エピソード

  • Burkina Faso: la désinformation s’attaque à la diplomatie française après la rupture des relations
    2026/07/03

    Le Burkina Faso a annoncé, vendredi 26 juin, rompre ses relations diplomatiques avec la France. Ouagadougou dénonce « l'activisme incessant » de Paris, qui dit de son côté regretter une « décision hostile et sans fondement ». Sur les réseaux sociaux, cette mesure suscite beaucoup de désinformation. Des vidéos mensongères et des hypertrucages s’attaquent à la diplomatie française.

    À en croire plusieurs vidéos mensongères, Emmanuel Macron aurait réagi en personne à cette décision prise par le capitaine Ibrahim Traoré. La plus virale montre le chef de l'État français, assis à côté du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. On pense alors, à tort, l’entendre menacer le pouvoir en place à Ouagadougou.

    Vérification faite, ce clip vu près d’un million de fois n’est pas réel. Emmanuel Macron n’a jamais prononcé ces mots. Il s’agit d’un deepfake, un hypertrucage sonore généré par intelligence artificielle. Ce type d’outil permet de faire dire n’importe quoi, à n’importe qui, en seulement quelques clics.

    Dans les faits, c’est Jean-Noël Barrot qui a réagi à cette rupture des relations diplomatiques, et non le chef de l’État. Le ministre a évoqué une « dérive préoccupante des autorités burkinabè », ajoutant que des « mesures de réciprocité sont en cours d'examen ».

    Détecter un deepfake

    Le premier élément de vérification est visuel. En effet, le mouvement des lèvres d’Emmanuel Macron ne correspond pas à ce qu’il semble dire. C’est souvent la trace d’un hypertrucage bas de gamme, réalisé avec des outils grand public.

    Grâce à une recherche par image inversée, nous avons ensuite retrouvé l’origine de ces images. Elles proviennent d’une déclaration du président français à la suite d’une réunion de la Coalition des Volontaires, le 25 novembre 2025. Il y fut question de la guerre en Ukraine, mais pas du Burkina Faso.

    Une telle déclaration aurait fait couler beaucoup d’encre, bien au-delà de TikTok et Facebook.

    Une désinformation systémique

    Cet hypertrucage d’Emmanuel Macron n’est pas un cas isolé. Nous en avons identifié près d’une dizaine, tous à propos du Burkina Faso. Les déclarations mensongères mises dans la bouche d’Emmanuel Macron sont variées et plus ou moins menaçantes. Sur le fond, elles visent toutes à discréditer la diplomatie française.

    Derrière ces infox, on retrouve un écosystème de comptes principalement actifs sur TikTok. Avec des noms trompeurs, parlant d’international ou de géopolitique, ces profils cherchent à se faire passer pour des sources fiables et à viraliser leur deepfake.

    Une bagarre au Parlement européen ?

    Cette désinformation cible aussi plus largement les représentants français dans les institutions européennes. Une vidéo affirme notamment qu’une bagarre générale aurait eu lieu récemment dans les rangs du Parlement européen. La légende affirme que « tous accusent les députés de Macron d'être des traîtres et des incompétents ». Sauf que tout est faux.

    Cette vidéo a été filmée dans le Parlement géorgien, le 27 juin dernier. Aucun affrontement n’a eu lieu dans le Parlement européen.

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    3 分
  • Coupe du monde 2026: Lionel Messi et Cristiano Ronaldo ciblés par les infox
    2026/07/10

    Après sa victoire 2-0 contre le Maroc jeudi soir à Boston, la France est la première nation qualifiée pour les demi-finales de la Coupe du monde. L’Espagne, la Belgique, la Norvège, l’Angleterre, l’Argentine et la Suisse espèrent rejoindre les Bleus dans le dernier carré. Sur les réseaux sociaux la tension est montée d'un cran, la désinformation aussi. Les infox ciblent notamment les deux légendes du football, Cristiano Ronaldo et Lionel Messi.

