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Reportage Afrique

Reportage Afrique

著者: RFI
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概要

Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Est du Sénégal: le développement, enjeu majeur pour éviter une contagion jihadiste [5/5]
    2026/02/26

    L'est du Sénégal face au risque de la contagion jihadiste, fin de notre série de reportages. Aux Trois frontières, zone aux confins du Mali et de la Mauritanie, la menace terroriste est toute proche. Si Dakar a renforcé l'approche sécuritaire, sur place, des acteurs alertent sur une région en déficit chronique de tout : infrastructures, routes, électricité… Un terreau potentiellement propice aux mouvements jihadistes. Face à cette menace, le développement est un enjeu crucial de la région.

    De notre envoyée spéciale de retour de Gangala,

    Pour rejoindre la région de Ballou, à plus de 700 kilomètres de Dakar, il faut s'armer de courage. Car depuis des décennies, la zone reculée et aride la plupart de l'année rime avec le manque. Venu assister à une réunion sous un soleil de plomb pour identifier des projets de développement, Abdourrahmane Ba, le chef de village de Gangala, à quelques kilomètres du Mali, résume la situation : « Y'a pas d'eau, y'a pas d'électricité, il manque des cases de santé, et il manque des routes. »

    Un des enjeux majeurs pour déployer la sécurité, rapide et efficace, dans la zone, demeure la route. Le goudron qui doit relier les villes frontalières de Kidira à Bakel, en travaux depuis des années, est en passe d'être terminé, selon les autorités. Pour le maire de Ballou, Cheikhna Camara, dont la commune se trouve sur le trajet, c'est une priorité : « On est enclavés, on n'a rien ! Étant enclavés, les bandits de grands chemins peuvent venir faire ce qu'ils veulent et peuvent partir. Et les autorités, pour les poursuivre, c'est très difficile. On vit cette situation-là depuis des années. »

    À écouter aussiEst du Sénégal : la vigilance locale pour se prémunir des jihadistes [4/5]

    Développer pour ne pas devenir un territoire oublié

    Ce jour-là, une quinzaine d'habitants et de chefs de village de la zone sont venus examiner une mare grande comme trois terrains de foot. Ce point de ravitaillement en eau est crucial pour les bergers transhumants de la zone. L'agence régionale de développement, avec l'appui de bailleurs, veut le consolider.

    « Nous sommes en train d'évaluer le volume du travail, et comment faire pour sécuriser la digue, tout en conservant la mare, sans que l'eau ne détruise la berge », explique Mamadou Fade, acteur de l'agence étatique de développement (ARD). Il plaide pour que cette région frontalière menacée par l'insécurité voisine ne reste pas un angle mort du développement :

    « Nous sommes dans une région où, du fait des effets des changements climatiques, les gens sont vulnérables. Donc, la fragilité de l'économie locale fait que tout le monde est dans le besoin. C'est ce qui justifie que les jeunes émigrent. C'est ce qui justifie aussi le risque d'enrôlement des jeunes par rapport aux jihadistes. »

    Pour l'heure, le Sénégal et les populations locales résistent à une extension du conflit jihadiste. Mais pour combien de temps ?

    À écouter aussiEst du Sénégal : Kidira, face à la peur d'une menace jihadiste [3/5]

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  • Est du Sénégal: la vigilance locale pour se prémunir des jihadistes [4/5]
    2026/02/25

    L’est du Sénégal face au risque de la contagion jihadiste, suite de notre série de reportages. Dans cette zone aux confins du Mali et de la Mauritanie, où la Falémé se jette dans le fleuve Sénégal, la menace terroriste est toute proche et hante le quotidien de cette région reculée. Les récentes attaques au Mali voisin ont provoqué le renforcement du dispositif de sécurité des autorités du Sénégal, qui, avec une frontière poreuse en zone rurale, s’appuie sur un élément central : ses habitants.

    De notre correspondante de retour de Ballou,

    Un poste radio grésille au pied du village de Ballou. Une pirogue chargée de voyageurs traverse les eaux de la Falémé et du fleuve Sénégal qui se mélangent à cet endroit. En face, de l’autre côté de la rive, la Mauritanie et à droite, le Mali.

    Sous ces airs paisibles, Aboubaker Niangané, le chef du village de Ballou, 8 500 habitants, l’assure, la menace est réelle. « Quand même nous ne sommes pas tranquilles. Car Ballou se situe dans la zone des trois frontières. De Arundu à Kidira, la sécurité est tellement faible, c’est notre grande préoccupation. Alors, des deux côtés du fleuve, étant donné que nous sommes les mêmes familles, on s’organise, et on s’alerte. »

    Des alertes assez fréquentes, comme la semaine dernière, quand des personnes non identifiées sont venues incendier une école dans le village de Sébou, située en face du Mali. « Il y a eu des gens qui ont traversé en toute tranquillité le fleuve pour s’attaquer aux écoles, raconte par téléphone le maire de Ballou, absent lors de notre passage. On est exposés en permanence, ils sont venus, ils ont mis le feu, carrément. »

    L’enquête n’a pas encore permis d’identifier les assaillants, mais via ces comités de veille, des incidents sont régulièrement signalés, d’autant plus en saison sèche quand il est particulièrement facile de franchir le fleuve. Au risque parfois de créer une certaine psychose. « Un jour, on nous a signalé au mois de janvier que des motos traversaient la frontière. Les villageois ont cru que c’étaient des jihadistes, mais quand ils sont allés vérifier, ils ont vu que c’étaient des gens qui allaient à un mariage, explique le chef du village de Gangala, situé à quelques kilomètres de Ballou. Ils avaient fait un cortège pour y aller et les gens ont cru que c’était des jihadistes. »

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    Un dispositif citoyen pour compléter celui des forces de sécurité

    Le dispositif, quoique artisanal, avec des veilles nocturnes et un numéro d’appel des forces de sécurité pour chaque chef de village, est devenu indispensable dans cette zone reculée, sans route goudronnée, difficile à superviser en permanence.

