エピソード

  • Sarah Maldoror : «Vivre, c'est se battre. Sinon on t'écrase»
    2026/06/09

    Cet épisode réunit trois duos de femmes autour d’une même question : que laisse une grand-mère à sa petite-fille ? Entre souvenirs, silences, filiation et construction de soi, Yasmine Chouaki compose un grand récit de transmission au féminin.

    Le cinéma comme outil de résistance

    Le récit s'ouvre sur une conversation poignante entre la cinéaste pionnière Sarah Maldoror et sa petite-fille Clara. Tout au long de sa vie, elle a utilisé sa caméra au service des indépendances africaines. Forgée par une éducation sans concession, elle transmet ces valeurs à Clara.

    « Vivre, c'est se battre. Sinon on t'écrase. D'abord on ne te voit pas, tu es comme la terre pour les gens. Quand on est là et qu'on est orphelin, on n’est rien, c'est dur. » - Sarah Maldoror

    Une littérature de l’exil

    L’histoire continue avec la rencontre d’Hélène Cixous, écrivaine née en Algérie. Dans un dialogue poétique avec sa petite-fille Saranya, elle explore ses racines algériennes et son lien indéfectible à l'écriture. Pour Saranya, sa grand-mère est une "femme-lune", un être qui ne semble pas tout à fait de cette terre, évoluant au milieu des livres, des chats et des souvenirs d'exil.

    « Mais j'ai toujours pensé qu'un enfant nous arrive uniquement si on l'adopte. Il ne suffit pas de le mettre au monde, il faut qu'arrive le moment de l'adoption. » - Hélène Cixous

    L’identité en mouvement

    Ama, âgée de 101 ans, clôture cet épisode comme une archive sonore pour sa petite-fille Jeanne. Ensemble, elles reviennent sur sa vie mouvementée, entre la Chine, le Vietnam et la France. À travers son échange, on comprend que l'identité n'est pas une assignation, mais un mouvement perpétuel. Jeanne incarne cette nouvelle génération capable de traduire l'histoire de ses aînées dans un monde globalisé.

    À travers ces trois dialogues, le podcast aborde des thématiques telles que les références identitaires, la lutte contre le racisme et l'engagement politique. Cette immersion sonore est essentielle pour comprendre comment les échos du passé, des révolutions de Mao aux exils contemporains, résonnent dans les combats d'aujourd'hui.

    続きを読む 一部表示
    48 分
  • «On savait ce qu’était le colon» : un père algérien raconte la colonisation à son fils
    2026/06/02

    Enfant dans l’Algérie coloniale, puis militant clandestin en France sous le nom de Malek, Ali Chaïb raconte à son fils Amine une vie marquée par la guerre, l’exil, l’engagement politique et le poids d’un héritage longtemps resté fragmentaire.

    Les racines d'un silence : De l'Algérie coloniale à l'exil politique

    Au fil de leur déambulation au parc Georges Brassens à Massy, Ali et Amine Chaïb discutent du passé de l’Algérie qui a marqué leur famille. Ali raconte son enfance dans le village de Saint-Paul, au milieu des vignobles où son père travaillait pour des compagnies coloniales. Il dépeint avec précision la dualité d'un monde où les communautés se côtoyaient sans se voir, un univers régi par le rapport de force et l'implicite.

    « On savait ce qu'était le colon. Si tu veux, ils pouvaient te faire pisser dans la culotte dans sa façon de te rabrouer, etc » - Ali Chaïb

    Le poids de la clandestinité et de l'héritage

    Après la guerre d’indépendance, Ali Chaïb a été contraint à l’exil en France. À la recherche d’un emploi, il vit une double vie sous le pseudonyme “Malek”. Il a vécu vingt ans de militantisme clandestin, une vie d'ombre où la cause politique passait parfois avant la vie de famille, au point de surprendre ses propres enfants. Ce récit est aussi celui d'une réappropriation de l'histoire de France. Ali évoque son propre père, tirailleur algérien ayant participé au débarquement de Provence et à la campagne d'Allemagne. Il a été remercié par l'armée mais méprisé par la République à l'heure de la retraite.

