エピソード

  • Au Cameroun, des associations «sang pour sang» unies pour l'hygiène menstruelle
    2026/06/02
    Chaque mois, des millions de femmes et de filles font face à un défi invisible et souvent passé sous silence : le coût des protections hygiéniques. Sans accès abordable, c’est l'absentéisme scolaire, la perte de productivité au travail et la précarité qui s'aggravent. C'est pourquoi, au Cameroun, plusieurs associations militent pour que toutes les femmes puissent avoir accès à des serviettes hygiéniques et bénéficient de la tolérance et de la bienveillance de leur entourage. En 2020, à Yaoundé au Cameroun, Caroline Weng et d'autres membres ont créé l'association Elles rayonnent ensemble. Leur crédo est de permettre l'accès aux serviettes hygiéniques pour les femmes et de réduire la précarité menstruelle. Une précarité qui est causée par un accès difficile à des produits de bonne qualité et à un prix raisonnable, ce que regrette Caroline Weng : « On est sur le prix le plus bas actuellement, 700 francs CFA par mois. Et ça, c'est pour celles qui ont un flux, on va dire... pas très abondant. Mais pour les autres, c'est au moins deux fois plus, donc on est à 1 400 francs CFA par mois. On a besoin soit d'antidouleurs, soit d'autres choses. Et donc, on monte facilement à 50 euros par an. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Soit on sacrifie le côté santé et on va juste pouvoir s'offrir des protections menstruelles. Soit on n'a rien de tout ça et on se garnit avec un tissu pagne qu'on met sur nous. Ou bien, on ne va pas travailler ce jour-là parce qu'on a même pas de quoi se garnir et, du coup, parfois, l'employeur peut ne pas être très compréhensif. Il décide de lui "couper" son salaire ou de lui dire : "Écoute ! Si tu dois prendre cinq jours tous les mois ou trois jours, ça ne va pas être possible !" Le cycle de la pauvreté continue. Voilà la réalité vraiment telle qu'elle est en face. » À lire aussi«Je mets des couches à la place»: face à la précarité menstruelle, certaines femmes sont contraintes au système D Libération de la parole L'association milite pour une TVA moins lourde sur un produit qu'elle considère comme étant de première nécessité. Caroline Weng fait du lobbying également dans les villages, dans les écoles, pour lever les tabous autour de cette question : « Le point qui me paraît le plus important à souligner, c'est vraiment la question de la libération de la parole autour de l'hygiène menstruelle, de la part des femmes et des filles en tout cas. Pour la gent masculine, c'est encore un peu compliqué, même si on a certains alliés. Mais il y a une évolution maintenant, surtout chez la plus jeune génération qui essaie juste de lever le tabou autour. On voit une nette évolution vraiment à ce niveau-là. » Une amélioration dans une société patriarcale qui passe par la jeunesse, comme l'explique René Nwoes. Son association, Wake Up Ladies, organise des rencontres dans les écoles : « On fait la corrélation entre la bonne gestion de l'hygiène menstruelle et la régularité à l'école. Il s'agit de dire qu'il est important d'accompagner les jeunes filles durant leur période menstruelle, parce que si ce n'est pas fait, elles vont plutôt manquer les cours. Et si une fille manque les cours constamment, elle a moins de chances de pouvoir réussir en fin d'année. Cela progresse vraiment petit à petit, mais on voit le bon bout. » Serviettes recyclables et coupes menstruelles Des progrès menés grâce à un programme baptisé Sang pour sang unies pour la dignité. Un programme financé par l'Agence française de développement. Margaux Chinal est chargée de ce programme à l'Agence française de développement. « Le programme Sang pour sang a effectivement tout un volet dédié à l'appui à des entreprises sociales et solidaires qui produisent des serviettes lavables. On a aussi des entreprises sociales qui ont choisi plutôt la coupe menstruelle. C'est une petite coupe en silicone qui s'insère en fait dans le vagin et qui permet de récupérer le sang menstruel, et on la vide au cours de la journée. Il faut idéalement que les femmes puissent avoir le choix et que ce choix soit fait de manière éclairée. Et pour cela, il faut qu'elles puissent avoir toutes les informations nécessaires sur la bonne utilisation des produits. On va avoir des projets de sensibilisation à l'hygiène et à la santé menstruelle dans les écoles. On va avoir des projets de plaidoyer au niveau des gouvernements. On a des exemples dans certains pays d'organisations qui ont déjà réussi à faire bouger un peu les lignes au niveau législatif. En plus des organisations de la société civile, on a un appui direct à 18 entreprises sociales et solidaires qui produisent des produits d'hygiène menstruelle grâce à ce programme-là », explique Margaux Chinal. En 2025, le projet Sans pour sang, qui est prodigué également au Bénin, en Côte d'Ivoire, en Guinée ou au Nigeria, a permis à 24 000...
