エピソード

  • Entreprendre avec très peu : comment Marvin Ndiaye et Karamo Sangaré ont changé de vie
    2026/09/12
    Ce sont deux trajectoires nées des épreuves, converties en réussites entrepreneuriales. Marvin Ndiaye a transformé la faillite familiale et la perte de son père en un groupe belge de restauration livrée pesant aujourd'hui dix millions d'euros de chiffre d'affaires. Karamo Sangaré, débarqué en France avec 600 euros en poche, a bâti autour du digital et du développement personnel une communauté de plus de 10 millions de personnes. Ils témoignent au micro d'Eco d'ici Eco d'ailleurs. Marvin Ndiaye : de la cuisine familiale à un groupe pesant 10 millions d'€ Fondateur de Fresheo (livraison de repas) et cofondateur d'Ultra (accompagnement de dirigeants), cet entrepreneur belge d'origine sénégalaise et indienne a transformé un deuil et une reconstruction personnelle en un groupe puissant et solide. En bref Né à Charleroi, de mère belgo-indienne et de père franco-sénégalaisDirigeant de Freshea, groupe de quatre sociétés livrant entre 60 000 et 420 000 repas par semaineChiffre d'affaires du groupe : plus de 10 millions d'eurosAuteur de Fauché à 18 ans, millionnaire à 23 (éditions Racine, 2024) Une enfance marquée par les faillites successives Les parents de Marvin Ndiaye tenaient un café avant de se tourner vers l'immobilier. Le commerce fonctionnait, mais la gestion administrative, elle, s'est révélée beaucoup plus compliquée. Selon lui, ses parents savaient vendre, mais butaient sur tout ce qui touchait à la paperasse et aux codes propres au métier d'entrepreneur — une complexité renforcée par le parcours administratif particulier de son père, né à Saint-Louis du Sénégal à l'époque coloniale. Le décès du père, déclencheur d'une bascule En 2015, le décès de son père change tout. Devenu l'aîné responsable auprès de quatre frères et d'une mère en situation de handicap moteur, il se retrouve dans l'obligation de prendre ses responsabilités. Au même moment, il entame une perte de poids spectaculaire — cinquante kilos en six mois, via le jeûne intermittent et le sport, méthode apprise gratuitement sur YouTube. Fresheo, né dans la cuisine de sa mère C'est cette expérience de transformation personnelle, documentée sur les réseaux sociaux, qui donne l'idée du projet : cuisiner sainement pour ses proches, puis pour un cercle plus large. Avec environ 1 500 euros — de quoi acheter les premières barquettes, créer un site internet et lancer les premières publicités Facebook — Fresheo démarre dans la cuisine familiale à Charleroi. Les premiers clients viennent de l'entourage, avant que les réseaux sociaux ne prennent le relais. Aujourd'hui, l'entreprise s'est structurée autour de quatre sociétés couvrant le scolaire, les établissements pour personnes âgées, le B2B classique, et la livraison à domicile aux particuliers en Wallonie et en Flandre. Marvin Ndiaye revendique une règle simple : 80 % des plats doivent être frais et cuisinés maison. 2023, l'année de la première vraie crise Après des années de croissance quasi continue, l'entreprise a dû, en 2023, licencier la moitié de sa masse salariale dans un contexte de marché difficile — un épisode qu'il décrit comme le choc le plus dur de son parcours, notamment parce qu'il dit avoir toujours entretenu des liens allant au-delà du cadre professionnel avec ses équipes. Cette crise l'a aussi poussé vers la croissance externe, en rachetant d'autres sociétés, une compétence qui l'amènera ensuite vers le métier de conseil. Rentabilité plutôt que levée de fonds Contrairement à un réflexe répandu chez les entrepreneurs, Marvin Ndiaye privilégie la rentabilité à la levée de fonds. Il estime que le niveau de maturité et de législation en Belgique et en France limite la capacité de nombreux entrepreneurs à vraiment tirer parti de capitaux levés, et défend l'idée qu'une société doit d'abord se construire sur des fondamentaux solides. Ultra : vendre, déléguer, valoriser Avec Ultra, structure de conseil aux dirigeants, il a identifié trois blocages récurrents chez les entrepreneurs : la difficulté à vendre, la difficulté à déléguer et faire confiance, et l'incapacité à considérer leur entreprise comme un actif à valoriser plutôt que comme un simple emploi qu'ils se seraient créé. « Beaucoup de gens ne comprennent pas leur métier, ne savent pas qu'ils doivent vendre au quotidien et ne savent pas qu'ils doivent faire confiance. » Réseaux sociaux, intelligence artificielle et diversité Fort de plusieurs centaines de milliers d'abonnés, il considère son audience comme un véritable actif économique, ayant permis selon lui la création de dizaines d'emplois. Sur l'intelligence artificielle, il y voit un outil de redistribution des compétences, tout en appelant à la vigilance sur la cybersécurité et la conformité. Interrogé sur les inégalités de traitement entre entrepreneurs blancs et non-blancs en Europe, il affirme que son ...
