エピソード

  • Après ses revers au Mali, l'influence de la Russie scrutée à la loupe
    2026/05/01

    Au Mali, les forces russes n'ont pas pu empêcher ou contrer les attaques coordonnées entre les jihadistes du JNIM, lié à al-Qaïda et les indépendantistes du FLA dans le nord du pays. À Kidal, elles se sont même retirées. La question de la perte d’influence de la Russie est désormais posée.

    C’est un coup dur pour la crédibilité des troupes russes de l’Africa corps, qui a succédé au groupe Wagner. Un coup d’autant plus dur que l’Africa Corps avait été organisé pour être beaucoup mieux intégré et beaucoup plus directement dirigé par l’armée russe. C’est donc un échec beaucoup plus direct. La situation est rendue d’autant plus difficile par la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, considéré comme l’un des architectes du rapprochement de son pays avec la Russie.

    Une forme de méfiance

    Le doute existe désormais et le Kremlin tente de limiter les dégâts Les autres pays de l’alliance des États du Sahel sont très prudents. Ils n’ont pas apporté leur aide au Mali. Ils sont eux-mêmes confrontés au phénomène djihadiste et ils bénéficient beaucoup moins de l’appui russe. Tout juste quelques centaines de soldats pour le Burkina Faso et le Niger.

    Il y a donc peut-être une forme de méfiance. Le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov a répondu à l’appel des rebelles à la Russie de quitter le pays : « La Russie poursuivra, y compris au Mali, la lutte contre l'extrémisme, le terrorisme. Et elle continuera d'apporter son aide aux autorités en exercice ».

    Exemples frappants

    Mais ce n’est pas la première fois que la capacité de la Russie à aider ses partenaires est mise en doute. Dans une situation qui ressemble un peu à celle du Mali, avec la pression djihadiste, la Russie a été incapable de sauver le régime syrien, se contentant d’évacuer vers Moscou le dictateur Bachar El-Assad et sa suite.

    La Russie est encore présente sur place, mais sa posture a été considérablement réduite et la presse russe se fait l’écho d’une diminution encore plus importante sur la base aérienne de Hmeimim. Dans un registre très différent, il y a d’autres exemples frappants. L’enlèvement du président Vénézuélien, Nicolas Maduro, par les États-Unis Il n'y a eu qu'un soutien verbal. Même chose pour l'Iran au moment des frappes israélo-américaines. La Russie a aussi perdu son cheval de Troie hongrois en Europe avec la défaite de Viktor Orban.

    Accès privilégié

    Il faut cependant relativiser. La Russie continue à vendre du pétrole à la Hongrie, et cela reste un moyen de pression. Elle est encore présente en Afrique. Vladimir Poutine continue à être écouté. Rien que depuis la chute de Kidal, il a reçu le ministre des Affaires étrangères iranien pour une nouvelle marque de soutien. Il garde son accès privilégié à Donald Trump. Il lui a parlé pour l'alerter sur les conséquences dommageables de nouvelles frappes en Iran.

    On verra s'il est entendu. C'est que fondamentalement la Russie n’a pas d'amis ou d’alliés, en tout cas très peu de pays avec lesquels elle a des accords de défense. Elle n’a que des intérêts. Des intérêts qu’elle est prête à sacrifier s’ils ne lui apportent rien. Sa priorité absolue du moment est ailleurs. En Ukraine, où son influence est bine réelle, avec des conséquences dramatiques.

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  • En quittant l'Opep, les Émirats arabes unis envoient un message à leurs voisins et au monde
    2026/04/30

    C’est aujourd’hui la dernière journée où l’Opep, l’organisation des pays exportateurs de pétrole compte les Émirats arabes unis parmi ses membres. Le pays a décidé d’en sortir dès demain. Au-delà des conséquences économiques qui seront importantes mais sans doute davantage visibles après un éventuel déblocage du détroit d’Ormuz, c’est un signal géopolitique important.

