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L'Afrique en marche

L'Afrique en marche

著者: RFI
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L'Afrique positive sur RFI pour découvrir et mettre en valeur des initiatives gagnantes du continent. Une entreprise innovante, une idée qui mérite d'être relayée, un projet auquel nous pouvons donner un coup de pouce... Chaque semaine, nous ferons un focus sur l'Afrique qui marche et qui donne envie d’aller plus loin !

Diffusion : dimanche à 5h47, 7h47 et 12h50 TU.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Terra Biga, une tontine 3.0 pour le Burkina Faso
    2026/07/13
    Vous connaissez sans doute les plateformes de dons ou de financement participatif comme Leetchi ou Ulule… Au Burkina Faso, le créateur d’une jeune start-up a mis en place en 2024 un équivalent africain, « Terra Biga », qui permet de soutenir des projets et même de faire des économies par des achats groupés. Participer par des dons à des projets utiles à la société, réduire ses coûts de consommation avec des achats groupés de kits scolaires ou bien de groupes électrogènes, c'est la double fonction vertueuse de la plateforme burkinabè Terra Biga. Batiana Nacro, l'inventeur de cette application, était il y a quelques jours au salon VivaTech de Paris pour présenter son concept : « Terra Biga, c'est une plateforme de collaboration financière. Ça permet aux communautés qui ont des projets communs de facilement se connecter et de financer leurs projets elles-mêmes. C'est un principe de tontine. C'est comment utiliser le digital pour transformer effectivement le concept de tontine en quelque chose de plus robuste. Donc, ça s'adresse surtout aux populations locales. On a collaboré avec le Programme des Nations unies pour le développement au Burkina Faso et l'architecte Francis Kéré pour la réalisation d'une maternité dans l'est du Burkina Faso. C'est assez modeste comme investissement : 40 millions de francs CFA, soit à peu près 60 000 € pour la réalisation du projet. » Une nouvelle maternité dans la commune de Tikba est donc en cours de financement sur dons privés. La start-up, elle, se rémunère en prélevant une commission de 6 % sur les sommes collectées, explique Batiana Nacro : « On est autour de 6 % ou soit sur des frais de dossier des fois qui sont de 10 000, 20 000 francs pour qu'on puisse mettre un projet sur notre plateforme. » À lire aussiL’Afrique francophone veut accélérer le financement des start-up « Transformer la "tontine" en quelque chose de plus robuste » « Qu'est-ce qui nous garantit que l'argent qu'on vous donnera, puisque c'est du don, sera bien alloué au projet du cabinet ? » lui demande-t-on. « C'est vrai que c'est un point qui est très important. Et nous, on travaille vraiment avec des organismes qui sont reconnus au Burkina Faso. On n'a pas ouvert la plateforme à n'importe quel projet. C'est pour ça qu'on a commencé à travailler avec le programme des Nations unies pour le développement, pour être en mesure de cibler des projets qui sont sûrs et qui auront un suivi, parce que le Pnud est engagé derrière. Donc, on ne prend pas des projets d'individus qui disent : "Bon, moi, j'ai envie de soutenir les femmes de tel village, donnez-moi de l'argent, on va le faire." Non, ça ne marche pas. On ne travaille qu'avec des structures et c'est pour ça qu'on est plus aujourd'hui dans une approche B2B. Au-delà du financement participatif, crowdfunding, vous pouvez aussi acheter des produits en gros en vous connectant avec d'autres personnes de la communauté. Un village, des agriculteurs qui achètent les mêmes engrais chaque année, mais de façon séparée, et bien, on est en mesure de les regrouper pour qu'ils achètent en gros. On mutualise ainsi les intérêts. » Batiana Nacro a bénéficié de l'aide de l'opérateur téléphonique Orange au sein des Orange Digital Center, qui accompagnent par du soutien financier et managérial les jeunes pousses de la tech burkinabè. Asma Ennaifer est responsable du pôle Orange Digital Afrique : « Terra Biga, nous l'avons découverte grâce au Poesam, le prix Orange de l'entrepreneur social. C'est un concours qui récompense les innovations à fort impact social. Donc, nous travaillons aujourd'hui avec cette start-up parce que sa solution, on aimerait l'intégrer dans Max it et développer de nouveaux services avec Orange Money et la Fondation Orange. Max it, c'est la "super-app" d'Orange. Elle a aujourd'hui 25 millions de clients. Et, quand on met en avant une start-up sur la super-app, on lui ouvre déjà un marché de 25 millions de clients. » « On mutualise ainsi les intérêts » Quand une start-up fait appel à une autre start-up : la Sénégalaise Aïssatou Fall veut développer, elle, à Dakar, une application appelée « BPM », une billetterie en ligne pour toutes sortes d'événements culturels. Elle a besoin d'un coup de pouce financier de 9 000 euros. C'est donc naturellement qu'elle a fait appel à Terra Biga pour compléter son budget : « Pourquoi Terra Biga ? Parce que je voulais déjà utiliser une plateforme africaine, explique Aicha Fall. J'ai eu la chance d'aller au Burkina, j'ai eu la chance de m'asseoir avec Batiana Nacro et de voir en fait que c'est quelqu'un qui voulait vraiment aider la population africaine dans son ensemble. Je me suis dit : "Si je dois faire une campagne de crowdfunding, ce sera avec Terra Biga." » Depuis deux ans, Terra Biga a permis la construction d'un lycée et d'un forage au Burkina Faso. Le ...
