エピソード

  • Phati, un petit clic pour trouver son médicament en pharmacie en RDC
    2026/04/19

    En RDC, si vous avez du mal à trouver vos médicaments dans une pharmacie, que vous craignez une rupture de stock ou que vous souhaitez pouvoir comparer les prix de tel ou tel traitement, Valorigo a une solution à vous proposer. Cette start-up fondée à Goma, il y a quatre ans, a mis au point l'application Phati, qui permet de trouver rapidement des médicaments et de les réserver à l'avance. [Rediffusion]

    C'est parce qu'il en avait assez de courir les rues de Goma pour trouver un médicament contre ses quintes de toux que Daniel Makombe, 28 ans, ingénieur informatique, a eu l'idée de mettre au point une application : Phati, sur ordinateur ou bien sur smartphone, permet de cartographier en direct les pharmacies qui disposent tout de suite du sirop, des pilules, du traitement dont vous avez besoin.

    « L'idée est née d'une expérience personnelle, se souvient le créateur de cette start-up congolaise. Chaque fois que j'avais besoin d'un médicament, il fallait que je puisse parcourir plusieurs pharmacies avant d'en trouver une qui en disposait. C'est vraiment stressant. Alors, je me suis dit qu'il y avait vraiment une opportunité pour digitaliser le secteur et résoudre ce grand challenge. On a commencé à Goma. Si vous cherchez par exemple du paracétamol, il suffit d'aller sur notre site et vous tapez le nom du médicament. Et le site va vous afficher toutes les pharmacies qui l'ont en stock, ainsi que le prix et l'adresse de ces pharmacies. Alors, vous n'avez qu'à cliquer sur "Réserver". Le système va vous générer un code de réservation que vous aurez à présenter dans la pharmacie afin d'être servi. Le paiement du médicament et la collecte, ça se passe en pharmacie. »

    Code de réservation et achat sur place

    De l'e-commerce pharmaceutique adapté aux réalités des stocks de médicaments de RDC. L'autre avantage de cette application Phati est de faciliter le travail des pharmaciens lors des inventaires, puisque les produits vendus sont scannés et donc déduits automatiquement des réserves, selon Daniel Makombe.

    « Il y a également des pharmacies qui sont d'ailleurs nos clients payants. Elles sont également très satisfaites parce que Phati leur permet non seulement d'attirer beaucoup plus de trafic dans leur pharmacie, mais surtout aussi de digitaliser les opérations quotidiennes. Et donc le suivi des stocks, celui des ventes et de la trésorerie. Tout cela se fait à travers cet outil », détaille-t-il.

    Après Goma et Beni, où la solution a été adoptée par 700 pharmacies, la start-up Valorigo, qui a conçu l'application, s'est installée au Katanga.

    Philippe Bassémé, chargé de la gestion-facturation à la pharmacie Horizon de Lubumbashi, est plutôt convaincu par cette solution digitale : « Cet outil permet de digitaliser toute notre gestion, notamment des stocks, la facturation. Autrefois, nous faisions tout dans un grand cahier avec un stylo. Mais depuis qu'ils sont arrivés, c'est trop rapide. L'inventaire est trop facile. »

    Inventaire trop facile

    La société de Daniel Makombe est née sur fonds propres, puis a vite reçu l'appui de la Fondation Bill et Melinda Gates, ainsi que celui du Fonds de soutien aux start-up Digital Africa, dont Sami Ajimi est l'un des responsables développement.

    « On s'est rendu compte qu'il répondait à une vraie problématique. En RDC, il y a énormément de pharmacies. Beaucoup sont même illégales. Et donc, Phati est parti du postulat de collaborer seulement avec les pharmaciens qui sont référencés par l'ordre national et de répondre à une problématique qui est assez chronique en RDC : celle de trouver des médicaments, et surtout à un prix abordable. Daniel nous expliquait que d'une pharmacie à l'autre, un médicament peut valoir deux fois plus cher », explique-t-il.

    Après Goma, Beni et – depuis quelques semaines – Lubumbashi, le prochain but de cette start-up congolaise sera de s'implanter sur le marché des pharmacies à Kinshasa.

