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La fabrique du monde

La fabrique du monde

著者: RFI
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概要

Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • L'information à l'épreuve de la guerre au Moyen-Orient et de la censure
    2026/03/16

    La guerre continue au Proche et Moyen-Orient. Les frappes visent plusieurs pays de la région où il est parfois difficile de s’informer sur les cibles visées et sur leur efficacité.

    Cela commence évidemment par l’Iran, où le régime des mollahs est passé maître dans l’art de la censure et du blocage des réseaux de communication. Cela s’est vu pendant la répression brutale et meurtrière des manifestations des 8 et 9 janvier et cela continue pendant cette guerre. Peu de sources indépendantes sont disponibles pour obtenir et confirmer les informations. Il n’y a que quelques journalistes indépendants qui sont autorisés à travailler comme le correspondant de RFI sur place, Siavosh Ghazi, que l’ensemble de la presse francophone mondiale nous envie.

    Contrôle renforcé dans le golfe

    Mais c’est aussi le cas dans les pays de la région qui sont frappés par les drones et missiles iraniens. Les monarchies du golfe Persique ne sont pas réputées pour leurs vertus démocratiques. Et cela se voit aussi dans le traitement de l’information. Au Qatar, plus de 300 personnes ont déjà été arrêtées pour publication et partage d'images ainsi que de ce qui est appelé « informations trompeuses » lors des attaques de l'Iran. Des arrestations aussi à Bahreïn pour avoir filmé et partagé des images des attaques, des actes de trahison selon le ministre de l’Intérieur. En Arabie saoudite, la possibilité de filmer des installations énergétiques et des zones diplomatiques était déjà restreinte. Partout, il faut aussi composer avec les images créées par intelligence artificielle.

    Censure sévère en Israël

    Ce n’est pas vraiment mieux dans les pays qui ont déclenché l’attaque. Et pourtant, ce sont des démocraties. Mais en Israël, il existe une censure sévère depuis des décennies sur les opérations militaires. Et c’est une tendance qui se renforce sur ce conflit. Interdiction des directs télévisés de la ligne d’horizon d’où arrivent les attaques. Interdiction de filmer les images des interceptions de la défense antiaérienne par le fameux Dôme de fer qui fait la fierté du pays et interdiction de filmer les dégâts des attaques iraniennes ou du Hezbollah depuis le Liban.

    La presse sous pression aux États-Unis

    Mais le pays où la situation a le plus changé, c’est les États-Unis. Terminée la guerre en direct sur les chaînes d’information comme lors de l’invasion de l’Irak en 2003. Pas de reporters embarqués avec l’armée. Cette fois-ci, l’armée américaine communique assez peu au-delà du nombre de ses frappes.

    Au cours de ses points de presse, le secrétaire à la guerre Pete Hegseth s’en prend aux médias accusés de privilégier des informations mensongères ou en tout cas de ne pas montrer le conflit sous un jour assez positif. Il s’en prend notamment à CNN, qui va passer sous le contrôle de Paramount et de la famille Ellison, proche de Donald Trump. Autre proche de Donald Trump, Brendan Carr, patron du régulateur américain de l’audiovisuel, menace les groupes de médias qui présenteraient la guerre de manière déformée selon lui de perdre leur autorisation d’émettre. Ils auraient donc beaucoup à y perdre financièrement. Et entre une couverture équilibrée du conflit et les comptes qu’ils rendent à leurs actionnaires, le choix pourrait être assez rapide.

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  • Volodymyr Zelensky à Paris, pour rappeler que la guerre en Ukraine continue
    2026/03/13

    Pendant que la guerre continue au Moyen-Orient, elle se poursuit aussi en Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a entamé hier une tournée européenne qui l’amène aujourd’hui à l’Élysée pour y retrouver Emmanuel Macron. Il s’agit une fois de plus d’affirmer le soutien à l’Ukraine.

    « Rien ne détournera notre attention de l’Ukraine et notre soutien ne faiblira pas » affirme l’Élysée à l'occasion de cette 12e visite en France du président ukrainien depuis le début de la guerre. Le message, c’est que la guerre au Moyen-Orient ne provoque pas d’effet d’éclipse sur ce qui se passe dans l'Est de l'Europe. Le Kremlin ne s'y trompe pas et considère cette nouvelle rencontre comme un obstacle à la paix. Sur le terrain, les combats continuent avec des frappes quotidiennes de part et d’autre et des gains plutôt favorables à l’Ukraine ces dernières semaines, même si la ligne de front reste globalement stable.

    Blocages européens

    En coulisses, les enjeux diplomatiques restent importants, avec des blocages au niveau européen. Deux dossiers sont à l'arrêt. Le 20e paquet de sanctions européennes contre la Russie, qui est sur la table depuis le dernier conseil européen en décembre et le prêt européen de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, dont les deux tiers en aide militaire, bloqué également depuis la fin décembre. Deux dossiers bloqués par deux pays proches de la Russie idéologiquement, la Hongrie et la Slovaquie. Deux pays qui reçoivent du pétrole russe, ou plutôt qui devraient en recevoir. Sauf que leur canal d’alimentation, l’oléoduc Droujba, qui traverse l’Ukraine et qui a été endommagé par une frappe russe en janvier, n’est toujours pas remis en service. La Slovaquie et la Hongrie accusent Kiev de trainer les pieds. Le gouvernement hongrois avait annoncé mercredi l'envoi d'une délégation en Ukraine pour discuter du dossier. Mais Kiev avait répliqué qu'aucune invitation n'avait été adressée à Budapest, où le premier ministre Viktor Orban est en pleine campagne électorale. Une campagne difficile, ce qui explique peut-être en partie ce choix de pointer du doigt des éléments extérieurs. C'est humain.

