise, sous sanctions européennes, nous avons retrouvé d’autres images de ce convoi exceptionnel. Une vidéo publiée en décembre 2023 indique qu’il s’agit d’un réacteur destiné à la production de fer spongieux.

    L’engin, mesurant 40 mètres de long et pesant plus de 400 tonnes, a été transporté depuis l’usine de fabrication située à Arak, jusqu’au complexe sidérurgique de Butia, en Iran. Le voyage, de près de 1 000 kilomètres, entamé en octobre 2023, aura duré plus d’un an.

    Sans mener ce travail de recherche, plusieurs éléments permettent rapidement de savoir que ces images ne montrent pas un missile. D’abord, le convoi n’est pas escorté par l’armée, ce qui serait la norme pour le transport d’une nouvelle arme. Ensuite, cet engin, très long, composé de différents tuyaux et autres systèmes de fixation, ne ressemble pas du tout à un missile.

    Cette vidéo circulait d’ailleurs déjà en juin 2025 lors de la guerre des 12 jours entre Israël et l’Iran. Cette infox refait donc surface au gré de l’actualité.

    Propagande pro-iranienne

    Derrière cette fausse information, on retrouve différents comptes persanophones, ouvertement pro-iraniens. Certains partagent depuis des mois la rumeur d’un nouveau missile de dernière génération développé par l’Iran. En réalité, toutes les vidéos présentées comme des preuves sont soit sorties de leur contexte, soit générées par intelligence artificielle.

    Ces contenus, avec un visuel très impactant, parviennent souvent à cumuler des millions de vues.

    Un mode opératoire récurrent

    Ce n’est pas la première fois qu’un engin industriel est présenté, à tort, comme une arme. Ce mode opératoire est en vogue, partout dans le monde. Le dernier exemple en date circulait au Cameroun avec des cuves de fermentation de bière présentées comme des armes nucléaires russes.

    À chaque fois, on retrouve une vidéo impressionnante montrant une machine industrielle, accompagnée d’une légende racoleuse. Cette recette fonctionne si l’on en croit les millions de vues que cumulent ces fausses informations.

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    3 分
  • Blocus américain du détroit d'Ormuz: le vrai du faux sur les images qui circulent
    2026/04/17

    Le détroit d’Ormuz est sous blocus américain depuis lundi 13 avril. Le Commandement central des États-Unis assure qu’aucun navire n’a pu rejoindre les ports iraniens, parlant d’au moins dix bateaux refoulés. De son côté, l’Iran affirme que ses bateaux continuent de naviguer, mais à un rythme très lent. Téhéran menace d’entraver le trafic maritime dans la région si les États-Unis maintiennent leur blocus. Ce brouillard de guerre favorise la prolifération des fausses informations.

    Les rumeurs mensongères autour de la situation actuelle dans le stratégique détroit d’Ormuz se multiplient sur les réseaux sociaux ces derniers jours. La dernière en date affirme que la Chine serait intervenue militairement dans la zone pour rétablir la liberté de navigation. Cette fausse information repose sur une vidéo montrant un imposant dispositif naval et aérien en pleine mer.

    On y voit une dizaine d’avions de combat et au moins six bâtiments de guerre. « La Chine vient de briser le blocus américain », indique la légende de ce clip, vu plusieurs centaines de milliers de fois sur TikTok.

    En réalité, l’armée chinoise n’est pas intervenue pour briser le blocus américain. Si la Chine a haussé le ton, dénonçant « un comportement dangereux et irresponsable » de la part du gouvernement de Donald Trump, Pékin n’a pas mis sur la table une potentielle intervention militaire.

    Aucune information ne laisse présager une confrontation directe entre les deux marines les plus puissantes du monde, dans le détroit d’Ormuz.

    Un exercice militaire

    L’analyse de cette vidéo montre qu’il s’agit de matériel militaire occidental et non chinois. Nous avons identifié un porte-hélicoptères japonais de la classe Hyuga, quatre avions de combat F-18, quatre F-35 ainsi qu’un avion radar embarqué. Ces aéronefs sont tous de fabrication américaine.

    L’alignement des navires et la formation resserrée des chasseurs indiquent que cette scène a été filmée lors d’un exercice naval, probablement lors d’un RIMPAC, un exercice militaire réalisé tous les deux ans par différentes marines occidentales sous la supervision de l’armée américaine.

    Une recherche par image inversée montre que cette vidéo circule dans différents contextes, depuis plus de quatre ans.

