エピソード

  • [Rencontre] Konyikeh : de la rigueur classique à la liberté de désapprendre
    2026/10/30
    Voix grave et profonde, formation classique exigeante, racines camerounaises et jamaïcaines : Konyikeh a longtemps gardé séparées les différentes facettes de son histoire. Avec Cinere, l’artiste londonienne s’autorise enfin à les faire cohabiter, de la soul à l’amapiano et au gqom. Une liberté nouvelle, conquise en apprenant aussi à désapprendre. Une musicienne façonnée par le classique Konyikeh a grandi à Londres, dans une famille d’ascendance camerounaise et jamaïcaine. Très tôt, la musique classique prend une place centrale dans sa vie : violon, chant, orchestre, chœurs, puis dix années de formation à la Guildhall School of Music. Elle en garde une discipline très forte, le goût du détail, mais aussi une certaine obsession de la justesse et du contrôle. Pendant longtemps, elle se pense d’ailleurs d’abord comme une musicienne avant de se considérer comme une chanteuse, puis comme une artiste. Le violon, son premier amour, devient même un temps une source de tension : à force de travail et d’exigence, elle finit par lui en vouloir avant de renouer, des années plus tard, avec le plaisir de jouer. Ses premiers morceaux la font connaître dans un univers plutôt soul et R&B. Elle rejoint FAMM, le label fondé par Jorja Smith, et publie deux premiers EP. Mais avec Cinere, quelque chose change. Désapprendre pour trouver sa liberté Sur ce nouveau projet, Konyikeh semble s’autoriser beaucoup plus de choses. Elle fait entrer dans sa musique tout ce qu’elle aime : sa culture classique, la soul, le chant choral, mais aussi des sons qu’elle a découverts plus récemment, notamment l’amapiano et le gqom sud-africains, dont elle est devenue passionnée. Ce déplacement musical accompagne un mouvement plus intime. Konyikeh raconte avoir dû désapprendre une partie de ce qu’on lui avait inculqué : la peur de la faute, le besoin de perfection, la crainte aussi de ne pas correspondre à ce qu’on attend d’elle. En studio, elle apprend à laisser davantage de place à l’instinct, à l’imprévu, au plaisir. Cette liberté nouvelle traverse également ses textes. Konyikeh y parle de vulnérabilité, du doute, de la difficulté à laisser quelqu’un entrer dans son intimité, mais aussi du regard porté sur les femmes noires lorsqu’elles expriment leur colère. Pour BPM, elle remonte avec nous le fil de cette histoire à travers différenets objets que l’on retrouve sur la pochette de Cinere. Autant de portes d’entrée vers une artiste qui, après avoir passé une grande partie de sa vie à apprendre, découvre aujourd’hui tout ce que désapprendre peut libérer. Pour suivre Konyikeh YouTube / Instagram / TikTok Titre diffusés Extraits de Cinere (FAMM – 2026) : "Vulnerabilty"; "Buyer’s Remorse"; "Mercenary"; "Jealous"; "Miserere"; "Blackthorne"; There for me (Freestyle)" Extraits de Problem with Authority (FAMM - 2024) : "Sit Down"; "Lie to Me"; "Problem with Autority" ; "Chan Chan (Freestyle)" ; "Beautiful Ways" Extraits de Litany (FAMM - 2023) : "Sorrow"; "Teenage Dreams" ; "I Cry" ; "Jealous" ; "Joy and Pride" ; "Girls Like Us " Et aussi : "Leg over" de Mr Eazi; "Homeless" du Kenyan Boys Choir Voix française : Ludivine Amado Journaliste : Hortense Volle Réalisation : Benjamin Sarralié Mixage 3D en Dolby ATMOS pour une écoute immersive au casque : Jérémie Besset Responsable d'unité de production FMM – RFI Labo : Xavier Gibert
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  • [Rencontre] F-Mack : de Port-au-Prince à Mexico, la fabrique d’un rêve
    2026/09/18