    « Parce que les partis politiques, ça broie les individus, au bout d'un moment, tu as des comportements de secte. Tu sais, la politique dans ces années-là c'était compliqué. » - Ali Chaïb

    À travers des extraits de pièces comme Le Lys et le Jasmin, père et fils s'interrogent sur leur place dans la société française actuelle et sur l'universalité des luttes contre l'injustice.

    続きを読む 一部表示
    51 分
  • Cachée pendant l’Occupation, elle se confie à sa petite-fille
    2026/05/26

    Cachée pendant l’Occupation sous une fausse identité, Michèle raconte à sa petite-fille Flora son enfance de guerre, son rapport au judaïsme ashkénaze et la manière dont elle est revenue, lentement, vers une histoire longtemps vécue dans le silence.

    D’une simple photo, il est facile de reconnaître leur lien de parenté : Flora ressemble à sa grand-mère Michèle. Au fil de leurs échanges, elles explorent ensemble l’identité ashkénaze.

    « Si tu ne sais pas quoi répondre, pleure »

    Michèle raconte son enfance cachée pendant l'Occupation. Juive d'origine polonaise et autrichienne par son père, elle a vécu la guerre sous une fausse identité. Elle se souvient avoir dû apprendre le bénédicité et le signe de croix pour se fondre dans la masse.

    Un jour, alors que Michèle épluchait des pommes de terre à Brive-la-Gaillarde, où elle était protégée par des maquisards, une femme lui a demandé d'où elle venait. Elle raconte :

    « On m’avait dit : si tu ne sais pas quoi répondre, tu pleures. Et là, la brave dame s'approche de moi et me dit "D'où est-ce que tu viens ?". Là j'ai suivi les ordres et j'ai éclaté en sanglots. Ça a marché. » - Michèle

    Un aspect frappant du récit est l'attitude du père de Michèle, médecin du maquis. Malgré la terreur et la menace constante de la Gestapo, il a forcé sa fille à continuer d'étudier : latin, allemand, hébreu.

    La transmission du judaïsme

    Au-delà de la langue, Michèle s’interroge sur sa confession. Elle confie que sa pratique n'est pas dictée par une foi absolue, mais par une loyauté indéfectible envers ses ancêtres.

    « Je ne peux pas écrire "Dieu", je mets des points. C'est une fidélité à toute la lignée pour leur rendre un peu de ce qu'ils m'ont donné » - Michèle

    Au fil de cet épisode, Michèle confie à sa petite-fille les multiples facettes de son judaïsme, entre son identité ashkénaze et héritage alsacien.

    続きを読む 一部表示
    48 分
  • D’un grand-père à l’autre, deux manières de transmettre le Vietnam
    2026/05/19

    Les cultures d’origines se transmettent parfois différemment, selon les récits de vies des ancêtres. Alex Tran et Dan Tran racontent deux visions différentes de leurs identités franco-vietnamiennes.

    Deux familles distinctes et des histoires de vies bien différentes. Alex Tran et Dan Tran sont tous les deux descendants de familles vietnamiennes, ils sont partis à la rencontre de leurs grands-parents.

    L'héritage franco-vietnamien : entre mémoires de guerre et quête d'identité

    Les récits s'entremêlent pour dessiner les contours d'une identité franco-vietnamienne complexe et mouvante. Cet épisode d’Esprit de famille explore la manière dont le récit familial et les cultures d'origine se transmettent des grands-parents aux petits-enfants, entre non-dits et révélations soudaines. À Antony, Dan, un jeune étudiant en cinéma, interroge ses grands-parents sur leur passé au Vietnam. Son grand-père y révèle son engagement précoce. Dès l'âge de 15 ans, il a œuvré comme soldat-ouvrier de l'armée Viêt Minh lors de la bataille décisive de Diên Biên Phu.

    « Comme j'étais jeune. Je n'ai pas pensé à la mort. Et c'est aussi le patriotisme qui nous a poussés à faire tout ce qu'on a pu pour eux, pour aider notre armée.» — Grand-père de Dan.

