『Anjanamasina : une histoire coloniale de la folie à Madagascar』のカバーアート

Anjanamasina : une histoire coloniale de la folie à Madagascar

Anjanamasina : une histoire coloniale de la folie à Madagascar

無料で聴く

ポッドキャストの詳細を見る

Dans son ouvrage, l’historien Raphaël Gallien revient sur une découverte archivistique majeure effectuée en 2019 : celle des archives et des dossiers relatifs aux personnes internées à Anjanamasina, considéré comme le premier établissement psychiatrique créé par l’administration coloniale française à Madagascar. Cette découverte apporte un éclairage nouveau sur l’histoire de la psychiatrie dans le contexte colonial ainsi que sur les pratiques d’internement mises en place dans l’île Rouge.

Avec l’historien Raphaël Gallien, chargé de recherche au CNRS et auteur de À en perdre la raison : Folies et colonisation à Madagascar (éd. La Découverte).

Pour aller plus loin

Ouvert en 1912, l’asile psychiatrique d’Anjanamasina à Madagascar constitue le premier établissement de ce type dans l’Empire colonial français.

L’asile devient un véritable laboratoire des politiques coloniales de santé, marquées par de fortes inégalités sociales et raciales. Son architecture reflète cette hiérarchie : les Européens disposent de pavillons plus confortables, tandis que les Malgaches sont placés dans des bâtiments plus éloignés et souvent surpeuplés.

Notre invité l’historien Raphaël Gallien s’appuie sur près de 1 500 dossiers d’internés pour étudier cette histoire.

Ces archives, longtemps reléguées dans un pavillon, ont été classées et numérisées afin d’être conservées.

Elles permettent de découvrir les parcours individuels, les diagnostics, mais aussi les effets de la colonisation sur les personnes internées.

La folie comme expression des tensions sociales et coloniales

Les dossiers montrent que les délires des patients sont souvent liés à leur histoire personnelle et aux bouleversements provoqués par la colonisation. Les anciennes hiérarchies malgaches, notamment les lignages et les références à la royauté, restent très présentes dans les discours des internés. Certains utilisent ainsi la folie pour réaffirmer une origine prestigieuse ou contester leur déclassement social.

La folie peut aussi parfois constituer une forme de résistance à l’ordre colonial.

1947, la révolte et les traces de la décolonisation

La révolte malgache de 1947 constitue un moment essentiel de l’histoire de l’asile et de la colonisation. La répression provoque des milliers de morts, des arrestations, des détentions et des traumatismes durables. Certains internés ont été torturés et arrivent à l’asile profondément détruits psychologiquement. La peur et les rumeurs liées à l’insurrection continuent également à influencer les comportements plusieurs années après les événements.

Raphaël Gallien rappelle aussi que la société malgache possédait ses propres manières de comprendre et de prendre en charge la folie avant l’arrivée de la psychiatrie occidentale. La folie pouvait être associée à la religion, à la parenté, aux interdits ou à une forme de malédiction touchant l’ensemble du groupe.

Aujourd’hui, l’ancien asile est devenu un hôpital universitaire qui cherche à dépasser son héritage carcéral.

adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
まだレビューはありません