エピソード

  • Cybersécurité : l'intelligence artificielle, amie des entreprises?
    2026/10/23
    Rançons, vols de données, interruptions d’activité, assurances et investissements dans la protection : le coût des cyberattaques explose. Comment fonctionnent ces réseaux criminels ? Comment les entreprises et les États peuvent-ils se défendre ? Dans le monde entier, la cybersécurité est désormais un enjeu de souveraineté et de croissance. Une problématique augmentée par le développement de l'intelligence artificielle, à la fois alliée et ennemie des acteurs économiques. NOS INVITÉS Matthieu Wallich-Petit, membre du comité exécutif de KPMG France, auteur du Global CEO Outlook 2026 Andréanne Bergeron, professeure associée au Département de criminologie de l'Université de Montréal (Canada), spécialiste de la criminalité numérique Clément Domingo, hacker éthique (cofondateur de l’ONG Hackers Sans Frontières), entrepreneur et conférencier en cybersécurité Franck Kié, président-fondateur de Ciberobs et commissaire général du Cyber Africa Forum les 16 et 17 novembre 2026 à Cotonou (Bénin) Le risque cyber, priorité n°1 des entreprises Matthieu Wallich-Petit commente l'étude Global CEO Outlook 2026 du cabinet de conseil international KPMG. Il a interrogé près de 1.400 dirigeants de grandes entreprises dans le monde. La cybersécurité s'impose désormais comme une préoccupation majeure des dirigeants, devant d'autres risques économiques et géopolitiques. Les attaques menacent la continuité de l'activité, la réputation des entreprises et la protection des données. Elles obligent les organisations à investir dans leurs systèmes de défense, à recruter des spécialistes et à former leurs salariés. Clément Domingo rappelle que le risque ne concerne plus uniquement les grands groupes : « Absolument tout le tissu économique est touché », des TPE aux grandes entreprises. Le coût économique des cyberattaques : pertes, rançons et interruptions d'activité Au-delà des rançons, une cyberattaque peut entraîner des pertes de chiffre d'affaires, des dépenses de remise en état, des licenciements et parfois la fermeture d'une entreprise. Les conséquences dépassent largement les seuls dégâts informatiques. Franck Kié insiste sur l'importance de prendre en compte toutes les conséquences économiques : « La cybersécurité aujourd'hui est devenue un risque majeur pour les économies africaines. Elle ne doit plus être appréhendée uniquement comme une dépense informatique, mais comme un risque financier en tant que tel à anticiper. » Les cybercriminels : une économie organisée et professionnalisée Loin de l'image du pirate informatique isolé, la cybercriminalité repose sur des écosystèmes dans lesquels les rôles sont répartis : développement d'outils, recherche de failles, revente de données, commercialisation d'accès aux systèmes et blanchiment de l'argent. Andréanne Bergeron explique que les acteurs sont très diversifiés : « Ils ont leur modèle d'affaires et pour qu'ils fonctionnent bien, ça dépend de plein de choses. » La chercheuse distingue notamment les spécialistes techniques, les opérateurs et les intermédiaires. Certains groupes ciblent des organisations précises ; d'autres exploitent massivement les vulnérabilités accessibles. Clément Domingo observe également la montée en puissance de jeunes cybercriminels, parfois motivés par la recherche de reconnaissance autant que par le gain financier. Des réseaux internationaux et des circuits financiers opaques Les frontières physiques protègent peu contre des groupes criminels capables de coordonner leurs opérations depuis plusieurs pays. Les réseaux peuvent répartir les compétences, exploiter les différences de législation et chercher refuge dans des juridictions où le risque de sanction est moindre. Après une attaque, les gains peuvent être transférés entre plusieurs banques, convertis en cryptomonnaies ou acheminés par des intermédiaires. Le blanchiment complique le travail des enquêteurs, tandis que certaines personnes impliquées ignorent qu'elles participent à une organisation criminelle. Andréanne Bergeron rappelle toutefois que les données scientifiques permettant de mesurer précisément ces circuits, notamment le rôle des cryptomonnaies, restent limitées. Le Royaume-Uni, révélateur de l'ampleur du risque La correspondante de RFI à Londres, Émeline Vin, présente les chiffres britanniques : deux entreprises sur cinq auraient connu un incident cyber entre avril 2025 et avril 2026, et trois sur cinq parmi les plus grandes entreprises. Les incidents comprennent notamment le hameçonnage, le vol d'identité et les rançongiciels. Leur coût cumulé pour l'économie britannique est estimé à plus de 15 milliards d'euros par an. Le gouvernement britannique a engagé des programmes de sensibilisation et de renforcement de la résilience. Mais la prévention ne suffit pas à garantir une protection totale : les autorités ...
