エピソード

  • Bab el-Mandeb: l’Iran toujours soutenu par son «axe de la résistance»
    2026/09/14
    Les rebelles houthis du Yémen, proches de l’Iran, ont désormais la main sur le détroit de Bab el-Mandeb, porte d’entrée de la mer Rouge. C’est un nouveau coup dur pour le commerce mondial après le blocage du détroit d’Ormuz, c’est une nouvelle épreuve pour l’Arabie saoudite, qui est ciblée par des attaques des Houthis, et c’est aussi l’illustration de la résilience du réseau d’alliances formé par la République islamique d’Iran. Les coups d’éclat militaires des Houthis du Yémen montrent que ce qu’on appelle « l’axe de la résistance » des alliés de Téhéran dans la région est toujours actif. Certes, le groupe rebelle a tiré des missiles et a commencé à perturber le trafic en mer Rouge dès octobre 2023, lorsque les alliés de l’Iran sont entrés dans le vaste conflit régional déclenché après les attaques du Hamas sur Israël, mais sans apparaître comme les acteurs de premier plan. De même, les Houthis n’ont pas été actifs immédiatement cette année en soutien à l’Iran, lorsque le pays a été attaqué par les États-Unis et Israël. Mais cette fois-ci, les voici en première ligne, avec le réveil d’un conflit qui semblait gelé au Yémen. À lire aussiLes détroits dans le monde: Bab el-Mandeb, sous la menace des Houthis Une guerre à dimension locale et une guerre régionale C’est une guerre à plusieurs étages, avec une dimension locale, celle du lancinant conflit interne au Yémen qui oppose les forces gouvernementales aux rebelles houthis, qui contrôlent de vastes territoires dont Sanaa, la capitale. Une guerre civile régionalisée puisque la puissante Arabie saoudite, voisine du Yémen, soutient les forces gouvernementales yéménites contre les rebelles houthis. La guerre menée par le royaume saoudien contre les Houthis de 2015 à 2022 s’est soldée par un désastre humanitaire sans solution militaire. Et ce conflit ne cesse de s’internationaliser puisqu’après avoir été attaqué par les États-Unis et Israël, la riposte de Téhéran se poursuit dans le détroit d’Ormuz et désormais dans le détroit de Bab el-Mandeb où ce sont les Houthis qui agissent. Des groupes paramilitaires composent l'« axe de la résistance » Ces derniers ne sont pas le seul groupe armé régional proche de l’Iran à agir en ce moment. Les milices irakiennes proches de Téhéran ont visé ces derniers jours l’oléoduc saoudien que le royaume utilisait pour contourner le blocage du détroit d’Ormuz. Résultat : l’Arabie saoudite et sa rente pétrolière prises en tenaille par des groupes paramilitaires (Houthis et milices chiites irakiennes) que l’on peut classer dans cet « axe de la résistance » qui a pourtant subi de lourds dégâts ces dernières années. En effet, la puissance militaire du Hezbollah libanais et celle du Hamas palestinien à Gaza n’ont plus rien à voir avec ce qu’elles étaient en octobre 2023. Cela ne veut pas dire que ces organisations sont éliminées, mais les attaques israéliennes assorties d’occupations de territoires les ont affaiblies. Et puis le régime de Bachar el-Assad en Syrie a chuté en 2024, privant l’Iran d’un état allié et aussi d’une base territoriale pour son réseau d’alliances. À lire aussiMoyen-Orient: l’Arabie saoudite ferme l’oléoduc Est-Ouest après une attaque de drones «en provenance d’Irak» L’Iran soutient un réseau de milices chiites irakiennes Comment l’Iran a-t-il pu surmonter ces revers ? L’exemple de l’Irak en donne un aperçu. Dans ce pays voisin avec lequel il entretient des relations étroites, l’Iran soutient un réseau de milices chiites irakiennes. Bagdad veut intégrer ces factions dans le giron du pouvoir, mais certaines de ces milices traînent des pieds. Et l’Iran continue d’investir dans ces groupes autonomes qui agissent en fonction de ses intérêts. Pas étonnant donc que les frappes venues d’Irak contre l’oléoduc saoudien la semaine