『Shtick - La pop culture a un accent yiddish』のカバーアート

Shtick - La pop culture a un accent yiddish

Shtick - La pop culture a un accent yiddish

著者: Jerome Goldman
無料で聴く

Hollywood a été fondé par des marchands de fourrure. Le stand-up a été mis au point dans des hôtels de vacances. Superman a été inventé par deux lycéens de Cleveland, et vendu cent trente dollars. Shtick raconte en douze épisodes ce que la culture populaire du vingtième siècle doit à une poignée d'immigrés juifs d'Europe de l'Est — le cinéma, la chanson américaine, les super-héros, le rock, la bande dessinée, et les mots que vous employez sans savoir d'où ils viennent.Jerome Goldman 社会科学
エピソード
  • Pourquoi l'angoisse est redevenue cool — et ce que disait cette saison | Ép. 12
    2026/09/28

    Le mot schmaltz désigne en yiddish de la graisse d'oie fondue. En anglais américain, il a fini par désigner le sentimentalisme excessif : trop de violons, trop de larmes, trop de cœur. Longtemps une insulte. Et depuis une dizaine d'années, une esthétique très précise est revenue au centre de la culture — l'angoisse assumée, l'inconfort, le personnage qui se plaint et qui rate.

    Dernier épisode. Trois raisons à ce retour : le héros compétent ne convainc plus dans un monde illisible, l'anxiété est devenue une langue commune, et la sincérité est redevenue transgressive après trente ans d'ironie. Avec Uncut Gems, Nathan Fielder et La Fabuleuse Madame Maisel.

    Puis le bilan de la saison, qui est aussi son point d'arrivée. Douze épisodes qui avaient l'air de parler de cinéma, de comics, de bagels et de mères envahissantes racontaient en réalité une seule histoire, et toujours la même : un groupe à qui on ferme les portes des métiers établis, qui se rabat sur des industries neuves et méprisées, et que le vingtième siècle place au centre exact de la culture — parce que les marges avaient bougé. Ils étaient là parce qu'on les avait mis là.

    Et pour finir, une hypothèse sur l'humour : ce qui reste quand on n'a ni le pouvoir, ni la force, ni la sécurité.

    続きを読む 一部表示
    8 分
  • Un Pulitzer pour une BD avec des souris : Maus et Will Eisner | Ép. 11
    2026/09/25

    En 1992, un jury américain attribue un prix Pulitzer à une bande dessinée. Il est si embarrassé qu'il crée une catégorie spéciale, ne sachant pas où ranger l'objet. L'œuvre s'appelle Maus, elle raconte la déportation du père de l'auteur, et les Juifs y sont dessinés en souris. Sur le papier, l'idée est catastrophique.

    Cet épisode commence par l'homme qu'on cite moins et qui a tout rendu possible : Will Eisner, entré dans le comic book à dix cents parce qu'ailleurs c'était fermé, et qui a fait imprimer sur une couverture de 1978 l'expression « graphic novel », déplaçant l'objet du kiosque vers la librairie.

    Puis Art Spiegelman, et les trois raisons du masque animal — le renversement de l'image nazie, la distance qui rend le regard supportable, et la façon dont le procédé fait craquer la classification raciale elle-même. Le père difficile enregistré au magnétophone, la planche où la bande dessinée s'arrête pour se regarder échouer, et le retrait du livre d'un programme scolaire du Tennessee en 2022.

    De Superman à Maus, le même médium, la même communauté, deux générations d'écart.

    続きを読む 一部表示
    7 分
  • Pourquoi la France n'a pas eu son Hollywood juif | Ép. 10
    2026/09/24

    La France avait à la même époque une population juive ashkénaze importante, immigrée d'Europe de l'Est, installée dans des quartiers qui ressemblaient beaucoup au Lower East Side. Et pourtant : pas de Hollywood juif français, pas de Catskills, pas de comédie communautaire au centre de la culture nationale. Pourquoi ?

    Cet épisode avance deux explications. Le modèle républicain d'abord, et son contrat implicite depuis la Révolution — tout aux Juifs comme individus, rien comme nation — qui rend le folklore communautaire culturellement illisible, et produit des artistes partout sans signal nulle part. Puis 1962 : l'arrivée de centaines de milliers de Juifs d'Afrique du Nord, qui deviennent majoritaires, si bien que la culture juive française visible est très largement séfarade. Quand un Français pense « humour juif », il pense en général nord-africain.

    Avec Rabbi Jacob et la mécanique très française de sa comédie, les Ashkénazes discrets de la culture française, et Joann Sfar, d'une génération qui n'a pas signé ce contrat-là.

    続きを読む 一部表示
    8 分
adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
まだレビューはありません