『100 % création』のカバーアート

100 % création

100 % création

著者: RFI
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Mode, accessoires, décoration, stylisme, design. Dans la chronique 100 % création de Maria Afonso, RFI vous fait découvrir l’univers de créateurs. Venez écouter leur histoire, leur parcours, leurs influences, leur idée de la mode chaque dimanche à 04h53, 6h55 et 12h54 TU vers toutes cibles.

France Médias Monde
アート
エピソード
  • Le design devenu mémoire, refuge et acte de liberté par Elizabeth Garouste
    2026/06/13
    À travers son exposition Âmes vagabondes, Elizabeth Garouste affirme la singularité d’un univers à la croisée de l’art, du design et de l’artisanat. Figure majeure du décoratif, cette artiste-designer parisienne crée des œuvres entre sculpture et mobilier. Fauteuils, lampes, vases ou tables dépassent leur fonction : objets incarnés où geste créatif et savoir-faire artisanal engendrent des pièces habitées de présence, de poésie et d’émotion. La création, c’est la liberté Née à Paris juste après la guerre, dans une famille juive originaire de l’Est, Elizabeth Garouste grandit dans une atmosphère marquée par l’absence et la mémoire. « La moitié de la famille était déportée », raconte-t‑elle. Tous les dimanches, chez sa grand-mère à Ménilmontant, on se réunissait : « On se remémorait toujours les gens qui avaient disparu. » Ses parents s’installent boulevard Montparnasse. Elizabeth a « la chance » d’étudier à l'école Alsacienne. Là, pas de simples professeurs de dessin, mais « des vrais artistes » qui leur apprennent à faire « une pose en cinq minutes », à explorer le graffiti, à recomposer des scènes imaginaires. En parallèle, elle fréquente, avec son frère, les cours du musée des Arts décoratifs, flânant des journées entières dans ce musée à l'époque « un peu vieillot », fascinée par les maisons de poupées et les sous-sols mystérieux. Le design comme réponse à la peur Le basculement vers le design est intimement lié à son histoire personnelle et à la guerre. Enfant, Elizabeth est traumatisée : « Je pensais que la nuit, tous les meubles étaient devenus vivants. » Elle imagine un grenier qui s’ouvre, des objets menaçants. « Je dormais tout le temps assise et je mettais un maximum d’objets dans mon lit pour les protéger. » Elle confie d’ailleurs : « Je n’ai jamais bien dormi. » Plus tard, le design devient une manière de dompter cette angoisse : « C’est une manière d’apprivoiser les meubles. » Son parcours scolaire est marqué par un échec au bac et un passage dans une « boîte à bac » où elle rencontre Gérard Garouste. Elle suit deux ans à l’école Camondo, « pour pouvoir travailler », puis entre dans le bouillonnement des années Palace. Gérard décorant ce lieu mythique de la fin des années 1970-début 1980, elle réalise avec lui des masques en terre pour des luminaires. Cette expérience la met « tout de suite le pied à l’étrier ». Elle s’associe ensuite à Mattia Bonetti : ensemble, sous la signature Garouste & Bonetti, ils réhabilitent un art décoratif narratif et baroque dans un paysage alors « très rigoureux, très minimaliste ». Des meubles comme récits et comme rêveries Aujourd’hui encore, chaque pièce créée par Elizabeth Garouste est d’abord une histoire. « C’est une histoire que je me raconte », explique-t‑elle. Elle cite « La Chaise », en paille et bois ramassé en forêt : « C’était l’idée de la chaise du fils de Napoléon III qui faisait la guerre contre les Zoulous. » Un meuble en porcelaine de Sèvres lui évoque Marie‑Antoinette faisant venir des porcelaines de Chine pour les enchâsser dans ses meubles. Les matériaux : bois, bronze, céramique, fer forgé, se croisent comme autant de chapitres d’un récit. Son exposition Âmes vagabondes s’inscrit dans un fil conducteur constant : la nature. « Chaque meuble, chaque objet a le nom d’une plante ou d’une fleur », dit-elle. Elle parle d'une sorte « de rêverie et de vagabondage » à travers ce qu’elle peut imaginer et retranscrire de la nature. Le design est pour elle un équilibre délicat : « Il faut à la fois rêver, mais à la fois être fonctionnel. Impossible de concevoir une table où vous ne pouvez pas poser une assiette ou un buffet dans lequel vous ne pouvez rien mettre. » Ses pièces, souvent en édition limitée, échappent délibérément à la logique industrielle. Liberté, artisanat d’art et désir de dessin Au cœur de sa démarche, l’apprentissage permanent des techniques : verre soufflé ou collé, tapis tissé à la main, bronze, céramique… « C’est très enrichissant de savoir de quelle façon on peut travailler l’objet », souligne-t‑elle. Elle revendique son lien étroit avec les artisans d’art. À partir d’un croquis, elle redessine avec des cotes précises, choisit les matières, puis confie chaque partie à l’artisan adéquat, en orchestrant les allers-retours entre bronze, bois et céramique. Cette relation repose sur la confiance : « Il faut qu’ils sentent ce que je souhaite et que je sente ce qu’ils peuvent réaliser. C’est un échange. » À l’approche de ses 80 ans, elle aspire à se rapprocher encore davantage du dessin, de la peinture, des sculptures. « C’est dans cette direction que j’aimerais continuer. Plus le dessin et les gouaches… moins de fonctionnel, ...
