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Idées

Idées

著者: RFI
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La parole à ceux qui pensent le monde. Chaque dimanche, Idées prend le temps d’écouter celles et ceux qui décryptent le monde contemporain. Lors d’un entretien de près d’une heure, mené par Pierre-Édouard Deldique, ces «témoins du siècle», intellectuels francophones, auteurs d’essais pour la plupart, livrent leurs pensées. Une exigence : la clarté, afin de répondre à la curiosité des auditeurs de RFI. Ceux-ci sont d’ailleurs invités à réagir à leurs propos et à dialoguer avec eux. Réalisation : Vanessa Rovensky. *** Diffusions le dimanche à 19h10 TU vers toutes cibles.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • «Mimer le peuple» : Patrick Belinga Ondua et Freddy Ndi analysent cette pratique politique
    2026/07/12

    À l’occasion des 9è rencontres des Études Africaines qui avaient lieu du 29 juin au 2 juillet 2026, au Campus Condorcet, à Aubervilliers, près de Paris, Pierre-Edouard Deldique a invité sur place, dans un nouveau numéro d’IDÉES, deux des chercheurs qui participaient à ces travaux. Il s’intéressent, eux à la façon dont les hommes politiques africains miment leurs peuples.

    Chez Patrick Belinga Ondua comme chez Freddy Ndi, mimer le peuple désigne une technique de légitimation où le pouvoir emprunte les signes, les affects et les langages du « peuple » afin de consolider son autorité, tout en maintenant ce peuple à distance des mécanismes réels de décision. Tel est le paradoxe.

    Mimer le peuple consiste, selon eux, à revêtir les signes de la proximité : gestes, vêtements, expressions, références culturelles, musiques, des populations. Patrick Belinga Ondua et Freddy Ndi analysent ce phénomène où la légitimité repose moins sur des institutions que sur des performances.

    Au micro d’Idées, les deux auteurs inscrivent ce mimétisme dans une histoire longue : celle des régimes d’après l’indépendance. Dans de nombreux contextes africains, le peuple a été mobilisé en quelque sorte comme source de légitimité symbolique.

    Le mimétisme permet alors de réparer symboliquement les violences du passé sans transformer les rapports de pouvoir. Il fabrique une continuité imaginaire entre les luttes anticoloniales et les régimes actuels, tout en évitant d’institutionnaliser une véritable participation populaire.

    Belinga Ondua et Ndi montrent que le défi contemporain n’est pas de mieux imiter le peuple, mais d’en reconnaître vraiment l’existence. Il doit être présent dans les institutions, les décisions, la résolution des conflits, en un mot dans l’existence de la démocratie.

    Musiques :

    • Le père de la police - DJ Choco
    • Chimères - Ray Lema
    • Ulagaresh - Ray Lema Quintet.
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    40 分
  • Le plaidoyer de Julia de Funès pour la nuance et la modération
    2026/07/26

    Dans ce nouveau numéro du magazine Idées, Pierre-Édouard Deldique reçoit Julia de Funès, philosophe, conférencière, chroniqueuse, auteure de Pensées distinguées (Éditions de l’Observatoire), un essai qui s’inscrit dans la continuité de son travail : une philosophie du quotidien, incisive mais accessible, qui démonte les faux-semblants de notre époque. « Il ne faut pas tomber dans les pièges du progressisme », remarque-t-elle.

    Ce nouvel essai propose une exploration des mécanismes de distinction sociale et morale qui structurent nos comportements, nos goûts, nos indignations et même nos manières de parler.

    La langue est d’ailleurs au cœur de ses propos au micro et au fil des pages. Selon elle, « la langue doit être précise sans humilier ».

    Rien ne vaut une vraie conversation pour apprécier les mérites de la nuance et de la modération, même si « l’échange véritable suppose un risque ».

    Dans ce numéro du magazine qui interroge ceux qui pensent le monde, Julia de Funès observe comment, dans des sociétés de communication, les individus cherchent à se singulariser à leur façon, quitte à se perdre.

    L’un des apports les plus stimulants du livre (un échange épistolaire entre deux femmes, Julia et Delphine) est l’idée que la distinction contemporaine ne repose plus uniquement sur la richesse matérielle mais sur l’observation plus ou moins réussie d’injonctions morales. Il ne suffit plus d’avoir : il faut avoir bien. Il ne suffit plus de consommer : il faut consommer responsable. Il ne suffit plus de voyager : il faut voyager hors des sentiers battus…

    Julia de Funès décrit une époque où le privilège se déguise en modestie, où la simplicité devient un luxe symbolique, où l’authenticité est mise en scène. Le chic moderne consiste à feindre l’absence d’effort : lire les bons auteurs sans en avoir l’air, préférer les objets imparfaits pour signaler une distance raffinée avec la vulgarité du neuf.

    Le livre s’inscrit aussi dans une réflexion plus large sur la montée des débats binaires.

    Lorsque les mots manquent, explique Julia de Funès, la violence prend le relais. Elle déplore par exemple le glissement de l’égalité vers l’égalitarisme, la confusion entre exigence et élitisme, et la disparition de la nuance dans les débats publics. Elle explique aussi les différences subtiles entre la vie et l’existence.

    Comme dans ses ouvrages précédents, Julia de Funès s’attaque aux dérives de la bien-pensance, du politiquement correct, de la moralisation excessive.

