エピソード

  • Le design devenu mémoire, refuge et acte de liberté par Elizabeth Garouste
    2026/06/13
    À travers son exposition Âmes vagabondes, Elizabeth Garouste affirme la singularité d’un univers à la croisée de l’art, du design et de l’artisanat. Figure majeure du décoratif, cette artiste-designer parisienne crée des œuvres entre sculpture et mobilier. Fauteuils, lampes, vases ou tables dépassent leur fonction : objets incarnés où geste créatif et savoir-faire artisanal engendrent des pièces habitées de présence, de poésie et d’émotion. La création, c’est la liberté Née à Paris juste après la guerre, dans une famille juive originaire de l’Est, Elizabeth Garouste grandit dans une atmosphère marquée par l’absence et la mémoire. « La moitié de la famille était déportée », raconte-t‑elle. Tous les dimanches, chez sa grand-mère à Ménilmontant, on se réunissait : « On se remémorait toujours les gens qui avaient disparu. » Ses parents s’installent boulevard Montparnasse. Elizabeth a « la chance » d’étudier à l'école Alsacienne. Là, pas de simples professeurs de dessin, mais « des vrais artistes » qui leur apprennent à faire « une pose en cinq minutes », à explorer le graffiti, à recomposer des scènes imaginaires. En parallèle, elle fréquente, avec son frère, les cours du musée des Arts décoratifs, flânant des journées entières dans ce musée à l'époque « un peu vieillot », fascinée par les maisons de poupées et les sous-sols mystérieux. Le design comme réponse à la peur Le basculement vers le design est intimement lié à son histoire personnelle et à la guerre. Enfant, Elizabeth est traumatisée : « Je pensais que la nuit, tous les meubles étaient devenus vivants. » Elle imagine un grenier qui s’ouvre, des objets menaçants. « Je dormais tout le temps assise et je mettais un maximum d’objets dans mon lit pour les protéger. » Elle confie d’ailleurs : « Je n’ai jamais bien dormi. » Plus tard, le design devient une manière de dompter cette angoisse : « C’est une manière d’apprivoiser les meubles. » Son parcours scolaire est marqué par un échec au bac et un passage dans une « boîte à bac » où elle rencontre Gérard Garouste. Elle suit deux ans à l’école Camondo, « pour pouvoir travailler », puis entre dans le bouillonnement des années Palace. Gérard décorant ce lieu mythique de la fin des années 1970-début 1980, elle réalise avec lui des masques en terre pour des luminaires. Cette expérience la met « tout de suite le pied à l’étrier ». Elle s’associe ensuite à Mattia Bonetti : ensemble, sous la signature Garouste & Bonetti, ils réhabilitent un art décoratif narratif et baroque dans un paysage alors « très rigoureux, très minimaliste ». Des meubles comme récits et comme rêveries Aujourd’hui encore, chaque pièce créée par Elizabeth Garouste est d’abord une histoire. « C’est une histoire que je me raconte », explique-t‑elle. Elle cite « La Chaise », en paille et bois ramassé en forêt : « C’était l’idée de la chaise du fils de Napoléon III qui faisait la guerre contre les Zoulous. » Un meuble en porcelaine de Sèvres lui évoque Marie‑Antoinette faisant venir des porcelaines de Chine pour les enchâsser dans ses meubles. Les matériaux : bois, bronze, céramique, fer forgé, se croisent comme autant de chapitres d’un récit. Son exposition Âmes vagabondes s’inscrit dans un fil conducteur constant : la nature. « Chaque meuble, chaque objet a le nom d’une plante ou d’une fleur », dit-elle. Elle parle d'une sorte « de rêverie et de vagabondage » à travers ce qu’elle peut imaginer et retranscrire de la nature. Le design est pour elle un équilibre délicat : « Il faut à la fois rêver, mais à la fois être fonctionnel. Impossible de concevoir une table où vous ne pouvez pas poser une assiette ou un buffet dans lequel vous ne pouvez rien mettre. » Ses pièces, souvent en édition limitée, échappent délibérément à la logique industrielle. Liberté, artisanat d’art et désir de dessin Au cœur de sa démarche, l’apprentissage permanent des techniques : verre soufflé ou collé, tapis tissé à la main, bronze, céramique… « C’est très enrichissant de savoir de quelle façon on peut travailler l’objet », souligne-t‑elle. Elle revendique son lien étroit avec les artisans d’art. À partir d’un croquis, elle redessine avec des cotes précises, choisit les matières, puis confie chaque partie à l’artisan adéquat, en orchestrant les allers-retours entre bronze, bois et céramique. Cette relation repose sur la confiance : « Il faut qu’ils sentent ce que je souhaite et que je sente ce qu’ils peuvent réaliser. C’est un échange. » À l’approche de ses 80 ans, elle aspire à se rapprocher encore davantage du dessin, de la peinture, des sculptures. « C’est dans cette direction que j’aimerais continuer. Plus le dessin et les gouaches… moins de fonctionnel, ...
