エピソード

  • Comprendre l’Ivoirité, son héritage et ses controverses
    2026/06/26

    Depuis le milieu des années 1990, l'ivoirité est souvent désignée comme la cause des malheurs ivoiriens. Idée voire idéologie d'une définition d'un « être » ivoirien, son appréciation est conflictuelle. Le terme existe pourtant depuis les années 1970. Il naît dans le champ intellectuel et culturel et charrie alors un imaginaire de libération et de redéfinition de soi.

    Afrique mémoires d’un continent vous propose l'histoire et la radioscopie, sans tabou, de cinquante années d'un concept qui a évolué au fil des décennies, dans un temps actuel où la Côte d'Ivoire panse difficilement les plaies qu'il a pu nourrir.

    Avec Jean-Noël Loucou, historien et homme politique ivoirien, secrétaire général de la fondation Félix Houphouët-Boigny.

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    39 分
  • Libye : les derniers jours de Mouammar Kadhafi
    2026/06/19

    20 Octobre 2011. Après plus de quarante ans au pouvoir, Mouammar Kadhafi vit ses dernières heures. Traqué, isolé et abandonné par une partie de ses anciens soutiens, celui qui a longtemps dominé la Libye voit son régime s'effondrer. Comment s'est déroulée cette chute spectaculaire ? Quels événements ont conduit à sa capture et à sa mort ? Afrique mémoires d’un continent revient sur les derniers jours de Kadhafi et sur les ultimes moments d'un des dirigeants les plus controversés du monde arabe.

    Pour aller plus loin

    Le 20 octobre 2011, Mouammar Kadhafi est capturé près de Syrte après plusieurs mois de guerre civile en Libye.

    La scène de son arrestation, filmée par des téléphones portables, montre un ancien dirigeant humilié, blessé et finalement tué par des combattants. Après 42 ans de pouvoir sans partage, sa mort provoque des scènes de liesse dans le pays, notamment à Tripoli, où beaucoup célèbrent la fin de la dictature.

    La communauté internationale salue alors la disparition d’un régime considéré comme autoritaire, tandis que des interrogations demeurent sur les circonstances exactes de sa mort. L’identité de celui qui a porté le coup fatal reste encore incertaine.

    Un dirigeant controversé entre Afrique et Occident

    Kadhafi a marqué pendant des décennies la scène internationale par son idéologie révolutionnaire, son nationalisme arabe puis son engagement panafricain. Il a longtemps été perçu par certains dirigeants africains comme un défenseur de l’indépendance du continent et un opposant à l’influence occidentale, mais son règne est aussi associé à la répression politique, aux conflits régionaux et à des accusations de soutien au terrorisme international.

    Dans les années 2000, après avoir renoncé à certains programmes militaires et cherché une réconciliation avec l’Occident, il retrouve une forme de respectabilité : la France, sous Nicolas Sarkozy, comme le Royaume-Uni de Tony Blair, renouent alors des relations diplomatiques avec Tripoli.

    L’intervention internationale et l’héritage de la guerre libyenne

    En 2011, les révoltes du « printemps arabe » atteignent la Libye, avec un soulèvement majeur à Benghazi. Face à la répression menée par le régime, la communauté internationale intervient sous mandat de l’ONU. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis participent aux frappes aériennes de l’OTAN, officiellement pour protéger les populations civiles.

    Rapidement, l’objectif évolue vers la chute du régime de Kadhafi qui finit par se réfugier à Syrte avant d’être capturé et tué.

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    39 分
  • Les Ivoiriens face à leurs historiens
    2026/06/12

    Quelle est l’origine des Ivoiriens ? Combien d’ethnies sont recensées en Côte d’Ivoire ? Quelle est l’histoire de la reine Pokou ? Afrique mémoires d’un continent pose ce dimanche ses bagages à Abidjan, plus précisément à la fondation Hampâté Bâ, et propose un échange direct entre deux historiens et six intervenants ivoiriens de tous âges et passionnés d’histoire.

    Avec la participation des historiens ivoiriens Séverin Konin et Chikouna Cissé.

    Tous nos remerciements à la fondation Hampâté Bâ pour son accueil.

    Pour aller plus loin

    Les premières questions portent sur les origines des populations ivoiriennes, la reine Pokou, les ethnies et la notion d’autochtonie. Les historiens expliquent que l’histoire du peuplement de la Côte d’Ivoire résulte de migrations successives très anciennes. Il n’existe donc pas une origine unique des Ivoiriens, mais une superposition de populations venues de différentes régions d’Afrique de l’Ouest. La légende de la reine Pokou illustre ces mouvements migratoires qui ont marqué la formation du peuple baoulé. Les intervenants soulignent également la diversité ethnique du pays, composé officiellement de 63 ethnies, auxquelles s’ajoutent de nombreux sous-groupes.