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  • Le burger, miroir de l'inflation et de l'économie mondiale
    2026/10/30
    Près de 100 milliards de burgers consommés chaque année dans le monde : derrière ce sandwich devenu universel se cache une véritable industrie mondialisée. Viande, blé, énergie, transport, livraison : tous les ingrédients subissent les tensions économiques et géopolitiques. Entre inflation, nouvelles habitudes alimentaires et adaptation aux goûts locaux, enquête sur les ressorts d'un marché qui pèse lourd. Le prix des burgers est devenu un sujet de campagne pour les mid-terms aux Etats-Unis. NOS INVITÉS Maria Bertoch, directrice de la branche New Business Food Services chez Circana, société d'études de marché, spécialiste des comportements de consommation et du marché de la restauration rapide. Sébastien Abis, directeur du Club DEMETER et chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Spécialiste des questions agricoles, alimentaires et géopolitiques. Découvrer le rapport DEMETER 2026 ici Le burger, un marché mondial Le burger est devenu un incontournable de la restauration mondiale. Rien qu'en Europe, sur ces cinq grands marchés (France, Allemagne, Espagne, Italie et Royaume-Uni), il représente 41 milliards d'euros et 4,8 milliards de visites. Malgré un recul de la fréquentation globale de la restauration, le segment du fast-food burger continue de progresser. Le profil des consommateurs évolue également. Si les jeunes adultes et les familles restent les principaux clients, les générations plus âgées fréquentent de plus en plus les enseignes spécialisées. La montée en gamme : le burger devient un produit gastronomique Face aux grandes chaînes internationales, de nouveaux restaurateurs misent sur la qualité des ingrédients, la créativité des recettes et la personnalisation. Le smash burger et les burgers gastronomiques séduisent notamment une clientèle jeune, en quête de produits différenciants. Christopher, cofondateur de Madison Smash Burger à Saragosse, explique : « Les consommateurs sont toujours plus exigeants. Ils recherchent des produits de qualité. » Thomas Gomez, organisateur en France des Champions Burger, observe lui aussi cette évolution : « L'idée, c'est vraiment de mettre en avant le burger comme un produit gourmet et véritablement le faire sortir un peu de la représentation qu'on peut en avoir dans le fast-food. » Mais cette montée en gamme a un prix. Entre la viande, le pain, les emballages et la logistique, les coûts augmentent et les restaurateurs doivent arbitrer entre qualité, marges et accessibilité. Inflation : jusqu'où les consommateurs peuvent-ils payer leur burger ? Aux États-Unis comme en Europe, la hausse du prix des matières premières pèse sur les consommateurs et les restaurateurs. Aux États-Unis, le prix du bœuf a particulièrement augmenté, notamment en raison de la diminution des troupeaux et des conséquences de la sécheresse. Le correspondant de RFI à Los Angeles, Loïc Pialat, rapporte que certains menus dans les grandes chaînes américaines approchent désormais les 18 dollars, contre moins de 10 dollars quelques années auparavant. Maria Bertoch identifie plusieurs seuils psychologiques : « À partir d'à peu près 15 €, les consommateurs ne voient plus tellement la valeur de fast-food. » Pour les ménages les plus modestes, le décrochage peut intervenir dès que le burger dépasse les 10 euros. Les enseignes multiplient donc les promotions et les menus à prix cassés pour conserver leur clientèle. Les prix alimentaires, enjeu majeur pour Donald Trump lors des mid-terms aux USA À l'occasion des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, l’enjeu est considérable pour Donald Trump. Ces élections, qui renouvellent l’ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, constituent un test national pour sa présidence et pour sa politique économique. Le pouvoir d’achat, le coût de l’alimentation et le prix des dépenses quotidiennes figurent parmi les sujets susceptibles de peser dans le débat électoral : le burger, produit emblématique de la consommation américaine, devient ainsi un révélateur très concret des préoccupations des ménages. Livraison et dark kitchens : la nouvelle économie du burger La digitalisation transforme profondément la restauration rapide. Bornes de commande, applications, drive et livraison à domicile sont devenus des éléments essentiels du modèle économique. Maria Bertoch souligne que la livraison progresse de 5 % sur douze mois en Europe. Le drive représente quant à lui 15 % du trafic du fast-food burger sur les cinq grands marchés européens. Mais ce modèle a aussi ses perdants. Le reportage de Marguerite Lecas dans une dark kitchen de la région parisienne met en évidence les commissions des plateformes, qui peuvent atteindre 25 à 33 % selon le responsable interrogé. Pour les clients, les frais s'accumulent. Pour les livreurs, la rémunération par course ...