    続きを読む 一部表示
    4 分
  • Awa Meité, la sculptrice de coton
    2026/03/25
    Portrait d’une artiste malienne hors norme. Artiste car, bien que styliste, Awa Meité fait référence dans sa manière de sublimer le coton de son pays : le Mali… Ses robes, ses parures, les accessoires qu’elle conçoit et expose sont de véritables œuvres d'art… À telle enseigne que certains la qualifient de « sculptrice du coton ». « Awa travaille le coton comme jamais personne ne le travaille. Awa, c'est une sculptrice de coton ! ». La styliste et designer malienne Awa Meité, ce pourrait être un autre designer : l'Ivoirien Jean Servais Somian, qui en parle le mieux : « Je suis toujours épaté parce qu'Awa a ramené le coton malien dans l'excellence. Elle a un travail sur le coton, sur l'indigo, sur cette teinture… Un travail qui est assez unique. C'est vraiment de la sculpture parce qu’elle a une écriture très particulière. Comme je lui ai dit, je suis toujours émerveillé de voir ce que tu proposes et c'est vraiment quelqu'un qui aime, qui a beaucoup d'idées. C'est une brillante designer qui est dans le partage parce que ça, c'est très important ! Et elle est dans cette démarche-là et elle arrive vraiment aujourd'hui à nous ramener le coton malien dans l'excellence. Elle nous le ramène vraiment, vraiment dans l'excellence. » Le coton malien dans l'excellence Awa Meité, designer textile du Mali de 55 ans est créatrice de vêtements, de parures de très haute qualité à base de coton et de pigments. Elle a patiemment construit son art et son savoir-faire en voyant défiler dans la demeure familiale de Bamako des grands noms de la culture et de la couture africaine : « J'ai commencé par la peinture au départ avec Abdoulaye Konaté, Ismaël Diabaté. De fil en aiguille, les toiles que j'utilisais étaient déjà de la cotonnade parce qu'on avait du mal à trouver des toiles classiques comme support pour la peinture. Donc, c'était vraiment ce mélange, cette curiosité, des matières, des formes qui m'interpellaient. Mais moi, j'avais envie de faire un retour aux sources parce que c'est dans cela que j'ai baigné. C'est un retour aux sources mais avec une vision moderne de notre société. C'est comme ça que j'ai commencé vraiment à m'intéresser au tissage. Mais après, il fallait appréhender, il fallait pouvoir transformer cela, faire évoluer et montrer une Afrique qui bouge aussi. C'était ça le défi. Une Afrique qui réfléchit, une Afrique qui s’assume parce que ça a toujours été le combat de ma famille de ne pas laisser raconter son histoire par d'autres. » Une démarche qui trouve écho chez Anna-Alix Koffi, directrice de création qui a exposé les créations d’Awa dans des showrooms abidjanais. Ne pas laisser raconter son histoire par d'autres « Les vêtements d'Awa sont un peu à son image, assez majestueux, avec un beau tissu. On porte un peu, entre guillemets, vraiment gros guillemets, de l’artisanat qui est plus du métier d'art. Voilà ! C’est du métier d'art et on a conscience de ça quand on porte ces pièces. C'est vraiment cette recherche de la fabrication et du patrimoine local qu'on a envie de mettre en avant. Et les femmes qui peuvent se le permettre le portent avec d'autant plus de plaisir parce que – c’est là où le génie est – c'est que les coupes sont plutôt occidentalisées ou basiques mais, en revanche, le tissu, le travail est dans l'étoffe, et c'est très moderne, tout en revendiquant quelque chose, c'est un acte politique… ! » Porter un tissu indigo, un bogolan, comme on porte un message, c'est ce qui participe de la philosophie créatrice d'Awa Meité qui s’en explique : « C'est la préservation et la transmission aussi. Au-delà des textiles, c'est vraiment notre identité, notre culture. C'est dans tous les domaines, c'est dans le domaine de la musique, dans le domaine de l'artisanat, dans le domaine des textiles. Et aussi, le Mali est un important producteur de coton et on transforme à peine 2% de ce coton-là. Donc ce sont des défis, je pense, des temps modernes, parce que pour pouvoir faire partie du débat, pour exister, il faut apporter aussi une contribution concrète. Il faut que les personnes qu'on représente se reconnaissent dans ce que nous faisons. Je pense que ça, c'est vraiment important. Quand on regarde le Mali aujourd'hui, le bogolan est très demandé. On symbolise le bogolan aujourd'hui et je pense que c'est la première étape. C'est de savoir la richesse que nous avons, d'en être fiers et de se l'approprier. Donc il s’agit bien sûr de préservation, mais de transmission aussi et d'évolution. »
    続きを読む 一部表示
    6 分
  • Le gingembre ghanéen enflamme les papilles en France
    2026/03/24

    Si vous avez goûté au cours de votre vie aux douceurs du Ghana et en avez gardé une certaine nostalgie en France, la petite entreprise Ginger Flame va vous réveiller les papilles et les souvenirs. Depuis cinq ans, cette PME propose des jus et des sauces pimentées que l’on trouve dans bon nombre d’épiceries fines ou de supermarchés et compte bien se développer.

