『100 % création』のカバーアート

100 % création

100 % création

著者: RFI
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2026年5月12日まで。4か月目以降は月額1,500円で自動更新します。

概要

Mode, accessoires, décoration, stylisme, design. Dans la chronique 100 % création de Maria Afonso, RFI vous fait découvrir l’univers de créateurs. Venez écouter leur histoire, leur parcours, leurs influences, leur idée de la mode chaque dimanche à 04h53, 6h55 et 12h54 TU vers toutes cibles.

France Médias Monde
アート
エピソード
  • Imane Ayissi, le grand couturier amoureux du patrimoine textile africain
    2026/04/25
    Imane Ayissi incarne l'audace et la persévérance. Né à Yaoundé, au Cameroun, c'est un créateur aux multiples talents : danseur, mannequin, écrivain et désormais grand couturier. Il est le premier créateur de mode d'Afrique subsaharienne à avoir intégré le calendrier officiel de la haute couture parisienne en 2020. Une reconnaissance historique qui couronne un parcours atypique, marqué par une passion précoce pour l'esthétique et une curiosité insatiable. L'arrivée à Paris d'Imane Ayissi dans les années 1990 est un choc culturel fondateur. Pour ce jeune homme venu de Yaoundé, la capitale française est une révélation : ses boulevards illuminés, ses maisons de couture, ses cabarets et son énergie créative le fascinent. « C'était bouleversant. Cette lumière, cette énergie parisienne m'ont envoûté », confie-t-il. Paris devient le terreau de sa créativité, un lieu où il puise l'inspiration pour réinventer la mode africaine sur la scène internationale. Autodidacte, Imane Ayissi a appris son métier au gré des rencontres, développant un style unique. Ses créations, célébrées pour leur élégance et leur singularité, mettent en valeur des tissus emblématiques comme le Faso dan fani (Burkina Faso), le bogolan (Mali), le Kente (Ghana) ou encore le raphia, présent dans plusieurs pays du continent. La mode comme langage : quand le corps danse avec le tissu Pour Imane Ayissi, la mode et la danse sont indissociables. Ancien danseur et mannequin, il conçoit le vêtement comme une seconde peau, un prolongement du corps en mouvement. « Le corps bouge, il a besoin d'être enveloppé avec de l'étoffe. Les formes, les couleurs, les volumes... Tout prend sens quand on comprend comment le vêtement épouse le mouvement », explique-t-il. Cette approche sensorielle influence profondément ses créations. Chaque pièce est pensée pour libérer l'expression corporelle, tout en rendant hommage aux techniques ancestrales de tissage et de teinture. Son expertise du corps, acquise sur les podiums et les scènes de danse, lui permet de jouer avec les matières pour créer des silhouettes à la fois fluides et structurées, où tradition et contemporanéité dialoguent. Son engagement va au-delà de l'esthétique : pour lui, le luxe véritable réside dans l'acceptation de soi et la valorisation de son histoire. « Le luxe, c'est d'abord nous-mêmes. C'est le respect de nos racines, de nos matières, de notre patrimoine. C'est de là que vient le respect des autres », affirme-t-il. Une philosophie qui guide chacune de ses collections. Un ambassadeur du patrimoine textile africain Imane Ayissi est bien plus qu'un couturier : c'est un passeur de culture. Son travail met en lumière la richesse des savoir-faire textiles africains, souvent méconnus ou sous-estimés. Pour sourcer ses matières, il parcourt le continent, rencontrant des artisans, visitant des musées et explorant des techniques traditionnelles : « Je me rends sur place, je touche les fils, je vois comment travaillent les équipes. Le dialogue et la chaleur humaine sont essentiels pour créer une matière qui raconte une histoire. » Son processus de création est méticuleux. Une fois les bandes de tissu reçues, souvent étroites (20 centimètres de large) et longues, il les assemble à la main pour composer des pagnes uniques, qu'il transforme ensuite en pièces haute couture. Il sublime la matière brute sans la dénaturer : « Je fais attention à ne pas gaspiller, à respecter les lignes du tissu. Ces étoffes, autrefois portées drapées, je les coupe pour les adapter aux podiums internationaux, tout en leur donnant leurs lettres de noblesse. » Son intégration au calendrier de la haute couture parisienne en 2020 est une double victoire : une reconnaissance pour son talent, mais aussi une plateforme pour promouvoir les tissus africains. À travers ses collections, il présente des pièces en voile de coton mauritanien, bogolan malien ou raphia gabonais, prouvant que l'Afrique regorge de trésors textiles capables de rivaliser avec les plus grandes maisons de luxe. Transmettre pour pérenniser : l'héritage d'Imane Ayissi Pour Imane Ayissi, l'avenir de la mode africaine passe par la transmission. « ​​​​​​​Pourquoi l'Afrique est-elle délaissée ? Son patrimoine textile a toujours existé. Le coton, le raphia, les écorces... Nous devons nous poser cette question : qu'avons-nous fait de notre héritage après les indépendances ? », interroge-t-il. Son combat dépasse le cadre de la mode. À travers des expositions comme Africa Fashion au musée du Quai Branly (jusqu'au 12 juillet), il contribue à l'histoire en mettant en avant des créateurs contemporains tout en rendant hommage à ceux d'autrefois. « ​​​​​​​On ne peut pas parler du présent sans évoquer ceux qui nous ont précédés. Chaque époque compte », souligne-t-il. Selon Imane Ayissi, l'Afrique ...