    Né en Haïti et installé au Mexique depuis 2019, F-Mack nourrit depuis l’enfance une ambition : devenir un artiste international. Au festival Rio Loco, à Toulouse, il se raconte à travers celles et ceux qui, de Selena à Prince, l’ont fait rêver, lui ont tendu la main ou l’accompagnent encore, et retrace un parcours nourri de gospel, de jazz, de soul et de funk. Tout commence devant un écran de télévision, à Port-au-Prince. F-Mack a neuf ou dix ans lorsqu’il découvre Selena, le film consacré à la chanteuse mexico-américaine Selena Quintanilla. En la voyant sur scène, il ne se contente pas de rêver à une carrière : il se reconnaît. « Ça, c’est moi. Ça, c’est mon futur. » C’est à ce moment-là, raconte-t-il, qu’il comprend ce qu’il veut devenir. Le rêve est immense pour un enfant qui grandit en Haïti, mais il ne le quittera plus. Au fil des années, des voix, des musiques et surtout des rencontres vont lui donner les moyens de le préciser. Céline Dion devient sa première grande référence vocale ; le gospel et le jazz élargissent son vocabulaire musical. L'un de ses grands frères lui apporte des paroles de chansons et des références venues d’ailleurs. Plus tard, certaines rencontres vont rendre ce rêve plus concret. Parmi elles, celle avec Camil Meseguer Rioux, violoniste mexicain d’origine canadienne et membre du groupe Sonex. F-Mack le rencontre au festival PAPJAZZ, à Port-au-Prince. Le musicien lui lance alors une phrase qui prendra quelques années avant de devenir réalité : « Tu dois venir au Mexique. » À l’époque, F-Mack avoue savoir à peine où se trouve le pays sur une carte. À lire aussiLe PAPJAZZ de retour pour une édition spéciale à Port-au-Prince Avec le soutien notamment de Dadi Beaubrun, musicien, producteur et l’un des cofondateurs de Boukman Eksperyans, et de sa femme, qui l’accompagne alors dans sa carrière, F-Mack finit par partir au Mexique. À Xalapa, dans l’État de Veracruz, il poursuit sa formation au Centre d’études du jazz de l’Université de Veracruz. Lorsqu’il évoque aujourd’hui ce départ, une image revient : le Mexique représentait « le futur ». Il fallait avancer, sans vraiment se laisser le temps de mesurer la difficulté. Depuis 2019, le pays est devenu son autre chez-lui, tandis qu’Haïti demeure une présence intime, douloureuse parfois, jamais effacée. Et puis il y a la scène. F-Mack aime plaisanter en faisant de James Brown son père et de Prince un membre très proche de sa famille musicale. Mais derrière la formule se dessine une conception très précise de son métier : une belle voix ne suffit pas. Ce qu’il cherche, c’est la performance, l’énergie, et surtout cette connexion avec le public sans laquelle, dit-il, il a le sentiment d’avoir « raté ». Au terme de cette rencontre en bord de Garonne, au festival toulousain Rio Loco, Selena réapparaît. Que penserait aujourd’hui le petit garçon de Port-au-Prince en voyant l’artiste qu’il est devenu ? F-Mack s’émeut avant de répondre : « Il avait raison. » Il avait raison de rêver aussi grand. Pour suivre F-Mack YouTube / Instagram / TikTok Titre diffusés Extraits de Renacido (F-MACK – 2024) : "A Huevo" ; "MAMÁ" ; "Salut" ; "HIT it ! " Singles : "DAYS N DAYS" avec ZHAT et Tchakomi (2026); "Mapou A" avec Tchakomi et Maison Nomade (2026); "Ya Bye" (2026); "PEND3JO" (2025); "Hola Que Tal" (2025); "Lo Que Pinches Quieras" (2023); "Desde Que Te Ví" (2022). Avec aussi : Selena Quintanilla – "Como La Flor" (1992) Prince – "Musicology" (2004) James Brown – "Don’t Tell It" (1976) Natalia Lafourcade – "La Bruja" (2025) Et des extraits de titres de Melanie Charles. Journaliste : Hortense Volle Réalisation : Benjamin Sarralié Mixage 3D en Dolby ATMOS pour une écoute immersive au casque : Jérémie Besset Responsable d'unité de production FMM – RFI Labo : Xavier Gibert
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  • [Rencontre] Les Louanges : apprendre à habiter le monde
    2026/08/02