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  • Alphadi, sa mode pour la dignité et la paix, au musée du Quai Branly à Paris
    2026/06/06
    Figure majeure de la mode africaine, Alphadi, « Magicien du désert », fait depuis plus de quarante ans de la création un outil d’émancipation et de valorisation du patrimoine textile africain. « La culture et la mode peuvent aller plus loin que l’uranium du Niger », affirme l’ambassadeur de l’Unesco pour la paix, l’innovation et la création, célébré à l’exposition Africa Fashion au musée du Quai Branly – Jacques-Chirac. Pour Alphadi, la mode n’est pas un simple exercice esthétique : c’est un acte politique. Il appelle les Africains à porter l’Afrique, à se réapproprier leurs textiles, leurs coupes, leurs parfums, leurs accessoires. « Les Africains doivent porter africain. Les Européens doivent porter africain. Les Américains doivent porter africain », insiste-t-il. Pourquoi, interroge-t-il, les Africains achèteraient-ils les grands costumes et parfums européens sans que l’inverse ne se produise ? À travers ce renversement du regard, il milite pour un changement de mentalité, fondé sur la fierté, la dignité et l’amour de soi. Son engagement est aussi un plaidoyer pour la paix. Face aux guerres, aux coups d’État et aux divisions internes, le créateur affirme sa croyance dans la beauté, l’amour et la culture comme forces capables de transformer le continent. « Pour moi, la paix, la beauté, l’amour peuvent nous amener très loin », confie-t-il. La mode devient alors un langage universel, un moyen de rassembler les peuples et de faire entendre une autre image de l’Afrique : forte, créative, capable. Un parcours pionnier et un combat économique Né au Niger, Alphadi débute sa carrière au début des années 1980. Très vite, il démontre que l’Afrique possède un patrimoine textile d’une richesse exceptionnelle. Depuis plus de quatre décennies, il revisite les vêtements traditionnels en modernisant les coupes et les silhouettes, sans trahir l’âme des tissus et des savoir-faire. Il n’a de cesse de répéter que « l’Afrique aussi peut le faire » et va jusqu’à affirmer que la culture et la mode peuvent rapporter davantage que l’uranium de son pays, pourvu que les décideurs y croient. Son combat est aussi économique et entrepreneurial : prouver que la mode peut devenir une véritable industrie sur le continent. « Le continent peut faire de la mode une économie mondiale », affirme-t-il. À travers ses boutiques implantées dans plusieurs pays africains, il montre qu’on peut créer, produire et vendre en Afrique, pour l’Afrique mais aussi pour l’Europe et l’Amérique. Il encourage les politiques et les financiers à investir dans les créateurs, dans les cosmétiques, les parfums, les textiles africains, afin de bâtir une économie de la mode à l’échelle mondiale. « Il faut que les politiciens et les financiers mettent aussi de l’argent sur les créatifs pour les accompagner dans leur combat », plaide-t-il. Transmission, grandes rencontres et Festival de la mode africaine Le parcours d’Alphadi est jalonné de rencontres décisives avec de grands noms de la mode mondiale, comme Yves Saint Laurent ou Christian Lacroix, qui ont reconnu la force de sa démarche et la modernité de la création africaine. « Yves Saint Laurent s’est approché de moi, il a voulu comprendre ma manière de travailler, mon combat », raconte-t-il. Ces échanges ont nourri son travail et renforcé sa légitimité sur les scènes parisienne et internationale. Souhaitant transmettre cette expérience, il fonde l’Académie Alphadi, une école supérieure de mode et d’arts. Au Niger, environ 250 jeunes filles y apprennent la couture, le stylisme et les métiers de la création. « Leur esprit, c’est d’être comme Alphadi, c’est d’être comme les grands créateurs de demain », dit-il avec fierté. Elles s’inspirent de son parcours et des grands créateurs qui l’ont accompagné, pour devenir à leur tour les talents de demain. En 1998, Alphadi crée le Festival international de la mode africaine (Fima), vitrine majeure de la création du continent. Au fil des éditions, le festival a accueilli les plus grandes signatures de la mode mondiale et rendu hommage à la beauté africaine dans des cadres d’exception, notamment au Maroc. Pour son promoteur, le Fima est un combat essentiel : il met en avant le textile comme produit stratégique, lie mode, tourisme, climat, éducation et image du continent, et contribue à imposer l’idée que « l’Afrique est à la mode. Le combat du Fima, c’est montrer le textile comme produit essentiel et rendre hommage à la beauté africaine », résume-t-il. L’Afrique dans les musées du monde La présence d’Alphadi à l’exposition Africa Fashion au Quai Branly s’inscrit dans cette même volonté de reconnaissance. Conçue par le Victoria and Albert Museum, cette exposition montre la diversité des textiles africains, la richesse des bijoux et des archives...
