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L'Arménie, le petit pays qui intéresse les grandes puissances

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En Arménie, le Premier ministre sortant Nikol Pachinian revendique la victoire aux élections législatives qui se sont déroulées dimanche. Mais l'opposition conteste cette victoire et les résultats se resserrent au fil des heures. La campagne a été fortement marquée par le contexte géopolitique. Car si le pays est petit par la taille et ne compte que trois millions d'habitants, il suscite un grand intérêt des puissances environnantes. La puissance tutélaire depuis l’époque soviétique s’intéresse toujours de très près au sud du Caucase. Elle occupe par exemple une partie de la Géorgie voisine où des pro-russes sont au pouvoir après des élections largement contestées. Moscou a pesé de tout son poids dans l’élection de dimanche. Par la désinformation d’abord en lançant des attaques contre le Premier ministre sortant Nikol Pachinian. Des attaques qui ne visent pas son adversaire, l’homme d’affaires russo-arménien Samvel Karapetyan, qui veut lui restaurer les liens historiques avec la Russie. Par la menace à peine voilée, ensuite. Le Kremlin a rappelé que, selon son analyse, c’est la volonté de l’Ukraine de se rapprocher de l’Occident qui a entraîné la guerre. Rapprochement avec l'Union européenne C’est vrai que Nikol Pachinian a lancé ce qu’il appelle une politique de diversification. Il a constaté que le grand frère russe n’est pas intervenu lors de la guerre du Karabakh en 2023, qui a vu l’Azerbaïdjan envahir le territoire arménien et poussé des dizaines de milliers d'Arméniens à fuir. C’est pour diversifier les relations qu’Erevan a accueilli le dernier sommet de la communauté politique européenne et un sommet Arménie-Union européenne, de laquelle elle souhaite se rapprocher, et ça Moscou le voit donc d’un très mauvais œil. À lire aussiÉlections en Arménie: choisir entre l’UE et la Russie, le dilemme des électeurs La route Trump Il s’est surtout rapproché des États-Unis. L’an dernier, il est allé à Washington serrer la main du président azerbaïdjanais Ilham Aliev. Le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est l’une des huit guerres que Donald Trump estime avoir réglées. Un accord de paix formel reste toutefois à conclure entre les deux pays. Le président américain, qui a apporté un soutien sans ambiguïté à Nikol Pachinian, en a profité pour lancer la TRIPP. C’est l’acronyme anglais de Route Trump pour la paix et la prospérité internationales. Un corridor qui permettrait à terme de relier l’Azerbaïdjan à la Turquie, en passant par le territoire arménien, et d’accéder, par la mer Caspienne, aux immenses ressources énergétiques et minières des pays d’Asie centrale, notamment des terres rares indispensables à de nombreuses industries de haute technologie et largement contrôlées par la Chine. D’ailleurs, lors de sa dernière tournée eurasiatique, le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est arrêté une heure à Erevan, le temps de signer des accords, dont l’un sur l’exploitation des terres rares arméniennes. À lire aussiCaucase, le flou des nouvelles routes Accès à l'Asie centrale Il y a un autre pays qui regarde ça avec grand intérêt, c’est la Turquie. Elle y gagnerait une position stratégique. Cette route lui donnerait un accès beaucoup plus simple et direct aux pays turcophones d’Asie centrale, jusqu’aux confins de la Chine. Mais pour cela, encore faudrait-il que le projet de réouverture de la frontière turco-arménienne se matérialise. Les relations entre les deux pays sont toujours difficiles pour des raisons liées notamment au génocide arménien de 1915. Si tout cela se concrétisait, cela redéfinirait la géopolitique de la région. Et cela permettrait aux Occidentaux, si cette généralisation a encore un sens, de contourner la Russie pour leurs approvisionnements.
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