エピソード

  • Navi Pillay, Prix Nobel de la paix: l'accusation de génocide contre Israël «repose sur des faits»
    2026/10/14
    La Sud-Africaine Navi Pillay, Prix Nobel de la paix 2026 est ce mercredi 14 octobre la grande invitée internationale de RFI. Paix dans le monde, inaction de la communauté internationale en dépit d'énormes instruments dont elle dispose, génocide des Tutsis au Rwanda, actions de la CPI, génocide à Gaza, lutte contre l'impunité... Elle répond aux questions de Florence Morice. RFI : Navy Pillay, de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud au génocide des Tutsis au Rwanda, de la CPI à la guerre à Gaza, vous avez consacré toute votre vie à lutter contre l'impunité. À qui avez-vous pensé en premier lorsque vous avez appris que vous receviez ce prix Nobel de la paix 2026 ? Navy Pillay : Je suis très heureuse d'être avec vous. J'ai pensé à mes enfants, à mes deux filles. Je pense qu’elles ont fait preuve d’une grande générosité en laissant leur mère voyager à travers le monde et s’absenter si longtemps de la maison. Et elles m’ont tellement soutenue quand elles étaient adolescentes. Elles ont pris leur vie en main. Je leur dois vraiment beaucoup, ainsi qu’à quelques amis très proches qui m’ont motivée et m’ont poussée à intégrer le collège international. Ils m’ont dit : « Si tu n’acceptes pas, il n’y aura aucune femme au sein du collège. » C’est ainsi que tout a commencé au Tribunal pénal international pour le Rwanda. Ce prix a suscité de vives réactions en Israël, en raison de votre rapport sur Gaza l'année dernière. Le Premier ministre Benyamin Netanyahu vous a accusé de « diaboliser les Juifs ». Que répondez-vous à ces attaques ? Il n’y a pas la moindre preuve que j’ai diabolisé qui que ce soit, et encore moins les Juifs, qui se sont eux aussi installés en Afrique du Sud après avoir souffert de l’Holocauste. Et les Juifs qui se sont installés en Afrique du Sud se sont joints à la population noire sud-africaine dans la lutte pour notre propre libération. Nous coopérons donc et nous nous respectons mutuellement en Afrique du Sud. Il s’agit en réalité d’un mythe inventé par le Premier ministre Netanyahou pour discréditer notre rapport. Ce rapport paru il y a un an est celui d'une commission d'enquête indépendante de l'ONU que vous présidiez. La Commission concluait qu'Israël commet un génocide à Gaza. Avec le recul, est-ce que vous maintenez cette conclusion ? Je maintiens ma position parce qu'il ne s’agit pas simplement d’une opinion que j’avance. Elle repose sur des faits. Cette commission a fonctionné comme l’aurait fait un tribunal. Elle s’apparente à un tribunal, mais n’en est pas un. Nous ne disposions pas des pouvoirs d’un tribunal, mais nous utilisions sa méthodologie et ses procédures, c’est-à-dire que nous vérifiions chaque fait avant de l’inclure dans le rapport. Nous disposions des faits rapportés sur le terrain par les témoins. Nous disposions des faits issus des déclarations des responsables, notamment celles du président, du Premier ministre et de l’ancien ministre de la Défense. Leurs propres déclarations, tout comme dans le cas du génocide au Rwanda, fournissaient des éléments révélateurs du génocide. Il s’agit donc de ce type de preuves. Et j’ai l’expérience d’avoir été l’un des trois juges du Tribunal pour le Rwanda qui a rendu le premier jugement au monde sur un génocide. Et nous ne prenons pas ce crime à la légère. Nous veillons à ce que l’intention spécifique requise pour le crime de génocide soit prouvée. C’est ce que nous avons recherché et c’est ce que nous avons trouvé. À lire aussiIsraël commet officiellement «un génocide» à Gaza, selon une association regroupant 500 spécialistes du sujet Quels éléments vous ont conduit à cette qualification ? Je n’ai pas le rapport sous les yeux et je rendrais vraiment un mauvais service en essayant de me souvenir de ce que nous avons découvert. Nous avons trouvé des preuves manifestes d’assassinats. Nous avons mené notre propre enquête et constaté que des journalistes avaient bel et bien été tués intentionnellement. Israël n’a mené aucune enquête sur certains des évènements que je décris, notamment le saccage et l’enfouissement dans le sable d’ambulances. Nous avons trouvé des preuves d’une destruction ciblée de la seule clinique de fertilité de Gaza : ils ont pris la clinique pour cible et détruit les réservoirs d’oxygène qui maintenaient les embryons en vie. Ils ont prétendu agir en légitime défense. Ils ont affirmé que le Hamas cachait des armes dans les hôpitaux. Mais toutes les images montrent qu’ils ne se sont absolument pas approchés de l’hôpital. Ils n’ont effectué aucune fouille à la recherche d’armes et aucun combattant du Hamas n’était visible. Il s’agissait d’une attaque ciblée, et ils ont tiré sur le réservoir d’oxygène. Nous en avons conclu qu’il s’agissait d’une destruction ...
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  • Manifestations lycéennes en France: «On n'avait jamais connu un mouvement aussi intense»
    2026/10/06

