エピソード

  • L'information à l'épreuve de la guerre au Moyen-Orient et de la censure
    2026/03/16

    La guerre continue au Proche et Moyen-Orient. Les frappes visent plusieurs pays de la région où il est parfois difficile de s’informer sur les cibles visées et sur leur efficacité.

    Cela commence évidemment par l’Iran, où le régime des mollahs est passé maître dans l’art de la censure et du blocage des réseaux de communication. Cela s’est vu pendant la répression brutale et meurtrière des manifestations des 8 et 9 janvier et cela continue pendant cette guerre. Peu de sources indépendantes sont disponibles pour obtenir et confirmer les informations. Il n’y a que quelques journalistes indépendants qui sont autorisés à travailler comme le correspondant de RFI sur place, Siavosh Ghazi, que l’ensemble de la presse francophone mondiale nous envie.

    Contrôle renforcé dans le golfe

    Mais c’est aussi le cas dans les pays de la région qui sont frappés par les drones et missiles iraniens. Les monarchies du golfe Persique ne sont pas réputées pour leurs vertus démocratiques. Et cela se voit aussi dans le traitement de l’information. Au Qatar, plus de 300 personnes ont déjà été arrêtées pour publication et partage d'images ainsi que de ce qui est appelé « informations trompeuses » lors des attaques de l'Iran. Des arrestations aussi à Bahreïn pour avoir filmé et partagé des images des attaques, des actes de trahison selon le ministre de l’Intérieur. En Arabie saoudite, la possibilité de filmer des installations énergétiques et des zones diplomatiques était déjà restreinte. Partout, il faut aussi composer avec les images créées par intelligence artificielle.

    Censure sévère en Israël

    Ce n’est pas vraiment mieux dans les pays qui ont déclenché l’attaque. Et pourtant, ce sont des démocraties. Mais en Israël, il existe une censure sévère depuis des décennies sur les opérations militaires. Et c’est une tendance qui se renforce sur ce conflit. Interdiction des directs télévisés de la ligne d’horizon d’où arrivent les attaques. Interdiction de filmer les images des interceptions de la défense antiaérienne par le fameux Dôme de fer qui fait la fierté du pays et interdiction de filmer les dégâts des attaques iraniennes ou du Hezbollah depuis le Liban.

    La presse sous pression aux États-Unis

    Mais le pays où la situation a le plus changé, c’est les États-Unis. Terminée la guerre en direct sur les chaînes d’information comme lors de l’invasion de l’Irak en 2003. Pas de reporters embarqués avec l’armée. Cette fois-ci, l’armée américaine communique assez peu au-delà du nombre de ses frappes.

    Au cours de ses points de presse, le secrétaire à la guerre Pete Hegseth s’en prend aux médias accusés de privilégier des informations mensongères ou en tout cas de ne pas montrer le conflit sous un jour assez positif. Il s’en prend notamment à CNN, qui va passer sous le contrôle de Paramount et de la famille Ellison, proche de Donald Trump. Autre proche de Donald Trump, Brendan Carr, patron du régulateur américain de l’audiovisuel, menace les groupes de médias qui présenteraient la guerre de manière déformée selon lui de perdre leur autorisation d’émettre. Ils auraient donc beaucoup à y perdre financièrement. Et entre une couverture équilibrée du conflit et les comptes qu’ils rendent à leurs actionnaires, le choix pourrait être assez rapide.

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  • Volodymyr Zelensky à Paris, pour rappeler que la guerre en Ukraine continue
    2026/03/13

    Pendant que la guerre continue au Moyen-Orient, elle se poursuit aussi en Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a entamé hier une tournée européenne qui l’amène aujourd’hui à l’Élysée pour y retrouver Emmanuel Macron. Il s’agit une fois de plus d’affirmer le soutien à l’Ukraine.