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  • Maroc: trois mamans pharmaciennes inventent une application multifonctions pour femmes enceintes
    2026/06/29
    MamaBox est une application marocaine inventée par trois pharmaciennes de Rabat. Face aux innombrables questions que leur posaient les femmes enceintes ou jeunes mamans, les trois amies ont décidé de créer leur start-up pour donner – via un numéro vert WhatsApp – les meilleurs conseils en la matière. Une application gratuite qui, tout de suite, a rencontré un très gros succès. Insomnie, fièvre, allaitement, spleen post-accouchement… C'est pour apporter des réponses objectives et pertinentes aux questions que se posent les jeunes mamans que Fatine, Hanae et Loubna, trois consœurs pharmaciennes de Rabat, ont décidé de créer une application et un numéro WhatsApp gratuit pour répondre aux inquiétudes des mères marocaines. Hanae Bouayad est l’une des cofondatrices de Mama Box. « En fait, on ne manque pas d'informations. Aujourd'hui, on en a beaucoup. La problématique se pose sur la qualité de l'information qu'on reçoit et sur le temps qu'on met à trouver les bonnes réponses. Et une maman n'a pas toujours le temps. Ou un papa d'ailleurs, parce que même les papas sont parfaitement inclus dans notre programme. Les questions les plus fréquentes, les plus récurrentes portent sur les coliques, le sommeil de bébé et l'allaitement. C'est-à-dire : un bébé quand il ne dort pas le soir, qu'il a des gaz… On est là, on ne sait pas quoi faire et les mamans veulent soulager leur enfant qui n'arrive pas à dormir. Où trouver des solutions concrètes pour essayer de les aider ? Donc les coliques, l'allaitement maternel et le sommeil de bébé sont les trois principales préoccupations. Vient après le fameux baby-blues dont on ne parle peut-être pas assez et qu'on ne détecte pas assez vite d'ailleurs aussi. Donc cette santé materno-infantile, c'est la santé mentale et très importante parce que c'est ce qui permet aussi à la maman, après, de poursuivre sa vie de façon sereine ». Réponse à toutes les questions récurrentes des mamans Lors d’une démonstration au salon VivaTech de Paris, Fatine Labraimi nous fait une démonstration de son numéro vert WhatsApp gratuit, le +212 615 16 40 51, et pose une question à l'IA du numéro : « Quelle est la fréquence d'allaitement que je devrais faire pour un bébé de trois mois ? » Quelques secondes, la réponse tombe avec une voix synthétisée : « À cet âge, l'allaitement se fait généralement à la demande de votre petit trésor. Les bébés allaités ont besoin de téter fréquemment, souvent entre huit et douze fois par jour, y compris la nuit. Plus votre bébé tète, plus votre corps produira de lait. » Fatine Labraimi, cofondatrice de Mama Box, vante les vertus de leur invention. « Par exemple, un bébé qui n'a pas fait son rot. Pour une maman, c'est une source d'inquiétude et nous, on l'accompagne, on la rassure avec une information fiable. Fiable parce qu'on utilise les sources du ministère de la Santé et de l'OMS. Donc ce n'est pas comme les autres IA. C'est une réponse validée par des professionnels de la santé, par le ministère de la Santé. C'est un numéro WhatsApp que la maman peut utiliser en vocal. Comme ça toutes les mamans peuvent l'utiliser, même celles qui ne savent pas lire et écrire. Elles interrogent en laissant un vocal en français, en arabe ou même en amazigh. L'IA répond en vocal aussi. On l'a entraînée pour qu'elle puisse répondre à des questions comme par exemple "tagmate", qui veut dire l'emmaillotage. Elle va savoir ce que c'est. Elle va pouvoir accompagner les mamans dans tous leurs besoins. Et on a aussi des trackers qui lui permettent de suivre avec elle le calendrier vaccinal, l'allaitement, les contractions du bébé, etc. Et quand on découvre que la maman a besoin d'un véritable accompagnement médical, on la met directement en contact avec des médecins qui peuvent lui parler en darija et en téléconsultation ». À lire aussiAu salon VivaTech, les start-up africaines se cherchent une place dans la compétition mondiale L'ami nocturne à qui poser une question Parmi les 40 000 personnes qui ont utilisé l'application, il y a Hadjar Belkasmi, maman d'un premier bébé et enceinte du second. « Honnêtement, sur ce sujet de la maternité, je trouve qu'il y a autant d'avis que de personnes sur tous les sujets, que ce soit l'allaitement ou pas l'allaitement, l'accouchement par voie basse, l'accouchement par césarienne. Je trouve qu'avoir un outil pareil dans sa poche est quelque chose qui est très, très rassurant pour une future maman, surtout pour une première grossesse. Mais avoir un outil qui accompagne, c'est beaucoup plus rassurant qu'avoir tout un village autour de soi avec chacun qui donne son avis différent. C'est un peu l'ami, l'ami nocturne à qui on pose toutes les questions qui nous passent par la tête ». Le projet des trois associées de la start-up de Rabat est d'étendre leurs solutions aux douze régions du pays, par des ...
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  • Au Sénégal, l'application Ekolbi assiste les enseignants dans la préparation de leurs cours
    2026/06/25