    « Ananas, passion, citron sans sucre… Oui ! Ça arrache fort, il est beaucoup plus fort au gingembre ! » Avec un accent qui fleure bon le Ghana, Daniel Atrikpé vante avec passion au « Salon du bien-être et des médecines douces » de Paris ses produits faits maison et particulièrement son jus de gingembre. Basé en région parisienne, dans les Yvelines, Daniel et son épouse ont fondé en 2021 une PME de huit employés, Ginger Flame, qui transforme ananas, gingembre, hibiscus, fruit de la passion, en autant de boissons énergisantes et en sauce pour des plats africains.

    « À la base, j'étais informaticien », explique le cofondateur de la PME, « Rien à voir avec ce que je fais aujourd'hui. C'est ma femme qui est traiteur, donc elle prépare des plats pour les mariages, pour les événements. Et beaucoup de gens ont aimé, ils voulaient, en fait, pouvoir en acheter pour la maison. Donc on s'est dit bon : "bah pourquoi pas les mettre en bouteille et puis commencer à les commercialiser". On a plusieurs variétés, avec une partie boisson, une partie sauce. La sauce, c’est pour préparer les djolofs, c'est une sauce toute prête que vous ajoutez seulement au riz. C'est un plat particulier des Ghanéens, nigériens, sénégalais. Là-bas, c'est ce que les Sénégalais appellent le tchep. Et puis on a les sauces pimentées pour manger le riz, les pâtes, c'est une particularité aussi de l'Afrique de l'Ouest. Après la partie boisson : on a les fruits à base de gingembre, avec ananas, avec passion, avec citron . Les produits de base, la plupart vient du Ghana. Par exemple, l'ananas, les épices qu'on utilise, tout vient du Ghana ».

    Ananas, épices, gingembre du Ghana

    L’usine de Ginger Flame qui emploie dans les Yvelines huit salariés sur 500 m² de surface, transforme des fruits à la mode ghanéenne. Et si une partie de la matière première provient du marché de Rungis, au sud de Paris, le projet de Daniel Atrikpé est de cultiver et de transformer les cultures de son verger sur place au Ghana.

    « Oui, il y a un projet qui est en cours actuellement. L'idée, c'est de pouvoir installer une usine qui transforme certaines de nos matières premières pour pouvoir les importer et faciliter la production en France. Par exemple, l'ananas, il y a aussi les fruits de la passion, qu’on transforme en pâte. L'ananas, quand il sort du champ, le goût est meilleur. Le gingembre également, on va tout transformer en pâte et on l'amène directement en France, pour pouvoir continuer notre production. Quand c'est frais, quand ça sort du champ, c'est plus juteux, plus agréable à manger. Donc en les transformant, cela permet aussi de réduire nos coûts ».

    Si ce projet de culture de transformation en produits finis aboutit au Ghana, la PME « Ginger Flame » devrait pouvoir augmenter sa production actuelle de 2 000 bouteilles de jus par jour, afin d'alimenter la vingtaine de supermarchés d'Île-de-France qui distribuent déjà son gingembre made in Ghana.