dernière aient provoqué la colère du gouvernement irakien. Longtemps l’Iran a utilisé ses alliés régionaux pour ne pas avoir à se battre directement. Situation qui a radicalement changé ces dernières années puisque les missiles et drones iraniens ont maintes fois traversé le ciel du Moyen-Orient, s’abattant en territoire israélien ou sur des cibles stratégiques situées chez ses voisins, les monarchies du Golfe… Les deux guerres contre l’Iran en 2025 et 2026 ont montré que le réseau d’alliance de l’Iran ne suffisait plus à dissuader d’une attaque contre son territoire. Mais les groupes armés proches de la République islamique continuent à mener une efficace guerre asymétrique dont les conséquences sont planétaires. L’Arabie saoudite est dans la tourmente Visée par des groupes soutenus par l’Iran, l’Arabie saoudite est dans la tourmente. D’où ces questions lancinantes : quelle sera la réaction du royaume saoudien (au-delà des...
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  • 11-Septembre: 25 ans après, les chiffres vertigineux d’un monde entré en guerre
    2026/09/11
    Vingt-cinq ans après les attentats du 11-Septembre, les chiffres racontent à eux seuls une partie de l'histoire : près de 3000 morts aux États-Unis ce jour-là, puis des millions de personnes tuées dans les guerres qui l'ont suivi. Les dépenses militaires engagées par Washington sont stratosphériques. Retour en chiffres sur le basculement du 11 septembre 2001 et ses conséquences dans le monde. 2 977 morts C'est le nombre de personnes tuées lors des attentats du 11-Septembre, à New York, au Pentagone et à bord du vol 93 qui s'est écrasé en Pennsylvanie. À New York, 2 753 personnes sont mortes. Au Pentagone, 184. Les 40 passagers et membres d'équipage du vol 93 ont été tués lorsque l'appareil s'est écrasé dans un champ de Pennsylvanie. Les 19 terroristes qui ont détourné les quatre avions ne sont pas comptabilisés dans ce bilan. 19 pirates de l'air Les quatre avions ont été détournés par 19 membres d'al-Qaïda. Parmi eux, 15 étaient saoudiens, deux émiriens, un égyptien et un libanais. 7 octobre 2001: l'intervention en Afghanistan Moins d'un mois après les attentats, les États-Unis lancent leur intervention militaire en Afghanistan. Washington accuse les talibans, au pouvoir à Kaboul, d'abriter Oussama Ben Laden et al-Qaïda. Le 7 octobre 2001, les premières frappes américaines et britanniques commencent. Le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas adopté de résolution autorisant explicitement cette intervention. Washington invoque le droit de légitime défense, prévu par l'article 51 de la Charte des Nations unies. Printemps 2003 : l'invasion de l'Irak Un an et demi plus tard, le 20 mars 2003, les États-Unis envahissent l'Irak. George W. Bush accuse alors le régime de Saddam Hussein de détenir de prétendues « armes de destruction massive ». Ces armes ne seront jamais découvertes. Là encore, aucune résolution du Conseil de sécurité de l'ONU n'autorise explicitement le recours à la force contre l'Irak. Du contre-terrorisme aux guerres post-11-Septembre Après l'Afghanistan et l'Irak, les opérations militaires américaines et alliées s'étendent à d'autres théâtres, notamment au Pakistan, à la Syrie, au Yémen, à la Somalie, à la Libye et aux Philippines. Pour l'université américaine Brown, les « guerres post-11-Septembre » désignent les opérations militaires américaines et les autres programmes gouvernementaux menés dans le cadre de la « guerre mondiale contre le terrorisme » lancée après 2001. À lire aussi11-Septembre: quand la «guerre contre le terrorisme» a révélé les limites de l’hyperpuissance américaine Plus de 940 000 morts directement liés aux guerres Selon le « Costs of War Project » de l'université Brown, plus de 940 000 personnes sont mortes directement des violences de guerre dans les conflits post-11-Septembre. Ce bilan