エピソード

  • Christiane Taubira: «L’esclavage et la traite sont irréparables»
    2026/05/09

    Le 18 février 1999, Christiane Taubira entre dans l’Histoire. Alors députée de la Guyane, elle porte devant l’Assemblée nationale française la proposition de loi affirmant que « la traite et l’esclavage sont un crime contre l’humanité ». Au-delà de l’hémicycle, elle s’adresse à la communauté humaine, prononçant un discours vibrant et mûrement réfléchi, sans aucune note écrite.

    Le 10 mai 2001, le Sénat vote à l'unanimité la loi par laquelle la France devient le premier pays dans le monde à reconnaître la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité. Mais comment réparer l’irréparable ? 25 ans après la promulgation de la loi qui porte son nom, Christiane Taubira accorde un long entretien à RFI et affronte la question des réparations.

    Les livres de Christiane Taubira évoqués dans l’émission :

    - L'esclavage raconté à ma fille. Éditions du Seuil

    - Mes météores, combats politiques au long cours. Éditions Flammarion

    - Gran balan, La nuit leur appartient. Le malheur aussi. Éditions Plon

    ► La bibliographie de Christiane Taubira

    Pour comprendre la loi Taubira

    Le site de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

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  • Le Harlem marseillais de Claude McKay
    2026/05/02

    Bienvenue dans le Harlem marseillais de Claude McKay. L’écrivain américain débarque dans la cité coloniale française dans les années 20, fréquente les dockers et les prostituées et raconte leur quotidien dans ses romans Banjo et Romance in Marseille. Une écriture poétique et politique sur la condition noire, précurseur de l’œuvre de Sembène Ousmane.

    Un reportage long format signé Daphné Gastaldi où l’on croise une chercheuse dépassionnée, un réalisateur fou de jazz, un éditeur téméraire et un journaliste fondateur du collectif Claude McKay, il s’appelle Armando Coxe et la découverte du manuscrit Romance in Marseille, c’est lui !

    Émission initialement diffusée en septembre 2022.

    À lire :

    • Romance in Marseille et Banjo, les deux romans marseillais de Claude McKay
    • Un si long chemin, l’autobiographie de Claude McKay, éd. Héliotropismes (2021)
    • Le docker noir, de Sembène Ousmane, éd. Présence africaine (1956)
    • Colporteurs africains à Marseille : un siècle d’aventures, Sylvie Bredeloup et Brigitte Bertoncello, éd. Autrement (2004)

    À voir :

    • Claude McKay, de Harlem à Marseille, réalisé par Mathieu Verdeil (2021)
    • Et le vieux port fut condamné, réalisé par Jean Dasque (1973).
    • De nombreux évènements célèbrent le centenaire du séjour en France de Claude Mac Kay

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    48 分
  • Que pensent les Russes de la guerre?
    2026/04/25

    Comment savoir ce que vivent et ce que pensent les Russes en temps de guerre quand s’informer est chaque jour plus compliqué et dangereux. Compliqué parce que la guerre a percuté et disloqué les réseaux habituels d’information des chercheurs et des journalistes spécialistes de la Russie, dangereux parce que celles et ceux qui sont nos sources d’information sont accusés par Moscou d’être des agents de l’étranger et sont réprimés.

    Néanmoins, d’autres façons de collecter les faits se sont peu à peu organisées et chercheurs et journalistes unissent leurs efforts pour continuer à travailler afin de savoir ce que pensent les Russes dans la diversité de leurs régions… au-delà de l’image d’une nation entièrement unie autour de son chef de guerre, Vladimir Poutine.

    Mais que nous racontent ces récits du quotidien, loin de la normalité affichée à Moscou ?