    Elle montre ainsi comment certaines vertus contemporaines se retournent contre elles-mêmes : l’universalisme devient communautarisme, l’aide se transforme en assistanat, l’égalité se mue en égalitarisme, le principe de précaution paralyse l’action.

    Cette critique n’est pas un rejet de la morale, mais une défense du discernement et de la liberté de pensée face « à une espèce en pleine expansion : celle des bien-pensants ».

    Dans un monde où la morale se confond avec le conformisme, où la simplicité devient un luxe, où la parole se fait impulsive, ce livre et ses propos tenus, avec clarté et enthousiasme au micro d’Idées, offrent une respiration intellectuelle.

    Programmation musicale :

    • Ishmael - Abdullah Ibrahim
    • Krotoa Crystal Clear - Abdullah Ibrahim
    • Tsakwe - Abdullah Ibrahim
    • Ping Pong - Édouard Ferlet.
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    42 分
  • «L’écrasement de Gaza n’a pas été vu en face» selon Anne-Lorraine Bujon
    2026/06/28
    Comme chaque mois, le magazine Idées s’intéresse à la revue Esprit, partenaire de l’émission. En juin 2026, la publication de haut niveau consacre son dossier à la Palestine avec ce titre : « Un avenir à reconstruire ». Anne-Lorraine Bujon, sa directrice, et Joël Hubrecht, spécialiste de justice pénale internationale sont les invités de Pierre-Edouard Deldique. Le dossier d’Esprit refuse de s’en tenir au seul registre de la catastrophe : comment penser un avenir palestinien quand tout semble conspirer à l’effacement du futur ? « C’est cette sortie, difficile mais toujours possible que ce dossier voudrait éclairer, sans irénisme ni naïveté, comme une nécessité et une urgence, malgré la dégradation cauchemardesque de la situation ou, justement, à cause d’elle », lit-on dans l’introduction  Les contributions dressent un constat sévère : Gaza dévastée, la Cisjordanie fragmentée (article saisissant de Sharon Weill : « Cisjordanie : anatomie du système colonial »), l’Autorité palestinienne affaiblie, une jeunesse sans perspectives. La destruction est matérielle, institutionnelle, mais aussi temporelle: la guerre empêche de se projeter, elle confisque l’avenir. On lira notamment l’article de Jihane Sfeir sur la volonté d’effacement de la mémoire palestinienne de la part de certains en Israël. Esprit insiste sur un point central : reconstruire ne peut pas se réduire à rebâtir des infrastructures. Sans souveraineté minimale, continuité territoriale et cadre politique stable, l’aide internationale reste un pis-aller. Les précédentes tentatives de reconstruction ont échoué précisément parce qu’elles ignoraient cette dimension politique. Il en est question dans l’émission. Le dossier met en lumière ce que l’actualité occulte : les initiatives culturelles, éducatives, sociales qui maintiennent vivante une capacité d’agir. Les auteurs pointent l’impuissance — parfois la complaisance — de ce qu’il est convenu d’appeler « la communauté internationale ». L’aide humanitaire soulage mais ne transforme pas. Une véritable reconstruction suppose un changement profond de politique : passer de la gestion du conflit à une stratégie de paix durable. Encore faut-il que les militaires cèdent le pas aux diplomates. D’évidence, le dossier ne cède ni au désespoir ni à l’illusion. Il propose en somme une « éthique de la lucidité » : reconnaître l’impasse actuelle tout en refusant la résignation. Penser l’avenir palestinien, c’est articuler justice, sécurité et dignité — trois exigences trop souvent opposées. Le numéro 534 de la revue Esprit propose ainsi un dossier qui réintroduit la possibilité du futur là où dominent la sidération et l’urgence. Comme l’écrit Alaa Tartir : « la société palestinienne dispose d’atouts stratégiques et décisifs, susceptibles d’être transformés en capacité d’action politique, à condition qu’existent des institutions de gouvernance fonctionnelles, une vision claire, des mécanismes de participation et des dispositifs de responsabilité » car, une chose est sûre, la supposée Autorité palestinienne n’en est plus une aujourd’hui. Programmation musicale : Borders Behind - Adnan JoubranNahawand - SabilOn the Endless Road - YomMore Than Once - Trio Joubran Sur cette terre, un poème de Mahmoud Darwich Dit par Mahmoud Darwich/Musique : Trio Joubran Traduction : Sur cette terre (Mahmoud Darwich, 1986) Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : l’hésitation d’avril, l’odeur du pain à l’aube, les opinions d’une femme sur les hommes, les écrits d’Eschyle, le commencement de l’amour, l’herbe sur une pierre, des mères debout sur un filet de flûte et la peur qu’inspire le soulèvement aux conquérants. Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : la fin de septembre, une femme qui sort de la quarantaine, mûre de tous ses abricots, l’heure de soleil en prison, des nuages qui imitent une volée de créatures, les acclamations d’un peuple pour ceux qui montent, souriants, vers leur mort et la peur qu’inspirent les chansons aux tyrans. Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : Sur cette terre, se tient la maîtresse de la terre, mère des préludes et des épilogues. On l’appelait Palestine. On l’appelle désormais Palestine. Ma Dame, je mérite la vie, car tu es ma Dame.
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    52 分
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