『Esprit de famille』のカバーアート

Esprit de famille

Esprit de famille

著者: RFI
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概要

Que transmet-on à ses enfants lorsque l’on est contraint de quitter sa maison, sa terre, sa langue ? Entre récits et non-dits, effacement ou préservation de la culture d’origine... quels choix façonnent l’héritage familial ? Dans la collection documentaire Esprit de famille, Yasmine Chouaki explore les transmissions intergénérationnelles au cœur des familles touchées par l’exil. À travers des dialogues intimes, elle met en lumière ces « petites histoires » profondément liées à la grande Histoire : décolonisation, dictatures, guerres, génocides... Découvrez comment ces événements marquent les mémoires et influencent les identités. Un rendez-vous poignant et riche pour comprendre les enjeux des migrations et la transmission culturelle.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Leur Sardaigne, leurs souvenirs, ce qu’ils veulent encore transmettre
    2026/04/28

    En Sardaigne, Jeanne et Marie retrouvent leurs grands-parents autour des photos, de la guerre, de l’exil en Suisse, de la langue italienne et des traditions sardes. Un épisode sur ce qui reste vivant quand les générations, les pays et les mémoires se croisent.

    Tout commence à Tuili, un petit village sarde situé à 60 kilomètres de Cagliari. Mario, surnommé "Nono", grandit dans une époque où l’artisanat structure la vie locale et où le troc est monnaie courante. Son père échange des chaussures contre des agneaux, du fromage ou encore des sacs de blé.

    Gabriella, elle, se souvient de son enfance à Cagliari, une ville marquée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.

    Des racines sardes à une histoire d’amour plus forte que l’exil

    Leurs chemins se croisent dans un salon de coiffure : un regard, puis une évidence.

    « Moi, ce sont les yeux de Nono qui m'ont touchée. Je regarde beaucoup les yeux des gens et c'est là que je lis, encore aujourd'hui, si quelqu'un est méchant ou pas dans le cœur. » - Gabriella

    Gabriella, déterminée, choisit de suivre Mario malgré l’opposition de ses parents. Ensemble, ils prennent la route de l’exil vers la Suisse. En 1962, le couple s’installe à Genève.

    Exil, intégration et réussite : de la Sardaigne à Genève

    Les débuts sont difficiles, notamment pour Mario, confronté à la barrière de la langue. Doté d'un talent indéniable pour la coiffure, c’est ciseaux en main qu’il finit par s’imposer : son salon au Grand-Lancy devient rapidement une adresse reconnue. Gabriella, de son côté, apprend le français au quotidien, notamment au marché, en mêlant gestes et débrouillardise.

    « Toutes les nuits, j'allumais la radio [en français] pour me faire l'oreille… Au bout de trois mois, j'arrivais déjà à m'expliquer un peu. » - Mario

    Malgré leur réussite, Mario et Gabriella restent profondément attachés à leurs racines italiennes. Par fidélité, ils refusent la naturalisation suisse et transmettent cet héritage culturel à leurs petites-filles.

    Nées à Genève mais ayant grandi en Afrique, Marie et Jeanne retrouvent dans cette histoire familiale une source d’inspiration. Gabriella reconnaît d’ailleurs en l’une d’elles, engagée dans les manifestations Black Lives Matter, une détermination qui lui est familière.

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    48 分
  • Sa mère a été déportée à 4 ans, ils ont mis des décennies à en parler
    2026/04/21

    Entre album photo, souvenirs fragmentaires, Bergen-Belsen, famille juive hollandaise et transmission tardive, Claude et Evelyne Askolovitch se confrontent à une mémoire longtemps enfouie. Une conversation forte sur l’enfance déportée et les traces laissées dans le récit et la psyché familiale.

    Dans leur salon du 18e arrondissement de Paris, le journaliste Claude Askolovitch interroge sa mère Evelyne, 86 ans. Entre les silences de l’après-guerre et la nécessité de témoigner aujourd’hui, ils explorent les racines d'une famille marquée par l'histoire européenne de la Shoah.

    Le destin d'une enfant à Bergen-Belsen : entre trauma et survie

    En feuilletant les pages d’un album photo, Evelyne raconte le début de sa vie. À l’intérieur, on la voit à trois ans et demi en 1942. Puis sur une autre photo, elle saute à la corde en 1946.

    Durant ces quatre ans, Evelyne a traversé l'enfer de Westerbork et de Bergen-Belsen.

    « On recevait le dimanche un bout de pain de sept centimètres, qui devait durer une semaine. Et ma mère, méthodiquement, coupait cette tranche pour que chaque jour on ait une tranche de pain. Elle savait ce qu'il fallait faire. » - Evelyne Askolovitch

    Evelyne Askolovitch, déportée à l’âge de quatre ans, évoque un silence glaçant : celui des camps, où les simples gestes d’affection semblaient avoir disparu. Dans son récit, elle révèle n’avoir aucun souvenir de dialogue avec sa mère durant leur internement à Bergen-Belsen. L'image qui hante sa mémoire est celle d’une soldate allemande, figée face à elle, dont le regard la terrifiait. Des fragments de peur brute, absents des écrits de sa mère (qui a malgré tout restitué quelque chose de cette histoire), comme si leurs expériences pourtant vécues côte à côte, avaient été radicalement différentes.

    Pour Evelyne, cette absence de traces communes n’est pas anodine. Elle en tire une conclusion douloureuse : dans l’enfer des camps, les parents ne pouvaient pas (ou ne savaient pas) s’occuper psychologiquement de leurs enfants. La survie primait sur tout le reste.

    La transmission d'un secret : des faux papiers à la mélodie de l'exil

    Pour survivre, des faux papiers du Honduras, venus de Suisse, ont permis à la famille d'échapper aux chambres à gaz d'Auschwitz en leur conférant un statut de citoyens d'un pays neutre. Claude interroge sa mère sur la figure du père, un homme brisé qui emmena sa propre mère au train pour Sobibor (un centre d’extermination nazi). Evelyne, enfant, surveillait son sommeil avec angoisse, par peur qu'il ne s'éteigne à chaque sieste. L'épisode explore également son rapport complexe à la culture germanique. Bien que la langue allemande soit associée à la terreur, elle reste le vecteur de la poésie de Heinrich Heine et des airs de Don Giovanni, que le père d'Evelyne chantait. Car la musique, véritable fil rouge de cette conversation, est ancré dans leur histoire familiale.

    « Je chantais très bien. J'adorais chanter. C'est vraiment la seule chose que je n'aime pas [dans le fait] d'être vieille, c'est que je ne peux plus chanter. » - Evelyne Askolovitch

    Tout au long de cet épisode d'Esprit de famille, Claude Askolovitch et sa mère se reprennent, se chamaillent sans filtre, et parviennent malgré tout à restituer l’enjeu essentiel de cette discussion : l’importance de la transmission de la mémoire.

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