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L'Afrique en marche

L'Afrique en marche

著者: RFI
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L'Afrique positive sur RFI pour découvrir et mettre en valeur des initiatives gagnantes du continent. Une entreprise innovante, une idée qui mérite d'être relayée, un projet auquel nous pouvons donner un coup de pouce... Chaque semaine, nous ferons un focus sur l'Afrique qui marche et qui donne envie d’aller plus loin !

Diffusion : dimanche à 5h47, 7h47 et 12h50 TU.

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社会科学
エピソード
  • Avec son usine et son académie, Maraz marche plus loin vers le luxe sénégalais
    2026/10/21

    « L’Afrique en marche » du jour marche avec des sandales de cuir confectionnées à Dakar. « Maraz », une marque de luxe créée en 2018, fait son bonhomme de chemin au Sénégal mais aussi au Kenya et en Côte d’Ivoire où elle est commercialisée. Et depuis quelques mois dans la capitale sénégalaise, elle a inauguré sa première usine pour répondre à une demande croissante.

    « Je suis un artisan. J'ai appris ce métier depuis longtemps, mais finalement, on m'a mis en contact avec la M Academy. J'ai eu des formations là-bas »

    À 42 ans, Jean-Marie Baraille, bottier sénégalais, s'est perfectionné dans l'art de couper et d'assembler des pièces de cuir en retournant à l'école. À la M Academy, un centre de formation créé par la marque d'accessoires et de chaussures haut de gamme Maraz. « C'est là-bas que j'ai eu mon diplôme. En tant que bottier, on m'a beaucoup appris sur le montage des chaussures, sur le modélisme, sur l'utilisation des machines aussi. On nous a formés sur ça aussi. Les machines qui font le galva ( galvanisation ndlr), des trucs comme ça. Avec l’académie, j'ai vu une très grande évolution. C'est le savoir-faire aussi que j'ai appris là-bas ».

    La fabrication, le façonnage, mais aussi le marketing ou le stylisme… Ils sont plusieurs centaines à avoir bénéficié de ce programme de perfectionnement au Sénégal, et ce grâce à un passionné qui n'avait pourtant à l'origine pas grand-chose à voir avec les métiers de la mode et du cuir.

    « Non non, pas du tout ! De base, je suis comptable et project manager », ironise Moustapha Sy Ndiaye créateur de la marque Maraz. « J'ai été attiré par ce secteur, par passion pour le cuir. Nous faisons des chaussures, nous faisons de la bagagerie. Nous faisons des accessoires de bureau. Le produit qui a vraiment lancé la marque, c'est la Padam, qui est une paire mythique d'Afrique que les nomades portaient. Au début, c'était un pneu et une chambre à air. Par la suite on a utilisé le cuir artisanal et nous avons voulu revisiter cette paire, lui donner ses lettres de noblesse, travailler sur le confort, travailler sur les couleurs, sur la forme. Et aujourd'hui, cette paire est devenue tendance au Sénégal, connue et reconnue un peu partout et qui fait un peu la fierté de la marque Maraz. »

    Donner ses lettres de noblesse au travail du cuir

    Mais ce qui rend Moustapha encore plus fier, c'est d'avoir permis, avec sa M Academy, la formation de plusieurs centaines d'apprentis dans le secteur de la mode. Un centre de formation développé avec la coopération allemande à Dakar. Oumou Diop est l'une des représentantes du programme « Invest for Jobs » au sein de la GIZ.

    « Nous, dans notre approche de programme, l'idée c'était de collaborer avec des entreprises sénégalaises fortes. On les appelle même des champions. On a identifié Maraz comme un acteur qui peut vraiment changer la donne dans cette filière. Des entreprises comme Maraz ont pu faire ce type de recherche développement jusqu'à avoir cette possibilité de se positionner dans un niveau haut de gamme, en respectant à la fois les normes internationales, mais également en promouvant des produits de qualité avec une certaine structure. Et c'est comme ça qu'on est entré en collaboration pour mettre en place ce qui est devenu aujourd'hui la M Academy. C'est-à-dire la Maraz Academy qui forme des professionnels, des artisans aux techniques de production normées et modernes ».

    On les appelle des champions

    Et de la main-d'œuvre qualifiée et performante, il en faudra puisque Maraz a installé depuis cet été une manufacture au cœur du quartier Mermoz de Dakar pour alimenter avec constance ces points de vente au Sénégal, mais aussi en Côte d'Ivoire, au Rwanda et sur son site en ligne.

    « Il faut répondre à la demande », explique Moustapha Sy Ndiaye. « On était largement en deçà et c'est pourquoi nous avons lancé notre propre chaîne de production, qui a une capacité de 150 paires par jour. Aujourd'hui, au-delà des Padam, des sandales, nous faisons des souliers patinés à la main, nous faisons des sneakers et également d'autres types de chaussures pour dames, pour le marché local et international ».