    続きを読む 一部表示
    4 分
  • Mory Sacko, de la gastronomie africaine de haut vol
    2026/03/09
    La gastronomie africaine est à l'honneur avec le chef étoilé Mory Sacko. D'origine malienne et sénégalaise, il devient le premier chef « signature Air France » au départ de l'Afrique. La compagnie aérienne, qui sollicite le savoir-faire de chefs étoilés pour différentes destinations – en Asie, en Amérique ou en Europe – a demandé à Mory Sacko de concevoir plusieurs plats qui seront servis au départ d'Abidjan, puis de Dakar, Nairobi et d'autres destinations africaines. « Pour l'instant, je n'ai que des bons retours. On l'a bien bossé ce menu et c'est trop cool ! Je reçois plein de photos de gens dans l'avion avec le plat et c'est cool, parce que je sens que ça fait plaisir aux gens de goûter ma cuisine en vol », s'exclame le chef. C'est dans son restaurant parisien, le Mosuke, au milieu de ses casseroles, que Mory Sacko a conçu les plats qui seront servis, désormais, sur les vols Air France au départ d'Abidjan, et plus tard d'autres capitales subsahariennes. Une rencontre naturelle entre la compagnie et l'un des chefs africains les plus réputés. Mory Sacko, dans sa cuisine du Mosuke à Paris, nous décrit sa rencontre avec la compagnie aérienne : « C'est la compagnie Air France qui est venue me voir. Donc, c'était une volonté de leur part de développer des plats signature. Ils le font déjà sur plein d'autres lignes et là, ils avaient cette volonté de développer des recettes sur les vols au départ d'Afrique de l'Ouest. On s'est mis à parler de produits, d'idées aussi, de développer des choses directement sur le continent. Moi, c'est une idée qui me plaisait, et je pense que nos envies se sont trouvées au bon moment, et ça s'est fait assez simplement. » C'est ainsi que le poisson braisé attiéké est devenu un bar accommodé à une sauce. L'image du mafé à bord d'un vol Business « On a, par exemple, fait le mafé avec une volaille, parce que c'est un plat qui est assez important pour moi. Et je trouvais ça cool d'avoir l'image de quelqu'un qui mange du mafé avec son riz, à bord d'un vol Abidjan-Paris, en business ou en première dans l'avion. Je trouvais l'image assez belle et assez drôle. On mange aussi un attiéké-poisson parce que bon, c'est la Côte d'Ivoire ! Et voilà, s'il y a un truc qui représente bien ce pays pour moi, en tout cas d'un point de vue gastronomique, c'est bien l'attiéké-poisson. Je trouvais cela sympa justement de venir le travailler avec ma vision à moi, de l'amener différemment, mais pouvoir proposer des recettes qui sont des recettes assez iconiques. Tout en parallèle avec des plats qui sont un peu plus croisés, comme un paleron de bœuf braisé. On vient l'assaisonner avec des poivres qui viennent de Madagascar qu'on sert avec un gratin de manioc et donc, tout de suite, ça l'amène ailleurs. Voilà, il y a ces plats un peu plus en trait d'union », se régale le chef. Des plats qui ont été adaptés aux contraintes des repas en vol assurés par le prestataire Servair. François Adamski, meilleur ouvrier de France, est responsable de l'identité culinaire. Il se réjouit du résultat : « Il y a une recette qui m'a beaucoup plu, c'était le filet de volaille avec une sauce. Filet au riz pilaf carottes, au piment d'Espelette. Tous les plats qu'a faits Mory avaient vraiment du sens. Il a compris les contraintes. Ça a été vraiment très intéressant, très goûteux, très savoureux. Vous voyez, il a vraiment réussi à mettre les petites touches des produits africains avec de la francité. Et ça, c'était vraiment le brief important pour ces développements. » Fabien Pelous est lui le directeur général adjoint Client Air France. Pour lui, cette collaboration était logique : « Le nom de Mory Sacko s'est effectivement affiché comme une évidence puisque c'est cette parfaite incarnation, avec ce talent de savoir-faire à la française et puis cette attirance pour les saveurs africaines. Et donc, on a trouvé aussi à travers sa notoriété, et puis son étoile Michelin, qui est quand même aussi une belle reconnaissance, le parfait acteur pour travailler avec nous. Parce que ce n'est pas si facile de décliner sa cuisine sur une expérience aérienne. » Nouveau chapitre de la gastronomie mondiale Mory Sacko, chef étoilé servi dans les nuages entre Abidjan et Paris, c'est un peu la consécration d'une cuisine africaine d'excellence, comme en témoigne Verane Frediani, autrice d'un ouvrage de référence en la matière : L'Afrique, cuisine en France. « Pour moi, ils sont en train d'inventer un nouveau chapitre de la gastronomie mondiale. C'est ça qui est intéressant. C'est l'influence qu'ont ces chefs qui ont des restaurants en France sur ce qui se passe en fait dans les pays d'Afrique de l'Ouest, d'Afrique centrale sur finalement, les nouveaux restaurants qui se montent dans les capitales de ces pays. Bon, il y avait effectivement Georgiana Viou à Cotonou, Dieuveil Malonga...
    続きを読む 一部表示
    4 分
  • Côte d'Ivoire: le chocolat Tafissa, un cacao transformé localement à Cocody
    2026/03/09

    En Côte d'Ivoire, il y a ceux qui disent qu'il faut transformer les matières premières du pays et celles qui le font. Olga Yenou a créé en 2012 la marque Tafissa, qui propose poudre et pâte à tartiner « made in Abidjan ». Reportage dans une unité de conditionnement à Cocody. (Rediffusion du 03/08/2025).

