エピソード

  • À Maurice, les centres d'appels pâtissent de la nouvelle réglementation française
    2026/09/14

    À Maurice, le secteur des centres d’appels et de l’externalisation traverse une zone de turbulences. Concentrix, l’un des principaux opérateurs présents dans l’île, vient d’annoncer son intention d'arrêter ses activités. Une décision qui ravive les inquiétudes sur l’avenir d’un secteur important pour l’emploi et l’économie mauricienne, confronté à des difficultés structurelles et à une concurrence internationale accrue.

    Avec notre correspondant à Port-Louis,

    En six ans, Concentrix dit avoir perdu sept de ses principaux clients et ses effectifs sont passés de 870 à moins de 320 salariés. Pour les syndicats, le cas de cette entreprise intervient dans un contexte où les suppressions de postes se multiplient dans les centres d’appels. Reaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé et représentant syndical des employés du secteur, estime que le phénomène mérite désormais une réponse des autorités. « Depuis quelques temps, on remarque que des travailleurs, surtout dans des centres d’appels, sont sujets à des comités disciplinaires ou sont forcés de quitter leur travail. Auparavant, on le voyait avec des compagnies qui employaient moins de 100 personnes, mais là, ce qu’on voit avec Concentrix confirme nos doutes », alerte-t-il.

    Une partie de l’explication se trouve au-delà des frontières mauriciennes. Le marché français est très important pour les opérateurs de l’île mais de nouveaux règlements dans l’hexagone interdisent désormais du démarchage commercial non-sollicité et cela pourrait rendre certaines prestations à distance moins attractives.

    Comment repositionner l'industrie mauricienne ?

    Pour les professionnels du secteur, cette vulnérabilité ne s’explique toutefois pas uniquement par la demande française. Jenny Chan, présidente de l’Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius (OTAM), qui représente les centres d’appels, identifie plusieurs facteurs qui pèsent désormais sur les opérateurs : « Les difficultés qu’ont évoquées Concentrix, notamment la pénurie de talents, la hausse des coûts d’exploitation, la compétitivité internationale et surtout l’impact de l’IA... Ce sont des défis auxquels sont confrontés de nombreux opérateurs dans ce secteur, surtout dans le domaine des BPO ».

    L’enjeu est donc de repositionner l’industrie mauricienne plutôt que de miser uniquement sur son avantage historique de coût et sur une main-d’œuvre relativement qualifiée. L’OTAM préconise de renforcer la productivité grâce aux nouvelles technologies, de faciliter l’accès aux compétences étrangères et de développer des services numériques à plus forte valeur ajoutée : « Ce qu’il faut faire pour éviter d’autres départs, c’est premièrement renforcer la compétitivité-coût de Maurice et surtout la productivité, et c’est là où également l’IA peut nous aider. Il faut aussi, pour pallier la pénurie de talent, faciliter l'accès aux talents étrangers spécialisés, surtout lorsque les compétences ne sont pas disponibles localement. Et surtout, en troisième lieu, c’est surtout accélérer notre montée en gamme vers des services numériques à plus forte valeur ajoutée. »

    Le gouvernement assure avoir engagé des discussions avec les représentants du secteur afin d’identifier des mesures de soutien. Pour les syndicats, la priorité est de limiter l’impact social des restructurations. Reaz Chuttoo réclame un mécanisme pour une mise en relation plus rapide des salariés licenciés avec les entreprises qui recrutent.

