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La fabrique du monde

La fabrique du monde

著者: RFI
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Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • La nouvelle politique migratoire européenne s'inspire des plus controversées du genre
    2026/06/17
    Le Parlement européen est réuni en session plénière à Strasbourg. Au programme ce mercredi 17 juin, le vote solennel qui va instaurer ce que l’on appelle des hubs de retour pour les migrants expulsés des pays de l’Union européenne. C’est la conséquence du durcissement de la politique migratoire européenne. Il s’agit de construire dans des pays situés hors d'Europe et considérés comme sûrs des centres de rétention, avec des fonds en partie européens. Les migrants qui ont fait l’objet d’une décision définitive d’expulsion y attendraient d’être expulsés vers leur pays d’origine ou un autre, soit par l’État membre qui leur a refusé le séjour sur son territoire, soit par Frontex, l’organisme européen chargé d'appliquer la politique migratoire. Il s’agit donc d’éloigner ces centres et de faire mieux appliquer les ordres d’expulsion. Actuellement, 20% des personnes faisant l’objet de telles mesures quittent effectivement le territoire dont elles sont expulsées. Parmi les pays les plus en pointe pour réclamer ces centres, on trouve l’Allemagne, qui avait ouvert en grand les vannes de l’immigration il y a dix ans, le Danemark, les Pays-Bas, l’Autriche et la Grèce, en première ligne des tentatives de traversée en Méditerranée. La France, à ce stade, ne prévoit pas d’y avoir recours. À lire aussiLa France réagit à l'accord européen sur les centres de retour de migrants Risque de violation des droits humains Les contours de ces centres sont encore flous et cela inquiète. L’idée est reprise sur un projet du gouvernement italien de Giorgia Meloni qui a commencé à faire la même chose en Albanie avec un succès qui reste encore à démontrer. Il faut identifier quels pays seraient prêts à ouvrir de tels centres, en échange de quoi, et avec quel degré d’efficacité. Un flou qui inquiète les organisations non gouvernementales de défense des migrants. Ces ONG y voient un risque de violation des droits humains. Parmi les pays dont le nom circule, il y a l’Ouzbékistan, l’Ouganda ou encore le Rwanda. Le Rwanda était déjà le pays de destination privilégié par le précédent gouvernement conservateur au Royaume-Uni, qui avait lancé une politique de ce type. Politique très controversée qui avait été purement et simplement enterrée dès son arrivée par le gouvernement travailliste de Keir Starmer. Vendredi dernier, un vol en provenance des États-Unis est arrivé en Centrafrique. C’est la nouvelle politique américaine d’expulser des étrangers de différentes nationalités vers des pays tiers. Le Ghana et la Guinée équatoriale font partie des hubs choisis par les États-Unis. À lire aussiL'Italie transfère à nouveau des migrants vers l'Albanie Boucs émissaires Tout cela se produit dans une atmosphère de chasse aux migrants généralisée. Il y a la politique d’expulsions massives aux États-Unis menée par la police ou milice d’immigration ICE au recrutement assez peu sélectif, avec très peu de garde-fous juridiques. Mais on a aussi assisté ces derniers mois à des chasses aux migrants poussées par des partis d’extrême droite au Royaume-Uni. Très récemment en Irlande du Nord. Même type de phénomène en Afrique du Sud où un fort chômage a provoqué des manifestations xénophobes. Le gouvernement sud-africain a annoncé le retour chez eux de près de 3000 migrants du Mozambique, du Nigéria, du Ghana ou du Malawi. Le président Cyril Ramaphosa appelle à ne pas stigmatiser les migrants et à ne pas en faire les boucs émissaires de problèmes préexistants. Dans le contexte économique, géopolitique et climatique actuel, les personnes qui ne vivent pas dans le pays où elles sont nées représentent moins de 4% de la population mondiale. À lire aussiAux États-Unis, la résistance contre les centres de détention privés de l'ICE est aussi financière
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  • Volodymyr Zelensky au G7 d'Évian pour que l'Ukraine ne soit pas oubliée
    2026/06/16
    Le sommet du G7 a débuté lundi soir à Évian en France, avec un dîner de travail qui a réuni les chefs d’État et de gouvernement participants. Au menu, évidemment, le protocole d’accord avec l’Iran négocié et présenté à ses pairs par le président américain. Mais ce n’est pas le seul conflit du moment. Il y a aussi l’Ukraine, où la guerre continue. Comme elle l’avait annoncé, la Russie continue ses vagues d’attaques massives à coups de missiles et de drones alors que les armes anti-aériennes américaines se raréfient. L'attaque d’il y a deux nuits a fait au moins 11 morts dans le pays, et à Kiev, une cathédrale orthodoxe classée au patrimoine mondial de l’humanité a subi de très gros dégâts. L’Ukraine continue à répliquer avec des frappes de drones en territoire russe, ou en Crimée annexée par la Russie, notamment sur des infrastructures énergétiques. Sur la ligne de front, les gains sont marginaux de part et d’autre, même si ces dernières semaines, l’Ukraine semble avoir davantage gagné de terrain que la Russie. À lire aussiPour le deuxième mois d'affilée, l'Ukraine grignote le terrain envahi par les Russes Ne pas passer au second plan C'est pour cela que la scène diplomatique est particulièrement importante. Volodymyr Zelensky est présent à Évian. Une discussion sur la guerre en Ukraine y est prévue. La présidence française, qui organise le G7, tient à ce que le dossier ukrainien ne passe pas au second plan par rapport à la situation au Moyen-Orient, qui intéresse davantage le président américain. Donald Trump n’apprécie pas vraiment ce genre de rendez-vous, et il a l’habitude d’en perturber le programme. Il s'agit qu'il ne s’échappe pas pour aller faire une partie de golf sur le très beau parcours d'Évian et