エピソード

  • La nouvelle politique migratoire européenne s'inspire des plus controversées du genre
    2026/06/17
    Le Parlement européen est réuni en session plénière à Strasbourg. Au programme ce mercredi 17 juin, le vote solennel qui va instaurer ce que l’on appelle des hubs de retour pour les migrants expulsés des pays de l’Union européenne. C’est la conséquence du durcissement de la politique migratoire européenne. Il s’agit de construire dans des pays situés hors d'Europe et considérés comme sûrs des centres de rétention, avec des fonds en partie européens. Les migrants qui ont fait l’objet d’une décision définitive d’expulsion y attendraient d’être expulsés vers leur pays d’origine ou un autre, soit par l’État membre qui leur a refusé le séjour sur son territoire, soit par Frontex, l’organisme européen chargé d'appliquer la politique migratoire. Il s’agit donc d’éloigner ces centres et de faire mieux appliquer les ordres d’expulsion. Actuellement, 20% des personnes faisant l’objet de telles mesures quittent effectivement le territoire dont elles sont expulsées. Parmi les pays les plus en pointe pour réclamer ces centres, on trouve l’Allemagne, qui avait ouvert en grand les vannes de l’immigration il y a dix ans, le Danemark, les Pays-Bas, l’Autriche et la Grèce, en première ligne des tentatives de traversée en Méditerranée. La France, à ce stade, ne prévoit pas d’y avoir recours. À lire aussiLa France réagit à l'accord européen sur les centres de retour de migrants Risque de violation des droits humains Les contours de ces centres sont encore flous et cela inquiète. L’idée est reprise sur un projet du gouvernement italien de Giorgia Meloni qui a commencé à faire la même chose en Albanie avec un succès qui reste encore à démontrer. Il faut identifier quels pays seraient prêts à ouvrir de tels centres, en échange de quoi, et avec quel degré d’efficacité. Un flou qui inquiète les organisations non gouvernementales de défense des migrants. Ces ONG y voient un risque de violation des droits humains. Parmi les pays dont le nom circule, il y a l’Ouzbékistan, l’Ouganda ou encore le Rwanda. Le Rwanda était déjà le pays de destination privilégié par le précédent gouvernement conservateur au Royaume-Uni, qui avait lancé une politique de ce type. Politique très controversée qui avait été purement et simplement enterrée dès son arrivée par le gouvernement travailliste de Keir Starmer. Vendredi dernier, un vol en provenance des États-Unis est arrivé en Centrafrique. C’est la nouvelle politique américaine d’expulser des étrangers de différentes nationalités vers des pays tiers. Le Ghana et la Guinée équatoriale font partie des hubs choisis par les États-Unis. À lire aussiL'Italie transfère à nouveau des migrants vers l'Albanie Boucs émissaires Tout cela se produit dans une atmosphère de chasse aux migrants généralisée. Il y a la politique d’expulsions massives aux États-Unis menée par la police ou milice d’immigration ICE au recrutement assez peu sélectif, avec très peu de garde-fous juridiques. Mais on a aussi assisté ces derniers mois à des chasses aux migrants poussées par des partis d’extrême droite au Royaume-Uni. Très récemment en Irlande du Nord. Même type de phénomène en Afrique du Sud où un fort chômage a provoqué des manifestations xénophobes. Le gouvernement sud-africain a annoncé le retour chez eux de près de 3000 migrants du Mozambique, du Nigéria, du Ghana ou du Malawi. Le président Cyril Ramaphosa appelle à ne pas stigmatiser les migrants et à ne pas en faire les boucs émissaires de problèmes préexistants. Dans le contexte économique, géopolitique et climatique actuel, les personnes qui ne vivent pas dans le pays où elles sont nées représentent moins de 4% de la population mondiale. À lire aussiAux États-Unis, la résistance contre les centres de détention privés de l'ICE est aussi financière
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  • Volodymyr Zelensky au G7 d'Évian pour que l'Ukraine ne soit pas oubliée
    2026/06/16
    Le sommet du G7 a débuté lundi soir à Évian en France, avec un dîner de travail qui a réuni les chefs d’État et de gouvernement participants. Au menu, évidemment, le protocole d’accord avec l’Iran négocié et présenté à ses pairs par le président américain. Mais ce n’est pas le seul conflit du moment. Il y a aussi l’Ukraine, où la guerre continue. Comme elle l’avait annoncé, la Russie continue ses vagues d’attaques massives à coups de missiles et de drones alors que les armes anti-aériennes américaines se raréfient. L'attaque d’il y a deux nuits a fait au moins 11 morts dans le pays, et à Kiev, une cathédrale orthodoxe classée au patrimoine mondial de l’humanité a subi de très gros dégâts. L’Ukraine continue à répliquer avec des frappes de drones en territoire russe, ou en Crimée annexée par la Russie, notamment sur des infrastructures énergétiques. Sur la ligne de front, les gains sont marginaux de part et d’autre, même si ces dernières semaines, l’Ukraine semble avoir davantage gagné de terrain que la Russie. À lire aussiPour le deuxième mois d'affilée, l'Ukraine grignote le terrain envahi par les Russes Ne pas passer au second plan C'est pour cela que la scène