    Olivier Beaufrère, secrétaire national SNPDEN – UNSA et proviseur dans l'Essonne est le grand invité international de RFI ce 6 octobre 2026. Acte 3 du mouvement lycéen en France, après deux semaines de mobilisation et parfois de violences. Des dizaines de milliers de lycéens vont manifester dans tout le pays pour réclamer des moyens. Le regard d'un chef d'établissement.

    À lire aussiEN DIRECT - France: grosse journée de manifestation pour les lycées, rejoints par des syndicats, profs et étudiants

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  • Marius Mesnil (Union syndicale lycéenne): «Il faut aujourd'hui un grand plan de rénovation des lycées»
    2026/10/03


    Grogne sociale en France, en deux semaines la colère lycéenne s'est répandue comme une traînée de poudre dans l'Hexagone. Des centaines d'établissements sont bloqués chaque jour par des élèves et étudiants qui réclament plus de moyens pour mener à bien leur apprentissage. Sauf que par endroits, le mouvement dégénère. Les affrontements se déclenchent entre manifestants et forces de l'ordre. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray a indiqué qu'un plan visant le remplacement accéléré des professeurs absents allait être lancé. Pour en parler, RFI reçoit ce samedi matin Marius Mesnil, co-secrétaire général de l'Union syndicale lycéenne.

