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La fabrique du monde

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著者: RFI
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Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.

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政治・政府 日次
エピソード
  • Bab el-Mandeb: l’Iran toujours soutenu par son «axe de la résistance»
    2026/09/14
    Les rebelles houthis du Yémen, proches de l’Iran, ont désormais la main sur le détroit de Bab el-Mandeb, porte d’entrée de la mer Rouge. C’est un nouveau coup dur pour le commerce mondial après le blocage du détroit d’Ormuz, c’est une nouvelle épreuve pour l’Arabie saoudite, qui est ciblée par des attaques des Houthis, et c’est aussi l’illustration de la résilience du réseau d’alliances formé par la République islamique d’Iran. Les coups d’éclat militaires des Houthis du Yémen montrent que ce qu’on appelle « l’axe de la résistance » des alliés de Téhéran dans la région est toujours actif. Certes, le groupe rebelle a tiré des missiles et a commencé à perturber le trafic en mer Rouge dès octobre 2023, lorsque les alliés de l’Iran sont entrés dans le vaste conflit régional déclenché après les attaques du Hamas sur Israël, mais sans apparaître comme les acteurs de premier plan. De même, les Houthis n’ont pas été actifs immédiatement cette année en soutien à l’Iran, lorsque le pays a été attaqué par les États-Unis et Israël. Mais cette fois-ci, les voici en première ligne, avec le réveil d’un conflit qui semblait gelé au Yémen. À lire aussiLes détroits dans le monde: Bab el-Mandeb, sous la menace des Houthis Une guerre à dimension locale et une guerre régionale C’est une guerre à plusieurs étages, avec une dimension locale, celle du lancinant conflit interne au Yémen qui oppose les forces gouvernementales aux rebelles houthis, qui contrôlent de vastes territoires dont Sanaa, la capitale. Une guerre civile régionalisée puisque la puissante Arabie saoudite, voisine du Yémen, soutient les forces gouvernementales yéménites contre les rebelles houthis. La guerre menée par le royaume saoudien contre les Houthis de 2015 à 2022 s’est soldée par un désastre humanitaire sans solution militaire. Et ce conflit ne cesse de s’internationaliser puisqu’après avoir été attaqué par les États-Unis et Israël, la riposte de Téhéran se poursuit dans le détroit d’Ormuz et désormais dans le détroit de Bab el-Mandeb où ce sont les Houthis qui agissent. Des groupes paramilitaires composent l'« axe de la résistance » Ces derniers ne sont pas le seul groupe armé régional proche de l’Iran à agir en ce moment. Les milices irakiennes proches de Téhéran ont visé ces derniers jours l’oléoduc saoudien que le royaume utilisait pour contourner le blocage du détroit d’Ormuz. Résultat : l’Arabie saoudite et sa rente pétrolière prises en tenaille par des groupes paramilitaires (Houthis et milices chiites irakiennes) que l’on peut classer dans cet « axe de la résistance » qui a pourtant subi de lourds dégâts ces dernières années. En effet, la puissance militaire du Hezbollah libanais et celle du Hamas palestinien à Gaza n’ont plus rien à voir avec ce qu’elles étaient en octobre 2023. Cela ne veut pas dire que ces organisations sont éliminées, mais les attaques israéliennes assorties d’occupations de territoires les ont affaiblies. Et puis le régime de Bachar el-Assad en Syrie a chuté en 2024, privant l’Iran d’un état allié et aussi d’une base territoriale pour son réseau d’alliances. À lire aussiMoyen-Orient: l’Arabie saoudite ferme l’oléoduc Est-Ouest après une attaque de drones «en provenance d’Irak» L’Iran soutient un réseau de milices chiites irakiennes Comment l’Iran a-t-il pu surmonter ces revers ? L’exemple de l’Irak en donne un aperçu. Dans ce pays voisin avec lequel il entretient des relations étroites, l’Iran soutient un réseau de milices chiites irakiennes. Bagdad veut intégrer ces factions dans le giron du pouvoir, mais certaines de ces milices traînent des pieds. Et l’Iran continue d’investir dans ces groupes autonomes qui agissent en fonction de ses intérêts. Pas étonnant donc que les frappes venues d’Irak contre l’oléoduc saoudien la semaine dernière aient provoqué la colère du gouvernement irakien. Longtemps l’Iran a utilisé ses alliés régionaux pour ne pas avoir à se battre directement. Situation qui a radicalement changé ces dernières années puisque les missiles et drones iraniens ont maintes fois traversé le ciel du Moyen-Orient, s’abattant en territoire israélien ou sur des cibles stratégiques situées chez ses voisins, les monarchies du Golfe… Les deux guerres contre l’Iran en 2025 et 2026 ont montré que le réseau d’alliance de l’Iran ne suffisait plus à dissuader d’une attaque contre son territoire. Mais les groupes armés proches de la République islamique continuent à mener une efficace guerre asymétrique dont les conséquences sont planétaires. L’Arabie saoudite est dans la tourmente Visée par des groupes soutenus par l’Iran, l’Arabie saoudite est dans la tourmente. D’où ces questions lancinantes : quelle sera la réaction du royaume saoudien (au-delà des...