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  • L'association sénégalaise Kinsiba offre une «Bulle de vie» aux victimes du cancer
    2026/06/01
    Être au soutien des femmes sénégalaises qui ont subi une mastectomie c’est la raison d’être de Kinsiba. Cette association dakaroise procure aux femmes victimes d’un cancer du sein une aide physique et psychologique pour surpasser cet épisode douloureux et souvent traumatisant de leur vie. Au début de notre interview, Dienaba Konaté, la fondatrice de l'association Kinsiba, nous raconte l'histoire d'une jeune Sénégalaise. Une anecdote emblématique, selon elle, de ce que doivent subir certaines femmes victimes d'un cancer. « Une jeune fille de 24 ans qu'on a accompagnée. Elle avait une tumeur au cerveau. Encore étudiante, au niveau de son école ils prêtaient des ordinateurs pour que les étudiants puissent étudier. Et quand ils ont appris qu'elle était malade, on lui a repris son ordinateur. Sous couvert de : "Tu es malade, t'en auras pas forcément besoin longtemps. On va le donner à quelqu'un qui est mieux portant". Donc la violence de ça, c'est vraiment quelque chose de très difficile ! Quand on dit une personne a le cancer, on voit tout de suite la mort. Mais aujourd'hui, nous, on se positionne comme une alternative ». Et cette alternative, c'est l'association Kinsiba qui, depuis deux ans, a offert à plus d'une centaine de femmes des prothèses mammaires après des mastectomies, assorties d'un accompagnement psychologique et d'un coaching. Pour se réinsérer dans la vie sociale et professionnelle comme l’explique Dienaba Konaté. Être combatif pour affronter les épreuves de la vie « On travaille essentiellement avec des hôpitaux publics et le centre privé de cancérologie qui est à Ouakam. C'est eux qui nous réorientent les personnes. Si elles se font leur mastectomie, elles se retournent vers le service social qui ensuite nous contacte pour nous dire : "on a telle patiente, elle a un besoin de tant..." Et ensuite nous, on la rencontre, on prend les mesures. Ensuite, en fonction du stock, on remet la prothèse. On a pu collecter des fonds pour offrir plus de 100 prothèses. C'est très difficile de s'en procurer dans le pays parce que ce n'est pas forcément quelque chose de très répandu et pour peu qu'on en trouve, c'est extrêmement cher. En fait, on a lancé un parcours qui s'appelle le parcours "Bulle de vie". C'est un accompagnement sur quatre mois pendant lequel elles ont un accompagnement psychologique, thérapeutique et en parallèle, elles font de la boxe-thérapie. Ouais ! ( rires ) la boxe, la boxe cela fait souvent sourire mais il faut être combatif pour affronter les épreuves de la vie ! Mais au-delà de ça, ça leur permet d'avoir une rééducation physique post mastectomie, c'est très intéressant ! Et pour celles qu'on a commencé à suivre, il y a effectivement un vrai changement parce que le plus dur, souvent, ce n'est pas la maladie, c'est vraiment de se sentir seul. Et là, le fait de pouvoir partager, de pouvoir "déposer" tout ce qu’elles emmagasinent parce qu’elles ne peuvent pas en parler, bah ça a joué énormément ! » Fatou Fall, technicienne de 30 ans et mère de deux enfants, a subi une double ablation des seins. Pour elle, le programme « Bulle de vie », conçu par l'association pour se reconstruire physiquement et moralement, a été primordial. Maman a des seins ! « Ils m'ont offert des prothèses que mes enfants ont beaucoup aimées. Parce que quand je suis rentrée avec les prothèses et que je les ai mises, j'ai une fille de 4 ans, la plus grande, elle me disait "Ah, maman a des seins !". Elle était contente ( rires). Ouais, en fait, ça m'a trop trop émue ! Après, j’ai rejoint l'association pour leur projet "Bulle de vie" et ça aussi, ça m'a beaucoup aidée, vraiment ! Elles nous proposent des séances de coaching et de sport comme la boxe, pour qu'on puisse reprendre confiance en nous. Ça fait du bien pour le corps, mais aussi ça nous permet de dégager les émotions négatives parce qu'on se libère, je peux dire, parce qu'on souffre à l'intérieur. Ça fait mal, comme on dit. Avec le sport, on extériorise. Grâce aux séances de coaching, j'ai pu reprendre confiance en moi, affronter les gens et arrêter d'hésiter à me dire que je vais me faire rejeter. Bon, ça va, hamdoulillah, maintenant je gère bien ma vie, même si parfois y a des hauts, y a des bas, y a des jours sans et des jours avec... » Dégager les émotions négatives L'association qui fonctionne sur fonds propres et l'appui de quelques donateurs a permis de prendre en charge 138 femmes atteintes d'un cancer sur Dakar. Le prochain projet est de construire une maison de santé intégrée sur la ville de Diamniadio.
