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L'Afrique en marche

L'Afrique en marche

著者: RFI
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L'Afrique positive sur RFI pour découvrir et mettre en valeur des initiatives gagnantes du continent. Une entreprise innovante, une idée qui mérite d'être relayée, un projet auquel nous pouvons donner un coup de pouce... Chaque semaine, nous ferons un focus sur l'Afrique qui marche et qui donne envie d’aller plus loin !

Diffusion : dimanche à 5h47, 7h47 et 12h50 TU.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • SmartFin, une appli ivoirienne qui développe le sens de l'économie et de l'épargne
    2026/08/03
    Gérer ses revenus, économiser et même investir dans des produits d'épargne grâce à une seule application, c'est ce que propose à Abidjan la startup SmartFin depuis 2022. Dans une Côte d'Ivoire où la classe moyenne augmente avec des revenus parfois conséquents, il est apparu pertinent à Colombe Djirebo de créer un outil de gestion et d'éducation financière. C'est ainsi qu'après avoir travaillé dans le domaine de la gestion de patrimoine en France, elle décide de retourner en Côte d'Ivoire pour créer, en 2022, SmartFin, une application et un site web où les salariés peuvent s'exercer et s'améliorer dans la gestion de leurs revenus. « SmartFin, c'est une fintech spécialisée dans la gestion de patrimoine », nous explique la cofondatrice de la start-up. « Donc, on les aide à pouvoir gérer leurs dépenses, faire un budget, épargner et investir, donc à développer un patrimoine. Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire, on a 30 % de fonctionnaires surendettés parce que les gens, justement, ne savent pas comment gérer l'argent dans le quotidien. Ils savent gagner de l'argent, ils ne savent pas comment le gérer. On a aujourd'hui des personnes en Côte d'Ivoire qui vont, par exemple, prendre des crédits bancaires pour des urgences de famille, pour faire la fête, pour offrir des cadeaux, par exemple. Et ils vont se retrouver malheureusement dans des situations où, une fois que le crédit passe, ils n'arrivent plus à faire face à leurs charges. C'est juste des notions liées au bon crédit, au mauvais crédit par exemple. Le bon sens financier n'est pas très élevé en Côte d'Ivoire. Le niveau d'éducation financière est hyper bas, donc ça crée encore plus le besoin. » Niveau d'éducation financière hyper bas Un besoin que tâche de combler l'application conçue par Colombe. SmartFin propose par exemple des challenges comme le dépôt mensuel d'une somme déterminée et bloquée pendant un an, afin de générer un pécule qui, entre-temps, aura été rémunéré, comme l'explique Colombe Djirebo. « C'est-à-dire que, par exemple, là, on a un marathon qui s'appelle "gbèssè". En Côte d'Ivoire, cela signifie 500 francs en langage nouchi. Dans ce challenge-là, chaque semaine, il faut pouvoir épargner 500 francs de plus que la semaine précédente. Le but, c'est d'avoir 689 000 FCFA à la fin de l'année, on va dire à peu près 1 200 €. C'est rémunéré à un taux de 4 %. En fait, là, on recherche surtout la discipline financière. Tous les mois, je me donne une certaine discipline pour pouvoir commencer à épargner. On est en partenariat avec ADEC, qui est une microfinance ivoirienne qui a un agrément, donc ce sont eux qui gèrent les fonds. Ce sont eux qui rémunèrent parce que nous, on n'a pas la possibilité de rémunérer. » SmartFin faisait partie de la délégation ivoirienne présente au dernier salon VivaTech de Paris, une start-up qui, selon le ministre de la Transition numérique et de l'Innovation technologique, Djibril Ouattara, représente le virage que doit prendre la fintech ivoirienne. « En tout cas, en ce qui concerne la démarche, c'est véritablement ce type de démarche que je souhaite pour les start-ups ivoiriennes. Partir d'une idée sur la base de son expérience personnelle et de son savoir. Ensuite, lorsqu'il y a des opportunités de financement qu'on obtient, on continue de croître et d'investir dans l'affaire. Et je suis convaincu que c'est ce qui peut faire impact parce qu'elle s'adresse au fond à une masse importante de la population ivoirienne en termes d'éducation financière. Et, c'est bien ainsi ! » À lire aussiL’Afrique francophone veut accélérer le financement des start-up L'épargne, une compétence à développer Parmi les 20 000 utilisateurs réguliers de l'application en Côte d'Ivoire, il y a Larissa Koidio. Elle est sociologue et patronne elle-même d'une société de conseil en coaching de 2SC Transform-action. « Je me suis rendu compte que l'épargne, ce n’est pas forcément parce qu'on gagne beaucoup qu'on sait épargner. Je me suis retrouvée dans des entreprises où la femme de ménage épargnait plus que l'informaticien ou le comptable. Les comptables, des personnes seniors dans leurs titres, recouraient à l'épargne du petit personnel pour pouvoir se dépanner. Donc, on comprend que l'épargne, c'est une attitude, c'est une compétence à développer. Donc, j'ai décidé en tout cas d'appliquer l'épargne comme attitude. Et je pense que plus les Ivoiriens feront, mieux ils se comporteront. » Pour le moment, l'application s'adresse à un public essentiellement ivoirien. Mais, le projet de SmartFin à terme, c'est de s'étendre plus largement à l'Afrique de l'Ouest.