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  • Iran : la guerre économique menace-t-elle le régime de Téhéran?
    2026/09/04
    La guerre entre les États-Unis et l’Iran est aussi économique. Sanctions, inflation, chute du rial, pénuries, pétrole et marchés parallèles : comment l’économie iranienne résiste-t-elle à l’asphyxie ? Nos invités analysent une crise en germe bien avant la guerre. Dans la seconde partie de l'émission, Mathieu Peruyero, co-auteur de « Les politiques économiques à l’épreuve des faits », explique comment mesurer l’efficacité des réformes, réduire les inégalités et sortir de l’impasse de la dette. IRAN, LA GUERRE ÉCONOMIQUE Avec : Baki Maneche, associé au cabinet d’avocats Ferdowsi Legal à Téhéran, analyse les conséquences concrètes de la guerre et des sanctions sur les entreprises et la population iraniennes. Djamchid Assadi, professeur d’économie et de sciences de la gestion à la Burgundy School of Business, décrypte l’effondrement économique iranien, l’inflation, la chute du rial et les difficultés du marché du travail. IRAN : UNE CRISE ÉCONOMIQUE QUI NE DATE PAS DE LA GUERRE La guerre a considérablement aggravé les difficultés de l’économie iranienne, mais elle ne les a pas provoquées. Baki Maneche rappelle que l’Iran connaissait déjà depuis plusieurs années une crise profonde, marquée notamment par les pénuries d’électricité, la sécheresse, l’inflation et les difficultés structurelles de son économie. Il souligne également les limites du modèle iranien d’« économie de résistance », construit depuis des années pour contourner les sanctions internationales. SANCTIONS ET BLOCUS : QUEL IMPACT SUR LA VIE QUOTIDIENNE ? Les nouvelles sanctions américaines aggravent les difficultés d’approvisionnement et accentuent la pression sur les entreprises. Mais leurs conséquences se font surtout sentir sur les consommateurs. 🎤 Baki Maneche : « À chaque fois que les sanctions se sont durcies sur l’économie iranienne, ce sont le secteur privé et la société civile qui en ont le plus souffert. » L’essence constitue notamment un problème majeur. La production iranienne ne suffit plus à répondre aux besoins et le système de subventions a favorisé la contrebande dans les zones frontalières. L’économie iranienne est largement dominée par les entreprises publiques ou semi-publiques et les organisations liées au pouvoir. Les entreprises privées disposent de beaucoup moins de moyens pour contourner les sanctions. EMPLOI, PAUVRETÉ, CONSOMMATION : UNE SOCIÉTÉ SOUS PRESSION L’effondrement économique touche directement les ménages. Certains produits alimentaires deviennent inaccessibles et le marché du travail se dégrade. 🎤 Djamchid Assadi : « Vous pouvez éventuellement trouver tout ce que vous voulez en Iran encore, mais au prix que la majorité ne peut pas acheter. » Le chômage officiel sous-estime également les difficultés réelles, estime-t-il : de nombreux demandeurs d’emploi ne se déclarent plus, faute de soutien ou de perspectives. « Les demandeurs d’emploi ne voient plus d’utilité à se déclarer comme chômeurs. » LE RIAL ET L’INFLATION : UNE SPIRALE DIFFICILE À ENRAYER La monnaie iranienne connaît une dépréciation spectaculaire. Pour Djamchid Assadi, le problème est en partie lié au financement des dépenses de l’État par création monétaire. L’inflation alimente la dépréciation du rial, qui renchérit à son tour les produits importés. Un cercle vicieux particulièrement difficile à briser lorsque les recettes publiques diminuent. PÉTROLE : LE PILIER DE L’ÉCONOMIE IRANIENNE MENACÉ Le pétrole reste l’une des principales sources de revenus extérieurs de l’Iran. Mais les sanctions américaines et les destructions d’infrastructures compliquent désormais davantage son exportation. Selon Djamchid Assadi, les nouvelles sanctions américaines rendent ces contournements beaucoup plus coûteux, notamment parce qu’elles cherchent également à pénaliser les partenaires étrangers qui commercent avec l’Iran. CHINE ET RUSSIE : DES ALLIÉS… MAIS JUSQU’OÙ ? Téhéran peut-il compter sur Pékin et Moscou pour desserrer l’étau économique ? Djamchid Assadi invite à distinguer les deux partenaires. La Chine conserve des relations commerciales avec l’Iran, notamment autour du pétrole, mais reste très pragmatique et ne semble pas vouloir sacrifier ses relations avec les États-Unis. Pour la Russie, la situation est différente. Moscou utilise la relation avec Téhéran comme un levier, mais ne semble pas disposée à entrer dans une nouvelle guerre pour défendre l’Iran. LES POLITIQUES ÉCONOMIQUES À L'ÉPREUVE DES FAITS Avec : Mathieu Peruyero, économiste, enseignant à Sciences Po Paris et haut fonctionnaire, est l’un des auteurs de « Les politiques économiques à l’épreuve des faits », publié aux éditions Odile Jacob. COMMENT SAVOIR SI UNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE FONCTIONNE ? Mathieu Peruyero revient sur le principe central...
