エピソード

  • Édouard Philippe osera-t-il proposer la retraite à 67 ans ?
    2026/09/12

    La campagne présidentielle est maintenant bel et bien lancée. Marine Le Pen est toujours en tête dans les intentions de vote. Jean-Luc Mélenchon progresse. Et dans l'espace central, Édouard Philippe essaie de maintenir son avantage sur Gabriel Attal et Bruno Retailleau dans les sondages. Mais il y a un sujet sur lequel le candidat Horizons est attendu au tournant, celui des retraites. Édouard Philippe est en terrain glissant car il avait proposé de placer l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans.

    Ce chiffre « 67 », c'est comme un sparadrap qu'Édouard Philippe n'arrive pas à décoller depuis qu'il l'a évoqué en 2021. L'idée à l'époque, c'était de se présenter comme celui qui était capable de dire la vérité aux Français et qui n'avait pas peur de prendre des mesures jugées indispensables pour permettre la survie du régime de retraite par répartition. Mais c'était il y a cinq ans quand la campagne était encore loin, quand il lui fallait construire son personnage de candidat. Et il a réussi parce que cette phrase : « Il faudra un report de l'âge légal à 65, 66 ou 67 ans » est devenue son principal marqueur. Mais seuls les 67 ans sont restés gravés dans la mémoire collective.

    Confirmer ou pas ?

    Et maintenant, Édouard Philippe va devoir confirmer si c'est 67 ans ou pas, sans trop tarder. Il devrait, dit-on dans son entourage, présenter sa réforme des retraites de manière imminente. Jusqu'ici il s'est contenté de dire qu'il faudrait travailler plus longtemps sans préciser jusqu'à quand, mais en introduisant l'idée que toutes les carrières ne se valent pas, certaines étant physiquement plus dures que d'autres. Présage d'un recul sur l'âge ? Un de ses lieutenants ne déflore pas les arbitrages mais affirme que cette réforme « passe par beaucoup de courage et un peu de réalisme » puis ajoute à destination de Gabriel Attal qui préconise de ne plus fixer d'âge légal que cette idée « n'a aucun sens car il faut donner des horizons aux gens ». Quand un autre explique qu'il ne faut pas faire des 67 ans « un totem » car « beaucoup de gens travaillent déjà jusqu'à 67 ans ».

    Un pari risqué

    Rester droit dans ses bottes, c'est un pari risqué. L’âge pivot, c'est le sujet qui fâche les Français. Bien sûr, tout dépend de la manière de présenter les choses. Un député de droite veut croire qu'en disant que « tout le monde participe » aux efforts, ça peut passer. À voir. Édouard Philippe, qui a fait des retraites « un combat idéologique », est donc face à un choix stratégique. Oser placer la barre à 67 ans, c'est prendre le risque de l'impopularité, renoncer c'est donner l'impression d'avoir peur. Il n'a pas le droit à l'erreur.

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  • Présidentielle 2027: Marine Le Pen engage la «débardelisation» du Rassemblement national
    2026/09/05

    Depuis que la justice lui a permis de se présenter, la double finaliste de la présidentielle œuvre désormais à reprendre en main son parti, dirigé par celui qui devait la remplacer en cas d’empêchement : Jordan Bardella

    C’est un événement de coulisse loin d’être anecdotique. La semaine dernière, alors que Marine Le Pen débattait devant le Medef, l'organisation patronale, à Paris pour sa rentrée médiatique, on apprenait dans la presse le départ d’un certain François Durvye du Rassemblement national (RN). Ce nom ne vous dit sans doute rien. C’est un ex-patron très diplômé. Il venait d’être embauché comme conseiller économique de Jordan Bardella, du temps où ce dernier se préparait à candidater. François Durvye devait, et s’évertuait à, créer des ponts entre le RN et les milieux économiques. On lui doit notamment des rendez-vous et des dîners entre les deux têtes du RN et de grands chefs d’entreprise.

    Des divergences économiques assumées

    C’est aussi à lui qu’on doit les accents libéraux du discours de Jordan Bardella sur les retraites, notamment. Soit une divergence majeure avec Marine Le Pen. Elle vient d’annoncer défendre la retraite à 62, voire 60 ans, et donc de mettre gentiment à la poubelle les projets de capitalisation et d’abandon de l’âge légal évoqués du temps de l’incertitude sur l’identité du candidat RN. Marine Le Pen, interrogée sur le départ de François Durvye, a dit ne pas le déplorer, mais bien au contraire l’avoir souhaité.

    Une question de loyauté

    Et cela dépasse d’ailleurs les simples questions économiques. Car c’est l’autre révélation des derniers jours parue dans la presse : François Durvye aurait aussi suggéré à Jordan Bardella de présenter sa candidature dans l’après-midi du 7 juillet, alors que Marine Le Pen, fixée sur son sort, consultait ses avocats pour prendre sa décision. L’information lui serait remontée aux oreilles, et elle n’aurait évidemment pas apprécié. « On peut contredire Marine Le Pen, débattre avec elle, mais on ne peut pas être déloyal », résume un membre du cercle mariniste. Un groupe de fidèles qui, désormais, a repris en main la campagne de Marine Le Pen.