    C’est une sorte de déclaration d’indépendance par rapport à une organisation dominée par l’Arabie saoudite, plus gros producteur au monde. C’est un nouvel épisode de la rivalité entre les deux États, une rivalité personnelle aussi, entre Mohamed Ben Zayed, dit MBZ, émir d’Abou Dabi et président des Émirats, et Mohamed Ben Salman, dit MBS, prince héritier et dirigeant de fait de l’Arabie Saoudite. Les deux dirigeants autrefois proches, sont désormais à couteaux tirés dans de multiples régions et cette décision relève d’une certaine forme de logique.

    Contrôler les routes maritimes

    Ça commence tout près de chez eux, dans la péninsule arabique. Plus précisément au Yémen où les deux pays se sont engagés au départ il y a une dizaine d'années contre la rébellion houthie soutenue par l’Iran et en faveur du président chassé de la capitale. Sauf que désormais l’Arabie saoudite soutient les forces loyalistes et les Émirats soutiennent les séparatistes du Conseil de transition du sud. Objectif est contrôler l’Ouest de l’océan Indien et l’accès au détroit de Bab El Mandeb qui commande l’une des principales routes maritimes du monde, qui relie l’Asie à l’Europe via la mer rouge et le canal de Suez.

    Investissements massifs en Afrique

    C’est pourquoi cette rivalité s’étend au-delà de la péninsule arabique. En face, donc en Afrique et notamment au Soudanla guerre, qui a provoqué la pire crise humanitaire au monde, est entrée dans sa quatrième année. L'Arabie saoudite y soutient les forces armées soudanaises qui contrôlent la capitale, et la ville de Port-Soudan, sur la mer Rouge. Les Émirats, bien qu’ils s’en défendent officiellement, soutiennent militairement les paramilitaires des FSR. Les émirats se sont aussi implantés en Libye, contre le gouvernement de Tripoli.

    Ils se sont associés également au Tchad par des financements importants. Des chercheurs ont établi qu’une base pour entrainer les FSR a été financée par des fonds émiriens en Éthiopie Si les Émirats sont aussi implantés dans la région, c’est qu’ils ont investi massivement en Afrique pour accéder aux ressources du continent et eux aussi contrôler les routes commerciales. Ils sont le premier investisseur en Afrique via des entreprises d’État et ont même dépassé la Chine.

    Axe israélo-américain

    Tout cela donne aux Émirats une position de plus en plus importante dans le grand jeu international. Contrairement à l’Arabie saoudite, ils ont signé les accords d’Abraham et ont normalisé leurs relations avec Israël. D'ailleurs, ils travaillent directement avec l’état Hébreu dans la corne de l'Afrique où ils contrôlent le port de Berbera, au Somaliland, qu’Israël est pour l’instant le seul pays à avoir reconnu.

    En quittant l’Opep, que Donald Trump accuse de maintenir des prix du pétrole élevés, ils se sont donc encore rapprochés de l'axe israélo-américain. En décidant de vendre leur pétrole seul pour pouvoir en vendre davantage quitte à le vendre moins cher, ils espèrent à la fois renforcer leur position, leurs investissements et les protéger le cas échéant.

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  • La situation au Mali suivie avec attention par les pays de la région et même au-delà
    2026/04/29

    Au Mali, après les combats du week-end dernier et de ces derniers jours, le chef de la junte Assimi Goïta est réapparu hier. Il parle d'une situation d'extrême gravité mais maîtrisée. Il a reçu l’ambassadeur de Russie, son allié à la fois politique et militaire. La situation dans le pays et dans la région est observée de près dans les pays voisins et en premier lieu l’Algérie.

    Le ministre algérien des Affaires étrangères réaffirme son soutien à « l’unité du Mali » et son rejet catégorique de « toutes les formes de terrorisme ». Il faut dire que les relations entre les deux pays sont très dégradées. Elles ont même été marquées par un incident militaire quand un drone malien a été abattu par les forces armées algériennes il y a un peu plus d’un an à proximité de la longue frontière entre les deux pays.