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  • Romuald Sciora: «Trump se prépare à contester les résultats des élections de mi-mandat»
    2026/10/05
    Romuald Sciora, directeur de l'observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'Iris et auteur de Lettre ouverte à Trump d'un Américain de papier (Ed. Point Nemo) est ce lundi 5 octobre le grand invité international de la matinale de RFI. À un mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, les sondages prédisent une défaite du camp présidentiel. Selon Romuald Sciora, on ne peut exclure l'hypothèse d'une tentative de coup de force de la part du président américain. RFI : On est à quatre semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis et les sondages ne sont pas bons pour Donald Trump. Les Républicains pourraient perdre la majorité à la Chambre des représentants et peut-être même au Sénat. Est-ce que Donald Trump va laisser faire ? Romuald Sciora : Bien évidemment que non. Le président a déjà commencé à contester les résultats, et cela le 3 juillet dernier, à la veille du 250ᵉ anniversaire des États-Unis. Devant le Mont Rushmore, il a livré un discours lunaire où il expliquait que le danger communiste était à nos portes, qu'il risquait de submerger de l'intérieur les États-Unis. Bref, il a inventé un ennemi, quelqu'un qui pourrait tenter de détourner nos élections. Quelques jours après, il fait un appel à la nation cette fois-ci, en évoquant des « méchants Chinois ». Vous savez, qui truquent, volent les élections américaines depuis plusieurs années avec pour objectif de faire perdre Donald Trump. On se demande comment il a pu être élu en 2024. Mais le président américain n'est pas une contradiction près. Il désigne donc un ennemi de l'intérieur et de l'extérieur… Exactement ! Tout cela pour légitimer évidemment une plus que probable contestation le 4 novembre à l'issue du scrutin. S'il y a défaite des Républicains, il n'acceptera pas cette défaite ? Bien évidemment que non ! Mais que fera-t-il alors ? Qu'est-ce qu'on peut imaginer ? Il y a trois scénarios. Premier scénario : Trump déclare lui-même un état d'urgence avant les élections pour les repousser. Il y a encore quelques jours, dans une interview au Times, il répondait que cela serait une option potentielle s'il devait en arriver là. Bien évidemment, c'est inconstitutionnel. Il n'a aucun pouvoir sur le processus électoral. Celui-ci dépend des gouverneurs, mais on sait déjà qu'une vingtaine de gouverneurs, voire 25 gouverneurs républicains, suivraient le président et décideraient donc de repousser l'élection. Cela créerait une crise sans précédent aux États-Unis. C'est-à-dire déclarer l'état d'urgence là, maintenant ? Dans quelques heures ou dans deux à trois semaines. Mais personnellement, je ne crois pas vraiment à ce scénario, même si avec Trump, tout est possible. Deuxième scénario : les élections ont lieu et Trump décide de s'asseoir sur les résultats. Et quand je dis Trump, ce n'est pas Trump tout seul, c'est toute cette clique d'extrême droite qui est arrivée au pouvoir avec lui en 2025. Toutes ces personnes, et Trump le premier, décident de s'asseoir sur les résultats. Il conteste un tant soit peu pour la forme, mais il laisse faire. Ils attendent fin janvier 2027, lorsque le nouveau Congrès entrera en fonction. Là va commencer une guerre de tranchées entre un président qui voudra absolument gouverner par décret, un Congrès démocrate qui ira d'impeachment en impeachment. En bref, nous aurons une crise entre le législatif et l'exécutif comme on n'en a jamais vu. Et le tout, selon moi, devrait se terminer par un coup de force de la part de la présidence à l'encontre du Congrès. Maintenant, troisième scénario, et le plus probable toujours selon moi, Trump et J.D Vance contestent très fortement les résultats à l'issue des urnes après l'élection du 3 novembre prochain. Ils vont jusqu'à décider d'annuler cette élection, même si c'est inconstitutionnel. De nombreux gouverneurs républicains leur emboîtent le pas et prétendent que ces élections ont été fraudées par les démocrates. L’actuel Congrès étant républicain, évidemment, il suivra le président. Quid de ce qui suivra ? Là, tous les scénarios sont possibles. Alors nous serions à un mois d'assister à un coup d'État aux États-Unis ? Je ne dirais pas que nous sommes à un mois d'un coup d'État aux États-Unis. Nous sommes à quelques semaines d'un possible coup d'État, en tout cas d'une tentative d'inverser le processus électoral. Qu'est-ce qui, dans les faits et dans les déclarations, vous permet de dire avec certitude que ça va mal se passer ? Pardonnez-moi l'expression, mais il faudrait avoir du « caca dans les yeux » pour ne pas voir les choses telles qu'elles sont. Une fois encore, je ne dis pas que Trump va envoyer des troupes pour arrêter les congressmen et les congresswomen. Je dis juste qu'il y aura une tentative de ne pas reconnaître le résultat des urnes et une tentative de revenir sur celui-ci. Donc ...
