エピソード

  • Edi Rama : «Nos concurrents balkaniques ne veulent pas d’un projet Trump en Albanie»
    2026/06/12
    Cette semaine, nous recevons Edi Rama, Premier ministre albanais. Il commente les manifestations qui secouent son pays contre la construction d’un complexe hôtelier de luxe lié à la famille Trump. L’Albanie, pays de 2,7 millions d’habitants situé dans les Balkans, a déposé sa candidature d'adhésion à l'Union européenne (UE) en 2009. Son statut de candidat lui a été accordé en juin 2014 et les négociations d'adhésion ont été ouvertes en 2022. Selon Edi Rama, Premier ministre socialiste albanais, « le club des Vingt-Sept a besoin de se réformer pour être à la hauteur des défis de ce nouveau monde » mais « l'Europe unie reste le plus beau et grand projet politique jamais conçu ». « La Russie n’est pas présente du tout en Albanie » Lors du 8è sommet UE-Balkans occidentaux qui s’est tenu le 5 juin 2026 à Tivat, au Monténégro, les États membres ont discuté de l’avancement des négociations pour l’intégration de l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Macédoine du Nord, le Monténégro et la Serbie. L'objectif principal pour l’UE est de tenir ces pays éloignés des influences russe et chinoise. S’il reconnaît une influence de ces pays dans les Balkans occidentaux, il estime que cela ne « regarde pas vraiment l’Albanie » : « L'Albanie est un pays très européen. La Russie n’y est pas présente du tout [...] Pour nos voisins, c'est plus complexe. » L’Albanie est considérée par l’Union comme le deuxième pays le plus avancé, juste derrière le Monténégro, dans son processus d’adhésion. Elle a ouvert les 33 chapitres de la négociation. Alors que le chancelier allemand estime que l’Ukraine devrait devenir « membre associé » de l’UE avant d’en devenir un État membre à part entière, Edi Rama s’oppose à ce type d’adhésion : « Il nous faut un nouveau moment Helmut Kohl. À la chute du mur de Berlin, l’UE n’a pas dit à l’Allemagne, il faut compléter tous les chapitres, et seulement alors vous rentrerez. » Helmut Kohl a réunifié, puis remis l’Est à niveau. « C'est ce qu'il faut faire. Il faut avoir tous les pays qui négocient autour de la table et après, chacun des pays doit faire son propre travail. » Edi Rama est prêt à concéder que les nouveaux entrants dans le club européen ne puissent pas exercer leur droit de veto : « Je pense qu’une grande puissance globale ne peut pas fonctionner avec le vote à l’unanimité et donc les veto. [...] Ce mécanisme ne fonctionne pas, même pas en ce moment entre les Vingt-Sept. » « Il s’agit d’un investissement très important » Depuis début juin 2026, des manifestations quotidiennes ont lieu à Tirana contre un projet immobilier porté par Ivanka Trump, fille du président américain, et son époux, Jared Kushner. Les détracteurs affirment que ce complexe hôtelier de luxe, dont le coût est estimé à 4,6 milliards de dollars et qui devrait être construit dans une zone protégée de la côte adriatique du pays, représente un risque pour l'environnement. Le Premier ministre Edi Rama défend ce projet : « Il s’agit d’un investissement très important, pas seulement de la part de Jared Kushner mais aussi d’investisseurs du Qatar. C’est un investissement qui va nous aider à ne plus avoir seulement un tourisme low cost, qui implique beaucoup de pression sur l'environnement. Ce projet va également amener beaucoup plus d'argent dans le pays. [...] Nous avons été élus pour tenir nos promesses. Ce projet en fait partie. C'est très intéressant parce qu'à Tirana, il y a des manifestations mais à Vlora, où le projet doit se faire, les gens sont pour le projet. » « Il s’agit de manifestants contre le gouvernement » Il défend le droit des Albanais à manifester mais remet en question les motifs liés à ces protestations : « Ces manifestations montrent que l’Albanie est un pays démocratique. [...] Mais les manifestants ne représentent pas tous les Albanais. Nous avons la preuve, grâce à des enquêtes, que la majorité des Albanais sont en faveur de ce projet. Ce projet n’est plus la raison des manifestations. On ne parle même plus de ce projet. Il s’agit de manifestants contre le gouvernement, qui veulent la fin de ce gouvernement. » La zone dans laquelle le complexe immobilier doit voir le jour est une aire protégée, abritant de nombreux oiseaux migrateurs, dont des flamants roses, devenus symbole de la protestation. Les opposants au projet accusent le gouvernement d’avoir modifié la loi pour permettre la réalisation de ce projet. Ce que réfute le Premier ministre : « Il ne s'agit pas d'un changement de loi pour rendre le projet faisable. Il s’agit d’un territoire protégé où nous pouvons construire sous certaines conditions. » Selon lui, les ingérences extérieures contre ce projet sont multiples : « Il y a une ingérence de l’Iran avec qui nous sommes en guerre cyber depuis trois ...
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  • José Manuel Albares : «Les forces d'extrême droite menacent nos démocraties»