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  • Pétrole, cuivre, terres rares : qui contrôlera les ressources stratégiques ?
    2026/09/25
    Économie et géopolitique : les deux dimensions sont désormais indissociables. La crise au Moyen-Orient, les tensions autour du détroit d’Ormuz et la guerre en Ukraine révèlent la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement. Pétrole, gaz, cuivre, aluminium, lithium, graphite ou terres rares sont devenus des enjeux de puissance. Des États-Unis à la Chine, de l’Europe à l'Afrique (RDC en tête), les grandes puissances cherchent à sécuriser leurs ressources et affirmer leur domination. NOS INVITES - Anne Bialkowski, responsable de l'unité Intelligence minérale au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), établissement public français de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer les ressources et les risques du sol et du sous-sol. - Emmanuel Hache, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) - Yves Jégourel, professeur titulaire de la chaire « Économie des matières premières et transitions durables » au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), professeur associé à Mines Paris – PSL et auteur du podcast @commo_talks_matieres_premieres - Jonathan Muya, chercheur en macroéconomie financière et en géostratégie à l’Université de Kinshasa (RDC) - Ottilia Férey, correspondante de RFI dans les pays scandinaves Une émission enregistrée dans le cadre des Ecopol 2026 à Tours. LES TEMPS FORTS DE L'EMISSION Ormuz : quand la géopolitique fait flamber les prix La crise autour du détroit d’Ormuz illustre la fragilité des marchés mondiaux de l’énergie. La hausse du pétrole se transmet aux carburants et à l’ensemble des chaînes de valeur, tandis que les anticipations de pénurie entretiennent la volatilité des prix. Pétrole, gaz, carburants : les nouvelles vulnérabilités européennes La question énergétique ne se résume plus à l’accès au pétrole. Stocks stratégiques, capacité de raffinage, importations de gazole et diversification des fournisseurs sont devenus des enjeux majeurs pour la sécurité économique européenne. Métaux stratégiques : le nouveau front de la rivalité sino-américaine Aluminium, cuivre, lithium, graphite, terres rares : ces ressources sont indispensables à l’industrie, à la transition énergétique mais aussi aux secteurs numériques et de défense. États-Unis et Chine cherchent à sécuriser leurs approvisionnements et à réduire leurs dépendances. Europe : peut-on réduire la dépendance aux matières premières ? L’Europe cherche à renforcer ses capacités d’approvisionnement, d’exploration et de recyclage. La Scandinavie dispose notamment de ressources importantes, mais leur exploitation pose une question centrale : comment concilier souveraineté minérale, transition énergétique et protection de l’environnement ? RDC : comment transformer la richesse minière en développement ? La République démocratique du Congo dispose d’importantes ressources en cuivre, cobalt, étain et coltan. Pour Jonathan Muya, l'enjeu est de transformer la rente minière en investissements structurants et de développer davantage la transformation locale. La rivalité entre partenaires peut aussi modifier le pouvoir de négociation de Kinshasa. Recyclage, sobriété, transformation : peut-on échapper à la course aux ressources ? La transition énergétique accroît la demande en matières premières. Face à cette pression, les invités soulignent trois leviers : développer le recyclage, conserver les matières sur les territoires européens et interroger la consommation de ressources. Le cuivre, notamment, devient un enjeu central des infrastructures électriques et numériques. POUR INFOS - le projet OFREMI (Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles) - Emmanuel Hache - Géopolitique des matières premières (Eyrolles) - Le rapport annuel du cercle CyclOpe NOTRE CHOIX MUSICAL Jetski (Friki) - Moliy, Yailin la Mas Viral, Theodora
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  • De l’Asie à l'Afrique, les défis du marché mondial du riz
    2026/09/19
