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Idées

Idées

著者: RFI
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概要

La parole à ceux qui pensent le monde. Chaque dimanche, Idées prend le temps d’écouter celles et ceux qui décryptent le monde contemporain. Lors d’un entretien de près d’une heure, mené par Pierre-Édouard Deldique, ces «témoins du siècle», intellectuels francophones, auteurs d’essais pour la plupart, livrent leurs pensées. Une exigence : la clarté, afin de répondre à la curiosité des auditeurs de RFI. Ceux-ci sont d’ailleurs invités à réagir à leurs propos et à dialoguer avec eux. Réalisation : Vanessa Rovensky. *** Diffusions le dimanche à 19h10 TU vers toutes cibles.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Quand Marcel Gauchet remonte aux origines des idéologies
    2026/03/15

    Dans IDÉES ce dimanche, Pierre-Édouard Deldique reçoit un des grands philosophes français dont le dernier ouvrage « Comment pensent les démocraties » (Albin Michel et non plus Gallimard l’éditeur historique du penseur), s’inscrit dans la continuité de son travail sur la sortie de la religion et la genèse de la modernité politique.

    Au fil des pages et au cours de l’émission, il nous propose une réflexion de longue durée sur les idéologies : leur apparition, leur fonction et leur transformation dans les sociétés démocratiques. Le grand et discret philosophe y voit un outil essentiel pour comprendre comment les démocraties se représentent elles-mêmes, comment elles se projettent dans l’avenir et comment elles affrontent leurs crises actuelles.

    L’auteur retrace la généalogie des idéologies depuis le XVIIIè siècle, moment où les sociétés occidentales basculent d’un ordre fondé sur la tradition et la religion vers un monde où les individus doivent inventer leur avenir.

    Avec une année de naissance précise : 1796. Il explique pourquoi dans le livre et l’émission.

    Pour lui, les idéologies sont constitutives des démocraties modernes : elles ne masquent pas la réalité, elles la rendent intelligible. Elles permettent aux citoyens de se situer dans un monde où l’autorité ne vient plus d’en haut mais doit être construite collectivement.

    D’évidence, même si les idéologies structurent la vie démocratique, leur pouvoir demeure énigmatique. Elles inspirent les grands mouvements d’opinion, organisent les clivages, mais elles évoluent, se transforment, se délitent parfois.

    Marcel Gauchet montre comment leur succession depuis le XIXè siècle reflète les tensions internes des démocraties : entre liberté et égalité, individu et collectif, progrès et désenchantement.

    L’essai s’inscrit dans un contexte où les démocraties semblent traversées par un pessimisme profond : montée des populismes, défiance envers les institutions, fragmentation idéologique. Les analyses de Gauchet résonnent avec ce climat : il montre que les démocraties peinent aujourd’hui à penser leur propre devenir, faute de cadres idéologiques suffisamment robustes pour orienter l’action collective.

    Et il précise que les idéologies existeront toujours. Elles se transformeront mais elles persisteront.

    Programmation musicale :

    - ‎‎Herbie Hancock - Maiden Voyage

    - ‎‎Nat King Cole - Night Lights

    - ‎‎Joe Pass - Django.

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    1 時間
  • L’internet génère une pensée néoréactionnaire, selon Arnaud Miranda
    2026/03/08

    Cette semaine, Pierre-Édouard Deldique, consacre un numéro d’IDÉES à la pensée néoréactionnaire aux États-Unis - influente parmi les acteurs de l’administration Trump - avec son invité, Arnaud Miranda, docteur en Théories politiques, auteur d’un essai à la fois éclairant et inquiétant intitulé « Les Lumières sombres, comprendre la pensée néoréactionnaires » publié chez Gallimard, dans une nouvelle collection, « La bibliothèque de géopolitique » avec la revue Le Grand Continent.

    Il s’agit ici d’une plongée dans un des courants intellectuels les plus déroutants et influents de la droite radicale contemporaine. Son nom ? La « néoréaction ».

    Ce courant constitue une contre‑culture structurée, née sur Internet dans les années 2010‑2020. Ses figures majeures, souvent anonymes ou dissimulées derrière des pseudonymes, développent une pensée mêlant références libertariennes, « technofuturiste », traditionalistes et anti‑égalitaires.

    Arnaud Miranda nous propose une histoire numérique en quelque sorte des idées néoréactionnaires, en analysant textes, réseaux, modes de diffusion et stratégies de ces penseurs d’un genre nouveau.