    Vainqueur sur le fil contre l'Égypte dans un match fou (3-2), Lionel Messi est ciblé ces derniers jours par des accusations mensongères de racisme. Tout repose sur une vidéo de 20 secondes. On y voit le capitaine argentin, un trophée dans les mains, en pleine conférence de presse. Le son, de mauvaise qualité, ne permet pas de comprendre exactement ce qu’il dit en espagnol.

    La traduction qui circule prétend, à tort, que Lionel Messi aurait « insulté les Arabes et les musulmans et promis de faire un don à Israël s’il gagnait la Coupe du monde ».

    En réalité, Lionel Messi n’a jamais prononcé ces mots. La traduction de ses propos a été inventée de toutes pièces. Grâce à une recherche par image inversée (voir ici comment faire), nous avons retrouvé l’origine de ces images. Elles proviennent de la conférence de presse à la fin du match entre l’Argentine et l’Autriche, le 22 juin 2026.

    La star de l’Albiceleste parle de son penalty manqué et de la performance de son équipe. Il n’évoque à aucun moment Israël ou les musulmans. Cette fausse information est diffusée par des comptes arabophones virulents envers l’Argentine et ses supporters.

    Rivalité Messi - Ronaldo

    Au-delà de Lionel Messi, le Portugais Cristiano Ronaldo est aussi ciblé par des infox. La rivalité entre les fans des deux superstars se joue également sur le terrain informationnel. Éliminé après une défaite frustrante face à l’Espagne (0-1), CR7 disputait son sixième et dernier Mondial.

    Dans ce contexte, une vidéo mensongère est devenue virale sur les réseaux sociaux. Elle prétend montrer Ronaldo en train de frapper ses coéquipiers et son sélectionneur dans les vestiaires. Ce clip cumule près de 10 millions de vues.

    Vérification faite, cette vidéo n’est pas réelle. Ces images ultra-réalistes ont été générées par intelligence artificielle. Un petit logo apposé en bas de ce clip le prouve. Nous avons aussi identifié plusieurs incohérences visuelles. D’abord, le short de Cristiano Ronaldo est marqué du numéro 9 et non de son fameux numéro 7. Le maillot porté par le joueur portugais n’est donc pas le bon...

    De plus, en arrière-plan, on distingue le visage de Diogo Jota. Or le joueur portugais est décédé il y a plus d’un an dans un accident de la route. Ses coéquipiers lui ont rendu hommage après leur victoire en huitième de finale, face à la Croatie.

    Exploiter la notoriété

    Ce n’est pas la première fois que l’image des deux superstars du foot est détournée. De par leur notoriété mondiale, ils sont régulièrement ciblés par la désinformation. En novembre 2023, sur fond de guerre entre Israël et le Hamas, nous avions parlé dans cette chronique de deux photos truquées. L’une était censée montrer Ronaldo avec un drapeau palestinien. L’autre Messi avec un drapeau israélien. Ces infox touchent souvent des millions de personnes.

    À lire aussiIsraël-Hamas: Lionel Messi et Cristiano Ronaldo confrontés à la désinformation