    Le riz est au cœur de l’alimentation de milliards de personnes mais aussi des grands équilibres agricoles et commerciaux mondiaux. Alors que sa production est concentrée en Asie, plusieurs pays africains cherchent à réduire leur dépendance aux importations. De l’Inde à Madagascar et à la Côte d’Ivoire, Eco d'ici Eco d'ailleurs analyse avec ses invités l’enjeu est de produire davantage, malgré le changement climatique, la pression sur l’eau et le coût des intrants. Nos invités : - Matthieu Brun, directeur scientifique à la Fondation FARM - Ny Hasinambinintsoa Masezamanan, secrétaire exécutif de la Plateforme de Concertation sur le Système Rizicole à Madagascar - Mariam Touré, PDG de la Société ivoirienne de riz (SIRIZ). Découvrez l'entretien en vidéo ici - Abdoolah Earally et Guilhem Fabry, correspondants de RFI en Inde et à Madagascar UN MARCHÉ MONDIAL SOUS INFLUENCE La production mondiale de riz est extrêmement concentrée, principalement en Asie. Cette configuration rend le marché particulièrement sensible aux décisions des grands producteurs et exportateurs. Une fermeture des frontières, un déstockage ou une mauvaise récolte peuvent rapidement avoir des conséquences sur les prix mondiaux. 🎤 Matthieu Brun : « Le riz est un marché très étroit, qui peut être très vite verrouillé. » L’INDE, GÉANT DU RIZ ET ARBITRE DES PRIX Premier exportateur mondial, l’Inde joue un rôle déterminant sur le marché international du riz. Ses politiques agricoles associent soutien aux producteurs, irrigation, prix minimums garantis et contrôle des échanges. Ses décisions sur les stocks et les exportations peuvent donc se répercuter sur les consommateurs africains. CLIMAT, EAU ET RENDEMENTS : LE NOUVEAU DÉFI Sécheresses, inondations, variations de pluviométrie et raréfaction de l’eau compliquent la production de riz. En Asie comme en Afrique, l’irrigation et les infrastructures hydrauliques deviennent déterminantes. L’enjeu est aussi d’améliorer les rendements pour produire davantage avec des ressources limitées. MADAGASCAR, PRODUIRE PLUS POUR IMPORTER MOINS À Madagascar, le riz est un aliment de base mais les rendements restent insuffisants. La filière repose largement sur de petites exploitations familiales et des circuits de transformation artisanaux. L’investissement, la formation des producteurs et l’amélioration des infrastructures apparaissent essentiels pour renforcer la production locale. 🎤 Ny Hasinambinintsoa Masezamanan : « La production nationale n'arrive pas à couvrir tous les besoins. « On n'utilise pas encore des semences performantes. La question foncière bloque les investissements. » SOUVERAINETÉ : FAUT-IL RÉDUIRE LES IMPORTATIONS ? Renforcer la production nationale ne signifie pas nécessairement fermer les frontières. Les importations jouent aussi un rôle dans l’approvisionnement et la stabilisation des prix. Pour les producteurs, la priorité est surtout de disposer de règles commerciales prévisibles afin de pouvoir investir et anticiper leurs revenus. 🎤 Matthieu Brun : « Aucun pays ne s’est construit en autarcie en termes de production de riz. » INNOVER POUR S’ADAPTER : L’EXEMPLE DU RIZ HYBRIDE À Madagascar, la recherche travaille sur le croisement de variétés locales et asiatiques. L’objectif est notamment d’améliorer les rendements et de mieux répondre aux contraintes climatiques. Mais l’innovation doit être accompagnée par des semences accessibles, des intrants adaptés et un débouché commercial. 🎤 Matthieu Brun : « C’est un processus d’innovation, ça prend du temps. » 🎤 Ny Hasinambinintsoa Masezamanan : « Les producteurs sont divisés sur le riz hybride. Le bilan n'a pas encore été fait. » IRRIGATION ET SOLS : LES PRIORITÉS DES PRODUCTEURS AFRICAINS Au Sénégal comme en Côte d’Ivoire, l’accès à l’eau est devenu une question centrale. Mariam Touré défend notamment l’idée d’un « plan Marshall » de l’irrigation. La gestion des sols, leur fertilité et la valorisation des coproduits du riz sont également essentielles à la durabilité de la filière. 🎤 Mariam Touré : « Il faut un plan Marshall de l’irrigation en Côte d'Ivoire. » ENGRAIS ET GÉOPOLITIQUE La production de riz dépend aussi d’intrants dont l’approvisionnement est vulnérable aux crises géopolitiques. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz peuvent ainsi affecter les engrais et, en cascade, les prochaines récoltes. 🎤 Matthieu Brun : « Un détroit qui se ferme, c’est en cascade : des conséquences pour les producteurs, pour leur accès aux engrais. » 💻 Réalisation : Steven Helsly 🎵 Choix musical : Mari Froes - Rio Lua
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  • RDC, Ukraine, Sénégal, France : trois regards sur des économies sous tension
    2026/10/02