    « Rien ne détournera notre attention de l’Ukraine et notre soutien ne faiblira pas » affirme l’Élysée à l'occasion de cette 12e visite en France du président ukrainien depuis le début de la guerre. Le message, c’est que la guerre au Moyen-Orient ne provoque pas d’effet d’éclipse sur ce qui se passe dans l'Est de l'Europe. Le Kremlin ne s'y trompe pas et considère cette nouvelle rencontre comme un obstacle à la paix. Sur le terrain, les combats continuent avec des frappes quotidiennes de part et d’autre et des gains plutôt favorables à l’Ukraine ces dernières semaines, même si la ligne de front reste globalement stable.

    Blocages européens

    En coulisses, les enjeux diplomatiques restent importants, avec des blocages au niveau européen. Deux dossiers sont à l'arrêt. Le 20e paquet de sanctions européennes contre la Russie, qui est sur la table depuis le dernier conseil européen en décembre et le prêt européen de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, dont les deux tiers en aide militaire, bloqué également depuis la fin décembre. Deux dossiers bloqués par deux pays proches de la Russie idéologiquement, la Hongrie et la Slovaquie. Deux pays qui reçoivent du pétrole russe, ou plutôt qui devraient en recevoir. Sauf que leur canal d’alimentation, l’oléoduc Droujba, qui traverse l’Ukraine et qui a été endommagé par une frappe russe en janvier, n’est toujours pas remis en service. La Slovaquie et la Hongrie accusent Kiev de trainer les pieds. Le gouvernement hongrois avait annoncé mercredi l'envoi d'une délégation en Ukraine pour discuter du dossier. Mais Kiev avait répliqué qu'aucune invitation n'avait été adressée à Budapest, où le premier ministre Viktor Orban est en pleine campagne électorale. Une campagne difficile, ce qui explique peut-être en partie ce choix de pointer du doigt des éléments extérieurs. C'est humain.

    Contexte géopolitique

    Et puis il y a les discussions qui se déroulent au-delà de l’Europe. Et là le contexte géopolitique pèse lourd. Et il avantage la Russie. La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz ont fait bondir les cours du pétrole. Cela donne un avantage à la Russie dont la production devient particulièrement convoitée, et permettrait de stabiliser les marchés. C’est pour cela qu’au cours d’une conversation téléphonique directe avec Vladimir Poutine cette semaine, le président américain Donald Trump a proposé d’alléger les sanctions sur le secteur pétrolier russe. Cela pourrait permettre à Moscou de renflouer ses finances et d'assurer le fonctionnement de sa machine de guerre pour longtemps. Ce serait une mauvaise nouvelle pour l’Ukraine.

    Cette semaine, l’émissaire russe a discuté directement de ce dossier et d’autres avec les négociateurs américains en Floride. Des discussions qu’il qualifie de productives. Quant aux négociations russo-ukrainiennes sous l’égide des États-Unis, il y a une proposition américaine pour qu’elles reprennent la semaine prochaine en Suisse ou en Turquie. Pour l’instant, ce n’est pas confirmé, mais les précédentes rencontres du même type n’ont pas permis de progrès vers la paix.

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  • En Afrique, la répression de l'homosexualité s'étend et s'intensifie
    2026/03/12

    L’Assemblée nationale sénégalaise a adopté mercredi la loi qui durcit la répression de l’homosexualité. Le pays d’Afrique de l’Ouest s’inscrit ainsi dans un mouvement plus général sur le continent africain.

    Une fois promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye, cette loi punira de 5 à 10 ans de prison ce que le texte qualifie d’« actes contre nature ». Le texte va plus loin, il punit également de 10 ans de prison l’apologie de l’homosexualité. Ces dernières semaines au Sénégal, le débat sur l’homosexualité s’est tendu, avec notamment des arrestations, dont celles de célébrités locales, ce qui a ajouté un parfum de scandale au climat politique.