    Un sous-marin à quai américain dans un port iranien ?

    Cette vidéo, sortie de son contexte, est loin d’être un cas isolé. Ce type d’images détournées autour du blocus américain se compte par centaines. C’est le cas de cette vidéo, relayée cette fois par des comptes pro-américains. On y voit un sous-marin naviguer en surface, avec une partie de l'équipage fièrement alignée sur la coque. La légende parle d’un port iranien sous contrôle américain.

    Vérification faite, ce clip montre l’arrivée du sous-marin nucléaire d'attaque britannique, HMS Anson, à la base navale de Stirling en Australie, en février 2026.

    Guerre de l'information

    D’un côté comme de l’autre, les comptes de propagande pro-iraniens et pro-américains cherchent à tout prix à imposer leur narratif. La désinformation est au cœur de la bataille informationnelle qui se joue actuellement en ligne. Les informations vérifiées et les vidéos authentiques sont les premières victimes de cette guerre de l’information qui fait rage sur les réseaux sociaux.

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  • Hongrie: l’intelligence artificielle et la désinformation brouillent les élections
    2026/04/10

    En Hongrie, des élections législatives cruciales se tiennent ce dimanche 12 avril. Le Premier ministre nationaliste Viktor Orbán, du parti Fidesz, espère briguer un cinquième mandat mais son concurrent, Péter Magyar, chef du Tisza, est jusqu’ici en tête dans les sondages. La campagne électorale a été marquée par un flot constant de fausses informations. Péter Magyar et sa formation politique sont notamment la cible de plusieurs vidéos générées par intelligence artificielle.

    Péter Magyar en train de se droguer dans une boîte de nuit, de câliner le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ou de brûler volontairement des billets de banque. Les vidéos artificielles détournant l’image du favori du scrutin se comptent par centaines sur les réseaux sociaux ces dernières semaines. Accompagnés de messages politiques, ces contenus mensongers cherchent à dénigrer le candidat du Tisza et, au contraire, à vanter le Fidesz, parti de Viktor Orbán. Certaines de ces infox cumulent des centaines de milliers de vues.

    L’analyse des comptes à l’origine de ces infox (leur date de création, leur photo de profil) montre qu’il s’agit d’une vaste opération d’influence multi-plateformes. En décembre dernier, TikTok avait annoncé la suppression d’une trentaine de faux comptes. Ce réseau amplifiait artificiellement « les discours favorables au parti politique de Viktor Orbán ».

    Des animaux tenant des propos anti Péter Magyar, des faux articles de presse : les formats sont variés. On ne sait pas, à ce stade, qui est le commanditaire.

    L’IA, instrument de communication politique

    Depuis le lancement de la campagne, le parti de Viktor Orbán ne s’est pas privé d’utiliser l’intelligence artificielle pour s’attaquer à son adversaire. Le Fidesz a multiplié ce type de vidéo synthétique sur des sujets variés. La plus commentée raconte l’histoire d’une petite fille qui attend que son père, parti à la guerre, rentre à la maison. L’homme est finalement exécuté par balles.

    « Pour l'instant, ce n'est qu'un cauchemar, mais Bruxelles se prépare à le concrétiser », indique la légende, en référence à la guerre en Ukraine.

    L’Ukraine comme bouc émissaire

    L’Ukraine occupe une place majeure dans la campagne. Le Fidesz répète à tort et à travers que le Tisza va entraîner la Hongrie dans la guerre. Dans plusieurs vidéos artificielles, Péter Magyar est présenté comme une marionnette de Kiev et Bruxelles. Viktor Orbán, allié de Vladimir Poutine, a fait de l’Ukraine son bouc émissaire.

    Le Fidesz agite la peur pour conserver le pouvoir. Une stratégie de longue date selon Gábor Polyák, directeur de recherche au sein de l’ONG hongroise Mertek Media Monitor : « Cette construction constante de nouveaux ennemis et le fait de se présenter comme le défenseur de la nation hongroise sont la méthode typique du Fidesz depuis 2015. C’est à cette époque que ce genre de campagne a commencé. Il y a d’abord eu les migrants, puis George Soros et ses agents, puis Bruxelles, puis la communauté LGBTQ+... ».

    Reste à savoir si cette stratégie sera payante, ce que les derniers sondages semblent contredire.