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  • L’Afrique veut tirer le meilleur parti des avancées dans le domaine spatial
    2026/09/13
    Le sommet international de l’espace à Paris a été l’occasion pour les acteurs de se réunir. Les géants du secteur (Airbus, Thales, Amazon etc.) étaient présents. Mais pas question pour le continent africain de rester à l’écart. De fortes délégations africaines ont fait le déplacement. En jeu : beaucoup de réseaux et parfois des contrats. Un protocole d’accord a été par exemple signé entre la start up Leoblue et l’Agence sénégalaise d’études spatiales pour une solution d’alerte précoce. Cette solution doit apporter une réponse à des problématiques très concrètes : alerte aux pêcheurs en haute mer pour prévenir une tempête, gestion des foules pour la sécurité urbaine lors de grands événements, information sur une urgence sanitaire... Sous la coupole du Grand Palais, Yaya Silla se réjouit. Il est à la tête de Sah Analytics International – une entreprise ivoirienne qui propose des solutions autour de l'analyse des données spatiales. Pour lui, il n’y a pas de doute, il fallait être présent. « Vous voyez l'engouement qu'il y a autour. Cet engouement, ce n’est pas pour rien », lance-t-il enthousiaste. Il est important pour lui que des investissements soient réaliser pour permettre de faire des contrepoids aux géants comme Starlink en développant des produits dans le Sud et en Afrique. Dans le domaine, la Côte d’Ivoire, le Rwanda mais aussi le Sénégal ont engagé un développement important du secteur. Maram Kaire, le directeur général de l'Agence sénégalaise d'études spatiales, plaide pour une approche globale. « Nous sommes dans une dynamique à long terme et ça passe par plusieurs actions. D'abord, la mise en place des infrastructures. Il faut que les infrastructures existent et que les jeunes qui s'intéressent au secteur spatial puissent le faire dans leur propre pays. Deuxièmement, il faut que les jeunes puissent être formés au niveau national. Et il s'agit maintenant de programmes spatiaux : développer des satellites avec ces infrastructures, de pouvoir le faire sur place. Donc, c'est tout un ensemble », détaille-t-il. « Nous ne cherchons pas une action ponctuelle - lancer un satellite par exemple - nous cherchons à créer toute une nation spatiale », résume Maram Kaire. À lire aussiSommet de l'Espace: l'Afrique ne veut pas continuer à être distancée Rationnaliser les budgets, coordonner les intiatives Difficile pour des économies parfois contraintes. Pour le Dr Tidiane Ouattara, le président du conseil de l’Agence spatiale africaine, l’effort d’investissement devrait être réparti dans les différents ministères. « On pense qu'il faut prioriser l'espace à part et qu'il faut un budget à part. Je dis non. Il faut regarder cela de façon sectorielle et thématique », partage-t-il. « Si par exemple, la problématique de l'eau est une priorité pour un pays, ils vont trouver les moyens pour financer le secteur de l'eau. Mais le secteur de l'eau ne peut aller de l'avant qu'avec des données fiables, avec des infrastructures et des équipements fiables. C'est en cela que l'espace vient contribuer », poursuit-il rappelant les domaines d’application multiples (transport urbain, pollution marine, érosion côtière, agriculture etc). « L'espace n'est pas une fin en soi. L’espace est un moyen pour aider les décideurs à aller dans le bon sens dans leurs domaines respectifs. L'espace n'est pas une chose à part qu'il faut financer. Il faut le financer à l'intérieur des programmes de façon structurée », assure-t-il. Difficile pour des économies parfois contraintes. « Pour un pays qui n'a pas beaucoup de moyens, je pense que la chose importante, ce serait de de former des ingénieurs pour pouvoir traiter les images et datas qui sont gratuites et accessibles à tous, comme Copernicus », estiome Sekou Ouedraogo à la tête de l’African Aeronautics & Space Organisation. Pour le Dr Tidiane Ouattara, le président du conseil de l’Agence spatiale africaine, l’effort d’investissement devrait être réparti dans les différents ministères. « On pense qu'il faut prioriser l'espace à part et qu'il faut un budget à part. Je dis non. Il faut regarder cela de façon sectorielle et thématique », partage-t-il. « Si, par exemple, la problématique de l'eau est une priorité pour un pays, ils vont trouver les moyens pour financer le secteur de l'eau. Mais le secteur de l'eau ne peut aller de l'avant qu'avec des données fiables, avec des infrastructures et des équipements fiables. C'est en cela que l'espace vient contribuer », poursuit-il, rappelant les domaines d’application multiples (transport urbain, pollution marine, érosion côtière, agriculture, etc.). « L'espace n'est pas une fin en soi. L’espace est un moyen pour aider les décideurs à aller dans le bon sens dans leurs domaines respectifs. L'espace n'est pas une chose à part qu'il faut financer. Il faut le financer à ...
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  • Les déconvenues judiciaires de Shell suivies de près par le secteur pétro-gazier
    2026/09/10

    En Afrique du Sud, l’entreprise pétrolière britannique Shell a perdu, le mois dernier, ses droits d’exploration au large de la Wild Coast qui longe l’océan Indien. La Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, a donné raison aux populations locales et aux ONG qui avaient lancé cette action en justice. La décision ne laisse pas le secteur pétro-gazier indifférent.