diplomatique est particulièrement importante. Volodymyr Zelensky est présent à Évian. Une discussion sur la guerre en Ukraine y est prévue. La présidence française, qui organise le G7, tient à ce que le dossier ukrainien ne passe pas au second plan par rapport à la situation au Moyen-Orient, qui intéresse davantage le président américain. Donald Trump n’apprécie pas vraiment ce genre de rendez-vous, et il a l’habitude d’en perturber le programme. Il s'agit qu'il ne s’échappe pas pour aller faire une partie de golf sur le très beau parcours d'Évian et son fameux trou numéro 2, un par 3 de 151 mètres avec vue plongeante sur le Léman. Attitude neutre Le rendez-vous a été soigneusement préparé. Dimanche, aussi bien Volodymyr Zelensky que Vladimir Poutine ont appelé le président américain pour son anniversaire et pour parler de la situation. Depuis son retour à la Maison Blanche et depuis la séance d’humiliation publique du président ukrainien dans le bureau ovale, le président américain a adopté une attitude neutre et les dirigeants russes et ukrainiens veulent s'assurer au moins qu'il ne favorise pas l'autre camp. Au cours de sa conversation, Volodymyr Zelensky a proposé de rencontrer Vladimir Poutine soit au G7, soit aux États-Unis, sans doute pour démontrer que le président russe ne veut pas vraiment discuter. Toutefois, les émissaires américains Jared Kushner et Steve Witkoff, jusque-là accaparés par l'Iran, retourneront en Russie pour renouer un dialogue suspendu depuis plusieurs mois et qui n’a pas donné de grands résultats. À lire aussiNouveau cycle de négociations entre Ukrainiens, Russes et Américains à Abou Dhabi Future adhésion à l'Union européenne Tout ça sous le regard des Européens qui continuent à afficher leur soutien. Ce sont eux qui, tant bien que mal, fournissent à l’Ukraine les armes qu’ils achètent souvent aux États-Unis. Ce sont eux qui financent l’effort de guerre ukrainien. Lundi, lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 à Bruxelles, les premiers chapitres de négociation pour une future adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne ont été ouverts. Les dossiers encore en attente sont très nombreux, de l’adaptation de l’Ukraine aux normes européennes à la lutte contre la corruption. Et tout le monde n’est pas forcément partisan d’une adhésion accélérée, ce qui signifie, en clair, que cela prendra des années. À lire aussiL'Union européenne ouvre la porte à une reprise des négociations d'adhésion de l'Ukraine
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  • Avec l'accord entre l'Iran et les États-Unis, le plus difficile commence
    2026/06/15
    Un accord a donc finalement été annoncé entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre dans le golfe et au Moyen-Orient. C'est le Premier ministre du Pakistan, médiateur clé du conflit, qui l'a annoncé. Cet accord doit être signé officiellement vendredi 19 juin à Genève. Il prévoit un arrêt complet des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, et l'ouverture de négociations pour un accord de paix définitif d'ici à 60 jours. C'est à la fois une fin et un début. La fin d'une guerre déclenchée par l'attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février dernier et d'une campagne de bombardements massifs à laquelle l'Iran a répliqué par des tirs de missiles balistiques et de drones contre les intérêts israéliens et américains dans de nombreux pays de la région. Et c'est le début d'une négociation qui s'annonce difficile. Elle va porter sur quatre dossiers principaux selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères : la levée des sanctions contre l'Iran, la question du nucléaire, la reconstruction et le développement économique de l'Iran et la mise en place d'un mécanisme de suivi des engagements pris. Ce sont autant d'occasions de blocages et de risques de reprise du conflit. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: ce que l'on sait du protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran Triomphalisme En attendant, chaque camp revendique la victoire. C'était un enjeu que chacun puisse ressortir de cette affaire en vainqueur. L'état-major iranien affirme dans un communiqué diffusé par la télévision d'État que « l'Iran a imposé sa volonté divine et d'acier à des ennemis américains et sionistes ». Triomphalisme également de Donald Trump qui, à quelques mois des élections de mi-mandat, faisait tout pour en sortir le plus vite possible. Dans une publication sur son réseau social personnel, il écrit qu'il « autorise pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain ». Il triomphe d'autant plus que cet accord intervient le jour de son 80ᵉ anniversaire, juste avant sa grande soirée d'arts martiaux mixtes à la Maison Blanche pour fêter l'événement et juste avant le sommet du G7 qui débute ce soir à Évian, en France, où la mise en œuvre de la réouverture du détroit d'Ormuz sera discutée. La question clé des sanctions Presque partout ailleurs, c'est une forme de soulagement. Les pays européens de l'E4, France, Allemagne, Royaume-Uni et Italie, se disent prêts à lever certaines sanctions qui pèsent sur l'Iran si le pays s'engage à ne jamais posséder l'arme nucléaire