    Contexte géopolitique

    Et puis il y a les discussions qui se déroulent au-delà de l’Europe. Et là le contexte géopolitique pèse lourd. Et il avantage la Russie. La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz ont fait bondir les cours du pétrole. Cela donne un avantage à la Russie dont la production devient particulièrement convoitée, et permettrait de stabiliser les marchés. C’est pour cela qu’au cours d’une conversation téléphonique directe avec Vladimir Poutine cette semaine, le président américain Donald Trump a proposé d’alléger les sanctions sur le secteur pétrolier russe. Cela pourrait permettre à Moscou de renflouer ses finances et d'assurer le fonctionnement de sa machine de guerre pour longtemps. Ce serait une mauvaise nouvelle pour l’Ukraine.

    Cette semaine, l’émissaire russe a discuté directement de ce dossier et d’autres avec les négociateurs américains en Floride. Des discussions qu’il qualifie de productives. Quant aux négociations russo-ukrainiennes sous l’égide des États-Unis, il y a une proposition américaine pour qu’elles reprennent la semaine prochaine en Suisse ou en Turquie. Pour l’instant, ce n’est pas confirmé, mais les précédentes rencontres du même type n’ont pas permis de progrès vers la paix.

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  • En Afrique, la répression de l'homosexualité s'étend et s'intensifie
    2026/03/12

    L’Assemblée nationale sénégalaise a adopté mercredi la loi qui durcit la répression de l’homosexualité. Le pays d’Afrique de l’Ouest s’inscrit ainsi dans un mouvement plus général sur le continent africain.

    Une fois promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye, cette loi punira de 5 à 10 ans de prison ce que le texte qualifie d’« actes contre nature ». Le texte va plus loin, il punit également de 10 ans de prison l’apologie de l’homosexualité. Ces dernières semaines au Sénégal, le débat sur l’homosexualité s’est tendu, avec notamment des arrestations, dont celles de célébrités locales, ce qui a ajouté un parfum de scandale au climat politique.

    Une question politique

    C’est une promesse de campagne du chef du gouvernement Ousmane Sonko. C'est un thème porteur et payant politiquement et il est soutenu par des organisations religieuses dans ce pays majoritairement musulman et pratiquant. Mais si on élargit à l’ensemble de l’Afrique, la question de la religion majoritaire n’est pas forcément décisive. Le pays dont la loi anti-homosexualité a retenu l’attention ces dernières années, en raison de la peine de mort promise aux homosexuels, l’Ouganda, est à majorité catholique ou anglicane. Majorité chrétienne également au Cameroun, où ces dernières années, les accusations d’homosexualité ont servi à discréditer des personnalités politiques. Parfois, les pays qui légifèrent sont aussi alignés politiquement comme ceux de l’alliance des États du Sahel.

    Inquiétudes

    Ce mouvement qui s'étend en Afrique suscite des inquiétudes. Pour les homosexuels bien sûr. Certains essaient de fuir les pays qui adoptent des législations répressives. Ou essaient de se cacher. Cela suscite aussi des inquiétudes des artistes et créateurs pour la liberté d’expression. Les associations et organisations qui défendent les personnes homosexuelles s’inquiètent aussi de la portée pas complètement précisée de l’apologie de l’homosexualité. Inquiétude sanitaire aussi. Des personnes atteintes du VIH Sida cessent parfois de se soigner ou d’aller chercher leurs traitements là où ils sont distribués de peur d’être exposées C’est un vrai problème sanitaire, parce qu’évidemment, n’importe quel médecin vous dira que le virus ne se cantonne pas aux homosexuels. Si vous ajoutez à cela la baisse des financements de la lutte contre le VIH liée à la quasi-disparition de l’aide américaine, c’est un problème qui pourrait devenir important.

    Influences extérieures

    Tous les pays d’Afrique n’adoptent pas des législations de ce genre. Certains ne légifèrent pas du tout. Mais d’autres vont dans le sens inverse. L'Afrique du Sud, l’un des géants du continent, a reconnu les couples homosexuels. Des pays ont dépénalisé l’homosexualité depuis quelques années, citons le Cap-Vert, les Seychelles, l’Angola, le Mozambique, le Gabon, la Guinée-Bissau ou le Botswana. Les lois de pénalisation étaient d’ailleurs souvent héritées de la période coloniale. Aujourd'hui encore la vague anti-LGBT vient aussi souvent de l'extérieur. Elle est notamment portée par des groupes religieux évangéliques américains, ou encore par la Russie à l'influence grandissante sur le continent. C'est d'ailleurs l'un des points de convergence idéologique des dirigeants souhaitant élargir leurs sphères d'influence que sont Donald Trump et Vladimir Poutine.

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