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Ici l'Europe

Ici l'Europe

著者: RFI
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RFI et France 24 vous proposent un rendez-vous intitulé «Ici l’Europe». Un entretien avec une personnalité européenne signé Caroline de Camaret (France 24). Chaque semaine, le vendredi, un grand entretien avec une personnalité européenne, un entretien avec un des grands acteurs de l’Europe d’aujourd’hui, qui nous parle de la construction de l'Europe, de sa proximité avec les citoyens et des enjeux internationaux qui l’attendent. Une coproduction RFI/France24. *** Diffusions les vendredis à 19h40 TU vers toutes cibles, le samedi à 08h10 TU vers l'Amérique, l'Asie, l'Europe et 21h10 TU vers toutes cibles.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Edi Rama : «Nos concurrents balkaniques ne veulent pas d’un projet Trump en Albanie»
    2026/06/12
    Cette semaine, nous recevons Edi Rama, Premier ministre albanais. Il commente les manifestations qui secouent son pays contre la construction d’un complexe hôtelier de luxe lié à la famille Trump. L’Albanie, pays de 2,7 millions d’habitants situé dans les Balkans, a déposé sa candidature d'adhésion à l'Union européenne (UE) en 2009. Son statut de candidat lui a été accordé en juin 2014 et les négociations d'adhésion ont été ouvertes en 2022. Selon Edi Rama, Premier ministre socialiste albanais, « le club des Vingt-Sept a besoin de se réformer pour être à la hauteur des défis de ce nouveau monde » mais « l'Europe unie reste le plus beau et grand projet politique jamais conçu ». « La Russie n’est pas présente du tout en Albanie » Lors du 8è sommet UE-Balkans occidentaux qui s’est tenu le 5 juin 2026 à Tivat, au Monténégro, les États membres ont discuté de l’avancement des négociations pour l’intégration de l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Macédoine du Nord, le Monténégro et la Serbie. L'objectif principal pour l’UE est de tenir ces pays éloignés des influences russe et chinoise. S’il reconnaît une influence de ces pays dans les Balkans occidentaux, il estime que cela ne « regarde pas vraiment l’Albanie » : « L'Albanie est un pays très européen. La Russie n’y est pas présente du tout [...] Pour nos voisins, c'est plus complexe. » L’Albanie est considérée par l’Union comme le deuxième pays le plus avancé, juste derrière le Monténégro, dans son processus d’adhésion. Elle a ouvert les 33 chapitres de la négociation. Alors que le chancelier allemand estime que l’Ukraine devrait devenir « membre associé » de l’UE avant d’en devenir un État membre à part entière, Edi Rama s’oppose à ce type d’adhésion : « Il nous faut un nouveau moment Helmut Kohl. À la chute du mur de Berlin, l’UE n’a pas dit à l’Allemagne, il faut compléter tous les chapitres, et seulement alors vous rentrerez. » Helmut Kohl a réunifié, puis remis l’Est à niveau. « C'est ce qu'il faut faire. Il faut avoir tous les pays qui négocient autour de la table et après, chacun des pays doit faire son propre travail. » Edi Rama est prêt à concéder que les nouveaux entrants dans le club européen ne puissent pas exercer leur droit de veto : « Je pense qu’une grande puissance globale ne peut pas fonctionner avec le vote à l’unanimité et donc les veto. [...] Ce mécanisme ne fonctionne pas, même pas en ce moment entre les Vingt-Sept. » « Il s’agit d’un investissement très important » Depuis début juin 2026, des manifestations quotidiennes ont lieu à Tirana contre un projet immobilier porté par Ivanka Trump, fille du président américain, et son époux, Jared Kushner. Les détracteurs affirment que ce complexe hôtelier de luxe, dont le coût est estimé à 4,6 milliards de dollars et qui devrait être construit dans une zone protégée de la côte adriatique du pays, représente un risque pour l'environnement. Le Premier ministre Edi Rama défend ce projet : « Il s’agit d’un investissement très important, pas seulement de la part de Jared Kushner mais aussi d’investisseurs du Qatar. C’est un investissement qui va nous aider à ne plus avoir seulement un tourisme low cost, qui implique beaucoup de pression sur l'environnement. Ce projet va également amener beaucoup plus d'argent dans le pays. [...] Nous avons été élus pour tenir nos promesses. Ce projet en fait partie. C'est très intéressant parce qu'à Tirana, il y a des manifestations mais à Vlora, où le projet doit se faire, les gens sont pour le projet. » « Il s’agit de manifestants contre le gouvernement » Il défend le droit des Albanais à manifester mais remet en question les motifs liés à ces protestations : « Ces manifestations montrent que l’Albanie est un pays démocratique. [...] Mais les manifestants ne représentent pas tous les Albanais. Nous avons la preuve, grâce à des enquêtes, que la majorité des Albanais sont en faveur de ce projet. Ce projet n’est plus la raison des manifestations. On ne parle même plus de ce projet. Il s’agit de manifestants contre le gouvernement, qui veulent la fin de ce gouvernement. » La zone dans laquelle le complexe immobilier doit voir le jour est une aire protégée, abritant de nombreux oiseaux migrateurs, dont des flamants roses, devenus symbole de la protestation. Les opposants au projet accusent le gouvernement d’avoir modifié la loi pour permettre la réalisation de ce projet. Ce que réfute le Premier ministre : « Il ne s'agit pas d'un changement de loi pour rendre le projet faisable. Il s’agit d’un territoire protégé où nous pouvons construire sous certaines conditions. » Selon lui, les ingérences extérieures contre ce projet sont multiples : « Il y a une ingérence de l’Iran avec qui nous sommes en guerre cyber depuis trois ...
