エピソード

  • Avec «De l’immigration en France», Patrick Weil lance un appel à la lucidité
    2026/09/13

    À une époque où la question migratoire occupe une place centrale dans le débat politique, avec ses discussions interminables et souvent vaines, le dernier ouvrage de Patrick Weil, De l’immigration en France (Grasset) apporte une mise au point salutaire.

    Historien, politologue, spécialiste reconnu de la citoyenneté, Patrick Weil propose un texte bref mais dense, conçu comme un outil de clarification sur un sujet de polémiques.

    Il est l’invité de Pierre-Édouard Deldique dans un nouveau numéro du magazine IDÉES.

    Dès les premières pages, l’auteur de travaux officiels sur cette question, rappelle un fait essentiel : la part de l’immigration dans la population française, longtemps stable, a nettement augmenté depuis le début des années 2000. Cette évolution, mal anticipée par les gouvernements successifs, a nourri un sentiment d’impréparation et alimenté les discours alarmistes.

    Mais, au micro, comme dans les pages de son ouvrage, Patrick Weil invite à regarder la réalité en face : cette hausse n’est ni un « déferlement », encore moins une submersion, ni une fatalité, mais le résultat de décisions administratives, de réformes juridiques et de choix européens.

    L’essai propose une analyse systémique des dispositifs qui structurent la politique migratoire française, le droit d’asile, pilier républicain fragilisé par les lenteurs administratives, les OQTF, devenues le symbole d’une impuissance politique, les règles européennes, souvent invoquées comme contraintes mais offrant des marges d’action, le regroupement familial, trop souvent caricaturé dans le débat public.

    Au cours de l’émission, cet homme enthousiaste, président de l’association Bibliothèques sans frontières, revient d’ailleurs sur la politique de Valéry Giscard d’Estaing dont le nom est lié, à tort, à cette notion de regroupement familial et sur la volonté de l’ancien président d’arrêter, non sans brutalité, l’immigration.

    Cette traversée des institutions révèle un État qui peine à articuler ses principes et ses pratiques, faute de cohérence et de continuité. D’où la proposition phare de Patrick Weil, la création d’un ministère dédié à l’immigration, et l’auteur de préciser dans Idées, qu’il ne s’agit pas d’y ajouter l’idée d’identité nationale comme le fit jadis Nicolas Sarkozy.

    L’auteur esquisse les contours d’une politique migratoire plus juste et plus efficace. Il appelle à une planification réaliste, une administration réformée, un débat public fondé sur les faits, une articulation claire entre accueil, régulation et intégration.

    Plus qu’un programme, c’est une méthode : réintroduire de la raison, de la mémoire et du courage politique dans un débat devenu explosif.

    « De l’immigration en France » est un texte de clarification. Dans le contexte de la campagne présidentielle, Patrick Weil nous offre un constat et des solutions pour sortir des polémiques que suscite cette question de l’immigration.

    Programmation musicale :

    • Ai¨t Crossing - Guedra Guedra
    • Bukut - Ibaaku
    • Immigrant - Zal Sissokho ; Laurent Perrault-Jolicoeur.
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    57 分
  • Jérôme Heurtaux interroge le droit face à la guerre à Gaza
    2026/09/06

    Pierre-Édouard Deldique reçoit Jérôme Heurtaux, l’auteur d’un essai marquant intitulé Le droit international est-il mort à Gaza ? (Riveneuve). Politiste, l’invité d’Idées cette semaine propose une réflexion à la fois méthodique, accessible et inquiète sur l’état du droit international face à un conflit où les violations massives semblent se dérouler sous les yeux du monde entier.

    L’auteur, – qui, comme il le souligne dans l’émission, a travaillé sur le silence ou le négationnisme des Polonais, après la Seconde Guerre mondiale –, explique que son livre est né en somme d’un désarroi et d’une colère face aux crimes commis à Gaza après les massacres de Juifs, en Israël, le 7 octobre 2023.

    Son essai est celui d’un politiste qui se saisit du droit pour comprendre ce que les normes internationales permettent réellement de dire, de qualifier et sanctionner.

    Jérôme Heurtaux montre comment le droit international fonctionne concrètement dans un contexte de violence extrême.

