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La fabrique du monde

La fabrique du monde

著者: RFI
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Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.

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政治・政府 日次
エピソード
  • To Lam, le puissant et ambitieux leader vietnamien qui s'inspire de Xi Jinping
    2026/07/02
    Le Vietnam fête aujourd’hui l’une des étapes de son histoire. Il y a cinquante ans, la partie nord, communiste, et la partie sud, après la capitulation à la suite du retrait américain, étaient officiellement réunifiées. Aujourd’hui, c’est l'un des pays les plus dynamiques d’Asie du Sud-Est et il est dirigé par un homme ambitieux qui cumule les fonctions. To Lam était il y a encore deux ans le premier flic du pays, ministre de la sécurité publique, issu de l’appareil sécuritaire du parti communiste vietnamien. Des fonctions dont il a su habilement user pour éliminer des rivaux politiques en instrumentalisant des enquêtes anti-corruption. C’est sans doute aussi cette position de force qui lui permet de passer au travers de rares faux pas. En 2021, il est filmé à Londres en train de manger un steak recouvert de feuille d’or dans le restaurant de Salt Bae, un chef connu pour sa façon de saupoudrer la viande de sel et pour son intrusion sur la pelouse après la finale de la Coupe du monde de football au Qatar aux côtés de Lionel Messi. Ceux qui oseront dénoncer ce repas ostentatoire en subiront les conséquences. Jusqu’à cinq ans de prison pour un homme qui l'avait parodié. L’affaire ne bloque pas son ascension. Il y a deux ans, à la mort du précédent secrétaire général Nguyen Phu Trong, il lui succède à titre intérimaire. Il est renouvelé au poste de numéro un vietnamien lors du congrès du parti en janvier dernier. Modèle Mais il ne s’arrête pas là. En juin, alors que le Vietnam a plutôt pour tradition de répartir les rôles dans des directions collégiales, il renforce sa mainmise sur le pouvoir en se faisant nommer président. Il est le premier à cumuler les deux fonctions. Et il se sert de son pouvoir pour des réformes à marche forcée, réformes anticorruption donc, mais aussi réduction de la bureaucratie et relance de l’économie en dynamisant le secteur privé. Le nombre de ministères est réduit, les licenciements ou les mises à la retraite anticipées se comptent en dizaines de milliers. Des coupes budgétaires touchent aussi bien les médias d’État que la fonction publique, la police et l’armée. Un activisme et une concentration du pouvoir qui rappellent un autre personnage beaucoup plus connu du monde communiste : le Chinois Xi Jinping. Il peut être considéré comme une sorte de modèle pour To Lam. À lire aussiVisite de Xi Jinping au Vietnam pour contrecarrer l’influence des États-Unis Rivalités territoriales Il a d’ailleurs rendu visite au dirigeant chinois. C’était juste après être devenu président en avril dernier. Et c’est normal étant donnés les liens économiques entre les deux pays. Les échanges sont très importants et To Lam considère la Chine comme une priorité stratégique pour son pays. Les deux pays doivent faire face à l’offensive commerciale et aux menaces de droits de douane de Donald Trump, mais aussi aux conséquences de la guerre dans le golfe. Cela vaut donc peut-être la peine de coopérer et de ne pas trop insister sur des rivalités territoriales qui sont réelles. C'est la question de la souveraineté sur certains ilots en mer de Chine méridionale. Cela a déjà conduit à des confrontations militaires qui ont fait des morts. Malgré cette rivalité qui paraît déséquilibrée, comme la Chine, le Vietnam lui aussi construit et militarise des ilots pour renforcer son rôle géopolitique dans cette région où le trafic maritime est important. À lire aussiLa Chine signe des accords de coopération avec le Vietnam et appelle à s'opposer à «l'intimidation»
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  • Donald Trump et la captation de l'anniversaire de l'indépendance américaine
    2026/07/03
    C’est le début d’un week-end de célébrations aux États-Unis. Demain nous serons le 4 juillet et ce sera le 250ᵉ anniversaire de la déclaration d’indépendance américaine. Cela pourrait être un grand moment d’unité nationale, mais cet anniversaire n’échappera pas à la polarisation et à la personnalisation autour de Donald Trump. Cela a commencé dès le coup d’envoi symbolique des célébrations. C'était le 14 juin dernier, le jour du 80ᵉ anniversaire du président. La pelouse sud de la Maison Blanche était transformée en arène pour les arts martiaux mixtes. Le président est passionné de sports de combat et il ne manque jamais une occasion de faire part de son admiration pour les beaux et solides corps d’athlètes. Une soirée d’exaltation des valeurs masculinistes chères à une partie de l’électorat MAGA. Une soirée de combats, de violence, de sang et aussi de déclarations à l’emporte-pièce de la part, par exemple, de certains combattants affirmant tout de go devant le président, en dehors de toute rectification factuelle et sans la plus élémentaire contradiction, que « Michelle Obama est un homme », ce qui est évidemment faux. À lire aussiMMA à la Maison Blanche: évènement sportif inédit ou arrangement politique entre amis? Politisation et personnalisation Et cela se poursuit aujourd’hui et demain, toujours autour du président. Ce vendredi, il sera au Mont Rushmore, dans le Dakota du sud. C’est sur cette montagne sacrée pour les Indiens Lakotas que sont sculptés les visages de quatre présidents : Washington, Jefferson, Lincoln et Theodore Roosevelt. Lors de son dernier passage, la gouverneure locale Kristi Noem, devenue son éphémère secrétaire à la sécurité intérieure, lui avait offert une sculpture miniature