    À la fin des conflits, dans les années 50, ils rêvent de liberté et rejoignent la France avec la grand-mère de Dan.

    L'effervescence du Paris de l'après-guerre

    Alex interroge à son tour son grand-père à Thiais. Ici, le métissage est au cœur du sujet : une alliance entre un père vietnamien et une mère d'origine basque et algérienne. Contrairement au récit précédent, le Vietnam est ici abordé comme un souvenir lointain, d'une enfance marquée par l'occupation japonaise et un départ pour la France à l'âge de 13 ans.

    « C'est seulement en France qu'on se sent à l'aise. » — Grand-père d’Alex.

    Ce témoignage met en lumière l'intégration réussie dans le Paris des années 50. Le grand-père d'Alex se remémore les caves de Saint-Germain-des-Prés lorsqu'il dansait le be-bop au son du jazz de Sidney Bechet. C'est l'histoire d'une France terre d'accueil, après avoir connu les turbulences de l'Asie et de l'Europe de l'Est.

    続きを読む 一部表示
    48 分
  • Entre la France et l’Algérie, une fille enquête sur le silence de son père
    2026/05/12

    Dorothée-Myriam Kellou interroge son père Malek sur la guerre d’Algérie, la mémoire kabyle, les silences familiaux, l’exil et la langue. Un épisode sur ce qui n’a pas été transmis par les mots, mais qui continue de traverser les générations.

    Ce qui commence comme une discussion de famille se transforme rapidement en une enquête archéologique sur les zones d'ombre de la colonisation et les silences qui fragmentent l'identité. Malek Kellou, cinéaste kabyle, et sa fille Dorothée-Myriam abordent les non-dits de leurs histoires.

    La Statue de Bronze et la Grenade : deux portes d'entrée vers l'Algérie

    Malek se remémore un matin de neige à Nancy où il voit apparaître la statue en bronze du Sergent Blandan (mort en 1842 lors de la conquête). Pour lui, cette statue est le rappel brutal d'une Algérie violente, et bien qu’il se questionne, on ne lui répond pas.

    « Moi j'ai posé la question à ma mère. Elle m'a donné une orange et m'a dit : Mange ton orange et tais-toi. » — Malek.

    Pour Dorothée-Myriam, née en France, l'Algérie n'était pas une statue, mais un fruit. Son père ne lui racontait pas la guerre, il lui apportait une grenade en disant : "C'est le fruit de mon pays." Ce silence paternel l'a poussé à entamer une quête pour comprendre son identité.

    Pour revenir sur leur histoire commune, ils discutent du documentaire de Dorothée-Myriam Kellou : À Mansourah, tu nous as séparés. À Mansourah, en Petite Kabylie, l'armée française avait déplacé des populations civiles pour les couper du FLN, entourant les villages de barbelés électrifiés.

    La transmission par le silence et l’émotion

    Dorothée-Myriam Kellou raconte comment elle a absorbé l'émotion de son père devant des photos d'actualité (comme celles de Gaza ou des républicains espagnols). C'est cette sensibilité héritée qui l'a menée à documenter l'occupation en Palestine, y retrouvant un écho de l'histoire algérienne.

    « L'Histoire, c'est la passion des fils et des filles qui voudraient comprendre les pères et les mères » — Dorothée-Myriam Kellou (citant Pasolini).

    Dans leurs fouilles d’archives, ils s’arrêtent sur une photo de mariage de Malek avec Catherine, la mère française de Dorothée-Myriam Kellou. Un mariage "anti-conformiste", perçu par le maire de l'époque comme une tentative de réconcilier les deux rives.

    続きを読む 一部表示
    1 時間 37 分
  • Ken Bugul et Modou Ndiaye: «On ne peut pas avoir d’histoire sans village»
    2026/05/05

    Ken Bugul retrouve son petit-fils Modou N'diaye pour une conversation sur le Sénégal, le village, le féminisme, la langue, l’héritage des femmes et la fabrication de soi. Un échange libre et profond entre deux générations traversées par plusieurs mondes.