    Ekolbi est une plateforme de soutien et d’accompagnement des enseignants au Sénégal. Une application qui a moins d’un an d’existence mais qui permet déjà à des milliers d’enseignants de gagner en temps et en efficacité au profit de la pédagogie dispensée aux élèves sénégalais. Les créateurs de cette start-up ont présenté au salon VivaTech à Paris leur invention.

    « Alors là, c'est l'écran d'accueil de l'application pour un enseignant du primaire. Il est au CM1 à Rufisque, etc. Son point d'entrée, typiquement, ce serait la planification. En mathématiques, il y a résolution de problèmes où l'enseignant doit faire pour cette semaine-là une séance de questions pour compléter un énoncé… »

    Sur son ordinateur. Samba Sall, cofondateur d'Ekolbi, fait la démonstration de son application qui permet aux enseignants de respecter le programme pédagogique des classes de primaire ou du secondaire, tout en gagnant en temps et en efficacité.

    « L'idée de départ, explique Samba Sall c'est d'adresser un problème qui est majeur dans l'enseignement et dans l'éducation d'une façon générale, à savoir la pénibilité du métier de l'enseignant. Dans des pays en Afrique comme le Sénégal, les enseignants ont des obligations qui sont fortes en termes de pédagogie. Donc, ils doivent respecter des directives dans la préparation de leurs séances de cours. Ils doivent faire des fiches pédagogiques, préparer des remédiations, etc. Et ce sont des tâches qui leur prennent beaucoup de temps, qui sont manuelles et éparses, et avec Ekolbi on permet à ces enseignants d'avoir accès à une plateforme qui leur permet de préparer leurs séances de cours en conformité avec les directives locales et les guides pédagogiques. Par exemple, en géométrie, on doit commencer par une situation-problème et toute cette démarche-là, elle peut être assez complexe à appréhender et à préparer à chaque fois. Pour chaque séance, Ekolbi permet de faciliter tout cela pour que l'enseignant puisse se consacrer, se concentrer sur la partie la plus essentielle à notre avis, qui est la pédagogie en elle-même. À savoir : les élèves, pour qu'ils comprennent réellement ».

    Sur smartphone, tablette ou ordinateur, le coût d'accès à l'application est de dix mille francs CFA, soit 15 € par an. Aissatou Kounta est la cofondatrice d’Ekolbi.

    « C'est non seulement un gain de temps, mais justement, cela leur permet de mieux enseigner. Parce qu'il faut savoir que les enseignants ont à peu près 20 fiches à préparer par semaine. Donc, ça prend du temps. Aujourd'hui, le fait qu'ils aient une application qui leur permet de faire ça en moins de temps, le calcul est vite fait, si je puis dire ». Outre les fiches pédagogiques et l'accompagnement des professeurs, l'application permet aussi de synthétiser le carnet de notes et les bulletins de chaque élève.

    Sokna Saw est enseignante en CE2 à l'institution scolaire Amina Sow Mbaye de Bambilor : « Ce programme, ça facilite beaucoup le travail des enseignants parce que, avec lui, on arrive à faire des fiches en un rien de temps et des fiches qui suivent vraiment la bonne démarche recommandée par les inspecteurs, surtout en ce qui concerne les mathématiques. C'est très pratique. Il y a beaucoup de volets. Par exemple, cette année, mes bulletins de notes, je les ai faits avec Ekolbi en un rien de temps. Pour le gain, je dirais que ça me permet encore de plus me préparer. Par exemple, quand Ekolbi vous prépare les fiches, ça ne veut pas dire que je vais venir lire machinalement ces fiches devant les élèves. Ce sont des fiches que je m'en vais exploiter. S'il y a quelque chose qui n'est pas clair dans ma tête aussi, cela me laisse plus de temps pour moi d'aller m'éclaircir, pour encore mieux me préparer pour être très performante en classe ».

    L'application Ekolbi en est à sa première année d'exercice scolaire, mais ses créateurs revendiquent déjà 15 000 enseignants qui l'utilisent. Une solution que la start-up sénégalaise envisage de décliner avec d'autres programmes scolaires africains.

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