    Avec notre correspondante en Afrique du Sud,

    Cela fait 5 ans que la société civile s’oppose aux explorations sismiques prévues par le géant britannique. Après plusieurs recours, la Cour constitutionnelle a finalement tranché : les populations n’ont pas été correctement consultées et le juge Jody Kollapen a donc confirmé à Shell le retrait de son autorisation : « La consultation est une procédure censée permettre de respecter la dignité humaine, en faisant une place à la table des décisions à ceux dont la vie et les moyens de subsistance pourraient être affectés ».

    Shell prévoyait de créer des ondes sismiques grâce à l’envoi d’un navire équipé de canons à air, afin de pouvoir analyser la structure géologique du sous-sol marin. Ce qui n’était pas au goût des militants locaux tels que Nonhle Mbuthuma. « Nous, les populations côtières, dépendons de l’océan et continuons à pratiquer des méthodes de pêche traditionnelles. Mais au-delà de nos moyens de subsistance, nous avons aussi des droits culturels : en tant qu'habitants de la Wild Coast, nous croyons que nos ancêtres résident dans l’océan », explique-t-elle.

    L’affaire pourrait créer des remous dans tout le secteur, estime Otlotleng Mokgatle, analyste chez Control Risks : « L'une des conséquences de cette décision, c’est de renforcer le sentiment, notamment chez les investisseurs, que le secteur offshore sud-africain est exposé à un ensemble de risques, liés à un groupe d’acteurs très actifs et, disons-le, offensifs en Afrique du Sud ».

    Le bassin d'Orange toujours attractif

    Le groupe français TotalEnergies a déjà connu des déboires similaires lorsque la justice a annulé, en première instance en 2025, une autorisation environnementale pour un ensemble de blocs au large du Cap. Cependant le bassin d'Orange, à la frontière avec la Namibie plus au nord, est plein de promesses et pourrait continuer à aiguiser les appétits et ce malgré les risques judiciaires.

    « Je ne dirais pas que cela va nécessairement réduire l’attractivité de l’Afrique du Sud pour de futurs investissements dans le pétrole et le gaz, notamment parce que le potentiel géologique reste très important. Les investisseurs prennent ce potentiel en compte, tout comme ils prennent en compte les conditions fiscales, les infrastructures existantes dans le pays, ainsi que les incertitudes judiciaires suite à cette décision. Je pense donc que cela aura davantage un impact sur la prime de risque, mais cela ne devrait pas faire perdre au marché toute son attractivité », selon Otlotleng Mokgatle :

    Début août, un tribunal a rejeté la demande d’associations qui cherchaient à empêcher une campagne d’études sismiques dans le bassin d'Orange. Shell y maintient pour l’instant sa présence, tout comme TotalEnergies, qui fait cependant l’objet d’un nouveau recours autour d’une autorisation environnementale.

    À lire aussiAfrique du Sud: victoire en justice des défenseurs de l'environnement face à Shell