    Une question politique

    C’est une promesse de campagne du chef du gouvernement Ousmane Sonko. C'est un thème porteur et payant politiquement et il est soutenu par des organisations religieuses dans ce pays majoritairement musulman et pratiquant. Mais si on élargit à l’ensemble de l’Afrique, la question de la religion majoritaire n’est pas forcément décisive. Le pays dont la loi anti-homosexualité a retenu l’attention ces dernières années, en raison de la peine de mort promise aux homosexuels, l’Ouganda, est à majorité catholique ou anglicane. Majorité chrétienne également au Cameroun, où ces dernières années, les accusations d’homosexualité ont servi à discréditer des personnalités politiques. Parfois, les pays qui légifèrent sont aussi alignés politiquement comme ceux de l’alliance des États du Sahel.

    Inquiétudes

    Ce mouvement qui s'étend en Afrique suscite des inquiétudes. Pour les homosexuels bien sûr. Certains essaient de fuir les pays qui adoptent des législations répressives. Ou essaient de se cacher. Cela suscite aussi des inquiétudes des artistes et créateurs pour la liberté d’expression. Les associations et organisations qui défendent les personnes homosexuelles s’inquiètent aussi de la portée pas complètement précisée de l’apologie de l’homosexualité. Inquiétude sanitaire aussi. Des personnes atteintes du VIH Sida cessent parfois de se soigner ou d’aller chercher leurs traitements là où ils sont distribués de peur d’être exposées C’est un vrai problème sanitaire, parce qu’évidemment, n’importe quel médecin vous dira que le virus ne se cantonne pas aux homosexuels. Si vous ajoutez à cela la baisse des financements de la lutte contre le VIH liée à la quasi-disparition de l’aide américaine, c’est un problème qui pourrait devenir important.

    Influences extérieures

    Tous les pays d’Afrique n’adoptent pas des législations de ce genre. Certains ne légifèrent pas du tout. Mais d’autres vont dans le sens inverse. L'Afrique du Sud, l’un des géants du continent, a reconnu les couples homosexuels. Des pays ont dépénalisé l’homosexualité depuis quelques années, citons le Cap-Vert, les Seychelles, l’Angola, le Mozambique, le Gabon, la Guinée-Bissau ou le Botswana. Les lois de pénalisation étaient d’ailleurs souvent héritées de la période coloniale. Aujourd'hui encore la vague anti-LGBT vient aussi souvent de l'extérieur. Elle est notamment portée par des groupes religieux évangéliques américains, ou encore par la Russie à l'influence grandissante sur le continent. C'est d'ailleurs l'un des points de convergence idéologique des dirigeants souhaitant élargir leurs sphères d'influence que sont Donald Trump et Vladimir Poutine.

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  • Au Moyen-Orient, la Russie et la Chine travaillent discrètement à préserver leurs intérêts
    2026/03/11

    La guerre continue au Moyen-Orient. Elle embrase toute la région et menace l’économie mondiale. Même si elles ne sont pas toutes impliquées directement, les grandes puissances travaillent à garder la situation sous contrôle et à défendre leurs intérêts.

    La Russie par exemple a des liens importants avec l’Iran. C’est le régime iranien qui a fourni au départ à la Russie les drones qui pleuvent sur l’Ukraine. En échange, La Russie commerce avec l’Iran et fournit lui par exemple de l’aide humanitaire pour laquelle la république islamique l’a remerciée. Par ailleurs, l’Iran est un élément clé du corridor nord-sud imaginé par la Russie à la sortie de ce qu'elle considère comme sa zone d'influence exclusive, pour relier les pays frappés par les sanctions occidentales, jusqu’à déboucher vers l’Inde sans passer par l’Ouest. Pour l’instant, c’est encore un projet, et si c’est insuffisant pour apporter un véritable soutien militaire à l’Iran, c’est suffisant pour envoyer un message aux États-Unis.