comprend des civils, mais aussi des combattants des différents camps, des membres des forces de sécurité alliées, des contractuels, des journalistes et des travailleurs humanitaires. Brown estime à plus de 432 000 le nombre de civils parmi ces morts directs. Jusqu'à 4,7 millions de morts en incluant les conséquences indirectes Les morts directement causés par les combats ne constituent qu'une partie du bilan. Les guerres entraînent également des morts liés à la destruction des systèmes de santé, des infrastructures, des économies, ainsi qu'à la faim et aux maladies. Brown estime à 3,6 millions ou 3,8 millions le nombre de morts indirects dans les zones de guerre post-11-Septembre. En additionnant morts directs et indirects, l'université estime le bilan total s'élève à 4,5 millions ou 4,7 millions de morts, un chiffre qui continue par ailleurs à augmenter. Brown précise toutefois que le nombre exact de victimes reste impossible à établir. 38 millions de personnes déplacées Autre conséquence : les déplacements de populations. Plus de 38 millions de personnes ont été déplacées par les guerres post-11-Septembre en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, au Yémen, en Somalie, aux Philippines, en Libye et en Syrie. Il s'agit à la fois de personnes réfugiées ayant fui leur pays et de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays. Plus de 8 000 milliards de dollars Le coût financier est lui aussi vertigineux. Selon Brown, le gouvernement fédéral américain avait, jusqu'en 2021, dépensé ou était engagé à dépenser plus de 8 000 milliards de dollars pour les guerres post-11-Septembre. Cette estimation comprend notamment les dépenses militaires, les dépenses liées aux anciens combattants et au coût de la dette. Et la justice ? Vingt-cinq ans après les attentats, une autre question se pose : qui a été condamné pour le 11-Septembre et qui a été poursuivi pour les crimes commis pendant les guerres qui ont suivi ? Aux États-Unis, le Français Zacarias Moussaoui est à ce jour le seul individu condamné par une juridiction américaine en ...
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  • Colonies israéliennes: que dit le droit international?
    2026/09/10
    La France, le Royaume-Uni, le Canada et plusieurs autres pays ont annoncé cette semaine des restrictions commerciales visant les produits issus des colonies israéliennes. Dans une déclaration commune, ils sont douze au total à explicitement qualifier ces colonies d’illégales. Retour aux fondamentaux du droit international. Qu’est-ce qu’une colonie juridiquement ? Pourquoi est-elle considérée comme illégale ? Quels territoires sont concernés ? Combien de colons y vivent ? Et surtout, que dit exactement la Cour internationale de Justice (CIJ) dans son avis rendu en juillet 2024 ? Qu’est-ce qu’une colonie ? Dans le contexte israélo-palestinien, une colonie est une implantation de population civile de la puissance occupante - Israël en l’occurrence - dans un territoire qu’elle occupe, la Palestine. Depuis 1967, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza sont considérées en droit international comme des territoires occupés par Israël. La question des colonies renvoie donc à deux notions fondamentales du droit international : l’occupation militaire et le transfert de population de la puissance occupante dans le territoire occupé. Pourquoi les colonies sont-elles illégales ? Il existe un texte central : l’article 49, paragraphe 6, de la IVe Convention de Genève de 1949. Il interdit formellement à une puissance occupante de « procéder au transfert d'une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle ». C’est sur cette base, entre autres, que la CIJ a confirmé l’illégalité des colonies israéliennes dans le territoire palestinien occupé. Dans son avis consultatif du 19 juillet 2024, celle-ci considère que les colonies israéliennes, ainsi