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  • Présidentielle 2027 : fiscalité, dette et climat, les idées des entrepreneurs français
    2026/08/28
    À quelques mois de la présidentielle de 2027, les entrepreneurs réclament de la visibilité et de la stabilité. Fiscalité, dette, dépenses publiques, réindustrialisation, transition climatique et intelligence artificielle : quels choix économiques pour la France ? À l'occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF 2026) à Roland-Garros, deux dirigeantes confrontent leurs expériences et émettent des propositions aux futurs candidats et candidates. Nos invitées 🎤 Julie Neuville, présidente de Materrup, entreprise industrielle spécialisée dans la production de ciment bas carbone et circulaire. Son entreprise produit en France depuis 2022 et développe des solutions destinées à réduire l'empreinte carbone de l'industrie du ciment. 🎤 Adina Grigoriu, présidente et fondatrice d'Active Asset Allocation, société d'ingénierie financière digitale spécialisée dans la gestion des risques, l'investissement de long terme et les technologies liées à l'intelligence artificielle. Fiscalité et charges : les entreprises demandent de la visibilité La fiscalité et le poids des charges figurent parmi les premières préoccupations exprimées par les entrepreneurs lors de la Rencontre des entrepreneurs de France du Medef. Pour Julie Neuville, présidente de Match Up, l'enjeu est directement lié à l'emploi : plus les charges sont importantes, plus la capacité d'une entreprise à recruter est limitée. Adina Grigoriu, fondatrice d'Active Asset Allocation, insiste de son côté moins sur le niveau de l'impôt que sur son imprévisibilité. Pour un investisseur qui raisonne sur vingt, trente ou quarante ans, les changements incessants de règles fiscales constituent une véritable prime de risque. 🎙️ Julie Neuville : « L'idée, ce n'est pas de faire plus de profit. L'idée, c'est de pouvoir pérenniser les emplois en premier lieu. » 🎙️ Adina Grigoriu : « Chaque revirement fiscal ajoute une prime de risque au coût du capital. » Dette et dépenses publiques : quelle trajectoire pour la France ? La dette publique s'impose comme l'autre grande inquiétude des chefs d'entreprise. Pour Julie Neuville, réduire la dette ne peut pas se résumer à une formule : il faut savoir quelles dépenses seront diminuées et quelles conséquences ces choix auront sur l'innovation, l'investissement ou la formation. Adina Grigoriu alerte, elle, sur la perception des investisseurs : le niveau de dette et le coût de son financement pèsent directement sur le coût auquel les entreprises peuvent elles-mêmes emprunter. Les deux dirigeantes convergent sur un point : la France a besoin d'une trajectoire crédible et lisible. 🎙️ Adina Grigoriu : « La vérité sur la dette, parce que la charge d'intérêts est devenue le premier budget de l'État. » 🎙️ Julie Neuville : « La dette est une question urgente. Moi, en tant qu'entreprise, je ne peux pas me permettre d'avoir des dettes et de ne pas les régler vite. » Réindustrialiser la France : accélérer, mais avec quelle stratégie ? La réindustrialisation est au cœur des revendications patronales, mais elle se heurte à un problème de temps et de visibilité. Julie Neuville défend une industrie française capable de répondre aux défis environnementaux tout en restant compétitive. Son entreprise, spécialisée dans le ciment bas carbone, illustre cette volonté de produire autrement. Elle pointe cependant la lenteur des procédures administratives : une usine peut être déployée en douze mois, alors que les autorisations nécessaires peuvent prendre plusieurs années. 🎙️ Julie Neuville : « Nous avons des solutions. Nous avons les ressources intellectuelles. Nous avons les ressources financières qui peuvent être mobilisées. C'est une question de volonté de se dire aujourd'hui : oui, on décide de le faire, on accélère, ça marche, c'est possible. » 🎙️ Adina Grigoriu : « Un projet industriel bas carbone va avoir un coût du capital qui va être durablement plus faible. » Transition écologique : contrainte ou opportunité industrielle ? Les vagues de chaleur de l'été 2026 ont rappelé que le changement climatique est aussi une question économique. Pour Julie Neuville, transition écologique, compétitivité et industrie ne sont pas contradictoires. Le ciment, particulièrement émetteur de CO₂, peut selon elle devenir un terrain d'innovation et de création d'emplois grâce à de nouveaux procédés de production. La dirigeante estime que les entreprises doivent désormais assumer pleinement leur responsabilité face au changement climatique. Pour les investisseurs, Adina Grigoriu souligne de son côté que le risque climatique est déjà intégré dans les stratégies du secteur de l'assurance et de la finance à long terme. 🎙️ Julie Neuville : « Transition écologique, économie, compétitivité, industrie ne s'opposent pas. Bien au contraire. » 🎙️ Adina Grigoriu : « Les ...