    Indépendance, crises politiques et rôle de l’historien

    Les intervenants abordent ensuite la question de l’indépendance de la Côte d’Ivoire et les luttes menées contre la domination coloniale. Ils rappellent que l’indépendance de 1960 résulte à la fois de facteurs internationaux et de mobilisations locales, notamment celles du PDCI-RDA et des femmes de Grand-Bassam. Le débat s’étend également à la crise politico-militaire de 2002-2011. Les participants s’interrogent sur la possibilité d’écrire une histoire objective de cette période encore récente et marquée par de fortes divisions. Les historiens insistent sur la nécessité de prendre du recul et de distinguer le travail scientifique des interprétations politiques. Selon eux, l’histoire doit contribuer à la réconciliation nationale plutôt qu’à l’entretien des clivages.

    Transmission de la mémoire et valorisation du patrimoine

    La dernière partie de l’émission porte sur la transmission de la mémoire historique africaine. Plusieurs intervenants regrettent que l’histoire soit souvent perçue comme une simple matière scolaire alors qu’elle constitue un outil essentiel de compréhension de soi et d’émancipation culturelle. Les historiens défendent une histoire accessible au grand public et rappellent l’importance de vulgariser les connaissances produites par l’université. Ils évoquent également les conséquences de la traite négrière, la nécessité de mieux valoriser les sites historiques ivoiriens et le besoin de dépasser certains héritages intellectuels de la colonisation. Enfin, les échanges mettent en lumière le rôle fondamental des traditions orales, de l’archéologie et de la préservation du patrimoine.

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    39 分
  • Amérique latine - Afrique : une mémoire partagée
    2026/06/05

    Quels liens unissent l’Amérique latine et l’Afrique ? Des deux côtés de l’océan Atlantique, s’écrit une histoire commune faite de migrations, d’échanges culturels et d’héritages partagés. De l’arrivée des populations africaines en Amérique aux influences qui marquent encore aujourd’hui des arts comme la musique ou la littérature, nous explorons les racines de cette relation singulière.

    Un voyage entre histoire, mémoire et identité, à la découverte des passerelles qui relient l’Amérique latine au continent africain.

    Avec la participation de :

    • Sarah Quesada, professeure associée d’études des romances, de genre et de sexualité à l’université de Duke aux États-Unis
    • Estefania Bournot, chercheuse en littérature comparée et spécialiste des circulations culturelles entre l’Afrique et l’Amérique latine
    • Mohamed Mbougar Sarr, écrivain sénégalais, lauréat du prix Goncourt en 2021
    • Sami Tchak, écrivain togolais.

    Pour aller plus loin

    La traite transatlantique a profondément façonné l'Amérique latine et l'Afrique et son histoire continue d’influencer leurs sociétés. Léopold Sédar Senghor est présenté comme une figure majeure de ce rapprochement, notamment grâce à ses voyages en Amérique latine dans les années 1970 et à sa volonté de créer des solidarités entre les peuples issus d’une histoire commune.

    La présence africaine en Amérique latine reste souvent méconnue. L’exemple de Veracruz, au Mexique, montre pourtant l’importance du rôle des Africains dans la construction du pays. De même, la ville de Yanga rappelle l’héritage des esclaves rebelles et la contribution des populations afro-descendantes à l’histoire mexicaine.

    Les chercheurs insistent sur la nécessité de dépasser la simple mémoire de l’esclavage pour mettre en valeur les relations vivantes entre l’Afrique et l’Amérique latine. Ils évoquent les réseaux intellectuels, les festivals panafricains, les écrivains, diplomates et artistes qui ont contribué à construire des passerelles entre les deux espaces culturels.

    L’émission s’interroge enfin sur la réalité contemporaine des relations entre l’Afrique et l’Amérique latine. Malgré l’existence de discriminations raciales et le manque de connaissance mutuelle, plusieurs intervenants observent un regain d’intérêt pour les échanges culturels, universitaires et diplomatiques, notamment au Brésil et en Colombie.

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    39 分
  • Lumière sur les «siècles obscurs» : cartographie de l’Afrique médiévale
    2026/05/29

    Le Moyen-Âge africain fascine. Comment vivaient nos ancêtres du VIIè au XVè siècle ? Quel était leur quotidien ? Quelles formations étatiques régissaient les cités avant la colonisation ? Cette période, appelée « siècles obscurs », s’avère être plutôt un âge d’or au sens premier du terme, avec l’essor de royaumes, de génies architecturaux et le commerce du précieux métal.

