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Protection de la biodiversité au Tchad: la bataille de l'activiste Hindou Oumarou Ibrahim

Protection de la biodiversité au Tchad: la bataille de l'activiste Hindou Oumarou Ibrahim

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À l'occasion de la COP 17 sur la biodiversité, qui se tient jusqu’au 30 octobre à Erevan, gros plan sur la Tchadienne Hindou Oumarou Ibrahim. Elle représente l’Afpat, l’association des femmes peules et peuples autochtones du Tchad et, par son action de sensibilisation sur le terrain et d’adaptation au changement climatique, elle est devenue une figure de cette lutte contre le dérèglement climatique. « Il y a une expression en arabe tchadien qui dit que "Dieu a créé tout le monde, a créé tous les insectes, les mouches, avant de créer le peul". J'ai grandi avec cela, confie Hindou Oumarou Ibrahim. Parce que vous ne valez rien du tout. Mais quand on est enfant, on essaie de montrer qu'on a un cerveau comme les autres et peut-être plus que les autres. Et puis on doit se battre ». Se battre dès l'enfance contre l'injustice, c'est pour cela que dès ses douze ans, Hindou Oumarou Ibrahim a créé sa première association, l'Afpat, l'Association des femmes peules autochtones du Tchad. 30 ans plus tard, elle est devenue une voix forte des communautés autochtones en Afrique et à travers le monde, celles qui sont au premier rang et premières victimes des effets du dérèglement climatique. Avec l'Afpat, elle a mis en place un système de cartographie qui permet aux populations nomades, aux éleveurs et aux agriculteurs de s'adapter au changement climatique pour vivre en harmonie et non pas en conflit. « Une des solutions, c'est de cartographier les terres et les ressources naturelles de manière participative, explique Hindou Oumarou Ibrahim. Et là, ça permet aux communautés de mettre tout leur savoir pendant différentes saisons et de diviser les terres qui sont les terres agricoles, les terres pastorales et de savoir combien d’espèces on a, de faune, de flore. Et ça permet de faire un bilan très simple de ce qu'on a perdu et comment on va le restaurer. Et l'idée aussi c'est de mettre tout le monde, les hommes, les femmes, les cultivateurs, les éleveurs, les pêcheurs ensemble pour discuter de leurs ressources et accepter un partage de manière équitable, pour permettre à l'écosystème de se régénérer ». D'un caractère bien trempé, Hindou n'hésite pas à interpeller les dirigeants qui parfois se payent de mots dans les grandes conférences internationales sur le climat. Ainsi, au Forum sur les forêts à Libreville en 2023, ce furent Ali Bongo et Emmanuel Macron qui furent apostrophés par la Peule de l'ethnie M’Bororo. « Je suis bien en colère contre tous. Ils disent qu'ils comprennent. Nous, on ne veut pas qu'ils comprennent, on veut qu'ils agissent. Quand on était à Libreville, c'était les chefs d'État qui venaient de pays développés, ou en développement, qui essayaient de donner des leçons et qui essayaient de dire : "On est là, on va vous soutenir". Ils disaient qu'ils comprenaient la souffrance des communautés qui n'ont pas créé les impacts climatiques, mais après plusieurs années, on n'a pas vu la couleur de cet argent, dénonce la militante. Or, s'ils étaient juste honnêtes avec eux-mêmes, ils pourraient donner cet argent utilisé pour faire ces conférences aux communautés sur le terrain. Et deux ans plus tard, ils pourraient bien venir voir combien de vies ils ont changées et ils pourraient être fiers de ce qu'ils ont fait, pas de faire que des rapports. C'est ça l'injustice climatique ! » À lire aussiAu Tchad, les agricultrices de Pala changent leurs habitudes pour s'adapter au réchauffement climatique [1/2] Un engagement reconnu à l'international Pour rendre justice au travail de l'Afpat, Hindou Oumarou Ibrahim s'est vu remettre plusieurs prix internationaux, le dernier en date étant celui de la Fondation Prince Albert II de Monaco. « Elle fait un travail remarquable en matière de plaidoyer pour les communautés autochtones. Il y a un vrai impact dans son travail et c'est pour cette raison qu'on a voulu la récompenser, souligne Romain Ciarlet, vice-président de la Fondation. La Fondation a historiquement travaillé sur les questions de protection de l'environnement en lien avec les communautés autochtones. Donc, pour nous, c'était un choix assez évident. C'est un prix qui est doté. C'est 45 000 € qui seront reversés à son association et qui pourront être utilisés pour renforcer des projets qu'elle mène via cette association ». Des projets menés sur le terrain, notamment par Didja Tchari Djibrillah, responsable genre et droits des femmes au sein de l'Association des femmes peules et peuples autochtones du Tchad. « Nous avons constaté que les femmes participent beaucoup plus aux activités que les hommes, pointe-t-elle. Les hommes, eux, ils peuvent juste se déplacer pour chercher des pâturages et autres. Mais les femmes, elles, maîtrisent là où elles doivent trouver de l'eau, là où elles doivent trouver des légumes pour venir préparer et là où elles doivent trouver aussi des ...
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