    Le premier chapitre est consacré à un travail de synthèse d’enquêtes disponibles sur Gaza, réalisées par les ONG (palestiniennes et israéliennes), l’ONU, et les instances pénales internationales.

    D’évidence, on ne pourra dire que l’on ne savait pas.

    Comme l’auteur le dit au micro d’Idées, les preuves étaient (et demeurent) accessibles, en sources ouvertes. Il montre comment les journalistes palestiniens – souvent tués dans l’exercice de leur travail – ont documenté la guerre malgré l’interdiction d’accès imposée à la presse internationale par le gouvernement israélien.

    Le deuxième chapitre explore la manière dont les acteurs – ONG, experts, juridictions internationales et nationales – mobilisent les catégories du droit pénal international : crimes de guerre, crimes contre l’humanité, crimes de génocide.

    Jérôme Heurtaux met en lumière une convergence exceptionnelle des analyses qui qualifient la situation à Gaza de génocide, en s’appuyant sur la mortalité massive des civils, l’affamement de la population, la destruction systématique des infrastructures vitales, la déshumanisation des Palestiniens.

    Il restitue les raisonnements juridiques de manière claire, montre comment les experts appliquent les textes fondateurs : la Convention de 1948 et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

    Le troisième chapitre élargit la réflexion : le droit international est-il encore capable de protéger, qualifier, sanctionner ?

    Selon l’auteur, le droit international reste un langage universel, partagé par les acteurs qui documentent les crimes. Il permet de nommer l’horreur, de la rendre intelligible. Reste que son efficacité dépend entièrement de sa mise en œuvre : sans mobilisation devant les juridictions internationales ou nationales, le droit se désarme.

    Bien que centré sur Gaza, l’essai pose une question plus large : que reste‑t‑il du droit international lorsque les États les plus puissants refusent de l’appliquer ?

    Programmation musicale :

    « Intro » – Hussam Aliwat

    « Ta5 » – Shamaly

    « Conte d'un luth désespéré » – Abderraouf Ouertani.

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    41 分
  • Aurélie Julia et la Revue des deux mondes rendent hommage au Musée du Quai Branly et à Jean Gabin
    2026/08/16

    Dans ce nouveau numéro d’IDÉES, Pierre-Édouard Deldique reçoit Aurélie Julia, la directrice de la revue des deux mondes dont le numéro d’été s’articule deux grands dossiers : Jean Gabin, figure centrale du cinéma français, véritable mythe national, cinquante ans après sa disparition. Et le musée du Quai Branly – Jacques Chirac, vingt ans après son ouverture, analysé comme projet politique, esthétique et anthropologique.

    Le numéro de la revue interroge la notion de patrimoine culturel. Qu’est-ce qui fait mémoire ? Qu’est-ce qui fonde une identité culturelle française contemporaine ?

    Gabin est présenté comme une figure de la France du XXè siècle, des années 30 aux années 70, un acteur dont la présence physique, morale et sociale dépasse le cinéma pour devenir un élément du paysage national.

    Au micro de Pierre-Édouard Deldique, Aurélie Julia montre comment Gabin incarne une France populaire, virile, mélancolique, mais aussi profondément morale et comment il est devenu une sorte de monument national.

    De leur côté, Delphine Jouenne et Christian Authier analysent la capacité de Gabin à jouer toutes les classes sociales : du prolétaire au notable, du flic au truand. Cette plasticité fait de lui un miroir social.

    Philippe Delaroche et Dorian Grelier soulignent, eux, l’importance des dialogues de Michel Audiard dans la construction du mythe : une langue vive, populaire, qui devient patrimoine.

    C’est une mise en perspective historique et sociologique du cinéma français que propose ce numéro ainsi que ce numéro estival d’IDÉES richement illustrée, où la voix de Gabin résonne plus que jamais.

    Dans le second dossier, le musée du Quai Branly est présenté comme un projet politique majeur du début du XXIè siècle : reconnaître les arts extra-européens comme arts à part entière, et non comme objets ethnographiques.

    Stéphane Martin, un des pères fondateurs de l’établissement qu’il a ensuite présidé, revient sur la volonté de l’ancien Président de la république, Jacques Chirac : décentrer le regard occidental, valoriser les cultures du monde, créer un musée de l’altérité.