    « J'ai vu aujourd'hui, dans la Deutsche Welle, une interview d’Oleg Orlov de Mémorial qui dit en substance, vous serez peut-être étonné de voir combien de gens vont dire qu'ils ne soutenaient pas le régime de Poutine lorsque Poutine ne sera plus là. J'ai plutôt tendance à être d accord avec cette affirmation. Je pense effectivement que la majorité des Russes ne soutient pas le régime, mais comme on dit en russe, il y a des nuances. Mais je voudrais dire que, y compris chez les pro-guerre, cette petite minorité des pro-guerre, on observe des changements aujourd'hui. On voit des choses écrites qui ressemblent à « mais attendez, c'est pas ça qu'on voulait ». On ne voulait pas qu'on nous caviarde les livres, on ne voulait pas la censure, on ne voulait pas non plus qu'on enlève tous les Ikea. Alors évidemment, ça peut provoquer une sorte de rire, de moquerie, mais on voit cette fracture aussi. » Témoignage de Marina Prokovna, journaliste russe (Nom modifié).

    Que pense la population d’un pays continent de plus de 17 millions de km2, la Russie, organisé en une fédération de 89 entités qui totalisent plus de 143 millions d’habitants qui s’expriment en de multiples langues… Une géographie humaine et inspirante pour notre sociologue invitée Françoise Daucé, directrice d’études à l’EHESS et membre du Centre d’études russes, caucasiennes, est-européennes et centre-asiatiques autrement dit le CERCEC, qu’elle a dirigé de 2015 à 2023, Elsa Vidal, longtemps rédactrice en chef pour la langue russe à RFI et aujourd’hui chroniqueuse internationale dans le journal de 20h de BFM, télévision française, le journaliste et militant russe Serguei Parkhomenko, à l’initiative du réseau Redkollegia, qui est un réseau né il y a bientôt dix ans… donc bien avant l’agression russe du 24 février 2022 en Ukraine et Alain Blum, démographe et historien spécialiste des déplacements forcés et du goulag, représentant de Mémorial France.

    À lire :

    - Que pensent les Russes ? Par Elsa Vidal, éditions Gallimard

    - Genèse d’un autoritarisme numérique. Répression et résistance sur Internet en Russie, édition des mines, dirigé par Françoise Daucé avec B. Loveluck et F. Musiani

    - Déportés pour l'éternité (éditions de l'EHESS) : Alain Blum et Emilia Koustova, lauréats du Grand Prix des Rendez-vous de l'Histoire de Blois.

    À découvrir : Le site internet de Mémorial France.

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    48 分
  • Dakar 66, un printemps musical
    2026/04/18

    Retour à Dakar sur le Festival mondial des Arts nègres de 1966… un évènement initié par Alioune Diop, et porté par le président poète Léopold Sédar Senghor où la musique a joué un rôle central. L’espace d’un printemps, Dakar s’est transformé en une immense scène ouverte, expression de la créativité des artistes noirs, mais aussi affirmation d’une société nouvelle au diapason des indépendances africaines.

    Avec la participation de :

    - Magueye Kassé, professeur émérite

    - Jann Passler, professeur émérite de l’Université de San Diego en Californie

    - Saliou M'Baye, président du comité scientifique du colloque « Premier Festival mondial des Arts nègres: mémoire et actualités »

    - Ibrahima Wane, professeur titulaire de littérature et civilisations africaines à l’Université Cheikh Anta Diop à Dakar

    - David Murphy, professeur des études postcoloniales à l'Université de Stirling en Ecosse

    - Roland Colin, ancien directeur de cabinet de Mamadou Dia, président du conseil sous la présidence de Senghor.

    Un épisode documentaire de La Marche du monde, au son des archives de RFI et de la RTS que je remercie vivement, réalisé avec le soutien de la section sénégalaise de la communauté africaine de culture, organisatrice du colloque « Premier Festival mondial des Arts nègres : mémoire et actualités » en 2016. Merci à Marie-Aïda Diop et à toute l’équipe.

