Nous sommes en avril 1917, à New York au Grand Central Palace, sur Lexington Avenue. C’est là, à partir du 9, que se tient la première exposition de la « Society of Independent Artists ». Marcel Duchamp, le plasticien français pas encore naturalisé américain, en est membre directeur. Pour son premier salon, la Société américaine autorise librement tout membre à exposer l'objet de son choix moyennant un droit s'élevant à six dollars. Le principe défendu est qu’aucun artiste ne peut être refusé pour « raisons esthétiques ». Duchamp décide d'envoyer, sous le pseudonyme de Richard Mutt, un urinoir en porcelaine destine à être présenté comme une sculpture. Mais les choses vont prendre une tournure inattendue. En effet, l’objet n'est pas exposé au prétexte que « sa place n’est pas dans une exposition d’art et que ce n’est pas une œuvre d’art, selon quelque définition que ce soit ». La décision est prise par William Glackens, le président de la Société des Artistes Indépendants, au terme d'un vote à la majorité qui a réuni les membres du comité directeur, la veille du vernissage, contrairement donc au principe suivant lequel il n'y a pas de jury. Les motifs du refus vont du « immoral et vulgaire » au « pièce commerciale ressortissant de l'art du plombier ». Au moment où Duchamp apprend que son objet est refusé, il démissionne du comité directeur de la société, sans dévoiler toutefois son lien avec Richard Mutt. L'exposition se déroulera normalement, avec succès, et personne, jusqu'à la clôture, ne verra l'urinoir resté caché derrière une cloison du Grand Central Palace. Mais la polémique va s'enclencher à la suite de la publication d'un article anonyme paru dans « The Blind Man », une revue satirique fondée par Duchamp et quelques autres. On peut y lire « Les seules œuvres d'art que l'Amérique ait données sont ses tuyauteries et ses ponts ». L'argument consiste à démontrer que l'important n'est pas que Mutt ait fabriqué cette sculpture avec ses mains ou non, mais qu'il ait choisi un objet de la vie quotidienne en lui retirant sa valeur d'usage avec un nouveau titre et un nouveau point de vue ; conséquemment, la création consiste en une nouvelle pensée de l'objet. » L’urinoir de Duchamp passera à la postérité sous le titre de « Fountain ». A l’époque, le terme « installation » n’est pas encore employé pour parler de ce type d’œuvre qui « installe » un rapport particulier avec l’espace, le temps et les spectateurs. Revenons aujourd’hui aux origines et à la signification d’un art qui interroge, déconcerte et parfois dérange : l’installation. Sujets traités : installation, art, William Glackens, Marcel Duchamp, plasticien,Richard Mutt, urinoir, sculpture Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be :https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Intéressés par l’histoire ? Vous pourriez également aimer nos autres podcasts : L'Histoire Continue: https://audmns.com/kSbpELwL’heure H : https://audmns.com/YagLLiKEt sa version à écouter en famille : La Mini Heure H https://audmns.com/YagLLiKAinsi que nos séries historiques :Chili, le Pays de mes Histoires : https://audmns.com/XHbnevhD-Day : https://audmns.com/JWRdPYIJoséphine Baker : https://audmns.com/wCfhoEwLa folle histoire de l’aviation : https://audmns.com/xAWjyWCLes Jeux Olympiques, l’étonnant miroir de notre Histoire : https://audmns.com/ZEIihzZMarguerite, la Voix d’une Résistante : https://audmns.com/zFDehnENapoléon, le crépuscule de l’Aigle : https://audmns.com/DcdnIUnUn Jour dans le Sport : https://audmns.com/xXlkHMHSous le sable des Pyramides : https://audmns.com/rXfVppvN’oubliez pas de vous y abonner pour ne rien manquer.Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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