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Politique, le choix de la semaine

Politique, le choix de la semaine

著者: RFI
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Chaque semaine, les reporters du service politique de RFI proposent une chronique de la vie politique détachée de l’actualité immédiate. Une chronique de reportage ou bien de décryptage, issue de leurs propres observations sur le terrain des leaders et de l’activité des partis qu’ils couvrent. La politique vue sous un angle original, pour éclairer parfois les coulisses, dresser des portraits ou bien approfondir un point d’actualité traité de manière plus factuelle à l’antenne.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Jordan Bardella reprend son poste de «futur» Premier ministre de Marine Le Pen
    2026/10/24

    À la faveur des événements tragiques du 17 octobre, les accusations d’antisémitisme portées par le journal Mediapart contre le président du parti Rassemblement national (RN) sont brusquement passées au second plan. Jordan Bardella semble peu à peu reprendre sa place dans la campagne de l'extrême droite.

    Il n’y a pas si longtemps, chez les observateurs mais aussi en interne, beaucoup se demandaient comment Jordan Bardella allait pouvoir tenir, si le congrès du parti - tenu samedi 24 et dimanche 25 octobre à Orléans - allait se dérouler comme prévu. Pourtant force est de constater qu’il finira ce week-end reconduit président du parti après le congrès d’Orléans, et qu’il reste toujours le futur « Premier ministre » de Marine Le Pen.

    L’affaire Mediapart reléguée au second plan

    « Plus personne n’en parle », se réjouit un élu RN, en pensant aux révélations de Mediapart imputant au député européen des propos antisémites tenus en 2013. Ce dernier ne cache d’ailleurs pas en avoir un peu assez, ces derniers temps, d’avoir à répondre systématiquement à des questions portant sur le chef du parti.

    Il est vrai que, depuis une semaine maintenant, l’intérêt médiatique pour l’affaire Bardella a nettement diminué, les émeutes du 17 octobre occupant une large partie du temps d’antenne. Et le RN, notamment Jordan Bardella, a été très actif sur ce sujet. Non seulement il fallait montrer qu’avec ou sans affaire, la campagne se déroulait normalement, mais bien évidemment occuper le terrain de la sécurité et de l’ordre, au cœur du projet RN.

    Jordan Bardella s’est démultiplié : un déplacement le lendemain des violences, une conférence de presse le lundi et un passage télé le jeudi. Jamais, au cours de ces trois sorties médiatiques, il n’a été interrogé sur les accusations d'antisémitisme. « Ça nous profite », résume un proche de la campagne, qui ajoute préférer parler de fond que de répondre à ce qu’il considère comme de « fausses accusations ».

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    Au RN, on tourne déjà la page

    D’ailleurs, au parti, désormais, beaucoup font de l’affaire de l’histoire ancienne. Cela a commencé par l’entourage de Marine Le Pen, qui se remet à préciser que Jordan Bardella sera Premier ministre en cas de victoire à la présidentielle. Ce n’était plus le cas depuis deux semaines.

    Un élu RN s’en persuade : « Mediapart n’a plus rien à révéler, après s’être fait manipuler par des néo-nazis », cite-t-il. Mais d’autres, notamment les plus chevronnés, restent prudents : « Il est probable qu’on nous réattaque d’ici au débat du second tour. » C’est le désavantage du favori de la présidentielle.

    Car avec ou sans affaire, avec ou sans émeutes, Marine Le Pen domine toujours dans les sondages. Il reste toutefois encore six mois avant le premier tour, et tout va très vite.

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  • Présidentielle: Attal et Philippe face au risque de grand effacement au second tour
    2026/10/31

    Depuis les violences qui se sont déroulées en France en marge des manifestations du 17 octobre dernier, la campagne présidentielle est comme vampirisée par la colère qui gronde et les mouvements sociaux qui ne se calment pas. Ces crises profitent à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Mais pour les candidats de l'espace central, Gabriel Attal et Édouard Philippe, la bande passante est, en revanche, plus que réduite.

    Dans le contexte actuel, « c'est difficile d'exister quand on n'est pas à l'extrême-droite ou à l'extrême-gauche ». Ce constat, c'est un membre de l'équipe d'Édouard Philippe qui le fait, un brin désabusé. « Plus facile, ajoute-t-il, de dénoncer des boucs émissaires comme le font LFI et le RN que de faire entendre la voix de la vérité à l'époque des fake news. »

    Un aveu d'impuissance que les sondages confirment. Le maire du Havre stagne voire baisse dans les intentions de vote et n'accède plus au second tour face à la favorite Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon le devance désormais dans toutes les enquêtes. La candidate RN et le candidat LFI sont les seuls qui tirent leur épingle du jeu au milieu des crises qui agitent la France.