avec son visage ajouté aux autres. Ce bibelot est dans son bureau de Mar-a-Lago. Puis ce sera le retour à Washington pour le 4 juillet. La grande foire des États-Américains et le rodéo quotidien ne rencontrant pas leur public dans cette ville qui vote à plus de 90% démocrate, et de nombreux artistes ayant annulé leur participation au grand concert prévu, pour cause de politisation et de personnalisation excessive, les plans ont changé. Plus de concert, mais plutôt un discours fleuve du président par une température de plus de 41 degrés, juste pour montrer, a-t-il déjà dit, qu’il est capable de tout. La journée sera conclue par le traditionnel feu d’artifice, mais encore plus imposant que d'habitude. À lire aussiUSA 250 : l'Amérique en tension Base mécontente Ce discours sera encore une occasion de développer sa vision des États-Unis. C’est d’ailleurs tout l’objet de cette véritable captation des célébrations qui devaient au départ être organisées de manière bipartisane selon une loi adoptée sous Barack Obama. C’est donc tout le contraire, parce que c’est la nature profonde du président de se mettre en avant. Parce qu’il veut présenter une Amérique glorieuse et conquérante, dirigée par des chrétiens blancs. Depuis le début de son deuxième mandat, il s’est donné pour mission de lutter contre une présentation qu’il estime erronée et culpabilisante de l’Histoire américaine, notamment sur la question de l’esclavage et du racisme. C’est sa vision et celle d’une partie de son électorat. Un électorat qu’il doit soigner, à 120 jours des élections de mi-mandat qui s’annoncent difficiles. Une partie de sa base est mécontente en raison de la guerre en Iran et de l’inflation qui est repartie à la hausse. Et les élus républicains inquiets pour leurs postes sont moins nombreux à le soutenir sans condition. À lire aussi250 ans des États-Unis: en Pennsylvanie, la bataille de l'identité américaine
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  • La visite annoncée d'Emmanuel Macron en Syrie, un déplacement symbolique
    2026/07/06
    C’est une visite annoncée depuis plusieurs jours, d’abord par des informations de presse, puis confirmée sans précision de date hier par la Syrie, mais pas encore officiellement par l’Élysée. Emmanuel Macron est attendu à Damas pour une visite qui a valeur de symbole. Ce sera la première d'un président français depuis Nicolas Sarkozy en 2008 et 2009, avant la guerre en Syrie, la première d’un chef d’État occidental depuis la chute de Bachar el-Assad. Jusqu’ici, seul l’émir du Qatar avait fait le déplacement. Emmanuel Macron était déjà le premier à avoir reçu à l’étranger le nouvel homme fort syrien Ahmed Al Charah, avant que l’ancien djihadiste soit reçu à la Maison Blanche par Donald Trump. C’est donc une étape supplémentaire de la réintégration de la Syrie dans le concert international. C’est une sorte de reconnaissance des progrès effectués par le gouvernement syrien, même s’il en reste à accomplir. Le premier parlement de l'après-Assad a été constitué. Mais sa première réunion prévue ce lundi a été reportée sans explication, sans que l'on sache donc si cela est dû à une éventuelle visite du président français ou à l’attentat à la bombe qui, en fin de semaine dernière, a fait une dizaine de morts dans le centre de la capitale. La Syrie doit encore faire face à ce qui reste de l’organisation État islamique. À lire aussiSyrie: un attentat à la bombe fait plusieurs morts dans le centre de Damas Crise au Liban C’est aussi une reconnaissance du rôle de la Syrie dans la région. Et c’est un message envoyé aux autres pays de la région, dont Israël. L’armée israélienne occupe une partie du territoire syrien et le ministre israélien de la Défense explique qu’elle a vocation à rester indéfiniment dans les territoires qu’elle occupe actuellement, en Syrie donc, mais aussi à Gaza et au Liban. C’est une reconnaissance également du rôle potentiel de la Syrie dans le règlement de la crise au Liban. La semaine dernière, le ministre syrien des Affaires étrangères était à Beyrouth où il a rencontré les autorités libanaises, y compris le président du parlement Nabih Berri, allié du Hezbollah. Les nouvelles autorités syriennes, qui sont sunnites, sont hostiles au mouvement chiite pro-iranien allié de Bachar el-Assad. Pas au point cependant de s’impliquer au Liban comme le pays l’a fait par le passé en exerçant une tutelle de fait sur son voisin, et pas au point non plus de s’occuper du Hezbollah comme l’a suggéré à deux reprises Donald Trump. À lire aussiCisjordanie occupée: Israël exige que les Palestiniens enregistrent leurs terres en zone C au risque d’une expropriation Faire partie de la solution Enfin, la Syrie a un rôle géopolitique à jouer dans la région au sens large. Avec la politique défavorable à l’Iran des nouvelles autorités syriennes, le pays s’est, comme d’autres dans la région, retrouvé pris pour cible par l’Iran dans ses frappes tous azimuts. Mais il a aussi montré qu’il pouvait faire partie de la solution pour contourner le détroit d’Ormuz bloqué par l’Iran. L'Irak et le Koweït ont ainsi organisé des convois de camions pour expédier leurs hydrocarbures par la route jusqu’aux ports syriens sur la Méditerranée et donc vers l’Europe. Une solution qui ne compense évidemment pas l’énorme trafic qui passe par le golfe, mais qui peut donner des idées. À condition d’investir dans la sécurité et dans les infrastructures. Et justement, la Syrie annonce qu’Emmanuel Macron viendra accompagné d'investisseurs et de représentants d’entreprises françaises pour renforcer la coopération économique. À lire aussiSyrie: l’Union européenne rétablit son accord de coopération avec Damas après la levée des sanctions
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