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  • Non, le Japon ne vient pas d’adopter une loi anti-islam
    2026/04/03

    Le Japon vient-t-il de voter une série de lois anti-islam ? C’est ce qu’affirme, à tort, une rumeur devenue virale sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Des comptes influents évoquent de nouvelles mesures particulièrement contraignantes pour les citoyens musulmans dans un pays pourtant laïque, comme la France. Cette fausse information n’est pas nouvelle. Elle resurgit régulièrement, sous différentes formes, depuis plus de dix ans.

    Cette rumeur circule à travers une vidéo vue plus de dix millions de fois sur X, Facebook et TikTok. On y voit un homme politique prendre la parole dans ce qui ressemble à l’une des chambres du Parlement japonais. S’ensuivent des cris de soutien d’une partie de l'hémicycle. La légende parle, à tort, de nouvelles lois anti-islam votées ces derniers jours. Interdiction des mosquées, des prières dans la rue, du port du voile, de la nourriture halal : « Les musulmans ne sont plus les bienvenus au Japon », commentent plusieurs utilisateurs.

    Vérification faite, tout est faux, sur le fond comme sur la forme. Comme l’indiquent les comptes rendus du Parlement, aucune loi de ce type n’a été promulguée au Japon. Une telle mesure aurait évidemment fait du bruit, que ce soit dans la presse locale ou à l’international. Dans les faits, le Japon est un pays laïque. La liberté de culte est régie par l’article 20 de la Constitution nippone.

    Dissolution de la Chambre basse

    Grâce à une recherche par image inversée, nous avons retrouvé la trace de cette vidéo sur le site internet de la télévision en ligne de la Chambre des représentants. On y apprend que ce clip montre l’annonce de la dissolution de la Chambre basse du Parlement japonais, le 23 janvier 2026.

    La traduction des propos de Fukushirō Nukaga, l’ancien président de cette chambre, le confirme. Il annonce en japonais : « La Chambre des représentants est dissoute conformément à l'article 7 de la Constitution du Japon ». Cette dissolution, décidée par l’actuelle Première ministre ultra-conservatrice Sanae Takaichi, a permis à son camp, le Parti libéral-démocrate, de remporter une majorité des deux tiers à la Chambre basse.

    Une infox récurrente

    Ce type de rumeurs circule en ligne depuis maintenant plus de dix ans. Le premier article de vérification que nous avons trouvé sur le sujet remonte au 17 novembre 2015. Cette fausse information resurgit presque chaque année au gré de l’actualité. Elle prend souvent différentes formes : des vidéos sorties de leur contextes, des mèmes, des déclarations mal traduites, etc.

    Certains influenceurs ouvertement xénophobes diffusent cette infox en parlant d’une décision historique, souhaitable en Europe. D’autres s’en servent au contraire pour critiquer le Japon, jugé comme un pays trop conservateur. Dans tous les cas, cette fausse information génère beaucoup de débat, d’engagement et donc beaucoup de vues. Cela explique qu’on la retrouve régulièrement relayée par des comptes qui ont fait de la désinformation une véritable source de revenus.

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  • CAN 2026 : l’IA alimente la polémique sur le vainqueur de la finale
    2026/03/27

    L’annonce de la victoire sur tapis vert de la sélection marocaine contre le Sénégal après la finale mouvementée de la dernière CAN donne lieu depuis quelques jours à un déferlement d’infox, notamment sous formes de vidéos crées par intelligence artificielle, mettant en scène des supporters marocains prenant la défense des sénégalais. Des infox, dans lesquelles ils remettent en cause l’impartialité de la confédération africaine de football (CAF).

    À l’heure ou la fédération sénégalaise de football a décidé de saisir le tribunal arbitral du sport, ces images trompeuses totalisent des millions de vues rien que sur la plate-forme TikTok. Les interviews sont toutes filmées en format vidéo vertical, caractéristique des contenus destinés aux réseaux sociaux. Elles mettent en scène des supporters marocains rejetant la décision des instances africaines du football. Ils s’expriment tous en français et non en darija, le dialecte marocain.

    Certaines vidéos s'articulent autour d'un slogan totalement inventé par l'auteur et qu'on ne retrouve nulle part ailleurs : « la dignité du Maroc vaut plus qu'un trophée ». Des voix synthétiques, des images générées par IA : tout celà est faux et ne fait qu’attiser la polémique.