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    3 分
  • Comment des comptes pro-AES ont tenté de manipuler l’annonce de la mort d’un soldat français?
    2026/07/17
    Au Mali, entre le 4 et le 9 juillet, l’armée malienne, soutenue par des éléments du corps africain russe, a combattu des groupes terroristes dans la localité d’Anéfis. Cette bataille a donné lieu à la diffusion de fausses infos visant l’armée française qui s'est pourtant retirée du Mali en août 2022. Des infox qui ont tenté de laisser croire à l’implication d’un soldat français aux côtés des rebelles du Front de libération de l’Azawad et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Avec Léonie Magro Del Baño et Adèle Léron L’infox a commencé à circuler à bas bruit, dès la fin des combats les plus durs à Anéfis. Le 9 juillet, un premier post trompeur a été détecté sur X (anciennement Twitter). Son auteur a cherché à détourner l'information faisant état de la perte d’un militaire français en exercice le 7 juillet. Ce légionnaire d'origine russe a trouvé la mort en service lors de manœuvres dans les Alpes. L’état-major français avait alors rendu hommage au sergent Pena, décédé donc accidentellement. Commentaires des comptes pro-AES : « d’autres hypothèses circulent, notamment une possible mort à Anefis au Mali ». Un membre de Wagner, pas un soldat français La manipulation s'est poursuivie avec la publication le lendemain d'une photo censée illustrer la mort de ce soldat français. On y voit, un soldat blanc gisant dans le sable. À l’image, l’homme présente une certaine ressemblance avec le soldat décédé accidentellement dont le portrait officiel a été publié auparavant par l’armée française. Les manipulateurs ont donc joué sur l'origine russe du légionnaire français, et sur cette ressemblance physique pour tenter de semer le trouble dans l'esprit du public. Quand nous avons montré les photos macabres prises dans le désert aux spécialistes Sahel de RFI et France 24, tous ont évoqué des images tournées après la bataille de Tinzaouatène qui s’est déroulée il y a deux ans dans le nord du pays. Une recherche par image inversée a permis de retrouver la même photo du corps, mais avec une qualité supérieure, montrant le même homme gisant dans le sable. Un individu présenté cette fois-ci comme un mercenaire russe. Impossible à vérifier de source indépendante, car l’image provient d’un forum anonyme où n'importe qui peut publier n’importe quoi sans révéler son identité. Des vidéos tournées en 2024 L’analyse d’une vidéo de propagande de six minutes, publiée en 2025 par le FLA à l’occasion du premier anniversaire de la bataille, a permis de retrouver l’image du corps photographié ce jour-là, aux côtés des dépouilles d’autres combattants russes. Les images sont dures, les captures sont floues, mais la disposition des corps, le schéma du camouflage des treillis des soldats, la forme générale du visage et la coupe de cheveux concordent. Cette infox est donc basée sur une image sortie de son contexte : une photo d’archive montrant des éléments de Wagner tués à Tinzaouatène en 2024 et non pas un Français prétendument retrouvé à Anéfis en 2026. Une infox gênante qui n'a pas convaincu Le narratif consistant à affirmer que les militaires français sont complices des terroristes ne date pas d'hier. Dans le cas présent, on note toutefois que cette infox bancale est restée cantonnée aux comptes habituels diffuseurs de la propagande sahélienne. À ce stade, elle a été peu amplifiée. Dans les commentaires, plusieurs utilisateurs ont dénoncé la tentative de manipulation. Signe peut-être aussi d’un narratif qui trouve ses limites, à force d’être répété en boucle depuis quatre ans. À ce stade, X n’a pas collecté plus de 50 000 vues d’après nos recherches. Toutefois, elle constitue une tentative d’usurpation d’identité d’un militaire français décédé dans l’exercice de son métier, et une atteinte à la mémoire de ce soldat.
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    4 分
  • Guerre en Iran: comment l'embargo sur les images satellites US a entravé la vérification des faits
    2026/07/24