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  • Au Sénégal, Kalao, une brasserie au goût du succès ... et du fonio
    2026/05/29
    À La Somone, sur la Petite Côte sénégalaise, la brasserie artisanale Kalao, fondée en 2021, réinvente l’art brassicole avec des bières 100 % locales, à base de fonio, mil, riz et gingembre. Une microbrasserie artisanale, engagée dans une démarche écoresponsable et éthique qui valorise les céréales sénégalaises et multiplie les projets. C'est parce qu'il ne trouvait pas de bière faisant écho à ses racines africaines que le Franco-Camerounais Raphaël Hilarion a décidé, il y a cinq ans, avec son épouse Marie, de fonder sa propre marque de bière, Kalao. « Moi, je vivais à Paris et pour me rappeler un petit peu mes origines et mon enfance, j'allais souvent dans des restaurants africains. Et comme j'aime beaucoup la bière, je cherchais à retrouver un goût, une identité africaine. Alors évidemment, on trouve toujours la Gazelle, la Flag, mais je ne trouvais pas un goût bien spécifique. Et j'ai commencé à chercher des bières artisanales africaines. Je me suis aperçu qu'il n’y en avait pas et qu'on n'en trouvait pas du tout ni en Europe et très peu en Afrique. Et l'idée est partie de se dire : "Comment est-ce qu'on peut créer une identité d'une bière africaine ?" De se dire : "Il existe énormément de céréales en Afrique de l'Ouest. On sait aussi qu'il y a de la bière ancestrale en Afrique. Et comment arriver à trouver un mélange entre la tradition africaine et celle européenne ?" Et c’est ainsi qu’on a voulu créer une bière métissée ». Une bière métissée L'un des éléments de base de cette bière est le fonio ou le mil, plutôt utilisé jusqu'ici pour les petits déjeuners, pour du dégué ou du thiakri, ce qui a intrigué les groupements de paysans avec lesquels travaille Raphaël. « Oui, un petit peu ! C'est vrai que la plupart nous prenaient vraiment pour des extraterrestres en se disant : "Mais comment ? Comment est-ce que tu veux faire de la bière avec cette céréale qui sert pour le petit-déjeuner au Sénégal ?" Et nous, ce qu'on faisait, c'est qu'on allait les voir. On leur montrait à quoi ressemblait cette bière-là, pourquoi aussi c'était important de valoriser leurs céréales et de dire qu'il était possible de faire autre chose avec. Et surtout, le fait que ces céréales-là sont sans gluten aujourd'hui, c'est un énorme atout. En fait, c'est le consommateur maintenant qui cherche à boire correctement avec des céréales totalement différentes qui ont un apport nutritionnel important. » D'une vingtaine de litres à ses débuts, Kalao brasse aujourd'hui 30 hectolitres à La Somone et l'un des projets de la brasserie est de s'associer avec les moines de l'abbaye bénédictine de Keur Moussa, comme l’explique Marie Dore, cofondatrice de Kalao. Montrer au reste du monde ce qu'il est possible de faire en Afrique de l'Ouest « On sait que les moines bénédictins travaillent beaucoup la terre, ils produisent, ils ont des champs et ce sont de vrais épicuriens, donc ils sont vraiment déjà connus pour leurs produits. Et nous, on s'est déjà posé la question parce qu'étant férus de bière, de savoir s'il existait en Afrique une bière d'abbaye. On s'est rendu compte que ça n'existait pas. On s'est dit que cela serait formidable de faire une collaboration et de brasser ensemble et aussi de montrer au reste du monde ce qu'il est possible de faire en Afrique de l'Ouest, au Sénégal, des bières d'abbaye de qualité, uniques en leur genre. » Valoriser la richesse des produits de la terre sénégalaise, c'est une évidence que nous décrit Frère Thomas, l'un des moines bénédictins de l'abbaye de Keur Moussa. « Les moines ont une vieille tradition de brasserie et ça fait partie également de leur programme de vie, c'est-à-dire "Ora et labora, prie et travaille". Alors, les moines ont commencé à brasser à partir du 6ᵉ et 7ᵉ siècle et, inspirés sans doute par saint Benoît qui est notre saint patron, les moines ont une longue tradition d'hospitalité. Quand un hôte arrive, on lui sert les produits du monastère et donc la bière en faisait partie autrefois. » Une alimentation plus saine qui gagne à être connue À Bruxelles, en Belgique, Sandrine Vasselin tient la Maison des poivres et des épices, baptisée Misao. D'origine congolaise, elle fournit à un autre brasseur belge, Cantillon, des épices africaines et elle se réjouit de l'émergence de microbrasseries sur le continent. « Je pense qu'il en était temps. Mais je pense que maintenant les gens veulent un peu plus de goût. Ils veulent un peu plus dans une bière d'authentification. Et je pense que oui, c'est le moment ! C'est le moment de mettre en avant tout ce patrimoine, nos céréales, dont la majorité est sans gluten, et ils mettent en avant une alimentation plus riche, plus saine, qui gagne à être connue. » La bière Kalao poursuit son bonhomme de chemin sur les tables des restaurants à Dakar ou à Paris. Quant ...