    2026/06/05
    Cette semaine, nous recevons José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères. Immigration, conflit au Moyen-Orient, montée de l’extrême droite : il détaille les politiques de l’Espagne, parfois à contre-courant du reste de l’Union. L’Espagne, pays de 50 millions d’habitants, est l’un des États de l’Union européenne (UE) à s’opposer le plus fortement à l’action d’Israël au Moyen-Orient. L’UE intensifie cependant sa pression sur Israël en préparant des sanctions à l'encontre des ministres accusés d'encourager les violations de droits de l'homme, notamment le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Pour José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, ces sanctions sont « nécessaires » : « Nous devons envoyer un message fort à Israël en leur disant que nous soutenons évidemment l'existence de leur État. Israël doit avoir le droit à la paix et la sécurité mais c’est également le cas pour les peuples palestiniens et libanais. [...] La démocratie respecte les droits de l'homme et le droit international. Tant que cette violence perpétuelle continuera, l'Europe ne peut pas avoir la même relation avec l'Israël. » « Une coexistence pacifique qui garantit la sécurité de tout le monde » Certains États membres comme l’Irlande, la Slovénie ou encore l’Espagne demandent la suspension de l’accord d'association entre l’UE et Israël, un texte qui permet des échanges commerciaux dans un cadre de libre-échange dans plusieurs secteurs. L’Allemagne, par exemple, s’oppose à cette suspension. José Manuel Albares dénonce le fait que l'article 2 du texte garantissant « le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques » n’est pas appliqué par Israël : « Nous ne pouvons pas continuer comme cela. Nous devons dire à Israël que nous n’accepterons pas que la guerre soit le seul type de relation entre eux et les autres peuples du Moyen-Orient. Il doit y avoir une coexistence pacifique qui garantit la sécurité de tout le monde. » Selon lui, il faut également « donner une réponse à l’opinion publique qui demande de faire tout ce qui est en notre pouvoir » pour régler ces conflits. « Une partie de l'accord doit être suspendue par vote à l'unanimité mais une autre par la majorité qualifiée. Je dis qu’il faut voter et voir le résultat à la majorité qualifiée, pour la partie commerciale de l’accord par exemple », poursuit-il. « La Russie est en train de perdre cette guerre » La guerre s’enlise en Ukraine alors que les Russes poursuivent quotidiennement leurs frappes : « Vladimir Poutine disait que cette guerre durerait 72 heures tout au plus. Nous sommes dans la cinquième année de conflit. Nous pouvons dire que la Russie est en train de perdre cette guerre. » Le chef de la diplomatie espagnole rappelle le soutien inconditionnel de l’UE à l’Ukraine : « Peu importe la situation militaire, nous ne pouvons pas accepter cela en Europe. [...] Nous devons défendre l'indépendance, la démocratie et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Par conséquent, nous sommes décidés à soutenir l'Ukraine pour qu'elle gagne non seulement la guerre, mais surtout qu'elle gagne la paix. » La France a notamment évoqué l’idée d'ouvrir à nouveau un canal de discussion avec la Russie afin d'avancer dans les négociations. Une idée à laquelle ne s’oppose pas le ministre espagnol mais qui le pousse à s’interroger : « La vraie question, c'est pour parler de quoi exactement ? J'aimerais bien qu'il y ait une table de négociation et un cessez-le-feu mais la Russie ne veut pas en entendre parler. [...] A plusieurs reprises, des médiateurs ont essayé de ramener les Russes à la table, d'obtenir un cessez-le-feu mais cela n’a pas abouti. Si ces nouvelles discussions entraînent un vrai changement autour de pourparlers de paix, bien sûr, pourquoi pas. » Et de rappeler : « Ni les Ukrainiens, ni les Européens, ni les institutions européennes n’ont voulu cette guerre. C'est la guerre d'un seul homme. » À lire aussiPour le deuxième mois d'affilée, l'Ukraine grignote le terrain envahi par les Russes « Toute politique migratoire doit respecter les droits de l’homme » Les États membres durcissent leur politique migratoire et mettent en place des centres de retour situés hors du territoire européen, qui devraient recevoir des étrangers devant quitter l'UE, notamment après un refus d'une demande d'asile. Une mesure qui inquiète les ONG d’un risque de violation des droits humains. L’Espagne s’oppose à ces centres : « Nous y sommes fermement opposés car nous considérons que cela ne respecte pas la dignité des migrants. Toute politique migratoire doit respecter les droits de l’homme. » Selon lui, les pays qui accueilleraient ces centres se retrouveraient dans une position « très gênante » : « Nous devons ...
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  • Mariya Gabriel : «Les parents ne savent pas comment les algorithmes influencent leurs enfants»
    2026/05/29

