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Ici l'Europe

Ici l'Europe

著者: RFI
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RFI et France 24 vous proposent un rendez-vous intitulé «Ici l’Europe». Un entretien avec une personnalité européenne signé Caroline de Camaret (France 24). Chaque semaine, le vendredi, un grand entretien avec une personnalité européenne, un entretien avec un des grands acteurs de l’Europe d’aujourd’hui, qui nous parle de la construction de l'Europe, de sa proximité avec les citoyens et des enjeux internationaux qui l’attendent. Une coproduction RFI/France24. *** Diffusions les vendredis à 19h40 TU vers toutes cibles, le samedi à 08h10 TU vers l'Amérique, l'Asie, l'Europe et 21h10 TU vers toutes cibles.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Koen Lenaerts: «Les cours internationales protègent contre les pouvoirs oligarchiques»
    2026/10/30
    Cette semaine, Caroline de Camaret reçoit Koen Lenaerts, président de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE). Cette institution, basée à Luxembourg, interprète la législation européenne et arbitre les désaccords entre les États membres et les institutions de l’Union européenne. Elle peut aussi intervenir lorsque des particuliers ou des organisations estiment que leurs droits ont été violés par une institution. Il évoque avec nous les mécanismes qui protègent l’État de droit en Europe et les attaques contre les institutions judiciaires internationales. « L’État de droit, c’est aussi l’égalité des États membres devant le droit de l’UE » La Cour de justice de l’Union européenne est garante du respect de la législation européenne et donc de l’État de droit. Elle peut être saisie lorsqu’un pays est suspecté de s’écarter des valeurs de l’UE. Cela a été par exemple le cas en Hongrie ou en Pologne. Alors que tous deux ont récemment changé de gouvernement lors de l’année écoulée, Koen Lenaerts note : « Nous avons moins de saisines les concernant. » Il souligne que la Commission européenne avait introduit en octobre 2024 un recours contre la Hongrie en lien avec la loi du gouvernement Orbán sur la souveraineté, accusée par plusieurs organisations internationales de faciliter le ciblage de journalistes ou de militants. Mais le nouveau gouvernement hongrois a retiré cette législation, poussant la Commission à elle-même à se désister de son recours. « C’est un cas de portée constitutionnelle au niveau de l’Union européenne toute entière. Cela prouve que, finalement, la Cour peut émettre des balises sur ce que comporte l’État de droit ; mais, comme toute décision de justice, sa mise en œuvre est une tâche des autorités politique, législative et exécutive. » Mais que se passe-t-il si les États membres ne se plient pas aux arrêts de la Cour, comme c’est le cas par exemple de la Slovaquie de Robert Fico ? Dans ce cas, « la Commission peut lancer une seconde procédure en manquement devant la Cour de Justice, avec des sanctions financières (…) Normalement, cela suffit pour que l’État membre se conforme à l’État de droit. » Le président de la CJUE le rappelle, ce sont les États eux-mêmes qui ont instauré ces sanctions afin de s’assurer que tous se plient aux décisions de la Cour : « Sinon, l’égalité entre les États membres et leurs citoyens devant le droit de l’Union ne serait plus assurée. C’est de cela que l’on parle quand on parle d'État de droit ». « La liberté de la presse a ses limites lorsqu’il s’agit d’un instrument de propagande » Certains dossiers sont plus sensibles que d’autres. C’est le cas des sanctions touchant la Russie, comme le gel des avoirs russes qui a déjà fait l’objet de plusieurs actions en justice. Si ces procès ne se déroulent pour le moment pas devant les tribunaux européens, Koen Lenaerts rappelle : « Toutes les décisions prises au niveau européen peuvent être contestées devant la Cour de Justice de l’Union européenne. » Il cite à ce titre le média Russia Today (RT) qui avait subi les sanctions de l’UE en 2022. RT avait attaqué cette décision devant la CJUE au nom de la liberté de la presse : « Le tribunal a décidé que la liberté de la presse a ses limites lorsque l’organe de presse est financé par un pays tiers, et est donc un instrument de propagande qui incite à la haine entre les peuples et à la guerre. (…) On cadre donc aussi la mise en œuvre des droits fondamentaux, comme ici celle de la liberté de la presse. » « Il faut respecter la parole donnée » Le 9 octobre, l’administration Trump, contrariée par l’inculpation du Premier ministre israélien par la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé prendre des sanctions contre celle-ci et ses juges. Koen Lenaerts souligne : « C’est un souci énorme (…) Les juges de la Cour pénale internationale sont nos frères et sœurs et toutes ces cours s’efforcent de faire prévaloir l’État de droit, de protéger les citoyennes et citoyens contre l’arbitraire des pouvoirs autoritaires, oligarchiques. » Il met en garde : « Celles et ceux qui sont au pouvoir et qui font croire aux citoyennes et aux citoyens que l’État de droit est contraire à la démocratie cherchent en réalité à entraver l’action des juges qui pourraient limiter l’arbitraire de leur pouvoir. » Il note ainsi que les leaders actuels de plusieurs grandes puissances ont tendance à exercer « un pouvoir de plus en plus personnel, où la presse et les juges sont neutralisés, l’opposition politique est décrédibilisée… c’est-à-dire que toute la démocratie pluraliste, tolérante, inclusive est en réalité neutralisée. » D’où la nécessité, pour lui, que les pays européens perpétuent leur engagement à respecter l’État de droit et...