    Les idées néoréactionnaires, telles que les présente de façon très pédagogique, Arnaud Miranda dans le livre et au cours de l’émission, sont tranchées ; rejet de la démocratie jugée inefficace, corrompue et incapable de gérer la complexité du monde contemporain, promotion d’un modèle monarchique où l’État serait dirigé comme une entreprise, foi dans la technologie comme instrument de gouvernement et de contrôle social, vision étroite du progrès qui renverse l’héritage des Lumières au profit d’un rationalisme élitiste et autoritaire.

    Arnaud Miranda qui, au micro de cette nouvelle édition d’IDÉES et dans les pages de son essai, sait parler clairement de choses complexes, montre que les catégories habituelles — populisme, extrême droite, conservatisme — ne suffisent pas à saisir la néoréaction.

    Il propose donc une typologie renouvelée des droites contemporaines, attentive ô combien aux techniques numériques, bases de tout leur édifice idéologique, aux hybridations idéologiques et aux formes d’autorité propres à l’ère technologique.

    Il s’agit d’une révolte élitiste contre la démocratie qui emprunte autant à la Silicon Valley qu’aux penseurs réactionnaires européens.

    Une émission à écouter absolument car ce courant de pensée se propage un peu partout.

    Programmation musicale

    - ‎Aaron Xeres - Two Shadows

    - ‎Labi Siffre - Cannock Chaze

    - ‎Chet Baker - The Thrill Is Gone.

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    54 分
  • Jean-Frédéric Schaub : l’histoire exige rigueur et modestie
    2026/03/01

    Dans Idées cette semaine, Pierre-Édouard Deldique vous propose une réflexion sur la place de l’histoire dans notre monde contemporain, avec son invité l’historien Jean‑Frédéric Schaub, auteur d’un essai pertinent intitulé : « Le passé ne s’invente pas » (Albin Michel). Au fil des pages, ce spécialiste de l’histoire des mondes ibériques s’arrête sur la manière dont les sociétés produisent et manipulent le passé.

    Dans un contexte saturé de récits identitaires, de réécritures politiques et de « vérités alternatives », il interroge la fragilité de la vérité historique et la responsabilité des historiens face aux usages publics de l’histoire à l’heure de l’intelligence artificielle, des réseaux sociaux et des « vérités alternatives ».

    Il dénonce « le temps qui s’est laissé envahir par l’empire du faux et des faussaires ».

    Dans son livre, et dans l’émission, Jean-Frédéric Schaub souligne à ceux qui l’auraient oublié, que l’histoire n’est pas un récit parmi d’autres, mais une discipline fondée sur des méthodes de vérification, de critique et de confrontation des sources. C’est une science.

    L’historien n’est pas un romancier, mais un enquêteur même s’il se fait l’avocat de la littérature. Mais histoire et littérature ne se confondent pas même s’il existe une « littérature du réel » ou « littérature de non-fiction ». Il fustige également la tentation qu’ont certains historiens de se raconter eux-mêmes. Il n’a aucune attirance pour « l’ego histoire ».

    Notre invité insiste sur la dimension épistémologique du travail historique : la vérité historique n’est jamais absolue, mais elle est le résultat d’un protocole rigoureux. Selon lui, c’est cette rigueur qui distingue l’histoire de la propagande, de la mémoire ou du « roman national ».

    Jean-Frédéric Schaub ne nie pas l’importance de la « mémoire collective » entretenue par un État (le Panthéon en France) mais il rappelle que la mémoire n’est pas l’histoire. La première est sélective, affective, orientée ; la seconde est critique, argumentative, ouverte à la révision.

    Jean‑Frédéric Schaub signe ici un livre combatif. « Le passé ne s’invente pas » rappelle que l’histoire n’est pas un réservoir de mythes mobilisables à volonté, mais une discipline exigeante qui repose sur la critique, la preuve, la confrontation des interprétations, et la maîtrise des langues pour aller au plus profond des archives et de la compréhension des peuples colonisés notamment.

    Dans un moment où les récits identitaires prolifèrent, où la désinformation brouille les repères, où la mémoire supplante parfois la connaissance, l’invité d’IDÉES ce dimanche propose une boussole intellectuelle : défendre la vérité historique comme bien commun. Sur la bandeau rouge qui entoure la couverture de cet ouvrage, on lit : « Contre les réécritures de l’histoire ».

    Au fond, défendre l’histoire, c’est défendre la démocratie.

    Programmation musicale :

    - ‎Jamiroquai - Virtual Insanity

    - ‎Mehldau Brad / Blade Brian / McBride Christian / Redman Joshua - Past In The Present

    - ‎Duke Ellington / John Coltrane - In a Sentimental Mood.

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    52 分
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