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Chronique des matières premières

Chronique des matières premières

著者: RFI
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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

France Médias Monde
日次 経済学
エピソード
  • La demande croissante de biocarburants et les risques liés à El Niño font grimper les prix de l'huile de palme
    2026/09/27

    Tirés par la demande croissante de biocarburants, les cours de l'huile de palme grimpent. Une progression qui traduit aussi les inquiétudes face aux effets du phénomène climatique El Niño.

    En fin de semaine, le prix de l'huile de palme à la Bourse de Kuala Lumpur a atteint 4 967 ringgits la tonne, soit environ 1 219 dollars, son plus haut niveau depuis décembre 2024. Deux raisons expliquent cela : les prévisions météo défavorables alimentent les achats spéculatifs. Car le marché anticipe déjà un impact négatif d'El Niño sur les productions indonésienne et malaisienne qui dominent à 85 % l'approvisionnement mondial.

    Une ambitieuse réforme indonésienne

    Deuxième raison, les acheteurs cherchent à sécuriser leurs approvisionnements avant le 1er octobre. C'est à cette date qu'entre en vigueur en Indonésie un programme biodiesel qui vise à convertir une plus grande partie de la récolte en biocarburant. Le gouvernement indonésien n'a pas attendu la récente menace d'embargo américain pour réduire sa dépendance au diesel importé. Le pays impose désormais un mélange composé de 50 % de biodiesel à base d’huile de palme et de 50 % de gazole fossile. Ainsi une partie des volumes d'huile de palme destinés aux marchés mondiaux est détournée vers le marché intérieur.

    El Niño menace la production

    En parallèle, l'apparition d'El Niño dans le Pacifique provoque des sécheresses. Par exemple, en Indonésie, cela pourrait faire chuter la production de près de 2 millions de tonnes cette année par rapport à 2025. Des pertes de production d'huile de palme sont aussi attendues en Malaisie, le deuxième producteur mondial.

    Autre raison qui met la pression sur le marché : les récentes attaques en mer Noire ont réduit les exportations d'huile de tournesol en provenance de la Russie et de l'Ukraine. Les acheteurs, notamment en Inde, commencent à se tourner vers les produits concurrents, comme l'huile de palme, pour pallier cette pénurie.

    La demande mondiale ne faiblit pas

    Selon les analystes, les prix d'huile de palme devraient atteindre un pic autour de mars-avril 2027 à environ 4 930 ringgits la tonne, avant de commencer à reculer légèrement. La demande, elle, reste soutenue, grâce au secteur des biocarburants, à l'industrie alimentaire et à l'essor de produits cosmétiques d'origine végétale.

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  • Sénégal: la production d'or en forte hausse, portée par de nouvelles mines
    2026/10/19

    Si le Sénégal reste un producteur bien plus modeste que son voisin malien ou le Burkina Faso, le secteur aurifère sénégalais affiche une forte croissance. Plus de 10 tonnes d'or produites en 2025, 16 tonnes attendues en 2026 : l'or constitue la première ressource minière du pays. Le contexte haussier du cours du métal jaune profite au Sénégal, avec trois mines en exploitation et de nouveaux sites en développement.

    De notre correspondante à Dakar,

    Au premier semestre 2026, le Sénégal a produit 8,2 tonnes d'or, soit une hausse de +35% par rapport à la même période en 2025. Une croissance directement liée à la mise en service d'une nouvelle mine d'or il y a un an dans la région de Kedougou, dans l'est du pays, opérée par le groupe marocain Managem. Cette nouvelle mine prévoit de produire à elle seule un peu moins de cinq tonnes (4,6) de métal jaune par an sur les 12 prochaines années. Associé aux neuf tonnes produites par le Canadien Endeavour Mining, qui opère le plus grand site aurifère du pays à Sabodala-Massawa, et à la production de l'Australien Resolute Mining à Mako, le Sénégal prévoit de sortir 16 tonnes d'or de ses terres dans l'est du pays cette année.

    Deux nouveaux projets aurifères en préparation

    Mais cette croissance devrait se poursuivre. C'est en tout cas ce que promettent les entreprises minières qui opèrent au Sénégal. Endeavour Mining, par exemple, prévoit de sortir deux tonnes d'or supplémentaires d'ici 2028. Le groupe canadien Fortuna Mining, de son côté, a annoncé en août l'acquisition pour 200 millions de dollars d'un projet d'exploration aurifère près de Diamba Sud, au sud-est du Sénégal. Objectif : produire trois tonnes d'or par an à partir de 2028 sur une durée de neuf ans.