    Lorsqu'elle vous invite à visiter son unité de conditionnement à Abidjan, Madame Yenou ne rigole pas avec l'hygiène et vous montre, si besoin est, que c'est bien elle, la patronne. On ne franchit pas le pas de porte de son unité d'ensachage Tafissa sans enfiler sur-chaussures, blouse et charlotte sur la tête. Hygiène oblige.

    La poudre de cacao pour les boissons chaudes ou froides et la pâte à tartiner Tafissa sont l'une des rares marques ivoiriennes qui propose, de la cabosse jusqu'au produit fini, une transformation 100% locale. Olga Yenou est une ancienne directrice d'usine chez Cémoi, un chocolatier français également implanté en Côte d'Ivoire. En 2012, elle décide de se lancer dans l'aventure sous sa propre marque. Ancienne de polytechnique à Yamoussoukro, Olga Yenou a misé sur le plaisir procuré par le cacao, mais surtout sur les bienfaits d'un produit qui – lorsqu'il n'est pas saturé de potasse ou de sucre ajouté – est précieux pour l'organisme.

    Bienfaits d'un produit précieux pour l'organisme

    « Arriver sur le marché avec une poudre de cacao sans sucre du tout, il fallait le faire, raconte-t-elle. Cela existait, mais très peu. La majorité des produits du chocolat sont sucrés, donc venir avec une poudre sans sucre adressée aux adultes (parce que moi-même, je suis une adulte) et que je commence à faire attention à ma santé. Je me suis éloignée des produits chocolatés à cause de la présence du sucre. J'ai pris vraiment le contre-pied de ce qui se faisait. Et aujourd'hui, on se rend compte qu'il y a quand même une population qui veut consommer du cacao, mais en dosant son sucre soi-même. »

    Marina est l'une des 40 salariées qui s'occupent de mettre de la poudre 35, 70 ou 100% cacao dans des sachets que l'on retrouve dans les supermarchés ivoiriens. « Si tu es diabétique, tu peux le prendre. C'est aussi aphrodisiaque, explique cette mère de deux enfants en rigolant. En tout cas, c'est très bon. Il n'y a rien à dire. Avec ce travail et mon salaire, mes enfants peuvent aller à l'école. Je ne me plains pas. »

    Fabriqué par des Ivoiriens

    Pas besoin de se plaindre donc, d'autant plus que Lucille Yango, responsable commerciale, se félicite, elle, des commentaires des consommateurs quand elle fait des visites surprises dans les supermarchés : « Je demande systématiquement : ''Pourquoi prenez-vous ce produit ?''. En général, ils ne savent pas que c'est fait par des Ivoiriens, ils sont encore plus fiers. Je pense que le défi majeur ici en Côte d'Ivoire, c'est la consommation locale. C'est bien de le transformer, mais aujourd'hui, 90% de notre production va à l'exportation. Ce serait bien que 100% de notre production soit transformée et vendue de façon locale. »

    Une production pour un marché national qui reste à développer. Sur les 1,8 million de tonnes de cacao produites en 2024, Tafissa n'en transforme qu'une centaine de tonnes par an. Le chemin est encore long. Mais pas d'inquiétude, Madame Yenou et son équipe se dopent au cacao.