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  • Alphadi, sa mode pour la dignité et la paix, au musée du Quai Branly à Paris
    2026/06/06
    Figure majeure de la mode africaine, Alphadi, « Magicien du désert », fait depuis plus de quarante ans de la création un outil d’émancipation et de valorisation du patrimoine textile africain. « La culture et la mode peuvent aller plus loin que l’uranium du Niger », affirme l’ambassadeur de l’Unesco pour la paix, l’innovation et la création, célébré à l’exposition Africa Fashion au musée du Quai Branly – Jacques-Chirac. Pour Alphadi, la mode n’est pas un simple exercice esthétique : c’est un acte politique. Il appelle les Africains à porter l’Afrique, à se réapproprier leurs textiles, leurs coupes, leurs parfums, leurs accessoires. « Les Africains doivent porter africain. Les Européens doivent porter africain. Les Américains doivent porter africain », insiste-t-il. Pourquoi, interroge-t-il, les Africains achèteraient-ils les grands costumes et parfums européens sans que l’inverse ne se produise ? À travers ce renversement du regard, il milite pour un changement de mentalité, fondé sur la fierté, la dignité et l’amour de soi. Son engagement est aussi un plaidoyer pour la paix. Face aux guerres, aux coups d’État et aux divisions internes, le créateur affirme sa croyance dans la beauté, l’amour et la culture comme forces capables de transformer le continent. « Pour moi, la paix, la beauté, l’amour peuvent nous amener très loin », confie-t-il. La mode devient alors un langage universel, un moyen de rassembler les peuples et de faire entendre une autre image de l’Afrique : forte, créative, capable. Un parcours pionnier et un combat économique Né au Niger, Alphadi débute sa carrière au début des années 1980. Très vite, il démontre que l’Afrique possède un patrimoine textile d’une richesse exceptionnelle. Depuis plus de quatre décennies, il revisite les vêtements traditionnels en modernisant les coupes et les silhouettes, sans trahir l’âme des tissus et des savoir-faire. Il n’a de cesse de répéter que « l’Afrique aussi peut le faire » et va jusqu’à affirmer que la culture et la mode peuvent rapporter davantage que l’uranium de son pays, pourvu que les décideurs y croient. Son combat est aussi économique et entrepreneurial : prouver que la mode peut devenir une véritable industrie sur le continent. « Le continent peut faire de la mode une économie mondiale », affirme-t-il. À travers ses boutiques implantées dans plusieurs pays africains, il montre qu’on peut créer, produire et vendre en Afrique, pour l’Afrique mais aussi pour l’Europe et l’Amérique. Il encourage les politiques et les financiers à investir dans les créateurs, dans les cosmétiques, les parfums, les textiles africains, afin de bâtir une économie de la mode à l’échelle mondiale. « Il faut que les politiciens et les financiers mettent aussi de l’argent sur les créatifs pour les accompagner dans leur combat », plaide-t-il. Transmission, grandes rencontres et Festival de la mode africaine Le parcours d’Alphadi est jalonné de rencontres décisives avec de grands noms de la mode mondiale, comme Yves Saint Laurent ou Christian Lacroix, qui ont reconnu la force de sa démarche et la modernité de la création africaine. « Yves Saint Laurent s’est approché de moi, il a voulu comprendre ma manière de travailler, mon combat », raconte-t-il. Ces échanges ont nourri son travail et renforcé sa légitimité sur les scènes parisienne et internationale. Souhaitant transmettre cette expérience, il fonde l’Académie Alphadi, une école supérieure de mode et d’arts. Au Niger, environ 250 jeunes filles y apprennent la couture, le stylisme et les métiers de la création. « Leur esprit, c’est d’être comme Alphadi, c’est d’être comme les grands créateurs de demain », dit-il avec fierté. Elles s’inspirent de son parcours et des grands créateurs qui l’ont accompagné, pour devenir à leur tour les talents de demain. En 1998, Alphadi crée le Festival international de la mode africaine (Fima), vitrine majeure de la création du continent. Au fil des éditions, le festival a accueilli les plus grandes signatures de la mode mondiale et rendu hommage à la beauté africaine dans des cadres d’exception, notamment au Maroc. Pour son promoteur, le Fima est un combat essentiel : il met en avant le textile comme produit stratégique, lie mode, tourisme, climat, éducation et image du continent, et contribue à imposer l’idée que « l’Afrique est à la mode. Le combat du Fima, c’est montrer le textile comme produit essentiel et rendre hommage à la beauté africaine », résume-t-il. L’Afrique dans les musées du monde La présence d’Alphadi à l’exposition Africa Fashion au Quai Branly s’inscrit dans cette même volonté de reconnaissance. Conçue par le Victoria and Albert Museum, cette exposition montre la diversité des textiles africains, la richesse des bijoux et des archives...