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  • Les grands invités de la saison d'Éco d'ici Éco d'ailleurs
    2026/08/15
    Tensions géopolitiques, commerce international, souveraineté, nouvelles technologies, transition énergétique, matières premières, emploi, formation et inégalités : cette saison, « Éco d’ici, Éco d’ailleurs » et « Le grand invité de l'économie RFI - Jeune Afrique » a donné la parole à des dirigeants, entrepreneurs, experts et décideurs pour décrypter les grandes transformations en cours entre Afrique, Europe et reste du monde. Voici une sélection de certains des entretiens les plus marquants. Retrouvez ici nos invités en vidéo Grégory Clerc : Castel mise sur l’Afrique et la décentralisation Directeur général du groupe Castel depuis 2023, Grégory Clerc est revenu sur la transformation d’un groupe mondial du vin et des boissons, particulièrement implanté en Afrique. Au-delà de la gouvernance et de la succession au sein du groupe, il a défendu une stratégie fondée sur la croissance africaine et sur la capacité de Castel à s’adapter à un continent en pleine mutation. L’un des points forts de son intervention concerne l’organisation du groupe : Grégory Clerc revendique un modèle largement décentralisé, laissant une importante marge de décision aux filiales et à leurs dirigeants. Une manière, selon lui, de rester au plus près des réalités locales et de préserver l’agilité du groupe. Autre enjeu majeur : la sécurité. Malgré les difficultés rencontrées dans certains pays du Sahel, en République démocratique du Congo ou en Centrafrique, Castel n’envisage pas de retrait de ses marchés africains. Le groupe assume une stratégie de long terme fondée sur la connaissance du terrain et la résilience. Alahassane Diakité : le cacao ivoirien face à la volatilité des marchés La crise du cacao a constitué l’un des grands sujets agricoles de la saison. Alahassane Diakité, directeur général de la Maison du Cacao et de Diakité Cocoa Products, a livré son analyse d’une filière confrontée à la volatilité des cours, à la spéculation, aux stocks et aux difficultés rencontrées par les producteurs ivoiriens. Pour lui, l’une des réponses passe par l’accélération de la transformation locale. La Côte d’Ivoire compte déjà plusieurs usines de transformation et l’objectif affiché est d’augmenter encore cette capacité afin de contribuer à stabiliser la filière et à créer davantage de valeur sur place. Autre combat : permettre aux producteurs et aux coopératives d'accéder davantage aux marchés à terme et de mieux maîtriser leurs risques. Une question essentielle dans une filière exposée aux mouvements des marchés internationaux et aux stratégies des grands négociants. L’entretien a également porté sur la gouvernance de la filière et sur la nécessité, selon Alahassane Diakité, de maintenir le débat sur le cacao à distance des affrontements politiques. Une position qui prend une dimension régionale alors que la Côte d’Ivoire et le Ghana, deux poids lourds mondiaux du cacao, cherchent à renforcer leur coopération pour peser davantage sur les marchés internationaux. Athina Argyriou : l’automobile européenne face aux offensives chinoise et américaine L’industrie automobile est elle aussi au cœur des bouleversements mondiaux. Athina Argyriou, déléguée générale de la CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l'Automobile et du Motocycle), a analysé la montée en puissance des constructeurs chinois, la politique protectionniste américaine et les difficultés auxquelles les constructeurs européens doivent répondre. Elle souligne notamment les atouts industriels de la Chine : une importante capacité d’ingénierie, un effort considérable de recherche et développement et un appareil industriel capable de mettre rapidement de nouveaux produits sur le marché. Face à cette concurrence, elle met en garde contre la tentation européenne du protectionnisme. Pour elle, la compétitivité passe davantage par le maintien d’une base industrielle solide, l’innovation et l’indépendance énergétique. La transition vers la voiture électrique constitue évidemment l’un des grands enjeux. Athena Argyriou estime que le choix américain de ralentir cette évolution risque de pénaliser l’industrie des États-Unis elle-même, tandis que l’Europe doit continuer à investir dans cette transformation pour préserver sa compétitivité. Baba Hady Thiam : Simandou, le pari minier de la Guinée Avec Baba Hady Thiam, avocat d’affaires franco-guinéen, l’émission s’est penchée sur l’un des projets miniers les plus importants du continent : Simandou. Un projet intégré associant extraction de minerai de fer, infrastructures ferroviaires, installations portuaires et transformation locale. Pour la Guinée, l’enjeu dépasse largement l’exploitation du minerai. Simandou doit devenir un catalyseur permettant de développer d’autres secteurs de l’économie et de sortir du piège ...