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  • Entre le Nigeria et le Ghana, la «crise de l’oignon» révèle les limites du libre-échange
    2026/09/09
    Ces derniers mois, plusieurs cargaisons d’oignons nigérians ont été saisies sur des marchés ghanéens par des commerçants locaux. En réponse, les négociants nigérians ont interrompu leurs exportations. En cause : un désaccord sur les règles de distribution sur les marchés ghanéens, avec en toile de fond la question des prix. Le Ghana est un marché crucial pour la filière nigériane : près de 100 000 tonnes d’oignons y sont exportées chaque année. Alors, lorsque des camions sont interceptés et que des centaines de tonnes d'oignons sont saisies sur le marché de Kotoka à Accra, la tension monte rapidement. C’est ce qui s’est produit à plusieurs reprises depuis le mois d’avril. Cela a conduit les acteurs du nord du Nigeria à suspendre les livraisons d’oignons vers le Ghana. Des oignons ghanéens moins compétitifs Car les Nigérians vendent les oignons sur le marché au prix qu’ils ont fixé… et c’est précisément ce qui ne passe pas auprès des commerçants ghanéens, explique David Olujinmi, analyste économique chez SBM Intelligence, basé à Lagos : « Ils estiment que les Nigérians arrivent avec leurs produits et font baisser les prix, parce que les oignons qu’ils vendent sont proposés à un prix bien moins élevé. Les oignons produits au Ghana ne sont donc pas compétitifs par rapport à ceux que les Nigérians apportent sur le marché ghanéen. » Un accord tacite a depuis été trouvé. Le différend est terminé, assure l’Association nigériane des producteurs, transformateurs et distributeurs d’oignons. À lire aussiLe Ghana souhaite industrialiser son agriculture avec l'aide de la Chine Mais pour David Olujinmi, cet épisode soulève des questions plus profondes sur le cadre du libre-échange interafricain : « L’excédent commercial du Nigeria avec l’Afrique de l’Ouest est gigantesque. Le Nigeria n’achète pas énormément aux autres pays, mais il leur vend beaucoup de produits. Notre monnaie est probablement la plus faible de la sous-région, cela rend nos produits plus compétitifs en termes de prix par rapport aux produits fabriqués dans ces pays. Mais le commerce doit fonctionner dans les deux sens, estime l'économiste. Les pays comme le Ghana commencent à subir des pressions politiques pour protéger leurs propres producteurs locaux. Et toutes ces pressions conduisent à certaines des situations que nous avons vues, comme ces restrictions informelles. » « Mieux appliquer les règles du libre-échange » Pour Paul Akande, chargé de programme pour le développement de l'aquaculture à la Commission de la Cédéao, le différend commercial entre le Nigeria et le Ghana ne nécessite pas la mise en place d’un nouvel accord. Les deux pays sont déjà liés par les mécanismes de libre-échange de l’organisation régionale. L’enjeu est plutôt de renforcer l’information auprès des acteurs économiques et de rappeler les règles existantes : « Il faudrait davantage de sensibilisation et d’information : rappeler que nous appartenons au même espace commercial et que nous avons le droit de commercer librement dans le cadre des mécanismes de libre-échange de la Cédéao. » Pour Pau Akande, cette sensibilisation doit concerner l’ensemble des acteurs de la chaîne commerciale. « Il faut que les exportateurs, les importateurs, les acheteurs et les vendeurs comprennent qu’ils doivent faire preuve de souplesse et de compréhension, souligne-t-il, parce que nous appartenons au même espace commercial et sommes liés par les mêmes accords de libre-échange. » Cette question intervient alors que le commerce entre les pays d’Afrique de l’Ouest poursuit sa progression. Selon le dernier rapport de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), la région affichait un « taux d’échange intra-régional élevé de 76,1 % » l’année dernière. La banque souligne notamment le dynamisme de plusieurs corridors commerciaux, parmi lesquels celui reliant la Côte d’Ivoire et le Nigeria. À lire aussiSénégal: le gouvernement lève le gel des importations d’oignons
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  • À Madagascar, modéliser les impacts du changement climatique pour mieux planifier
    2026/09/08
    Inondations, glissements de terrains, cyclones ont des conséquences importantes sur les populations et les infrastructures. Dans ce contexte, la Global Risk Modelling Alliance, alliance de partenaires publics-privés, travaille sur le coût et l’impact du changement climatique. AXA Climate membre de cette alliance a, l’année dernière, réalisé une première phase de cartographie des risques à Madagascar. Elle vient de lancer une deuxième phase. La première phase d’analyse estime par exemple à 311 millions de dollars en 2050 le coût lié aux risques d’inondations. Plus généralement, ce sont les impacts de 8 grands aléas qui ont ainsi été étudiés. La deuxième phase va se concentrer plus précisément sur les risques liés aux inondations – aléas majeurs sur la Grande Île - et sur les déplacements de population affectés par les aléas climatiques. Des cartes et des projections nécessaires aux autorités, explique Herman Julot, le directeur de la planification stratégique au sein de la cellule de prévention et de Gestion des urgences auprès de la primature (CPGU) : « La connaissance des risques nous permet de bien identifier les activités à mettre en œuvre. Si on connaît avant l'impact potentiel causé par les aléas, on peut déjà se préparer face à ces impacts là, et on peut planifier les activités. On peut estimer les budgets alloués pour les activités à mettre en œuvre suivant les éventuelles ampleurs des aléas. » En plus de 400 cartes libres d’accès, des formations ont été délivrées auprès d’une centaine d’experts techniques dans les ministères de l’Agriculture, des Travaux publics ou encore chez des partenaires internationaux. « On les a vraiment formés à l'utilisation des cartes sur différents logiciels qui permettent de superposer les cartes d'aléas, donc, les zones cycloniques, les zones à risque d'inondation avec des cartes de bâtiments, d'infrastructures ou de populations pour identifier les zones prioritaires. Donc ça, ce sera très utile », détaille Eliot Pernet, spécialiste responsable adjoint de l’équipe du conseil au secteur public d’AXA Climate. « Stratification des risques » Une meilleure visibilité des risques qui doit permettre une meilleure planification mais également de prévoir les outils financiers pertinents. « Une fois que vous savez combien vous devez mobiliser en cas de cyclone, en cas d'inondation, en cas de sécheresse ; une fois que vous savez quelles sont vos zones principales à risque, vous pouvez effectivement décider de mettre une assurance ici, un fonds de réserve là, un crédit contingent ici », précise Eliot Pernet. Une stratégie appelée « stratification des risques », c’est-à-dire compenser les pertes selon leur type et leur gravité « avec différents instruments financiers ». Car le domaine de l’assurance est onéreux, et les autorités peuvent rencontrer plusieurs défis, détaille Herman Julot. Dans des contextes de budgets contraints, ces choix s’avèrent stratégiques : « Le plus gros défi, c’est premièrement le paiement de la prime et aussi assurer la célérité des décaissements. Puis la célérité de la mise en œuvre des activités s’il y a des décaissements. » La deuxième phase d’étude doit aider à mieux comprendre les conséquences macroéconomiques des aléas climatiques, notamment leurs effets directs et indirects sur l'économie de Madagascar. À lire aussiMadagascar: Amnesty dénonce l’inaction de l’État face aux migrations climatiques des Antandroy
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  • L'île Maurice mise sur de nouveaux investissements pour relancer sa filière thé
    2026/09/07