    Chez le Québécois Vincent Roberge, alias Les Louanges, la chanson francophone fricote avec le jazz, le R&B, l'électro ou la pop. Et c'est irrésistiblement groovy ! À l'occasion de la sortie d'Alouette!, son troisième album, Les Louanges remonte, chanson après chanson, le fil de la décennie qui l'a vu grandir. Une rencontre qui raconte autant le parcours d'un artiste que celui d'un homme qui apprend, peu à peu, à habiter le monde au présent.

    Originaire de Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, le multi-instrumentiste Vincent Roberge écrit, compose, produit et interprète une chanson profondément ancrée dans le français – et l'argot – du Québec.

    Son sens de la mélodie, la souplesse de son verbe et la finesse de ses mots donnent une profondeur inattendue aux détails les plus ordinaires du quotidien. Un parking, un dépanneur ou une vieille Toyota deviennent le point de départ de récits profondément humains.

    De La nuit est une panthère à Crash, puis à Alouette, cette conversation remonte, en chansons, le fil d'une décennie au cours de laquelle il a appris à écrire, à aimer, à douter… et à déplacer son regard. De lui-même vers les autres. De l'intime vers le collectif.

    Enregistrée à Paris, au bord du canal Saint-Martin, cette rencontre nous entraîne des sous-sols enfumés de Levis aux hauteurs du Mont-Royal, à Montréal. Il y est question de son rapport à la poésie, de la place du Québec dans son travail, de masculinité, d’amour, de deuil..et de cette question qui l'habite : comment devenir, non pas un homme, mais « un humain responsable » ?

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    Toutes les dates de concerts

    Titres diffusés

    Extraits de Alouette! (Bonsound – 2026) : «Je confirme ma présence» ; «Alouette, tu te fais plumer !»; «Le gars dans le cadre de porte» ; «Je bouge pas» ; «Franchement, Lia» ; «Alouette, as-tu oublié ?» ; «Chez nous» ; «Correct» ; «Tu me coupes l’herbe» ; «Ne me quitte pas des yeux»

    Extraits de Crash (Les Louanges / Bonsound – 2022) : «Gaston» ; «Pigeons» ; «Qu’est-ce que tu m’fais» ; «Chaperon»

    Extrait de Expansion Pack (Les Louanges / Bonsound – 2019) : «Attends-moi pas»

    Extraits de La nuit est une panthère (Les Louanges / Bonsound – 2018) : «DMs» ; «Tercel»; «La nuit est une panthère» ; «Romains».

    Journaliste : Hortense Volle

    Réalisation : Benjamin Sarralié

    Mixage 3D en Dolby ATMOS pour une écoute immersive au casque : Jérémie Besset

    Responsable d'unité de production FMM – RFI Labo : Xavier Gibert

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    48 分
  • [Rencontre] Kendra Morris : les règles du jeu
    2026/07/17

    Avec Next, son quatrième album, Kendra Morris signe son disque le plus personnel. Imaginé en grande partie dans son appartement de Brooklyn, il mêle soul, doo-wop, reggae et pop dans un parcours intime pensé comme un jeu de société. Rencontre avec une chanteuse et productrice américaine dont la voix semble venue d'une autre époque et qui a fait de la sincérité et des imperfections le cœur de sa démarche artistique.

