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Afrique, mémoires d'un continent

Afrique, mémoires d'un continent

著者: RFI
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Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 2 en été).

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Tchad : Idriss Déby, le dernier front
    2026/09/11

    Le 20 avril 2021, le président tchadien Idriss Déby meurt au front où il s’était rendu pour remobiliser ses troupes face à l’avancée fulgurante de la rébellion. Au Tchad, la stupeur est immense : celui qui venait d’être proclamé vainqueur de l’élection présidentielle disparaît brutalement, les armes à la main, au cœur même du conflit. En quelques heures, le pays bascule dans l’incertitude, face à la disparition soudaine du dirigeant qui le gouvernait d’une main de fer depuis plus de trente ans.

    Pour aller plus loin

    Le 20 avril 2021, le président tchadien Idriss Déby est annoncé mort alors qu’il se trouve sur le front. Il aurait succombé à des blessures reçues lors des combats contre la rébellion du Fact (Front pour l'alternance et la concorde au Tchad). La version officielle présente sa mort comme celle d’un chef mort « les armes à la main » mais les circonstances exactes de sa mort restent entourées de mystère.

    Les circonstances controversées de sa disparition

    Après l’annonce officielle, plusieurs hypothèses circulent sur les causes réelles de sa mort : certains évoquent un tir ennemi lors des affrontements avec les rebelles du Fact tandis que d’autres avancent l’hypothèse d’un règlement de comptes au sein de son clan ou de son armée. Une autre théorie évoque même un complot organisé par des responsables proches du pouvoir. Des journalistes de RFI ayant travaillé sur le sujet soulignent l’absence d’éléments suffisamment solides pour confirmer ces hypothèses. Le contexte des combats, le faible nombre de témoins directs et le silence de l’entourage compliquent l’enquête. Le récit officiel est également fragilisé par les trente années de pouvoir autoritaire de Déby. Les investigations journalistiques concluent donc que la vérité définitive reste difficile à établir, même si certains éléments recueillis tendent à confirmer la version d’une mort au front.

    Un héritage politique et militaire

    Idriss Déby était arrivé au pouvoir en 1990 après une longue carrière militaire et une rébellion contre Hissène Habré.

    Pendant trente ans, il dirige le Tchad d’une main ferme en s’appuyant largement une armée réputée courageuse et efficace, mais traversée par des rivalités et des appartenances communautaires.

    Après la mort de Déby, son fils Mahamat Idriss Déby prend la tête d’un Conseil militaire de transition, et reprend ainsi une partie de l’héritage politique et militaire de son père.

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  • Anjanamasina : une histoire coloniale de la folie à Madagascar
    2026/09/04

    Dans son ouvrage, l’historien Raphaël Gallien revient sur une découverte archivistique majeure effectuée en 2019 : celle des archives et des dossiers relatifs aux personnes internées à Anjanamasina, considéré comme le premier établissement psychiatrique créé par l’administration coloniale française à Madagascar. Cette découverte apporte un éclairage nouveau sur l’histoire de la psychiatrie dans le contexte colonial ainsi que sur les pratiques d’internement mises en place dans l’île Rouge.

    Avec l’historien Raphaël Gallien, chargé de recherche au CNRS et auteur de À en perdre la raison : Folies et colonisation à Madagascar (éd. La Découverte).

    Pour aller plus loin

    Ouvert en 1912, l’asile psychiatrique d’Anjanamasina à Madagascar constitue le premier établissement de ce type dans l’Empire colonial français.

    L’asile devient un véritable laboratoire des politiques coloniales de santé, marquées par de fortes inégalités sociales et raciales. Son architecture reflète cette hiérarchie : les Européens disposent de pavillons plus confortables, tandis que les Malgaches sont placés dans des bâtiments plus éloignés et souvent surpeuplés.

    Notre invité l’historien Raphaël Gallien s’appuie sur près de 1 500 dossiers d’internés pour étudier cette histoire.

    Ces archives, longtemps reléguées dans un pavillon, ont été classées et numérisées afin d’être conservées.

    Elles permettent de découvrir les parcours individuels, les diagnostics, mais aussi les effets de la colonisation sur les personnes internées.

    La folie comme expression des tensions sociales et coloniales

    Les dossiers montrent que les délires des patients sont souvent liés à leur histoire personnelle et aux bouleversements provoqués par la colonisation. Les anciennes hiérarchies malgaches, notamment les lignages et les références à la royauté, restent très présentes dans les discours des internés. Certains utilisent ainsi la folie pour réaffirmer une origine prestigieuse ou contester leur déclassement social.