    À Maurice, la filière thé cherche un nouveau modèle pour rester compétitive et répondre aux habitudes de consommation locales. Après des décennies de recul face à la canne à sucre et une diminution du nombre de planteurs, de nouveaux acteurs veulent relancer la production grâce à la mécanisation, de nouvelles techniques de culture et une meilleure valorisation du thé mauricien.

    Avec notre correspondant à Port-Louis, Patrick Hilbert

    C’est du jamais vu à Maurice. Le conglomérat ER investit 3 millions d’euros sur six ans dans une nouvelle plantation de thé à Valetta, dans la région de Moka, au centre de l’île. L’objectif est ambitieux : étendre progressivement les plantations sur 500 arpents, soit 210 hectares, au cours des cinq prochaines années. ER veut notamment réduire la dépendance de l’île aux importations.

    Olivier Baissac, directeur général d’ER Agri Ltd., explique les ambitions du groupe : « Cela fait 40 ans qu'aucun investissement d'envergure n'a été fait dans le thé à Maurice. Si ER relance cette filière, c'est parce qu'elle a du sens au niveau agronomique et économique. Il faut savoir qu'aujourd'hui près de 30 % du thé consommé à Maurice est importé et notre ambition est de réduire cette dépendance et d’apporter de la valeur à nos terres agricoles. À ce jour, nous avons importé plus d’un million de boutures de cultivars kényans. Une trentaine d'hectares ont déjà été plantés. Les premiers théiers montrent une croissance très encourageante et notre première récolteuse arrivera en septembre avec une première récolte attendue début 2027 ».