    Cette semaine, nous recevons Mariya Gabriel, sous-directrice générale de la communication et de l’information à l’UNESCO. Elle déplore le recul de la liberté d’expression dans le monde et défend une approche européenne et éthique de l’Intelligence Artificielle, qui soit inclusive et fondée sur les droits humains.

    Mariya Gabriel, également ancienne commissaire européenne et ancienne vice-Première ministre de Bulgarie, commence par rappeler que la liberté d’expression a baissé de 10% depuis 2012, selon le dernier rapport de l’UNESCO. Elle insiste également sur les violences en ligne subis par les femmes journalistes, qui « a doublé en trois ans ».

    « La désinformation paralyse les sociétés »

    Mariya Gabriel veut renforcer la lutte contre la désinformation en ligne. « La désinformation érode la confiance et paralyse les sociétés. Elle peut être un vrai danger pour la santé publique. Aujourd'hui, avec l'Intelligence Artificielle, tous ces phénomènes sont amplifiés. L'approche de l'UNESCO est une approche équilibrée. »

    Mariya Gabriel veut prêter plus attention aux familles et aux parents : « Nous avons beaucoup parlé des jeunes, nous avons beaucoup parlé des enseignants. Aujourd'hui, ce sont les parents qui se sentent dépourvus. Ils ne savent pas ce qui se passe, ni comment les algorithmes influencent leurs enfants ». Améliorer la compréhension de l’IA au sein des familles, mais aussi rendre plus efficace les services publics et le système judiciaire. « Parce qu'aujourd'hui, 44% des juges et des procureurs disent qu'ils utilisent l'IA dans leur travail, mais seulement 9% ont eu accès à une formation. »

    « La souveraineté technologique est un élément-clé »

    Sous la pression américaine, la Commission Européenne a repoussé à juin l’annonce de son « paquet technologique » sur l’Intelligence Artificielle. Des textes qui encouragent le développement de solutions souveraines pour permettre aux Européens de reprendre le contrôle de leurs données, alors que les entreprises technologiques de la Silicon Valley entendent bien garder leur mainmise sur les infrastructures numériques européennes.

    « Si la souveraineté est comprise comme la maîtrise des choix, oui, c’est un élément-clé », indique l’ancienne commissaire européenne à l’Économie et à la Société Numérique, qui rappelle que l’UNESCO a adopté en 2021 à l’unanimité le premier et seul cadre normatif sur l’éthique de l’IA. « Maintenant, il va falloir continuer la discussion parce que nous allons devoir parler des centres de données et de l'énergie qu'ils consomment (…) Nous devons parler aussi de la gouvernance des données ».

    « 9 enfants sur 10 utilisent l’IA pour avoir une conversation du quotidien »

    Mariya Gabriel rappelle que « 9 enfants sur 10 utilisent l'intelligence artificielle pour avoir une conversation « de tous les jours », et 1 enfant sur 2 donne des informations personnelles : si on ne veut pas reproduire l'erreur que nous avons faite avec les réseaux sociaux il y a 20 ans, nous devons tous nous unir pour que l’IA corresponde à des principes éthiques qui soient fondés sur les droits humains et qui soient durables ». Elle insiste sur la maitrise des données numériques, qui influencent le développement des algorithmes et doivent promouvoir des valeurs telles que « l’inclusivité, la non-discrimination, la responsabilité et la transparence ».