    Bamako accuse Alger d’abriter les groupes qui ont pris le contrôle de la ville de Kidal, le FLA, les indépendantistes du front de libération de l’Azawad et le JNIM, le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al Qaïda. Et c’est de manière tout à fait ouverte que l’Algérie accueille l’influent Imam malien Mahmoud Dicko, qui a lancé en fin d’année dernière un mouvement de résistance des Maliens à la junte.

    Perte de l'initiative

    Pour l’Algérie, la situation présente des avantages. Si la prise de contrôle par les groupes armés indépendantiste et djihadiste à Kidal se confirme, s'étend ailleurs au nord se maintient, cela éloigne mécaniquement les forces armées maliennes partisanes d’un traitement militaire de ces dossiers quand Alger privilégie plutôt un traitement politique à travers l’accord d’Alger. Cela éloigne aussi les soldats Russes de l'Africa Corps apparemment évacués du nord du Mali vers l’étranger, possiblement via la Libye.

    Il se murmure même que cette évacuation, mais cela demande confirmation officielle, se fait avec l’aide de l’Algérie. Les forces armées maliennes ont clairement perdu l'initiative et doivent défendre leur positions les plus solides comme la ville-garnison de Kati à une quinzaine de kilomètres de Bamako sous pression également. Des pays comme la Mauritanie à l'Ouest sont sans doute dans l'attente de voir comment la situation à leur frontière va évoluer.

    L'équilibre du continent menacé

    Il faut voir aussi ces événements dans une perspective plus large. Depuis plusieurs années, la pression des groupes armés djihadistes descend vers le sud et des pays frontaliers s’en inquiètent. On peut citer le Bénin et le Togo, Il y a dix jours, la capitale Togolaise accueillait d’ailleurs une réunion pour définir une nouvelle stratégie pour le Sahel en crise. Parmi les participants, des représentants des pays de la sous-région, de la Cédéao, des pays européens, dont la France, mais aussi de l’alliance des États du Sahel. Cela prouve que le dialogue diplomatique existe encore. Mais surtout que la question d’une contagion et de ses possibles conséquences est posée.

    Les difficultés du Mali sont par extension une difficulté pour ses partenaires de l'AES, le Burkina Faso et le Niger, eux aussi confrontés à une forte pression. Le phénomène existe aussi dans le nord-ouest du Nigéria, où la politique sécuritaire américaine et les frappes de Noël n’ont rien arrangé au phénomène djihadiste toujours présent et qui menace désormais l’équilibre de toute la sous-région et a fortiori de tout le continent africain.

    À lire aussiMali: après les attaques, Assimi Goïta affirme que la situation d'une «extrême gravité» est «maîtrisée»

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  • Le roi Charles III aux États-Unis pour réparer une relation spéciale abîmée entre britanniques et américains
    2026/04/28

    Le roi d’Angleterre Charles III est arrivé lundi 27 avril aux États-Unis pour une visite d’État de quatre jours. La mission est de remettre à flot une relation bilatérale qui a tendance à tanguer ces derniers temps. Le grand moment de cette visite, c’est aujourd'hui, avec ce soir un dîner d’État, et auparavant un discours devant le Parlement.

    C’est absolument rarissime, puisqu’avant aujourd’hui, un seul souverain britannique s’était exprimé au Capitole. C’était en 1991 et c’était Elizabeth II, la mère de l’actuel roi, et cela avait duré 12 minutes. La précédente interaction britannique avec le Capitole remontait à 1814 et elle avait consisté à l’incendier lors de la guerre dite de 1812, deuxième guerre anglo-américaine, 38 ans après la révolution américaine contre la couronne britannique. Ça crée des liens.

    Mais ce n’est pas pour cela qu’on parle de relation spéciale entre les deux pays. Cela remonte plutôt à première puis à la Seconde guerre mondiale et à l’ensemble de relations militaires commerciales, stratégiques, dans le renseignement et culturelles tissées depuis.

    Cette relation s'est très souvent nouée par des binômes président / Premier ministre. En France on parlerait de couple. Par exemple : Roosevelt-Churchill pendant la Seconde Guerre mondiale, Reagan-Thatcher pendant la révolution conservatrice et libérale et la fin de la Guerre froide, Ou George W. Bush-Tony Blair, au moment de la deuxième guerre du Golfe.