    Depuis une quinzaine d'années, Kendra Morris construit une œuvre singulière, nourrie de soul, de doo-wop, de rocksteady, de reggae et de pop. Compositrice, productrice mais aussi artiste visuelle, l'Américaine puise autant dans les harmonies des girls groups des années 60 que dans l'héritage du Brill Building, où sont nés quelques-uns des plus grands classiques de la pop américaine, ou de la Factory d'Andy Warhol, laboratoire de la scène artistique new-yorkaise.

    Avec Next, elle livre son disque le plus autobiographique, enregistré à partir de maquettes réalisées chez elle, à Brooklyn, avant de prendre sa forme définitive en studio avec son groupe.

    Pour donner forme à cet album, Kendra Morris a imaginé un jeu de société. Un plateau, des directions à suivre, des cases où l'on s'arrête un instant avant de repartir ailleurs.

    Au printemps 2026, juste avant son concert parisien au New Morning, je lui ai donc proposé d'entrer dans la partie : un dé, quelques portes à ouvrir et un parcours qui nous mène de la discothèque de ses parents, bande-son de son enfance en Floride, aux premières maquettes enregistrées dans son appartement de Brooklyn. L'occasion de remonter le fil de ses influences et de découvrir sa manière d'écrire, de composer et de produire ses chansons.

    Une rencontre où il est question de vérité, d'imperfections, de création... et de ces chansons qui, parfois, semblent annoncer ce que l'on n'a pas encore vécu.

    Pour suivre Kendra Morris

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    Titres diffusés

    Extraits de Next (Karma Chief Records / Colemine Records – 2025) : "In My House" ; "Flat Tire" ; "If I Called You" ; "Back With Me" ; "Something In Common" ; "Don't Wanna Be Happy" ; "Bill Go Nowhere" ; "Dear Buddy" ; "After Midnight"

    Extraits de Nine Lives (Karma Chief Records / Colemine Records : "Keep Walking" ; "Got Me Down" ; "Drag On"

    Journaliste : Hortense Volle

    Réalisation : Benjamin Sarralié

    Mixage 3D en Dolby ATMOS pour une écoute immersive au casque : Camille Roch

    Responsable d'unité de production FMM – RFI Labo : Xavier Gibert

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    48 分
  • [Rencontre] Bongeziwe Mabandla : le voyage vers soi
    2026/06/12

    Figure majeure de la scène musicale africaine contemporaine, le Sud-Africain Bongeziwe Mabandla fait partie de ces artistes capables de provoquer une émotion immense avec presque rien. Sur Ndingubani (« Qui suis-je ? »), son cinquième album et le plus personnel à ce jour, il chante les départs, les métamorphoses et les chemins que l'on emprunte pour devenir soi-même. Rencontre au nord de Paris, où il vit aujourd’hui.

    Né il y a une quarantaine d’années dans la région rurale du Cap-Oriental en Afrique du Sud, Bongeziwe Mabandla chante principalement en isiXhosa, sa langue maternelle, et construit depuis plus de dix ans une œuvre singulière à la croisée de la folk, de la soul et des traditions africaines.

    De sa voix à la fois douce et puissante, habitée, presque céleste, il explore, disque après disque, les questions d’identité, de mémoire et de transformation.

    Après Umlilo (« Le Feu »), Mangaliso (« Le Miracle »), iimini (« Les Jours ») et amaXesha (« Les Temps »), il revient avec Ndingubani — « Qui suis-je ? » Une question qui sert de point de départ à cette rencontre enregistrée à la terrasse du Hasard Ludique, dans le nord de Paris, où il s'est installé récemment.

    On y entend les bouleversements d'un homme en mouvement qui évoque le sentiment d'appartenance, les femmes qui l'ont construit, à commencer par sa mère, la dépression, l'acceptation de soi et la force de continuer malgré les doutes.