que le régime qui leur est associé, ont été établies et sont maintenues en violation du droit international. Mais la portée de cet avis va beaucoup plus loin que la seule question des colonies. À lire aussiSanctions contre les colonies israéliennes : au-delà des annonces, un impact incertain pour ces mesures Plus de 700 000 colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est En 2025, les dernières données citées par l’ONU font état de 737 332 colons israéliens : 503 732 en Cisjordanie et 233 600 à Jérusalem-Est. Jérusalem-Est constitue un cas particulier. Après sa conquête en 1967, Israël l’annexe le 30 juillet 1980 grâce à une loi votée par la Knesset, le Parlement israélien. Trois semaines plus tard, le 20 août 1980, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 478, qui considère cette loi comme une violation du droit international. Et pour la CIJ, Jérusalem-Est fait partie intégrante du territoire palestinien occupé. Dans certains quartiers de Jérusalem-Est, notamment dans et autour de la Vieille ville, des colonies juives israéliennes se trouvent ainsi au cœur de quartiers palestiniens. Cisjordanie, Jérusalem-Est, Gaza : un seul territoire en droit international Lorsqu’on parle « des territoires palestiniens », on pense généralement à la Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza. Mais juridiquement, il ne s’agit pas de trois territoires palestiniens distincts. La CIJ considère le territoire palestinien occupé comme une « unité territoriale unique » dont l’unité, la contiguïté et l’intégrité doivent être préservées. Cette précision est importante pour comprendre la situation de Gaza. Gaza : plus de colonies depuis 2005, mais une question d’occupation qui demeure Israël a démantelé ses colonies de Gaza en 2005 et évacué ses colons. Au total, 21 colonies israéliennes ont alors été évacuées de l'enclave. Israël considère que ce désengagement a mis fin à son occupation de la zone. Mais cette analyse n’est pas celle retenue par les instances internationales. La CIJ considère que le retrait de 2005 n’a pas mis fin à toutes les obligations d’Israël découlant du droit de l’occupation. Elle relève notamment qu’Israël continue d’exercer certains éléments essentiels de contrôle sur Gaza et les Gazaouis, notamment en matière de frontières, de mouvements de personnes et de marchandises, ainsi que sur certains aspects de l’espace aérien et maritime. La Cour considère donc que les obligations d’Israël au titre du droit de l’occupation subsistent dans la mesure correspondant à son « degré de contrôle effectif ». Il n’y a donc plus de colonies israéliennes à Gaza depuis 2005, mais Gaza reste incluse dans le territoire palestinien occupé comme le souligne l’avis de la CIJ. ReportageSanctions de 12 pays contre Israël: les colons de Cisjordanie dénoncent une «grave» décision Ce que dit exactement la CIJ en juillet 2024 C’est le point central. Le 19 juillet 2024, la Cour internationale de Justice a rendu son avis consultatif sur « les conséquences juridiques découlant des politiques et pratiques d'Israël dans le territoire ...
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  • Pas candidat, mais en campagne: Donald Trump fait le show à Dallas
    2026/09/09
    Les États-Unis ne sont pas en année présidentielle. Pourtant, les Républicains organisent à partir de ce mercredi Dallas, au Texas, une convention politique de deux jours, avec Donald Trump en tête d’affiche. Une première dans l’histoire du parti pour des élections de mi-mandat. Pour le président américain, l’objectif est clair : mobiliser son électorat et éviter que les Républicains ne perdent le contrôle du Congrès en novembre. Qu’est-ce qu’une convention politique américaine ? C’est traditionnellement ce grand rassemblement organisé tous les quatre ans par les partis pour désigner officiellement leur candidat à l’élection présidentielle. En