    Le bras de fer entre les États-Unis et l'Iran se poursuit avec une reprise le 8 juillet des frappes américaines. À partir de mars, les premières images spatiales de la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis avaient permis d’avoir une idée assez précise des dégâts subis par les belligérants. Elles provenaient principalement d'entreprises américaines. Des clichés récupérés par les propagandistes des deux camps, ce qui a poussé les États-Unis à fermer progressivement le robinet à images. Parmi les entreprises américaines spécialisées dans la diffusion d’images satellites, certaines sont bien connues comme Planet Labs, ou encore Maxar devenu Vantor. Au total, on compte aux États-Unis une dizaine d'entreprises proposant des solutions d'exploitation des données spatiales. Il s’agit de partenaires importants dans le travail d’enquête numérique et de vérification des faits. Planet Labs et Maxar ont toujours fait preuve de transparence avec la presse internationale. Pour autant, ces entreprises commerciales ne sont pas autorisées à mettre tout et n'importe quoi entre les mains du public. Dès 1992, le Congrès avait fait voter une loi suivie deux ans plus tard d’une directive présidentielle, imposant aux opérateurs de satellites commerciaux de restreindre l’accès aux données en temps de guerre. Avant le conflit dans le golfe Persique, ces entreprises avaient une politique de publication assez stricte mais très claire. Par exemple, en juin 2025 (8 mois avant la guerre), RFI avait cherché à se procurer des images satellites de l’île de Diego Garcia dans l’océan Indien : « une île porte-avions », puisqu’une base aérienne américaine est construite sur cet archipel : Réponse de Maxar : « Par principe, nous ne fournissons pas d'images haute résolution des bases militaires américaines ou de la coalition ». Restrictions croissantes Ces derniers mois, on a assisté à une réduction progressive de l’accès à l’imagerie commerciale américaine. En 2026, dans les premiers jours ayant suivi l’attaque israélo-américaine contre l’Iran, beaucoup d’images ont été diffusées. Planet Labs fournissait même en service de presse (donc gratuitement) des clichés détaillant les sites iraniens visés par les Américains. On pouvait y voir les destructions sur le port militaire de Bandar Abbas, sur la base aérienne de Tabriz, l’aéroport de Mehrabad, ou encore le site nucléaire de Natanz. Quand nous avons travaillé sur le bombardement d’une école située à proximité immédiate de la base des pasdarans de Minab, Planet Labs a fourni des images documentant l’attaque du site, nous permettant dès le 5 mars d’apporter la preuve d’un raid massif mené par les États-Unis, et ayant conduit à une frappe meurtrière sur l’école. Le dossier libre d’accès a été clôturé le 7 mars. Les photos contredisent Trump Les choses se sont compliquées quand les pertes matérielles américaines ont commencé à être évoquées, images à l’appui. Dans un premier temps, les « Osinter » : la communauté qui exploite les données librement accessibles sur internet, les journalistes, les ONG s’en sont saisis, suivis de la propagande iranienne qui désormais fournit des images appuyant son narratif. Parallèlement, on sait que l'Iran dispose d'une capacité d'appréciation de la situation via des satellites d'observation dont on ignore les performances. Sur les réseaux, le voile a commencé alors à se lever, laissant apparaître des frappes significatives contre des bases américaines dans le golfe. Des raids de drones ou de missiles iraniens contre des radars, des drones US sous leurs hangars et d'autres infrastructures. Il ne fait aucun doute que l'Iran a répliqué avec une certaine efficacité et continue de le faire à l'été 2026. Cela va à l’encontre du discours de l’administration Trump qui, dès le début, a tenté de minimiser les pertes, évoquant : « Une réponse très faible de l’Iran (…) l’absence de pertes humaines côté américain (…) une guerre qui devait se terminer rapidement ». Discours qui a ensuite évolué, sur un ton plus menaçant : « Nous allons frapper très fort pour honorer nos soldats tombés ». L’épisode de l’AWACS : un déclencheur ? Le tournant a peut-être été la diffusion des images d’un avion radar américain coupé en deux par un projectile iranien après l’attaque d’une base aérienne saoudienne. C’était la preuve concrète que l’Amérique « prenait des coups » Parallèlement, des soupçons sont apparus concernant l’utilisation d’images satellites commerciales à des fins de ciblage, c’est-à-dire pour permettre à l’armée iranienne de préparer ces actions militaires. Quelques jours après l’affaire de l’AWACS, sans toutefois établir un lien direct, Planet Labs suspend la ...
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    4 分
  • Comment l’intelligence artificielle alimente la désinformation historique
    2026/07/31