    Retrouvez également notre reportage sur l'intelligence artificielle, la révolution technologique la plus importante du siècle. Notre reporter Luke Brown est parti à la rencontre des acteurs de ce secteur en Europe.

    Émission préparée par Georgina Robertson, Perrine Desplats, Oihana Almandoz, Isabelle Romero et Loïc Chalavon.

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  • Roxana Mînzatu : «la réponse au populisme passe par des politiques sociales efficaces et crédibles»
    2026/05/22

    Alors que la guerre au Moyen-Orient inquiète de nombreux Européens, l'Union européenne affiche un chômage inférieur à 6%. Mais la crise énergétique pèse sur les entreprises et suscite des questions sur l'avenir de l'emploi. Pour en parler, nous recevons Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive de la Commission européenne.

    Une stratégie pour sortir 100 millions d'Européens de la pauvreté

    La Commission européenne a lancé sa première stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, un signal politique fort selon Roxana Mînzatu. Elle rappelle qu'un Européen sur cinq est aujourd'hui en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale. « On a presque 100 millions d'Européens qui sont en risque de pauvreté, en risque d'exclusion sociale. On parle de la pauvreté des enfants, du sans-abrisme, du logement, du coût de la vie », explique la vice-présidente exécutive de la Commission.

    Parmi les outils envisagés, une directive européenne sur l'accès au travail des personnes sans emploi, qui fixerait des conditions minimales communes pour l'accompagnement des demandeurs d'emploi dans les États membres. La Commission prépare également une loi sur les emplois de qualité, attendue en décembre, qui entend concilier compétitivité et salaires décents.

    Neuf morts par jour au travail : « c'est inacceptable »

    Chaque jour, neuf Européens décèdent sur leur lieu de travail. Un chiffre que Roxana Mînzatu qualifie d'« inacceptable », alors même que la législation européenne a permis de réduire de 70% les accidents mortels au travail en trente ans. La Commission entend aller plus loin en intégrant dans la future loi sur les emplois de qualité les risques psychosociaux et ceux liés aux conditions climatiques extrêmes. « La vision avec laquelle on travaille en Europe, c'est un objectif zéro sur les morts au travail. »

    Intelligence artificielle : opportunité et risque pour le monde du travail

    Sur l'impact de l'IA, la vice-présidente exécutive européenne appelle à une discussion sociétale sérieuse, tout en reconnaissant que personne ne peut aujourd'hui mesurer avec certitude les effets sur l'emploi. Elle annonce pour novembre 2026 un paquet législatif sur l'éducation, qui comprendra des mesures pour développer la culture numérique en Europe et intégrer l'IA dans les écoles. « L'IA est en réalité une grande opportunité, mais aussi une vulnérabilité. On a besoin de compétences parce qu'on voit déjà des travailleurs qui utilisent l'IA chaque jour sans avoir eu de formation dédiée », explique-t-elle.

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  • L'Europe: quelle puissance géopolitique?
    2026/05/15

    À l’occasion de la Journée de l’Europe célébrée place de la République, à Paris, samedi 9 mai, nous vous proposons un grand débat public et télévisé, réalisé en partenariat avec le bureau en France du Parlement européen, la représentation de la Commission européenne et la mairie de Paris.

    Il y a 76 ans, à la sortie d’une guerre fratricide, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français, proposait la création d'une Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), pour réconcilier les pays et les peuples.

    Depuis, l’Europe a bien grandi, mais elle est de nouveau confrontée à la guerre, cette fois à sa porte, en Ukraine. Alors que pour son second mandat, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen voulait une Union plus géopolitique, quelle est la place de l’UE dans le monde ?

    Pour en débattre, nous recevons :

    • Christophe Gomart, député européen, Parti Populaire européen (France)
    • Bernard Guetta, député européen, Renew (France)
    • Javier Moreno Sanchez, député européen, Socialistes et Démocrates (Espagne)
    • Arancha Gonzalez Laya, ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères et doyenne de PSIA
    • Pascal Lamy, ancien commissaire européen au Commerce.
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  • Journée de l’Europe: émission spéciale en public RFI – France 24
    2026/05/09

    Premier groupe de médias français sur l’actualité européenne, France Médias Monde s’associe à la Journée de l’Europe, célébrée à Paris le samedi 9 mai 2026. Pour l’occasion, Caroline de Camaret, rédactrice en chef Europe à France 24, et Valérie Gas, cheffe du service politique de RFI, ont animé un débat en public place de la République à Paris autour de la question : L’Europe, quels investissements pour les citoyens ?