    L’actuel président, Emmanuel Kasarhérou insiste sur la nécessité de repenser la provenance des œuvres, d’intégrer les débats contemporains sur la restitution et de maintenir un dialogue avec les communautés d’origine.

    Le numéro aborde les critiques sur la scénographie immersive, les tensions autour des collections, les enjeux de la restitution, la place des cultures non occidentales dans les institutions françaises.

    Ces contributions montrent le musée comme un espace de rencontre, de diplomatie culturelle, un lieu de réflexion sur la politique culturelle française, d’analyse des enjeux postcoloniaux dans les musées.

    On le constate, ce numéro de la Revue des deux mondes propose une réflexion la notion de patrimoine humain et non humain qui forge l’identité française.

    Ce numéro d’IDÉES en offre le reflet.

    Programmation musicale :

    • Dadilahy - Omar Sosa ; Rajery
    • Dark and deep - Mario Canonge ; Arnaud Dolmen ; Michel Alibo
    • Thème principal - Touchez pas au grisbi - Compositeur : Jean Wiener
    • Thème principal - Un singe en hiver - Compositeur : Michel Magne
    • Maintenant je sais - Interprète : Jean Gabin (Auteur/compositeur : Jean-Loup Dabadie/Philip Green).
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    43 分
  • Camille Riquier de la revue Esprit: «Il est plus difficile de parler d’amour que de sexe»
    2026/08/09

    Dans ce nouveau numéro estival, le magazine IDÉES s’intéresse au « nouveau sentiment amoureux » pour reprendre le titre du dossier de juillet-août de notre revue partenaire « Esprit » avec les deux invitées de Pierre-Édouard Deldique, la directrice de la revue, Anne-Lorraine Bujon, et Fabienne Brugère, coordinatrice de ce dossier avec le philosophe Camille Riquier.

    On le constate en écoutant l’émission, ce numéro double explore les transformations contemporaines de l’amour : les nouvelles sensibilités issues des luttes féministes, mais aussi la redéfinition des normes de genre, la visibilité accrue des sexualités minoritaires, la prise de conscience des violences, ou bien encore les recompositions familiales.

    Autant le dire, ce dossier est emprunt d’une certaine gravité.

    L’amour n’est plus un destin romantique ni une norme sociale stable : il devient une pratique relationnelle presque comme une autre, fragile, négociée, traversée par des enjeux de pouvoir et de reconnaissance à l’heure où les cadres traditionnels (romantisme, conjugalité, passion) se délitent, où les violences sont davantage nommées, et où de nouvelles formes de vie amoureuse émergent.

    Anne-Lorraine Bujon et Fabienne Brugère nous parlent des différentes parties de ce dossier articulé autour de plusieurs idées.

    L’amour est un accord, jamais garanti, toujours à réinventer, la conscience de ce qui n’est pas de l’amour (violence, emprise) structure désormais les attentes relationnelles.

    L’amour est moins un état qu’une pratique, il implique disponibilité, vulnérabilité, et reconnaissance de l’autre.

    Le dossier analyse, en outre, les mécanismes de l’emprise dans les relations.

    Et met en lumière des imaginaires culturels qui ont longtemps confondu passion et violence.

    Avec la romancière Camille Laurens, ce numéro d’été de la revue « Esprit » évoque la littérature comme espace de transformation des imaginaires amoureux et d’exploration des zones d’ombre du désir et de la relation.

    De son côté, le philosophe Camille Riquier s’interroge.

    Étant donné que le langage amoureux s’est complexifié, « psychologisé », selon lui, comment retrouver une langue capable de dire la singularité de l’expérience amoureuse ?

    De son côté, le philosophe Jean‑Luc Marion souligne, dans un entretien, la tension entre la promesse absolue et la contingence des vies modernes, l’amour comme don, comme engagement qui excède les conditions sociales, la temporalité du sentiment amoureux.

    Ce numéro d’Esprit, au cœur du magazine Idées, propose ainsi une réflexion à la fois philosophique, sociologique et littéraire sur un sentiment universel.