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  • Terra Biga, une tontine 3.0 pour le Burkina Faso
    2026/07/13
    Vous connaissez sans doute les plateformes de dons ou de financement participatif comme Leetchi ou Ulule… Au Burkina Faso, le créateur d’une jeune start-up a mis en place en 2024 un équivalent africain, « Terra Biga », qui permet de soutenir des projets et même de faire des économies par des achats groupés. Participer par des dons à des projets utiles à la société, réduire ses coûts de consommation avec des achats groupés de kits scolaires ou bien de groupes électrogènes, c'est la double fonction vertueuse de la plateforme burkinabè Terra Biga. Batiana Nacro, l'inventeur de cette application, était il y a quelques jours au salon VivaTech de Paris pour présenter son concept : « Terra Biga, c'est une plateforme de collaboration financière. Ça permet aux communautés qui ont des projets communs de facilement se connecter et de financer leurs projets elles-mêmes. C'est un principe de tontine. C'est comment utiliser le digital pour transformer effectivement le concept de tontine en quelque chose de plus robuste. Donc, ça s'adresse surtout aux populations locales. On a collaboré avec le Programme des Nations unies pour le développement au Burkina Faso et l'architecte Francis Kéré pour la réalisation d'une maternité dans l'est du Burkina Faso. C'est assez modeste comme investissement : 40 millions de francs CFA, soit à peu près 60 000 € pour la réalisation du projet. » Une nouvelle maternité dans la commune de Tikba est donc en cours de financement sur dons privés. La start-up, elle, se rémunère en prélevant une commission de 6 % sur les sommes collectées, explique Batiana Nacro : « On est autour de 6 % ou soit sur des frais de dossier des fois qui sont de 10 000, 20 000 francs pour qu'on puisse mettre un projet sur notre plateforme. » À lire aussiL’Afrique francophone veut accélérer le financement des start-up « Transformer la "tontine" en quelque chose de plus robuste » « Qu'est-ce qui nous garantit que l'argent qu'on vous donnera, puisque c'est du don, sera bien alloué au projet du cabinet ? » lui demande-t-on. « C'est vrai que c'est un point qui est très important. Et nous, on travaille vraiment avec des organismes qui sont reconnus au Burkina Faso. On n'a pas ouvert la plateforme à n'importe quel projet. C'est pour ça qu'on a commencé à travailler avec le programme des Nations unies pour le développement, pour être en mesure de cibler des projets qui sont sûrs et qui auront un suivi, parce que le Pnud est engagé derrière. Donc, on ne prend pas des projets d'individus qui disent : "Bon, moi, j'ai envie de soutenir les femmes de tel village, donnez-moi de l'argent, on va le faire." Non, ça ne marche pas. On ne travaille qu'avec des structures et c'est pour ça qu'on est plus aujourd'hui dans une approche B2B. Au-delà du financement participatif, crowdfunding, vous pouvez aussi acheter des produits en gros en vous connectant avec d'autres personnes de la communauté. Un village, des agriculteurs qui achètent les mêmes engrais chaque année, mais de façon séparée, et bien, on est en mesure de les regrouper pour qu'ils achètent en gros. On mutualise ainsi les intérêts. » Batiana Nacro a bénéficié de l'aide de l'opérateur téléphonique Orange au sein des Orange Digital Center, qui accompagnent par du soutien financier et managérial les jeunes pousses de la tech burkinabè. Asma Ennaifer est responsable du pôle Orange Digital Afrique : « Terra Biga, nous l'avons découverte grâce au Poesam, le prix Orange de l'entrepreneur social. C'est un concours qui récompense les innovations à fort impact social. Donc, nous travaillons aujourd'hui avec cette start-up parce que sa solution, on aimerait l'intégrer dans Max it et développer de nouveaux services avec Orange Money et la Fondation Orange. Max it, c'est la "super-app" d'Orange. Elle a aujourd'hui 25 millions de clients. Et, quand on met en avant une start-up sur la super-app, on lui ouvre déjà un marché de 25 millions de clients. » « On mutualise ainsi les intérêts » Quand une start-up fait appel à une autre start-up : la Sénégalaise Aïssatou Fall veut développer, elle, à Dakar, une application appelée « BPM », une billetterie en ligne pour toutes sortes d'événements culturels. Elle a besoin d'un coup de pouce financier de 9 000 euros. C'est donc naturellement qu'elle a fait appel à Terra Biga pour compléter son budget : « Pourquoi Terra Biga ? Parce que je voulais déjà utiliser une plateforme africaine, explique Aicha Fall. J'ai eu la chance d'aller au Burkina, j'ai eu la chance de m'asseoir avec Batiana Nacro et de voir en fait que c'est quelqu'un qui voulait vraiment aider la population africaine dans son ensemble. Je me suis dit : "Si je dois faire une campagne de crowdfunding, ce sera avec Terra Biga." » Depuis deux ans, Terra Biga a permis la construction d'un lycée et d'un forage au Burkina Faso. Le ...