    Guerres, dépendances, dette publique : trois problématiques mais un même enjeu de souveraineté et de financements. En RDC, les banques accompagnent la diversification d’une économie tirée par le secteur minier. En Ukraine, la guerre fragilise agriculteurs et ports, menaçant les marchés alimentaires mondiaux. Au Sénégal et en France, la dette pose la question : jusqu’où un État peut-il emprunter et assumer ses choix ? Plusieurs acteurs ou observateurs de ces enjeux livrent leurs analyses. République démocratique du Congo : financer la transformation de l’économie Avec Kadija Sango Keïta, directrice exécutive de Rawbank, chargée des finances et de la trésorerie L'émission en vidéo ici Diversifier une économie encore dépendante des mines Première banque commerciale de RDC, Rawbank revendique un modèle de banque universelle, présent auprès des ménages, des PME et des grandes entreprises. L’enjeu est désormais de diversifier les sources de revenus et de financer davantage les infrastructures, les télécommunications et les PME, ainsi que les entreprises qui gravitent autour des grands groupes. Inclusion financière et révolution du mobile money La digitalisation transforme rapidement les usages bancaires en RDC. Avec son application Illico Cash, Rawbank cherche à toucher une clientèle plus large, notamment grâce aux paiements et aux transactions numériques. Pour les personnes jusque-là éloignées du système bancaire, l'historique des transactions peut également permettre de constituer un « score de crédit » et d'accéder progressivement à l'épargne, au crédit ou encore à l'assurance. Du cash à la traçabilité financière La réduction de l'utilisation du cash est également présentée comme un moyen de mieux tracer les flux financiers et de contribuer à la lutte contre la fraude et la corruption. Mines : financer toute la chaîne de valeur Le secteur minier demeure au cœur de l'économie congolaise. Pour Rawbank, l'enjeu ne consiste pas seulement à financer les grandes compagnies minières, mais aussi leurs fournisseurs, leurs sous-traitants et les ménages concernés par cette activité. La banque entend privilégier les entreprises répondant à certains standards internationaux et contribuer à structurer des financements de taille importante avec des partenaires internationaux. Énergie, infrastructures et contenu local Mines, énergie et infrastructures sont étroitement liées. L'enjeu est notamment de financer des projets capables de créer davantage de valeur ajoutée en RDC, tout en mobilisant, lorsque les montants dépassent les capacités d'une banque locale, des capitaux et des partenaires financiers internationaux. Dette souveraine : le retour de la RDC sur les marchés Rawbank a participé, avec une banque internationale, à la structuration d'une levée de fonds de l'État congolais. Selon Khadija Sango Keïta, cette opération constitue un signal de retour de la RDC sur les marchés internationaux des capitaux et illustre le rôle que peut jouer une banque locale dans la mobilisation de financements internationaux. Franc congolais : réduire la dépendance au dollar Autre enjeu majeur : la place du dollar dans l'économie congolaise. Khadija Sango Keïta évoque les réformes engagées par la Banque centrale et la volonté de réduire progressivement l'utilisation du dollar en espèces, au profit du franc congolais dans les transactions quotidiennes. Ukraine : la guerre frappe les céréales et les ports Avec Dmytro Barinov, président de l’Association des ports ukrainiens, entretien réalisé à Odessa par Nathanaël Vittrant, journaliste au service économie de RFI. Des ports quasiment à l'arrêt Le conflit touche directement les infrastructures portuaires de la mer Noire. Selon Dmytro Barinov, le trafic dans la région d'Odessa est fortement perturbé par les risques encourus par les équipages et les navires. La menace ne concerne plus seulement les infrastructures à quai : les navires étrangers entrant ou sortant des ports ukrainiens sont eux aussi exposés. Les agriculteurs pris dans une guerre d'attrition Dans la région d'Odessa, les agriculteurs doivent faire face à des silos et infrastructures céréalières frappés par des drones ou des missiles. Le reportage de Nathanaël Vittrant décrit une situation dans laquelle les exploitants disposent parfois de récoltes, mais plus de capacités suffisantes pour les stocker. Exporter ou stocker : le dilemme des producteurs Pour les agriculteurs ukrainiens, l'impossibilité d'exporter entraîne une baisse des prix et complique l'écoulement des récoltes. Les négociants hésitent à acheter des productions qu'ils ne peuvent ensuite charger sur des navires. L'effet se répercute ainsi sur l'ensemble de la chaîne agricole. Une menace qui dépasse les frontières ukrainiennes L'Ukraine exporte traditionnellement vers l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et la Turquie. ...
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  • IA, une course aux milliards : qui paiera la facture?