    Un programme « marinisé » et un message clair

    Cela transparaît d’ailleurs aussi dans un autre arbitrage du programme : le RN va défendre l’interdiction du port du voile islamique dans l’espace public. Une mesure à laquelle un certain Jordan Bardella était défavorable. Et l’on a vu d’ailleurs un assez grand malaise pour défendre la proposition en public. Jordan Bardella, très prudent, parlant d’un référendum, d’un grand débat, quand d’autres cadres du parti, comme Jean-Philippe Tanguy, apparaissent plus déterminés. Jordan Bardella, qui assure cependant officiellement être derrière Marine Le Pen et surtout dit aller bien… lui qui, au lendemain de la candidature de son mentor, faisait grise mine. Et dont on dit parmi ses proches qu’il a passé un été à digérer une déception, car, dit-on, il a « réellement cru » être candidat. Marine Le Pen le veut Premier ministre et lui demande loyauté. Elle a fait passer le message de façon on ne peut plus claire.

    À lire aussiPrésidentielle 2027: quel rôle pour Jordan Bardella au sein du RN, aux côtés de Marine Le Pen?

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  • Présidentielle 2022: le match retour Macron-Le Pen
    2026/07/24

    La présidentielle de 2022, c’est celle du match retour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Les finalistes de 2007 se retrouvent au second tour de l’élection de 2022 après une drôle de campagne dans laquelle Emmanuel Macron n’est entré que très tardivement et s’est peu impliqué, se consacrant surtout à la guerre en Ukraine. Président protecteur, le candidat du « en même temps » de 2017 est devenu le candidat à mi-temps de 2022. Face à lui, Marine Le Pen a réussi à surmonter l’obstacle Zemmour pour assurer une nouvelle fois sa place dans le duel final.

    Dans moins d’un an, les Français choisiront un nouveau chef de l’État après dix ans de présidence d’Emmanuel Macron. Cette élection va donc tourner une page de l’histoire politique du pays. Avant de vous raconter la campagne pour 2027, le service politique de RFI replonge dans les cinq derniers scrutins présidentiels, de 2002 à 2022. Temps forts, enjeux, surprises. Tout ce dont il faut se rappeler.

    • Épisode 1 : 2002, le séisme FN
    • Épisode 2 : 2007, le duel Sarko-Ségo
    • Épisode 3 : 2012, la victoire du président « normal »
    • Épisode 4 : 2017, la « révolution » Macron
    • Épisode 5 : 2022, le match retour Macron-Le Pen
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  • Présidentielle 2017: la «révolution» Macron
    2026/07/23

    En 2017, Emmanuel Macron a surpris tout le monde. Et d’abord son mentor en politique, François Hollande, le président sortant qui n’a pas été en mesure de se représenter. La candidature et la campagne d’Emmanuel Macron, c’est l’histoire d’une ascension programmée en secret et d’une « révolution » annoncée dans un livre-programme. Candidat du dépassement politique, du « en même temps », Emmanuel Macron a réussi à incarner l’envie de renouvellement des Français.

    Dans moins d’un an, les Français choisiront un nouveau chef de l’État après dix ans de présidence d’Emmanuel Macron. Cette élection va donc tourner une page de l’histoire politique du pays. Avant de vous raconter la campagne pour 2027, le service politique de RFI replonge dans les cinq derniers scrutins présidentiels, de 2002 à 2022. Temps forts, enjeux, surprises. Tout ce dont il faut se rappeler.

    • Épisode 1: 2002, le séisme FN
    • Épisode 2 : 2007, le duel Sarko-Ségo
    • Épisode 3 : 2012, la victoire du président «normal»
    • Épisode 4 : 2017, la «révolution» Macron
    • Épisode 5 : 2022, le match retour Macron-Le Pen
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  • Présidentielle 2012: la victoire du président «normal»
    2026/07/22

    Il n’aurait pas dû être le candidat du Parti socialiste, mais François Hollande a finalement remporté l’élection présidentielle de 2012. Lui que l’on surnommait « Monsieur 3% », son score dans les sondages au début de la campagne, quand Dominique Strauss-Kahn incarnait les espoirs du PS, a trouvé le créneau pour affronter et vaincre l’hyper-président sortant, Nicolas Sarkozy, celui du « président normal ».

    Dans moins d’un an, les Français choisiront un nouveau chef de l’État après dix ans de présidence d’Emmanuel Macron. Cette élection va donc tourner une page de l’histoire politique du pays. Avant de vous raconter la campagne pour 2027, le service politique de RFI replonge dans les cinq derniers scrutins présidentiels, de 2002 à 2022. Temps forts, enjeux, surprises. Tout ce dont il faut se rappeler.

    • Épisode 1: 2002, le séisme FN
    • Épisode 2 : 2007, le duel Sarko-Ségo
    • Épisode 3 : 2012, la victoire du président « normal »
    • Épisode 4 : 2017, la « révolution » Macron
    • Épisode 5 : 2022, le match retour Macron-Le Pen
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  • Présidentielle 2007: le duel Sarko-Ségo
    2026/07/21

    En 2007, l’élection présidentielle est d’abord un affrontement entre deux personnalités fortes, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Un match Sarko contre Ségo, UMP contre PS. Un duel que le challenger du centre François Bayrou ne réussit pas à empêcher. C’est entre le « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy et « l’ordre juste » de Ségolène Royal que les Français décident de choisir.