    Si on se réfère au nombre de vues annoncées par TikTok, certaines vidéos ont fait le buzz, avec plus de cinq millions de vues pour les plus populaires. Au moins une vingtaine de vidéos créées par IA reprenant cette thématique ont été publiées depuis huit jours. Commentaires : « Ce supporter marocain est honnête quand il dit que son pays ne méritait pas la coupe », ou encore « pour garder votre dignité il faut refuser cette coupe ».

    Des vidéos attractives 100% IA

    Il faut reconnaître que ces vidéos sont très bien faites. Pour ajouter à la confusion, à l'image, certains supporters créés par IA ont des traits extrêmement proches de fans du Maroc apparaissant dans des vidéos authentiques.

    Dans le cas présent, c’est souvent la voix synthétique qui trahit l’IA, mais aussi la durée de vidéo, qui n'excède pas quinze secondes : c’est la durée maximale des vidéos créées par l’outil Sora d’Open AI dans sa version gratuite.

    Par ailleurs, plusieurs éléments à l’image ont attiré notre attention. Les logos des micros tendus ne correspondent à rien de connu, et l’écusson qui apparaît sur les tee-shirts des supporters ne ressemblent pas exactement à celui de la fédération royale marocaine de football.

    Enfin, si l'on passe nos vidéos de supporters marocains dans un outil de détection d'IA, certaines sortent à 99% générés par l’intelligence artificielle, et l’outil SORA-2 est régulièrement cité.

    Un compte qui prospère sur les polémiques footballistiques

    Sur TikTok, tout part d’un unique compte, on ne sait pas vraiment si l’objectif de l’auteur est de discréditer la CAF, le Maroc, ou encore diviser les pays africains... Difficile enfin de savoir si l’auteur a cherché à effectuer une projection sur les supporters marocains en leur attribuant ses propres arguments ou simplement s’il a voulu générer des clics, et gagner en visibilité. Toutefois, si l'on passe en revue ses contenus, on remarque que son compte diffuse de nombreux autres infox, qui ne parlent pas de la CAN mais qui sont en lien avec le monde du football. Les équipes, les supporters, l'arbitrage : des sujets qui fonctionnent bien sur les réseaux sociaux, qui permettent à son auteur de monétiser son audience.

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    4 分
  • Burkina Faso: non Ibrahim Traoré n’a pas été arrêté par Donald Trump
    2026/03/20

    Au Burkina Faso, une rumeur cible actuellement le président de la transition. Une série de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux affirme, à tort, que le capitaine Ibrahim Traoré aurait été arrêté à Ouagadougou. Si cette fausse information grossière peut prêter à sourire, elle illustre en réalité un mode opératoire devenu systémique.

    Tout commence sur TikTok avec l’apparition d’une vidéo plutôt étrange. Dès la première seconde, ce clip prétend sonner l’alerte : « Urgence au Burkina Faso. C’est fini pour Ibrahim Traoré ». Cette voix robotique affirme ensuite, à tort, que le capitaine burkinabè viendrait d’être arrêté : « Le président Ibrahim Traoré vient d’être arrêté. Et ce n’est pas n’importe qui. C’est Donald Trump qui aurait ordonné son arrestation ».

    Cette prétendue arrestation aurait été justifiée par des propos « injurieux envers le président américain ». En réalité, tout est faux. Cette histoire a été inventée de toutes pièces. Ibrahim Traoré n’a pas été arrêté. Pour preuve, il est apparu jeudi 19 mars 2026, libre, lors du Conseil des ministres.

    Une infox reprise en boucle

    D’après nos recherches, plusieurs dizaines de vidéos de ce type circulent sur TikTok. On retrouve toujours le même narratif, cette même voix masculine générée par intelligence artificielle, ainsi que des images d’illustration plus ou moins récentes.

    Certaines de ces publications apparaissent dans les premiers résultats quand on cherche à s’informer sur le Burkina Faso. Cette fausse information cumule aujourd’hui près de 3 millions de vues, rien que sur TikTok.

    Le rôle central des algorithmes

    Le succès de ce type d’infox assez grossières s’explique d’abord par une recette de fabrication qui plaît aux algorithmes de recommandation. La vidéo est sensationnaliste, courte, le montage est dynamique. Même si le narratif est assez farfelu, ces clips suscitent également beaucoup de commentaires. Certains se moquent, d’autres se font avoir. Cet engagement pousse les algorithmes à mettre en avant ces publications.