    Miser sur les terres moins adaptées à la canne

    À Valetta, ER mise sur les caractéristiques du terrain. Les sols acides et le climat humide de la région sont moins favorables à la canne à sucre, mais particulièrement adaptés à la culture du thé. Le groupe ne souhaite toutefois pas développer uniquement ses propres plantations. Il prévoit également d’accompagner les petits planteurs : formation aux nouvelles méthodes de culture, fourniture de plants, aménagement des parcelles et accès aux machines de récolte. Cette offensive intervient dans un secteur où les investissements privés d’envergure sont devenus rares. Une situation qui contraste avec l’histoire de Bois Chéri, acteur historique de la filière depuis la fin du XIXᵉ siècle.

    Pour Charles Guimbeau, directeur général du Groupe Saint-Aubin, propriétaire de Bois Chéri, le potentiel du secteur reste réel. « À Bois Chéri, nous croyons profondément à l'avenir du thé mauricien. C'est une filière qui est historique dans le pays et qui fait partie de notre patrimoine. Mais il est vrai que le secteur aujourd'hui fait face à pas mal de défis, notamment le manque de main-d'œuvre qui devient de plus en plus important dans les champs, avec une population vieillissante notamment au niveau des planteurs », regrette-t-il.

    Moderniser et monter en gamme

    Pour Bois Chéri, l’enjeu est donc également de moderniser la production. Mécanisation des plantations et des usines, nouveaux équipements, mais aussi montée en gamme : les acteurs historiques cherchent désormais à mieux valoriser le thé produit à Maurice assure Charles Guimbeau. « Nous souhaitons aussi produire un thé de meilleure qualité, qui valorise notre terroir, et nous souhaitons développer des thés à plus forte valeur ajoutée. D'ailleurs, à Bois Chéri, nous utilisons le thé aussi pour produire du iced tea, des biscuits, du satini », explique-t-il.

    Pour ER comme pour Bois Chéri, le pari est donc le même : transformer une filière vieillissante en une activité agricole plus moderne, mécanisée et rentable. Reste à savoir si l’arrivée d’un nouvel investisseur de cette envergure permettra de créer un véritable écosystème autour du thé à Maurice, et surtout de relancer durablement une production qui ne couvre plus l’ensemble de la consommation locale.

    À lire aussiMaurice veut diversifier l’usage de la canne à sucre

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  • La Côte d’Ivoire veut faire tomber les barrières du commerce vers l’Europe
    2026/09/06

    Exporter vers l’Europe fait rêver de nombreuses entreprises ivoiriennes. Mais entre les normes, les certifications, les exigences de qualité et les difficultés d’accès au financement, peu parviennent à franchir le pas. Un an après sa création, la Chambre ivoirienne de commerce et d’industrie Côte d’Ivoire-Europe veut faire tomber ces barrières.

    De notre correspondant à Abidjan,

    Yelen'Art fait partie des entreprises ivoiriennes qui ont réussi à conquérir le marché européen. Spécialisée dans les bijoux artisanaux haut de gamme, la marque est aujourd’hui présente à Bruxelles et à Paris, près de dix ans après sa création. « Les produits Yelen'Art accèdent au marché européen à travers des représentations via des boutiques ou concept stores qui sont intéressés par promouvoir du made in Africa, explique Stéphanie Nabo-Lehou, sa fondatrice. On exporte une qualité de produit, on exporte un savoir-faire. On souhaite devenir une marque de luxe de référence à travers le monde. »

    Avec plus de 400 millions de consommateurs, l’Europe représente un marché important pour les entreprises ivoiriennes. Mangues séchées, noix de cajou ou dérivés du cacao y trouvent déjà leur place. Mais exporter suppose aussi de répondre à des normes strictes et de garantir la régularité des approvisionnements. Un défi auquel s’ajoute la question du financement. « Vous n’êtes pas producteur, vous êtes exportateur, vous avez donc besoin d’acheter les produits pour les expédier, souligne Mobio Marc Loba, conseiller technique à Côte d’Ivoire Export. Et quelques fois, il y a un problème de financement à l’exportation. Il y a le problème de régularité pour respecter les commandes : il ne s’agit pas de faire une opération et puis de disparaître. Il y a la nécessité que les entreprises ivoiriennes se mettent à niveau. »

    À lire aussiCôte d’Ivoire: début de la campagne de cacao, la carte du producteur devient obligatoire