    2026/10/09
    L’intelligence artificielle transforme l’économie, bouleverse le travail et soulève des questions majeures de sécurité et de démocratie. Mais cette révolution a un coût : les géants du secteur investissent des centaines de milliards de dollars dans les centres de données, les puces et l’énergie, sans garantir leur rentabilité. Entre risques de bulle financière, régulation insuffisante et recherche de souveraineté numérique, voici une large réflexion sur cette technologie qui redessine le monde. NOS INVITÉS Docteur Alfred Bewindin Sawadogo — expert en gouvernance de l’intelligence artificielle et auteur de Où va l’intelligence artificielle ? Quand les pères de l'IA moderne Yoshua Bengio, Stuart Russell et Geoffrey Hinton tirent la sonnette d'alarme Axelle Arquié — économiste au CEPII, cofondatrice de l’Observatoire des emplois menacés et émergents Julien Pillot — enseignant-chercheur à l’INSEEC Grande École, spécialiste des questions économiques liées aux entreprises et aux technologies Campbell Harvey — professeur de finance à l’université de Duke (Caroline du Nord, États-Unis) Alexandre Zapolsky — président et cofondateur de Linagora, entreprise spécialisée dans les logiciels libres et la souveraineté numérique. Découvrez l'entretien vidéo avec Alexandre Zapolsky ici. Réguler l’intelligence artificielle : l’autorégulation suffit-elle ? Aux États-Unis, Donald Trump a réuni les dirigeants des grandes entreprises technologiques autour d’un pacte volontaire d’autorégulation. Pour Alfred Sawadogo, cette démarche est insuffisante face à la puissance des nouveaux systèmes. Il plaide pour des règles contraignantes, assorties de sanctions, et pour une gouvernance internationale capable de dépasser les rivalités entre puissances. Les risques concernent aussi bien la cybersécurité que les libertés individuelles, les manipulations de l’information et les usages malveillants de l’IA. L’enjeu est également géopolitique : les États-Unis entendent conserver leur avance face à la Chine, ce qui complique la mise en place d’un cadre mondial commun. « Il faut que la régulation soit stricte, c’est-à-dire assortie de sanctions lorsqu’elle n’est pas respectée » - Alfred Sawadogo Intelligence artificielle et emploi : les jeunes en première ligne ? L’IA va-t-elle détruire davantage d’emplois qu’elle n’en créera ? Axelle Arquié apporte des éléments de réponse. Si les effets globaux sur l’emploi restent encore difficiles à mesurer, plusieurs études montrent un ralentissement des embauches de jeunes dans les métiers les plus exposés à l’automatisation. L’arrivée de systèmes dits agentiques, capables d’utiliser des outils et d’enchaîner des tâches de manière plus autonome, pourrait accentuer ces transformations. Mais le coût réel de ces technologies, leur fiabilité et les économies qu’elles permettent restent incertains. L’émission aborde également les coûts indirects pour les entreprises : formation, cybersécurité, vérification des résultats et gestion des erreurs. Une automatisation n’est pas nécessairement moins chère qu’un travail humain. « Pour le moment, on n’a pas encore d’impact mesuré au niveau macroéconomique » - Axelle Arquié. Les cyberattaques : l’IA devient une arme à double tranchant L’intelligence artificielle peut contribuer à renforcer les systèmes de défense informatique, mais elle permet aussi aux attaquants de repérer plus rapidement les failles et d’industrialiser leurs opérations. Celio Fioretti, correspondant de RFI à Séoul, évoque des cyberattaques ayant visé des institutions financières sud-coréennes et des vols de données personnelles. Pour Alfred Sawadogo, ces menaces mettent en évidence le manque de coordination internationale. Les recommandations d’organisations telles que l’OCDE ou l’UNESCO ne remplacent pas, à elles seules, un dispositif juridiquement contraignant. L’expert appelle à investir davantage dans la sécurité des systèmes d’IA, alors que les efforts se concentrent largement sur l’augmentation de leurs capacités. « L’IA permet d’industrialiser les cyberattaques » - Alfred Sawadogo. Les géants de l’IA brûlent des milliards : où trouver la rentabilité ? OpenAI et Anthropic investissent massivement dans les centres de données, les processeurs spécialisés et l’énergie nécessaire au fonctionnement de leurs modèles. Pourtant, leurs recettes ne couvrent pas encore l’ensemble de leurs coûts. Julien Pillot, enseignant-chercheur à l’INSEEC Grande École, analyse les stratégies envisagées pour améliorer leur rentabilité : abonnements, facturation à l’usage et, potentiellement, publicité intégrée aux réponses des assistants conversationnels. Cette dernière option soulève des questions éthiques. Des recommandations sponsorisées ...
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  • Éducation: l’avenir de la jeunesse, à quel prix?