    Programmation musicale :

    • L’Hymne à l’amour - Odino
    • My funny Valentine - Chet Baker
    • I’m not in love - 10 cc.
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    44 分
  • Pierre Cassou-Noguès explore nos frontières mouvantes dans «Trait de côte»
    2026/08/02

    Dans IDÉES, le magazine dédié à celles et ceux dont la curiosité est insatiable, Pierre-Édouard Deldique reçoit cette semaine un philosophe singulier, Pierre Cassou-Noguès. Professeur de philosophie à l’université Paris-8, membre de l’Institut universitaire de France, cet intellectuel est aussi un sportif, cycliste à ses heures. Et des heures, il en a passé sur sa bicyclette pour longer le littoral français. Il nous propose un récit de son périple, à la fois livre de voyage, de nature, de philosophie. Avec Trait de côte (Philosophie magazine éditeur).

    Des Landes à la Bretagne, Pierre Cassou‑Noguès poursuit son travail singulier : penser le réel à partir de ses zones de friction. Cette fois, il s’attarde sur la côte, ce bord instable où la terre rencontre la mer — un lieu banal en apparence, mais qui devient sous sa plume un véritable laboratoire philosophique à l’heure où l’océan grignote allégrement le littoral, notamment en Charente-Maritime.

    La côte, rappelle Cassou‑Noguès, n’est jamais fixe. Elle avance, recule, s’effrite, se reconstruit. Elle oblige à composer avec l’incertitude. En observateur attentif, il transforme cette instabilité en concept : le « trait » n’est pas une ligne nette, mais une zone vivante, un espace où se négocient sans cesse nos manières de percevoir et de raconter le monde.

    Au micro et dans le livre, il navigue entre récit, observation et réflexion théorique. Cassou‑Noguès décrit des paysages, des gestes, des micro‑événements. Il montre comment ils nourrissent un imaginaire : celui des frontières, des bords, des mondes qui se touchent. La côte devient ainsi un lieu où se fabriquent des histoires, des peurs, des projections — un espace où l’on pense autant qu’on regarde.

    Sans céder au catastrophisme, Trait de côte s’inscrit dans les préoccupations écologiques contemporaines.

    L’auteur y défend une écologie de l’attention : regarder ce qui change, ce qui s’efface, ce qui apparaît. Une manière de rappeler que les transformations du monde ne se jouent pas seulement dans les grands récits, mais aussi dans ces traits fragiles qui dessinent nos paysages.

    Bref, un livre bref, précis, qui propose une autre façon de comprendre nos limites — et d’habiter un monde où elles ne cessent de bouger. Un livre aussi sur une certaine conception de la philosophie : « ne pourrait-elle pas consister dans des gestes, des formes de vie, plutôt que dans des énoncés ? » s’interroge-t-il.

    Programmation musicale :

    • Kerlann - Yann Tiersen
    • Dolores - Yann Tiersen
    • Vélo vole - Dick Annegarn
    • 8 - Yann Tiersen.
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    52 分
  • Le plaidoyer de Julia de Funès pour la nuance et la modération
    2026/07/26

    Dans ce nouveau numéro du magazine Idées, Pierre-Édouard Deldique reçoit Julia de Funès, philosophe, conférencière, chroniqueuse, auteure de Pensées distinguées (Éditions de l’Observatoire), un essai qui s’inscrit dans la continuité de son travail : une philosophie du quotidien, incisive mais accessible, qui démonte les faux-semblants de notre époque. « Il ne faut pas tomber dans les pièges du progressisme », remarque-t-elle.

    Ce nouvel essai propose une exploration des mécanismes de distinction sociale et morale qui structurent nos comportements, nos goûts, nos indignations et même nos manières de parler.

    La langue est d’ailleurs au cœur de ses propos au micro et au fil des pages. Selon elle, « la langue doit être précise sans humilier ».

    Rien ne vaut une vraie conversation pour apprécier les mérites de la nuance et de la modération, même si « l’échange véritable suppose un risque ».

    Dans ce numéro du magazine qui interroge ceux qui pensent le monde, Julia de Funès observe comment, dans des sociétés de communication, les individus cherchent à se singulariser à leur façon, quitte à se perdre.