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  • Des cultures saines et vertueuses au Burundi, c'est simple comme un coup d'agroécologie!
    2026/05/26
    L’ONG Inades porte depuis huit ans le programme Tapsa, une initiative visant à renforcer au Burundi la souveraineté alimentaire et à promouvoir des pratiques agricoles durables. Ce programme s’inscrit dans une dynamique de soutien aux petits producteurs et aux communautés rurales pour bâtir un avenir plus résilient et équitable en matière alimentaire. L’ambiance était festive et agro-pédagogique au festival CCFD-Terre solidaire qui s'est tenu à Lectoure, dans le sud de la France, ce week-end du 9-10 mai. L'association française et l'ONG burundaise Inades présentaient aux festivaliers, entre autres, les formations entamées il y a huit ans pour convertir les paysans à une agroécologie plus responsable et plus saine pour l'estomac des consommateurs, comme pour la préservation de l'environnement. « On a mené des études et puis on a constaté qu'effectivement, l'utilisation des produits chimiques a des effets néfastes sur la santé de l'homme et sur la santé du sol. Et c'est ainsi que nous avons pu convaincre les producteurs burundais de diminuer l'utilisation des produits chimiques de synthèse et on propose des alternatives en termes de biopesticides et de biofertilisants, explique Joseph Nigeze, le directeur de l'Inades Burundi qui met en œuvre ce programme Tapsa (Transition vers une agroécologie paysanne au service de la souveraineté alimentaire). Les paysans burundais ont été d'accord parce que pour eux, l'objectif c'est d'augmenter la production. Mais la valeur ajoutée, c'est de produire de façon saine, d'avoir une alimentation saine et durable. Ainsi, si on économise aussi les engrais, on économise aussi la santé ». La campagne Tapsa a permis de former près de 4 000 foyers paysans au Burundi. Et de concerner 23 000 individus avec des techniques simples, peu coûteuses et efficaces. « On a identifié les plantes pesticides qui sont favorables pour la lutte contre les maladies des plantes, poursuit Joseph Nigeze. Il y a notamment le neem, il y a le Tithonia ou encore la cendre. Donc nous avons proposé toute une série de produits naturels qu'ils ont trouvés intéressants et qui les aident à lutter contre les maladies des plantes et à conserver les stocks des producteurs ». Une production plus rentable « La production, avec l'usage des biofertilisants sur certaines parcelles, a varié de 30% à 40% en plus, surtout pour le haricot et le maïs, souligne Marie Reine Ndoricimpa, elle est agronome et responsable du projet Tapsa pour le volet formation des paysans. Mais pour le bananier, c'est plus de 100% ! En termes de prix, le prix des engrais chimiques varie entre 2 500 et 3 000 francs burundais le kilo. Pour la fumure, promue dans le cadre du Tapsa, c'est moins de 1 000 francs burundais par kilo. C'est aussi une fumure qui est de bonne qualité et appréciée par les producteurs ». Le programme Tapsa, porté par le CCFD, est financé, entre autres, par l'Agence française de développement et concerne le Burundi, le Rwanda, la RDC, le Mali, le Burkina Faso ainsi que le Sénégal et le Niger. « On accompagne des acteurs locaux qu'on finance pour mettre en place des initiatives auprès de leurs propres membres producteurs. Donc il y a beaucoup de formations, de mise en place de champs-écoles, de mise en place de fermes pilotes, par exemple, liste Coline Podlunsek, responsable du projet Tapsa au CCFD. Des échanges aussi entre paysans, de pair à pair, sur différentes techniques. On va être sur des techniques de compostage, de fumure, de production de biopesticides, de bio-intrants. Ils vont aussi mettre en place des cases de semences paysannes, notamment sur les semences maraîchères, pour favoriser la maîtrise de la multiplication de la semence et le stockage. On va se concerter autour de la préservation d'une ressource, d'un lac pour la pêche par exemple, axé sur les bonnes pratiques certes, mais aussi avec beaucoup de sensibilisation des consommateurs ou des élus pour favoriser le financement de ces actions-là ». Depuis qu'il est en place, ce programme d'agroécologie au Burundi a permis de régénérer plus de 750 hectares de surface agraire. Une nouvelle phase de quatre ans de gestion durable en milieu paysan devrait commencer en 2026. À lire aussiPas de «trucs bizarres» dans le karité guinéen de Mama Sango