    À ce stade, nous n’avons pas pu déterminer qui est précisément à l’origine de ce type de contenus. Ce que l’on sait, c’est que des centaines de comptes TikTok diffusent quotidiennement ce genre de vidéos. Les sujets, souvent en lien avec l’actualité, n'épargnent aucun pays ni aucune thématique.

    Pour gagner en crédibilité, une bonne partie de ces comptes tentent de se faire passer pour des médias : « Actualités français » (sic), « Minutes politique » (sic) ou « Brut FR politique ». Ces noms, volontairement trompeurs et proches de médias existants, brouillent les pistes et mettent les utilisateurs en confiance.

    Motivation financière

    En analysant les contenus que ces comptes publient, leur motivation semble davantage financière qu’informationnelle. On ne retrouve pas de positionnement idéologique très clair. Certaines vidéos se contredisent parfois. Leur but semble donc d'inonder TikTok avec des vidéos mensongères pour faire des vues, et monétiser leur audience. Une vague de faux qui sème le doute et ajoute au désordre informationnel.

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    3 分
  • Iran: l’absence de Mojtaba Khamenei suscite rumeurs et désinformation
    2026/03/13

    En Iran, le nouveau guide suprême n’est toujours pas apparu en public. Dans son premier message officiel, lu à la télévision d’État, Mojtaba Khamenei, a juré de mener la vengeance jusqu’au bout. Le nouvel homme fort du pays n’est pas apparu à l’écran. C’est une journaliste qui a lu sa déclaration. Invisible depuis sa nomination, Mojtaba Khamenei aurait été blessé durant le raid aérien qui a tué son père, Ali Khamenei. Son absence entraîne beaucoup de rumeurs et de fausses informations.

    Dès l’annonce de sa nomination, dimanche 8 mars, une vidéo fait son apparition sur les réseaux sociaux. On pense y voir Mojtaba Khamenei, turban noir sur la tête, en pleine déclaration officielle. Le décor est assez sobre. On retrouve un drapeau iranien à sa droite, ainsi que les portraits d’Ali Khamenei et du fondateur de la République islamique d'Iran, l’Ayatollah Khomeini, à sa gauche. Durant trente-deux secondes on pense l’entendre parler en persan.

    Il semble notamment affirmer que l’Iran combattra « jusqu’au dernier homme pour repousser l’agression barbare de l’Occident ». Les comptes à l’origine de ce clip saluent « le premier discours de Mojtaba Khamenei ».

    Vérification faite, cette vidéo n’est pas réelle. Il s’agit d’un deepfake, un hypertrucage généré par intelligence artificielle. En réalité, Mojtaba Khamenei n'est toujours pas apparu en public depuis sa nomination. L’image et le son ont été manipulés. Ce type d’outil permet de faire dire n’importe quoi à n’importe qui, de façon plus ou moins réaliste.

    Comment détecter un hypertrucage ?

    Le premier élément de vérification consiste à observer avec attention le mouvement de ses lèvres qui ne colle pas avec les mots qu’il prononce. Ce problème de synchronisation labiale est typique des deepfake. Nous avons ensuite fait analyser la bande son à plusieurs locuteurs persanophones. Le résultat est sans appel. L'utilisation d’un outil d’intelligence artificielle est facilement détectable quand on parle la langue.

    Enfin, pour savoir comment a été fabriqué cet hypertuquage, nous avons effectué plusieurs recherches par image inversée (voir ici comment faire). Cela nous a permis de retrouver cette photo d’Ali Khamenei prise en juin 2025.

    On y retrouve les mêmes éléments de décor, au centimètres près, à l’exception de son portrait. C’est donc probablement ce discours qui a été fourni à une IA pour générer le deepfake.

    La plupart des comptes qui ont partagé cette vidéo font la propagande du régime iranien. L’infox a ensuite été reprise volontairement ou par mégarde par plusieurs médias, notamment arabophones. Ce deepfake cumule ainsi plusieurs millions de vues.

    Un portrait de Mojtaba Khamenei dans le bureau de Donald Trump ?

    Cette fausse information n’est pas un cas isolé. D’autres vidéos mensongères circulent. La plus virale prétend, à tort, que Donald Trump aurait affiché un portrait de Mojtaba Khamenei dans son bureau de la Maison Blanche.

    Mais là encore, tout est faux. Quelqu’un a manipulé une vidéo diffusée par la présidence en mars 2025. Donald Trump avait affiché une copie de la Déclaration d'indépendance et non la tête du nouveau guide suprême iranien.

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