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  • Michaël Boumendil, l'homme qui donne une voix aux marques
    2026/08/08
    Fondateur de Sixième Son, Michaël Boumendil a inventé, en 1995, un métier qui n'existait pas encore : celui de l'identité sonore des entreprises. Trente ans après ses débuts, son agence installée à Paris, New York et Singapour, travaille pour près de 350 marques dans le monde. Il revient sur son parcours, la genèse du jingle SNCF et sa vision de l'intelligence artificielle appliquée à la musique. L'histoire de Sixième son Pour Michaël Boumendil, la musique n'a jamais été un simple loisir mais un mode d'expression pour un enfant qu'il décrit comme timide et complexé. Face à l'inquiétude de ses parents, qui le poussent vers une grande école, il trouve un compromis : concilier musique et logique business. C'est ainsi qu'à 19 ans, avant même ses études, il pose les bases du concept d'identité sonore. Diplômé de l'EDHEC, il en retient une leçon simple : il ne savait rien faire de concret, mais savait désormais vers qui se tourner. En 1994, à 23 ans, il se lance alors que ce secteur n'existe pas encore : les musiciens font de l'illustration sonore, les marketeurs ne s'intéressent qu'à l'image et aux mots. Sa conviction, qu'il défend toujours aujourd'hui : « la musique, c'est le seul langage universel qui existe ». Sixième Son a fourni des centaines de clients depuis sa création, dont 300 à 350 marques actives, dans des secteurs aussi variés que l'alimentaire, le luxe, l'assurance ou le transport. L'agence revendique une philosophie claire : « on ne cherche pas à faire du beau, on ne cherche pas à plaire, on cherche à être performant ». Le jingle SNCF, une prise de risque assumée Le projet le plus emblématique reste le jingle SNCF, créé en 2004. L'entreprise ferroviaire, mal comprise du public, cherchait à incarner « un leader de la mobilité à visage humain pour tous ». Après un mois d'observation de terrain, l'équipe de Sixième Son rompt avec les codes du secteur : une voix féminine là où régnaient les carillons métalliques, et une mélodie réduite à quatre notes, en écho aux quatre lettres du sigle. Choix contre-intuitif supplémentaire : une résolution en mineur plutôt qu'en majeur, jugé trop « arrogant », pour installer douceur et bienveillance. Présenté à la direction de la SNCF, le projet déconcerte d'abord : « c'est exceptionnel, mais c'est impossible ». Michaël Boumendil propose quinze jours de réflexion avant une nouvelle présentation, à l'issue desquels le projet est validé. Sa conclusion sur cet épisode : « le génie, c'est celui de la SNCF qui a pris le risque de dire banco ». Le jingle a depuis inspiré une centaine de reprises musicales, dont la plus célèbre reste celle de David Gilmour (Pink Floyd), qui a donné lieu à un contentieux juridique. L'IA : un outil, pas un remplaçant Interrogé sur les craintes des musiciens face à l'intelligence artificielle, Michaël Boumendil se veut mesuré : « le métier d'un musicien, c'est de dépasser l'outil ». Le véritable enjeu, selon lui, reste la construction d'un modèle économique équitable pour les créateurs, à l'image de l'évolution passée des plateformes de streaming. « C'est une mise en danger qui doit amener les musiciens à aller plus loin ». France, États-Unis, Asie : des cultures opposées Basé à New York, Michaël Boumendil observe que la France privilégie le souci du détail quand les États-Unis assument un rythme plus rapide, quitte à perdre en finition. En Asie, les logiques de décision varient fortement d'un pays à l'autre. Être implanté simultanément sur ces trois continents permet, selon lui, de faire circuler les bonnes idées d'un marché à l'autre. L'agence a également travaillé sur des marques en Angola, où se mêlent héritage lusophone et influences cubaines, ainsi qu'au Maroc, en Argentine et au Mexique — autant de terrains qui nourrissent, selon Michaël Boumendil, une compréhension fine des enjeux culturels indispensable à son métier. Les réponses à notre quiz introductif 😉 Les marques représentées sont : - Universal - Apple - Aéroports de Paris - Decathlon - Netflix - Mac Donald's 💻 Réalisation : Guillaume Munier 🎵 Choix musicaux : Le souffle du bleuet (Sixième son) Rattle than lock (David Gilmour) It's great to be a cat (FELIX® et Robbie Williams) ó gente da minha terra (Mariza)
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  • Afrique, le temps des possibles, épisode 4 : exploiter les ressources au service de l'humain
    2026/08/01