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  • Naïma, une poupée «ludo-identitaire» ivoirienne
    2026/05/24
    Naïma est une poupée noire qui ressemble aux petites filles qui jouent avec depuis maintenant près de onze ans en Côte d'Ivoire, et à présent au-delà des frontières ivoiriennes. Sa maman s'appelle Sara Coulibaly. Elle est la porteuse de ce projet d'un jouet qu'elle surnomme elle-même « ludo-identitaire » en proposant aux enfants africains des jouets qui leurs ressemblent. Dans ses bureaux de la Palmeraie à Abidjan, Sara Coulibaly, la maman de la marque Naïma Dolls, a fait d'un défi ludique pour sa première fille une entreprise prospère. Une réussite qui a débuté, comme souvent, avec une bonne idée et trois bouts de ficelle : « Je pense que je suis la première, en Côte d'Ivoire, à avoir pensé aux petites filles africaines en se disant que ce n'est pas normal qu'on joue avec des jouets qui ne nous ressemblent pas. » Une production de 150 000 poupées par an désormais « On a commencé à créer des petites Naïma, pour la petite Naïma à qui j'ai donné vie il y a 11 ans maintenant. Ma mère, ma grand-mère, tout le monde a mis la main à la pâte dans ce projet. On n'a pas commencé avec grands moyens : c'était 500 poupées, un site internet, sur fonds propres et beaucoup, beaucoup de courage et de passion » , poursuit Sara Coulibaly. Naïma, une jolie poupée noire aux cheveux crépus, s'arrache dans les magasins de la Côte d'Ivoire, du Sénégal, du Gabon ou même encore en Europe et aux États-Unis. Victime de son succès, la production est passée, en 11 ans, de quelques centaines à 150 000 pièces par an. Mais pour répondre aux normes internationales, il a fallu abandonner le conditionnement et les robes façonnées à Abidjan pour une fabrication à l'étranger. C'est le revers d'une médaille qui a quand même permis à Naïma Dolls de passer d'une dizaine de salariés à près de 50 aujourd'hui. Et avec une idée bien précise pour Sara Coulibaly : « On a abandonné le conditionnement local pour aller à la quête du volume, pour ensuite récupérer la production et développer un marché véritablement en Afrique. Donc oui, j'assume d'avoir changé le lieu de production pour gagner en qualité, gagner en volume et pouvoir aller à la conquête de nouveaux marchés de façon beaucoup plus digne. Parce qu'une marque africaine vient des fois avec ses stéréotypes en termes de qualité. Et pour nous, la qualité, les normes, c'était très important. Il fallait qu'on puisse passer toutes les frontières en se disant que ce n'est pas parce que c'est une marque africaine qu'elle ne peut pas être vendue aux États-Unis, etc. Et maintenant que c'est fait, on peut maintenant espérer récupérer la production en Côte d'Ivoire. » Une « ''ludo-éducation'' dédiée à la jeunesse ivoirienne » La marque a diversifié ses jeux pour développer ce que Sara appelle la « ludo-éducation » dédiée à la jeunesse ivoirienne : « La ''ludo-éducation identitaire'', c'est simplement utiliser le jeu pour rétablir tout ce qui est le gap en termes de connaissance de soi, de son identité et de sa culture. Dans la main, j'ai un jeu de cartes, un puzzle sur la Côte d'Ivoire où on peut découvrir les richesses du pays, où il y a des illustrations de toutes les personnalités qui ont pu marquer la Côte d'Ivoire. Et on a fait la même chose sur les villes de la Côte d'Ivoire. On a plusieurs jeux de société qu'on a développés comme ça, où on apprend aux enfants, ivoiriens ou non, à découvrir la Côte d'Ivoire et l'Afrique de façon plus générale. On donne ainsi des billes pour ouvrir des discussions intergénérationnelles, interculturelles et puis, transmettre toujours un bout de la Côte d'Ivoire à tout le monde. » Parmi les dernières créations : Le grand secret du musée, un livre illustré et coédité par l'Unesco, sous la direction de Maïmouna Camara, chargée du programme Culture à l'Unesco d'Abidjan : « Pour la transmission de nos valeurs, il faut qu'on puisse impliquer de plus en plus les enfants et les adolescents pour expliquer, dans un langage assez accessible, certaines thématiques que nous portons. C'est la raison qui nous a poussé à travailler avec Sara Coulibaly, pour permettre aux adolescents de mieux s'approprier leur patrimoine culturel, pour parler du Djidji Ayôkwé, pour que tous ces enfants ivoiriens puissent connaître l'histoire de ce tambour-parleur. » Le livre consacré au tambour Djidji Ayôkwé a été présenté au salon du livre d'Abidjan. Le prochain ouvrage permettra à Naïma de faire découvrir aux enfants ivoiriens l'histoire de la ville de Grand-Bassam.
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  • À Maurice, l'intelligence artificielle au secours de la dégénérescence cognitive
    2026/05/04