    À lire aussiRécolte intermédiaire de cacao très incertaine en Côte d'Ivoire

    続きを読む 一部表示
    4 分
  • WIC, club d'investisseuses ivoiriennes pour dirigeantes «Wictorieuses»
    2026/03/09
    À Dakar et à Abidjan, les associations WIC (Women’s Investment Club) ont été créées en 2016 et 2018 pour accompagner, financer des entreprises, portées par des femmes. À Abidjan, depuis deux ans, cette association se regroupe pour désigner vingt lauréates auxquelles l'association apporte conseil et financement. (Rediffusion du 13/07/2025) Ce jour-là, dans un grand hôtel d'Abidjan, les adhérentes du WIC Côte d'Ivoire cooptent pour la deuxième année consécutive, vingt femmes. Des femmes patronnes de PME, dont les projets ont retenu l'attention de leur sœur entrepreneuse. Manon Karamoko Coulibaly est la directrice régionale de la société pharmaceutique Novartis, mais elle est aussi la présidente du WIC Abidjan. Elle nous explique le sens de ce club de dirigeantes ivoiriennes qui ressemble à une tontine des temps modernes. « En fait, ce sont des femmes qui ont décidé de mettre leur épargne en commun pour investir dans les entreprises de femmes. On sait que naturellement, dans les banques traditionnelles, c'est un peu difficile d'obtenir des prêts en général pour les entrepreneurs, mais encore pire pour les femmes parce que la confiance n'y est pas. Donc, nous avons décidé de mettre nos épargnes à contribution. Nous recrutons des femmes que nous mettons dans des cohortes que nous accompagnons. D'abord parce que c'est quand même un investissement, ce n'est pas un don. Il s’agit plus souvent, d'ailleurs, de prises de participation dans leur capital, parce que ce sont des petites entreprises qui ont besoin de grandir. Quand on prend des prises de participation, ce qu'on fait, c'est qu'on a toujours un ou deux de nos membres qui vont siéger au conseil d'administration et permettre de guider l'entreprise. Donc, au-delà du retour sur investissement, c'est beaucoup plus l'impact que ces entreprises-là auront dans cinq ou sept ans que nous visons, afin qu’elles soient beaucoup plus grandes, beaucoup plus pérennes, beaucoup plus solides. » Pour cela, le Women's Investment Club ne se contente pas de financer des projets portés par des femmes, mais a mis en place une académie, un cercle de réseaux d'affaires et même – quand cela est nécessaire – un coaching et de l'accompagnement psychologique, ce qui est primordial pour Manon Karamoko Coulibaly. Beaucoup plus grandes, beaucoup plus pérennes, beaucoup plus solides « Je dis toujours qu'on ne coache pas une femme de la même manière qu'on coache un homme, encore moins en Afrique, parce que les femmes ont des situations personnelles à gérer qui vont impacter leur manière de gérer leurs activités professionnelles. Il faut gérer les enfants, il faut gérer la famille, les parents, il faut être disponible et quand on a une activité à plein temps et qu'on s'investit là-dedans, en général, ça sera au détriment de tout cela. Des difficultés auxquelles l’époux n’est parfois pas étranger », souligne la patronne du WIC. « En fait, il considère que l'activité de la femme, son business, devient littéralement un concurrent parce que lui, il souhaite que son épouse soit dévouée à lui et à la famille. Les hommes n'ont pas encore compris l'utilité d'avoir une femme qui est active. Une femme qui est active n'est pas aux antipodes d'une femme qui est investie dans sa maison, bien au contraire. Donc notre but, c'est de renforcer ce qu’elles veulent. Une fois qu’elles ont confiance en elles, qu'elles sont soutenues par un réseau, les résultats sont juste fantastiques ! ». Femi Yéo a 40 ans. Elle est mère de trois enfants, ingénieure en logistique et transport, elle a été l'une des premières à bénéficier des financements du Women's Investment Club. Sa société Wood Packaging Industry fabrique à Grand Bassam des palettes en bois. « L'entreprise reste dans la main de l'entrepreneur. Eux, ils sont là en appui et en soutien. Donc dès que j'ai besoin d'aide sur un aspect, on active le réseau. Si je souhaite par exemple rencontrer le DG de telles entreprises, démarcher une société potentiellement cliente et qu'une dame du WIC la connaît, elle facilite le rendez-vous. C'est vraiment cet appui-là qu'on a derrière nous et qu'on n'a pas quand on bénéficie du financement d’une banque ». Les femmes savent gérer un portefeuille, c'est un gage de stabilité L'expérience réussie de ces deux années d'entrepreneuriat féminin attire de nouveaux partenaires financiers. Ainsi, cette année, une banque a décidé de s'associer au WIC de Côte d'Ivoire pour participer aux appels de fonds. Antoine Resk Diomandé, Directeur Général de la Fondation de la Banque Atlantic Groupe, atteste de cet intérêt : « Les femmes savent gérer un portefeuille et c'est vrai que c'est un gage de stabilité. Les femmes remboursent et donc forcément, elles sont une assurance pour nous. Et c'est vrai qu'être partenaire du WIC par exemple, qui va permettre de sélectionner les ...