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  • Nilau, la marque de maroquinerie responsable en cuir d'autruche de Marie Veyron
    2026/05/30
    Nilau, la maison de maroquinerie fondée par Marie Veyron, transforme un matériau rare et méconnu, le cuir d’autruche français, en pièces de haute maroquinerie, traçables et écoresponsables. Née dans une ferme où on élève des autruches, Marie Veyron avec Nilau raconte une histoire de traçabilité, de savoir-faire artisanal et d’engagement écologique. Sacs, petite maroquinerie ou bijoux, avec Nilau, l’artisanat d’exception se met au service de l’innovation responsable. « J’avais vraiment en tête de créer tout un univers autour de la matière qu’on pouvait revaloriser de notre ferme », explique Marie Veyron. Le projet Nilau s’enracine dans une histoire familiale. Dans cette ferme « pas comme les autres », l’élevage d’autruches, autorisé en France seulement depuis les années 1990, devient le point de départ d’une filière encore confidentielle. « On est une trentaine d’éleveurs en France, avec une capacité d’environ 80 à 100 peaux par an chacun. Ça reste un marché très restreint, mais aujourd’hui il n’est pas totalement utilisé, donc autant valoriser au maximum cette matière », souligne-t-elle. Pour Marie Veyron, la création n’est pas un simple geste technique, mais un véritable temps de ressourcement : « C’est vraiment un temps off pour moi. Je prends un carnet, je me dis : je vais créer. Ça fait une bulle dans toute l’activité de l’entreprise, je me recentre et je remets à plat tout ce qui se passe. » Nilau, un nom léger pour un cuir précieux Derrière le nom Nilau se cache un clin d’œil poétique à ses matières de prédilection. « C’est un jeu de mots avec le mot "lin" à l’envers et le début d'"autruche". L’idée était d’associer le lin à l’autruche pour rendre ce cuir léger et portable au quotidien. Le nom devait lui aussi être léger. Nilau sonnait printanier. C’est léger, simple et pur. » La créatrice s’est formée au plus près des ateliers : fabricants, fournisseurs, sous-traitants de grandes maisons. Pendant ses études, une expérience de huit mois en bureau d’études lui permet de suivre toutes les étapes, « du dessin au produit fini ». « Le premier sac qu’on a sorti, l’atelier m’a dit : "C’est fou, c’est le même que sur votre dessin !” En réalité, j’étais arrivée avec une maquette déjà faite en papier de tapisserie, un papier qui se tient et permet de voir le modèle en 3D. » Un cuir rare, durable et terriblement tactile Souple, résistant et immédiatement reconnaissable, le cuir d’autruche est au cœur de la démarche de Nilau, aux côtés du lin et de peaux de saumon issues de déchets de l’industrie alimentaire. « C’est un cuir qu’on reconnaît directement grâce à ses picots, ces petits reliefs qui marquent l’emplacement des plumes. Il y a un côté très esthétique et très sensible : on le ressent au toucher. » Cette matière rare exige un travail minutieux, en tannerie comme en atelier, pour conserver les fameux picots. Elle se prête à de nombreux usages : maroquinerie, chaussures, décoration, et se distingue par son vieillissement. « C’est un cuir qui se patine beaucoup avec le temps, il ne viendra pas se craqueler ». Marie Veyron joue aussi avec les différentes parties de la peau : la couronne de picots sur le dos, les zones plus lisses sur les côtés. Chaque design naît d’un dialogue entre la matière, la demande et l’usage final. Une filière écoresponsable et un écosystème créatif Au-delà de la création de sa propre marque, Marie Veyron a imaginé un véritable écosystème autour du cuir d’autruche français : collections Nilau, pièces sur mesure pour particuliers, collaborations avec d’autres marques, projets de décoration et d’architecture. « Si un architecte veut inclure du cuir d’autruche dans son projet, on discute ensemble de la finalité du produit, puis je travaille avec des artisans capables de l’incruster sur le meuble. C’est tout un écosystème autour de cette filière ». L’engagement écologique guide chaque choix : matières issues de co-produits, optimisation des peaux, circuits courts. « Le but, c’est d’utiliser toute la peau, de ne pas laisser de chutes et d’éco-concevoir le produit. L’artisan doit être dans le même état d’esprit : optimiser la matière, bien placer les pièces, réutiliser ce qui reste ». Nilau est autant une aventure humaine qu’un projet créatif. « Peut-être que, en tant que créatrice, j’avais besoin de dire : c’est ma ligne. Ma marque permet aussi de montrer tout ce qu’il est possible de faire avec le cuir d’autruche ». Abonnez-vous à 100% création 100% création est disponible à l’écoute sur toutes les plateformes de podcasts : PURE RADIO, Apple Podcast Castbox Deezer Google Podcast Podcast Addict Spotify ou toute autre plateforme via le flux RSS. Si vous aimez ce podcast, donnez-lui 5 ...