    Une rencontre sensible avec un artiste qui transforme les grandes questions de l'existence en chansons lumineuses.

    Pour suivre Bongeziwe Mabandla

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    Titres diffusés

    Extraits de Ndingubani (Black Major – 2026) : «Ndingubani» ; «Kude» ; «Yalwa» ; «Zama» ; «Walila» ; «Ndikhulule» ; «Ukuyeka» ; «Ndinje» (feat Blick Bassy); «Makuyiwe».

    Extraits de amaXesha (Bongeziwe Mabandla / Black Major – 2023) : «xesha (i)» ; «xesha (ii)» ; «xesha (iii)».

    Extraits de Mangaliso (Universal Music – 2017) : «Intro» ; «Philakanzima» ; «Ndokulandela» ; «Wena».

    Avec aussi : «Why is it so hard ?» de Charles Bradley x Menahan Street band (2011).

    Journaliste : Hortense Volle

    Réalisation : Benjamin Sarralié

    Mixage 3D en Dolby ATMOS pour une écoute immersive au casque : Jérémie Besset

    Responsable d'unité de production FMM – RFI Labo : Xavier Gibert.

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    49 分
  • [Rencontre] Rebecca Roger Cruz : entre deux rives
    2026/04/10

    Chanteuse, percussionniste et compositrice vénézuélienne installée en France, Rebecca Roger Cruz développe une musique à la croisée des mondes, entre traditions afro-vénézuéliennes, musiques anciennes et création contemporaine. Avec Río Abajo, son premier album solo, elle explore un univers où sa voix circule comme l’eau, entre les rives, les langues et les mémoires. Rencontre au Babel Music XP (Marseille) avec une artiste pour qui chanter, c’est aussi apprendre à se laisser porter.

    Née à Caracas, au Venezuela, Rebecca Roger Cruz grandit dans une ville de contrastes, entre nature luxuriante et agitation urbaine. Une géographie singulière, marquée par la présence toute proche — mais invisible — de la mer, séparée de la capitale par une chaîne de montagnes. Un paysage fondateur, dont les images, les sons et les odeurs irriguent encore aujourd’hui sa musique.

    Très tôt, la musique s’impose comme une évidence. Elle est partout : dans l’espace public, dans les bus, dans les fêtes, dans la voix de sa mère. Une pratique vivante, collective, instinctive, qui façonne son rapport au chant.

    À l’adolescence, elle se passionne pour le rock avant de se tourner vers le chant lyrique et les musiques anciennes. Une formation exigeante, qui ouvre chez elle un vaste champ de recherche autour de la voix — envisagée comme un espace d’expérimentation, traversé par les émotions, les textures et les héritages.

    Installée en France depuis une douzaine d’années, elle multiplie les projets, notamment avec Parranda La Cruz, un quatuor de voix et de percussions entre Venezuela et La Réunion, où la musique devient transe, mouvement et célébration collective.

    Avec Río Abajo, son premier album solo, Rebecca Roger Cruz affirme une écriture très personnelle, à la croisée des traditions afro-vénézuéliennes, du baroque et de la chanson. Un disque profondément traversé par l’élément eau — rivières, pluies, larmes, océans — comme un fil entre deux territoires, deux temps, deux vies.

    Au cœur de cet album, une expérience intime : celle de l’exil. Comme l’oiseau migrateur qu’elle évoque dans ses chansons, Rebecca Roger Cruz interroge le départ, l’absence, la transformation. Et fait de la musique un espace de réparation, de circulation et de lien.

    Je l’ai rencontrée à Marseille, au Babel Music XP, où son concert — habité, intense, précis — a marqué les esprits.

    Un moment suspendu, à l’image de sa musique : toujours en mouvement, entre deux rives.

