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De litteris Latinis

De litteris Latinis

著者: Magister recitationis Latinae
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Lecture en latin des grands auteurs, par touches, au gré de mes envies. Je commencerai par un poème de Catulle : "Ille mi par..." À découvrir ou redécouvrir chaque samedi à 18h00. (Illustration de couverture : Frederic Leighton (1830-1896), Acmé et Septimius, circa 1868, huile sur toile, diamètre : 99 cm, Ashmolean Museum, Royaume-Uni.) Retrouvez mes playlists publiques sur : https://open.spotify.com/user/31idj5zlp7sbzbykjl7vkk3fscuuMagister recitationis Latinae 語学学習
エピソード
  • Catullus, Carmen octogesimum tertium
    2026/07/11

    Salvete omnes !

    Aujourd'hui, Catulle nous met face à un paradoxe de l'amour : dire du mal de quelqu'un, c'est encore éprouver des sentiments pour lui, en quelque sorte l'aimer ; se taire et n'en rien dire, c'est être guéri des blessures de l'amour et n'en plus rien ressentir. Souvenez-vous du carmen LXXXV : "Odī et amō" (Je hais et j'aime).

    Lesbia mī praesente virō mala plūrima dīcit ;

    Haec illī fatuō maxima laetitia est.

    Mūle, nihil sentīs. Sī nostrī oblīta tacēret,

    Sāna esset ; nunc quod gannit et obloquitur,

    Nōn sōlum meminit, sed, quae multō acrior est rēs,

    Īrāta est ; hōc est, ūritur et loquitur.

    (pièce en distiques élégiaques)

    Traduction de Maurice Rat, in Catulle, Poèmes, Paris, Garnier, 1931 :

    Lesbia, en présence de son mari, lance contre moi force malédictions ; c’est pour cet imbécile une grande joie. Mulet, tu n’y comprends rien. Si, m’ayant oublié, elle se taisait, son cœur serait intact ; maintenant qu’elle gronde et m’injurie, non seulement elle se souvient de moi, mais, chose encore bien plus forte, elle est irritée, c’est-à-dire qu’elle brûle et qu’elle parle.

    Image : Frederic Leighton (1830-1896), Acmé et Septimius, circa 1868, huile sur toile, diamètre : 99 cm, Ashmolean Museum.

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  • Phaedrus, Fabulae, I, 13 : Vulpis et corvus
    2026/07/04

    Salvete omnes !

    Je ne résiste pas au plaisir de vous soumettre le jugement que Jean de La Fontaine porte sur Phèdre pour mettre en avant, avec une humilité toute rhétorique, son propre génie.« On ne trouvera pas ici l’élégance ni l’extrême brièveté qui rendent Phèdre recommandable : ce sont qualités au-dessus de ma portée. Comme il m’était impossible de l’imiter en cela, j’ai cru qu’il fallait en récompense égayer l’ouvrage plus qu’il n’a fait. Non que je le blâme d’en être demeuré dans ces termes : la langue latine n’en demandait pas davantage ; et si l’on y veut prendre garde, on reconnaîtra dans cet auteur le vrai caractère et le vrai génie de Térence. La simplicité est magnifique chez ces grands hommes : moi, qui n’ai pas les perfections du langage comme ils les ont eues, je ne la puis élever à un si haut point. Il a donc fallu se récompenser d’ailleurs : c’est ce que j’ai fait avec d’autant plus de hardiesse, que Quintilien dit qu’on ne saurait trop égayer les narrations. Il ne s’agit pas ici d’en apporter une raison : c’est assez que Quintilien l’ait dit. J’ai pourtant considéré que, ces fables étant sues de tout le monde, je ne ferais rien si je ne les rendais nouvelles par quelques traits qui en relevassent le goût. C’est ce qu’on demande aujourd’hui : on veut de la nouveauté et de la gaieté. Je n’appelle pas gaieté ce qui excite le rire ; mais un certain charme, un air agréable qu’on peut donner à toutes sortes de sujets, même les plus sérieux. »

    Jean de La Fontaine, Préface aux Fables, 1668

    À présent, voici la fable de Phèdre que tout le monde connaît dans la variante brillante de Jean de La Fontaine :

    Vulpis et corvus (I, 13)

    Quae sē laudārī gaudent verbīs subdolīs,

    Sērae dant poenās turpī pænitentiā.

    Cum dē fenestrā corvus raptum cāseum

    Comesse vellet, celsā residens arbore,

    Vulpēs invīdit, deinde sīc cœpit loquī :

    « Ō quī tuārum, corve, pinnārum est nitor !