    Mamadou Fode, qui travaille pour l’agence régionale de développement, se rappelle d’une intervention il y a un an : « Quelqu’un a été arrêté par rapport à l’apologie du terrorisme dans un village de cette zone, il faisait du commerce mais quand on a examiné son téléphone, on a réalisé qu’il avait des relations avec des têtes pensantes du jihadisme. »

    Un dispositif qui vient compléter celui des forces de sécurité, hier quasi inexistantes, selon des sources locales, et aujourd'hui mobilisées face à des jihadistes bien structurés à 50 km à peine de là. Les habitants l’assurent, des patrouilles de l’armée et de la gendarmerie sont désormais visibles, mais la zone à surveiller reste immense.

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  • Est du Sénégal: Kidira, face à la peur d’une contagion du conflit malien [3/5]
    2026/02/24

    L’est du Sénégal face au risque de la contagion jihadiste, suite de notre série de reportages. Direction Kidira, dernière ville du Sénégal, sur la route qui relie Dakar à Bamako. Depuis que des jihadistes ont attaqué le poste-frontière côté malien à un kilomètre de Kidira en juillet dernier, la surveillance a été renforcée côté sénégalais. Il n'empêche, la population de cette ville frontalière vit dans la crainte d’une extension du conflit.

    De notre correspondante de retour de Kidira,

    Assis à l’ombre d’une cahute en bois, le toit recouvert de pailles, une vingtaine de personnes attend que les taxis collectifs se remplissent direction l’ouest du Sénégal, une matinée ordinaire à la gare routière de Kidira. Ibrahima, qui vend des tickets, n’est pas inquiet de la proximité de la frontière malienne à tout juste 200 mètres : « Nous, on a la sécurité. Sur le pont, là-bas, il y a des policiers. Si tu passes, on te demande ta carte d’identité, sans ta carte tu te fais refouler. »

    Le pont qui passe au-dessus de la Falémé, un affluent du fleuve Sénégal, est tout ce qui sépare Kidira de sa jumelle au Mali, Diboli. Mais dans cette zone surnommée le Sénémali, tant les populations sont liées, le sujet de la sécurité ne laisse personne indifférent, comme l’explique Lia Waso qui vend des bouteilles d’eau aux voyageurs : « Diboli et Kidira, c’est presque la même ville, c’est à moins d’un kilomètre et demi. Donc, la situation, là-bas, les attaques et l’insécurité, ça nous fait mal. On a des parents de l’autre côté et d’autres qui vivent ici, donc on espère que ça va s’améliorer. »

    À écouter aussiEst du Sénégal : le portrait d'un chauffeur malien, rescapé d'une attaque jihadiste [1/5]

    Le traumatisme de l’attaque du 1er juillet

    Une proximité qui est aussi source d'insécurité, comme le raconte Aïssatou qui tient la cantine à côté de la gare routière : « Toi, tu t’assois et tu entends "panpan, pan", ça fait peur. » Aïssatu fait référence à cette attaque du 1er juillet quand les jihadistes ont tiré sur le poste frontière de Diboli à moins d’un kilomètre. Depuis, tout le monde en convient, la sécurité a été renforcée. Un blindé surmonté d’une mitrailleuse est posté en permanence à la frontière côté sénégalais. L’armée patrouille en ville, mais une nouvelle attaque du Jnim, fin janvier, à une trentaine de kilomètres à peine du Sénégal, ravive l’anxiété.

    « Nous, les mamans, on n’est pas tranquilles. » Djeinaba, née et grandie à Kidira, a peur : « Les jihadistes, l’autre jour, ils sont venus ici, ce n’est même pas loin. Ils ont brûlé des camions-citernes, plus de 12 chauffeurs ont été tués. On a bien sécurisé les frontières. Le Garsi est là, les gendarmes sont là, la police, on a tout augmenté, mais quand même, jusqu’à présent, on a peur, car on n'est pas loin, on ne sait pas quel jour ils vont venir. Les jihadistes, ils peuvent même déjà être ici, car de Diboli à Kidira, tu peux venir à moto ou même à pied. »

    À écouter aussiEst du Sénégal : les routiers en première ligne face au conflit [2/5]

    Une frontière qui continue de vivre malgré tout

    En ville, aucun responsable local ne souhaite s’exprimer sur l’épineux sujet de la sécurité, tant la proximité du Mali et la crainte d’éventuelles représailles sont fortes. Pendant ce temps, à la frontière, policiers, gendarmes et agents de la douane sont assis côte à côte à l’ombre des arbres. De chaque côté du fleuve, piétons et vélos traversent, ainsi que des camions, presque comme si de rien n’était.

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