    Coup de fil Trump-Poutine

    Et même un double message. D'abord en fournissant du renseignement à l’Iran pour localiser et cibler des intérêts américains dans la région comme l’a révélé la presse américaine. Puis par une déclaration de Vladimir Poutine pour apporter son soutien indéfectible au nouveau guide iranien. Une double façon de dire à Washington qu’après s’en être pris à l’allié vénézuélien et les pressions sur Cuba, il faudrait peut-être prendre le temps de discuter un peu. Résultat : un premier coup de fil direct entre Donald Trump et Vladimir Poutine depuis plus de deux mois, à l’initiative du président américain précise le Kremlin. Et la proposition américaine d’alléger les sanctions contre le secteur pétrolier russe. C’est déjà le cas pour l’Inde qui est exemptée de sanctions. Pour les États-Unis, ce serait une façon d’alimenter les flux de pétrole mondiaux et de stabiliser les marchés. Cela ferait de la Russie l’un des principaux bénéficiaires financiers de la situation actuelle.

    Bateaux chinois

    Le pétrole, c’est vraiment le nerf de cette guerre. Surtout pour ceux qui n’en ont pas et qui doivent donc l’importer. C’est le cas de la Chine. Près de la moitié de ses importations d’hydrocarbures viennent du golfe. L’Iran a annoncé le blocage du détroit d'Ormuz pour les alliés d’Israël et des États-Unis, mais c’est un peu moins clair pour les autres pays. Des bateaux, peu nombreux, ont pu passer depuis le début de la guerre, et l’une des façons d’y parvenir, c‘est apparemment de signaler que l’équipage et le propriétaire sont chinois. Pékin a envoyé dans la région des émissaires pour tenter de négocier le passage de ses bateaux dans le détroit dans les deux sens, car il y a aussi la question des marchandises qu’elle exporte, notamment vers l'Iran.

    Visite programmée

    Tout cela se fait de manière subtile, à bas bruit. La Chine a aussi un autre moyen de pression : la prochaine visite de Donald Trump à Pékin. La Maison Blanche l’annonce pour le 31 mars, mais dans sa conférence de presse annuelle de dimanche dernier, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi s’est contenté d’évoquer des préparatifs et l’importance du respect mutuel entre les dirigeants. Cela signifie qu’il va falloir discuter sérieusement avant que Donald Trump obtienne ce qu’il souhaite, une relation directe entre dirigeants forts de grandes puissance. Un monde où les puissances moyennes ne sont que spectatrices.

    À lire aussi[En direct] Guerre au Moyen-Orient: nouvelle frappe israélienne sur le centre de Beyrouth

