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La «Coupe du monde de Trump», déjà sous le feu des critiques

La «Coupe du monde de Trump», déjà sous le feu des critiques

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Personne n’y échappera : à partir d’aujourd’hui et pour environ un mois, la grand-messe du football, la Coupe du monde masculine, se tiendra sur le continent américain, conjointement au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Un Mondial de football, c’est sans conteste un outil de rayonnement pour un pays organisateur. Mais la fête est déjà en partie gâchée par la politique de Donald Trump. La compétition n’a même pas commencé que la controverse est là. Il y a quelques jours, le président de la Fédération internationale de foot, Gianni Infantino promettait « la plus grande et la plus inclusive » des compétitions. Entre le refoulement de l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, pour des accusations de terrorisme, les fouilles aux frontières jugées « humiliantes » par certaines délégations, les premiers signaux ne sont guère encourageants. Dans un contexte de guerre au Moyen-Orient, l'équipe nationale iranienne, elle, n’a été autorisée à entrer aux États-Unis que les jours de match. Un « climat de peur » Comme à chaque évènement de cette ampleur, le dispositif sécuritaire s'est sensiblement durci. Mais dans son « Guide du reporter » destiné aux journalistes couvrant le tournoi masculin, l'ONG Human Rights Watch pointe par exemple le risque que des journalistes, mais aussi des supporters, joueurs ou habitants issus de l'immigration soient ciblés en raison de leur origine, de leur langue ou de leur apparence. La compétition se déroule dans un contexte de durcissement des politiques migratoires de l’administration Trump avec les opérations de l’ICE (la police des frontières) contre les communautés immigrées. De quoi brouiller l’image d’unité et d’universalité qu’est censée incarner la compétition. Même l'ONU s'en est alarmé en amont du tournoi. « J’espère vraiment qu’il y aura une remise en question en profondeur de la manière dont l’application des politiques migratoires affecte les droits humains et la dignité humaine », a indiqué le chef des Droits de l'homme de l'instance Volker Türk. À lire aussiNotre dossier spécial Coupe du monde 2026 Une vitrine politique Bien-sûr, le Mexique et le Canada sont co-organisateurs. Mais le président américain dont le pays accueille 75% des matchs prévus, dont la finale, entend bien tirer seul profit de l’évènement. En plein milieu de la compétition, on célèbrera aux États-Unis le 250ème anniversaire de l’indépendance. L’occasion pour Donald Trump de transformer ce rendez-vous sportif en opération de prestige national et en outil de propagande. Ce n’est pas nouveau. Sport et politique dans l’histoire, ont toujours été de redoutables alliés, même et surtout pour les régimes les plus durs. Sans dresser de parallèle strict avec les États-Unis, l’Italie fasciste en 1934, ou la dictature des généraux argentins en 1978 avaient profité de cette vitrine mondiale pour asseoir leur pouvoir. Donald Trump en fait un usage tout aussi intéressé. Intéressé est le mot dans la mesure où l'on attend pour cette Coupe du monde masculine la plus importante en taille, en affluence, des profits records. Et cela, c'est tout aussi important pour le président milliardaire. Le patron de la Fifa, meilleur allié de Trump Au-delà de Donald Trump, les critiques se multiplient contre Gianni Infantino. Le dirigeant sportif qui n’a cessé de complaire à Donald Trump, jusqu’à se rendre à sa cérémonie d’investiture l’an dernier contre tous les usages, ou en lui remettant un prix de la paix de la Fifa, inventé pour l’occasion. Une flagornerie qui fait l’objet de sarcasme voire d’interrogations sur la connivence entre les deux hommes. Son absence de réaction tangible à la suite du renvoi de l’arbitre somalien Omar Artan est fustigée. « C'est malheureux mais on ne contrôle pas tout » a finalement avoué hier le dirigeant sportif, perçu comme l'incarnation ultime du « foot-business ». Il fut un temps où l’homme affirmait certains principes : pas de Coupe du monde si l’accès aux équipes est entravé disait il en 2017. À l’époque un certain Donald Trump, dont le pays candidatait à l'organisation du tournoi, avait interdit l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, dont la Somalie et l'Iran. À lire aussiMondial 2026: et maintenant, s'ouvre la Coupe du monde de la démesure
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