    Sur l'île Maurice, une femme a mis au point une application afin de permettre aux personnes victimes d'Alzheimer de compenser leur vie handicapée par la perte de mémoire avec un assistant sur smartphone.

    C'est parce qu'elle a pu bénéficier, avec 29 autres femmes africaines, du programme African Women in Tech and AI, sorte de pépinière à talents pour les nouvelles technologies, que Maleika Meh Nigar a développé son projet d'application pour aider les malades d'Alzheimer.

    « Je suis en train de développer une application qui s'appelle AlzamAId. Nous avons une population qui est très âgée, et donc, on a beaucoup de problèmes associés à cela. Alzheimer est une maladie liée à la mémoire. Dans ce projet, je travaille sur une application qui va aider ces personnes-là à mieux vivre et à être indépendantes », explique-t-elle.

    Maleika Meh Nigar poursuit : « Ce n'est pas que pour les patients. L'appli a également un composant qui va aider les ''care givers'' (''accompagnants''). On aura des notes pour effectuer les routines, pour prendre les médicaments, pour faire un tracking. Parce qu'avec cette application-là, il y a un bracelet qu'on met au patient. Et donc, on peut le suivre et le retrouver s'il oublie son chemin, comment rentrer chez lui... Comme il y a un agent intelligent, il peut enregistrer les mouvements des patients, et ainsi, on peut prendre ces infos pour concevoir des modèles et devenir plus performants avec le temps. »

    AlzamAId, l'application de Maleika permet, par le biais d'un smartphone et d'un bracelet intelligent, de mesurer et de s'adapter avec l'IA aux besoins des malades.

    « Pour les smartphones, explique la chercheuse, il y aura des applications pour les patients et pour les "care givers". Pour les membres de la famille, c'est très difficile. Certains sont proches du burn-out. Ils sont fatigués et parfois, ils ne savent pas quoi faire : notre application prévoit aussi un accès à une communauté avec laquelle on peut discuter de cela, se donner des conseils. »

    Cette solution d'une application intelligente serait d'un grand bénéfice pour la médecine, estime, à Port-Louis, le docteur Geeta Dorkhy, qui collabore avec Maleika à ce projet :

    « En collaborant, on pourrait améliorer la recherche, mais également progresser avec les données qui nous manquent, spécifiquement sur le déclin cognitif. Actuellement, le professeur Maleika travaille avec l'équipe multidisciplinaire pour avancer sur la recherche. Cela devrait aider à promouvoir des solutions de santé publique et à avoir plus d'aides locales et internationales. »

    AlzamAId, le projet de Maleïka, pourrait aboutir d'ici l'année prochaine grâce au financement du programme African Women in Tech and AI de l'UNESCO en partenariat avec AI Movement, un incubateur basé au Maroc, à Rabat, qui accompagne les projets de 30 femmes africaines pour leur start-up dans la tech ou bien l'intelligence artificielle.