    Dernier volet de notre série « Afrique, le temps des possibles » : comment faire des ressources naturelles du continent un levier de prospérité durable plutôt qu'une simple source d'exportations ? Agriculture, sols, pétrole, minerais critiques, santé ou encore capital humain : le banquier d'affaires Lionel Zinsou, l'économiste Kako Nubukpo et l'ingénieure agronome Senda Zarrouk confrontent leurs analyses sur les conditions d'une croissance plus inclusive, capable de préserver les ressources tout en créant davantage de valeur en Afrique. 💻 Découvrez l'émission en vidéo en cliquant sur ce lien. Nos invités Lionel Zinsou — banquier d'affaires et financier, ancien Premier ministre du Bénin. Il siège aujourd'hui dans plusieurs conseils d'administration de groupes africains et accompagne de nombreux projets d'investissement sur le continent Kako Nubukpo — économiste togolais, ancien commissaire de l'UEMOA chargé de l'Agriculture, des Ressources en eau et de l'Environnement Senda Zarrouk — ingénieure agronome, docteure en sciences de l'environnement, spécialiste des politiques agricoles, de l'adaptation au changement climatique et de la restauration des sols. Agriculture et climat : investir pour produire durablement L'agriculture demeure l'un des principaux atouts économiques de l'Afrique, mais aussi l'un des secteurs les plus exposés au changement climatique. Pour les intervenants, la transition vers des pratiques plus durables suppose des investissements massifs, des financements de long terme et une meilleure prise en compte des risques auxquels sont confrontés les agriculteurs. 🎤 Lionel Zinsou : « En UEMOA, l'agriculture représente près de 28% du PIB mais ne reçoit que 2% des crédits à l'économie. » 🎤 Kako Nubukpo : « L'intensification agroécologique offre d'importants gisements de croissance tout en répondant aux exigences environnementales. » 🎤 Senda Zarrouk : « Le principal frein aujourd'hui, c'est le financement de la transition agroécologique. » Préserver les sols pour renforcer la souveraineté alimentaire Pour les trois invités, les sols constituent la première richesse naturelle du continent. Leur préservation conditionne la sécurité alimentaire, la résilience face au changement climatique et les capacités futures de production agricole. 🎤 Lionel Zinsou : « Le biochar et les nouvelles valorisations de la biomasse peuvent révolutionner la fertilité des sols africains. » 🎤 Kako Nubukpo : « Il faut construire des filières cohérentes, capables de répondre aux marchés tout en respectant les contraintes écologiques. » 🎤 Senda Zarrouk : « Le sol reste notre infrastructure la plus précieuse : il faut le préserver et le restaurer. » Femmes, foncier et financement : un levier majeur de développement Les intervenants soulignent le rôle central des femmes dans l'agriculture africaine. Pourtant, leur accès au foncier, au crédit ou aux responsabilités économiques demeure limité. 🎤 Lionel Zinsou : « Les valeurs foncières progressent et la numérisation des titres ouvre progressivement de nouvelles possibilités de financement. » 🎤 Kako Nubukpo : « Les femmes restent la variable d'ajustement du système agricole alors qu'elles devraient être au cœur des politiques publiques. » 🎤 Senda Zarrouk : « Une agricultrice africaine peut transformer le modèle économique du continent à condition d'avoir accès à la terre et au financement. » Pétrole et minerais critiques : créer davantage de valeur sur le continent L'Afrique concentre une part essentielle des ressources énergétiques et minières indispensables à la transition mondiale. Reste à éviter le piège de l'exportation brute et à développer une véritable transformation industrielle locale. 🎤 Lionel Zinsou : « Les ressources pétrolières ne créent du développement que lorsqu'elles financent la transformation de l'économie. » 🎤 Kako Nubukpo : « Les minerais critiques doivent devenir un levier d'industrialisation plutôt qu'un nouveau cycle d'extractivisme. » 🎤 Senda Zarrouk : « L'enjeu est de produire localement mais aussi de développer les filières de recyclage des métaux stratégiques. » Santé, environnement et capital humain : investir dans la première richesse de l'Afrique Au-delà des ressources naturelles, les invités rappellent que le développement repose d'abord sur les femmes et les hommes. Santé, éducation, prévention et qualité de l'environnement constituent des investissements économiques de long terme. 🎤 Lionel Zinsou : « Les progrès de la santé conditionnent directement le dividende démographique africain. » 🎤 Kako Nubukpo : « Le défi est autant démographique que territorial, avec de fortes inégalités d'accès aux soins. » 🎤 Senda Zarrouk : « Investir dans les déterminants de la santé est souvent plus efficace que réparer les conséquences des crises sanitaires. » ...