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  • L'union israélo-américaine contre l'Iran à l'épreuve d'objectifs divergents
    2026/03/10
    C’est le onzième jour de guerre entre l’Iran, d’un côté, et la coalition israélo-américaine de l’autre. Et l’Iran est manifestement toujours en position de riposter malgré des frappes tous azimuts des États-Unis et d’Israël. Certaines de ces frappes semblent diviser les deux alliés. Ce qui pose question, ce sont notamment les frappes israéliennes de la fin de semaine dernière sur des dépôts de carburant qui ont provoqué la formation d’un immense nuage noir et toxique au-dessus de Téhéran. D’après Israël, ces dépôts d’essence étaient utilisés par les différentes forces de sécurité iraniennes et servait donc à alimenter l’effort de guerre du régime. Selon le média américain en ligne Axios, la partie israélienne a bien prévenu son allié américain de frappes de ce genre, mais la partie américaine a tout de même été surprise par l’ampleur de ces bombardements. Les responsables américains l’ont apparemment fait savoir à Israël. Un responsable de l’administration Trump cité par Axios fait savoir que la Maison Blanche n’a pas aimé ces frappes. Inflation À cause des prix du pétrole, évidemment. Depuis que la guerre a commencé, les cours ont augmenté de 30%, des fluctuations importantes. Les distributeurs anticipent et répercutent préventivement sur les prix à la pompe. Ça se voit partout, dans le monde, en Europe, mais aussi aux États-Unis. L’essence y est globalement deux fois moins chère qu’en Europe parce qu’elle y est moins taxée, mais la hausse frappe les consommateurs dans les mêmes proportions. Pour tout dire la moyenne des prix aux États-Unis atteint des proportions dignes de l’époque politique précédente, au moment de l’invasion de l’Ukraine. Le candidat Trump parlait alors de l’inflation Biden et s’était fait élire sur la promesse de maîtriser les prix. Donald Trump se retrouve avec le même problème sur les bras et il dit que que c'est un petit prix à payer, mais il faut dire que ce n'est pas lui qui fait le plein de sa voiture. À moins de six mois des élections de mi-mandat, cela pourrait donc lui poser un problème politique majeur. Et c’est aussi pour cela qu’il assure que la guerre est bientôt terminée. À lire aussiÀ la Une: l’art de la guerre selon Trump Escalade possible Il y a aussi un climat général qui n'est pas à la désescalade. Israël fait bien remarquer que les infrastructures de production n’ont pas été visées. Or l’Iran menace de répliquer de manière équivalente si cela se produisait. Et de ce qu’on a vu ces derniers jours avec des drones lancés contre des dépôts de carburant de pays du Golfe ou des missiles qui atteignent l’espace aérien turc, le régime iranien, même affaibli, a encore les moyens de ses menaces. Ce serait une escalade porteuse d’une crise d’une toute autre dimension. Le problème, c’est que les buts de guerre sont assez nébuleux et évolutifs du côté américain. En plus de la fin du programme nucléaire et des capacités balistiques iraniennes, Israël veut la fin du régime, un point sur lequel les États-Unis sont moins insistants, même si le président américain dit qu'il n'est pas content du choix de Mojtaba Khamenei comme dirigeant. Les objectifs et la détermination de l'alliance israélo-américaine ne semblent pas parfaitement alignés, ce qui crée de l'incertitude et donc de l'inquiétude sur la fin d'un conflit que le pouvoir iranien affirme pouvoir poursuivre pendant des mois. À lire aussi[En direct] Moyen-Orient: l’Iran va bloquer les exportations de pétrole tant que durera la guerre
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  • Le Moyen-Orient, nouveau théâtre de la guerre entre la Russie et l'Ukraine
    2026/03/09

    La guerre continue au Proche et Moyen-Orient. Guerre des bombes, en Iran, dans tous les pays du golfe persique en Israël et au Liban. Guerre des mots entre les dirigeants iraniens et le président américain. Il ne semble pas y avoir d’issue immédiate au conflit, d’autant que chaque camp trouve de l’aide au-delà de la région. Et notamment dans l’est de l’Europe, où la guerre dure depuis plus longtemps.

    L’Ukraine propose son aide aux pays frappés par les drones iraniens. Des experts ukrainiens de la lutte anti-drones arrivent cette semaine dans le golfe. En un peu plus de quatre ans de résistance à l’agression russe, l’Ukraine a constitué une expertise inégalée en matière de de détection et d'interception des drones de conception iranienne massivement industrialisés et utilisés contre elle par la Russie. Ces mêmes drones pleuvent quotidiennement sur les Émirats, l’Arabie saoudite, le Koweit et le Qatar. Une évolution que les États-Unis ne semblent pas avoir anticipé. Pour l’instant, les forces américaines stationnées sur place répondent à ces attaques avec des armes anti-aériennes conçus pour intercepter des missiles. Chaque missile Patriot coûte plusieurs millions de dollars contre des drones à quelques dizaines milliers de dollars et c’est clairement disproportionné.

    Enjeu tactique

    Volodymyr Zelensky propose donc ses ressources alors qu’il est en pleine guerre chez lui. D’un point de vue tactique, il voit comme tout le monde que le stock d’armes antiaériennes américaines de haute technologie s'épuise rapidement. Les hauts gradés américains ne cachent pas leurs craintes à ce sujet. Et l’Ukraine a un besoin impérieux de ce type d'armes. C’est la tactique russe de saturer les défenses anti-aériennes ukrainiennes sous une masse de drones pour faire passer des missiles beaucoup plus meurtriers qui ne peuvent être interceptés que par des armes de haute technologie. Et si les États-Unis les utilisent toutes dans le Golfe, il n’y en n’aura plus pour l’Ukraine. C’est donc un échange des technologies dont chacun a besoin que propose l’Ukraine.