    Garder la tradition dans un monde moderne : c’est tout l’enjeu de cet épisode d'Esprit de famille. Après 14 ans de séparation, Ken Bugul, romancière, se confie avec Modou N'diaye, son petit-fils de 24 ans.

    La transmission : du conte ancestral à l’écran géant

    Le dialogue explore la difficulté de transmettre des valeurs dans un monde qui change d’échelle. Ken Bugul confie son dilemme : comment parler à un petit-fils “occidentalisé”, qui pose des questions sur le Musée du Louvre depuis un salon feutré à Dakar ?

    « Une personne âgée ne parle pas ainsi directement à son petit-fils. Il fallait passer par des contes. Je te parlais de ma vie en utilisant des méthodes pour que ça te soit accessible, parce que tu étais petit » — Ken Bugul.

    Chercher son identité

    Modou se définit comme un “sénégambien” et un citoyen du monde, tout en avouant chercher encore ses repères. Ken Bugul, elle, le ramène à la terre. Pour elle, on ne peut avoir d’histoire sans village. Elle raconte avec une honnêteté brutale son propre choc identitaire à Bruxelles.

    « Parce qu’il y avait tellement de blancs qui passaient derrière moi que, tout d’un coup, je me suis trouvée petite, noire, là, au milieu de tous ces blancs. Et je me suis touchée la peau. J’ai dit : “Waouh ! Qui suis-je ?” » — Ken Bugul.

    L’épisode rend hommage à la lignée des femmes de la famille. Modou se revendique féministe, car il a été élevé par trois femmes : sa mère, sa grand-mère et son arrière-grand-mère. Ken Bugul révèle alors l’origine de cette force : ses ancêtres du Waalo qui, à la fin du XIXe siècle, ont quitté leur région à cheval, seules et divorcées, pour parcourir des centaines de kilomètres et s’installer comme travailleuses indépendantes à Kaolack. Elles ont refusé le remariage pour préserver leur liberté et ont investi chaque centime dans l’éducation de leurs enfants.

    続きを読む 一部表示
    48 分
  • Leur Sardaigne, leurs souvenirs, ce qu’ils veulent encore transmettre
    2026/04/28

    En Sardaigne, Jeanne et Marie retrouvent leurs grands-parents autour des photos, de la guerre, de l’exil en Suisse, de la langue italienne et des traditions sardes. Un épisode sur ce qui reste vivant quand les générations, les pays et les mémoires se croisent.

    Tout commence à Tuili, un petit village sarde situé à 60 kilomètres de Cagliari. Mario, surnommé "Nono", grandit dans une époque où l’artisanat structure la vie locale et où le troc est monnaie courante. Son père échange des chaussures contre des agneaux, du fromage ou encore des sacs de blé.

    Gabriella, elle, se souvient de son enfance à Cagliari, une ville marquée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.

    Des racines sardes à une histoire d’amour plus forte que l’exil

    Leurs chemins se croisent dans un salon de coiffure : un regard, puis une évidence.

    « Moi, ce sont les yeux de Nono qui m'ont touchée. Je regarde beaucoup les yeux des gens et c'est là que je lis, encore aujourd'hui, si quelqu'un est méchant ou pas dans le cœur. » - Gabriella

    Gabriella, déterminée, choisit de suivre Mario malgré l’opposition de ses parents. Ensemble, ils prennent la route de l’exil vers la Suisse. En 1962, le couple s’installe à Genève.

    Exil, intégration et réussite : de la Sardaigne à Genève

    Les débuts sont difficiles, notamment pour Mario, confronté à la barrière de la langue. Doté d'un talent indéniable pour la coiffure, c’est ciseaux en main qu’il finit par s’imposer : son salon au Grand-Lancy devient rapidement une adresse reconnue. Gabriella, de son côté, apprend le français au quotidien, notamment au marché, en mêlant gestes et débrouillardise.

    « Toutes les nuits, j'allumais la radio [en français] pour me faire l'oreille… Au bout de trois mois, j'arrivais déjà à m'expliquer un peu. » - Mario

    Malgré leur réussite, Mario et Gabriella restent profondément attachés à leurs racines italiennes. Par fidélité, ils refusent la naturalisation suisse et transmettent cet héritage culturel à leurs petites-filles.