novembre, les Américains vont bien voter, mais pour les élections de mi-mandat, les fameux Midterms. Une convention républicaine organisée spécifiquement pour ces élections est donc une première dans l’histoire du parti. Elle débute ce mercredi à Dallas, au Texas. Deux jours de grand show politique. Et au centre de la scène : Donald Trump. Donald Trump veut faire des Midterms un référendum sur son action Le président américain devait initialement prendre la parole jeudi soir. Il interviendra finalement les deux soirs de la convention. Et ce n’est pas un détail. Donald Trump n’est pas candidat aux élections de novembre. « Faites comme si je l’étais. Venez voter », a-t-il récemment lancé à ses partisans. Son objectif est clair : mobiliser sa base. Car les élections de mi-mandat sont traditionnellement difficiles pour le parti au pouvoir à la Maison Blanche. Et les Républicains ont un problème… Trump, atout électoral ou boulet pour son propre parti ? Donald Trump reste le principal moteur de la mobilisation du Parti républicain. Mais il peut aussi devenir un handicap auprès d'une partie des électeurs. Sa cote de popularité est au plus bas : seuls 33 % des Américains approuvent son action, selon le dernier sondage Reuters-Ipsos. Et les sujets qui inquiètent les électeurs sont précisément ceux sur lesquels Trump est fragilisé : l’économie, le coût de la vie… et la guerre en Iran, dans laquelle il a engagé les États-Unis. Un autre chiffre est particulièrement intéressant : 46 % des électeurs démocrates se disent très enthousiastes à l’idée d’aller voter en novembre. Chez les Républicains, ils ne sont que 31 %. De quoi expliquer la stratégie de Donald Trump : faire de cette convention un gigantesque appel à la mobilisation. Le dilemme républicain : mobiliser les fidèles sans effrayer les modérés Certains candidats républicains préfèrent pourtant faire campagne chez eux plutôt que de venir applaudir Donald Trump à Dallas. Le dilemme est évident. Le Parti républicain a besoin de la base MAGA, les partisans du mouvement Make America Great Again lancé par Donald Trump. Sans elle, difficile de garantir une forte participation électorale. Mais une campagne trop centrée sur Trump peut aussi éloigner certains électeurs indépendants et modérés, particulièrement importants dans les circonscriptions et les États où les élections pourraient se jouer à quelques voix. Le parti prend donc un risque : miser sur Donald Trump pour faire voter les électeurs républicains, tout en sachant qu’il peut aussi en repousser une partie. Une bataille pour le contrôle du Congrès Derrière le grand show de Dallas, l’enjeu est très concret : qui contrôlera le Congrès américain après les élections de mi-mandat du 3 novembre ? Le Congrès, c’est le Parlement américain. Il est composé de deux chambres : la Chambre des représentants et le Sénat. La bataille s’annonce serrée. À la Chambre, les Républicains ne disposent que d’une majorité très étroite. Les Démocrates peuvent donc reprendre le contrôle avec quelques sièges supplémentaires. Si les Démocrates reprennent la Chambre des représentants, l’administration Trump devra composer avec une opposition capable de lancer des enquêtes parlementaires sur son action. Et s’ils prennent également le Sénat, ils retrouveront notamment un pouvoir important sur les nominations du président, notamment dans le domaine de la Justice. Pour Donald Trump, les élections de novembre ne sont donc pas seulement un scrutin de mi-mandat. Elles détermineront les conditions dans lesquelles il pourra gouverner pendant les deux dernières années de sa présidence. À lire aussiÉtats-Unis: Trump réunit son camp à Dallas avant des élections de mi-mandat qui s'annoncent difficiles
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  • Yémen: comment un vol Téhéran-Sanaa a ravivé une guerre que l’on croyait gelée
    2026/09/08

