Cinq mois après le début de la 17e épidémie de virus Ebola en République démocratique du Congo. Une épidémie et son traitement qui illustrent le poids grandissant d’un pays dans les instances mondiales de la santé. Ce pays, c’est la Chine.
En Afrique, la Chine ne se contente pas de construire des infrastructures industrielles et de transports, d’investir dans ses nouvelles routes de la soie. Elle est aussi de plus en plus active en matière de santé avec des aides d’urgence, en particulier en RDC depuis le début de l’épidémie, avec des moyens financiers, mais aussi du personnel médical. La diplomatie chinoise s’est engagée à continuer à soutenir les pays africains qui en ont besoin à lutter contre l’épidémie.
Ce n’est pas la première fois que le pays s’engage et il l’a déjà fait dans d’autres pays, toujours pour Ebola mais par exemple en envoyant du matériel quand un cas s’était déclaré au Sénégal en 2014. Ces aides, elles font partie intégrante de la stratégie de soft power chinois un peu partout dans le monde et particulièrement en Afrique. Le soft power, c’est une stratégie d’influence qui passe non par la contrainte, mais par l’influence sur les esprits. Et d’ailleurs ça marche. Des études internationales montrent que la Chine est désormais plus populaire que les États-Unis dans le monde.
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Influence chinoise Il faut dire que sur son image en matière de santé, la Chine revient de loin. C’est un mauvais souvenir pour tout le monde, mais il faut bien revenir à l’épidémie de Covid-19, venue de Wuhan, en Chine. A l’époque, on se demandait comment était né le virus, une question à laquelle on n’a d’ailleurs toujours pas de réponse. Donald Trump appelait ça le « virus chinois ». Et l’Organisation mondiale de la santé demandait aux autorités de Pékin davantage de transparence alors que ce n’est pas toujours la qualité première.
À leur décharge, dans des circonstances pareilles, personne n’aime admettre une forme de responsabilité. Et puis les choses se sont peu à peu retournées, la coopération s’est améliorée avec le patron de l’OMS, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. À tel point que les autorités américaines ont dénoncé l’influence chinoise sur l’organisation. C’est l’une des raisons pour lesquelles les États-Unis ont quitté l’organisation au retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Qui paye, commande Et c’est bien connu, la nature a horreur du vide. Avec les États-Unis, c’est le premier contributeur public de l’OMS qui est parti. Et la Chine les a automatiquement remplacés à cette place. Et qui paye commande, c'est le monde dans lequel on vit. Aujourd’hui, elle propose une candidature pour prendre la tête de l’organisation qu’elle a d’ailleurs déjà dirigée par le passé. À Pékin, on dit que c’est pour défendre le multilatéralisme. C’est une autre stratégie d’influence chinoise de placer des représentants dans les institutions internationales. C'est le cas à la FAO ou à l'Organisation de l'aviation civile internationale. C’est là que ses aides bilatérales, sur Ebola et d’autres maladies, viennent aussi compenser le désengagement américain dans de nombreux pays. Et c’est là que sa stratégie de soft power, même si on ne peut prédire le résultat, pourrait l’aider à remporter la direction générale de l’OMS.
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