    Avec la participation de Bertrand Hirsch, historien, professeur des universités Histoire de l’Éthiopie, Histoire de l’Afrique.

    Pour aller plus loin

    L’Afrique médiévale entre le VIIe et le XVe siècle, période longtemps qualifiée de «siècles obscurs », apparaît aujourd’hui comme un âge d’or marqué par l’essor des royaumes, des échanges commerciaux et des réalisations culturelles. L’historien Bertrand Hirsch explique que le terme de « Moyen Âge africain » est une construction historiographique, une expression qui malgré ses limites permet de comparer différentes civilisations et de mieux intégrer l’histoire africaine dans l’histoire mondiale.

    Les sources disponibles pour étudier cette période sont diverses : récits écrits produits en Nubie ou en Éthiopie, textes arabes de géographes et voyageurs, traditions orales et découvertes archéologiques. Les historiens rappellent cependant que ces sources restent fragmentaires et parfois difficiles à interpréter. L’histoire de nombreuses sociétés rurales demeure encore largement inconnue.

    L’expansion de l’islam et les échanges commerciaux

    L’un des phénomènes majeurs du Moyen Âge africain est l’expansion de l’islam à partir du VIIe siècle. Contrairement à certaines idées reçues, cette diffusion s’effectue davantage par les marchands, les savants et les échanges commerciaux que par des conquêtes militaires. Dans plusieurs régions, notamment au Mali, sur la côte swahilie ou en Éthiopie, les élites se convertissent à l’islam afin de faciliter les relations commerciales avec le monde arabe. Toutefois, les populations continuent souvent à pratiquer leurs religions traditionnelles, créant des formes originales de coexistence religieuse.

    Le commerce joue également un rôle essentiel dans le développement des royaumes africains. L’or devient une richesse stratégique très recherchée par le monde islamique et européen. Le pèlerinage de Mansa Moussa à La Mecque en 1324 symbolise cette puissance économique : sa distribution d’or impressionne durablement le monde méditerranéen. Sur la côte swahilie et au Grand Zimbabwe, les échanges avec l’océan Indien favorisent aussi l’essor de villes commerçantes et d’une architecture sophistiquée.

    Des royaumes puissants et une histoire encore à écrire

    Plusieurs grands ensembles politiques africains, comme les royaumes de Nubie, l’Éthiopie chrétienne, l’empire du Mali, le royaume du Congo ou encore le Grand Zimbabwe, possèdent des systèmes politiques complexes, des traditions religieuses variées et parfois des systèmes d’écriture comme le guèze en Éthiopie. L’urbanisation, la construction de mosquées, d’églises ou de cités en pierre témoignent d’un important développement culturel et architectural.

    Enfin, Bertrand Hirsch souligne que l’histoire de l’Afrique médiévale reste encore largement à explorer. De nombreuses régions et populations demeurent peu connues faute de moyens de recherche et d’études archéologiques suffisantes. Le développement des universités et des recherches en Afrique est donc présenté comme une priorité pour mieux comprendre ce passé riche, complexe et longtemps sous-estimé.

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    39 分
  • Des rives de la Méditerranée au Sahara : vérités et tabous des esclavages dans le monde musulman
    2026/05/22

    La mémoire du continent longe ce dimanche les rives de la Méditerranée et descend jusqu'au Sahara pour tenter de cartographier l'esclavage dans les mondes musulmans. L'occasion de revisiter des questions peu discutées, taboues pour certains, dans un dialogue sans langue de bois et sans détours.

    Avec la participation de M’hamed Oualdi, historien, professeur d'histoire du Maghreb à l’Institut universitaire européen de Florence, auteur de L’esclavage dans les mondes musulmans (éd. Amsterdam).

    Pour aller plus loin

    L’historien M'hamed Oualdi présente l’exposition Esclaves en Méditerranée à l’Institut du monde arabe et explique que l’esclavage méditerranéen des XVIIe et XVIIIe siècles reste beaucoup moins connu que la traite transatlantique. Pourtant, la Méditerranée fut pendant des siècles un espace majeur de captivité et de servitude.

    L’exposition met en lumière les échanges entre l’Europe du Sud, le Maghreb et l’Empire ottoman, notamment à travers des œuvres d’art italiennes et françaises représentant des esclaves de différentes origines. L’historien rappelle que l’esclavage existait déjà dans l’Antiquité grecque et romaine, puis s’est poursuivi à l’époque moderne grâce au système des corsaires. Des navires musulmans comme chrétiens capturaient des passagers et exigeaient des rançons ; ceux qui ne pouvaient payer devenaient esclaves ou serviteurs.