et si des mesures iraniennes claires et vérifiables vont dans ce sens. La levée des sanctions est une question clé. Selon des informations non confirmées d'une agence de presse iranienne, l'accord prévoit le déblocage de 24 milliards de dollars iraniens gelés, dont 12 dès la signature. Soulagement également des marchés financiers avec des cours du pétrole en baisse de près de 5% et des bourses en forte hausse à l'ouverture partout dans le monde. À lire aussiLes avoirs gelés et le nucléaire au cœur des négociations entre l'Iran et les États-Unis Succès tactique, échec stratégique Il y a un pays qui ne triomphe pas, c'est Israël. Donald Trump a clairement forcé la main à Benjamin Netanyahu. Il lui a même fait savoir sa frustration après des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth qui auraient pu tout faire capoter hier dimanche. Cela fait toujours peser un risque sur la signature et les négociations à venir. Pour l'État hébreu, le succès tactique du 28 février et la frappe qui a tué le guide suprême se transforment en échec stratégique. Le régime iranien est toujours là et de nouveaux leaders ont même émergé. À lire aussiLiban: Israël bombarde le sud de Beyrouth, provoquant l'ire de l'Iran et le mécontentement de Trump
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  • Proche-Orient: la solution à deux États est-elle dépassée?
    2026/06/12
    Une solution à deux États, israélien et palestinien, discutée à Paris ce vendredi lors d’une conférence internationale. C'est la suite d'une initiative lancée l'année dernière par la France et l'Arabie saoudite : une volonté de raviver la solution à deux États pour mettre fin au conflit israélo-palestinien. Mais sur le terrain, la solution à deux États paraît de plus en plus improbable. La création de deux pays vivant côte à côte, un État d’Israël et un État palestinien, envisagé en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, avec sa propre souveraineté dans les frontières d'avant 1967 et avec une capitale Jérusalem-Est. Pour Paris comme de nombreuses capitales, la solution à deux États reste la seule solution envisageable. De l'ONU, à l'Union européenne, en passant par les pays arabes et même Washington, c'est la position officielle de la majorité des chancelleries. C'est l'idée qui a guidé les multiples cycles de négociation, des Accords d'Oslo en 1993 aux discussions de Camp David, Taba, Madrid, etc. Tout au long de ce processus sans fin, la Palestine a obtenu la reconnaissance de 80% des pays membres de l'ONU, dont la France l'an dernier. À lire aussiLa France reconnaît officiellement l'État de Palestine: retour sur l'annonce historique d'Emmanuel Macron à l'ONU Des décennies après, toujours pas d'État effectif Un État palestinien viable suppose plusieurs éléments à commencer par une continuité territoriale et un contrôle des frontières notamment. La réalité sur le terrain dit tout l'inverse. Rapport après rapport les organisations internationales, palestiniennes et israéliennes énumèrent les obstacles, essentiellement du à la politique israélienne : l'expansion incessante des colonies illégales en Cisjordanie occupée, accompagnée des violences commises par les colons, les confiscations de terre et le déplacement des Palestiniens, à des niveaux jamais vu depuis 1967, l'assèchement des finances de l'Autorité palestinienne. Le tout, approuvé par le gouvernement Netanyahu qui ne cache pas son intention d'empêcher l'établissement d'un État palestinien. Et puis bien-sûr, il y a l'anéantissement de Gaza qu'Israël a annoncé vouloir contrôler à 70%, tout en entravant l'aide aux Palestiniens de l'enclave. À lire aussiBenyamin Netanyahu dit avoir donné l'ordre à l'armée israélienne de prendre 70% de la bande de Gaza Une solution éculée ? C'est que malgré tout, il n'existe pas aujourd'hui d'autre solution bénéficiant d'un aussi large consensus. À Paris ce vendredi, 150 membres de la société civile dont des Palestiniens et des Israéliens ont été conviés à penser et formuler des recommandations pour des pistes concrètes en matière de gouvernance notamment, ou de sécurité. L'idée est de soumettre ces pistes aux représentants des gouvernements présents, en vue du Sommet du G7 à Evian qui s'ouvre lundi prochain. Un des participants, palestinien, nous confiait son espoir de faire entendre aux dirigeants mondiaux des voix et des solutions venues du terrain. Par ailleurs, plusieurs voix palestiniennes comme israéliennes non conviées à Paris ont qualifié le rendez-vous de « mascarade ». C'est le cas par exemple de la militante franco-israélienne Yaël Lerer interrogée par RFI. Pour elle, il s'agit là surtout de masquer l'absence de mesures fortes visant à contraindre Israël. La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, de son côté, rappelle l'obligation des États dont la France, à agir contre l'occupation. Avec d'autres, elle appelle à aller au-delà des sanctions ciblées, comme celles prises par la France et plusieurs pays à l'encontre du ministre israélien Bezalel Smotrich par exemple. Et plutôt, comme l'a fait l'Espagne, de revoir ses liens commerciaux avec Tel Aviv. Sans cela, les États risquent dit-elle, de continuer à financer indirectement la colonisation à travers l'importation de produits fabriqués dans des colonies ou des investissements dans des sociétés actives sur ces territoires. Sur ces mesures, le consensus est loin d'être acquis en Europe. Pour les autorités françaises, avec le rendez-vous de ce vendredi, il est surtout question de remettre sur la table une perspective politique pour les Israéliens et Palestiniens de bonne volonté à l'heure où la guerre en Iran a détourné l'attention internationale de la question palestinienne. À lire aussiProche-Orient: La France accueille la deuxième édition d'une conférence internationale sur la solution à deux États