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  • L'IA rend l'eau plus claire au Bénin
    2026/05/04

    Au Bénin une jeune start-up, SsAfe, travaille à concilier les avantages de l’Intelligence artificielle avec un accès à l’eau pour tous les foyers urbains ou ruraux. Avec deux associés chercheurs, l’ingénieur chimiste Marielle Agbahoungbata conçoit un projet de robot filtreur intelligent.

    C'est lors d'une conférence organisée par l'Unesco à Paris sur les femmes africaines dans la tech et l'intelligence artificielle que Marielle Agbahoungbata a pu présenter son projet de robot intelligent. Une machine qui diagnostique la qualité de l’eau et la filtre pour les consommateurs du Bénin.

    « C'est un robot que nous développons, le robot qui est capable d'analyser l'eau et, en fonction des types de polluants et de la quantité de polluants contenus dans cette eau, peut décider du traitement adéquat. Ça peut être pour l'irrigation, ça peut être pour faire de la lessive, ça peut être de l'eau potable, etc, etc .. Donc le robot permet d'économiser du temps, de l'énergie. Et au niveau des unités de traitement, nous avons également une IA qui permet de décider des quantités de réactifs. Qu'on doit utiliser pour le traitement. Donc tout ça est décidé par l'intelligence artificielle de façon plus efficace pour nous permettre d'économiser de la ressource ».

    Si ce robot, encore à l'état de prototype, ne sera opérationnel qu'en 2027, l'IA permet à chacun et à chacune de l'utiliser, quelle que soit sa langue d'usage.

    « Nous sommes en train de développer une assistance vocale à intégrer au sein du robot qui peut converser avec les gens dans les langues locales africaines pour accroître l'accès à l'eau aux populations rurales. Ce que nous faisons, c'est que la bonne dame, dans certaines zones reculées, peut utiliser le robot et parler avec le robot dans sa langue. Aujourd'hui, nous travaillons sur le fon, le bambara, le swahili, le wolof. Cela permet aux femmes de recycler son eau à la maison. Donc, quand elle finit la lessive, au lieu de jeter l'eau, elle peut la recycler et utiliser le robot, même si elle n'a jamais été à l'école ».

    Ses recherches de SSaFE, la start-up de la chimiste ingénieur, se font au sein d'un pôle de recherche. Thierry d'Almeida est le directeur général de l'Institut des programmes de formations et de recherche technologie et d'innovation à Sèmè City, un centre d'excellence à Cotonou où Marielle travaille au projet du robot IA.

    « Concernant l'IA, nous avons des développeurs, nous avons des informaticiens, nous avons des mathématiciens qui sont capables d'utiliser cet outil de façon absolument déterminante pour faire avancer un certain nombre de problématiques et pour résoudre un certain nombre de défis auxquels nous sommes confrontés. Et c'est exactement ce qui se passe aujourd'hui avec l'intelligence artificielle qui permet déjà, comme vous l'avez vu dans le cas le traitement des eaux, de faire la différence. Et peut-être d'avoir des raccourcis technologiques qui n'auraient pas été possibles sans ce formidable outil » explique-t-il.

    Ce projet de robot intelligent pour analyser et filtrer l'eau a été soutenu par une bourse de 30 000 dollars délivrée par l'Unesco et son partenaire, AI Movement à Rabat.

    Magali Lebreton-Traoré, est en charge du programme « Femmes africaines dans la tech et l'intelligence artificielle ».

    « Quand elles sont sélectionnées, elles ont déjà un projet un peu mûr. Ou alors une idée de projet qui applique l'IA à un domaine. Comment est-ce que je peux appliquer l'IA pour développer une solution sur les énergies renouvelables ? Sur le traitement de l'eau, pour développer une solution qui va aider l'éducation des plateformes d'éducation avec des composantes en IA ? Donc en fait, ce sont des solutions adaptées aux problèmes locaux et qui vont utiliser une composante technologique d'IA ».