    Guerre en Iran

    Et le duo Trump-Starmer, n’entre apparemment pas dans cette catégorie. Pourtant, au début cela s’est bien passé. Le Premier ministre britannique arrive à la Maison Blanche porteur d’une invitation personnelle du roi pour Donald Trump. Invitation que le président américain rend aujourd’hui.

    Et puis il y a la signature de l’accord commercial tant souhaité depuis le Brexit, le premier signé par un pays après l’offensive douanière de Donald Trump. Et puis cela s’est gâté. Avec la guerre en Iran et les reproches de Donald Trump au chef du gouvernement britannique à cause du refus du Royaume-Uni de s’engager et le refus dans un premier temps, d’autoriser l’utilisation de la base de Diego Garcia dans l’Océan Indien. « Nous n’avons pas affaire à un Churchill », avait dit le président américain.

    Éviter les sujets qui fâchent

    Il y a enfin le tout dernier développement. En fin de semaine dernière, l’agence Reuters a publié une note interne du Pentagone expliquant que les États-Unis pourraient réévaluer leur position sur les Malouines, îles sous administration britannique dans l’Atlantique sud et revendiquées depuis toujours par l’Argentine. Cela a même causé une guerre entre les deux pays dans les années 80. Or, le président argentin Javier Milei est un proche allié de Donald Trump. Il a pris la balle au bond en expliquant faire tout ce qui est humainement possible pour récupérer les îles et ajoutant faire de bons progrès. Keir Starmer a aussitôt réaffirmé la souveraineté britannique.

    Cela fait donc beaucoup pour un roi qui n’est pas censé faire de politique, qui en plus règne sur le Canada dont Donald Trump aimerait bien faire le 51ᵉ État américain. Le tout sans parler de l’éléphant dans la pièce. L'éléphant, c'est le frère du roi. Il s'appelle Andrew, et il impliqué dans l’affaire Epstein qui colle à Donald Trump comme un sparadrap. Le dîner d’État risque donc de paraître un peu long s’il faut éviter tous les sujets qui fâchent.

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  • La violence politique américaine frappe au dîner des correspondants de la Maison Blanche
    2026/04/27

    C’est l’un des événements du week-end, l’intrusion d’un homme armé à proximité du traditionnel dîner des correspondants de la Maison Blanche samedi soir 25 avril à Washington. En présence de Donald Trump et au cœur du microcosme politico-médiatique américain.

    Les plus de 2 000 convives de ce dîner annuel pour la liberté de la presse finissaient leur salade et se préparaient pour l'habituellement oubliable plat principal. C’est le moment choisi par un homme armé pour tenter de forcer le contrôle de sécurité situé au premier sous-sol de l’hôtel Hilton de Washington. Il a été arrêté après plusieurs coups de feu sur ce demi-étage où est servi chaque année le verre de bienvenue avant que les participants franchissent les portes de la salle de bal quelques marches plus bas. Il n'est donc jamais arrivé jusqu'à l'apéritif.

    Si on se permet de plaisanter, c’est qu’il n’y a pas eu de victime et que chacun a fait preuve de professionnalisme - tant le service secret - chargé de la protection des personnalités - que les journalistes, qui ont commencé à raconter ce qu’il se passait alors qu’ils étaient encore cachés sous les tables, malgré la peur dont certains proches ont fait part.

    Quatre présidents assassinés

    C’est encore une nouvelle illustration de la violence politique aux États-Unis. Selon les tout premiers éléments de l’enquête, l’homme visait des membres de l’administration. Cette violence est tellement endémique qu’elle peut donc frapper au moment du point d’orgue de la semaine la plus mondaine de l’année à Washington.

    Ce n’est pas une surprise. Quatre présidents ont déjà été assassinés, dont deux dans la capitale fédérale : Abraham Lincoln et James Garfield. Ronald Reagan a été blessé dans une tentative d’assassinat devant le même hôtel Hilton en 1981. Pendant la campagne de 2024, Donald Trump avait fait l'objet d’une tentative d’assassinat à Butler, bourgade rurale de Pennsylvanie.