    2026/10/16
    Comment financer une école de qualité sans creuser les inégalités ? Alors que lycéens et étudiants français dénoncent bruyamment le manque de moyens, alors que les systèmes éducatifs sont à la peine dans de nombreux pays, nous explorons les choix budgétaires, les modèles existants et les solutions envisagées pour mieux former les jeunes. Formations, insertion dans l’emploi et partage gratuit des connaissances : investir dans l’éducation, est-ce une dépense ou un moteur de croissance ? NOS INVITÉS Élise Huillery : professeure d’économie à l’université Paris-Dauphine et à l’École normale supérieure, spécialiste de l’éducation, des inégalités et de la pauvreté en Europe et en Afrique. Elle est co-autrice d’une étude sur le financement de l’éducation en France et dans le monde avec Romane Paris, économiste au Public Finance Lab. Simon Kaldjob : président du Collectif des organisations des consommateurs du Cameroun Dylan Ayissi : fondateur et délégué général de l’association Une voie pour tous Perrine de Coëtlogon : présidente d’Open Education Global Francophone, organisation internationale à but non lucratif qui soutient les ressources éducatives libres Karim Zéribi : dirigeant d’entreprises, ancien député européen. Découvrez l'entretien complet en vidéo ici Lycéens et étudiants en colère : le système éducatif français manque-t-il de moyens ? Des lycéens et des étudiants manifestent depuis deux semaines pour dénoncer des établissements délabrés, des professeurs absents non remplacés et un avenir incertain. Pour Élise Huillery, les données confirment un sous-financement ancien : pénuries d’enseignants liées au manque d’attractivité des salaires, classes plus chargées que dans les quinze pays européens les plus riches, et baisse de 20 % de l’investissement par étudiant en dix ans. Elle l’explique par la conjonction d’un petit baby-boom dans les années 2000 et de budgets qui n’ont pas suivi la hausse du nombre d’élèves. « C’est quelque chose de chronique depuis au moins 20 ans » – Élise Huillery La baisse des naissances : une opportunité à condition de maintenir les postes La démographie recule, mais l’économiste met en garde : sans investissement supplémentaire, la seule marge de progrès est la réduction de la taille des classes, et seulement si les postes d’enseignants sont maintenus au lieu d’être supprimés au même rythme que la baisse des effectifs. Même ainsi, il faudrait dix à quinze ans pour rattraper le niveau européen. Elle plaide aussi pour des salaires plus attractifs, davantage de formation continue, du tutorat et un meilleur accompagnement des élèves handicapés. Bourses, logement et étudiants étrangers : le modèle d’enseignement supérieur est-il tenable ? Les bourses (environ 250 euros par mois sur dix mois, 400 euros avec les APL) ne suppriment pas la barrière financière pour les étudiants éloignés de leur famille. L’économiste défend un complément logement pouvant porter la bourse à 900 euros dans une grande ville universitaire comme Paris. Sur les frais d’inscription des étudiants étrangers, elle distingue la logique économique (le service public est financé par l’impôt) et l’attachement à l’accueil et à l’ouverture. « Il faut aller jusqu’à 900 ​​​​​​​€ pour que véritablement la barrière financière soit aplanie » – Élise Huillery Finlande, Canada, Irlande, Portugal, Royaume-Uni : ce qui fonctionne ailleurs Ces cinq pays obtiennent de bons résultats aux tests PISA tout en limitant l’influence de l’origine sociale sur les apprentissages. Ils combinent un investissement important par élève, de bons salaires et une formation des enseignants centrée sur la pédagogie et la psychologie, pour éviter le découragement des élèves en difficulté. Hors Royaume-Uni, leurs systèmes sont essentiellement publics, ce qui montre que le privé n’est pas une condition de réussite. Pour comparer les systèmes, la dépense par élève est un meilleur indicateur que la part du PIB, qui masque les différences démographiques. « Ces pays payent bien leurs enseignants » – Élise Huillery Japon : l’enseignement supérieur à la charge des familles, mais une insertion record Depuis avril 2025, l’école primaire et secondaire publique est gratuite au Japon, même si les familles supportent encore les uniformes, les fournitures et les transports. Dans le supérieur, les deux tiers des étudiants sont dans des universités privées entièrement payantes, et la dépense publique par étudiant est moitié moindre que la moyenne de l’OCDE. Le pays affiche pourtant l’un des meilleurs taux d’emploi des jeunes diplômés, avec 92 % de contrats déjà signés à la remise des diplômes. Élise Huillery en tire une idée pour la France : afficher dans Parcoursup les taux d’...
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  • Iran : la guerre économique menace-t-elle le régime de Téhéran?