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  • Les mères dépossédées de leurs enfants métis dans le Congo colonial
    2026/04/11

    Une enquête de Florence Morice en RDC auprès des dernières mamans d’enfants métis, privées de leurs bébés par les lois racistes de l’État colonial. Quel récit font-elles de leur maternité ? Que racontent leurs enfants lorsqu’elles ont pu les retrouver ? À travers l’histoire de Victorine et Elizabeth, nous découvrons les témoignages inédits d’une mère et de sa fille, éclairés par le travail de l’anthropologue Kristien Geenen sur les archives belges.

    Le 2 décembre 2024, l’État belge a été condamné par la Cour d’appel de Bruxelles pour crime contre l’humanité.

    C’est une décision qui brise un silence de plusieurs décennies, un silence enfin rompu par des enfants métis en quête de justice pour eux-mêmes et pour leurs mères congolaises en RDC.

    En cause : l’enlèvement, pendant la colonisation du Congo par la Belgique, d’enfants métis arrachés à leurs mères au nom d’une politique raciale assumée. Humiliées, privées de leurs enfants, effacées des récits comme des réparations, elles sont les grandes oubliées de l’histoire coloniale. Et sont les dernières à pouvoir encore parler. Au crépuscule de leur vie, elles ont accepté de se confier et de dire comment elles ont vécu leur histoire, alors qu’elles étaient de toutes jeunes filles.

    Que reste-t-il de ces maternités brisées ? En collaboration avec l’African Futures Lab, une organisation de recherche et de plaidoyer pour la justice raciale, Florence Morice s’est rendue en République démocratique du Congo à la recherche de ces femmes… elle a choisi de retracer les destins de Victorine et Elisabeth, une mère et sa fille, et avec elles, une histoire longtemps enfouie refait surface.

    Pour aller plus loin :

    Fixer des parcours, négocier des décisions : l’enfance métisse au prisme des commissions de tutelle au Congo belge (1890-1960), Revue d’histoire contemporaine de l’Afrique, 2025.

    Disponible en ligne : https://oap.unige.ch/journals/rhca/article/view/2346

    Métisses. Cinq femmes contre un crime d'État

    Un film de Quentin Noirfalisse & Jean-Charles Mbotti Malolo.

    Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=vNRoEScnVCM

    L'arrêt de la cour d'appel de Bruxelles du 12 décembre 2024.

    https://www.unia.be/files/2024_12_02-Cour-Bruxelles.pdf

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  • Comment restituer l’Histoire de Madagascar?
    2026/04/04

    Au fil du récit de vie de Michèle Rakotoson née en 1948 à Madagascar, un an après les massacres de 1947 qui ont bouleversé les destins de son père et de son oncle, nous revenons sur l’histoire longue de la colonisation depuis la conquête de la Grand Isle par l’armée de l’Empire français à partir de 1894 jusqu’à la révolte étudiante de 1972, dont la mémoire fait écho à la révolution Gen Z de 2025.

    Comment restituer l’histoire de Madagascar méconnue de ses propres enfants ? C’est la question partagée par tous nos invités. La romancière Michèle Rakotoson, distinguée à la fois par son pays, Madagascar, en tant que commandeur des Arts et des Lettres en 2012, l’année où l’Académie française lui remet la Grande médaille de la Francophonie pour l’ensemble de son œuvre, ainsi qu'à l’historien Samuel Sanchez autour de ses recherches sur les archives françaises et malgaches et l’auteur Johary Ravaloson autour du mot « Mahaléo » qui évoque la liberté.

    Les livres de Michèle Rakotoson :

    • Ambatomanga, le silence et la douleur aux éditions Atelier Nomades
    • Lalana aux éditions Atelier Nomades
    • Tovonay, l’enfant du Sud, éditions collection Opération Bokiko

    À lire également :

    • Madagascar, une approche par les documents co-dirigé par Samuel Sanchez, Philippe Beaujard et Faranirina Rajaonah
    • 80 mots de Madagascar de Johary Ravoloson
    • Mahaleo, 40 ans d’histoire(s) de Madagascar de Fanny Pigeaud

    Découvrez sur YouTube le clip de Mahaleo pour l’inauguration de la fontaine du village d'Itremo en 2002.