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  • Aurore Lalucq : « Face à la hausse du prix du carburants, il faut taxer les superprofits »
    2026/09/25
    Face à des Européens peu audibles à l'Assemblée générale de l'ONU et aux inquiétudes devant leur faiblesse économique, Aurore Lalucq, la présidente de la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, nous livre son analyse après la dernière réunion de l’Eurogroupe à laquelle elle a participé. Aurore Lalucq est eurodéputée du groupe Socialiste et co-présidente de Place publique. L'UE est confrontée à une faible croissance (1,1 %) et à la forte augmentation des carburants (+14 % sur un an). Aurore Lalucq souligne l’impact de la conjoncture internationale : « On a vraiment une économie qui est mise sous pression, que ce soit par la Russie, par la Chine ou par les États-Unis. On reste résilients. » Mais ce qui l’inquiète, « c'est la question de l'inflation importée sur laquelle on a très peu de prise parce qu'elle est liée à des événements extérieurs. Donc, il faut agir, investir sur la question de l’électrification pour ne plus être dépendant des autres économies. » Face à la flambée des prix des carburants, Aurore Lalucq prône la taxation sur les superprofits au niveau européen, qui permettrait de redistribuer des aides ciblées. « Il y a clairement une coalition de pays qui est en train de se dégager : l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche, donc des gouvernements d'une couleur politique très différente, mais pas la France… peut-être pour protéger TotalEnergie », glisse-t-elle. Un budget français et européen à la peine Autre dossier difficile, le budget. Avec une dette en hausse et le déficit le plus élevé de la zone euro à 5,4 % du PIB, la France, selon Aurore Lalucq, inquiète moins les institutions européennes que l'état mondial des finances publiques, et de la dette privée, et l'incertitude créée par Donald Trump. « Il faut que la France fasse un effort, mais personne ne se dit : "La France, là, tout de suite, va rentrer en crise financière." » Par contre, du fait de la situation internationale, « on n'est pas à l'abri d'un accident financier, c’est clair. » Quant au budget de la France, elle préconise une trajectoire de réduction de 100 à 120 milliards sur cinq ans – contre 54 milliards préconisés par le gouvernement pour 2027. Face au Rassemblement national qui estime que la France verse trop d’argent à l’Europe, l'actuel Premier ministre a lui aussi proposé de retrancher 800 millions de notre contribution en les prélevant sur l'amende Google. L'eurodéputée estime que l'UE est une force : « Aujourd’hui, si la dette française est soutenable, c'est parce que les marchés savent que derrière, il y a la Banque centrale européenne, il y a le mécanisme européen de stabilité. Et ce qui inquiète les marchés financiers, c'est très clairement l'instabilité politique depuis la dissolution, l'incertitude sur notre capacité à faire passer un budget français… et la perspective de 2027 issue des élections présidentielles ! » En ce qui concerne le budget européen de 2028-2034, la présidente de la commission ECON au Parlement européen s’oppose à la vision de certains pays « frugaux » comme l'Allemagne, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et l'Autriche qui demandent de passer en dessous des 2 000 milliards d'euros sur sept ans. « Si on n'a pas un budget qui vient répondre aux défis européens, on va tous perdre », affirme-t-elle. Pour cela il faudra créer de nouveaux instruments financiers, explique Aurore Lalucq. « Je sais que les débats sur l'annulation de la dette agitent beaucoup la bulle française, mais en réalité, au niveau européen, le débat qu'on a, c'est sur la question, ce qu'on appelle des actifs sûrs. C'est le fait d'avoir ou non un endettement commun, donc des taux d'intérêts communs uniques. » Des turbulences internationales Aurore Lalucq s’inquiète des récentes victoires dans les élections régionales de l’AfD en Allemagne. « C'est une situation qu'on peut retrouver aussi en France, avec le Rassemblement national. On voit une poussée de l'extrême droite, en fait à peu près partout en Europe. » « Donc, il y a un sujet qui est de rappeler ce qu'est l'extrême droite : l'extrême droite n'est pas un parti comme un autre ». Elle souligne que certaines des leçons d’après la Seconde Guerre mondiale ont été oubliées et « le meilleur remède à la montée des populismes et des nationalismes, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas de ressentiment, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas des inégalités inacceptables. Il y a toujours un niveau d'inégalité acceptable. Moi, je m'en fiche qu'il y ait des milliardaires, du moment que je vis bien. Mais là, on est arrivé sur des choses qui deviennent inacceptables et qui peuvent engendrer des monstres. » Après le discours du Premier ministre Mark Carney au Parlement européen et son rapprochement avec l’UE, Aurore...