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  • Cyril Dennery: quand la terre, le feu et l’humain ne font qu’un
    2026/04/18
    Les Journées européennes des métiers d’art (JEMA), organisées chaque année en France et en Europe, célèbrent la richesse et la diversité des savoir-faire artisanaux. Parmi ces talents, Cyril Dennery, maître artisan d’art céramiste, se distingue par un parcours atypique où architecture, passion pour la terre et fascination pour la cuisson au feu de bois se mêlent. Pour lui, la céramique est bien plus qu’un métier, c’est un chemin de vie, une quête d’harmonie entre l’humain, la nature et le feu. Originaire de Boulogne-sur-Mer, Cyril Dennery a été diagnostiqué hyperactif dans son enfance. Pour canaliser son énergie, ses parents l’ont inscrit à de multiples activités. C’est finalement les maquettes, notamment celles de trains électriques, qui ont capté son attention. Dès l’âge de huit ans, il passe des heures à construire, démonter et créer, développant ainsi une passion précoce pour la précision et la conception. « À onze ans, j’ai récupéré le train électrique de mon père. Je faisais de l’électronique, des maquettes, je faisais tout moi-même. Ça m’amusait beaucoup », confie-t-il. Cette fascination pour la construction le conduit naturellement vers des études d’architecture. Mais c’est en Angleterre, lors d’un cursus en Art et Design, qu’il découvre la céramique. « J’ai eu un coup de foudre immédiat pour le tour à pied. Pour moi, qui ai un passé de jongleur, c’était un exercice proprioceptif fascinant : tout le corps est engagé, des pieds aux doigts », explique-t-il. La terre devient alors bien plus qu’un matériau : elle est un miroir de son intériorité. « Ce n’est pas la terre en elle-même, c’est l’effet qu’elle produit sur le corps. Travailler la terre, c’est un processus intérieur, une rencontre avec soi-même », ajoute-t-il. Une révélation qui marquera le début d’une aventure artistique et personnelle. Autodidacte et inspiré : l’apprentissage par la passion Cyril Dennery n’a pas suivi de formation traditionnelle en céramique. Son apprentissage s’est construit grâce à des ressources informelles, notamment les vidéos YouTube de maîtres potiers japonais et anglais. « En 2009, YouTube était déjà une mine d’or. Je regardais des vidéos le soir et j’essayais de reproduire les gestes le lendemain », raconte-t-il. Parmi ses influences, les potiers japonais, détenteurs d’un savoir-faire ancestral, et des figures comme Simon Leach, petit-fils du légendaire Bernard Leach, une référence en poterie anglaise. Son parcours d’autodidacte est marqué par une soif de liberté et d’autonomie. « J’avais l’impression que les études me donnaient un cadre disciplinaire, mais j’ai toujours préféré apprendre par moi-même. Aujourd’hui, je partage aussi mes connaissances via ma chaîne YouTube, pour redonner ce que j’ai reçu », souligne-t-il. Cette approche lui a permis de développer un style unique, nourri par des influences culturelles variées et une sensibilité architecturale. « Les céramistes d’aujourd’hui viennent souvent d’autres horizons et c’est cette diversité qui enrichit le métier », explique-t-il. La cuisson au feu de bois : un dialogue avec la flamme Cyril Dennery a choisi la cuisson au feu de bois, un procédé ancestral qu’il a perfectionné au fil des années. Inspiré par les potiers japonais, il a construit son propre four, un outil exigeant qui demande une maîtrise technique et une patience infinie. «​​​​​​​ La cuisson au bois, c’est l’une des plus complexes qui existent. À 1 300 degrés, la cendre fond et crée des effets de verre sur les pièces, un phénomène appelé "taxie". C’est un dialogue entre la science et l’art », détaille-t-il. Pour chaque cuisson, Cyril utilise entre 6 et 7 stères de bois, une ressource qu’il produit lui-même sur une parcelle de deux hectares. «​​​​​​​ ​​​​​​​Je passe un mois par an à bûcheronner. C’est un métier dans le métier, mais c’est essentiel pour moi. La céramique, c’est aussi une connexion à la nature, au bois, à la forêt », confie-t-il. Les cuissons durent 30 heures, organisées en quarts de 6 heures, comme sur un bateau. «​​​​​​​ On ne fait pas simplement du feu, on le conduit. C’est une aventure humaine, où la confiance et la complémentarité avec son partenaire sont cruciales », explique-t-il. Créer pour les chefs étoilés : l’art de s’adapter Depuis quinze ans, Cyril Dennery crée des œuvres d’art mais collabore aussi avec des restaurants étoilés pour créer des assiettes uniques, adaptées à l’univers de chaque chef. « Il n’y a pas de projet sans contexte. Ma formation d’architecte me rend extrêmement sensible à l’environnement dans lequel mes pièces vont évoluer », précise-t-il. Chaque collection est le fruit d’un dialogue avec le chef, une ...