    Nous avons le plaisir de vous présenter la collection documentaire de La marche du monde, Africaines Queens, abonnez-vous à notre podcast !

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  • Penser en toute indépendance avec Sophie Bessis, historienne de la Tunisie
    2026/03/28

    Historienne, politologue, féministe et journaliste, Sophie Bessis a le don de savoir naviguer entre les deux rives de la méditerranée. Elle nous fait l’amitié de nous recevoir chez elle à Paris, histoire de croiser certains épisodes de sa vie personnelle avec l’Histoire de la jeune nation tunisienne qui célèbre cette année ses 70 ans d’indépendance.

    Au son de nos archives et des lectures de trois de ses livres, Les Valeureuses, consacré à cinq figures féminines de la liberté dans l’Histoire tunisienne, Bourguiba, biographie du père de la Tunisie moderne et Je vous écris d’une autre rive, lettre à la philosophe Hanna Arendt, Sophie Bessis nous invite à penser avec elle l’histoire singulière de son pays, en sa qualité d’intellectuelle indépendante et exigeante, sachant conjuguer l’art du récit avec sensibilité et pédagogie.

    Trois livres de Sophie Bessis

    • Les Valeureuses, cinq Tunisiennes dans l’Histoire, aux éditions Elyzad
    • Bourguiba, coécrit avec Souhayr Belhassen, aux éditions Elyzad
    • Je vous écris d’une autre rive, lettre à Hannah Arendt, aux éditions Elyzad.
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  • La guerre de la France au Cameroun
    2026/03/21

    Une guerre longtemps cachée, mais une guerre aujourd’hui reconnue par le président Emmanuel Macron, suite aux préconisations du rapport de la commission d’historiens camerounais et français, remis début 2025 aux présidents respectifs de la France et du Cameroun.

    Un rapport de plus de 1 000 pages réunissant quatorze historiennes et historiens, français et camerounais, un travail minutieux de recueil de témoignages et d’analyse d’archives parfois inédites, afin de préciser les responsabilités de chacun, avant et après l’indépendance du Cameroun.

    Le 1er janvier 1960, le Cameroun fête son indépendance sur fond de guerre civile, mais que s’est-il passé dans ces années 60 ? Qu’est-ce que la commission de 14 historiens camerounais et français a montré dans son rapport remis aux présidents Biya et Macron. Pourquoi la guerre se poursuit-elle contre les mouvements nationalistes et les opposants sous la Présidence de Amadou Ahidjo ?

    Grâce à la déclassification d’archives militaires et aux nombreux témoignages recueillis par la commission sur le terrain, cette histoire oubliée peut continuer de s’écrire et de se préciser, bien que la question du nombre exact de morts reste sans réponse, car il appartient aux autorités camerounaises de s’en saisir ou pas.

    Merci à l’historienne Karine Ramondy ainsi qu’à Jean Koufan et Nadeige Ngo Nlend, deux collègues camerounais qui ont participé à la rédaction du rapport du volet « Recherche » de la Commission franco-camerounaise sur le rôle de la France au Cameroun entre 1945 et 1971.

    Le rapport sur le rôle de la France dans la guerre au Cameroun est à retrouver ici.

    À lire également Leaders assassinés en Afrique centrale 1958-1961 de Karine Ramondy.

    Un grand merci au magazine L’Histoire dont le numéro de décembre 2025 consacre un article à La guerre oubliée au Cameroun signé Karine Ramondy.

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    La marche du monde vous propose également sa collection de podcast Africaines Queens, l’histoire de l’Afrique racontée par les Africaines elles-mêmes.

    Pour aller plus loin :

    • Leaders assassinés, de Lumumba à Um Nyobe - Spéciale indépendance RDC
    • Cameroun : la guerre secrète.
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