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Chronique des matières premières

Chronique des matières premières

著者: RFI
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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

France Médias Monde
日次 経済学
エピソード
  • L'yttrium, l’arme économique de la Chine contre les États-Unis
    2026/09/14

    C'est un métal peu connu, assimilé à la famille des terres rares. L'yttrium sert autant à l'industrie de l'aérospatiale, qu'à celle des semi-conducteurs et pourrait être à l'ordre du jour de la prochaine visite de Xi Jinping à Washington.

    Peu médiatique jusque-là, l'yttrium est sorti de l'ombre depuis que la Chine a décidé d'en limiter les exportations, en avril 2025, exigeant notamment que les exportateurs chinois d'yttrium prouvent que le métal acheté par leurs clients n'est utilisé qu'à des fins civiles.

    Depuis, acheter de l'yttrium hors de Chine est devenu un parcours de combattant : pendant des mois, aucune cargaison n'est arrivée aux États-Unis, puis Pékin a joué le chaud et le froid au gré de ses relations avec Washington. Outre-Atlantique, le manque s'est vite fait sentir. Les pénuries ont été soulagées ponctuellement en mars dernier par une cargaison chinoise de 60 tonnes d'oxyde d'yttrium et une autre de près d'une trentaine de tonnes en juillet. Les livraisons sont restées cependant irrégulières depuis un an et demi et loin d'être à la hauteur de celles de 2024.

    Approvisionnements industriels perturbés

    Les États-Unis n'ont donc pas de visibilité sur leur approvisionnement, ce qui affecte directement l'activité des industriels : l'yttrium est utilisé dans les revêtements à barrière thermique, qui protègent les moteurs d'avion mais aussi dans la fabrication des écrans, des lasers et des puces électroniques. Ces derniers mois, « la Chine a fait en sorte de fournir le strict nécessaire pour éviter une confrontation ouverte » mais cela n'a pas suffi à apaiser la chaine d'approvisionnement résume Andy Home, analyste chez Reuters.

    La production mondiale est de l'ordre de 10 000 à 15 000 tonnes, selon l'USGS, les services géologiques américains, et provient essentiellement de Chine où le minerai est aussi raffiné, d'où la dépendance problématique des États-Unis mais également des autres pays consommateurs.

    Des prix records

    Le Japon n'a quasiment pas reçu d'yttrium depuis novembre dernier, selon Reuters. Une mesure prise par Pékin en rétorsion aux propos de la première ministre sur la défense de Taïwan. Comme les entreprises américaines, les sociétés japonaises accusent le coup, elles sont de plus en plus nombreuses à faire état de difficultés en raison de procédures douanières à rallonge.

    Ces restrictions imposées par Pékin ont bien sûr un impact sur le marché, qui s'est disloqué : d'un côté la Chine, où les prix ont peu évolué, et de l'autre, le reste du monde, où certains produits à base d'yttrium ont vu leur prix multiplié par 250.

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  • La Suisse interdit les importations d'or du Soudan, même indirectes
    2026/09/13

    La Suisse interdit l'achat et l'importation d'or en provenance du Soudan. Elle s'aligne ainsi sur les sanctions prises mi-juillet par l'Union Européenne. La décision suisse est importante car le pays est la première plaque tournante mondiale de l'or.

    C'est parce que la Suisse occupe une place centrale dans le commerce de l'or qu'elle doit montrer l'exemple, expliquent ceux qui militent depuis des années pour que les minerais issus de zones en conflit n'entrent plus dans le pays, comme l'organisation SwissAid.

    Officiellement, la Suisse n'importe pas d'or du Soudan, mais indirectement, oui : l'année dernière, un cinquième de ses achats en valeur, soit 420 tonnes d'or, provenaient des Émirats arabes unis, territoire connu pour être un hub de transit de l'or soudanais. Cet or y arrive après un long parcours, via des pays voisins.

    « L'or des FSR, les Forces de soutien rapide est ainsi exporté par le Tchad, la Libye, la Centrafrique, le Soudan du Sud et l'Ouganda, explique Marc Ummel, chargé des matières premières à SwissAid, l'or contrôlé par les Forces armées soudanaises passe lui par l'Égypte ».

    Cet or est raffiné aux Émirats arabes unis avant d'être exporté dans le monde, avec une origine émirienne, c'est comme cela qu'il entre en Suisse.

    Des modalités d'application encore floues

    Tout l'enjeu de la nouvelle interdiction, c'est maintenant d'être appliquée. Jusque-là, les importateurs suisses étaient seulement soumis à la loi sur le contrôle des métaux précieux qui n'exige pas de tracer un minerai jusqu'à sa mine d'origine.