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    14 分
  • L’art à l’ère de l’intelligence artificielle avec l’univers de Justine Emard
    2026/04/11
    Jusqu’au 19 avril, la Bibliothèque nationale de France accueille la première édition du festival Noûs, un événement dédié à la création à l’ère de l’intelligence artificielle. Parmi les artistes invités, Justine Emard y présente Le Chant des sirènes, une œuvre qui interroge notre rapport à la technologie, à la mythologie et à la création artistique. Rencontre avec une artiste qui repousse les limites de l’art contemporain. Plasticienne passionnée par l’expérimentation, elle explore depuis plus de dix ans les frontières entre l’humain et la machine, donnant naissance à des univers à la fois poétiques et dérangeants. Pour Justine Emard, l’art n’est pas un simple métier, mais une nécessité vitale, presque un besoin. « Le but dans ma vie, c’est de pouvoir continuer à créer le plus longtemps possible dans les meilleures conditions », confie-t-elle. Cette passion, elle la cultive depuis son enfance à Clermont-Ferrand, bercée par les paysages volcaniques de l’Auvergne et une envie irrépressible d’inventer. Après un baccalauréat littéraire option arts plastiques, elle intègre les Beaux-Arts, puis complète son parcours par un master en conduite de projets culturels. Son approche artistique se distingue par son goût pour l’expérimentation. Dès 2010, lors d’une résidence dans un centre de réalité virtuelle, elle se forme à la création d’univers numériques, au code et aux scripts. « C’était le début de ma plongée dans le numérique », explique-t-elle. Depuis, elle n’a cessé d’explorer de nouvelles technologies : impression 3D avec des bras robotiques, bases de données, ou encore « machine learning ». Pour Justine Emard, l’artiste du XXIe siècle ne crée plus seul, mais en collaboration avec des scientifiques, des programmeurs ou des artisans. « On s’entoure de compétences pour créer quelque chose qui soit au plus juste de notre époque », souligne-t-elle. Le chant des sirènes : quand l’IA devient une entité vivante Avec Le Chant des sirènes, présenté au festival Noûs, Justine Emard plonge le public dans un univers où l’IA n’est pas un simple outil, mais une entité presque vivante. L’œuvre retrace le cycle de vie d’un algorithme : son apprentissage, son autonomie, puis son effondrement. « Au début, ces algorithmes ne savent rien. Puis, petit à petit, ils apprennent à partir des données qu’on leur fournit. C’est comme un nouveau-né qui apprend à marcher ou à parler », décrit-elle, évoquant une émotion presque palpable face à cette évolution. Mais l’artiste va plus loin en intégrant une dimension critique et poétique : celle de l’effondrement. « Si les algorithmes ne sont plus nourris par la création humaine, ils finissent par s’effondrer et générer n’importe quoi », explique-t-elle. Dans Le Chant des sirènes, ce processus se matérialise par une dégradation progressive des images, qui retournent à un état brut de pixels. Un scénario en trois actes – émergence, autonomie, effondrement – qui questionne notre fascination pour la technologie et ses limites. La création de cette œuvre a nécessité un travail minutieux et rigoureux. Justine Emard a collaboré avec Yassin Siouda, un expert basé à Lyon, pour entraîner des modèles d’IA en réseau local, maîtrisant ainsi la consommation d’énergie. « Il a fallu des semaines pour générer les séquences, ajuster les curseurs et détourner le système afin d’obtenir des images qui correspondent à ma vision », raconte-t-elle. Un processus où l’artiste garde le contrôle, guidant l’algorithme pour éviter les biais – comme ces sirènes trop « policées » qui revenaient sans cesse. La sirène : symbole d’une technologie à double visage Pour Le Chant des sirènes, Justine Emard a choisi de s’inspirer d’un mythe ancestral : celui des sirènes. Mais loin de l’image lissée popularisée par Disney, elle a puisé dans les manuscrits médiévaux de la BnF pour retrouver la véritable essence de ces créatures. « Au Moyen Âge, la sirène était une figure effrayante, changeante, parfois mi-femme mi-oiseau. Elle n’avait rien de la créature romantique à queue verte que l’on connaît aujourd’hui », explique-t-elle. Cette exploration des archives lui a permis de dépasser les stéréotypes et de créer des sirènes monstrueuses, presque inquiétantes. « L’IA révèle l’enfoui, ce qui a été oublié ou standardisé. Elle permet de retrouver une esthétique plus brute, plus proche de la mythologie originale », précise-t-elle. Pour Justine Emard, la sirène incarne aussi la dualité de l’intelligence artificielle : à la fois séduisante et dangereuse. « Elle nous attire par ses facilités, mais elle peut aussi nous engloutir. C’est cette ambivalence que je voulais explorer », ajoute-t-elle. L’artiste insiste cependant sur un point : l’IA ne remplacera jamais ...
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    15 分
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