    Quantum decōris corpore et vultū geris !

    Sī vōcem habēres, nulla prior āles foret. »

    At ille, dum etiam vōcem vult ostendere,

    Lātō ōre ēmīsit cāseum ; quem celeriter

    Dolōsa vulpēs avidīs rapuit dentibus.

    Tum dēmum ingemuit corvī dēceptus stupor.

    (fable en sénaires iambiques)

    Je reprends volontairement le texte des Itinera Electronica et de The Latin Library (que la traduction donnée par les Itinera Electronica ne reflète que partiellement). Je vous propose des éléments de réflexion sur le texte en commentaire de cette vidéo.

    Traduction de Pierre Constant, Fables de Phèdre, fables d’Avianus, sentences de Publilius Syrus, distiques moraux de Denys Caton, Paris, Garnier Frères, 1937 :

    Celui qui aime les flatteries perfides en est d’ordinaire puni par un repentir plein de confusion. Un corbeau avait pris sur une fenêtre un fromage et se disposait à le manger perché sur le haut d’un arbre. Un renard l’aperçut et se mit à lui parler ainsi : « Que ton plumage, ô corbeau, a d’éclat ! Que de beauté sur ta personne et dans ton air ! Si tu avais de la voix, nul oiseau ne te serait supérieur. » Mais lui, en voulant sottement montrer sa voix, laissa de son bec tomber le fromage et le rusé renard se hâta de le saisir de ses dents avides. Alors le corbeau gémit de s’être laissé tromper stupidement.

    Image : Jean-Baptiste Oudry (1686-1755), Le loup et l’agneau, huile sur toile, 104,1 x 125,7 cm, collection particulière, Limoges.

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  • C. Iulii Caesaris Commentarii de bello Gallico (I, 8)
    2026/06/27

    Intereā eā legiōne quam sēcum habēbat mīlitibusque, quī ex prōvinciā convēnerant, ā lacū Lemannō, quī in flūmen Rhodanum influit, ad montem Iūram, quī fīnēs Sēquanōrum ab Helvētiīs dīvidit, mīlia passuum XVIIII (1) mūrum in altitūdinem pedum sēdecim fossamque perdūcit. Eō opere perfectō praesidia dispōnit, castella commūnit, quō facilius, sī sē invītō transīre cōnentur, prohibēre possit. Ubi ea diēs quam constituerat cum lēgātīs vēnit et lēgātī ad eum revertērunt, negat sē mōre et exemplō populī Rōmānī posse iter ullī per prōvinciam dare et, sī vim facere cōnentur, prohibitūrum ostendit. Helvētiī eā spē dēiectī nāvibus iunctīs ratibusque complūribus factīs, aliī vadīs Rhodanī, quā minima altitūdō flūminis erat, nōn numquam interdiū, saepius noctū sī perrumpere possent cōnātī, operis mūnītiōne et mīlitum concursū et tēlīs repulsī, hōc cōnātū destitērunt.

    (1) XVIIII : decem novem

    Traduction publiée sous la direction de Désiré Nisard, Salluste, Jules César, C. Velleius Paterculus et A. Florus, Collection des Auteurs latins, Paris, Didot, 1865 :

    Dans cet intervalle, César, avec la légion qu’il avait avec lui et les troupes qui arrivaient de la Province, éleva, depuis le lac Léman, que traverse le Rhône, jusqu’au mont Jura, qui sépare la Séquanie de l’Helvétie, un rempart de dix-neuf mille pas de longueur et de seize pieds de haut : un fossé y fut joint. Ce travail achevé, il établit des postes, fortifie des positions, pour repousser plus facilement les Helvètes, s’ils voulaient passer contre son gré. Dès que le jour qu’il avait assigné à leurs députés fut arrivé, ceux-ci revinrent auprès de lui. Il leur déclara que les usages et l’exemple du peuple romain lui défendaient d’accorder le passage à travers la Province, et que, s’ils tentaient de le forcer, il s’y opposerait. Les Helvètes, déçus dans cette espérance, essaient de passer le Rhône, les uns sur des barques jointes ensemble et sur des radeaux faits dans ce dessein, les autres à gué, à l’endroit où le fleuve a le moins de profondeur, quelquefois le jour, plus souvent la nuit. Arrêtés par le rempart, par le nombre et par les armes de nos soldats, ils renoncent à cette tentative.

    Lionel Royer (1852-1926), Vercingétorix jette ses armes aux pieds de Jules César, 1899, huile sur toile, 321 x 482 cm, Musée Crozatier, France.

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