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  • José Manuel Albares : «Les forces d'extrême droite menacent nos démocraties»
    2026/06/05
    Cette semaine, nous recevons José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères. Immigration, conflit au Moyen-Orient, montée de l’extrême droite : il détaille les politiques de l’Espagne, parfois à contre-courant du reste de l’Union. L’Espagne, pays de 50 millions d’habitants, est l’un des États de l’Union européenne (UE) à s’opposer le plus fortement à l’action d’Israël au Moyen-Orient. L’UE intensifie cependant sa pression sur Israël en préparant des sanctions à l'encontre des ministres accusés d'encourager les violations de droits de l'homme, notamment le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Pour José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, ces sanctions sont « nécessaires » : « Nous devons envoyer un message fort à Israël en leur disant que nous soutenons évidemment l'existence de leur État. Israël doit avoir le droit à la paix et la sécurité mais c’est également le cas pour les peuples palestiniens et libanais. [...] La démocratie respecte les droits de l'homme et le droit international. Tant que cette violence perpétuelle continuera, l'Europe ne peut pas avoir la même relation avec l'Israël. » « Une coexistence pacifique qui garantit la sécurité de tout le monde » Certains États membres comme l’Irlande, la Slovénie ou encore l’Espagne demandent la suspension de l’accord d'association entre l’UE et Israël, un texte qui permet des échanges commerciaux dans un cadre de libre-échange dans plusieurs secteurs. L’Allemagne, par exemple, s’oppose à cette suspension. José Manuel Albares dénonce le fait que l'article 2 du texte garantissant « le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques » n’est pas appliqué par Israël : « Nous ne pouvons pas continuer comme cela. Nous devons dire à Israël que nous n’accepterons pas que la guerre soit le seul type de relation entre eux et les autres peuples du Moyen-Orient. Il doit y avoir une coexistence pacifique qui garantit la sécurité de tout le monde. » Selon lui, il faut également « donner une réponse à l’opinion publique qui demande de faire tout ce qui est en notre pouvoir » pour régler ces conflits. « Une partie de l'accord doit être suspendue par vote à l'unanimité mais une autre par la majorité qualifiée. Je dis qu’il faut voter et voir le résultat à la majorité qualifiée, pour la partie commerciale de l’accord par exemple », poursuit-il. « La Russie est en train de perdre cette guerre » La guerre s’enlise en Ukraine alors que les Russes poursuivent quotidiennement leurs frappes : « Vladimir Poutine disait que cette guerre durerait 72 heures tout au plus. Nous sommes dans la cinquième année de conflit. Nous pouvons dire que la Russie est en train de perdre cette guerre. » Le chef de la diplomatie espagnole rappelle le soutien inconditionnel de l’UE à l’Ukraine : « Peu importe la situation militaire, nous ne pouvons pas accepter cela en Europe. [...] Nous devons défendre l'indépendance, la démocratie et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Par conséquent, nous sommes décidés à soutenir l'Ukraine pour qu'elle gagne non seulement la guerre, mais surtout qu'elle gagne la paix. » La France a notamment évoqué l’idée d'ouvrir à nouveau un canal de discussion avec la Russie afin d'avancer dans les négociations. Une idée à laquelle ne s’oppose pas le ministre espagnol mais qui le pousse à s’interroger : « La vraie question, c'est pour parler de quoi exactement ? J'aimerais bien qu'il y ait une table de négociation et un cessez-le-feu mais la Russie ne veut pas en entendre parler. [...] A plusieurs reprises, des médiateurs ont essayé de ramener les Russes à la table, d'obtenir un cessez-le-feu mais cela n’a pas abouti. Si ces nouvelles discussions entraînent un vrai changement autour de pourparlers de paix, bien sûr, pourquoi pas. » Et de rappeler : « Ni les Ukrainiens, ni les Européens, ni les institutions européennes n’ont voulu cette guerre. C'est la guerre d'un seul homme. » À lire aussiPour le deuxième mois d'affilée, l'Ukraine grignote le terrain envahi par les Russes « Toute politique migratoire doit respecter les droits de l’homme » Les États membres durcissent leur politique migratoire et mettent en place des centres de retour situés hors du territoire européen, qui devraient recevoir des étrangers devant quitter l'UE, notamment après un refus d'une demande d'asile. Une mesure qui inquiète les ONG d’un risque de violation des droits humains. L’Espagne s’oppose à ces centres : « Nous y sommes fermement opposés car nous considérons que cela ne respecte pas la dignité des migrants. Toute politique migratoire doit respecter les droits de l’homme. » Selon lui, les pays qui accueilleraient ces centres se retrouveraient dans une position « très gênante » : « Nous devons ...
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  • Mariya Gabriel : «Les parents ne savent pas comment les algorithmes influencent leurs enfants»
    2026/05/29