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    Titres diffusés

    Extraits de Rio Abajo (Airfono Publishing – 2025) : « DIABLXS »; « Rio Abajo »; « Abreme la puerta Juana »; « Sol de Luna Llena »; « Aguacero »; « O Let Me Weep »; « Intro Reencuentro de Aves »; « Alcaravan » ; « Llamarme Mar »; Esteros » ; « Destino de la Noche»

    Extraits de Parranda La Cruz du groupe Parranda La Cruz (Lamastrock – 2023) : « In Zourné »; « Sirena »; « Sanación » ; « Tonada de Tacarigüita ».

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    49 分
  • [Rencontre] Sílvia Pérez Cruz : ce que peut une voix
    2026/02/20
    Chanteuse catalane capable de passer du folk au jazz et du flamenco au classique sans jamais donner l’impression de se disperser, Sílvia Pérez Cruz a fait de sa voix, tour à tour vibrante ou enivrante, un espace de liberté. Pour BPM, quelques jours avant son premier Olympia, celle qui est aussi musicienne, auteure et compositrice, accepte de traverser ses disques comme on traverse une vie : intensément. Sílvia Pérez Cruz est née et a grandi dans les collines de l’Empordà, sur la Costa Brava. Un territoire catalan entre Méditerranée et contreforts des Pyrénées, où la musique entre très tôt dans sa vie : lors de veillées familiales d’abord, puis par l’apprentissage du piano à cinq ans, de la guitare et du saxophone à sept. Elle a douze ans quand, dans un bar catalan, elle monte sur scène aux côtés de son père. Pour la première fois, elle ressent cette connexion immédiate avec le public — quelque chose de fort, presque physique. Elle comprend alors que chanter, pour elle, n’est pas un choix, mais une nécessité. Adolescente puis étudiante en musique, elle se frotte à tous les styles avec une curiosité presque insatiable, multiplie les groupes — jusqu’à onze formations en parallèle — avant de se lancer dans une carrière solo à 28 ans. De 11 de novembre (2012), né à un moment où se croisent le deuil de son père et l’expérience de la maternité, à Toda la vida, un día (2023), vaste fresque en cinq mouvements enregistrée entre l’Espagne, le Mexique, l’Argentine et Cuba, en passant par à Granada (2014), un album de reprises conçu avec le guitariste et producteur barcelonais Raül Refree où elle confronte sa voix aux mémoires collectives : son parcours dessine une trajectoire libre et exigeante. Bien entourée ou en solo, avec ses propres chansons ou en s’emparant de celles des autres, Sílvia Pérez Cruz cherche toujours la même chose : l’émotion juste. Chez elle, interpréter n’est jamais reproduire : c’est recréer, déplacer, incarner. Je l’ai rencontrée à l'Institut Cervantes, à Paris, un lieu dédié à la langue et aux cultures espagnoles et hispano-américaines. Ensemble, nous avons parlé de transmission, de mémoire et de présence — et de cette conviction qui traverse toute son œuvre : la voix, pour elle, est bien plus qu’un instrument. C’est une manière de se comprendre et d’habiter le monde. En concert à l'Olympia de Paris le dimanche 8 mars 2026 Pour suivre Sylvia Perez Cruz YouTube / Instagram / Facebook Titres diffusés Singles : "Moreno" (2026) ; "Capitana" (2024) ; "Pastores" (2024) Extraits de Lentamente (El Pez Cruz / Sony Music – 2024) avec Juan Falù : "La Nochera" Extraits de Toda la vida, un dia (Sony Music / El Pez Cruz – 2023) : "Estrelas e raiz" (feat MARO & Tita Payes) - Mov.5 : Renacimiento ; "El teu nom" - Mov.5 : Renacimiento ; "Nombrar es imposible" (feat Roly Berrio, Marbis Manzanet) - Mov.5 : Renacimiento Extraits de Farsa (género impossible) (El Pez Cruz / Sony Music - 2020) : "Grito Pelao" ; "Tango De La Via Lactea" ; "Futuras Madres Del Mundo" Extraits de Vestida De Nit (Silvia Perez Cruz / Sony Music – 2017) : "Tonada De Luna Llena" ; "Mechita" ; "La Lambada (Chorando Se Foi)" ; "Vustida De Nit" Extraits de Granada (Silvia Perez Cruz / Sony Music - 2014) avec Raül Refree : "Hymne A L'Amour" ; "Corrandes D'Exili" ; "Puerto Montt Esta Temblando" ; "Companero (Elegia A Ramon Sije)" Extraits de 11 De novembre (Silvia Perez Cruz / Sony Music – 2012) : "11 De Novembre" ; "O Meu Amor E Gloria" ; "Lietzenburgerstrasse 1976" ; "Folegandros"
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  • [Rencontre] OJOS, le regard partagé
    2026/01/30