    Enjeu diplomatique

    Et puis, il y a un deuxième aspect. Il est diplomatique. Volodymyr Zelensky montre à Donald Trump qu’il n’est pas seulement un problème, mais aussi une solution. Il y a encore quelques jours, le président américain reprenait les accents employés il y a un an lors du guet-apens et de l’humiliation dans le Bureau ovale pour le presser à signer un accord de fin de conflit avec la Russie. Et il le dit, il n'est pas spécialement embêté par le fait que la Russie fournisse du renseignement à son allié iranien pour localiser et viser des cibles américaines comme le soupçonnent des sources militaires américaines citées par le Washington Post .

    Enjeu économique

    Enfin le dernier enjeu, il est économique. Depuis dix jours et le début de la guerre, les prix du pétrole ont bondit et donc aussi celui du pétrole russe. Et des pays comme l'Inde ne se gênent pas pour acheter des hydrocarbures russes. Si le conflit dure, cela pourrait permettre au Kremlin de reconstituer ses ressources financières, amoindries ces derniers mois sous l'effet des sanctions. Ce serait un avantage décisif dans sa guerre d’agression, pendant que pour l'Ukraine, les financements promis par l'Europe sont bloqués par la Hongrie, proche de la Russie. C’est pourquoi pour les deux camps, le conflit au Moyen-Orient revêt une importance primordiale.

    À lire aussi[En direct] Guerre au Moyen-Orient: Israël annonce mener de nouvelles frappes à Beyrouth et en Iran

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  • Manifestations de la Gen Z: le bilan contrasté des mobilisations de la jeunesse dans le monde
    2026/03/06

    Les habitants du Népal attendent les résultats des élections législatives qui se sont déroulées ce jeudi 5 mars. Ces élections intervenaient près de 6 mois après le mouvement de protestation qui a entraîné le départ du gouvernement. Mouvement devenu emblématique des manifestations de la Genération Z, les adultes de moins de 30 ans, et qui a essaimé un peu partout dans le monde.

    Au Népal le mouvement est né de la coupure d’internet, qui a déclenché la révolte d’une partie de la jeunesse du pays, frustrée de la non représentativité de ses élus, plus âgés que la population. La révolte avait fait 77 morts, mais elle avait abouti à la nomination d’une cheffe de gouvernement par intérim, désignée, et ça ne manque pas de sel, par un vote sur un forum de jeux vidéo. Les résultats ne sont pas encore connus, mais le scrutin s’est apparemment déroulé sans problèmes. L’ancien chef du gouvernement, un marxiste de 77 ans, est candidat, déterminé à retrouver le pouvoir. Le nouveau chef du congrès népalais ambitionne, lui, de représenter le renouveau générationnel. Il y a aussi le nouveau maire de Katmandou, un rappeur de 35 ans qui dit représenter la Gen Z, la génération des jeunes adultes qui s’est révoltée.

    Refondation

    Mais cette génération n’a pas encore obtenu de résultats partout. Loin de là. Par exemple au Pérou, la jeunesse s'était révoltée contre l'instabilité politique et la corruption. Et il y a quelques jours, le président par interim au moment des manifestations José Jeri, 39 ans, et visé par deux enquêtes pour trafic d'influence, a été remplacé par Jose Maria Balcazar, 83 ans, également soupçonné de corruption et auteur de déclarations défendant les relations sexuelles précoces des jeunes filles mineures. Si l’on change encore de continent et que l’on va par exemple à Madagascar, où la révolte est née des coupures d’eau et d’électricité et a abouti au départ du président Andry Rajoelina, c’est un militaire qui est à la tête de la république de la refondation. Le nouveau gouvernement pilote un processus de transition qui doit s’achever en fin d’année prochaine par un référendum constitutionnel et une élection présidentielle. Pour les représentants malgaches de la Gen Z, le programme de transition présenté il y a quelques jours à la communauté de développement d’Afrique australe n’est pas assez précis. Mais encore ont-ils le droit de s’exprimer librement.

