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Européen de la semaine

Européen de la semaine

著者: RFI
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概要

Chaque semaine, la rédaction Europe de RFI, fait le portrait d’un Européen qui est au cœur de l’actualité. Un portrait qui permet de découvrir les acteurs du monde dans lequel nous vivons et d’éclairer les évènements que nous commentons et dont nous témoignons dans les journaux de RFI.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Mykhaïlo Fedorov, l’atout tech de Volodymyr Zelensky
    2026/03/20

    C’est le nouveau visage du gouvernement de Volodymyr Zelensky : Mykhaïlo Fedorov a été nommé ministre de la Défense en janvier dernier et il est notre Européen de la semaine. À 35 ans à peine, l’ex-ministre de la Transformation numérique se retrouve maintenant à la tête d’une armée en guerre depuis quatre ans.

    Mykhaïlo Fedorov est le plus jeune ministre de la Défense dans l’histoire du pays. Cheveux coupés courts, poivre et sel, grand et souriant, il préfère le sweat à capuche noir au treillis, montre connectée au poignet, il a la charge de gérer quelque 800 000 hommes, les reculs sur le front, le manque de défense aérienne et les problèmes de recrutement… Son truc à lui pourtant au départ, c’est la tech et l’informatique. Et il n’a jamais servi dans l’armée. En le nommant à ce poste, Volodymyr Zelensky a fait un choix très politique. « C’est une façon d’essayer de redorer l'image du ministère de la Défense après les scandales et les accusations de corruption qui ont entaché l'administration précédente », décrypte depuis Kiev Ruslan Bortnik, politologue ukrainien, directeur de l’Ukrainian Institute of Politics. « Il est jeune, intègre, doté d'une pensée moderne et d'une expérience réussie en tant que ministre de la Transformation numérique de l'Ukraine. Ce nouveau visage, synonyme d'intégrité, pourrait renforcer le soutien de nos alliés occidentaux ».

    Pro-drones

    Mykhaïlo Fedorov a débuté dans le marketing numérique avant de rejoindre la campagne de Volodymyr Zelensky en 2019 pour s’occuper de sa communication sur les réseaux. Et c’est au poste de ministre de la Transformation digitale que les Ukrainiens le découvrent. Avec plusieurs coups d’éclats. Il interpelle directement Elon Musk pour obtenir Starlink pour les troupes ukrainiennes. Il révolutionne les services en ligne de l’État pour les citoyens. « Il s'agit de la guerre la plus technologiquement avancée de l'histoire de l'humanité. L'Ukraine utilise la technologie pour maintenir sa résilience et riposter efficacement. La créativité et l'agilité dans l'utilisation des technologies nous permettent de rester résilients quoi qu’il arrive », expliquait-il dans une vidéo l'an dernier. Mykhaïlo Fedorov a d'ailleurs été l’un des premiers à défendre la production intensive de drones dans cette guerre. S’il est encore un peu tôt pour faire le bilan de son action à la Défense, son talent peut l’aider à contrebalancer son manque d’expérience dans l’armée, rappelle le chercheur Ruslan Bortnik : « Il est accessible, disponible pour parler. Il cherche toujours à obtenir des résultats rapides et positifs. Cependant, son expérience est limitée, notamment dans le domaine militaire, où cela pourrait représenter un défi de taille pour lui, car les risques de corruption et les responsabilités au sein des forces armées en situation de guerre sont bien plus élevés qu'auparavant ». Marié et père d’une petite fille de 8 ans, il met largement en scène sa vie de famille sur Instagram, ce qui joue aussi sur sa popularité.

    Futur candidat à la présidentielle ?

    Encore jeune, Mykhaïlo Fedorov peut aller loin. « C’est l’un des hommes politiques ukrainiens les plus prometteurs. Il pourrait être pressenti pour le poste de Premier ministre, voire même de président », pronostique le politologue Ruslan Bortnik. « Si son expérience militaire s'avère fructueuse, il pourrait accéder aux plus hautes sphères de la politique ukrainienne, ou bien prendre la tête d'un parti indépendant aux prochaines élections législatives. Il est sans conteste l'un des plus prometteurs ». Pas encore concurrent de Volodymyr Zelenksy, Mykhaïlo Fedorov reste un des plus proches du président ukrainien. Son atout pour rassurer sa population mais aussi pour séduire les alliés occidentaux.