    Architectes de formation, les artistes français Élodie Charmensat et Hadrien Perretant ont construit des maquettes avant de bâtir, avec Holy Two puis OJOS, un univers musical bien à eux. Une pop hybride, qui traverse les langues, mêle organique et électronique, et avance toujours un peu en équilibre. Rencontre.

    Ojos, « les yeux » en espagnol, porte bien son nom : chez ce duo, la musique se construit comme un dialogue permanent, entre deux voix, deux sensibilités, un même battement.

    Avant de se consacrer pleinement à la musique, Élodie et Adrien se sont rencontrés en école d’architecture. Une formation qui a laissé des traces : chez Ojos, on bâtit les chansons par strates, par essais, par allers-retours, en apprenant en faisant. Leur pop, à la fois tendue et sensible, mêle textures électroniques, pulsations organiques et une écriture traversée par les doutes, les colères et les élans du passage à l’âge adulte.

    De Volcan (2021) à Discipline :’), de Oui Futur à Oui Futur – Non Machines (2025), le duo joue avec les contrastes : des titres lumineux pour des récits intimes parfois sombres, une énergie rebelle pour dire la vulnérabilité, le goût du second degré pour ne jamais figer les émotions.

    Je les ai rencontrés à Paris, au bar – restaurant Les Frères Laumière, un lieu chargé de leur histoire. Ensemble, nous avons parlé de confiance, d’amitié, de création à deux, de machines qu’on démonte pour mieux entendre le cœur des chansons — et de ce qui fait tenir, dans le temps, un vrai duo.

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    Titres diffusés

    Extraits de OUI FUTUR – NON MACHINES (Double Vue Records / Yotanka Records – 2025) : "100 fois (Non machines)" ; "L’amour ou le sucre (Non machines)" ; "Krkkr (Non machines)" ; "Je dors tout le temps (Non machines)"

    Extraits de OUI FUTUR (Double Vue Records / Yotanka Records – 2025) : "Oui" ; "Adieu" ; "Et puis au revoir" ; "Pas si dangereuse" ; "Encore moins" ; "Qu’est-ce qu’il reste à détruire ?" ; "Llorona"

    Extraits de DISCIPLINE :’) (Double Vue Records / Wonderbarr / Alter K- 2023) : "Peligrosa" ; "Le plus fort" ; "Moindre paradis" ; "La mort et ses amis"

    Extraits de Volcans (Because / Supernova / AlterK – 2021) : "Mystère (Misterio)" ; "Cœur sans visage (Corazón sin cara)"

    Et aussi

    HOLY TWO, extraits de Invisibles Matters (Pegase – 2018) : "Misunderstood" ; "Undercover Girls"

    HOLY TWO, extrait de Holy Two (Double Vue Records – 2013) : "La Tal" ;

    "Peaches" de JUSTIN BEABER; "Maladie d’amour" de JIMMY HUNT; "Envole-Moi" de JJ GOLDMAN ; "J’ai 10 ans" de ALAIN SOUCHON ; "Goldman Sun" de LAST TRAIN; "Supersonic" de OASIS.

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