    Nées à Genève mais ayant grandi en Afrique, Marie et Jeanne retrouvent dans cette histoire familiale une source d’inspiration. Gabriella reconnaît d’ailleurs en l’une d’elles, engagée dans les manifestations Black Lives Matter, une détermination qui lui est familière.

    続きを読む 一部表示
    48 分
  • Sa mère a été déportée à 4 ans, ils ont mis des décennies à en parler
    2026/04/21

    Entre album photo, souvenirs fragmentaires, Bergen-Belsen, famille juive hollandaise et transmission tardive, Claude et Evelyne Askolovitch se confrontent à une mémoire longtemps enfouie. Une conversation forte sur l’enfance déportée et les traces laissées dans le récit et la psyché familiale.

    Dans leur salon du 18e arrondissement de Paris, le journaliste Claude Askolovitch interroge sa mère Evelyne, 86 ans. Entre les silences de l’après-guerre et la nécessité de témoigner aujourd’hui, ils explorent les racines d'une famille marquée par l'histoire européenne de la Shoah.

    Le destin d'une enfant à Bergen-Belsen : entre trauma et survie

    En feuilletant les pages d’un album photo, Evelyne raconte le début de sa vie. À l’intérieur, on la voit à trois ans et demi en 1942. Puis sur une autre photo, elle saute à la corde en 1946.

    Durant ces quatre ans, Evelyne a traversé l'enfer de Westerbork et de Bergen-Belsen.

    « On recevait le dimanche un bout de pain de sept centimètres, qui devait durer une semaine. Et ma mère, méthodiquement, coupait cette tranche pour que chaque jour on ait une tranche de pain. Elle savait ce qu'il fallait faire. » - Evelyne Askolovitch

    Evelyne Askolovitch, déportée à l’âge de quatre ans, évoque un silence glaçant : celui des camps, où les simples gestes d’affection semblaient avoir disparu. Dans son récit, elle révèle n’avoir aucun souvenir de dialogue avec sa mère durant leur internement à Bergen-Belsen. L'image qui hante sa mémoire est celle d’une soldate allemande, figée face à elle, dont le regard la terrifiait. Des fragments de peur brute, absents des écrits de sa mère (qui a malgré tout restitué quelque chose de cette histoire), comme si leurs expériences pourtant vécues côte à côte, avaient été radicalement différentes.

    Pour Evelyne, cette absence de traces communes n’est pas anodine. Elle en tire une conclusion douloureuse : dans l’enfer des camps, les parents ne pouvaient pas (ou ne savaient pas) s’occuper psychologiquement de leurs enfants. La survie primait sur tout le reste.

    La transmission d'un secret : des faux papiers à la mélodie de l'exil

    Pour survivre, des faux papiers du Honduras, venus de Suisse, ont permis à la famille d'échapper aux chambres à gaz d'Auschwitz en leur conférant un statut de citoyens d'un pays neutre. Claude interroge sa mère sur la figure du père, un homme brisé qui emmena sa propre mère au train pour Sobibor (un centre d’extermination nazi). Evelyne, enfant, surveillait son sommeil avec angoisse, par peur qu'il ne s'éteigne à chaque sieste. L'épisode explore également son rapport complexe à la culture germanique. Bien que la langue allemande soit associée à la terreur, elle reste le vecteur de la poésie de Heinrich Heine et des airs de Don Giovanni, que le père d'Evelyne chantait. Car la musique, véritable fil rouge de cette conversation, est ancré dans leur histoire familiale.

    « Je chantais très bien. J'adorais chanter. C'est vraiment la seule chose que je n'aime pas [dans le fait] d'être vieille, c'est que je ne peux plus chanter. » - Evelyne Askolovitch

    Tout au long de cet épisode d'Esprit de famille, Claude Askolovitch et sa mère se reprennent, se chamaillent sans filtre, et parviennent malgré tout à restituer l’enjeu essentiel de cette discussion : l’importance de la transmission de la mémoire.

    続きを読む 一部表示
    48 分