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    48 分
  • Afrique, le temps des possibles, épisode 3: financer le développement sans l'aide étrangère
    2026/07/25
    Troisième volet de notre série « Afrique, le temps des possibles » : comment les économies africaines peuvent-elles se financer sans dépendre systématiquement des aides extérieures ? Le banquier d'affaires Lionel Zinsou, l'économiste Kako Nubukpo et le juriste Benjamin Allahamne Minda croisent leurs regards sur la dette, la monnaie, l'intégration régionale et les droits de douane américains pour dessiner les voies d'un financement plus endogène du continent. 💻 Découvrez l'émission en vidéo en cliquant sur ce lien. Nos invités Lionel Zinsou — banquier d'affaires et financier, ancien Premier ministre du Bénin. Il siège aujourd'hui dans plusieurs conseils d'administration de groupes en Afrique, notamment celui de Shelter Afrique, institution panafricaine dédiée au financement du logement social.Kako Nubukpo — économiste togolais.Benjamin Allahamne Minda — chercheur en droit international, chargé d'enseignement à l'université de Lyon et à l'Institut catholique de Paris. Auteur de l'ouvrage La coopération intra-africaine, un essai sur la Zlecaf (éditions L'Harmattan). Le déficit chronique de financement des économies africaines Les finances publiques africaines souffrent d'un rendement fiscal trop faible et d'une base productive étroite, tandis que le crédit disponible pour les ménages et les entreprises reste très inférieur à celui des pays avancés. 🎤 Lionel Zinsou : « On n'a que 15% de prélèvements obligatoires, contre plus de 50% en France, on n'est pas capable d'éduquer, d'assurer la santé et de lutter contre la pauvreté avec ça. » 🎤 Kako Nubukpo : « Le ratio crédit sur PIB aux États-Unis frôle les 300%, et il y a un enjeu d'intermédiation financière : les banques ont des ressources courtes qu'elles peinent à transformer en emplois longs. » 🎤 Benjamin Allahamne Minda : « On n'arrive pas à investir sur les PME, malgré l'existence d'institutions de garantie comme le Fonds africain de garantie, le Faga. » La dette africaine : outil nécessaire ou risque systémique ? Face à des déficits publics structurels, la dette est jugée indispensable au financement du développement, mais elle absorbe une part croissante des recettes fiscales de plusieurs pays. 🎤 Lionel Zinsou : « C'est les deux en fait… mais il ne faut pas que les pays en situation critique fassent oublier qu'il y en a quarante qui n'ont absolument pas ce problème. » 🎤 Kako Nubukpo : « Le ratio service de la dette sur recettes totales est de 54%, ce qui veut dire que plus de la moitié de nos recettes va au remboursement de la dette. » 🎤 Benjamin Allahamne Minda : « Le problème de la dette, c'est aussi qu'elle ne répond pas aux bons besoins du développement, elle est souvent utilisée pour financer la sécurité plutôt que la production. » Architecture financière internationale et avenir de l'aide au développement Avec le tarissement de l'aide publique, notamment depuis le retour de Donald Trump, les intervenants plaident pour une mobilisation accrue de l'épargne domestique et un « multilatéralisme équitable » plutôt qu'une rupture totale avec les partenaires extérieurs. 🎤 Lionel Zinsou : « L'aide publique au développement, c'est seulement 2 à 3% du PIB du continent ; passer de 15 à 18% de recettes fiscales sur dix ans, ce n'est pas quelque chose d'impossible. » 🎤 Kako Nubukpo : « Il faut qu'on co-construise les chemins de la prospérité africaine à partir des fondamentaux africains, pas de ce qui est imaginé depuis Pékin, Washington ou Moscou. » 🎤 Benjamin Allahamne Minda : « L'aide au développement a créé des dépendances structurelles devenues évidentes lorsque Donald Trump a annoncé le gel de certaines aides américaines. » La question monétaire et l'avenir du franc CFA Entre dépendance perçue au dollar, montée possible du yuan et débat sur la garantie française du franc CFA, la souveraineté monétaire du continent reste un sujet éminemment politique. 🎤 Lionel Zinsou : « La dépendance au dollar, c'est un thème populiste ; on a simplement besoin d'un numéraire international, et le marché le plus profond est aujourd'hui en dollars. » 🎤 Kako Nubukpo : « Il y a une décision du Conseil de l'Union européenne selon laquelle toute modification substantielle du fonctionnement de la zone franc nécessite désormais l'aval de Bruxelles. » 🎤 Benjamin Allahamne Minda : « Sur la question monétaire, qui reste toujours d'actualité, on est face à l'un des éléments les plus inachevés de la souveraineté internationale des pays africains. » Intégration régionale, ZLECAf et fragmentation des économies La multiplicité des frontières, des monnaies et des barrières non tarifaires freine le commerce intra-africain, malgré les espoirs portés par la Zone de libre-échange continentale africaine. 🎤 Lionel Zinsou : « Imaginez que la France ait quarante monnaies : c'est autant de...