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  • La mode sur la scène abidjanaise avec le Zaady Fashion Day de Fabrice Zaady
    2026/05/23
    Le Zaady Fashion Day, organisé par le créateur ivoirien Guy Fabrice Mahi, dit Fabrice Zaady, se tient à Abidjan samedi 30 mai 2026. Cette journée dédiée à la créativité de la mode africaine rassemble de jeunes talents venus de tout le continent. Installé à Paris, Fabrice Zaady met sa notoriété au service de cet événement qu’il décrit comme « une journée d'inspiration, de partage et de fierté culturelle ». Nous l'avons rencontré dans son atelier parisien, avant son départ pour la Côte d'Ivoire. Pour Fabrice Zaady, la mode est intimement liée à la culture et à l'histoire de son pays. « La mode pour nous a commencé avec les rois. Les rois, ce sont des gens qui étaient majestueux, beaux », raconte-t-il. En Côte d'Ivoire, chaque grande étape de la vie, mariage, naissance, est une occasion de s'habiller avec soin : « On est tout le temps bien habillé, dans notre culture, la mode a vraiment sa place ». Son propre prénom de créateur est un héritage familial. « Zaady, c'est d'abord mon nom d'enfance. C'est mon nom du village, Zaady, qui signifie ''victoire'' », explique-t-il. Ce nom, transmis par l'oncle de sa mère, s'impose naturellement comme celui de sa marque. Dès l'enfance, il baigne dans les ateliers de couture tenus par sa mère et sa grand-mère : « Pour me punir le week-end, je devais aller surveiller les artisans. Ils me disaient : ''viens faire ça, faut faire les épaulettes, faire le fond.'' Donc j'ai commencé à toucher tout doucement. » Il se souvient aussi de ses premiers gestes de styliste sur sa grand-mère : « Toutes les mamans avaient un foulard. Ma grand-mère, je lui en mettais deux, donc il y avait un en dessous, l'autre au-dessus. » Une audace qui impressionne déjà l'entourage et fait naître sa passion pour la mode. L'Afrique comme base, Paris comme tremplin Cet héritage affectif et esthétique reste son socle. « C'est ma base aujourd'hui parce que c'est un environnement où j'étais vraiment chouchouté, j'étais aimé », confie-t-il avec émotion. Si ses vêtements parlent à un public international, il revendique une source d'inspiration profondément africaine : « Je puise vraiment essentiellement mon inspiration de l'Afrique. Par exemple, cette robe avec des manches bouffantes, ce sont essentiellement des femmes africaines qui adorent avoir des manches bouffantes. » Autodidacte, il ne suit pas de cursus traditionnel en école de mode. Il apprend la couture, le design et le stylisme grâce aux ressources numériques. Sa rigueur finit par payer : son atelier obtient le label « Fabriqué à Paris ». « C'est important, dans le sens où ça amène une valeur ajoutée à ce que je fais, souligne-t-il. Ce label atteste d'une mode » référencée et surveillée, dans un contexte où « il y a beaucoup de contrefaçons. Les équipes du label sont venues sur place, ont observé le travail, une reconnaissance qui lui montre qu'il y a un chemin encore à parcourir. » Une collection révélatrice et des artistes de premier plan Un moment décisif de sa carrière reste la collection créée avec sa mère, disparue en 2017. En 2018, il est invité à défiler en Italie : « La collection que j'ai faite avec elle, ça reste la collection qui m'a révélé. » Parti seul avec cinq valises de tenues et d'accessoires, oublié des heures à la gare par l'organisateur, il vit un défilé sous tension. Il ignore même qu'il s'agit d'un concours. Jusqu'au moment où tout bascule : « ​​​​​​​On me dit que tu as gagné quelque chose. Fébrile comme je suis, je me suis mis à pleurer. » La collection rafle trois prix, dont celui de designer international. Une victoire qu'il vit comme un hommage à sa mère, alors qu'il avait songé à tout arrêter. Aujourd'hui, ses coupes modernes et ses lignes structurées séduisent bien au-delà des frontières françaises. Ses créations habillent notamment Anne Sila, Black M ou Fally Ipupa. Les collaborations passent d'abord par les stylistes : « C'est lui, après plusieurs essais, qui dit à son artiste : ''Je veux que tu viennes parce que la personne est de confiance." » L'invitation de Fally Ipupa, qu'il admire de longue date, reste marquante : « ​​​​​​​Un jour, je reçois un message sur Instagram : ''J'aime vos vêtements, j'aimerais venir voir comment on pourrait collaborer.'' » Le Zaady Fashion Day : un concours pour toute l'Afrique Avec le Zaady Fashion Day, Fabrice Zaady veut à son tour soutenir les jeunes créateurs africains. Il part d'un constat simple : « Certains jeunes créateurs me sollicitent pour acheter des tissus, des machines, des matières premières parce qu'ils veulent participer à des concours. Je recevais beaucoup de demandes. » Il imagine alors un concours qui permette de les accompagner concrètement. « ​​​​​​​C'est un concours, tout le monde est lauréat, mais à la fin, il y a une ...