    Aujourd'hui, Maraz compte près de cinquante employés et une trentaine de prestataires. Ses futurs projets ? S'implanter dans une dizaine d'autres pays du continent et aussi ouvrir à Paris une boutique. Histoire de prouver que la mode sénégalaise n'a rien à envier au savoir-faire parisien.

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  • Protection de la biodiversité au Tchad: la bataille de l'activiste Hindou Oumarou Ibrahim
    2026/10/25
    À l'occasion de la COP 17 sur la biodiversité, qui se tient jusqu’au 30 octobre à Erevan, gros plan sur la Tchadienne Hindou Oumarou Ibrahim. Elle représente l’Afpat, l’association des femmes peules et peuples autochtones du Tchad et, par son action de sensibilisation sur le terrain et d’adaptation au changement climatique, elle est devenue une figure de cette lutte contre le dérèglement climatique. « Il y a une expression en arabe tchadien qui dit que "Dieu a créé tout le monde, a créé tous les insectes, les mouches, avant de créer le peul". J'ai grandi avec cela, confie Hindou Oumarou Ibrahim. Parce que vous ne valez rien du tout. Mais quand on est enfant, on essaie de montrer qu'on a un cerveau comme les autres et peut-être plus que les autres. Et puis on doit se battre ». Se battre dès l'enfance contre l'injustice, c'est pour cela que dès ses douze ans, Hindou Oumarou Ibrahim a créé sa première association, l'Afpat, l'Association des femmes peules autochtones du Tchad. 30 ans plus tard, elle est devenue une voix forte des communautés autochtones en Afrique et à travers le monde, celles qui sont au premier rang et premières victimes des effets du dérèglement climatique. Avec l'Afpat, elle a mis en place un système de cartographie qui permet aux populations nomades, aux éleveurs et aux agriculteurs de s'adapter au changement climatique pour vivre en harmonie et non pas en conflit. « Une des solutions, c'est de cartographier les terres et les ressources naturelles de manière participative, explique Hindou Oumarou Ibrahim. Et là, ça permet aux communautés de mettre tout leur savoir pendant différentes saisons et de diviser les terres qui sont les terres agricoles, les terres pastorales et de savoir combien d’espèces on a, de faune, de flore. Et ça permet de faire un bilan très simple de ce qu'on a perdu et comment on va le restaurer. Et l'idée aussi c'est de mettre tout le monde, les hommes, les femmes, les cultivateurs, les éleveurs, les pêcheurs ensemble pour discuter de leurs ressources et accepter un partage de manière équitable, pour permettre à l'écosystème de se régénérer ». D'un caractère bien trempé, Hindou n'hésite pas à interpeller les dirigeants qui parfois se payent de mots dans les grandes conférences internationales sur le climat. Ainsi, au Forum sur les forêts à Libreville en 2023, ce furent Ali Bongo et Emmanuel Macron qui furent apostrophés par la Peule de l'ethnie M’Bororo. « Je suis bien en colère contre tous. Ils disent qu'ils comprennent. Nous, on ne veut pas qu'ils comprennent, on veut qu'ils agissent. Quand on était à Libreville, c'était les chefs d'État qui venaient de pays développés, ou en développement, qui essayaient de donner des leçons et qui essayaient de dire : "On est là, on va vous soutenir". Ils disaient qu'ils comprenaient la souffrance des communautés qui n'ont pas créé les impacts climatiques, mais après plusieurs années, on n'a pas vu la couleur de cet argent, dénonce la militante. Or, s'ils étaient juste honnêtes avec eux-mêmes, ils pourraient donner cet argent utilisé pour faire ces conférences aux communautés sur le terrain. Et deux ans plus tard, ils pourraient bien venir voir combien de vies ils ont changées et ils pourraient être fiers de ce qu'ils ont fait, pas de faire que des rapports. C'est ça l'injustice climatique ! » À lire aussiAu Tchad, les agricultrices de Pala changent leurs habitudes pour s'adapter au réchauffement climatique [1/2] Un engagement reconnu à l'international Pour rendre justice au travail de l'Afpat, Hindou Oumarou Ibrahim s'est vu remettre plusieurs prix internationaux, le dernier en date étant celui de la Fondation Prince Albert II de Monaco. « Elle fait un travail remarquable en matière de plaidoyer pour les communautés autochtones. Il y a un vrai impact dans son travail et c'est pour cette raison qu'on a voulu la récompenser, souligne Romain Ciarlet, vice-président de la Fondation. La Fondation a historiquement travaillé sur les questions de protection de l'environnement en lien avec les communautés autochtones. Donc, pour nous, c'était un choix assez évident. C'est un prix qui est doté. C'est 45 000 € qui seront reversés à son association et qui pourront être utilisés pour renforcer des projets qu'elle mène via cette association ». Des projets menés sur le terrain, notamment par Didja Tchari Djibrillah, responsable genre et droits des femmes au sein de l'Association des femmes peules et peuples autochtones du Tchad. « Nous avons constaté que les femmes participent beaucoup plus aux activités que les hommes, pointe-t-elle. Les hommes, eux, ils peuvent juste se déplacer pour chercher des pâturages et autres. Mais les femmes, elles, maîtrisent là où elles doivent trouver de l'eau, là où elles doivent trouver des légumes pour venir préparer et là où elles doivent trouver aussi des ...
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  • Colorfol, musique à la carte au Cameroun pour musiciens en développement
    2026/10/18