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  • La «Coupe du monde de Trump», déjà sous le feu des critiques
    2026/06/11
    Personne n’y échappera : à partir d’aujourd’hui et pour environ un mois, la grand-messe du football, la Coupe du monde masculine, se tiendra sur le continent américain, conjointement au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Un Mondial de football, c’est sans conteste un outil de rayonnement pour un pays organisateur. Mais la fête est déjà en partie gâchée par la politique de Donald Trump. La compétition n’a même pas commencé que la controverse est là. Il y a quelques jours, le président de la Fédération internationale de foot, Gianni Infantino promettait « la plus grande et la plus inclusive » des compétitions. Entre le refoulement de l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, pour des accusations de terrorisme, les fouilles aux frontières jugées « humiliantes » par certaines délégations, les premiers signaux ne sont guère encourageants. Dans un contexte de guerre au Moyen-Orient, l'équipe nationale iranienne, elle, n’a été autorisée à entrer aux États-Unis que les jours de match. Un « climat de peur » Comme à chaque évènement de cette ampleur, le dispositif sécuritaire s'est sensiblement durci. Mais dans son « Guide du reporter » destiné aux journalistes couvrant le tournoi masculin, l'ONG Human Rights Watch pointe par exemple le risque que des journalistes, mais aussi des supporters, joueurs ou habitants issus de l'immigration soient ciblés en raison de leur origine, de leur langue ou de leur apparence. La compétition se déroule dans un contexte de durcissement des politiques migratoires de l’administration Trump avec les opérations de l’ICE (la police des frontières) contre les communautés immigrées. De quoi brouiller l’image d’unité et d’universalité qu’est censée incarner la compétition. Même l'ONU s'en est alarmé en amont du tournoi. « J’espère vraiment qu’il y aura une remise en question en profondeur de la manière dont l’application des politiques migratoires affecte les droits humains et la dignité humaine », a indiqué le chef des Droits de l'homme de l'instance Volker Türk. À lire aussiNotre dossier spécial Coupe du monde 2026 Une vitrine politique Bien-sûr, le Mexique et le Canada sont co-organisateurs. Mais le président américain dont le pays accueille 75% des matchs prévus, dont la finale, entend bien tirer seul profit de l’évènement. En plein milieu de la compétition, on célèbrera aux États-Unis le 250ème anniversaire de l’indépendance. L’occasion pour Donald Trump de transformer ce rendez-vous sportif en opération de prestige national et en outil de propagande. Ce n’est pas nouveau. Sport et politique dans l’histoire, ont toujours été de redoutables alliés, même et surtout pour les régimes les plus durs. Sans dresser de parallèle strict avec les États-Unis, l’Italie fasciste en 1934, ou la dictature des généraux argentins en 1978 avaient profité de cette vitrine mondiale pour asseoir leur pouvoir. Donald Trump en fait un usage tout aussi intéressé. Intéressé est le mot dans la mesure où l'on attend pour cette Coupe du monde masculine la plus importante en taille, en affluence, des profits records. Et cela, c'est tout aussi important pour le président milliardaire. Le patron de la Fifa, meilleur allié de Trump Au-delà de Donald Trump, les critiques se multiplient contre Gianni Infantino. Le dirigeant sportif qui n’a cessé de complaire à Donald Trump, jusqu’à se rendre à sa cérémonie d’investiture l’an dernier contre tous les usages, ou en lui remettant un prix de la paix de la Fifa, inventé pour l’occasion. Une flagornerie qui fait l’objet de sarcasme voire d’interrogations sur la connivence entre les deux hommes. Son absence de réaction tangible à la suite du renvoi de l’arbitre somalien Omar Artan est fustigée. « C'est malheureux mais on ne contrôle pas tout » a finalement avoué hier le dirigeant sportif, perçu comme l'incarnation ultime du « foot-business ». Il fut un temps où l’homme affirmait certains principes : pas de Coupe du monde si l’accès aux équipes est entravé disait il en 2017. À l’époque un certain Donald Trump, dont le pays candidatait à l'organisation du tournoi, avait interdit l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, dont la Somalie et l'Iran. À lire aussiMondial 2026: et maintenant, s'ouvre la Coupe du monde de la démesure
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  • Menaces d'espionnage et relations tendues entre Israéliens et Américains
    2026/06/10