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  • Claire Briant, une céramiste d'art à l'écoute de la terre et du feu
    2026/05/16
    Claire Briant, artiste céramiste, entretient une profonde connexion avec la nature, la matière et l’émotion. La terre est son langage, sa façon d’être au monde. Pratiquant la cuisson au feu de bois pour sa dimension vivante et collective, elle crée des pièces uniques, reflets d’un voyage intérieur et d’un dialogue avec le monde, chaque cuisson marquant une étape vers une compréhension plus intime d’elle-même et des autres. La création, c’est une voie, ce n’est pas autre chose. Nantaise d’origine, d’abord conteuse et guide-conférencière, Claire Briant découvre la céramique en 2005 lors d’un séjour aux États-Unis. Cette rencontre est un choc : elle y voit un véritable appel auquel elle ne peut que répondre. « On me demande souvent comment j’ai choisi cette voie, et je réponds toujours que c’était vraiment un appel. Je n’ai pas d’autre choix que d’y répondre ». Autodidacte, elle ouvre son atelier en 2010 et s’engage dans une pratique intuitive, organique, respectueuse de la matière. Pour elle, la céramique devient une façon entière de conduire son existence. Du matin au soir, tout ce qu’elle voit se relie à son travail : ce qui l’émerveille comme ce qui la révolte nourrit son inspiration. « C’est une sublimation du quotidien tout le temps. » L’atelier, lieu d’introspection, l’oblige à se confronter à elle-même pour mieux rejoindre l’universel : « Ce moment où moi, je disparais, pour appartenir à tous. » Marcher, collecter, révéler la matière Le geste créatif commence dehors. Claire Briant arpente forêts, rivières et montagnes, sac et petite pelle à la main. Elle collecte des argiles et minéraux invisibles, enfouis sous nos pieds. Pour comprendre cette matière, elle s’est formée à la géologie et à la flore, apprenant à « lire le paysage ». Elle aime l’idée que nous sommes tous des « ​​​​​​​produits de la géographie » et travaille sur cette tension entre nature et culture. «​​​​​​​ ​​​​​​​Aller chercher dans l’invisible, aller chercher ce qui n’existe pas, c’est ce qui me motive », confie-t-elle. Ses récoltes donnent naissance à des mélanges uniques, non reproductibles, où se rencontrent des terres qui ne se croiseraient jamais dans la nature. Sur le tour, ces argiles lui racontent les lieux d’où elles viennent et la manière dont les humains y vivent. La disparition d’un filon d’argile en Brocéliande, emporté par un orage, lui rappelle que tout reste soumis au mouvement du vivant. La magie du feu de bois Au-delà du façonnage, la cuisson est un moment clé de sa démarche. Les cuissons au gaz, trop contrôlées et froides, la laissaient insatisfaite : son corps, pourtant au cœur de tout le processus, n’avait plus sa place. «​​​​​​​ ​​​​​​​C’était extrêmement frustrant que mon corps ne serve à rien, alors que pendant tout le reste du processus, le corps est extrêmement impliqué. » La rencontre avec un potier travaillant au bois est décisive. En découvrant la cuisson au feu de bois, elle sent son corps redevenir vivant, engagé dans la chaleur, l’écoute du feu et de ses besoins : «​​​​​​​ ​​​​​​​Comprendre le feu, comprendre ce dont il a besoin, l’écouter… ça a été une révélation. » Elle construit d’abord un four expérimental chez elle, puis, après plusieurs années de cuissons en solitaire, cherche une dimension plus collective. Entre 2017 et 2018, elle rencontre le céramiste Cyril Dennery, avec qui elle bâtit un four à bois. Le binôme, aux parcours opposés mais aux sensibilités convergentes, mène des cuissons à deux, choisissant essences de bois et protocoles en fonction des effets recherchés. «​​​​​​​ ​​​​​​​Il ne s’agit pas de faire du feu, il s’agit de cuire des poteries », insiste-t-elle. Une philosophie de la vulnérabilité et du vivant Au-delà de l’objet, la céramique de Claire Briant est une réflexion sur la vulnérabilité et la transformation. La terre fraîche, malléable, accueille empreintes, énergies et émotions. « ​​​​​​​Elle prend toutes les empreintes, elle prend toutes les énergies, elle prend tout. » Le passage au feu fige ces traces et rend visible un récit intime et collectif. Dans ses pièces, les failles deviennent force, les accidents participent du sens. «​​​​​​​ ​​​​​​​J’essaie d’aller dans les failles, d’aller chercher la vulnérabilité, ce moment où les faiblesses deviennent des forces. » Chaque cuisson, chaque pièce est ainsi un moment de résonance : une pause dans le flux du monde, qui offre au regard un fragment d’immobile pour mieux ouvrir des portes vers l’invisible. À lire aussiGrasse, capitale du parfum: au cœur de la rose centifolia avec Pierre Chiarla ...