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  • Roberto Vannacci, dynamiteur de l’extrême droite italienne?
    2026/03/13
    L’ancien général italien de 57 ans, propulsé numéro deux de la Ligue du Nord en 2024 à la suite d’un succès de librairie, a finalement rompu avec le parti de Matteo Salvini qu’il juge trop modéré. Au Parlement européen où il siégeait au sein du groupe des Patriotes, il rejoint celui des Nations Souveraines (qui comprend l’AfD allemande). Une défection dont les secousses se font sentir jusqu’à Rome, au sein de l’extrême droite italienne et de la coalition formée par Georgia Meloni. Ce ne sont que quelques sièges situés un peu plus à droite dans l’hémicycle européen. Mais le transfert de Roberto Vannacci du groupe des Patriotes à celui des Souverainistes européens a été scruté avec beaucoup de nervosité au sein de l’extrême droite italienne. La défection a été actée ce lundi 9 mars à l’occasion de la session plénière du Parlement européen, et elle suit de quelques semaines la création par l’ancien général italien de son propre parti, « Futur National », avalisant sa rupture définitive avec la Ligue du Nord. « Futur National est un vrai parti de droite, déclarait l’ancien protégé de Matteo Salvini le 5 mars dernier à Rome. Une droite authentique, sincère et fière, une droite qui n’a pas honte d’être de droite et qui s’inscrit fermement dans ses principes et ses valeurs ». Sous-texte : la Ligue du Nord et les Fratteli d’Italia de Georgia Meloni auraient trahi la droite souverainiste, « anti-woke » et anti-européenne que les deux partenaires de coalition étaient censés défendre. Fort de sa popularité et de sa présence dans les médias italiens, le nouveau chef de parti vise un électorat précis, celui des « déçus du melonisme ». Des électeurs de droite et d’extrême-droite qui reprochent à la dirigeante italienne d’avoir fait trop de concessions à l'Otan et à l’UE dans sa quête de normalité, critiquant son soutien à l'Ukraine et une politique jugée trop molle à l'égard de l'immigration. Fiel «anti-woke» Au départ, il y a un livre auto-édité, un ouvrage gorgé de fiel anti-progressiste : « Le monde à l’envers », publié par le général italien à l’été 2023. Le succès est monumental : le livre se vend à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires et les plateaux télé s’arrachent le nouveau héraut de l’extrême-droite italienne, malgré ses attaques ad hominem et ses déclarations outrancières. «Le ministre de la Défense Guido Crosetto, co-fondateur et membre des Fratelli d’Italia, est littéralement tombé de son fauteuil lorsqu’il a lu le livre, souligne Giuseppe Bettoni, professeur de géographie et de politique à l'Université Unitelma Sapienza de Rome . « L’ouvrage est empli de déclarations outrancières qui ont valu à son auteur des accusations d’homophobie, de racisme, de sexisme… En outre, comme tout fonctionnaire, et surtout les militaires, il aurait dû demander la permission à ses supérieurs, chose qu'il n'a pas faite… et il a été puni pour ça. » À lire aussiExtrême droite italienne: quand la Ligue du Nord renaît de ses cendres Sanctionné par l’armée, Roberto Vannacci se trouve rapidement rattrapé par la vie politique italienne… et par un certain Matteo Salvini, qui veut profiter de cette popularité soudaine. Pour le dirigeant de la Ligue du Nord, ce nouveau venu coche toutes les cases : adepte de la provocation et des formules fracassantes, souriant et à l’aise sur les plateaux de télévision comme sur les réseaux sociaux... « La Ligue du Nord était en chute libre dans les urnes comme dans les sondages, et Matteo Salvini s’est dit qu’il pourrait l’utiliser pour éviter un fiasco aux élections européenne de 2024 », se souvient Lorenzo Castellani, politologue au sein de l’Université Luis Guido Carli à Rome. « Il a donc proposé à Roberto Vannacci de se présenter au Parlement européen, ce qui a très bien marché puisqu’il a fait un très bon résultat. Au début, la relation était bonne à tel point que Salvini l’a nommé numéro 2 de la Ligue… Et puis Roberto Vannacci a montré qu’il avait des velléités personnelles, a commencé à créer son propre réseau d’associations de soutien… et Salvini a commencé à se méfier de lui. Assez vite, il est devenu clair que la lune de miel était terminée. » Divorce à l’italienne La rupture est consommée au début de ce mois de février, avec la création de « Futur National ». La nouvelle formation dont le logo est une flamme tricolore horizontale est créditée de 3 à 4% d’intentions de vote… Ce résultat n’est pas si modeste puisqu’il serait suffisant pour permettre au nouveau parti d’entrer à la Chambre des députés – et donc pour peser lourdement sur les équilibres de la prochaine coalition de gouvernement que Georgia Meloni espère former. Surtout, l’impact électoral de l'ancien général ...
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  • Ukaleq Slettemark, la voix du Groenland aux Jeux d’hiver de Milan
    2026/02/20