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    « Les gens qui veulent retourner la table nous mettent tous dans le même panier »

    Et pour Gabriel Attal, c’est même pire. Il est largement distancé dans tous les cas de figure. Son entourage est obligé de reconnaitre que la période est « difficile » mais assure qu'il faut « garder ses nerfs ». Autrement dit attendre que ça passe et que le gouvernement apporte des réponses aux crises. Mais un député proche de l'ancien Premier ministre est plus fataliste. Il doute de la capacité de son candidat à trouver un moyen de se faire entendre des Français et lâche : « Les gens qui veulent retourner la table nous mettent tous dans le même panier. Les seuls à être forts c'est Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. »

    La campagne ne fait que commencer

    Il reste six mois aux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron pour inverser la tendance et surmonter le risque de grand effacement pour le second tour de la présidentielle. Tous les états-majors des candidats le martèlent, le match n'est pas plié. Il faut laisser le débat se dérouler et donner à l'opinion le temps de se faire son idée. Rien ne se cristallisera avant le début de l'année 2026.

    Une proche d'Édouard Philippe se rassure en déclarant que l'air du temps d'octobre rempli de « radicalité », ne sera pas forcément celui d'avril. Gabriel Attal, lui, essaie de prendre le taureau par les cornes en relançant l’idée d’une primaire pour essayer de faire bouger les lignes, regagner en visibilité et en dynamique face aux deux extrêmes et jouer son va-tout contre Édouard Philippe.

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  • La primaire, une machine à perdre?
    2026/10/10
    Le premier tour de la primaire de la gauche s'est ouvert ce vendredi. Quelque 140 000 électeurs choisissent leur candidat à la présidentielle parmi cinq prétendants, dont le favori, l'eurodéputé de Place publique Raphaël Glucksmann, et son challenger, le patron du PS Olivier Faure. Cette primaire est censée fabriquer de l'unité mais à gauche elle a souvent servi à exposer les divisions qu'elle était justement censée dépasser. Est-ce une machine à perdre les élections ? La formule n’est pas nouvelle. Elle a aussi bien été été utilisée à droite qu'à gauche, et dernièrement Raphaël Glucksmann lui-même l’avait employée au printemps pour dénoncer le principe d’une primaire de la gauche. Alors pourquoi cette primaire existe-t-elle encore ? Parce qu’à gauche, on cherche depuis des mois une manière de départager les ambitions sans reproduire les divisions. Cinq candidats se sont finalement lancés : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal. Cinq personnalités, mais surtout plusieurs conceptions de ce que pourrait être la gauche en 2027. Et c’est là que le problème commence. Car une primaire est censée permettre de choisir un candidat. Mais avant même le vote, elle oblige les candidats à exposer leurs désaccords. Sur l’économie, le pouvoir d’achat ou les services publics, les convergences sont nombreuses. Mais dès qu’arrive la question des alliances, et notamment celle du rapport à La France insoumise et à Jean-Luc Mélenchon, les lignes se durcissent. Les trois débats de la campagne l’ont encore montré : cette question a occupé une place considérable dans les échanges entre les cinq candidats. Alors, machine à perdre ? L’histoire invite à la nuance En 2006, c’est Ségolène Royal, favorite des sondages, qui l’emporte devant les éléphants roses Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. La candidate, hélas, ne bénéficie pas ensuite d’un plein soutien de ses anciens rivaux… La défaite de Ségolène Royal en 2007 ne dissuade pourtant pas le PS d’organiser sa primaire ouverte en 2011. 2,8 millions d’électeurs participent au choix de François Hollande. Un record qui a permis à François Hollande de s’imposer et de créer une dynamique jusqu’à l’Élysée. Mais en 2017, Benoît Hamon avait remporté la primaire avant de terminer cinquième au premier tour de la présidentielle. Et en 2022, la primaire populaire avait désigné Christiane Taubira, sans parvenir à rassembler la gauche derrière elle. Le problème n’est donc peut-être pas la primaire elle-même mais ce qu’on en fait après Les organisateurs ont obtenu un premier résultat : plus de 140 000 personnes se sont inscrites pour participer à cette primaire, davantage que l’objectif initial de 80 000 à 100 000 votants. La question sera donc moins de savoir si cette primaire aura permis de départager cinq candidats que de savoir si elle sera capable de transformer ce choix en rassemblement. C’est toute l’ambiguïté de l’exercice. Une primaire peut donner un candidat mais elle ne donne pas forcément une stratégie. Et à gauche, depuis plusieurs années, c’est peut-être justement cette stratégie qui manque le plus. Alors, machine à perdre ? Peut-être. Mais une chose est sûre : une primaire ne gagne jamais une présidentielle à elle seule. Elle ne fait que désigner celui ou celle qui devra ensuite essayer de rassembler À lire aussiPrimaire socialiste en France: l'enjeu de la participation pour un scrutin très encadré
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