    Avec le perfectionnement des outils de génération d’images, les vidéos artificielles, censées donner vie à des moments historiques, se multiplient sur les réseaux sociaux. Souvent remplis d’erreurs et d’anachronismes, ces clips alimentent la désinformation historique.

    Imaginez-vous en train de déambuler dans les rues de Rome durant l’Antiquité, dans une tranchée lors de la Première Guerre mondiale ou dans une forêt à l’époque des dinosaures. Voici le genre de voyage temporel que proposent ces vidéos artificielles diffusées sur les réseaux sociaux.

    Ce que vous venez d’entendre, c’est Chloé, une jeune femme entièrement générée par IA. On peut la voir assister à différents événements qui ont marqué l’histoire : la Révolution française, le naufrage du Titanic ou encore l'éruption du Vésuve.

    Aucune période historique n’est épargnée. Les vidéos de ce compte cumulent des dizaines de millions de vues sur les réseaux sociaux.

    Erreurs et anachronismes

    Visuellement, l’illusion est presque totale, à tel point que des internautes se demandent en commentaire s’il s’agit d’un clip synthétique ou d’une reconstitution historique réalisée avec de vrais acteurs. La qualité des images, le son et l’esthétique générale donnent l’impression de visionner un contenu pédagogique, pensé pour se documenter sur une période ou un événement de notre histoire. Sauf que, en réalité, c’est tout le contraire.

    En effet, ces vidéos comportent énormément d’erreurs factuelles et d’anachronismes : un drapeau bleu-blanc-rouge trois cent cinquante ans avant sa création, un Moyen-Âge sinistre, sombre et très sale, la France sacrée lors de la première Coupe du monde en Uruguay, etc.

    Déformer notre vision du passé

    Ces vidéos, souvent courtes, enchaînent les infox mais aussi les anachronismes. Basées non pas sur le travail d’historiens reconnus, mais sur un ensemble de sources abstraites, elles véhiculent aussi de nombreux stéréotypes.

    S’y ajoutent, parfois, des motivations politiques voire une forme de révisionnisme. Résultat, ces clips bouleversent notre vision du passé et participent aussi à invisibiliser les sources fiables et les documents historiques. C’est notamment le cas pour la Shoah avec des vidéos artificielles mettant en scène des victimes de l’Holocauste.

    À lire aussiLes IA génératives et le risque d'une réécriture de l'histoire de la Shoah

    La quête du buzz

    Derrière ces vidéos historiques artificielles, on retrouve une pluralité d’acteurs, allant des passionnés d’histoire peu soucieux de la réalité des faits aux internautes en quête de profit. Ces vidéos, souvent virales sur les réseaux sociaux, peuvent se transformer en une véritable source de revenus.

    La concurrence grandissante entre les créateurs de vidéos historiques artificielles aboutit à une surenchère, avec des contenus toujours plus sensationnalistes et donc toujours plus mensongers. Souvent présentées comme des contenus synthétiques, ces vidéos ne sont pas supprimées par les plateformes. Au contraire, les algorithmes les mettent en avant. Le phénomène n’est donc probablement pas près de s’arrêter.

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    3 分
  • Ukraine: les frappes de drones en Russie au cœur de la guerre informationnelle
    2026/06/26

    Pour étrangler la logistique russe, l’Ukraine multiplie les attaques de drones ces dernières semaines. Kiev cible méthodiquement les infrastructures énergétiques et militaires, notamment en Crimée. En conséquence, des pénuries de carburant et des coupures d’électricité ont été signalées dans plusieurs régions. Ces frappes ukrainiennes n'échappent pas à la guerre informationnelle.

    Un drone de reconnaissance ukrainien a-t-il survolé durant plusieurs minutes le pont de Kertch ? C’est ce que prétend montrer une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Cet ouvrage, reliant la Crimée annexée à la Russie, est à la fois symbolique et stratégique pour l’armée russe.

    Attaqué à plusieurs reprises par l’Ukraine depuis le début de la guerre, le pont a sa propre bulle de protection, navale et aérienne. Voir un drone survoler tranquillement la zone, sans être inquiété par la défense antiaérienne, semble donc assez peu crédible.

    Grâce à une recherche par image inversée (voir ici comment faire), nous avons retrouvé sa trace sur YouTube. Ce clip a été publié par un média local le 3 juillet 2021, soit avant le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine.

    Cela explique donc pourquoi le drone vole librement et pourquoi on ne voit pas les nombreuses installations de défense navale mises en place par les Russes autour de ce pont routier et ferroviaire.

    Guerre psychologique

    L’objectif de cette fausse information consiste à alimenter la peur du côté russe. Cette vidéo s’inscrit dans la guerre psychologique menée par les deux camps sur les réseaux sociaux. Sur le terrain, les Ukrainiens frappent méthodiquement les infrastructures énergétiques et logistiques russes.