    Le robot béninois WatAIR est encore en phase de perfectionnement, mais d'ores et déjà, Marielle Agba Hungbata et sa start-up sont en quête de fond pour finaliser le projet au profit d'un maximum de foyers béninois.

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  • Phati, un petit clic pour trouver son médicament en pharmacie en RDC
    2026/04/19

    En RDC, si vous avez du mal à trouver vos médicaments dans une pharmacie, que vous craignez une rupture de stock ou que vous souhaitez pouvoir comparer les prix de tel ou tel traitement, Valorigo a une solution à vous proposer. Cette start-up fondée à Goma, il y a quatre ans, a mis au point l'application Phati, qui permet de trouver rapidement des médicaments et de les réserver à l'avance. [Rediffusion]

    C'est parce qu'il en avait assez de courir les rues de Goma pour trouver un médicament contre ses quintes de toux que Daniel Makombe, 28 ans, ingénieur informatique, a eu l'idée de mettre au point une application : Phati, sur ordinateur ou bien sur smartphone, permet de cartographier en direct les pharmacies qui disposent tout de suite du sirop, des pilules, du traitement dont vous avez besoin.

    « L'idée est née d'une expérience personnelle, se souvient le créateur de cette start-up congolaise. Chaque fois que j'avais besoin d'un médicament, il fallait que je puisse parcourir plusieurs pharmacies avant d'en trouver une qui en disposait. C'est vraiment stressant. Alors, je me suis dit qu'il y avait vraiment une opportunité pour digitaliser le secteur et résoudre ce grand challenge. On a commencé à Goma. Si vous cherchez par exemple du paracétamol, il suffit d'aller sur notre site et vous tapez le nom du médicament. Et le site va vous afficher toutes les pharmacies qui l'ont en stock, ainsi que le prix et l'adresse de ces pharmacies. Alors, vous n'avez qu'à cliquer sur "Réserver". Le système va vous générer un code de réservation que vous aurez à présenter dans la pharmacie afin d'être servi. Le paiement du médicament et la collecte, ça se passe en pharmacie. »

    Code de réservation et achat sur place

    De l'e-commerce pharmaceutique adapté aux réalités des stocks de médicaments de RDC. L'autre avantage de cette application Phati est de faciliter le travail des pharmaciens lors des inventaires, puisque les produits vendus sont scannés et donc déduits automatiquement des réserves, selon Daniel Makombe.

    « Il y a également des pharmacies qui sont d'ailleurs nos clients payants. Elles sont également très satisfaites parce que Phati leur permet non seulement d'attirer beaucoup plus de trafic dans leur pharmacie, mais surtout aussi de digitaliser les opérations quotidiennes. Et donc le suivi des stocks, celui des ventes et de la trésorerie. Tout cela se fait à travers cet outil », détaille-t-il.

    Après Goma et Beni, où la solution a été adoptée par 700 pharmacies, la start-up Valorigo, qui a conçu l'application, s'est installée au Katanga.

    Philippe Bassémé, chargé de la gestion-facturation à la pharmacie Horizon de Lubumbashi, est plutôt convaincu par cette solution digitale : « Cet outil permet de digitaliser toute notre gestion, notamment des stocks, la facturation. Autrefois, nous faisions tout dans un grand cahier avec un stylo. Mais depuis qu'ils sont arrivés, c'est trop rapide. L'inventaire est trop facile. »

    Inventaire trop facile

    La société de Daniel Makombe est née sur fonds propres, puis a vite reçu l'appui de la Fondation Bill et Melinda Gates, ainsi que celui du Fonds de soutien aux start-up Digital Africa, dont Sami Ajimi est l'un des responsables développement.

    « On s'est rendu compte qu'il répondait à une vraie problématique. En RDC, il y a énormément de pharmacies. Beaucoup sont même illégales. Et donc, Phati est parti du postulat de collaborer seulement avec les pharmaciens qui sont référencés par l'ordre national et de répondre à une problématique qui est assez chronique en RDC : celle de trouver des médicaments, et surtout à un prix abordable. Daniel nous expliquait que d'une pharmacie à l'autre, un médicament peut valoir deux fois plus cher », explique-t-il.

    Après Goma, Beni et – depuis quelques semaines – Lubumbashi, le prochain but de cette start-up congolaise sera de s'implanter sur le marché des pharmacies à Kinshasa.

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