    Pour débattre Europe et investissements pour les citoyens étaient invités :

    • Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, président du Cercle Erasmus+
    • Stéphanie Yon-Courtin, députée européenne
    • Dario Nardella, député européen italien et ancien maire de Florence
    • Audrey Pulvar, adjointe au maire de Paris en charge des relations internationales, européennes et de la francophonie

    À écouter aussi dans Ici l'EuropeMarcos Perestrello: «L’UE a besoin d’au moins cinq ou dix ans pour avoir une défense indépendante»

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    49 分
  • Marcos Perestrello: «L’UE a besoin d’au moins cinq ou dix ans pour avoir une défense indépendante»
    2026/05/08

    Cette semaine, nous recevons Marcos Perestrello, président de l'Assemblée parlementaire de l'Otan. Il encourage les investissements européens dans sa défense et croit possible un maintien des bonnes relations transatlantiques.

    Face aux multiples conflits dans le monde, Marcos Perestrello explique que l’OTAN est actuellement confrontée à « l'environnement de sécurité le plus dangereux et le plus imprévisible depuis des générations. » Au-delà d’une « situation très instable et imprévisible », les alliés de l’OTAN, principalement l’Europe et le Canada, font face, selon lui, à une forte pression pour accroître leurs investissements dans la défense : « La pression est très forte et ce depuis quelques décennies. Cela ne date pas d’aujourd’hui et ne vient pas que du président Trump. C’est une pression qui date d’il y a bien plus longtemps ».

    Il reconnaît cependant que la pression s’est accrue sous la présidence de Donald Trump : « La pression a été plus forte et plus verbale. Les mots choisis sont plus forts et souvent pas diplomatiques. » Selon lui, cette pression a permis de se mettre d’accord sur « l'objectif final » : « Créer une OTAN plus forte du point de vue militaire et avoir une Europe des alliés européens capable de soutenir sa défense, au moins dans les moyens conventionnels. »

    « J’espère que le retrait de soldats ne va pas être une réalité »

    Le président des États-Unis a annoncé vouloir retirer au moins 5 000 soldats américains stationnés en Allemagne, voire plus dans le reste de l’Europe. Marcos Perestrello s’inquiète de ce désengagement : « Ce n’est pas dramatique mais ce n’est pas une bonne nouvelle. [...] Pour que l'Europe acquiert son autonomie en termes de défense et réduise sa dépendance aux États-Unis, il faudrait au moins cinq ou dix ans et de grands investissements, notamment pour le recrutement de nouveaux personnels. »

    Il tempère néanmoins ces annonces : « La rhétorique politique répond souvent à des objectifs de politique interne. Mais cette rhétorique politique a des effets négatifs pour la sécurité européenne. Tous les chefs d'État doivent être plus prudents dans leurs déclarations. [...] J’espère que cette annonce d’un retrait de soldats ne va pas se transformer en réalité. Mais ce que dit le président américain n’a pas toujours des conséquences en pratique. Parfois, la rhétorique est différente de l'action politique des pays. »

    « Les Européens sont en train de faire des investissements dans la défense »

    Face à la pression américaine, les dirigeants européens ont accepté d’augmenter leurs dépenses militaires jusqu’à 5% de leur PIB d’ici 2035. Alors que les dépenses militaires ont diminué aux États-Unis en 2025, elles ont augmenté de 14% en Europe, pour atteindre 735 milliards d'euros. Selon Marcos Perestrello, tout le monde « a besoin de faire plus d’investissement » dans la défense : « Les Européens sont en train de faire cet investissement et c’est important de le montrer aux Américains, de le leur dire. »

    Dans le conflit au Moyen-Orient, après les frappes américano-israéliennes en Iran, les États-Unis ont reproché aux Européens leur manque de soutien, ce que réfute Marcos Perestrello : « Le soutien que les Américains ont demandé aux Européens a été donné, à quelques petites exceptions près. Mais globalement, les Américains ont été soutenus par les Européens dans cette opération. L'opération est compliquée et très préjudiciable pour l'Europe, mais c’est positif que les pays européens soient disponibles pour faire des opérations de manutention dans le détroit d'Ormuz par exemple. [...] Nous ne savons pas très bien comment les choses vont évoluer mais il faut stabiliser la situation et c'est positif d'avoir une disponibilité des pays européens. »