    Un avion civil iranien, une liaison aérienne rétablie entre Téhéran et Sanaa, puis un aéroport bombardé : en quelques semaines, une série d’événements a contribué à raviver le conflit au Yémen.

    Le 3 juillet, un appareil civil de la compagnie iranienne Mahan Air atterrit à Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les rebelles Houthis. L’avion repart avec à son bord une délégation houthie. Direction Téhéran, où doivent se tenir les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei (tué dans une frappe israélo-américaine).

    C’est le rétablissement d’une liaison directe entre Téhéran et Sanaa qui n’existait plus depuis près de dix ans, en raison de la guerre au Yémen. Mais cette liaison aérienne est loin d’être anodine. Une liaison directe entre Téhéran et Sanaa est hautement stratégique. Et donc particulièrement sensible pour l’Arabie saoudite. Le royaume sunnite y voit notamment le risque d’un rétablissement d’une voie d’acheminement d’armes au profit de ses ennemis, les Houthis, chiites, comme leur parrain iranien.

    Dix jours plus tard, le vol retour est dérouté

    Le deuxième acte se joue le 13 juillet, alors que la délégation houthie tente de regagner Sanaa. L’avion décolle de Téhéran à 10h20, heure locale. Son plan de vol est public et peut être suivi en ligne sur FlightRadar24.

    L’appareil entre dans l’espace aérien yéménite. Mais contrairement à son plan de vol initial, il ne se pose pas à Sanaa. L’avion est dérouté vers Hodeïda, une autre ville du Yémen contrôlée par les Houthis. Car l’aéroport de Sanaa vient d’être bombardé par les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite.

    Ce qui ressemblait au départ à une banale histoire d’aéroport devient alors le symbole d’une nouvelle confrontation. Les Houthis accusent l’Arabie saoudite d’avoir attaqué l’aéroport et ripostent en lançant des missiles vers le territoire saoudien.

    Des missiles ciblent des sites sensibles : la tension monte d’un cran

    Les Houthis menacent les infrastructures pétrolières saoudiennes et multiplient les attaques en mer contre des pétroliers saoudiens. La trêve entre les Houthis et l’Arabie saoudite, déjà très fragile, vole en éclats. Et depuis quelques jours, le conflit entre dans une nouvelle phase. Les combats terrestres reprennent à grande échelle dans l’ouest et le sud-ouest du Yémen. À Taëz, à Hodeïda et sur plusieurs fronts du pays, les forces gouvernementales et les Houthis s’affrontent à nouveau. Le bilan dépasse désormais les 300 morts en quelques jours. Une escalade qui rappelle les heures les plus violentes de la guerre au Yémen.

    Une guerre qui dure depuis 2014

    Pour comprendre cette nouvelle flambée de violence, il faut revenir plus de dix ans en arrière. En septembre 2014, les Houthis prennent le contrôle de Sanaa. Quelques mois plus tard, en mars 2015, l’Arabie saoudite intervient militairement à la tête d’une coalition arabe pour soutenir le gouvernement yéménite. Le conflit devient rapidement une guerre par procuration entre Riyad et Téhéran.

    Parmi les moyens de pression utilisés à l’époque par la coalition arabe figurent des restrictions sur les accès au Yémen par voie aérienne, maritime et terrestre. Et le principal symbole de ce dispositif est justement l’aéroport de Sanaa. Il reste fermé pendant des années aux vols commerciaux réguliers. Puis, en 2022, une trêve est négociée sous l’égide des Nations unies. Elle dure six mois et permet une reprise très limitée des vols. Depuis, même si la paix reste inachevée, les lignes de front étaient largement gelées. Jusqu’à cet été. Jusqu’à cet avion.

    À lire aussiCorne de l'Afrique: entre les Shebabs et les Houthis du Yémen, «plus qu'un partenariat, une vraie alliance»

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  • Allemagne: l’extrême droite franchit un nouveau seuil, le «Brandmauer» vacille?
    2026/09/07

    En Saxe-Anhalt, l’AfD a remporté dimanche une victoire historique avec 43,8 % des voix, très loin devant la CDU, reléguée à 17,2 %. Pour la première fois, le parti d’extrême droite arrive en tête d’une élection régionale en Allemagne. Un séisme électoral qui met sous pression le « Brandmauer », le « mur coupe-feu » en français.