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  • Maroc: trois mamans pharmaciennes inventent une application multifonctions pour femmes enceintes
    2026/06/29
    MamaBox est une application marocaine inventée par trois pharmaciennes de Rabat. Face aux innombrables questions que leur posaient les femmes enceintes ou jeunes mamans, les trois amies ont décidé de créer leur start-up pour donner – via un numéro vert WhatsApp – les meilleurs conseils en la matière. Une application gratuite qui, tout de suite, a rencontré un très gros succès. Insomnie, fièvre, allaitement, spleen post-accouchement… C'est pour apporter des réponses objectives et pertinentes aux questions que se posent les jeunes mamans que Fatine, Hanae et Loubna, trois consœurs pharmaciennes de Rabat, ont décidé de créer une application et un numéro WhatsApp gratuit pour répondre aux inquiétudes des mères marocaines. Hanae Bouayad est l’une des cofondatrices de Mama Box. « En fait, on ne manque pas d'informations. Aujourd'hui, on en a beaucoup. La problématique se pose sur la qualité de l'information qu'on reçoit et sur le temps qu'on met à trouver les bonnes réponses. Et une maman n'a pas toujours le temps. Ou un papa d'ailleurs, parce que même les papas sont parfaitement inclus dans notre programme. Les questions les plus fréquentes, les plus récurrentes portent sur les coliques, le sommeil de bébé et l'allaitement. C'est-à-dire : un bébé quand il ne dort pas le soir, qu'il a des gaz… On est là, on ne sait pas quoi faire et les mamans veulent soulager leur enfant qui n'arrive pas à dormir. Où trouver des solutions concrètes pour essayer de les aider ? Donc les coliques, l'allaitement maternel et le sommeil de bébé sont les trois principales préoccupations. Vient après le fameux baby-blues dont on ne parle peut-être pas assez et qu'on ne détecte pas assez vite d'ailleurs aussi. Donc cette santé materno-infantile, c'est la santé mentale et très importante parce que c'est ce qui permet aussi à la maman, après, de poursuivre sa vie de façon sereine ». Réponse à toutes les questions récurrentes des mamans Lors d’une démonstration au salon VivaTech de Paris, Fatine Labraimi nous fait une démonstration de son numéro vert WhatsApp gratuit, le +212 615 16 40 51, et pose une question à l'IA du numéro : « Quelle est la fréquence d'allaitement que je devrais faire pour un bébé de trois mois ? » Quelques secondes, la réponse tombe avec une voix synthétisée : « À cet âge, l'allaitement se fait généralement à la demande de votre petit trésor. Les bébés allaités ont besoin de téter fréquemment, souvent entre huit et douze fois par jour, y compris la nuit. Plus votre bébé tète, plus votre corps produira de lait. » Fatine Labraimi, cofondatrice de Mama Box, vante les vertus de leur invention. « Par exemple, un bébé qui n'a pas fait son rot. Pour une maman, c'est une source d'inquiétude et nous, on l'accompagne, on la rassure avec une information fiable. Fiable parce qu'on utilise les sources du ministère de la Santé et de l'OMS. Donc ce n'est pas comme les autres IA. C'est une réponse validée par des professionnels de la santé, par le ministère de la Santé. C'est un numéro WhatsApp que la maman peut utiliser en vocal. Comme ça toutes les mamans peuvent l'utiliser, même celles qui ne savent pas lire et écrire. Elles interrogent en laissant un vocal en français, en arabe ou même en amazigh. L'IA répond en vocal aussi. On l'a entraînée pour qu'elle puisse répondre à des questions comme par exemple "tagmate", qui veut dire l'emmaillotage. Elle va savoir ce que c'est. Elle va pouvoir accompagner les mamans dans tous leurs besoins. Et on a aussi des trackers qui lui permettent de suivre avec elle le calendrier vaccinal, l'allaitement, les contractions du bébé, etc. Et quand on découvre que la maman a besoin d'un véritable accompagnement médical, on la met directement en contact avec des médecins qui peuvent lui parler en darija et en téléconsultation ». À lire aussiAu salon VivaTech, les start-up africaines se cherchent une place dans la compétition mondiale L'ami nocturne à qui poser une question Parmi les 40 000 personnes qui ont utilisé l'application, il y a Hadjar Belkasmi, maman d'un premier bébé et enceinte du second. « Honnêtement, sur ce sujet de la maternité, je trouve qu'il y a autant d'avis que de personnes sur tous les sujets, que ce soit l'allaitement ou pas l'allaitement, l'accouchement par voie basse, l'accouchement par césarienne. Je trouve qu'avoir un outil pareil dans sa poche est quelque chose qui est très, très rassurant pour une future maman, surtout pour une première grossesse. Mais avoir un outil qui accompagne, c'est beaucoup plus rassurant qu'avoir tout un village autour de soi avec chacun qui donne son avis différent. C'est un peu l'ami, l'ami nocturne à qui on pose toutes les questions qui nous passent par la tête ». Le projet des trois associées de la start-up de Rabat est d'étendre leurs solutions aux douze régions du pays, par des ...
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