    Nouvelle montée de tension dans le Golfe. L'Iran a visé des bases américaines dans les pays de la région après des frappes américaines menées en réponse à la destruction d'un hélicoptère américain. Pendant ce temps, le fossé continue de se creuser entre Israël et les États-Unis, pourtant alliés dans la guerre contre l’Iran. Dernière illustration en date, le relèvement de la menace d’espionnage israélien contre les États-Unis.

    Ce sont des médias américains dont NBC et le New York Times qui s’en faisaient l’écho ces derniers jours. La DIA, l’agence de renseignement de la défense, le renseignement militaire américain, a relevé la menace d’espionnage venue d’Israël à son niveau le plus élevé. Il est porté à critique, c’est-à-dire plus élevé que celui de plusieurs pays qui sont considérés comme des adversaires, en tout cas pas des alliés proches. L’ambassade israélienne à Washington, dément, mais le Pentagone ne commente pas. Il n’est pas inhabituel de s’espionner entre alliés. On se souvient du téléphone de l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel mis sur écoute par les États-Unis. Cela avait fait scandale, mais là, on est apparemment dans quelque chose d’encore plus agressif.

    Tensions

    Apparemment, selon les informations de presse, l’État hébreu a tenté d'espionner de très hauts responsables américains. Le numéro deux du Pentagone, Elbridge Colby ou encore le représentant personnel du président pour le Moyen-Orient et son principal négociateur Steve Witkoff. Objectif : en savoir plus sur les négociations en cours entre l’Iran et les États-Unis, soit pour infléchir certaines positions soit carrément pour les torpiller. Cela intervient dans un contexte de tensions entre Donald Trump et Benyamin Netanyahu. Le président américain reprochant au Premier ministre israélien de vouloir bombarder Beyrouth en pleine négociation et lui disant au téléphone qu’il était « complétement cinglé ». Ces fuites sur ces conversations tendues et sur ces tentatives d’espionnage ne relèvent évidemment pas du hasard au moment où les discussions sur un accords étaient présentées comme proches d'une conclusion.

