Pourquoi l'angoisse est redevenue cool — et ce que disait cette saison | Ép. 12
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Le mot schmaltz désigne en yiddish de la graisse d'oie fondue. En anglais américain, il a fini par désigner le sentimentalisme excessif : trop de violons, trop de larmes, trop de cœur. Longtemps une insulte. Et depuis une dizaine d'années, une esthétique très précise est revenue au centre de la culture — l'angoisse assumée, l'inconfort, le personnage qui se plaint et qui rate.
Dernier épisode. Trois raisons à ce retour : le héros compétent ne convainc plus dans un monde illisible, l'anxiété est devenue une langue commune, et la sincérité est redevenue transgressive après trente ans d'ironie. Avec Uncut Gems, Nathan Fielder et La Fabuleuse Madame Maisel.
Puis le bilan de la saison, qui est aussi son point d'arrivée. Douze épisodes qui avaient l'air de parler de cinéma, de comics, de bagels et de mères envahissantes racontaient en réalité une seule histoire, et toujours la même : un groupe à qui on ferme les portes des métiers établis, qui se rabat sur des industries neuves et méprisées, et que le vingtième siècle place au centre exact de la culture — parce que les marges avaient bougé. Ils étaient là parce qu'on les avait mis là.
Et pour finir, une hypothèse sur l'humour : ce qui reste quand on n'a ni le pouvoir, ni la force, ni la sécurité.