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  • Nilau, la marque de maroquinerie responsable en cuir d'autruche de Marie Veyron
    2026/05/30
    Nilau, la maison de maroquinerie fondée par Marie Veyron, transforme un matériau rare et méconnu, le cuir d’autruche français, en pièces de haute maroquinerie, traçables et écoresponsables. Née dans une ferme où on élève des autruches, Marie Veyron avec Nilau raconte une histoire de traçabilité, de savoir-faire artisanal et d’engagement écologique. Sacs, petite maroquinerie ou bijoux, avec Nilau, l’artisanat d’exception se met au service de l’innovation responsable. « J’avais vraiment en tête de créer tout un univers autour de la matière qu’on pouvait revaloriser de notre ferme », explique Marie Veyron. Le projet Nilau s’enracine dans une histoire familiale. Dans cette ferme « pas comme les autres », l’élevage d’autruches, autorisé en France seulement depuis les années 1990, devient le point de départ d’une filière encore confidentielle. « On est une trentaine d’éleveurs en France, avec une capacité d’environ 80 à 100 peaux par an chacun. Ça reste un marché très restreint, mais aujourd’hui il n’est pas totalement utilisé, donc autant valoriser au maximum cette matière », souligne-t-elle. Pour Marie Veyron, la création n’est pas un simple geste technique, mais un véritable temps de ressourcement : « C’est vraiment un temps off pour moi. Je prends un carnet, je me dis : je vais créer. Ça fait une bulle dans toute l’activité de l’entreprise, je me recentre et je remets à plat tout ce qui se passe. » Nilau, un nom léger pour un cuir précieux Derrière le nom Nilau se cache un clin d’œil poétique à ses matières de prédilection. « C’est un jeu de mots avec le mot "lin" à l’envers et le début d'"autruche". L’idée était d’associer le lin à l’autruche pour rendre ce cuir léger et portable au quotidien. Le nom devait lui aussi être léger. Nilau sonnait printanier. C’est léger, simple et pur. » La créatrice s’est formée au plus près des ateliers : fabricants, fournisseurs, sous-traitants de grandes maisons. Pendant ses études, une expérience de huit mois en bureau d’études lui permet de suivre toutes les étapes, « du dessin au produit fini ». « Le premier sac qu’on a sorti, l’atelier m’a dit : "C’est fou, c’est le même que sur votre dessin !” En réalité, j’étais arrivée avec une maquette déjà faite en papier de tapisserie, un papier qui se tient et permet de voir le modèle en 3D. » Un cuir rare, durable et terriblement tactile Souple, résistant et immédiatement reconnaissable, le cuir d’autruche est au cœur de la démarche de Nilau, aux côtés du lin et de peaux de saumon issues de déchets de l’industrie alimentaire. « C’est un cuir qu’on reconnaît directement grâce à ses picots, ces petits reliefs qui marquent l’emplacement des plumes. Il y a un côté très esthétique et très sensible : on le ressent au toucher. » Cette matière rare exige un travail minutieux, en tannerie comme en atelier, pour conserver les fameux picots. Elle se prête à de nombreux usages : maroquinerie, chaussures, décoration, et se distingue par son vieillissement. « C’est un cuir qui se patine beaucoup avec le temps, il ne viendra pas se craqueler ». Marie Veyron joue aussi avec les différentes parties de la peau : la couronne de picots sur le dos, les zones plus lisses sur les côtés. Chaque design naît d’un dialogue entre la matière, la demande et l’usage final. Une filière écoresponsable et un écosystème créatif Au-delà de la création de sa propre marque, Marie Veyron a imaginé un véritable écosystème autour du cuir d’autruche français : collections Nilau, pièces sur mesure pour particuliers, collaborations avec d’autres marques, projets de décoration et d’architecture. « Si un architecte veut inclure du cuir d’autruche dans son projet, on discute ensemble de la finalité du produit, puis je travaille avec des artisans capables de l’incruster sur le meuble. C’est tout un écosystème autour de cette filière ». L’engagement écologique guide chaque choix : matières issues de co-produits, optimisation des peaux, circuits courts. « Le but, c’est d’utiliser toute la peau, de ne pas laisser de chutes et d’éco-concevoir le produit. L’artisan doit être dans le même état d’esprit : optimiser la matière, bien placer les pièces, réutiliser ce qui reste ». Nilau est autant une aventure humaine qu’un projet créatif. « Peut-être que, en tant que créatrice, j’avais besoin de dire : c’est ma ligne. Ma marque permet aussi de montrer tout ce qu’il est possible de faire avec le cuir d’autruche ». Abonnez-vous à 100% création 100% création est disponible à l’écoute sur toutes les plateformes de podcasts : PURE RADIO, Apple Podcast Castbox Deezer Google Podcast Podcast Addict Spotify ou toute autre plateforme via le flux RSS. Si vous aimez ce podcast, donnez-lui 5 ...
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    10 分
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