    Dans moins d’un an, les Français choisiront un nouveau chef de l’État après dix ans de présidence d’Emmanuel Macron. Cette élection va donc tourner une page de l’histoire politique du pays. Avant de vous raconter la campagne pour 2027, le service politique de RFI replonge dans les cinq derniers scrutins présidentiels, de 2002 à 2022. Temps forts, enjeux, surprises. Tout ce dont il faut se rappeler.

    • Épisode 1: 2002, le séisme FN
    • Épisode 2 : 2007, le duel Sarko-Ségo
    • Épisode 3 : 2012, la victoire du président « normal »
    • Épisode 4 : 2017, la « révolution » Macron
    • Épisode 5 : 2022, le match retour Macron-Le Pen
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  • Présidentielle 2002: le séisme FN
    2026/07/20

    Le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen se qualifie contre toute attente pour le second tour de l’élection présidentielle. Le socialiste Lionel Jospin est éliminé. Le président du Front national affronte Jacques Chirac au second tour. Un séisme dans la vie politique française qui marque le début de l’ascension du parti d’extrême droite

    Dans moins d’un an, les Français choisiront un nouveau chef de l’État après dix ans de présidence d’Emmanuel Macron. Cette élection va donc tourner une page de l’histoire politique du pays. Avant de vous raconter la campagne pour 2027, le service politique de RFI replonge dans les cinq derniers scrutins présidentiels, de 2002 à 2022. Temps forts, enjeux, surprises : tout ce dont il faut se rappeler.

    • Épisode 1 : 2002, le séisme FN
    • Épisode 2 : 2007, le duel Sarko-Ségo
    • Épisode 3 : 2012, la victoire du président « normal »
    • Épisode 4 : 2017, la « révolution » Macron
    • Épisode 5 : 2022, le match retour Macron-Le Pen
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  • Pour l'ex-Premier ministre Gabriel Attal, l'occasion manquée d'un duel avec Jordan Bardella
    2026/07/18

    On le sait maintenant, c'est Marine Le Pen qui va porter les couleurs du Rassemblement national à la présidentielle de 2027, Jordan Bardella reprenant son rôle de numéro 2 dans la campagne. Et ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour Gabriel Attal, qui espérait un duel avec le trentenaire du RN.

    La veille de l'annonce de la décision de justice qui a permis à Marine Le Pen de finalement se lancer dans la course pour la présidentielle, Gabriel Attal appelait Jordan Bardella à entrer dans la campagne et lui proposait un débat, comme une incantation.

    Le plan B du RN, une candidature de Jordan Bardella, était à ce moment-là le scénario le plus probable mais aussi le plus favorable pour le patron de Renaissance. Face à Jordan Bardella, Gabriel Attal pensait avoir des atouts à faire valoir. Un député centriste estimait ainsi que si Jordan Bardella était finalement le candidat du RN, cela pouvait « relancer Attal » face à Édouard Philippe, son concurrent pour devenir le candidat du bloc central en 2027.

    Une manière de dire que l'hypothèse d'un retour sur le devant de la scène de Marine Le Pen était de fait une moins bonne option pour le macroniste.

    Pourquoi un match avec Jordan Bardelle était-il plus favorable ?

    C’est une question de génération. Le profil de Jordan Bardella, présenté comme jeune et sans expérience, permettait à Gabriel Attal, ancien Premier ministre de quelques années son aîné, d'apparaitre plus solide, lui qui souffre d'un déficit de stature présidentielle par rapport au maire du Havre Édouard Philippe. Tout en jouant dans la même cour que Jordan Bardella en matière de communication, celle des réseaux sociaux, un terrain sur lequel Édouard Philippe est nettement moins à l'aise. Un autre atout de Gabriel Attal pour essayer de ringardiser son adversaire havrais.

    Et puis Gabriel Attal avait l'avantage d'avoir déjà affronté Jordan Bardella lors de débats télévisés, notamment, et en avait tiré les enseignements. En résumé, il estimait savoir comment le prendre.

    Marine Le Pen candidate

    Avec la figure historique de l'extrême droite française, on change de génération et donc de scénario. Alors Gabriel Attal a choisi de cogner tout de suite en l'accusant de mener « une guérilla judiciaire » et de « prendre la campagne en otage » puisqu'elle a choisi de se lancer malgré sa condamnation dans l'affaire des assistants parlementaires des députés européens du Front national.

    Gabriel Attal a choisi l'angle de la morale pour discréditer la candidature de Marine Le Pen et lui recoller les casseroles de son passé dans l'espoir d'incarner le renouvellement. Car c’est lui qui est maintenant le plus jeune postulant dans la course présidentielle. Reste à savoir si les Français, qui avaient choisi la jeunesse avec Emmanuel Macron, ont envie de récidiver.

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