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  • Stéphane Séjourné: «Nous devons réduire nos dépendances stratégiques»
    2026/05/01
    Cette semaine, l'Europe est toujours sous le coup des injonctions et manœuvres contraires de la Russie, des États-Unis et même de la Chine, alors qu'elle cherche la voie de l'émancipation et de l'indépendance. Pour en parler, nous recevons Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne et commissaire français chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle. L’Union européenne a approuvé un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, destiné à couvrir ses besoins jusqu’en 2027. Un soutien massif, mais qui ne masque pas les divisions persistantes entre États membres sur la question de son adhésion. Le chancelier allemand a même laissé entendre que Kiev pourrait devoir concéder certaines parties de son territoire pour parvenir à un accord de paix, voire ouvrir la voie à une future intégration européenne. « Il faut continuer à soutenir l’Ukraine. C’est l’engagement qu’on a pris au niveau européen, [...] et on a trouvé les voies et les moyens de pouvoir continuer à soutenir l’Ukraine sans argent public européen, mais avec un prêt qui est garanti sur des avoirs russes », explique Stéphane Séjourné. Sur le front diplomatique, la situation reste bloquée : les discussions entre Kiev et Moscou sont aujourd’hui « au point mort ». Dans ce contexte, « la question de l’adhésion apparaît trop anticipée du côté de la Commission. Les modalités éventuellement d’adhésion sont en réalité très liées avec les garanties de sécurité qu’on doit à l’Ukraine. » Autre sujet de tension : l’offensive israélienne au Liban relance le débat sur une possible suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. L’Espagne, l'Irlande, la Slovénie poussent et réclament cette suspension ainsi qu'une grande pétition citoyenne. « Ce n’est pas à la Commission de s’exprimer sur ce sujet », affirme Stéphane Séjourné, tout en reconnaissant que « le fait d’avoir mis le sujet sur la table est déjà un signal de mécontentement d’une partie des États membres ». Faute d’unanimité entre les Vingt-Sept, une suspension semble aujourd’hui hors de portée : « La Commission disposera, s’il y a une unanimité, pour revenir sur cet accord, mais à ce stade, ce n’est pas le cas », précise-t-il. À lire aussiL'Europe débloque son prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine Projet d’accélération industrielle : « Nous ne le faisons pas contre la Chine » Le 4 mars 2026, Stéphane Séjourné a présenté son projet de loi sur l'accélération industrielle (IAA) pour voir l'industrie remonter à 20%, comme elle était en 1990, contre 14% aujourd'hui. « On est inondés de produits chinois sur le marché européen, souvent dans des secteurs qui sont clés et qui sont stratégiques, avec des dépendances qui ne sont pas aujourd'hui acceptables au vu de la géopolitique, des incertitudes que nous vivons », détaille Stéphane Séjourné. « Sur ces questions, nous proposons de rajouter une clause de préférence européenne [...] pour éviter que cette industrie ne disparaisse dans les cinq ou dix prochaines années si nous ne faisons rien », poursuit-il. Le Commissaire français à la prospérité et la stratégie industrielle propose également de se doter de règles sur les investissements étrangers en Europe, qui exigeraient du transfert de technologie et un partenariat avec les industries du continent. « ​​​​​​​C'est en quelque sorte remettre aux standards internationaux un marché de 450 millions de consommateurs qui est l'Union européenne, avec des marchés comparables comme les États-Unis ou la Chine », détaille-t-il. Une démarche « Made in Europe » qui a provoqué la colère de Pékin. La Chine a menacé de riposter si l’Union européenne adoptait son projet d’accélérateur industriel sans tenir compte de ses intérêts. « Nous ne le faisons pas contre la Chine, nous ne le faisons pas contre les États-Unis, nous le faisons pour nous-mêmes, pour réduire nos dépendances stratégiques et pour garantir aux États membres l'ensemble des industries qui sont nécessaires à leur souveraineté énergétique », répond Stéphane Séjourné, avant d’ajouter que « la Chine reste un partenaire commercial, mais il faut rétablir une forme d'équilibre de nos relations ». À écouter aussiNourriture, énergie, métaux : comment les stocks chinois redessinent l’économie
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