    Formalités administratives complexes

    Pour aider les entreprises à braver ces obstacles, la Chambre ivoirienne de commerce et d’industrie Côte d’Ivoire-Europe mise sur l’accompagnement et la mise en relation avec des partenaires. « Certaines entreprises veulent pouvoir participer à des foires, à des salons en Europe, mais elles sont souvent confrontées à des problématiques administratives, souligne son président, Issiaka Abdou. La Chambre de commerce étant basée en Europe, elle a la possibilité de représenter ces structures africaines auprès de leurs partenaires pour pouvoir assurer un continuum d’activité. »

    Pendant ce temps, le marché ivoirien s’ouvre progressivement aux produits européens. Dans le cadre d’un accord de partenariat économique, certains bénéficient d’une suppression progressive des droits de douane jusqu’en 2029. Pour les entreprises ivoiriennes, l’enjeu est désormais de se mettre à niveau pour tirer, elles aussi, profit de cette ouverture.

    À écouter dans Éco d'ici, éco d'ailleursEurope - Afrique : vers une nouvelle relation économique ?

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  • Le boom de la Bourse de Casablanca [5/5]
    2026/09/03

    L'indice de la place casablancaise a connu un boom ces dernières années. Des performances à peine remises en cause par la crise au Moyen-Orient puisque le MASI (Moroccan All Shares Index) devrait poursuivre sa croissance en 2026. À l'origine de ce climat d'euphorie : le retour des petits porteurs et évidemment la perspective de la Coupe du monde 2030, co-organisée par le Maroc.

    Avec notre correspondant à Casablanca,

    Il y a un an, le 18 juillet 2025, le cap des 100 milliards de dollars de capitalisation était franchi. Une première historique pour la Bourse de Casablanca. « Tout cela est dû au chantier de la Coupe du monde de 2030, et aussi parce qu'aujourd'hui, il y a un intérêt particulier d'entreprises qui viennent lever des fonds. La Bourse, aujourd'hui, a aussi un objectif : atteindre une introduction en bourse par mois », détaille Mohammed Jadri, économiste spécialisé en éducation financière.

    Avec une croissance du PIB de près de 5% attendue pour 2026 au Maroc, les perspectives économiques sont toujours aussi bonnes. « Jusqu'à peu, il n'y avait que des gros investisseurs. Aujourd'hui, on voit des particuliers, des fonctionnaires, des salariés du secteur privé. Donc ça montre qu'il y a un intérêt », poursuit-il.

    Ce qui a effectivement permis à la Bourse de Casablanca de battre des records, c'est notamment le retour des petits porteurs comme Jalal, un chef de projet snior dans l'informatique. « La Bourse de Casablanca a traversé plusieurs périodes difficiles. Il y a eu d'abord le retrait de la quote de plusieurs grandes sociétés, puis la crise du Covid. Le contexte s'est amélioré petit à petit, surtout après l'annonce de l'organisation de la Coupe du monde 2030. Donc tout cela a renforcé l'optimisme », témoigne-t-il. Les investisseurs particuliers représentent environ 30% des transactions.

    Casablanca au 2e rang des places financières africaines

    Investir en bourse n'a jamais été aussi simple et ludique. Les petits porteurs passent désormais par des plateformes de trading. Jalal partage ses espoirs : « Au-delà de la Coupe du monde, j'espère surtout que cette dynamique permettra d'attirer davantage d'entreprises en bourse, de développer le marché d'actions marocain. En tant qu'investisseur, c'est ça qui m'intéresse, c'est avoir plus d'opportunités d'investissement. »

    Après deux années de forte progression, la place casablancaise est entrée dans une phase de consolidation. Depuis le début de l'année, l'indice MASI affiche ainsi un recul d'environ 5% dû en grande partie à la guerre au Moyen-Orient. « L'année dernière, on a craint qu'à un moment donné, la Bourse rentre dans une bulle spéculative. Mais avec cette guerre, en fin de compte, il y a eu quelques points positifs pour le marché financier et le marché boursier de manière spécifique », analyse encore Mohammed Jadri. Casablanca est désormais au deuxième rang des places financières africaines en valeur, encore loin néanmoins de Johannesburg, à la capitalisation dix fois supérieure.

    À lire aussiEn Éthiopie, les débuts timides de la nouvelle Ethiopian Securities Exchange [4/5]

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