    続きを読む 一部表示
    4 分
  • Pas de «trucs bizarres» dans le karité guinéen de Mama Sango
    2026/02/08
    Le fruit du karité est une noix qui pousse à l'état sauvage et qui est de plus en plus utilisé dans l'industrie agro-alimentaire, notamment dans la fabrication du chocolat. Mais c'est aussi une oléagineuse qui permet aux femmes africaines de se créer des revenus grâce à sa récolte et sa transformation pour l'industrie cosmétique. C'est ainsi qu'en France, la Guinéenne Zéna Barry a créé une marque de produits cosmétiques, Mama Sango, sur la base du beurre fabriqué en Guinée. « Mama Sango, c'est ma mamie chérie, ma mamie maternelle avec qui j'ai grandi, qui m'a appris plein, plein de choses. J'étais tout bébé, j'ai fait plein de villes avec elle et mon grand-père maternel qui, lui, était enseignant... ». Zéna Barry est intarissable sur son pays et ses origines. Il faut dire que ce petit bout de femme, toujours gaie et extrêmement loquace, est une Peule un peu particulière. Guinéenne d'origine, spécialiste en droit des affaires en France, cette entrepreneuse dynamique a décidé de promouvoir le karité guinéen dans le Berry, dans le centre de l'Hexagone, où elle s'est installée avec son mari. Rencontrée au Salon du bien-être à Paris, elle nous vante ses produits cosmétiques et alimentaires à base de beurre de karité. « On produit déjà des merveilles autour du vrai beurre de karité qui vient de Guinée, produit par les braves femmes de ce merveilleux pays que j'aime beaucoup, mon pays d'origine ! Je suis arrivée en France pour mes études de droit, et en 2011, j'ai décidé de valoriser le vrai karité, parce que je voyais beaucoup de karité sur le marché français. J'ai compris qu'il y avait du karité industriel, extrait par des industriels avec des produits douteux. Et côté artisanal, je trouvais que ce produit n'était pas mis en valeur. C'est comme ça que j'ai décidé de créer Mama Sango, pour permettre aux femmes productrices de karité du village de mes grands-parents en Guinée, et d'autres villages bien évidemment, de vivre du fruit de leur travail. Le karité Mama Sango vient de la Haute-Guinée. » Mama Sango, du nom de sa grand-mère, est une gamme de produits cosmétiques à base de beurre de karité. Avec « 0% de trucs bizarres dedans », assure Zéna Barry. À lire aussiKarité, quatre pays producteurs ferment leurs exportations d'amandes brutes « On formule nos produits » « Avant 2011 déjà, j'ai constitué une équipe toxicologue, aromatologue et moi-même. On a formulé nos produits et fait quatre ans de recherche et développement et on a créé nos formules. Puis, on les a fait valider, et aujourd'hui, on a une cinquantaine de formules. Tous les ans, on achète le karité aux femmes et – très important ! – c'est elles qui fixent le prix, donc c'est du vrai commerce équitable. Ça leur permet de vivre de leur travail et c'était un de mes objectifs. On amène tout dans notre labo, dans le Berry, à Argenton-sur-Creuse, une très belle ville dont je fais la promotion, que j'aime beaucoup ! Et toutes ces merveilles sont fabriquées là-bas », poursuit-elle. De cinq kilos de beurre de karité importés de Guinée à ses débuts en 2011, Zéna Barry est passée à plusieurs tonnes transformées chaque année. Grâce à cela, elle arrive à faire travailler près de 300 femmes en Guinée qui récoltent, sèchent, décortiquent et barattent le beurre de karité. Une activité rémunératrice et de plus en plus valorisée sur le marché international, comme nous le confirme l'agroéconomiste Anaïs Chotard du cabinet d'expertise Nitidae. Favoriser la transformation nationale « C'est une matière grasse végétale qui est de plus en plus consommée, exportée et recherchée parce qu'effectivement, elle peut remplacer le beurre de cacao dans certains produits chocolatés sur le marché européen. Et donc, vu le prix du beurre de cacao actuellement, c'est quand même très intéressant de se tourner vers le beurre de karité à la place, de faire des mélanges ou des recettes. C'est donc une matière végétale qui est recherchée. Il y a vraiment une stratégie très répandue dans les zones de production pour favoriser la transformation nationale », explique l'experte. Chaque année, ce sont quelque 500 000 tonnes de noix de karité qui sont exportées d'Afrique. La tonne de beurre, elle, est estimée à 1 500 dollars, avec une demande toujours croissante, d'où le fait que Zéna Barry, à son niveau, milite pour une structuration de la filière karité, dans son pays, la Guinée. À lire aussiLe karité atteint des prix jamais vus en en dix ans
    続きを読む 一部表示
    4 分
  • ToumAI rend les langues africaines intelligibles pour l'intelligence artificielle
    2026/02/03