    L’un des apports les plus stimulants du livre (un échange épistolaire entre deux femmes, Julia et Delphine) est l’idée que la distinction contemporaine ne repose plus uniquement sur la richesse matérielle mais sur l’observation plus ou moins réussie d’injonctions morales. Il ne suffit plus d’avoir : il faut avoir bien. Il ne suffit plus de consommer : il faut consommer responsable. Il ne suffit plus de voyager : il faut voyager hors des sentiers battus…

    Julia de Funès décrit une époque où le privilège se déguise en modestie, où la simplicité devient un luxe symbolique, où l’authenticité est mise en scène. Le chic moderne consiste à feindre l’absence d’effort : lire les bons auteurs sans en avoir l’air, préférer les objets imparfaits pour signaler une distance raffinée avec la vulgarité du neuf.

    Le livre s’inscrit aussi dans une réflexion plus large sur la montée des débats binaires.

    Lorsque les mots manquent, explique Julia de Funès, la violence prend le relais. Elle déplore par exemple le glissement de l’égalité vers l’égalitarisme, la confusion entre exigence et élitisme, et la disparition de la nuance dans les débats publics. Elle explique aussi les différences subtiles entre la vie et l’existence.

    Comme dans ses ouvrages précédents, Julia de Funès s’attaque aux dérives de la bien-pensance, du politiquement correct, de la moralisation excessive.

    Elle montre ainsi comment certaines vertus contemporaines se retournent contre elles-mêmes : l’universalisme devient communautarisme, l’aide se transforme en assistanat, l’égalité se mue en égalitarisme, le principe de précaution paralyse l’action.

    Cette critique n’est pas un rejet de la morale, mais une défense du discernement et de la liberté de pensée face « à une espèce en pleine expansion : celle des bien-pensants ».

    Dans un monde où la morale se confond avec le conformisme, où la simplicité devient un luxe, où la parole se fait impulsive, ce livre et ses propos tenus, avec clarté et enthousiasme au micro d’Idées, offrent une respiration intellectuelle.

    Programmation musicale :

    • Ishmael - Abdullah Ibrahim
    • Krotoa Crystal Clear - Abdullah Ibrahim
    • Tsakwe - Abdullah Ibrahim
    • Ping Pong - Édouard Ferlet.
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    42 分
  • «Mimer le peuple» : Patrick Belinga Ondua et Freddy Ndi analysent cette pratique politique
    2026/07/12

    À l’occasion des 9è rencontres des Études Africaines qui avaient lieu du 29 juin au 2 juillet 2026, au Campus Condorcet, à Aubervilliers, près de Paris, Pierre-Edouard Deldique a invité sur place, dans un nouveau numéro d’IDÉES, deux des chercheurs qui participaient à ces travaux. Il s’intéressent, eux à la façon dont les hommes politiques africains miment leurs peuples.

    Chez Patrick Belinga Ondua comme chez Freddy Ndi, mimer le peuple désigne une technique de légitimation où le pouvoir emprunte les signes, les affects et les langages du « peuple » afin de consolider son autorité, tout en maintenant ce peuple à distance des mécanismes réels de décision. Tel est le paradoxe.

    Mimer le peuple consiste, selon eux, à revêtir les signes de la proximité : gestes, vêtements, expressions, références culturelles, musiques, des populations. Patrick Belinga Ondua et Freddy Ndi analysent ce phénomène où la légitimité repose moins sur des institutions que sur des performances.

    Au micro d’Idées, les deux auteurs inscrivent ce mimétisme dans une histoire longue : celle des régimes d’après l’indépendance. Dans de nombreux contextes africains, le peuple a été mobilisé en quelque sorte comme source de légitimité symbolique.

    Le mimétisme permet alors de réparer symboliquement les violences du passé sans transformer les rapports de pouvoir. Il fabrique une continuité imaginaire entre les luttes anticoloniales et les régimes actuels, tout en évitant d’institutionnaliser une véritable participation populaire.

    Belinga Ondua et Ndi montrent que le défi contemporain n’est pas de mieux imiter le peuple, mais d’en reconnaître vraiment l’existence. Il doit être présent dans les institutions, les décisions, la résolution des conflits, en un mot dans l’existence de la démocratie.