    Soutiens très importants

    Donc tout ça tient de la négociation. Cela peut aussi être une posture pour les opinions publiques de chacun. Donald Trump ayant besoin de sortir de toute urgence du bourbier dans lequel il s’est enfermé, en tous cas avant les élections de mi-mandat. Et pour Benyamin Netanyahu, il s’agit de donner des gages à ses alliés les plus radicaux avant les élections législatives à venir. Tout ça est est donc largement politique. D'ailleurs le Premier ministre israélien est un fin connaisseur des arcanes politiques de Washington. Il a des soutiens très importants chez les Républicains du Congrès. Il s’en est même servi au nez et à la barbe de présidents qui n’étaient pas sur la même ligne que lui. Sous Joe Biden et avant sous Barack Obama, il était venu s’exprimer devant le congrès sans se donner la peine de passer par la Maison Blanche. On n’en est pas encore là, mais dès les premières rumeurs de négociations et d'accord il y a deux semaines, ces soutiens se sont exprimés pour dire qu’il fallait aller jusqu’au bout pour aider l'allié israélien et renverser le régime iranien.

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  • Xi Jinping à Pyongyang pour resserrer les liens avec le régime des Kim
    2026/06/09

    Xi Jinping est en visite d’État en Corée du Nord depuis lundi 8 juin. Le président chinois a été accueilli en grande pompe par son homologue nord-coréen Kim Jong-un à Pyongyang. Il s’agit de réaffirmer l’alliance entre les deux pays.

    Le président chinois parle d’une amitié invincible. Traditionnellement, Pékin est le principal soutien diplomatique et économique de Pyongyang. Le régime nord-coréen, l’un des plus fermés au monde, est frappé par des sanctions internationales, largement ignorées par la Chine qui fournit des marchandises à travers le fleuve Yalu qui marque la frontière entre les deux pays, même si les échanges ont beaucoup ralenti depuis la pandémie de Covid-19. Ils se sont réaccélérés depuis quelques mois avec notamment la reprise des liaisons aériennes et ferroviaires. Cette intensification des relations est aussi diplomatique. Kim Jong-un, qui sort très peu de son pays était à Pékin en septembre dernier. Et cette visite de Xi Jinping, la première depuis sept ans en Corée du Nord, est aussi la première de l’année hors de Chine du numéro un chinois. Et elle intervient juste après les venues à Pékin de Donald Trump et Vladimir Poutine. Et cela dit beaucoup des dossiers qui préoccupent la Chine.

    Rapprochement avec la Russie

    D’abord, il y a le dossier russe. Sans aller jusqu'à parler d’infidélité, la Corée du Nord s'est tout de même rapprochée de la Russie avec laquelle elle partage une frontière de 17 de kilomètres, le long du fleuve Tumen, désormais enjambé par un pont en voie d’achèvement. Depuis la guerre en Ukraine, Pyongyang a fourni à la Russie de l’armement, et notamment des obus, mais surtout des milliers de soldats envoyés au front. Un monument à la mémoire de ceux qui ont été tués a été récemment inauguré. En échange, la Corée du Nord reçoit des denrées agricoles et de l’aide pour son programme de missiles balistiques. Cette visite, c'est aussi pour Xi Jinping l'occasion qu'il pèse lourd. Accessoirement, il est utile de rappeler que la Corée du Nord est le seul pays avec lequel elle a une alliance militaire.

    Zone tampon

    Et puis il y a le dossier nucléaire. Longtemps la Chine a été sur la ligne d’une facilitation des négociations de dénucléarisation de la Corée du Nord. C’est moins évident aujourd’hui. À la suite de la récente visite de Donald Trump à Pékin, la Maison Blanche a affirmé que ce dossier a été réactivé. Silence radio côté chinois à ce sujet. Juste avant l’arrivée de Xi Jinping, la très influente sœur de de Kim Jong-un a affirmé haut et fort que le statut de puissance nucléaire de la Corée du Nord est à un point de non-retour. En revenant d’une visite à Pyongyang, le ministre singapourien des Affaires étrangères a estimé que Pyongyang ne semble pas disposé à ouvrir de dialogue avec la Corée du Sud, ça ce n’est pas nouveau ou avec Washington. Et ça, c’est un recul par rapport à ce qui se disait encore il y a quelques semaines. Dans le contexte géopolitique actuel, la Chine pourrait donc bien s’accommoder d’une Corée du Nord nucléaire qui multiplie les essais de missiles, du moment qu’elle constitue une zone tampon avec des pays qui se renforcent militairement sous l’impulsion américaine comme la Corée du Sud et le Japon. D'autant qu'en avril, Kim Jong-un a eu le bon goût de parler pour la première fois publiquement du « principe d'une seule Chine », la formule consacrée à Pékin sur la question de Taïwan.