    Enfin, Thor Explorations, autre compagnie minière canadienne, devrait prochainement confirmer son investissement dans un autre projet aurifère à Douta, dans l'est du pays, pour une production estimée à trois tonnes d'or par an en 2028. De 16 tonnes en 2026, la production du métal jaune pourrait ainsi passer à 24 tonnes en 2028. Une bonne nouvelle pour les recettes du Sénégal, alors qu'en 2025, la part du secteur minier dans le PIB était de 4%. L'instabilité sécuritaire et politique qui traverse les pays du Sahel bénéficie aux pays du sud de la région, tels que la Côte d'Ivoire, la Guinée mais aussi le Sénégal, estime un expert. Même si le Sénégal reste, pour l'heure, le plus petit producteur d'or de la région.

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  • Les plantations de cacao sous la menace du phénomène climatique El Niño
    2026/09/28

    Les répercussions potentielles d'El Niño sur les plantations des pays producteurs de fèves inquiètent. El Niño met l'océan Pacifique en surchauffe et provoque de fortes précipitations ou des sécheresses selon les régions du monde. La perturbation climatique devrait s'amplifier cet automne mais s'annonce d'ores et déjà d'une intensité historique. Dans le secteur du cacao, la baisse de production pourrait être de 300 000 à 400 000 tonnes, répartie entre l'Afrique de l'Ouest et l'Amérique du Sud.

    L'Équateur, producteur majeur de fèves, est aux premières loges et se prépare à souffrir de pluies excessives, qui risquent de favoriser le développement de maladies dans les plantations. Le Ghana, numéro 2 mondial, s'attend pour sa part à une diminution de sa production de 20 à 40 %, selon l'Agence nationale d'exportation (CMCG).

    La Côte d'Ivoire, son voisin, n'a pas fourni d'estimation, mais en 1983, El Niño avait provoqué une sécheresse terrible en Côte d'Ivoire, avec des feux de plantation et de forêt dans tout l'est et le centre et, au bout du compte, la perte de 10 000 ha de cacao, se souvient François Ruf, expert de la filière cacao de Côte d'Ivoire. Il ajoute que le couvert forestier désormais quasi inexistant ne pourra pas atténuer de la même manière un éventuel choc similaire.

    La crainte pour cet automne, c'est que l'harmattan souffle plus chaud et plus fort que d'ordinaire en Afrique de l'Ouest, et qu'il vienne malmener des plantations qui ont déjà souffert d'avoir reçu trop de pluie fin mai-début juin, au moment crucial de la floraison.

    Impact difficile à évaluer

    L'impact d'El Niño reste cependant difficile à prédire de manière fiable, les estimations sont à prendre avec des pincettes car si El Niño est bien présent, ses conséquences précises relèvent encore de la spéculation, prévient le responsable des achats de cacao chez Mondelez International, Darren O'Brien.

    En Côte d'Ivoire, le Conseil du café-cacao a tout de même ralenti ses ventes par anticipation, pour s'assurer d'avoir les volumes physiques nécessaires pour honorer ses contrats. Cette prudence est liée à El Niño, mais aussi à la baisse structurelle de la production, en raison de virus de l'œdème des pousses du cacaoyer (Swollen shoot) et du vieillissement des plantations.

    Les rendements sont en baisse, d'année en année, et font craindre une chute des volumes récoltés d'ici 2030 en Afrique de l'Ouest si rien n'est fait pour redresser la barre, explique un acteur de la filière.

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    Contexte porteur pour les prix

    Ce contexte est propice à une hausse des prix. Les records de fin 2024 sont loin, mais les risques qui pèsent sur les récoltes ont fait grimper les cours ces six derniers mois. Courant septembre, les précipitations en Afrique de l'Ouest ont atténué les inquiétudes, mais les prix restent au-dessus de 5 700 dollars la tonne. Le premier transformateur d'Asie, Guan Chong Cocoa, n'exclut pas de voir le seuil des 8 000 dollars la tonne atteint d'ici fin décembre.

    L'autre inconnue qui pèsera sur les marchés, c'est la demande : elle a été très bonne en Asie au deuxième trimestre mais moins dynamique en Europe, le premier marché où l'on consomme du chocolat.

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