    Les captifs étaient variés : pêcheurs, pèlerins, marins ou voyageurs. Chrétiens, musulmans et juifs pouvaient être réduits en captivité.

    La traite transsaharienne et les mondes musulmans

    M'hamed Oualdi insiste sur le fait qu’il ne faut pas parler d’une seule « traite islamique », mais de plusieurs traites liées aux mondes musulmans. Du VIIIe au XIXe siècle, des routes commerciales traversaient le Sahara, la Méditerranée, le Caucase ou encore l’Afrique de l’Est. Ces traites concernaient des populations très diverses et reposaient sur des réseaux complexes de marchands et de caravanes.

    L’historien privilégie le terme de « traite transsaharienne », car il désigne un espace géographique plutôt qu’une religion. Il rappelle que l’islam reconnaissait juridiquement l’esclavage, comme les autres religions monothéistes, tout en encourageant l’affranchissement des esclaves. En théorie, un musulman ne devait pas être réduit en esclavage, mais dans les faits cette règle fut souvent contournée.

    Les estimations du nombre de déportés restent imprécises : les historiens évoquent entre 12 et 17 millions de personnes sur le temps long. Contrairement à la traite transatlantique, les archives sont moins nombreuses et les chiffres plus difficiles à établir.

    Mémoire, racisme et héritages contemporains

    L’entretien aborde enfin les mémoires douloureuses laissées par cette histoire. M'hamed Oualdi estime que les sociétés maghrébines parlent encore trop peu de l’esclavage et de la négrophobie. Même si des romans, des recherches et des expositions existent, cette histoire reste peu enseignée au grand public.

    L’historien critique notamment le livre Le Génocide voilé de Tidiane N'Diaye, qu’il juge insuffisamment fondé scientifiquement et trop simplificateur. Selon lui, il ne faut pas opposer traite transatlantique et traite transsaharienne, mais étudier les deux phénomènes dans toute leur complexité.

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    L'exposition « Esclaves en Méditerranée, XVIIe-XVIIIe siècles » est à découvrir à l'Institut du monde arabe à Paris jusqu'au 19 juillet 2026. Entrée gratuite.

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    39 分
  • Togo : le pays Dyè-Boukombom, neuf siècles d’histoire au cœur du bassin de l’Oti
    2026/05/15

    Au nord du Togo, le bassin de l’Oti conserve les traces d’une histoire ancienne faite de migrations, de cohabitations et de rivalités politiques. Des récits fondateurs du pays Dyè-Boukombom (Ngangam) aux bouleversements des XVIIIe et XIXe siècles, l’émission explore la mémoire longue de cette région au carrefour de plusieurs mondes ouest-africains.

    Avec la participation de Ilaboti Dipo, historien, enseignant-chercheur à l'Université de Kara au Togo, auteur de L’histoire de ceux qu’on appelle les Ngangam des origines à 1890 (éd. L'Harmattan Togo).

    Pour aller plus loin

    Au nord du Togo, le bassin de l’Oti – aussi appelé Penjari – apparaît comme un vaste espace de circulation entre le Ghana, le Bénin et les anciens royaumes de la boucle voltaïque. Entre le Xe et le XIXe siècle, cette région fertile devient une terre de rencontres, d’échanges et de migrations où cohabitent plusieurs peuples de langues gour. Le pays Dyè-Boukombom, également désigné sous le nom de pays Ngangam, se construit progressivement autour de récits fondateurs, de traditions orales et d’une organisation sociale profondément liée au territoire et aux ancêtres.

    Les vestiges archéologiques, les anciens sites d’habitat et les récits transmis de génération en génération témoignent d’une histoire ancienne et complexe. Certains groupes se revendiquent autochtones et racontent que leurs ancêtres seraient sortis de la terre elle-même, tandis que d’autres sont arrivés au fil des siècles, poussés par les guerres, les sécheresses ou la recherche de terres plus fertiles.

    Des sociétés organisées autour du lignage et de la terre

    Dans le pays Dyè-Boukombom, la famille élargie et le lignage constituent les fondements de la vie sociale et politique. Le pouvoir repose sur les anciens et les maîtres de la terre, chargés des rites, des cérémonies et de la protection symbolique du territoire. Malgré la diversité des populations, une coexistence relativement pacifique s’installe durablement entre groupes autochtones et migrants, chacun participant aux activités collectives, aux cultes et aux conseils de la communauté.

    Le bassin de l’Oti devient ainsi une zone cosmopolite, traversée par des commerçants, des caravanes et des populations venues des régions voisines. Cette dynamique migratoire contribue à façonner les identités locales et les équilibres politiques de la région.