    Sur le front numérique, certains comptes de propagande agitent la menace à coups d’images authentiques mais aussi parfois sorties de leur contexte.

    Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé mercredi 24 juin que les autorités russes venaient de renforcer leurs défenses anti-aériennes près du pont de Kertch.

    Sauver la face

    La Russie n’est pas en reste dans cette guerre des récits, bien au contraire. En réponse à la multiplication des frappes ukrainiennes, la propagande russe s’affaire à détourner l’attention en allumant des contre-feux, souvent à coups d’infox. Dernier exemple en date avec une vidéo montrant une vaste explosion, en pleine ville.

    La légende parle, à tort, d’une attaque aérienne russe qui aurait possiblement causé la mort du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

    Vérification faite, tout est faux. Sur la forme d’abord, cette vidéo vue près d’un million de fois n’a rien à voir avec l’Ukraine. Filmée en août 2015, elle montre l’explosion d’un entrepôt industriel dans la ville de Tianjin, en Chine. Ce n’est pas la première fois que ce clip est sorti de son contexte.

    Sur le fond, Volodymyr Zelensky n’est pas mort. Le président ukrainien s’est félicité jeudi 25 juin des frappes qui ont endommagé un nouveau dépôt de carburant dans la région russe de Krasnodar. Les frappes se poursuivent, la guerre de l’information aussi.

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    3 分
  • Coupe du monde 2026: l’intelligence artificielle occupe le terrain
    2026/06/19

    Alors que la Coupe du monde de football bat son plein, les contenus générés par intelligence artificielle autour de la compétition se multiplient sur les réseaux sociaux. Ces images, souvent ultra-réalistes, sont de plus en plus difficiles à détecter. Souvent virales, ces fausses informations ciblent aussi bien les joueurs que les supporters présents en tribunes.

    Si vous suivez ce Mondial sur les réseaux sociaux, vous avez sûrement vu passer cette photo mensongère diffusée après le match Allemagne-Curaçao, remporté 7 buts à 1 par les Allemands. Elle prétend montrer un supporter moustachu de la Mannschaft, ressemblant étrangement à Adolf Hitler.

    Vue plus de 30 millions de fois sur les réseaux sociaux, cette image a suscité beaucoup de réactions et d’indignation. En réalité, cette image a été manipulée. Pour le vérifier, nous avons revisionné l’intégralité du match. Cela nous a permis d’identifier la séquence originale diffusée en direct à la télévision. Filmée juste après la fin de la première mi-temps, on y voit plusieurs fans allemands célébrant le but de Kai Havertz. Aucun n’est grimé en Adolf Hitler.

    Quelqu’un a donc simplement demandé à l’intelligence artificielle de modifier le visage d’un homme pour le faire ressembler au dirigeant nazi. Une recette simple, mais diablement efficace.

    Une bagarre entre Marocains et Brésiliens ?

    Au-delà des supporters, les contenus générés par intelligence artificielle ciblent aussi les joueurs, à l’image des sélections marocaine et brésilienne. Une vidéo affirme qu'une bagarre générale aurait eu lieu à la fin de la rencontre qui s’est soldée par un match nul un but partout.

    On y voit une vingtaine de joueurs s’écharper juste devant une tribune. Si à première vue, le clip semble assez réaliste, l’IA fait encore des erreurs. Un drapeau rouge et vert agité dans les travées du stade n’existe pas. Tout comme ces chiffres inconnus sur les maillots de certains joueurs. Ce type de vidéo se compte par dizaines ces derniers jours.

    Comment détecter l’IA ?

    Le meilleur conseil pour détecter une image artificielle, c’est d’abord de faire attention aux détails visuels, aux inscriptions, aux visages, aux mouvements. Les outils d’IA grand public font encore quelques erreurs à ce niveau-là. Il faut aussi regarder la durée. Ces vidéos durent souvent 20 secondes ou moins, rarement plus. C’est aujourd’hui la durée standard permise par les générateurs les plus utilisés.

    Et puis, il faut se pencher sur la fiabilité de la source, de qui partage ce type de contenus souvent spectaculaires.

