エピソード

  • Abebe Bikila : l'éternité a une fin
    2026/07/30

    Vainqueur à Rome en 1960, puis à Tokyo en 1964, Abebe Bikila court pour l’Éthiopie et devient l’icône d’un continent. Après les Jeux Olympiques, sa vie bascule un soir de mars 1969. Entre ascension fulgurante et chute brutale, son histoire reste un récit de force et de résilience.

    Le 10 septembre 1960, à Rome, un inconnu prend le départ du marathon olympique. Il s’appelle Abebe Bikila. Il court pieds nus, sans équipement particulier, presque sans histoire. 2 heures et 15 minutes plus tard, il entre seul dans le stade et bat le record du monde. Pour la première fois, un athlète d’Afrique subsaharienne remporte l’or sur l’une des épreuves les plus emblématiques des Jeux.

    Cette victoire dépasse le cadre du sport. Elle marque un basculement. Bikila devient en une course le visage d’un continent qui s’affirme, et l’incarnation d’une réussite que peu avaient anticipée.

    À écouter aussi : Abebe Bikila : le symbole politique et médiatique.

    Quatre ans plus tard, à Tokyo, il s’impose de nouveau. Il devient le premier double champion olympique du marathon. Son nom s’inscrit durablement dans l’histoire.

    Mais la trajectoire s’interrompt brutalement.

    Dans la nuit du 22 mars 1969, sur une route éthiopienne, sa voiture quitte la route. L’accident ne dure que quelques secondes. Les conséquences, elles, sont définitives. À 36 ans, Abebe Bikila devient paraplégique.

    Que reste-t-il alors d’un champion dont tout reposait sur le corps ? Que devient une figure mondiale quand la performance n’est plus possible ?

    Cet épisode de Sport en Légende revient sur l’ensemble de ce parcours, des premiers pas à la reconnaissance mondiale, jusqu’à l’accident qui en change le cours, et sa participation aux Jeux de Stoke Mandeville, ancêtre des Jeux Paralympiques. Il s’attache surtout à raconter la manière dont Bikila a lutté tout au long de sa vie.

    Prolongez ci-dessous l’expérience avec des conseils de lecture, ainsi que les analyses et les éclairages exclusifs du politologue Yvan Issekin.

    Comprendre le contexte autour de l’ascension et la chute d’Abebe Bikila

    Yvan Issekin est politologue, enseignant en Sciences politiques à l'Université Catholique d'Afrique Centrale et chercheur affilié au CERDAP à l'Université de Yaoundé II.

    Les analyses d’Yvan Issekin :

    (Son 1) Pouvez-vous détailler comment l’empereur Haïlé Sélassié a utilisé la figure d’Abebe Bikila pour renforcer l’image de l’Éthiopie comme nation moderne et victorieuse sur la scène internationale, notamment face aux puissances coloniales ?

    (Son 2) Pouvez-vous détailler les conditions qui ont conduit au coup d’État de décembre 1970 en Éthiopie qui conduiront Abebe Bikila quelques mois en prison ?

    (Son 3) En quoi, en franchissant victorieux l’Arc de Constantin à Rome en 1960, pieds nus, la victoire d’Abebe Bikila est-elle une revanche ?

    (Son 4) Que reste-t-il aujourd’hui de l’héritage d’Abebe Bikila ?

    Conseils de lecture

    Programmation musicale

    Mulutu Astatke - Yegellé Tezeta.

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    29 分
  • Julissa Gomez : corps brisé, rêve sacrifié
    2026/07/29

    Son histoire est celle d'une enfant de 15 ans broyée par la machine du sport de haut niveau, entre ambitions démesurées et corps sacrifiés. Un destin tragique qui force à regarder en face ce que le rêve de gloire en sport peut coûter.

    Tokyo, en mai 1988, lors du World Sports Fair, dernière étape avant les Jeux olympiques de Séoul.

    À lire aussi : Près d'un enfant sur cinq est victime de violence sexuelle en Europe

    Au centre de l’histoire, une gymnaste de 15 ans : Julissa Gomez. Silhouette légère, précision remarquable, discipline sans faille. Elle incarne l’une des promesses de l’équipe américaine. Mais à ce niveau, le talent ne suffit pas. Il faut convaincre, prendre des risques, se démarquer.

    À lire aussi : Près de six sportifs sur dix déclarent avoir subi des violences dans leur club, en France, selon une étude récente.

    Pour y parvenir, elle mise sur un saut difficile, le Yurchenko. Spectaculaire, mais instable dans son cas. Plusieurs observateurs le notent. Malgré cela, le choix est maintenu.