    À lire aussiLe président chinois Xi Jinping est arrivé en Corée du Nord pour sa première visite en sept ans

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  • L'Arménie, le petit pays qui intéresse les grandes puissances
    2026/06/08
    En Arménie, le Premier ministre sortant Nikol Pachinian revendique la victoire aux élections législatives qui se sont déroulées dimanche. Mais l'opposition conteste cette victoire et les résultats se resserrent au fil des heures. La campagne a été fortement marquée par le contexte géopolitique. Car si le pays est petit par la taille et ne compte que trois millions d'habitants, il suscite un grand intérêt des puissances environnantes. La puissance tutélaire depuis l’époque soviétique s’intéresse toujours de très près au sud du Caucase. Elle occupe par exemple une partie de la Géorgie voisine où des pro-russes sont au pouvoir après des élections largement contestées. Moscou a pesé de tout son poids dans l’élection de dimanche. Par la désinformation d’abord en lançant des attaques contre le Premier ministre sortant Nikol Pachinian. Des attaques qui ne visent pas son adversaire, l’homme d’affaires russo-arménien Samvel Karapetyan, qui veut lui restaurer les liens historiques avec la Russie. Par la menace à peine voilée, ensuite. Le Kremlin a rappelé que, selon son analyse, c’est la volonté de l’Ukraine de se rapprocher de l’Occident qui a entraîné la guerre. Rapprochement avec l'Union européenne C’est vrai que Nikol Pachinian a lancé ce qu’il appelle une politique de diversification. Il a constaté que le grand frère russe n’est pas intervenu lors de la guerre du Karabakh en 2023, qui a vu l’Azerbaïdjan envahir le territoire arménien et poussé des dizaines de milliers d'Arméniens à fuir. C’est pour diversifier les relations qu’Erevan a accueilli le dernier sommet de la communauté politique européenne et un sommet Arménie-Union européenne, de laquelle elle souhaite se rapprocher, et ça Moscou le voit donc d’un très mauvais œil. À lire aussiÉlections en Arménie: choisir entre l’UE et la Russie, le dilemme des électeurs La route Trump Il s’est surtout rapproché des États-Unis. L’an dernier, il est allé à Washington serrer la main du président azerbaïdjanais Ilham Aliev. Le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est l’une des huit guerres que Donald Trump estime avoir réglées. Un accord de paix formel reste toutefois à conclure entre les deux pays. Le président américain, qui a apporté un soutien sans ambiguïté à Nikol Pachinian, en a profité pour lancer la TRIPP. C’est l’acronyme anglais de Route Trump pour la paix et la prospérité internationales. Un corridor qui permettrait à terme de relier l’Azerbaïdjan à la Turquie, en passant par le territoire arménien, et d’accéder, par la mer Caspienne, aux immenses ressources énergétiques et minières des pays d’Asie centrale, notamment des terres rares indispensables à de nombreuses industries de haute technologie et largement contrôlées par la Chine. D’ailleurs, lors de sa dernière tournée eurasiatique, le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est arrêté une heure à Erevan, le temps de signer des accords, dont l’un sur l’exploitation des terres rares arméniennes. À lire aussiCaucase, le flou des nouvelles routes Accès à l'Asie centrale Il y a un autre pays qui regarde ça avec grand intérêt, c’est la Turquie. Elle y gagnerait une position stratégique. Cette route lui donnerait un accès beaucoup plus simple et direct aux pays turcophones d’Asie centrale, jusqu’aux confins de la Chine. Mais pour cela, encore faudrait-il que le projet de réouverture de la frontière turco-arménienne se matérialise. Les relations entre les deux pays sont toujours difficiles pour des raisons liées notamment au génocide arménien de 1915. Si tout cela se concrétisait, cela redéfinirait la géopolitique de la région. Et cela permettrait aux Occidentaux, si cette généralisation a encore un sens, de contourner la Russie pour leurs approvisionnements.
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