    Les Jeux olympiques d’hiver de Milan se terminent ce dimanche, avant de laisser la place aux Jeux paralympiques à partir du 6 mars. Durant ces deux premières semaines de compétition, la politique s'est immiscée entre les épreuves. Et une athlète s’est distinguée bien au-delà des pistes. La Groenlandaise Ukaleq Slettemark a marqué ces Jeux par ses performances sportives. Mais elle a aussi défié Donald Trump et ses velléités d'annexion du Groenland…

    À 24 ans, l’athlète originaire de Nuuk n'y est pas allée de main morte pour défendre son pays. En amont des épreuves de biathlon féminin, Ukaleq Slettemark s’est exprimée devant les caméras internationales aux côtés de son frère, lui aussi qualifié pour les Jeux. « Le Groenland ne sera jamais américain. Nous skions pour le Danemark, pour le Groenland et pour montrer au monde entier que nous sommes là ». La jeune biathlète skiait sous les couleurs du Danemark, car le Groenland ne disposait pas de comité national olympique. Elle assume pleinement cette prise de parole. « Chaque Groenlandais a un avis sur la question. Nous aurions pu choisir de rester silencieux, mais nous avons senti une responsabilité en tant que personnalités publiques. Et 96 % des Groenlandais ne veulent pas devenir Américains ».

    Une qualification en famille

    Au Groenland, Ukaleq Slettemark est connue pour ses titres. En 2019, elle devient championne du monde de biathlon jeune en individuel. Mais sa prise de position a accentué la sympathie des Groenlandais à son égard. « Sa façon d'être super honnête, de dire comment elle se sentait personnellement par rapport aux prises de paroles de Donald Trump, ça a eu beaucoup d'écho. Mais à Nuuk et au Groenland, ce qui a été le plus important, c'est surtout qu'elle se soit qualifiée aux Jeux avec son frère. C'est très rare pour des athlètes groenlandais », explique Karoline Engelund, correspondante du média danois DR à Nuuk. Le biathlon, chez les Slettemark, c'est une affaire de famille. « Quand j’étais petite, mes parents faisaient du biathlon. Ils m’embarquaient avec eux. Chaque hiver, je passais énormément de temps sur les compétitions et les championnats du circuit international », se remémore la biathlète groenlandaise. Sa mère a fondé la fédération groenlandaise de biathlon, et son père, Øystein Slettemark, est une figure centrale du développement du ski de fond et du biathlon au Groenland, particulièrement à Nuuk, où il est considéré comme « une légende locale », selon la journaliste Karoline Engelund.

    Une athlète engagée

    L’enfance d’Ukaleq Slettemark, passée entre montagnes, escalade, pêche et camping, a aussi façonné son engagement environnemental. Un engagement qui se traduit dans les médias et dans sa pratique d'un sport qui reste polluant. « C'est normal chez les athlètes d'avoir plusieurs sponsors, du matériel neuf », observe Katerine Engelund. « Ukaleq a fait une vidéo dans laquelle elle montre la combinaison qu'elle a utilisée pendant ces Jeux, on y voit des trous ici et là. Elle explique qu'elle va continuer à s'en servir pour les compétitions ». La sportive le dit, elle pourrait changer de voie, se diriger vers une carrière qui ne l'oblige pas à prendre l'avion plusieurs fois par an, devenir scientifique, mais elle considère qu'elle peut changer le système de l'intérieur. « J’ai une audience importante. Je peux utiliser ma voix pour parler de sujets qui me tiennent à cœur. Je peux rester dans ce sport et le changer de l’intérieur. Si j’arrête, tout continuera comme avant. » assure la jeune Groenlandaise,

    Sportivement, Ukaleq Slettemark n’a pas atteint son objectif de qualification pour l’épreuve de poursuite lors de ces Jeux de Milan. Mais elle a tout de même amélioré son classement par rapport aux Jeux olympiques d’hiver de 2022. Prochain rendez-vous dans les Alpes en 2030.

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