    Répression

    Ce n’est pas toujours le cas. Un autre pays du continent africain a été traversé à l’automne dernier par des manifestations dites de la GenZ, c’est le Maroc. Là c’était pour demander notamment des investissements dans les systèmes d’éducation de santé après des décès de femmes survenus dans le système hospitalier lors de leur accouchement. Juste avant la dernière coupe d’Afrique des nations de football, le gouvernement a promis d’en tenir compte dans le budget de 2026. Cela n'empêche pas la répression. Depuis les manifestations de l’automne, plus de 2 400 personnes ont fait l’objet de poursuites judiciaires, plusieurs centaines ont fait de la prison.

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  • Guerre au Moyen-Orient: les Européens dans une position inconfortable
    2026/03/04
    La guerre contre l’Iran déclenchée par Israël et les États-Unis se poursuit. C’est le 5e jour ce mercredi 4 mars. Après la réplique de l’Iran et de ses alliés comme le Hezbollah au Liban désormais également visé par Israël, la guerre embrase désormais tout le Moyen-Orient. Au-delà de la région, les puissances européennes doivent aussi se positionner et ce n’est pas simple. Les pays européens sont tiraillés. Il y a la crainte partagée de voir le régime iranien, facteur d’instabilité régionale et même au-delà depuis des années, se doter un jour de l’arme nucléaire. Il y a aussi une évidente solidarité pour le peuple iranien, martyrisé, réprimé et même massacré par milliers voire dizaines de milliers de personnes il y a moins de deux mois par un régime engagé dans une fuite en avant. Bien que le monde ait changé radicalement depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, il reste un attachement en Europe aux principes du droit international, la souveraineté des États notamment, dont l’intervention israélo-américaine s’affranchit totalement. C'est ce qui empêche le soutien de la France, disait hier Emmanuel Macron. Posture défensive Et pour concilier tous ces principes, les Européens tentent de se rassembler sur une idée apparemment simple. Celle d’une posture défensive en faveur des pays qui sont entrainés dans la guerre par la réplique iranienne. C'est par exemple le cas de la France engagée par des accords de défense avec les Émirats arabes unis, le Koweït ou le Qatar. Les forces aériennes françaises stationnées sur place sont déjà à l'œuvre et elles ont déjà abattu des drones iraniens visant les Émirats a annoncé hier soir Emmanuel Macron. Des navires, dont le porte-avions Charles de Gaulle sont envoyés en Méditerranée pour assurer une présence et aider les pays visés comme Chypre, membre de l’Union européenne, où une base britannique a été visée par un drone manifestement parti du Liban où l’intervention israélienne est qualifiée d’erreur stratégique par le président français. Nuances entre Européens Cela paraît simple en principe, c’est plus compliqué dans les faits. Comme souvent avec les Européens, il y a des nuances. Par exemple, le chancelier allemand Friedrich Merz se refuse à donner des leçons sur la légalité de l’opération israélo-américaine. Pour des raisons historiques, il est aussi un soutien traditionnel d’Israël et approuve donc le but de l’État hébreu de changer le régime iranien. Premier dirigeant étranger reçu à la Maison Blanche depuis le début des frappes, il s’est efforcé hier d’afficher sa bonne entente avec son hôte, qui l’a d’ailleurs remercié pour son aide en permettant l’utilisation de bases situées en Allemagne. Il faut aussi gérer le facteur Trump. Le président américain n’a pas eu de mots assez durs pour d’autres pays jugés trop peu coopératifs comme le Royaume-Uni, avec qui la relation spéciale semble de moins en moins spéciale, ou encore l’Espagne, qui a carrément refusé l’utilisation de ses bases pour l’opération américaine. Donald Trump menace de couper toutes relations commerciales avec Madrid. Des menaces qui arrivent après des propos répétés qui ont miné la confiance dans l'alliance atlantique. Une alliance dont les Européens ont pourtant besoin pour leur sécurité, ce qui les place dans une situation inconfortable. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: vers une recomposition des alliances dans la région?
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