    Publicité sauvage

    Derrière ces vidéos synthétiques, on retrouve souvent des comptes anonymes, prêts à tout pour faire du clic et monétiser leur audience. L’une des nouveautés, c’est que ces fausses informations sont parfois diffusées à des fins publicitaires. Nous avons notamment identifié un site opaque de paris et de jeux de casino en ligne.

    Depuis le début du Mondial, il diffuse presque quotidiennement des images générées par IA. À chaque fois, le logo de la plateforme est habilement intégré dans ces contenus mensongers, dont certains dépassent le million de vues. Ce jeu dangereux devrait se poursuivre tout au long de la compétition.

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  • Coupe du monde 2026: la désinformation surfe sur les polémiques
    2026/06/12

    Bilan carbone record, restrictions migratoires, manifestations, billets hors de prix : la Coupe du monde 2026 vient tout juste de commencer et elle est d’ores et déjà très polémique. Ce contexte est particulièrement propice à la désinformation. Sur les réseaux sociaux, les infox se multiplient. Elles n'épargnent aucun acteur, qu’il soit sur ou en dehors du terrain.

    L'un des derniers exemples en date cible directement le président de la Fifa. Une vidéo diffusée sur TikTok prétend, à tort, que Gianni Infantino aurait vivement critiqué le Mexique, l’un des pays hôtes de cette Coupe du monde. Durant sept secondes, on pense le voir et l’entendre parler en espagnol : « Les Mexicains sont des sauvages. Ils ne méritent pas d'accueillir des matchs de la Coupe du monde. Ils ont détruit leur propre pays ». Cette prétendue déclaration intervient dans un contexte social tendu au Mexique où plusieurs manifestations ont eu lieu avant le coup d’envoi de la compétition.

    Hypertrucage sonore et visuel

    En réalité, Gianni Infantino n’a jamais prononcé ces mots car cet extrait est un deepfake, un hypertrucage sonore et visuel généré par intelligence artificielle. La voix et le mouvement de ses lèvres ont été modifiés pour lui faire dire n’importe quoi. Grâce à une recherche par image inversée (voir ici comment faire), nous avons retrouvé l’extrait original qui a servi de base à cette manipulation.

    Il s'agit d'une interview diffusée sur le site de la Fifa, le 7 septembre 2022. Le président de la fédération y parle, en anglais, de la phase de groupes lors du précédent Mondial au Qatar. À aucun moment il ne critique le Mexique ou ses habitants. L’infox cumule aujourd'hui plusieurs millions de vues.

    Lamine Yamal ciblé par les infox

    Au-delà de la Fifa et de ses représentants, les fausses informations ciblent aussi les sélections et même directement certains joueurs, à l’image de la jeune pépite du Barça, Lamine Yamal. Certains affirment, à tort, que l'Espagnol pourrait manquer l’entrée en lice de son équipe qui affronte le Cap Vert, au stade d’Atlanta, lundi 15 juin 2026.

    La rumeur évoque des problèmes de visas à cause d’un drapeau palestinien brandit par l’attaquant lors des célébrations du titre du FC Barcelone. En conséquence, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu aurait demandé que « Lamine Yamal ne soit pas autorisé à entrer aux États-Unis ».

    Mais là encore, c’est faux. Pour le vérifier, il suffit de consulter le compte Instagram officiel de la sélection espagnole. Une série de photos publiées ces derniers jours montre Lamine Yamal en train de s’entraîner au camp de base de la Roja, situé dans le comté d’Hamilton, dans le Tennessee.

    Blessé à la cuisse fin avril, l’attaquant est bien aux États-Unis et pourrait fouler la pelouse le 15 juin prochain.

    Faire du clic et de l’argent

    Derrière ces fausses informations, on retrouve des profils habitués à désinformer ou des comptes dédiés aux actualités footballistiques. Ces utilisateurs sont prêts à tout pour exploiter la visibilité du Mondial sur les réseaux sociaux et dans les médias afin de faire de l’audience et la monétiser. Quitte à tomber dans la désinformation.

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