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La fabrique du monde

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著者: RFI
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概要

Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Après ses revers au Mali, l'influence de la Russie scrutée à la loupe
    2026/05/01

    Au Mali, les forces russes n'ont pas pu empêcher ou contrer les attaques coordonnées entre les jihadistes du JNIM, lié à al-Qaïda et les indépendantistes du FLA dans le nord du pays. À Kidal, elles se sont même retirées. La question de la perte d’influence de la Russie est désormais posée.

    C’est un coup dur pour la crédibilité des troupes russes de l’Africa corps, qui a succédé au groupe Wagner. Un coup d’autant plus dur que l’Africa Corps avait été organisé pour être beaucoup mieux intégré et beaucoup plus directement dirigé par l’armée russe. C’est donc un échec beaucoup plus direct. La situation est rendue d’autant plus difficile par la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, considéré comme l’un des architectes du rapprochement de son pays avec la Russie.

    Une forme de méfiance

    Le doute existe désormais et le Kremlin tente de limiter les dégâts Les autres pays de l’alliance des États du Sahel sont très prudents. Ils n’ont pas apporté leur aide au Mali. Ils sont eux-mêmes confrontés au phénomène djihadiste et ils bénéficient beaucoup moins de l’appui russe. Tout juste quelques centaines de soldats pour le Burkina Faso et le Niger.

    Il y a donc peut-être une forme de méfiance. Le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov a répondu à l’appel des rebelles à la Russie de quitter le pays : « La Russie poursuivra, y compris au Mali, la lutte contre l'extrémisme, le terrorisme. Et elle continuera d'apporter son aide aux autorités en exercice ».

    Exemples frappants

    Mais ce n’est pas la première fois que la capacité de la Russie à aider ses partenaires est mise en doute. Dans une situation qui ressemble un peu à celle du Mali, avec la pression djihadiste, la Russie a été incapable de sauver le régime syrien, se contentant d’évacuer vers Moscou le dictateur Bachar El-Assad et sa suite.

    La Russie est encore présente sur place, mais sa posture a été considérablement réduite et la presse russe se fait l’écho d’une diminution encore plus importante sur la base aérienne de Hmeimim. Dans un registre très différent, il y a d’autres exemples frappants. L’enlèvement du président Vénézuélien, Nicolas Maduro, par les États-Unis Il n'y a eu qu'un soutien verbal. Même chose pour l'Iran au moment des frappes israélo-américaines. La Russie a aussi perdu son cheval de Troie hongrois en Europe avec la défaite de Viktor Orban.

    Accès privilégié

    Il faut cependant relativiser. La Russie continue à vendre du pétrole à la Hongrie, et cela reste un moyen de pression. Elle est encore présente en Afrique. Vladimir Poutine continue à être écouté. Rien que depuis la chute de Kidal, il a reçu le ministre des Affaires étrangères iranien pour une nouvelle marque de soutien. Il garde son accès privilégié à Donald Trump. Il lui a parlé pour l'alerter sur les conséquences dommageables de nouvelles frappes en Iran.

    On verra s'il est entendu. C'est que fondamentalement la Russie n’a pas d'amis ou d’alliés, en tout cas très peu de pays avec lesquels elle a des accords de défense. Elle n’a que des intérêts. Des intérêts qu’elle est prête à sacrifier s’ils ne lui apportent rien. Sa priorité absolue du moment est ailleurs. En Ukraine, où son influence est bine réelle, avec des conséquences dramatiques.

    À lire aussiAu Mali, un hommage sous haute sécurité au ministre de la Défense tué durant les attaques des rebelles et jihadistes

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  • En quittant l'Opep, les Émirats arabes unis envoient un message à leurs voisins et au monde
    2026/04/30

    C’est aujourd’hui la dernière journée où l’Opep, l’organisation des pays exportateurs de pétrole compte les Émirats arabes unis parmi ses membres. Le pays a décidé d’en sortir dès demain. Au-delà des conséquences économiques qui seront importantes mais sans doute davantage visibles après un éventuel déblocage du détroit d’Ormuz, c’est un signal géopolitique important.

    C’est une sorte de déclaration d’indépendance par rapport à une organisation dominée par l’Arabie saoudite, plus gros producteur au monde. C’est un nouvel épisode de la rivalité entre les deux États, une rivalité personnelle aussi, entre Mohamed Ben Zayed, dit MBZ, émir d’Abou Dabi et président des Émirats, et Mohamed Ben Salman, dit MBS, prince héritier et dirigeant de fait de l’Arabie Saoudite. Les deux dirigeants autrefois proches, sont désormais à couteaux tirés dans de multiples régions et cette décision relève d’une certaine forme de logique.

    Contrôler les routes maritimes

    Ça commence tout près de chez eux, dans la péninsule arabique. Plus précisément au Yémen où les deux pays se sont engagés au départ il y a une dizaine d'années contre la rébellion houthie soutenue par l’Iran et en faveur du président chassé de la capitale. Sauf que désormais l’Arabie saoudite soutient les forces loyalistes et les Émirats soutiennent les séparatistes du Conseil de transition du sud. Objectif est contrôler l’Ouest de l’océan Indien et l’accès au détroit de Bab El Mandeb qui commande l’une des principales routes maritimes du monde, qui relie l’Asie à l’Europe via la mer rouge et le canal de Suez.