    Appels à l'unité

    Samedi soir, sa réaction a été plus mesurée que ce jour-là, quand il avait appelé au combat trois fois. Il avait accusé les démocrates d’avoir instillé un climat propice à la violence. Et il s’était ensuite dit « protégé par Dieu ». Il faut dire que sa base électorale est constituée notamment de chrétiens évangéliques. Il affirme d’ailleurs que le tireur a écrit des textes antichrétiens. Samedi, il en a appelé à l’unité nationale et dit avoir ressenti cette unité dans la pièce où, de son propre aveu, il s'apprêtait à prononcer une diatribe contre la presse.

    Plusieurs responsables démocrates ont condamné la violence politique. L’effet de l'événement reste à déterminer. D’ailleurs, lui-même a immédiatement refait de la politique, en expliquant que tout cela justifiait la construction de sa très controversée salle de bal à la Maison Blanche.

    Il y a aussi des réactions internationales. Donald Trump n’a jamais eu autant d’amis. Malgré la guerre en Iran, malgré ses menaces contre des alliés, ou ses pressions sur l’Otan, tous les alliés qui avaient pris récemment leurs distances ont condamné l’incident et exprimé leur solidarité. Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Keir Starmer, Giorgia Meloni, Ursula Von Der Leyen et le roi d'Angleterre Charles III, qui est, lui, attendu à partir de lundi pour une visite d’État à Washington.

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  • Grâce à un nouveau prêt européen, l'Ukraine respire, mais la guerre continue
    2026/04/24

    Après des mois de blocage dû à l’opposition politique de la Hongrie, l’Union européenne, à la suite de la défaite électorale de Viktor Orban, a pu valider jeudi 23 avril le prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine. C’est une bonne nouvelle pour le pays, mais ce n’est pas la seule.

    La première des bonnes nouvelles, c’est que l’hiver est terminé. Les attaques russes sur les infrastructures énergétiques ont moins d’impact sur les Ukrainiens qui passent moins de temps dans le froid et dans le noir.

    Il y a les nouvelles en provenance du front. La situation est « la plus stable » depuis l'été dernier, affirme le président Volodymyr Zelensky. Récemment, il a aussi mis en avant les succès de la guerre par les drones, un aspect que le pays maîtrise comme aucun autre, avec notamment des drones terrestres qui ont pu prendre des positions russes, ou encore des attaques aériennes de drones contre des terminaux pétroliers russes, en particulier en mer Noire.

    Combats intenses

    Ce n’est pas parce que le pouvoir ukrainien met les succès en avant qu’il n’y a pas de difficultés. C’est la guerre et elle fait mal. Privée de moyens anti-aériens américains désormais réservés au théâtre moyen-oriental, l'Ukraine n'intercepte pas autant de drones et de missiles russes qu'elle le pourrait. Et ces attaques massives russes font des dégâts et des morts dans les villes ukrainiennes.

    Sur la ligne de front, si les gains de territoire de part et d’autre sont stables depuis plusieurs mois, Volodymyr Zelensky qualifie lui-même la situation de « dynamique ». Autrement dit, les combats sont intenses et la Russie accentue sa pression sur certains points névralgiques comme la ville de Kramatorsk dans le Donbass.

    L’Ukraine doit aussi faire avec le désengagement américain depuis plusieurs mois et l’attention générale portée vers le golfe Persique. C’est la raison pour laquelle le prêt européen est particulièrement nécessaire.

    Frappes de plus en plus profondes

    La situation n’est pas simple non plus pour la Russie. Si les gains territoriaux s’annulent, c’est bien parce qu’elle a cessé d’avancer, voire elle a reculé dans certains cas. En cause notamment, la coupure de l’accès au réseau internet satellitaire Starlink d’Elon Musk. Cela rend les communications, le renseignement et le guidage plus difficiles.