    Musiques :

    • Le père de la police - DJ Choco
    • Chimères - Ray Lema
    • Ulagaresh - Ray Lema Quintet.
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    40 分
  • «L’écrasement de Gaza n’a pas été vu en face» selon Anne-Lorraine Bujon
    2026/06/28
    Comme chaque mois, le magazine Idées s’intéresse à la revue Esprit, partenaire de l’émission. En juin 2026, la publication de haut niveau consacre son dossier à la Palestine avec ce titre : « Un avenir à reconstruire ». Anne-Lorraine Bujon, sa directrice, et Joël Hubrecht, spécialiste de justice pénale internationale sont les invités de Pierre-Edouard Deldique. Le dossier d’Esprit refuse de s’en tenir au seul registre de la catastrophe : comment penser un avenir palestinien quand tout semble conspirer à l’effacement du futur ? « C’est cette sortie, difficile mais toujours possible que ce dossier voudrait éclairer, sans irénisme ni naïveté, comme une nécessité et une urgence, malgré la dégradation cauchemardesque de la situation ou, justement, à cause d’elle », lit-on dans l’introduction  Les contributions dressent un constat sévère : Gaza dévastée, la Cisjordanie fragmentée (article saisissant de Sharon Weill : « Cisjordanie : anatomie du système colonial »), l’Autorité palestinienne affaiblie, une jeunesse sans perspectives. La destruction est matérielle, institutionnelle, mais aussi temporelle: la guerre empêche de se projeter, elle confisque l’avenir. On lira notamment l’article de Jihane Sfeir sur la volonté d’effacement de la mémoire palestinienne de la part de certains en Israël. Esprit insiste sur un point central : reconstruire ne peut pas se réduire à rebâtir des infrastructures. Sans souveraineté minimale, continuité territoriale et cadre politique stable, l’aide internationale reste un pis-aller. Les précédentes tentatives de reconstruction ont échoué précisément parce qu’elles ignoraient cette dimension politique. Il en est question dans l’émission. Le dossier met en lumière ce que l’actualité occulte : les initiatives culturelles, éducatives, sociales qui maintiennent vivante une capacité d’agir. Les auteurs pointent l’impuissance — parfois la complaisance — de ce qu’il est convenu d’appeler « la communauté internationale ». L’aide humanitaire soulage mais ne transforme pas. Une véritable reconstruction suppose un changement profond de politique : passer de la gestion du conflit à une stratégie de paix durable. Encore faut-il que les militaires cèdent le pas aux diplomates. D’évidence, le dossier ne cède ni au désespoir ni à l’illusion. Il propose en somme une « éthique de la lucidité » : reconnaître l’impasse actuelle tout en refusant la résignation. Penser l’avenir palestinien, c’est articuler justice, sécurité et dignité — trois exigences trop souvent opposées. Le numéro 534 de la revue Esprit propose ainsi un dossier qui réintroduit la possibilité du futur là où dominent la sidération et l’urgence. Comme l’écrit Alaa Tartir : « la société palestinienne dispose d’atouts stratégiques et décisifs, susceptibles d’être transformés en capacité d’action politique, à condition qu’existent des institutions de gouvernance fonctionnelles, une vision claire, des mécanismes de participation et des dispositifs de responsabilité » car, une chose est sûre, la supposée Autorité palestinienne n’en est plus une aujourd’hui. Programmation musicale : Borders Behind - Adnan JoubranNahawand - SabilOn the Endless Road - YomMore Than Once - Trio Joubran Sur cette terre, un poème de Mahmoud Darwich Dit par Mahmoud Darwich/Musique : Trio Joubran Traduction : Sur cette terre (Mahmoud Darwich, 1986) Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : l’hésitation d’avril, l’odeur du pain à l’aube, les opinions d’une femme sur les hommes, les écrits d’Eschyle, le commencement de l’amour, l’herbe sur une pierre, des mères debout sur un filet de flûte et la peur qu’inspire le soulèvement aux conquérants. Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : la fin de septembre, une femme qui sort de la quarantaine, mûre de tous ses abricots, l’heure de soleil en prison, des nuages qui imitent une volée de créatures, les acclamations d’un peuple pour ceux qui montent, souriants, vers leur mort et la peur qu’inspirent les chansons aux tyrans. Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : Sur cette terre, se tient la maîtresse de la terre, mère des préludes et des épilogues. On l’appelait Palestine. On l’appelle désormais Palestine. Ma Dame, je mérite la vie, car tu es ma Dame.
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    52 分