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  • Afrique, le temps des possibles, épisode 2 : un avenir économique pour la jeunesse
    2026/07/18
    C'est le deuxième épisode de la série « Afrique, le temps des possibles ». Continent le plus jeune du monde, l'Afrique verra un jeune sur trois de la planète y vivre d'ici 2050. L'historien Achille Mbembe, l'économiste Kako Nubukpo, les entrepreneurs Matina Razafimahefa et Mamby Laye Diomandé débattent de formation, d'emploi, de numérique, d'intelligence artificielle et d'industries créatives pour transformer ce dividende démographique en véritable moteur de développement pour le continent. 💻 Découvrez l'émission en vidéo en cliquant sur ce lien NOS INVITÉS Achille Mbembe – philosophe, historien et politologue, professeur à l'Université du Witwatersrand (Johannesburg, Afrique du Sud), coordinateur du Livre blanc La force des sociétés – 60 propositions au service des futurs Africains, présenté lors du sommet Africa ForwardKako Nubukpo – économiste togolais, professeur des universités, auteur de L'Afrique et le reste du monde (Odile Jacob)Matina Razafimahefa – cofondatrice de Sayna, plateforme de formation aux métiers du numérique et à l'employabilitéMamby Laye Diomandé, fondateur et commissaire général du Salon des Industries musicales francophones (SIMA). « Le dividende démographique : espérance ou crise ? » Face à l'explosion démographique de sa jeunesse, l'Afrique doit transformer un potentiel encore incertain en véritable levier de développement. 🎤 Kako Nubukpo : « Nous attendons pour les 40 prochaines années 600 millions de jeunes Africains sur le marché du travail, à raison de 15 millions par an. Tant que nous n'allons pas transformer la matière première, on aura du mal à les absorber. » 🎤 Matina Razafimahefa : « On parle de dividende démographique comme d'un chèque qu'on attendrait d'encaisser. Mais il ne se décrète pas, il se construit compétence par compétence, mission par mission. » « Emploi informel et inadéquation des formations » Entre chômage officiel, travail informel et systèmes éducatifs déconnectés du marché, l'insertion professionnelle des jeunes reste un défi majeur. 🎤 Achille Mbembe : « Beaucoup de gens sont au travail dans ce que l'on appelle l'informel. Ces besoins ne sont pas pris en charge par l'économie formelle. » 🎤 Matina Razafimahefa : « La migration ce n'est pas une pathologie, c'est la réponse rationnelle d'un jeune face à un système qui ne lui offre pas d'autres chemins. » « Numérique, intelligence artificielle et industries créatives » Portée par le numérique et l'intelligence artificielle, la jeunesse africaine invente déjà de nouveaux modèles économiques et culturels. 🎤 Mamby Diomandé : « Il est important de pouvoir fournir de la data à l'État […] qui justifie des investissements sur les industries culturelles et créatives. » 🎤 Matina Razafimahefa : « Il y a 650 millions d'emplois qui vont nécessiter des compétences numériques d'ici 2030. […] Nous ne sommes plus à la recherche d'un job, nous avons des compétences à monétiser. » 🎤 Achille Mbembe : « Sans ces éléments-là [littérature, musique, peinture, théâtre], il est impossible de donner sens à ce que l'on fait. […] Il faut les considérer dans ce sens plénier et pas les réduire à des marchandises. » « Quel avenir laisser à la jeunesse ? » Au-delà des trajectoires individuelles, c'est la solidarité et l'action collective qui, selon les intervenants, façonneront l'avenir du continent. 🎤 Achille Mbembe : « L'avenir du continent africain, il est entre nos mains. […] Les forces endogènes transformeront le continent davantage que les forces exogènes. » 🎤 Kako Nubukpo : « La réussite d'un continent ne peut pas être la somme des réussites individuelles. […] Ce qui fonde l'Afrique, c'est la solidarité. » Réalisation : Yann Bourdelas / Guillaume Munier.
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