    La folie peut aussi parfois constituer une forme de résistance à l’ordre colonial.

    1947, la révolte et les traces de la décolonisation

    La révolte malgache de 1947 constitue un moment essentiel de l’histoire de l’asile et de la colonisation. La répression provoque des milliers de morts, des arrestations, des détentions et des traumatismes durables. Certains internés ont été torturés et arrivent à l’asile profondément détruits psychologiquement. La peur et les rumeurs liées à l’insurrection continuent également à influencer les comportements plusieurs années après les événements.

    Raphaël Gallien rappelle aussi que la société malgache possédait ses propres manières de comprendre et de prendre en charge la folie avant l’arrivée de la psychiatrie occidentale. La folie pouvait être associée à la religion, à la parenté, aux interdits ou à une forme de malédiction touchant l’ensemble du groupe.

    Aujourd’hui, l’ancien asile est devenu un hôpital universitaire qui cherche à dépasser son héritage carcéral.

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    39 分
  • L'histoire de Boko Haram : racines, expansion et divisions
    2026/08/28

    Né en 2002 dans le nord-est du Nigeria sous l'impulsion de Mohamed Yusuf, Boko Haram s'est développé dans un contexte de profondes inégalités sociales, de fragilité économique et de tensions religieuses. Radicalisé à partir de 2009, le mouvement jihadiste a plongé la région dans une insurrection marquée par des massacres, des attentats et des enlèvements de masse, avec l'objectif d'imposer un État fondé sur une interprétation rigoriste de la charia.

    Malgré les offensives militaires, les scissions et l'émergence de groupes rivaux, Boko Haram continue de déstabiliser le bassin du lac Tchad. Comment expliquer la résilience de cette organisation plus de vingt ans après sa création ?

    Avec la participation de Vincent Foucher, historien et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

    Pour aller plus loin

    Groupe djihadiste apparu dans le nord-est du Nigeria, l'organisation Boko Haram s’inscrit dans une histoire ancienne marquée par les différences religieuses, politiques et sociales entre les régions du Nigeria.

    Dans les années 1970 à 1990, les courants salafistes et wahhabites gagnent progressivement en influence et un certain

    Mohamed Yusuf, influencé par le prédicateur salafiste Ja’afar Mahmud Adam, devient un orateur particulièrement populaire. Il critique les élites musulmanes jugées trop proches du pouvoir et développe un mouvement religieux de plus en plus radical.

    De la radicalisation aux violences de masse

    Au début des années 2000, Yusuf se rapproche progressivement du djihadisme. En juillet 2009, des affrontements opposent les partisans de Yusuf aux autorités nigérianes, provoquant plusieurs centaines de morts. Mohamed Yusuf est arrêté puis exécuté par la police, ce qui accélère la transformation du mouvement en organisation armée. Abubakar Shekau prend alors la direction du groupe et lance une campagne de vengeance contre les policiers, les responsables locaux et les opposants. Entre 2010 et 2013, Boko Haram développe un terrorisme urbain marqué par les attentats-suicides et les attaques contre les églises.

    Le groupe s'étend au-delà du Nigeria, notamment au Cameroun, au Niger et au Tchad, grâce aux liens sociaux et commerciaux transfrontaliers.

    Les combattants associent convictions religieuses, volonté de créer une société jugée plus juste et intérêts matériels liés au pillage et aux extorsions. Les massacres de Baga, Bama et d'autres localités deviennent particulièrement meurtriers en 2013-2015, tandis que l'enlèvement des lycéennes de Chibok en 2014 internationalise le conflit.

    La scission

    Une divergence importante apparaît autour du traitement des civils, Shekau considère même certains musulmans comme des « infidèles » lorsqu'ils ne soutiennent pas son mouvement.

    Cette doctrine provoque des dissidences, notamment la création d'Ansaru, puis rapproche certains dirigeants de Boko Haram de l'État islamique. En 2015, Shekau prête finalement allégeance à l'État islamique, mais refuse ensuite d'appliquer pleinement ses directives. L'année suivante, une faction dirigée notamment par Abou Moussab al-Barnawi

    se sépare et forme l'ISWAP qui privilégie une organisation plus structurée et limite les attaques contre les civils musulmans.

    Depuis la mort de Shekau en 2021, les deux factions continuent d'exister.

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    39 分
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