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  • Omer Shem Tov, otage du Hamas pendant 505 jours: «J’étais l’esclave de mes geôliers»
    2026/10/07
    Omer Shem Tov a 24 ans, il a été enlevé par le Hamas au festival Nova le 7 octobre 2023. Il est resté otage du mouvement islamiste armé pendant 505 jours. Il vient de publier un livre en hébreu et en anglais sur l'histoire de sa détention : Meeting myself in hell, que l'on peut traduire par « seul avec moi-même en enfer ». Rencontre avec ce jeune homme chez ses parents, près de Tel Aviv. RFI : Votre livre raconte comment vous avez été capturé le 7 octobre 2023 au festival de musique Nova avec vos deux amis Itay et Maya Regev. Pouvez-vous nous raconter ce qui s'est passé lorsque vous êtes arrivé à Gaza, prisonnier du Hamas ? Omer Shem Tov : Alors que nous entrons dans Gaza, j’entends des gens crier, faire la fête. Je vois des mains se glisser à l’arrière de la camionnette pour essayer de nous attraper. Plus tard, nous arrivons à cette maison là-bas. On y reste environ une semaine. Il y a une famille, il y a une femme et des enfants. Je viens juste de voir, juste devant moi, que la jambe de Maya est pratiquement sectionnée à ce stade. Ils font comme si c'était normal, comme si c'était une bonne chose. Au bout d’une semaine, Maya a été transférée à l’hôpital, et Itay et moi, on passait d’appartement en appartement. Après avoir passé 53 jours ensemble dans des appartements, Itay et Maya ont été libérés dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu, et j’ai immédiatement été emmené dans un tunnel. Le premier tunnel dans lequel j'ai séjourné se trouvait à 40 mètres sous terre. J'étais enfermé dans une cellule minuscule et étroite. J'ai vécu dans l’obscurité totale pendant 50 jours d’affilée. J'ai souffert d'une faim extrême : on ne me donnait qu’un morceau de pain par jour, parfois un demi-morceau, et parfois je n'avais même qu’un petit verre – de la taille d’un verre à shot – rempli d’épices, d’herbes séchées et d’eau salée. Pas de lumière. À un moment donné, j'ai pensé que j’étais devenu complètement aveugle. Après 50 jours dans cette cellule, j'ai été transféré dans un tunnel légèrement plus grand. Là-bas, la plupart du temps, il y avait entre quatre et cinq terroristes, parfois plus. Et pendant 400 jours, je suis resté au même endroit, par miracle. Et je suis devenu leur esclave. Je creusais pour eux à l’intérieur des tunnels. Je transportais des bombes d'un endroit à l’autre. Je transportais des quantités folles de nourriture de mes propres mains, au moins, je dirais, 500 cartons d’aide de l’ONU, que je répartissais dans le tunnel pour les terroristes. À l’époque, je cuisinais pour eux, je faisais le ménage, je creusais… Je faisais tout ce qu'ils me demandaient, et ils me crachaient dessus. Ils m’insultaient. Parfois, je me disais : « Oh, peut-être qu’il y a de l’humanité ici. Peut-être que j’essaierai de trouver une sorte de lien avec eux. » J'ai essayé, j’ai vraiment essayé, de leur parler, de les faire rire, de plaisanter avec eux. Rien n’a vraiment aidé. J'ai traversé ce chemin intérieur. La première semaine là-bas, je suis devenu fou. J’avais l’impression d’étouffer, je ne pouvais plus respirer, j’étais plongé dans l’obscurité totale, je mourais de faim, je ne savais tout simplement pas quoi faire. J'avais l’impression de devenir fou. Tout dans ma tête était tellement bruyant. Et au bout d’une semaine, j'en suis arrivé à un point où je me suis dit : « Bon, j'ai deux options. Soit je m’enfonce de plus en plus dans la dépression, la colère et l’incrédulité à l'idée de rentrer chez moi, soit j'accepte simplement la situation. Et je fais confiance à Dieu, ou à qui que ce soit d’autre, pour me mettre sur le bon chemin. » Et je lâche prise sur mon ego, je lâche prise sur ma colère, je mets tout de côté, et je me sens en paix avec moi-même, en comprenant que c’est exactement là où je suis censé être en ce moment. C’est exactement l’endroit et exactement le moment, et tout ce qui arrivera à partir de maintenant est pour le mieux. Et à partir de ce moment-là, j'ai vu la lumière. Vraiment, j'ai vu la lumière, j'ai eu cette rencontre avec moi-même et avec Dieu qui… Tout ça, ça n'a pas d’importance. Je suis toujours en vie. Je respire. Ma famille est chez elle en sécurité. Je dois juste faire confiance au processus. Je sais que j’arriverai dans un endroit meilleur. Il y a une lumière au bout du tunnel. Et à partir de ce jour-là, j'ai vraiment cru, à chaque seconde, que je rentrerais chez moi. Je n'avais aucun doute. Et oui, après 505 jours, j'ai été libéré et en échange, 100 terroristes ont été libérés. À lire aussi7-Octobre: que savait Benyamin Netanyahu? Vous vivez aujourd'hui chez vos parents, vous prenez des cours d'art dramatique, vous aimez toujours la musique, comment vous sentez-vous ? C'est juste que j’aime travailler, bouger, faire des choses. J’aime ...
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  • Vladimir Kara-Mourza: «En Russie, c'est un délit criminel de s'opposer à la guerre en Ukraine»
    2026/10/08