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  • Grasse, capitale du parfum: au cœur de la rose centifolia avec Pierre Chiarla
    2026/05/09
    En mai, Grasse, capitale mondiale du parfum, célèbre la rose centifolia. Cultivée depuis le XVIIIᵉ siècle, cette fleur au velouté unique symbolise le luxe et le savoir-faire, inspirant des maisons comme Chanel et Dior. Menacée de disparition dans les années 1950, elle a été sauvée par des passionnés, dont Pierre Chiarla, préservant ainsi ce patrimoine économique et culturel. Pierre Chiarla est né et a grandi à Grasse. Représentant une nouvelle génération de producteurs de plantes à parfum, il a d’abord suivi des études d’ingénieur en électronique et mécanique avant de se former à l’aménagement paysager. En 2018, il reprend l’exploitation familiale, alors dédiée au maraîchage, pour y relancer la culture de la rose centifolia, du jasmin et de la tubéreuse, des fleurs que sa grand-mère cueillait déjà dans les années 1940. Installé sur des terres cultivées par sa famille depuis près d’un siècle, Pierre Chiarla est le gardien d’un savoir-faire empirique et oral, transmis par ses grands-parents. « C’est un mélange de techniques concrètes, comme la taille des rosiers, et de ressenti lié à la météo, explique-t-il. Mes grands-parents savaient, par exemple, qu’un hiver court pouvait avancer la floraison. Aujourd’hui, avec les aléas climatiques, c’est plus difficile à prévoir, mais ces connaissances restent précieuses. » Une agriculture bio et une passion sans compromis Sur ses 2,5 hectares, Pierre Chiarla cultive ses fleurs sans aucun traitement chimique, en agriculture biologique. « Dès qu’on commence la récolte, on ne traite plus, même avec des produits autorisés en bio, car on met les mains dans les fleurs », précise-t-il. Pour lui, cette approche est bien plus qu’une méthode : c’est un engagement. « C’est un métier passion, mais aussi un métier de défis. On ne compte pas ses heures et la météo reste notre plus grand ennemi. Il y a trois ans, un orage de grêle a détruit deux mois de récolte en quinze minutes. On ne peut rien y faire, si ce n’est accepter et continuer. » Son bureau ? Un champ de 2 000 rosiers en fleurs au mois de mai. « Peu de gens peuvent dire qu’ils travaillent au milieu d’un tel paysage, imprégné de parfums. C’est un privilège, même si c’est exigeant. » Transmission et innovation : l’avenir des plantes à parfum Autrefois, les producteurs de Grasse gardaient jalousement leurs techniques. « Les agriculteurs étaient cachottiers, ils ne partageaient rien », raconte Pierre Chiarla. Aujourd’hui, grâce à des associations comme Les Fleurs d’exception, les choses ont changé. « On échange nos méthodes, nos réussites et nos échecs. Si un producteur découvre une technique efficace contre un ravageur, il la partage. Moi-même, j’ai adopté des pratiques inspirées par d’autres, comme le palissage du jasmin. » Cette collaboration est essentielle pour faire face aux défis modernes, notamment climatiques. « On apprend en observant la nature : certaines plantes sauvages aèrent le sol, d’autres attirent des insectes utiles pour lutter contre les ravageurs. C’est un équilibre fragile, mais passionnant. » Grasse et ses chemins parfumés Classée au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, Grasse a un devoir de transmission. Pour cela, la ville a relancé les « chemins parfumés », des visites qui permettent au public de découvrir les champs de roses et de jasmin, comme ceux de Pierre Chiarla. « Les visiteurs sortent transformés, confie-t-il. L’odeur des fleurs, l’immersion dans les champs… Beaucoup décrivent une expérience presque méditative. Pendant une heure ou deux, ils oublient leurs soucis et se reconnectent à la nature. » Une façon de partager cette passion tout en perpétuant un héritage unique au monde. Car à Grasse, la rose n’est pas qu’une fleur : c’est une histoire, un art de vivre, et l’âme d’une région. À lire aussiComment l'art de la broderie devient un langage poétique avec Belinda Pollard Abonnez-vous à 100% création 100% création est disponible à l’écoute sur toutes les plateformes de podcasts : PURE RADIO, Apple Podcast Castbox Deezer Google Podcast Podcast Addict Spotify ou toute autre plateforme via le flux RSS. Si vous aimez ce podcast, donnez-lui 5 étoiles et postez un commentaire sur ces applications pour qu'il soit visible et donc encore plus écouté. Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram 100% Création Facebook 100% Création-RFI
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  • Comment l'art de la broderie devient un langage poétique avec Belinda Pollard
    2026/05/02