    Cette semaine, nous recevons Mariya Gabriel, sous-directrice générale de la communication et de l’information à l’UNESCO. Elle déplore le recul de la liberté d’expression dans le monde et défend une approche européenne et éthique de l’Intelligence Artificielle, qui soit inclusive et fondée sur les droits humains.

    Mariya Gabriel, également ancienne commissaire européenne et ancienne vice-Première ministre de Bulgarie, commence par rappeler que la liberté d’expression a baissé de 10% depuis 2012, selon le dernier rapport de l’UNESCO. Elle insiste également sur les violences en ligne subis par les femmes journalistes, qui « a doublé en trois ans ».

    « La désinformation paralyse les sociétés »

    Mariya Gabriel veut renforcer la lutte contre la désinformation en ligne. « La désinformation érode la confiance et paralyse les sociétés. Elle peut être un vrai danger pour la santé publique. Aujourd'hui, avec l'Intelligence Artificielle, tous ces phénomènes sont amplifiés. L'approche de l'UNESCO est une approche équilibrée. »

    Mariya Gabriel veut prêter plus attention aux familles et aux parents : « Nous avons beaucoup parlé des jeunes, nous avons beaucoup parlé des enseignants. Aujourd'hui, ce sont les parents qui se sentent dépourvus. Ils ne savent pas ce qui se passe, ni comment les algorithmes influencent leurs enfants ». Améliorer la compréhension de l’IA au sein des familles, mais aussi rendre plus efficace les services publics et le système judiciaire. « Parce qu'aujourd'hui, 44% des juges et des procureurs disent qu'ils utilisent l'IA dans leur travail, mais seulement 9% ont eu accès à une formation. »

    « La souveraineté technologique est un élément-clé »

    Sous la pression américaine, la Commission Européenne a repoussé à juin l’annonce de son « paquet technologique » sur l’Intelligence Artificielle. Des textes qui encouragent le développement de solutions souveraines pour permettre aux Européens de reprendre le contrôle de leurs données, alors que les entreprises technologiques de la Silicon Valley entendent bien garder leur mainmise sur les infrastructures numériques européennes.

    « Si la souveraineté est comprise comme la maîtrise des choix, oui, c’est un élément-clé », indique l’ancienne commissaire européenne à l’Économie et à la Société Numérique, qui rappelle que l’UNESCO a adopté en 2021 à l’unanimité le premier et seul cadre normatif sur l’éthique de l’IA. « Maintenant, il va falloir continuer la discussion parce que nous allons devoir parler des centres de données et de l'énergie qu'ils consomment (…) Nous devons parler aussi de la gouvernance des données ».

    « 9 enfants sur 10 utilisent l’IA pour avoir une conversation du quotidien »

    Mariya Gabriel rappelle que « 9 enfants sur 10 utilisent l'intelligence artificielle pour avoir une conversation « de tous les jours », et 1 enfant sur 2 donne des informations personnelles : si on ne veut pas reproduire l'erreur que nous avons faite avec les réseaux sociaux il y a 20 ans, nous devons tous nous unir pour que l’IA corresponde à des principes éthiques qui soient fondés sur les droits humains et qui soient durables ». Elle insiste sur la maitrise des données numériques, qui influencent le développement des algorithmes et doivent promouvoir des valeurs telles que « l’inclusivité, la non-discrimination, la responsabilité et la transparence ».

    Retrouvez également notre reportage sur l'intelligence artificielle, la révolution technologique la plus importante du siècle. Notre reporter Luke Brown est parti à la rencontre des acteurs de ce secteur en Europe.

    Émission préparée par Georgina Robertson, Perrine Desplats, Oihana Almandoz, Isabelle Romero et Loïc Chalavon.

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