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  • Luc Frieden : «L’Europe est la meilleure réponse face aux défis qui nous sont lancés»
    2026/09/11
    Cette semaine, Caroline de Camaret reçoit Luc Frieden, Premier ministre luxembourgeois et président du Parti populaire chrétien-social, membre du Parti populaire européen. Présent à Paris pour le premier Sommet international sur l’espace organisé par Emmanuel Macron, il évoque l’importance d’une autonomie stratégique de l’Europe, la nécessité de s’unir face à un monde de plus en plus menaçant, mais aussi certains chantiers à venir au sein de l’Union. « L’Europe doit jouer son propre rôle » Les 9 et 10 septembre 2026, se tenait à Paris le premier Sommet international sur l’espace à l’initiative du président français Emmanuel Macron. Si les grandes entreprises américaines comme Blue Origin ou SpaceX ont boycotté le Sommet à la demande de Donald Trump, 120 pays y ont participé, dont le Luxembourg. Luc Frieden approuve « l’idée du président Emmanuel Macron de réunir tous ceux qui veulent que l’Europe soit autonome et forte », mais rappelle : « Nous restons des amis des États-Unis ». Pour lui, ce besoin d’autonomie « ne signifie pas qu’il faut exclure les autres (...) nous travaillons évidemment bien avec les Américains et d'autres sur ces sujets, mais l'Europe a besoin, en matière de défense, en matière d'énergie, en matière d'intelligence artificielle, en matière d'espace, de jouer aussi son propre rôle. » Il cite par exemple les satellites commerciaux, dont le Luxembourg est le premier opérateur en Europe. Face à une situation géopolitique de plus en plus complexe, « les satellites jouent un rôle en matière de défense, en matière de communication quantique, de sécurité ». Il faut donc « que l'Europe soit un peu plus autonome car nous ne l'avons pas été suffisamment, peut-être, par le passé ». « Un Européen ne doit jamais avoir peur des autres » L’Union européenne encadre l’utilisation des réseaux sociaux sous le Digital Services Act, adopté en 2024, et a récemment inclus certaines intelligences artificielles dans ses prérogatives. Si des avertissements ont été émis, aucune sanction directe n’a encore été prononcée au niveau européen. Pour M. Frieden, « un Européen ne doit jamais avoir peur des autres. C'est un grand continent, 400 millions d'habitants. Donc nous pouvons être fiers de ce que nous sommes, avec nos valeurs, nos principes. » Il faut selon lui « une intelligence artificielle humaine », qui respecte ces valeurs européennes. Le Luxembourg est ainsi le premier pays d’Europe à avoir signé un partenariat stratégique avec la société française Mistral AI, pour intégrer l’intelligence artificielle aux services de l’État et collaborer avec les institutions de recherches publiques. Le Premier ministre insiste sur la nécessité d’encadrer ces pratiques car « les valeurs de l’Europe, ce ne sont pas les mêmes qu’en Chine et aux États-Unis », mais rappelle que « les sanctions, c’est toujours la dernière, dernière étape ». « Nous avons besoin de nouvelles ressources qui ne soient pas contraires à notre objectif de compétitivité » Alors que le projet de budget pluriannuel de l’Union européenne pour la période 2028 - 2034 suscite de vifs débats parmi les États-membres, Luc Frieden déclare : « mon pays n’est ni du côté des “frugaux”, ni du côté des “pays de la cohésion” ». Il explique : « on a besoin d'un budget qui soit plus grand que le budget actuel. Mais il ne faut pas qu'il soit trop grand parce qu'il doit aussi être financé. » Ainsi, bien qu’il se soit opposé à une taxe européenne sur le tabac ou à la taxation des superprofits des multinationales lors de la crise énergétique, il prône le développement d’autres ressources propres à l’UE : « il faut des ressources propres qui fassent du sens, qui ne soient pas contraires à notre objectif de compétitivité, qui soient en même temps réparties de façon équitable entre les États membres. » Pour lui, la recherche de ces ressources, via la taxation notamment, ne doit pas impacter la compétitivité des entreprises, au risque que celles-ci « soient poussées vers d’autres continents ». Une augmentation du budget reste nécessaire, afin de « soutenir, au niveau européen, les nouvelles politiques : l'innovation, l'espace, la technologie, les satellites » sans pour autant ponctionner dans la politique de cohésion ou la politique agricole commune. « L’Europe est la meilleure réponse face aux défis qui nous sont lancés » Le dimanche 6 septembre 2026, le parti d’extrême droite allemand AfD a remporté 44% des voix aux élections parlementaires régionales en Saxe-Anhalt, une première depuis la Seconde Guerre mondiale. Luc Frieden réagit : « pour un voisin de l'Allemagne dont le pays a été envahi en 1940 par les nazis, c'est évidemment extrêmement choquant et inquiétant ». Pour lui, ce retour en force du nationalisme ...
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    20 分
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