    Belinda Pollard est une artiste brodeuse dont le travail, à la croisée de la tradition et de l'expérimentation, transforme le fil en un véritable langage. Ses créations, mêlant broderie d'or, soie et matières insolites, évoquent des paysages, des souvenirs et des émotions avec une profondeur poétique. Rencontre avec une artiste qui a fait de la broderie un art à part entière, entre héritage et innovation. Née à Angers, Belinda Pollard baigne dans l'univers de la création dès son plus jeune âge. À dix ans, elle coud déjà des vêtements, fabrique des décors et suit des cours de dessin et de peinture. Son amour pour l'image la conduit naturellement vers des études d'arts plastiques, suivies d'un master à Bruxelles. Mais c'est à la prestigieuse école de cinéma La Fémis, à Paris, qu'elle se forme ensuite à la production cinématographique. Pourtant, malgré sa passion pour le cinéma, un art qu'elle qualifie de « très complet », Belinda ressent un manque : « Je sentais que ce n'était pas ma place. Il me manquait quelque chose : mes mains, la matière. » Après des années dans la production cinématographique, elle décide de faire une pause pour trouver son médium. C'est ainsi qu'en 2016, elle se tourne vers la broderie, un art qu'elle explore d'abord en autodidacte avant d'obtenir un CAP en broderie d'art et de se former aux techniques du crochet de Lunéville et de la broderie d'or. La broderie comme terrain d'expérimentation et de poésie Belinda Pollard ne se contente pas de reproduire des techniques traditionnelles : elle les réinvente. Son travail se distingue par un mélange audacieux de matières et de textures, où l'or côtoie la soie, le cuir exotique (comme celui de Hermès, avec qui elle collabore depuis trois ans) et des matériaux plus inattendus, comme les vieux draps de sa grand-mère ou l'organza de soie, qu'elle affectionne pour sa transparence. « Quand j'ai découvert la broderie d'or, ça a été un coup de foudre », confie-t-elle. Cette technique, qui consiste à broder avec des fils métalliques comme la cannetille, demande une précision extrême : « Le métal ne pardonne pas. Si on le déforme, il faut tout recommencer. » Pourtant, une fois maîtrisée, elle devient « magique », permettant de créer des œuvres en relief où la lumière danse sur les fils dorés. Ses tableaux ou installations en mouvement s'apparentent à des strates de mémoire. « ​​​​​​​Je travaille beaucoup sur les cartes, les trajectoires de vie, les superpositions qui créent des mini-mondes », explique-t-elle. Ses œuvres, souvent abstraites, laissent une large place à l'interprétation : « ​​​​​​​L'idée n'est pas de guider l'émotion, mais de voir ce que cela produit. Et souvent, cela résonne avec des souvenirs ou des paysages personnels chez ceux qui les regardent. » Un processus créatif, intuitif et organique Pour Belinda Pollard, la création est un voyage sans carte précise. Son processus repose sur l'intuition, l'expérimentation et une relation presque charnelle avec la matière : « La recherche, parfois, c'est une émulation folle, parfois, c'est un parcours en dents de scie parce que la matière ne veut pas aller dans le sens où on va. » Elle cite en exemple un paysage brodé qu'elle a mis deux mois à élaborer, cherchant inlassablement le bon reflet d'eau, la bonne superposition d'organza : « Je ne me dis jamais à l'avance : ''je vais travailler sur tel sujet.'' C'est en faisant que les choses adviennent. » Son cahier de dessin est rempli d'idées, de croquis et d'échantillons : « Je dessine, je teste, je rate, je recommence. Parfois, il faut laisser reposer un projet parce que la matière résiste. Mais c'est comme cela que naissent les petites magies. » Son approche rappelle une gymnastique artistique, où chaque œuvre en appelle une autre, comme si ses créations dialoguaient entre elles à travers le temps : « Quand je regarde mes premières œuvres, je vois des éléments qui réapparaissent aujourd'hui dans des pièces plus abouties. C'est un déploiement constant. » Transmettre pour perpétuer et innover Engagée dans la transmission, Belinda Pollard imagine des résidences d'artistes pour partager son savoir-faire tout en s'enrichissant des techniques des autres : « J'ai accueilli une brodeuse d'Aix-en-Provence pendant une semaine. Au final, elle a travaillé sur un de mes projets, mais l'échange était là. C'est ça qui m'intéresse : créer des dispositifs où chacun apprend de l'autre. » Pour elle, la transmission est une façon de perpétuer un héritage tout en le faisant évoluer : « Je réfléchis à accueillir un apprenti, mais il faut qu'il y ait une rencontre, une alchimie. La broderie, c'est un langage, et il faut que ce langage résonne des deux côtés. » Abonnez-vous à «100% création« 100% création est disponible à l'écoute sur ...