    Investissements massifs en Afrique

    C’est pourquoi cette rivalité s’étend au-delà de la péninsule arabique. En face, donc en Afrique et notamment au Soudanla guerre, qui a provoqué la pire crise humanitaire au monde, est entrée dans sa quatrième année. L'Arabie saoudite y soutient les forces armées soudanaises qui contrôlent la capitale, et la ville de Port-Soudan, sur la mer Rouge. Les Émirats, bien qu’ils s’en défendent officiellement, soutiennent militairement les paramilitaires des FSR. Les émirats se sont aussi implantés en Libye, contre le gouvernement de Tripoli.

    Ils se sont associés également au Tchad par des financements importants. Des chercheurs ont établi qu’une base pour entrainer les FSR a été financée par des fonds émiriens en Éthiopie Si les Émirats sont aussi implantés dans la région, c’est qu’ils ont investi massivement en Afrique pour accéder aux ressources du continent et eux aussi contrôler les routes commerciales. Ils sont le premier investisseur en Afrique via des entreprises d’État et ont même dépassé la Chine.

    Axe israélo-américain

    Tout cela donne aux Émirats une position de plus en plus importante dans le grand jeu international. Contrairement à l’Arabie saoudite, ils ont signé les accords d’Abraham et ont normalisé leurs relations avec Israël. D'ailleurs, ils travaillent directement avec l’état Hébreu dans la corne de l'Afrique où ils contrôlent le port de Berbera, au Somaliland, qu’Israël est pour l’instant le seul pays à avoir reconnu.

    En quittant l’Opep, que Donald Trump accuse de maintenir des prix du pétrole élevés, ils se sont donc encore rapprochés de l'axe israélo-américain. En décidant de vendre leur pétrole seul pour pouvoir en vendre davantage quitte à le vendre moins cher, ils espèrent à la fois renforcer leur position, leurs investissements et les protéger le cas échéant.

    À lire aussiPétrole: les Émirats arabes unis annoncent un départ surprise de l'Opep

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  • La situation au Mali suivie avec attention par les pays de la région et même au-delà
    2026/04/29

    Au Mali, après les combats du week-end dernier et de ces derniers jours, le chef de la junte Assimi Goïta est réapparu hier. Il parle d'une situation d'extrême gravité mais maîtrisée. Il a reçu l’ambassadeur de Russie, son allié à la fois politique et militaire. La situation dans le pays et dans la région est observée de près dans les pays voisins et en premier lieu l’Algérie.

    Le ministre algérien des Affaires étrangères réaffirme son soutien à « l’unité du Mali » et son rejet catégorique de « toutes les formes de terrorisme ». Il faut dire que les relations entre les deux pays sont très dégradées. Elles ont même été marquées par un incident militaire quand un drone malien a été abattu par les forces armées algériennes il y a un peu plus d’un an à proximité de la longue frontière entre les deux pays.

    Bamako accuse Alger d’abriter les groupes qui ont pris le contrôle de la ville de Kidal, le FLA, les indépendantistes du front de libération de l’Azawad et le JNIM, le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al Qaïda. Et c’est de manière tout à fait ouverte que l’Algérie accueille l’influent Imam malien Mahmoud Dicko, qui a lancé en fin d’année dernière un mouvement de résistance des Maliens à la junte.

    Perte de l'initiative

    Pour l’Algérie, la situation présente des avantages. Si la prise de contrôle par les groupes armés indépendantiste et djihadiste à Kidal se confirme, s'étend ailleurs au nord se maintient, cela éloigne mécaniquement les forces armées maliennes partisanes d’un traitement militaire de ces dossiers quand Alger privilégie plutôt un traitement politique à travers l’accord d’Alger. Cela éloigne aussi les soldats Russes de l'Africa Corps apparemment évacués du nord du Mali vers l’étranger, possiblement via la Libye.

    Il se murmure même que cette évacuation, mais cela demande confirmation officielle, se fait avec l’aide de l’Algérie. Les forces armées maliennes ont clairement perdu l'initiative et doivent défendre leur positions les plus solides comme la ville-garnison de Kati à une quinzaine de kilomètres de Bamako sous pression également. Des pays comme la Mauritanie à l'Ouest sont sans doute dans l'attente de voir comment la situation à leur frontière va évoluer.

    L'équilibre du continent menacé

    Il faut voir aussi ces événements dans une perspective plus large. Depuis plusieurs années, la pression des groupes armés djihadistes descend vers le sud et des pays frontaliers s’en inquiètent. On peut citer le Bénin et le Togo, Il y a dix jours, la capitale Togolaise accueillait d’ailleurs une réunion pour définir une nouvelle stratégie pour le Sahel en crise. Parmi les participants, des représentants des pays de la sous-région, de la Cédéao, des pays européens, dont la France, mais aussi de l’alliance des États du Sahel. Cela prouve que le dialogue diplomatique existe encore. Mais surtout que la question d’une contagion et de ses possibles conséquences est posée.

    Les difficultés du Mali sont par extension une difficulté pour ses partenaires de l'AES, le Burkina Faso et le Niger, eux aussi confrontés à une forte pression. Le phénomène existe aussi dans le nord-ouest du Nigéria, où la politique sécuritaire américaine et les frappes de Noël n’ont rien arrangé au phénomène djihadiste toujours présent et qui menace désormais l’équilibre de toute la sous-région et a fortiori de tout le continent africain.

    À lire aussiMali: après les attaques, Assimi Goïta affirme que la situation d'une «extrême gravité» est «maîtrisée»

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