    Le « Brandmauer » désigne le cordon sanitaire érigé par les partis traditionnels autour de l’extrême droite. L’AfD, Alternative für Deutschland, parti nationaliste et anti-immigration, favorable notamment à un rapprochement avec Moscou, gagne pour la première fois une élection régionale en Allemagne. Son score est historique : 43,8 % des voix. Elle écrase la CDU, les chrétiens-démocrates du chancelier Friedrich Merz, qui arrivent très loin derrière, avec 17,2 %. Bien que régionales, ces élections pourraient avoir des répercussions nationales.

    Le risque : l’effritement du « Brandmauer »

    La gestion de l’après-vote est difficile. Officiellement, l’état-major de la CDU maintient le « Brandmauer » : pas d’alliance, pas de coalition avec l’AfD. Mais bien qu’en tête, l’AfD n’a pas de majorité absolue. Elle obtient 39 des 83 sièges du Parlement régional. Il lui en faudrait 42 pour disposer de la majorité absolue. Il va donc falloir trouver une solution pour gouverner ce Land.

    Et pour l’AfD, cette victoire est évidemment plus que symbolique. Elle démontre que le parti d’extrême droite devient la première force politique d’un Land allemand. Et pour lui, c’est une véritable rampe de lancement pour la suite, notamment en vue des prochaines élections fédérales en 2029.

    Pourquoi un scrutin régional peut-il peser sur l’avenir de l’Allemagne ?

    Parce qu’une région en Allemagne, un Land, ce n’est pas tout à fait comme une région en France, où l’essentiel du pouvoir politique reste centralisé à Paris. Les Länder allemands disposent de leur propre Parlement et de compétences importantes. Ils ont notamment des responsabilités en matière d’éducation, de police, de culture, et disposent également de leurs propres structures de renseignement intérieur.

    Donc, si l’AfD parvient à gouverner en Saxe-Anhalt, ce serait la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale qu’un parti d’extrême droite serait à la tête de telles institutions. Et surtout, ce serait un changement politique majeur.

    Le « Brandmauer », un principe politique allemand

    Le « Brandmauer » ne se pose pas seulement comme une règle électorale. C’est devenu un principe politique allemand : les partis traditionnels peuvent s’opposer entre eux sur beaucoup de sujets, mais ils refusent de gouverner avec l’AfD. Or cette victoire de près de 44 % met ce principe sous une pression considérable. Et c’est précisément ce qui dépasse largement les frontières de la Saxe-Anhalt. Car si l’AfD parvient à entrer dans un gouvernement régional, elle pourra démontrer qu’elle est capable de gouverner. Et parvenir ainsi à changer la perception du parti à l’échelle nationale. Pour le chancelier allemand, c’est évidemment un très mauvais résultat.

    Mission de Friedrich Merz : contenir l’AfD

    La CDU, qui gouvernait la Saxe-Anhalt depuis 2002, divise son score par deux. Elle passe de plus de 37 % lors du précédent scrutin de 2021 à 17,2 % aujourd’hui. Et surtout, cette défaite intervient alors que Friedrich Merz est déjà confronté à une forte poussée de l’AfD dans plusieurs autres régions d’Allemagne.

    Il va donc devoir maintenir le « Brandmauer » tout en relevant le défi de contenir l’AfD. Cette élection régionale apparaît donc comme un test grandeur nature pour toute l’Allemagne, pilier de l’Europe.