    2026/09/04
    La guerre entre les États-Unis et l’Iran est aussi économique. Sanctions, inflation, chute du rial, pénuries, pétrole et marchés parallèles : comment l’économie iranienne résiste-t-elle à l’asphyxie ? Nos invités analysent une crise en germe bien avant la guerre. Dans la seconde partie de l'émission, Mathieu Peruyero, co-auteur de « Les politiques économiques à l’épreuve des faits », explique comment mesurer l’efficacité des réformes, réduire les inégalités et sortir de l’impasse de la dette. IRAN, LA GUERRE ÉCONOMIQUE Avec : Baki Maneche, associé au cabinet d’avocats Ferdowsi Legal à Téhéran, analyse les conséquences concrètes de la guerre et des sanctions sur les entreprises et la population iraniennes. Djamchid Assadi, professeur d’économie et de sciences de la gestion à la Burgundy School of Business, décrypte l’effondrement économique iranien, l’inflation, la chute du rial et les difficultés du marché du travail. IRAN : UNE CRISE ÉCONOMIQUE QUI NE DATE PAS DE LA GUERRE La guerre a considérablement aggravé les difficultés de l’économie iranienne, mais elle ne les a pas provoquées. Baki Maneche rappelle que l’Iran connaissait déjà depuis plusieurs années une crise profonde, marquée notamment par les pénuries d’électricité, la sécheresse, l’inflation et les difficultés structurelles de son économie. Il souligne également les limites du modèle iranien d’« économie de résistance », construit depuis des années pour contourner les sanctions internationales. SANCTIONS ET BLOCUS : QUEL IMPACT SUR LA VIE QUOTIDIENNE ? Les nouvelles sanctions américaines aggravent les difficultés d’approvisionnement et accentuent la pression sur les entreprises. Mais leurs conséquences se font surtout sentir sur les consommateurs. 🎤 Baki Maneche : « À chaque fois que les sanctions se sont durcies sur l’économie iranienne, ce sont le secteur privé et la société civile qui en ont le plus souffert. » L’essence constitue notamment un problème majeur. La production iranienne ne suffit plus à répondre aux besoins et le système de subventions a favorisé la contrebande dans les zones frontalières. L’économie iranienne est largement dominée par les entreprises publiques ou semi-publiques et les organisations liées au pouvoir. Les entreprises privées disposent de beaucoup moins de moyens pour contourner les sanctions. EMPLOI, PAUVRETÉ, CONSOMMATION : UNE SOCIÉTÉ SOUS PRESSION L’effondrement économique touche directement les ménages. Certains produits alimentaires deviennent inaccessibles et le marché du travail se dégrade. 🎤 Djamchid Assadi : « Vous pouvez éventuellement trouver tout ce que vous voulez en Iran encore, mais au prix que la majorité ne peut pas acheter. » Le chômage officiel sous-estime également les difficultés réelles, estime-t-il : de nombreux demandeurs d’emploi ne se déclarent plus, faute de soutien ou de perspectives. « Les demandeurs d’emploi ne voient plus d’utilité à se déclarer comme chômeurs. » LE RIAL ET L’INFLATION : UNE SPIRALE DIFFICILE À ENRAYER La monnaie iranienne connaît une dépréciation spectaculaire. Pour Djamchid Assadi, le problème est en partie lié au financement des dépenses de l’État par création monétaire. L’inflation alimente la dépréciation du rial, qui renchérit à son tour les produits importés. Un cercle vicieux particulièrement difficile à briser lorsque les recettes publiques diminuent. PÉTROLE : LE PILIER DE L’ÉCONOMIE IRANIENNE MENACÉ Le pétrole reste l’une des principales sources de revenus extérieurs de l’Iran. Mais les sanctions américaines et les destructions d’infrastructures compliquent désormais davantage son exportation. Selon Djamchid Assadi, les nouvelles sanctions américaines rendent ces contournements beaucoup plus coûteux, notamment parce qu’elles cherchent également à pénaliser les partenaires étrangers qui commercent avec l’Iran. CHINE ET RUSSIE : DES ALLIÉS… MAIS JUSQU’OÙ ? Téhéran peut-il compter sur Pékin et Moscou pour desserrer l’étau économique ? Djamchid Assadi invite à distinguer les deux partenaires. La Chine conserve des relations commerciales avec l’Iran, notamment autour du pétrole, mais reste très pragmatique et ne semble pas vouloir sacrifier ses relations avec les États-Unis. Pour la Russie, la situation est différente. Moscou utilise la relation avec Téhéran comme un levier, mais ne semble pas disposée à entrer dans une nouvelle guerre pour défendre l’Iran. LES POLITIQUES ÉCONOMIQUES À L'ÉPREUVE DES FAITS Avec : Mathieu Peruyero, économiste, enseignant à Sciences Po Paris et haut fonctionnaire, est l’un des auteurs de « Les politiques économiques à l’épreuve des faits », publié aux éditions Odile Jacob. COMMENT SAVOIR SI UNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE FONCTIONNE ? Mathieu Peruyero revient sur le principe central...
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