    L'Ukraine fait également mal à la Russie. Elle parvient à frapper de plus en plus profondément en territoire russe, jusqu'à éliminer des gradés russes dans les rues de Moscou pourtant ultra-sécurisées. La stratégie ukrainienne fait mal, notamment les attaques sur les infrastructures énergétiques et en particulier pétrolières. Difficile d’exporter du brut quand vos pétroliers sont attaqués et vos raffineries sont en feu. Le résultat, c’est que le blocage du détroit d’Ormuz et la levée des sanctions sur le pétrole russe ne rapportent peut-être pas autant qu’espéré.

    Difficultés et désagréments

    Cela se ressent aussi sur le plan intérieur. Un mécontentement s’exprime dans les sondages, car il y a des sondages de satisfaction en Russie, notamment depuis le contrôle strict de l’accès à internet et à un certain nombre de services qui y sont liés. Le Kremlin en admet d’ailleurs les désagréments. De même qu'il admet les difficultés économiques entre inflation et PIB en baisse en février et en mars. De là à prédire un effondrement de l’économie russe comme cela a été souvent fait à l’ouest depuis le début de la guerre et de la politique de sanctions, il y a un pas qu’il serait très imprudent de franchir. Le régime de Moscou a déjà prouvé sa force et sa capacité d'adaptation stratégique et tactique.

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  • États-Unis-Iran: l'improbable négociation et le syndrome «TACO»
    2026/04/23

    Après la prolongation unilatérale de la trêve avec l’Iran par les États-Unis, la situation reste confuse entre les deux pays aussi bien dans le golfe Persique que dans les négociations pour tenter de trouver un accord de paix. Les deux pays ne semblent pas parler le même langage diplomatique.

    D’un côté il y a l’Iran, avec une diplomatie habituée à négocier depuis des années avec des pays occidentaux sur des dossiers précis – nucléaire, sanctions – et dans un cadre bien défini avec des partenaires identifiés et surtout, surtout, sous le sceau du secret, habitude du régime iranien en particulier et marque de fabrique des négociations réussies en général, comme vient de l’illustrer la libération des otages d’État Cécile Kohler et Jacques Paris.

    Il est assez peu étonnant qu’il y a quelques jours, un responsable iranien ait mis en doute le sérieux des États-Unis dans la négociation.

    Tout et son contraire

    Parce que de l’autre côté, il y a Donald Trump. Après des années de présidents américains successifs qui répétaient qu’ils ne négociaient pas en public, c’est évidemment tout le contraire. Des déclarations à bâtons rompus à des journalistes qui l’appellent au téléphone ou qui le croisent à la Maison Blanche, des publications qui se succèdent sur les réseaux sociaux pour dire tout et son contraire. Le président passe de la menace existentielle de détruire une civilisation à faire miroiter l’espoir d’un accord, tout en lançant des ultimatums présentés comme définitifs, mais qui sont sans cesse repoussés.

    Impatiences, sauts de concentration et d'humeur

    C’est le syndrome « TACO » (pour « Trump always chickens out », que l’on peut traduire par « Trump finit toujours par se dégonfler ») : c’était le cas pour la trêve qui ne devait pas être prolongée et qui l’est désormais de manière indéfinie. Le temps que l’Iran fasse une proposition, en raison des divisions prêtées au régime par Donald Trump sans qu’il y ait vraiment de quoi étayer cette affirmation au-delà de l’invisibilité du guide suprême désigné.

    Selon des informations du Wall Street Journal, ses impatiences, ses sauts de concentration et d’humeur poussent même désormais les conseillers de la Maison Blanche à tenir le président éloigné de certaines réunions.

    Rapport de force

    C’est pourtant lui qui donne le ton de la négociation côté américain. Et ce qu’il montre avec ses dernières décisions et déclarations, c’est le visage de quelqu’un qui souhaite sortir de cette situation et vite : une volonté manifeste d’envoyer une délégation négocier à Islamabad, un cessez-le-feu unilatéral et sans échéance autre qu’une proposition venue du camp d’en face.

    Il fait grand cas des pertes financières d’un régime fondé en partie sur une idéologie du martyre et habitué depuis des années à gérer la pénurie et les sanctions, et il ne considère pas que la capture de bateaux par l’Iran soit une rupture du cessez-le-feu puisque ces bateaux ne sont ni américains ni israéliens. C’est une façon étrange d’établir un rapport de force.