son fameux trou numéro 2, un par 3 de 151 mètres avec vue plongeante sur le Léman. Attitude neutre Le rendez-vous a été soigneusement préparé. Dimanche, aussi bien Volodymyr Zelensky que Vladimir Poutine ont appelé le président américain pour son anniversaire et pour parler de la situation. Depuis son retour à la Maison Blanche et depuis la séance d’humiliation publique du président ukrainien dans le bureau ovale, le président américain a adopté une attitude neutre et les dirigeants russes et ukrainiens veulent s'assurer au moins qu'il ne favorise pas l'autre camp. Au cours de sa conversation, Volodymyr Zelensky a proposé de rencontrer Vladimir Poutine soit au G7, soit aux États-Unis, sans doute pour démontrer que le président russe ne veut pas vraiment discuter. Toutefois, les émissaires américains Jared Kushner et Steve Witkoff, jusque-là accaparés par l'Iran, retourneront en Russie pour renouer un dialogue suspendu depuis plusieurs mois et qui n’a pas donné de grands résultats. À lire aussiNouveau cycle de négociations entre Ukrainiens, Russes et Américains à Abou Dhabi Future adhésion à l'Union européenne Tout ça sous le regard des Européens qui continuent à afficher leur soutien. Ce sont eux qui, tant bien que mal, fournissent à l’Ukraine les armes qu’ils achètent souvent aux États-Unis. Ce sont eux qui financent l’effort de guerre ukrainien. Lundi, lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 à Bruxelles, les premiers chapitres de négociation pour une future adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne ont été ouverts. Les dossiers encore en attente sont très nombreux, de l’adaptation de l’Ukraine aux normes européennes à la lutte contre la corruption. Et tout le monde n’est pas forcément partisan d’une adhésion accélérée, ce qui signifie, en clair, que cela prendra des années. À lire aussiL'Union européenne ouvre la porte à une reprise des négociations d'adhésion de l'Ukraine
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  • Avec l'accord entre l'Iran et les États-Unis, le plus difficile commence
    2026/06/15
    Un accord a donc finalement été annoncé entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre dans le golfe et au Moyen-Orient. C'est le Premier ministre du Pakistan, médiateur clé du conflit, qui l'a annoncé. Cet accord doit être signé officiellement vendredi 19 juin à Genève. Il prévoit un arrêt complet des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, et l'ouverture de négociations pour un accord de paix définitif d'ici à 60 jours. C'est à la fois une fin et un début. La fin d'une guerre déclenchée par l'attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février dernier et d'une campagne de bombardements massifs à laquelle l'Iran a répliqué par des tirs de missiles balistiques et de drones contre les intérêts israéliens et américains dans de nombreux pays de la région. Et c'est le début d'une négociation qui s'annonce difficile. Elle va porter sur quatre dossiers principaux selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères : la levée des sanctions contre l'Iran, la question du nucléaire, la reconstruction et le développement économique de l'Iran et la mise en place d'un mécanisme de suivi des engagements pris. Ce sont autant d'occasions de blocages et de risques de reprise du conflit. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: ce que l'on sait du protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran Triomphalisme En attendant, chaque camp revendique la victoire. C'était un enjeu que chacun puisse ressortir de cette affaire en vainqueur. L'état-major iranien affirme dans un communiqué diffusé par la télévision d'État que « l'Iran a imposé sa volonté divine et d'acier à des ennemis américains et sionistes ». Triomphalisme également de Donald Trump qui, à quelques mois des élections de mi-mandat, faisait tout pour en sortir le plus vite possible. Dans une publication sur son réseau social personnel, il écrit qu'il « autorise pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain ». Il triomphe d'autant plus que cet accord intervient le jour de son 80ᵉ anniversaire, juste avant sa grande soirée d'arts martiaux mixtes à la Maison Blanche pour fêter l'événement et juste avant le sommet du G7 qui débute ce soir à Évian, en France, où la mise en œuvre de la réouverture du détroit d'Ormuz sera discutée. La question clé des sanctions Presque partout ailleurs, c'est une forme de soulagement. Les pays européens de l'E4, France, Allemagne, Royaume-Uni et Italie, se disent prêts à lever certaines sanctions qui pèsent sur l'Iran si le pays s'engage à ne jamais posséder l'arme nucléaire et si des mesures iraniennes claires et vérifiables vont dans ce sens. La levée des sanctions est une question clé. Selon des informations non confirmées d'une agence de presse iranienne, l'accord prévoit le déblocage de 24 milliards de dollars iraniens gelés, dont 12 dès la signature. Soulagement également des marchés financiers avec des cours du pétrole en baisse de près de 5% et des bourses en forte hausse à l'ouverture partout dans le monde. À lire aussiLes avoirs gelés et le nucléaire au cœur des négociations entre l'Iran et les États-Unis Succès tactique, échec stratégique Il y a un pays qui ne triomphe pas, c'est Israël. Donald Trump a clairement forcé la main à Benjamin Netanyahu. Il lui a même fait savoir sa frustration après des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth qui auraient pu tout faire capoter hier dimanche. Cela fait toujours peser un risque sur la signature et les négociations à venir. Pour l'État hébreu, le succès tactique du 28 février et la frappe qui a tué le guide suprême se transforment en échec stratégique. Le régime iranien est toujours là et de nouveaux leaders ont même émergé. À lire aussiLiban: Israël bombarde le sud de Beyrouth, provoquant l'ire de l'Iran et le mécontentement de Trump
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