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  • 11-Septembre: 25 ans après, les chiffres vertigineux d’un monde entré en guerre
    2026/09/11
    Vingt-cinq ans après les attentats du 11-Septembre, les chiffres racontent à eux seuls une partie de l'histoire : près de 3000 morts aux États-Unis ce jour-là, puis des millions de personnes tuées dans les guerres qui l'ont suivi. Les dépenses militaires engagées par Washington sont stratosphériques. Retour en chiffres sur le basculement du 11 septembre 2001 et ses conséquences dans le monde. 2 977 morts C'est le nombre de personnes tuées lors des attentats du 11-Septembre, à New York, au Pentagone et à bord du vol 93 qui s'est écrasé en Pennsylvanie. À New York, 2 753 personnes sont mortes. Au Pentagone, 184. Les 40 passagers et membres d'équipage du vol 93 ont été tués lorsque l'appareil s'est écrasé dans un champ de Pennsylvanie. Les 19 terroristes qui ont détourné les quatre avions ne sont pas comptabilisés dans ce bilan. 19 pirates de l'air Les quatre avions ont été détournés par 19 membres d'al-Qaïda. Parmi eux, 15 étaient saoudiens, deux émiriens, un égyptien et un libanais. 7 octobre 2001: l'intervention en Afghanistan Moins d'un mois après les attentats, les États-Unis lancent leur intervention militaire en Afghanistan. Washington accuse les talibans, au pouvoir à Kaboul, d'abriter Oussama Ben Laden et al-Qaïda. Le 7 octobre 2001, les premières frappes américaines et britanniques commencent. Le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas adopté de résolution autorisant explicitement cette intervention. Washington invoque le droit de légitime défense, prévu par l'article 51 de la Charte des Nations unies. Printemps 2003 : l'invasion de l'Irak Un an et demi plus tard, le 20 mars 2003, les États-Unis envahissent l'Irak. George W. Bush accuse alors le régime de Saddam Hussein de détenir de prétendues « armes de destruction massive ». Ces armes ne seront jamais découvertes. Là encore, aucune résolution du Conseil de sécurité de l'ONU n'autorise explicitement le recours à la force contre l'Irak. Du contre-terrorisme aux guerres post-11-Septembre Après l'Afghanistan et l'Irak, les opérations militaires américaines et alliées s'étendent à d'autres théâtres, notamment au Pakistan, à la Syrie, au Yémen, à la Somalie, à la Libye et aux Philippines. Pour l'université américaine Brown, les « guerres post-11-Septembre » désignent les opérations militaires américaines et les autres programmes gouvernementaux menés dans le cadre de la « guerre mondiale contre le terrorisme » lancée après 2001. À lire aussi11-Septembre: quand la «guerre contre le terrorisme» a révélé les limites de l’hyperpuissance américaine Plus de 940 000 morts directement liés aux guerres Selon le « Costs of War Project » de l'université Brown, plus de 940 000 personnes sont mortes directement des violences de guerre dans les conflits post-11-Septembre. Ce bilan comprend des civils, mais aussi des combattants des différents camps, des membres des forces de sécurité alliées, des contractuels, des journalistes et des travailleurs humanitaires. Brown estime à plus de 432 000 le nombre de civils parmi ces morts directs. Jusqu'à 4,7 millions de morts en incluant les conséquences indirectes Les morts directement causés par les combats ne constituent qu'une partie du bilan. Les guerres entraînent également des morts liés à la destruction des systèmes de santé, des infrastructures, des économies, ainsi qu'à la faim et aux maladies. Brown estime à 3,6 millions ou 3,8 millions le nombre de morts indirects dans les zones de guerre post-11-Septembre. En additionnant morts directs et indirects, l'université estime le bilan total s'élève à 4,5 millions ou 4,7 millions de morts, un chiffre qui continue par ailleurs à augmenter. Brown précise toutefois que le nombre exact de victimes reste impossible à établir. 38 millions de personnes déplacées Autre conséquence : les déplacements de populations. Plus de 38 millions de personnes ont été déplacées par les guerres post-11-Septembre en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, au Yémen, en Somalie, aux Philippines, en Libye et en Syrie. Il s'agit à la fois de personnes réfugiées ayant fui leur pays et de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays. Plus de 8 000 milliards de dollars Le coût financier est lui aussi vertigineux. Selon Brown, le gouvernement fédéral américain avait, jusqu'en 2021, dépensé ou était engagé à dépenser plus de 8 000 milliards de dollars pour les guerres post-11-Septembre. Cette estimation comprend notamment les dépenses militaires, les dépenses liées aux anciens combattants et au coût de la dette. Et la justice ? Vingt-cinq ans après les attentats, une autre question se pose : qui a été condamné pour le 11-Septembre et qui a été poursuivi pour les crimes commis pendant les guerres qui ont suivi ? Aux États-Unis, le Français Zacarias Moussaoui est à ce jour le seul individu condamné par une juridiction américaine en ...
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