    Vladimir Kara-Mourza, opposant russe en exil, ancien prisonnier politique, vice-président de la Fondation Russie Libre est l'invité de RFI ce 8 octobre 2026. De passage à Paris, il commente l'intensification des frappes russes contre l'Ukraine, la situation des prisonniers politiques et les menaces sur les opposants.

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  • Riad Yassin Abdallah, ambassadeur du Yémen en France: «Nous pouvons vaincre les Houthis»
    2026/10/09
    Riad Yassin Abdallah est l’ambassadeur du Yémen en France, ancien ministre des Affaires étrangères (2015) et ministre de la Santé (2014-2015). Il revient sur la contre-offensive lancée par les troupes gouvernementales contre les rebelles houthis : les premiers résultats après cinq jours de combats et les objectifs. RFI : Le gouvernement a lancé cette semaine une contre-offensive après avoir perdu du terrain face aux rebelles houthis ces dernières semaines. Quelles sont les nouvelles du front que vous avez ? Riad Yassin Abdallah : Oui. Comme vous pouvez le constater, la situation dans mon pays est très grave actuellement. Et pourtant, nous faisons tout notre possible pour vaincre les milices houthies, qui ont attaqué début septembre la ville de Mocha et la côte de Bab el-Mandeb. Comme vous le savez, la milice houthie utilise toutes sortes d'armes, y compris des missiles. Elle ne tient aucun compte des civils ni des infrastructures. Son seul objectif est de semer la destruction. Bien sûr, elle a lancé son offensive en coordination avec le régime iranien afin de déstabiliser la région et de mettre le détroit de Bab el-Mandeb dans une situation critique. Le détroit de Bab el-Mandeb, c’est l’un des lieux où se concentrent aujourd’hui les combats. Il a donc été pris par les Houthis le mois dernier. C’est l’un des objectifs de cette contre-offensive. Qui le contrôle aujourd’hui ? Aujourd’hui, nos forces combinées, qui ont lancé leur contre-offensive il y a quelques jours, contrôlent désormais le détroit de Bab el-Mandeb [les forces gouvernementales ont progressé mais le contrôle est toujours disputé, NDLR]. Nous contrôlons également l'île de Perim. Cette île revêt une importance capitale, car elle se trouve au milieu du détroit. Nous contrôlons donc désormais Bab el-Mandeb, et nous faisons actuellement de notre mieux pour progresser vers d'autres zones, depuis le détroit de Bab el-Mandeb jusqu'à Hodeïda. Bien sûr, des combats se poursuivent aux alentours de Taïz. Je pense que nous arrivons à un stade où nous allons réellement vaincre les Houthis, du moins dans cette région. Dans la partie sud du pays ? Oui, dans le sud du pays. Vous évoquez des avancées des troupes gouvernementales. Lorsque les Houthis ont lancé leur offensive en septembre, elles ont tout d’abord reculé. Malgré le soutien de l’Arabie saoudite. Et alors même que la tension montait depuis deux mois. Est-ce le signe qu’il y a une coordination difficile entre toutes les unités qui composent les forces loyales au gouvernement ? Oui, bien sûr, il y a toujours eu des difficultés dans des situations comme celle du Yémen, où l'on trouve différentes parties et différentes forces en présence. Mais que s'est-il passé aujourd'hui ? Nous avons officiellement lancé ce que l'on appelle « l'aube du Yémen » ou « l'avènement du peuple yéménite ». Et nous nous unissons autour d'un seul objectif : vaincre la milice et mettre un terme à son expansion. Votre objectif, celui du gouvernement aujourd'hui, c'est de reconquérir l'ensemble du pays, de vaincre les Houthis sur l’ensemble du territoire ? Pas de revenir aux lignes qui avaient été celles du cessez-le-feu ces quatre dernières années ? Oui, oui, notre but, notre objectif est de vaincre les Houthis et de mettre en œuvre notre plan visant à avancer jusqu’à la capitale, Sanaa, qu’ils contrôlent. Nous avons commencé à ouvrir plusieurs fronts, notamment à Al-Bayda, à Marib et dans d’autres régions du Yémen, où nous pouvons vaincre les Houthis. Je pense que le moment est venu de mettre fin au contrôle exercé par cette milice sur le Yémen. Un point encore sur cette situation militaire. L’Arabie saoudite et le gouvernement yéménite, le président yéménite ont appelé Donald Trump à s’engager à leurs côtés dans cette bataille contre les Houthis. Les États-Unis pour l’instant ne souhaitent pas s’engager dans cette bataille. Est-ce que vous pouvez avancer sans le soutien des États-Unis ? Oui, je pense sincèrement que les seuls qui se sont battus et les seuls qui se battront, ce sont les Yéménites. Et nous sommes capables de libérer notre pays des milices houthies. Ce dont nous avons réellement besoin de la part de la communauté internationale, y compris des États-Unis et d’autres pays européens, c’est, outre un soutien politique, qu’elle adopte une position ferme à l’égard du régime iranien qui soutient les milices houthies. Qu’elle soutienne notre gouvernement et notre peuple par tous les moyens à sa disposition. Je pense que ce soutien nous aidera à persévérer. Cela prendra peut-être plus de temps si nous ne bénéficions pas d’une intervention directe des États-Unis ou d’autres pays. Mais au bout du compte, nous sortirons victorieux et nous atteindrons nos objectifs. Lorsque nous demandons à la communauté internationale de nous soutenir, nous...
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  • Journée mondiale de la Santé mentale: «En France, on focalise sur l'individu en oubliant la logique systémique»
    2026/10/10

    Plus d'un milliard de personnes dans le monde souffrent de troubles mentaux. En France, environ une personne sur cinq, voire sur quatre, peut être concernée au cours de sa vie : anxiété, dépression, addictions, suicide... L'enjeu est tel qu'une journée mondiale est consacrée chaque 10 octobre à la santé mentale. Pour en parler, nous recevons Mathieu Bellahsen, psychiatre, lanceur d’alerte, auteur notamment de La santé mentale (La fabrique) et d'Abolir la contention (Libertalia).

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