    L’arrivée des Anufo et les bouleversements du XIXe siècle

    À la fin du XVIIIe siècle, l’arrivée des Anufo venus de la région de l’Anno, dans l’actuelle Côte d’Ivoire, marque un tournant majeur. Armés de fusils obtenus grâce aux réseaux commerciaux liés à la traite négrière, ils imposent progressivement leur domination sur les populations du bassin de l’Oti. Razzias, tributs et conquêtes militaires transforment en profondeur les rapports de pouvoir dans la région.

    C’est également dans ce contexte qu’apparaît l’ethnonyme « Ngangam », un terme extérieur aux connotations parfois péjoratives, qui finira néanmoins par s’imposer pour désigner l’ensemble des populations du pays Dyè-Boukombom. Cette histoire de migrations, de domination et de recompositions politiques éclaire autrement le passé du nord du Togo, bien avant l’arrivée de la colonisation européenne à la fin du XIXe siècle.

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    39 分
  • Des comptoirs aux urnes, l’histoire politique de la Guinée-Bissau
    2026/05/08

    Au XVe siècle, les navigateurs portugais installent des comptoirs sur la côte de la Guinée-Bissau et intègrent la région aux circuits du commerce transatlantique. Sans cesse contestée par les résistances locales, la présence coloniale tient bon jusque dans les années 1960 et la création du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, mené par Amilcar Cabral et qui engage une guerre de libération organisée. L’indépendance de la Guinée-Bissau est proclamée en 1973.

    Avec la participation de Ferhat Méchouèk, docteur en ethnologie et en sociologie, auteur du livre Le pouvoir politique en Guinée-Bissau, du XVe au XXIe siècle (éd. Présence africaine).

    Pour aller plus loin

    La mémoire d'un continent propose une exploration dans la longue histoire de la Guinée-Bissau, petit État d’Afrique de l’Ouest au carrefour des mondes atlantiques. Depuis l’arrivée des Portugais au XVe siècle jusqu’aux instabilités contemporaines, ce parcours historique retrace les grandes séquences politiques qui ont façonné le pays.

    Les premiers contacts entre les navigateurs portugais et les sociétés de la côte guinéenne s’inscrivent dans le contexte des explorations atlantiques et de l’essor du commerce esclavagiste. Très tôt liée au Cap-Vert, la Guinée portugaise devient un espace stratégique pour l’Empire portugais, où émergent des comptoirs commerciaux et une élite métissée jouant un rôle central dans les échanges et l’administration coloniale.

    Comptoirs, commerce et ordre colonial

    À travers des figures comme Bibiana Vaz de França, se dessinent les trajectoires de certaines élites créoles qui participent à l’essor économique tout en contestant parfois l’autorité portugaise. Le récit éclaire aussi la manière dont se construit progressivement l’État colonial : administration indirecte, recours aux chefs locaux, fiscalité, travail forcé et campagnes militaires dites de « pacification ».

    Ferhat Méchouèk analyse également les profondes recompositions sociales produites par la colonisation dans un territoire marqué par une grande diversité de groupes sociaux – Balante, Papel, Fula, Manding ou Manjac. La domination coloniale repose autant sur les intérêts commerciaux que sur des stratégies de division et de contrôle du territoire.

    Le PAIGC et la lutte pour l’indépendance

    L’émergence d’une conscience anticoloniale prend forme dans les milieux intellectuels capverdiens et bissau-guinéens. Des mouvements culturels aux réseaux étudiants de Lisbonne, une nouvelle génération politisée commence à penser l’émancipation des colonies portugaises.

    La figure d’Amílcar Cabral occupe une place centrale dans cette histoire. Fondateur du PAIGC, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, il structure la lutte contre le pouvoir colonial portugais et théorise une mobilisation populaire articulée à la lutte armée. Le massacre des dockers de Pidjiguiti en 1959 marque un tournant décisif dans cette trajectoire.

    Héritages politiques et instabilité contemporaine

    L’entretien interroge enfin les continuités entre l’histoire coloniale, les fractures issues de la guerre de libération et les crises politiques qui traversent la Guinée-Bissau depuis l’indépendance. Rivalités internes au PAIGC, tensions entre civils et militaires, coups d’État et conflits autour de l’exercice du pouvoir constituent autant d’éléments qui éclairent les fragilités persistantes de l’État bissau-guinéen.

    Plusieurs siècles d’histoire politique se déploient ainsi entre logiques impériales, dynamiques sociales locales et construction difficile d’un État indépendant.

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