    Gros plan sur ToumAI une start-up marocaine qui travaille à intégrer les langues et dialectes africains dans les usages que l’on fait de l’intelligence artificielle. L'entreprise, qui compte une quinzaine d'employés, propose une application permettant de mieux communiquer entre clients et plateforme téléphonique de service.

    Ce n'est pas toujours évident lorsque l'on parle hausa, bambara ou le darija d'utiliser des plateformes de service téléphonique pour gérer son compte bancaire, réserver un hôtel ou bien régler ses problèmes de connexion internet. Les serveurs téléphoniques ou les plateformes d'appel ne parlent pas toutes ces langues, loin s'en faut. Aussi, la start-up ToumAI a-t-elle mis au point une application qui permet, avec l'intelligence artificielle, de répondre aux demandes des clients dans différentes langues africaines.

    Youcef Rahmani, l'un des trois fondateurs de ToumAI et de l'application HolistiCX : « On a, à peu près, huit langues aujourd'hui qui sont vraiment prêtes en production et déployées d'ailleurs sur des applications. Donc vraiment, notre objectif, c'est finalement de couvrir les langues les plus parlées. Dans un premier temps, le swahili, le lingala en Afrique de l'Est et en Afrique du Sud, le zoulou, le xhosa. il y a plusieurs langues, souvent mal considérées par les logiciels et l' IA et que nous, on souhaite couvrir. »

    « L'IA ne comprend pas votre accent »

    Une intelligence artificielle qui s'adapte à l'oral, aux vocables africains, mais également aux intonations, si importantes, à la bonne compréhension d'une langue afin de mieux répondre aux besoins de celui qui l'exprime. Un service qui comble, pour toute une clientèle, un risque de fracture numérique et linguistique, souligne Youcef Rahmani

    « En fait, c'est exactement ça ! ToumAI est né d'une de cette frustration. C'est que pendant longtemps, l'intelligence artificielle a été développée pour quelques langues et quelques cultures. Beaucoup de personnes se sont retrouvées exclues sans même que l'on s'en aperçoive. Au début, on ne s'en rendait pas compte parce que l'IA était reléguée à des rôles un peu obscurs pour le commun des mortels. Mais, lorsque Chatgpt est sorti, je pense que c'est là où les gens se sont rendus compte de la puissance de l'IA. Et en fait, pendant très longtemps, Chatgpt ne parlait pas vraiment d'autres langues à part les langues principales. Quand une IA ne comprend pas votre accent ou votre façon de parler ou votre langue, ce n'est pas juste un problème technique, ça devient un problème d'accès aux services, parce que l'on va avoir des logiciels qui intègrent de l'IA un peu partout, mais sans justement prendre en compte les différences culturelles et linguistiques. Nous avons voulu partir de la voix parce que la voix c'est l'univers où tout le monde parle. Et même quand on ne lit pas ou même lorsque l'on ne maîtrise pas le digital, on peut s'exprimer et obtenir des choses en parlant

    Résoudre le problème d'accès au service

    HolistiCX a séduit des entreprises bancaires comme le marocain Attijariwafa Bank, des opérateurs téléphoniques comme Orange ou Inoui, et certaines entreprises immobilières comme Héritage. Les clients de ces entreprises ne se sentent plus exclus des services à cause d'une inadaptation technologique à la langue. Une solution pertinente qu'a accompagné le fonds de soutien Digital Africa et Malek Lagha, cheffe de projet.

    « C'est très pertinent parce qu’ils ont besoin de collecter de la donnée et qu’aujourd’hui, les logiciels en IA n'arrivent pas à traduire des langues africaines. C'est un marché qui a beaucoup de potentiel. C'est de la donnée très précieuse et qui compte également pour beaucoup d'entreprises dans le monde. Aujourd'hui, ToumAI a conçu une IA pensée dès le départ pour des contextes complexes, capable de comprendre non seulement les mots, mais les intonations. Je pense que c'est pour ça que c'est pertinent pour des entreprises internationales. »

    Pour le moment, la solution proposée par ToumAI concerne huit langues africaines, mais le projet futur est d'adapter une quarantaine d'autres langues à des solutions IA.

    続きを読む 一部表示
    4 分