    La nouvelle interdiction suppose que les autorités vont chercher à remonter plus en amont dans la chaine de commercialisation et s'assurer que chaque kilo d'or importé des Émirats ne provient pas du Soudan. Mais comment ? Ce n'est pas encore clair.

    Une seule raffinerie suisse, contrainte de documenter ses importations pour répondre aux nouvelles exigences de la certification LBMA - London Bullion Market Association - en vigueur depuis 2026, a reconnu cette année acheter de l'or aux Émirats arabes unis. Parmi ses fournisseurs émiriens, au moins l'un d'eux s'approvisionne au Soudan. « C'est assez pour justifier des contrôles sur cette société », estime l'expert de SwissAid.

    Contrôles insuffisants aux Émirats arabes unis

    Les Émirats ont mis en place en 2023 une nouvelle réglementation sur l'or – Due Diligence Regulation for Responsible Sourcing of Gold – mais elle n'a pas suffi à rassurer. Depuis trois ans, dans ce cadre, les raffineries de Dubaï sont soumises à des audits, mais il n'y a pas pour autant de contrôles supplémentaires aux douanes alors que les Émirats importent de l'or du Soudan, mais aussi d'autres pays secoués par des conflits comme la Russie, et la RDC.

    Sur le papier, la loi est une bonne chose estime SWISSAID, mais sa mise en oeuvre est largement insuffisante. Les statistiques le montrent, l'or issu de zones à risque a continué à entrer aux Emirats arabes unis depuis 2023, et les volumes ont même augmenté.

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  • Prix du cuivre: les stocks américains bouleversent le marché mondial
    2026/09/10

    Plus de 14 850 dollars la tonne de cuivre, c'est le record atteint cette semaine à la bourse de Londres pour un contrat de livraison dans trois mois, avant que les cours ne repartent à la baisse. Ce record de prix illustre la crainte des opérateurs de manquer de métal rouge, dans un contexte géopolitique très dépendant des décisions de l'administration américaine.

    Le marché n'est pas en déficit, mais les mines du Chili, le leader mondial, sont vieillissantes et ont enregistré une baisse de production conséquente en juillet en raison de problèmes météo. Depuis l'année dernière, des perturbations dans certaines mines et infrastructures en Indonésie et en République démocratique du Congo ont alimenté également l'inquiétude du secteur.

    Les besoins sont appelés à augmenter, que ce soit pour les centres de données nécessaires à l'essor de l'intelligence artificielle, ou pour les énergies renouvelables. Mais au-delà de ces indicateurs liés à l'offre et la demande, le sujet de stress actuel sur les marchés est la politique commerciale américaine

    Une nouvelle taxe américaine sur le cuivre ?

    L'administration Trump menace depuis des mois d'appliquer de nouvelles taxes sur le cuivre. Washington a déjà instauré des droits sur les produits semi-finis comme les fils ou les barres de cuivre, mais pas sur le cuivre raffiné, une matière brute. La Maison Blanche attend depuis fin juin un rapport du département du commerce américain sur l'opportunité d'instaurer ou non ces nouvelles taxes.

    Cette simple éventualité a suffi à rendre le marché nerveux jusqu'à ces derniers jours. Il a d'ailleurs suffi que Washington dise, ce jeudi 10 septembre 2026, que sa décision n'était pas encore prise, pour que les cours faiblissent, comme si le message était rassurant. Quoi qu'il en soit, les importateurs n'ont pas attendu pour faire leurs courses sur le marché mondial, en proposant des prix attractifs aux négociants, via une prime en plus du cours mondial.

    Des centaines de milliers de tonnes de cuivre ont ainsi été achetées par anticipation d'une mesure douanière toujours hypothétique. Rien qu'en juillet, les États-Unis ont importé 225 000 tonnes de cuivre, du jamais vu depuis que les statistiques existent en 1990.

    Offre restreinte hors des États-Unis

    Les importations américaines font que l'offre disponible ailleurs est de plus en plus restreinte : au 9 septembre 2026, les entrepôts américains comptaient un peu plus de 696 000 tonnes de métal rouge contre près de 236 000 tonnes au LME (London Metal Exchange).

    Il n'y a donc pas de pénurie de cuivre, mais il est réparti de manière déséquilibrée entre les acheteurs faisant de la localisation des stocks un sujet important pour les marchés financiers. Les prix du cuivre - qui ont augmenté d'environ 15% cette année - subissent aussi l'escalade au Moyen-Orient notamment parce que le blocage du détroit d'Ormuz fait grimper les prix de l'acide sulfurique, un produit très utilisé pour extraire le minerai.

    À lire aussiLe cuivre tutoie les sommets, dopée notamment par les énormes besoins de l'intelligence artificielle

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