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  • Imane Ayissi, le grand couturier amoureux du patrimoine textile africain
    2026/04/25
    Imane Ayissi incarne l'audace et la persévérance. Né à Yaoundé, au Cameroun, c'est un créateur aux multiples talents : danseur, mannequin, écrivain et désormais grand couturier. Il est le premier créateur de mode d'Afrique subsaharienne à avoir intégré le calendrier officiel de la haute couture parisienne en 2020. Une reconnaissance historique qui couronne un parcours atypique, marqué par une passion précoce pour l'esthétique et une curiosité insatiable. L'arrivée à Paris d'Imane Ayissi dans les années 1990 est un choc culturel fondateur. Pour ce jeune homme venu de Yaoundé, la capitale française est une révélation : ses boulevards illuminés, ses maisons de couture, ses cabarets et son énergie créative le fascinent. « C'était bouleversant. Cette lumière, cette énergie parisienne m'ont envoûté », confie-t-il. Paris devient le terreau de sa créativité, un lieu où il puise l'inspiration pour réinventer la mode africaine sur la scène internationale. Autodidacte, Imane Ayissi a appris son métier au gré des rencontres, développant un style unique. Ses créations, célébrées pour leur élégance et leur singularité, mettent en valeur des tissus emblématiques comme le Faso dan fani (Burkina Faso), le bogolan (Mali), le Kente (Ghana) ou encore le raphia, présent dans plusieurs pays du continent. La mode comme langage : quand le corps danse avec le tissu Pour Imane Ayissi, la mode et la danse sont indissociables. Ancien danseur et mannequin, il conçoit le vêtement comme une seconde peau, un prolongement du corps en mouvement. « Le corps bouge, il a besoin d'être enveloppé avec de l'étoffe. Les formes, les couleurs, les volumes... Tout prend sens quand on comprend comment le vêtement épouse le mouvement », explique-t-il. Cette approche sensorielle influence profondément ses créations. Chaque pièce est pensée pour libérer l'expression corporelle, tout en rendant hommage aux techniques ancestrales de tissage et de teinture. Son expertise du corps, acquise sur les podiums et les scènes de danse, lui permet de jouer avec les matières pour créer des silhouettes à la fois fluides et structurées, où tradition et contemporanéité dialoguent. Son engagement va au-delà de l'esthétique : pour lui, le luxe véritable réside dans l'acceptation de soi et la valorisation de son histoire. « Le luxe, c'est d'abord nous-mêmes. C'est le respect de nos racines, de nos matières, de notre patrimoine. C'est de là que vient le respect des autres », affirme-t-il. Une philosophie qui guide chacune de ses collections. Un ambassadeur du patrimoine textile africain Imane Ayissi est bien plus qu'un couturier : c'est un passeur de culture. Son travail met en lumière la richesse des savoir-faire textiles africains, souvent méconnus ou sous-estimés. Pour sourcer ses matières, il parcourt le continent, rencontrant des artisans, visitant des musées et explorant des techniques traditionnelles : « Je me rends sur place, je touche les fils, je vois comment travaillent les équipes. Le dialogue et la chaleur humaine sont essentiels pour créer une matière qui raconte une histoire. » Son processus de création est méticuleux. Une fois les bandes de tissu reçues, souvent étroites (20 centimètres de large) et longues, il les assemble à la main pour composer des pagnes uniques, qu'il transforme ensuite en pièces haute couture. Il sublime la matière brute sans la dénaturer : « Je fais attention à ne pas gaspiller, à respecter les lignes du tissu. Ces étoffes, autrefois portées drapées, je les coupe pour les adapter aux podiums internationaux, tout en leur donnant leurs lettres de noblesse. » Son intégration au calendrier de la haute couture parisienne en 2020 est une double victoire : une reconnaissance pour son talent, mais aussi une plateforme pour promouvoir les tissus africains. À travers ses collections, il présente des pièces en voile de coton mauritanien, bogolan malien ou raphia gabonais, prouvant que l'Afrique regorge de trésors textiles capables de rivaliser avec les plus grandes maisons de luxe. Transmettre pour pérenniser : l'héritage d'Imane Ayissi Pour Imane Ayissi, l'avenir de la mode africaine passe par la transmission. « ​​​​​​​Pourquoi l'Afrique est-elle délaissée ? Son patrimoine textile a toujours existé. Le coton, le raphia, les écorces... Nous devons nous poser cette question : qu'avons-nous fait de notre héritage après les indépendances ? », interroge-t-il. Son combat dépasse le cadre de la mode. À travers des expositions comme Africa Fashion au musée du Quai Branly (jusqu'au 12 juillet), il contribue à l'histoire en mettant en avant des créateurs contemporains tout en rendant hommage à ceux d'autrefois. « ​​​​​​​On ne peut pas parler du présent sans évoquer ceux qui nous ont précédés. Chaque époque compte », souligne-t-il. Selon Imane Ayissi, l'Afrique ...
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