    En face, l’Iran maintient son nœud coulant sur le détroit d’Ormuz et dénonce au contraire le blocus américain de ses ports comme une rupture du cessez-le-feu. Le régime iranien signale néanmoins qu’il apprécie les efforts du Pakistan pour faciliter les négociations, qui ne sont donc pas rompues. Et il attend, en vertu du syndrome « TACO », parfaitement conscient des conséquences économiques et politiques de la situation aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

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  • Tim Cook, le patron d'Apple qui a construit son succès sur la géopolitique
    2026/04/22

    C’est l’un des événements de marquant de la semaine. Le départ de Tim Cook du poste de PDG d’Apple, la société qui produit l’iPhone. Son parcours à la tête de la firme à la pomme montre l’importance prise par la géopolitique pour les grandes entreprises mondiales.

    Tim Cook est ennuyeux. Moins charismatique et créatif que Steve Jobs, le fondateur et sauveur d’Apple qui l’a précédé. Mais sous sa direction, la valeur en bourse d'Apple a été multipliée par treize. Ce succès, il le doit en grande partie à sa science de la géopolitique et notamment celle des semi-conducteurs. Un savoir forgé dans ses fonctions précédentes quand il était responsable de la logistique et des chaînes d’Apple. Résultat, une connaissance intime des chaînes d’approvisionnement, des pays de production, principalement la Chine et Taïwan ainsi que des transports intercontinentaux, de l’assemblage et de la distribution.

    Chaînes d'approvisionnement

    Cela lui a servi en au moins deux occasions ces dernières années. D’abord au moment de la crise du coronavirus et de ses conséquences sur les chaînes d’approvisionnement. Cela a eu un impact sur la chaîne logistique d’Apple, totalement internationalisée, mais cela n’a pas empêché le chiffre d’affaires et les bénéfices de l’entreprise de monter. Même chose lors de la guerre tarifaire lancée il y a un an par Donald Trump. Tim Cook a alors trouvé le moyen de varier ses sources d’approvisionnement dans des pays moins touchés, en envisageant de faire fabriquer en Inde et de rapatrier une partie de la production aux États-Unis Tout en discutant avec les responsables gouvernementaux dans l’intérêt de son entreprise.

    Des relations avec tous les présidents

    Parce que dans géopolitique, il y a géographie mais il y a aussi politique. Tim Cook affirme pourtant qu’il n’est pas politique, mais c'est de la fausse modestie. Parce qu’il est peut-être ennuyeux, mais il est pragmatique. Avec tous les présidents américains. C’était déjà le cas avec Joe Biden. Ils étaient ensemble lors de la pose de la première pierre de l’usine géante de semi-conducteurs du taïwanais TSMC en Arizona pour annoncer le rapatriement d’une partie de la production d’ordinateurs. Il était là à l’investiture de Donald Trump pour son deuxième mandat. Il a d’ailleurs donné un million de dollars pour participer au financement des festivités. De sa poche, et non de celle d’Apple. Comme beaucoup de dirigeants d’entreprises, il a offert des cadeaux dorés à Donald Trump dans le bureau ovale.

    Parler aux dirigeants du monde

    C’est d’ailleurs pour ça que Tim Cook part, mais aussi qu’il reste comme président exécutif d’Apple. Son rôle sera de continuer à parler aux dirigeants politiques du monde entier. Américains, mais aussi Européens. Comme tous les chefs d’entreprises de la tech américaine, il s’oppose à la réglementation européenne des services numériques et il viendra le dire à Bruxelles comme il l’a déjà fait dans le cadre de procédures européennes contre Apple. Même chose en Asie et en particulier en Chine. Évidemment quand le numéro un chinois prend des décisions, elles sont sans appel. Mais ça ne l’empêche pas de consulter. Il a déjà reçu le patron d'Apple, un employeur mais aussi un fournisseur important pour son pays. Tim Cook est peut-être ennuyeux, mais quand il parle, même Xi Jinping l’écoute.

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