    Comment faire face aux mastodontes de la musique et des contenus que sont Spotify, Deezer ou YouTube et promouvoir la musique de son pays et des jeunes artistes qui méritent d'être entendus ? C'est le défi que s'est fixé, depuis bientôt six ans, la plateforme camerounaise Colorfol. Un petit Poucet musical qui veut devenir grand.

    Créée en 2019, la plateforme d'écoute Colorfol permet aux fans de bikutsi, de makossa ou de rap camerounais de retrouver leurs musiciens préférés, et aussi et surtout de découvrir des artistes en plein développement de carrière.

    À Douala, Ronny Kitio, ingénieur informatique, a eu l'idée de créer cette plateforme pour rendre service au début à une amie chanteuse en mal de visibilité. Depuis, la petite idée a bien grandi, comme nous l'explique le cofondateur de Colorfol : « Aujourd'hui, c'est 200 000 utilisateurs, dont 50 000 utilisateurs actifs par mois, avec près de 10 millions de titres diffusés et plus de 15 000 artistes de façon globale. »

    Colofol s'adresse aux artistes indépendants et aux labels indépendants. Si je suis artiste indépendant, je peux m'inscrire par un formulaire d'inscription. L'app peut « uploader » la musique, mettre son prix, la date de sortie et directement avoir les statistiques d'écoute de sa musique : « C'est vraiment ouvert à tous les artistes indépendants qui veulent monétiser leur musique via leur communauté. Colorfol se rémunère par commission. Chaque transaction ou chaque achat, c'est entre 20% et 30% que l'on perçoit. Cela veut dire qu'on reverse 80% aux artistes. »

    « Une meilleure exposition » pour « toucher directement le premier public »

    Un système de rémunération en fonction de l'écoute d'un titre ou bien d'un album qui plaît au Cameroun et qui permet aux musiciens de se rémunérer et de financer leurs projets. Jocelyn Nkembe, manager du groupe de rap camerounais Trois officiel, explique : « Il y a aussi ce côté identitaire de plate-forme camerounaise. Cela fonctionne beaucoup. Ça permet aussi de soutenir le "local". On essaye d'industrialiser tout cela dans un environnement où il n'y a pas réellement d'industrie musicale établie. Parce qu'il a pas vraiment de droits d'auteur qui soient bien gérés ici. Donc, c'est très important d'avoir une plateforme comme Colorfol qui permet à l'artiste de générer directement des revenus et de pouvoir grâce à ses revenus continuer sa carrière et vivre de sa musique. »

    Outre l'écoute d'artistes, la plateforme permet de mettre en place des billetteries électroniques pour les concerts ou du merchandising d'accessoires dédiés aux musiciens. Pour Luc Mayitoukou, de l'agence culturelle Zhu Culture, expert en management artistique, ces plateformes qui se développent aussi en Ouganda, en Afrique du Sud ou bien au Sénégal sont précieuses afin d'épauler le développement d'artistes successifs négligés par les mastodontes que sont Spotify ou Apple Music :

    « C'est toute la question de la construction des catalogues, où beaucoup d'artistes africains ne sont pas sur les grandes playlists de Spotify ni de Deezer. Alors que là, oui, ils peuvent avoir une meilleure exposition et directement toucher le premier public. Une musique camerounaise, pour la diaspora. C'est vrai que ce n'est pas des musiques forcément africaines qui sont en haut des playlists sur Spotify. Donc c'est vraiment, en termes d'exposition, un gain. »

    En matière de développement et d'offre musicale, les Camerounais de Colorfol comptent s'ouvrir vers le marché ouest-africain grâce à une nouvelle levée de fonds.

    À lire aussiL'artiste camerounais Barthélémy Toguo en un mot, un geste et un silence

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