    À lire aussiAllemagne: Ulrich Siegmund, l'homme derrière la victoire de l'extrême droite en Saxe-Anhalt

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  • Giorgia Meloni, un record de longévité qui donne des idées à l'extrême droite
    2026/09/04
    C'est un jour spécial aujourd'hui en Italie. Le gouvernement de Giorgia Meloni devient celui qui a duré le plus longtemps depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Et c'est assez étonnant. C'est étonnant parce que justement l'Italie est depuis des décennies synonyme d'instabilité gouvernementale avec près de 70 gouvernements en 80 ans. C'est étonnant parce qu'il faut noter que dans ce pays dirigé de toute éternité par des hommes, c'est la première femme cheffe du gouvernement qui parvient à battre ce record avec désormais 1 413 jours d'affilée au pouvoir. Ce record appartenait auparavant à Silvio Berlusconi, et il a d'ailleurs fait plus long au total, mais en quatre mandats. C'est étonnant, enfin, parce que Giorgia Meloni est à la tête de Fratelli d'Italia, un parti d'extrême droite, allié à la ligue du très vocal Matteo Salvini, lui aussi d'extrême droite, et au parti conservateur Forza Italia. Et ce n'est pas forcément l'alliance que l'on s'attendait à voir durer. À lire aussiLégislatives en Italie: la coalition de droite en tête, Meloni revendique la direction du gouvernement Sens politique Elle y parvient d'abord en obtenant des résultats économiques. En stabilisant les finances publiques et notamment le déficit, même si la dette publique reste très importante à plus de 135% du PIB, c'est encore plus que la dette française déjà très élevée. Le chômage est descendu à 6% de la population active, mais les salaires réels continuent à stagner. Malgré l'échec du référendum sur la justice, elle fait preuve d'un sens politique indéniable. En évitant les réformes trop clivantes. Elle a donc mis de l'eau dans son vin, pour le dire prosaïquement. À lire aussiItalie: le «non» au référendum sur la réforme de la justice l'emporte de peu Bonne entente Et elle l'a fait aussi au niveau européen et international. Sous Giorgia Meloni, l'Italie pèse à Bruxelles, bien plus qu'avant. Elle est écoutée et fait parfois basculer des majorités. C'est arrivé au moment où il a fallu conclure l'accord commercial avec les pays du Mercosur. Contrairement à ce que laissaient entendre ses discours, elle collabore en bonne intelligence avec la commission. Elle a pesé lourd pour le durcissement de la politique migratoire européenne. Et elle a aussi mis en avant sa bonne entente avec le chancelier allemand Friedrich Merz et même avec la première ministre sociale-démocrate danoise Mette Frederiksen sur les questions d'immigration. Il y a une autre raison à ce recentrage. C'est que ses alliés politiques se font rares. Viktor Orban a été chassé du pouvoir en Hongrie et le rôle de pont de Giorgia Meloni avec les autres pays européens a disparu. Même chose avec le président américain Donald Trump depuis qu'ils se sont fâchés cet été et depuis que son soutien n'est plus payant politiquement. À lire aussiAprès le report de la signature de l'accord UE-Mercosur, le Brésil cherche le compromis directement avec l'Italie Un argument pour d'autres en Europe Et tout ça peut donner des idées, parce que Giorgia Meloni, c'est une forme de normalisation de l'extrême droite. Depuis qu'elle est au pouvoir, l'Italie est toujours là. Elle n'a pas sombré dans le chaos. C'est un argument pour d'autres leaders du même bord ailleurs en Europe. On pense évidemment à Marine Le Pen en France, en tête des sondages à sept mois de l'élection présidentielle. Le positionnement n'est pas exactement identique, notamment sur les questions européennes ou d'immigration où la candidate du Rassemblement national est plus virulente. C'est un discours de campagne et la grande question est de savoir s'il va être appliqué intégralement en cas de victoire en mai prochain. C'est un équilibre à trouver entre la mobilisation de la base électorale et son élargissement. Et cela concerne d'ailleurs également Giorgia Meloni, qui elle aussi retournera devant les électeurs en 2027. À lire aussiGiorgia Meloni, exemple à suivre pour l'extrême droite européenne?
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