    Lors de l’échauffement, Julissa s’élance. En une fraction de seconde, tout bascule. L’impulsion est mauvaise, la trajectoire trop courte. Elle heurte violemment la table de saut. Le bruit du choc interrompt la salle. Puis, un silence.

    Le diagnostic est immédiat et irréversible : lésion grave de la moelle épinière. Julissa est paralysée. Elle ne se relèvera pas. Après trois années passées dans le coma, elle meurt en 1991, à 18 ans.

    Que s’est-il réellement joué ce jour-là ? Une erreur technique, une prise de risque excessive, ou le symptôme d’un système qui incite des adolescentes à dépasser leurs limites sans filet ?

    L’histoire de Julissa Gomez dépasse le cadre d’un accident. Elle s’inscrit dans un modèle où la performance prime, où les jeunes athlètes évoluent sous pression constante, souvent sans réelle capacité de décision. D’autres trajectoires, comme celles de Christy Henrich ou Elena Mukhina, montrent que ces dérives ne sont ni isolées ni nouvelles.

    À lire aussi : Comment en finir avec les violences sexuelles sur mineurs?

    Depuis, des évolutions ont émergé. Certaines figures, comme Simone Biles, ont ouvert une autre voie, en plaçant la santé physique et mentale au cœur de la performance. Mais ces changements restent inégaux.

    Conseils de lecture

    Programmation musicale

    Prendre ta douleur, Camille.

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    29 分
  • Caster Semenya & Dutee Chand : pas assez femmes pour gagner
    2026/07/28

    Elles courent vite. Trop vite, selon certains. Championnes sur la piste, elles deviennent des accusées dans les prétoires. Leur combat contre des règlements qui questionnent leur droit même à exister a marqué l'histoire du sport et celle des droits humains.

    Que reste-t-il d’une carrière quand elle se décide dans un couloir d’hôpital, ou au terme d’un dossier administratif ? C’est là que commencent les histoires de Dutee Chand et Caster Semenya.

    Dutee Chand grandit dans une famille modeste en Inde. Très tôt, elle comprend que sa vitesse peut lui ouvrir un autre horizon. Les résultats arrivent vite : en 2014, elle remporte deux titres aux championnats d’Asie juniors. Sa progression semble linéaire. Jusqu’à ce que tout s’arrête.

    Quelques semaines plus tard, elle est déclarée inéligible. En cause : un taux de testostérone jugé trop élevé. Chand refuse de modifier son corps et saisit le Tribunal arbitral du sport.

    L’histoire de Caster Semenya est plus brutale encore. En 2009, à 18 ans, elle devient championne du monde du 800 mètres. Le jour même, la fédération internationale annonce des « tests de féminité ». La victoire bascule immédiatement dans le soupçon.

    Suspendue, exposée, contestée, Semenya devient un cas mondial. Elle revient pourtant, gagne, domine, devient championne olympique. Mais les règles changent. Semenya refuse. Le combat se déplace devant les tribunaux, jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme.

    Pendant ce temps, d’autres athlètes suivent le même chemin. Certaines changent de distance. D’autres renoncent. Toutes s’adaptent à des critères qui évoluent plus vite que leurs carrières.

    En 2026, le CIO relance les tests de féminité, ravivant une question ancienne : qui décide des frontières du sport féminin ?

    Prolongez ci-dessous l’expérience avec des conseils de lectures, ainsi que les analyses et les éclairages exclusifs d’Anaïs Bohuon.

    Comprendre les problématiques des athlètes intersexués :

    Anaïs Bohuon est professeure des Universités à la Faculté des Sciences du Sport de l'Université Paris-Saclay. Socio-historienne, elle a publié des articles et ouvrages scientifiques sur le corps, le sport et le genre.

    Les analyses d’Anaïs Bohuon :

    (Son 1) Comment les fédérations sportives internationales, comme World Athletics, utilisent-elles des règles sur la testostérone pour contrôler les athlètes femmes comme Semenya ou Chand, et qu’est-ce que cela nous dit des normes et politiques imposées ?

    (Son 2) Pourquoi ces exclusions touchent-elles presque exclusivement des athlètes africaines ou du Sud global, comme la Sud-Africaine Semenya ou l’Indienne Chand, et quels déséquilibres Nord-Sud cela révèle-t-il dans le sport mondial ?

    (Son 3) Dans une société obsédée par l’apparence et le genre, comment les jugements sur le corps de ces championnes intersexuées perpétuent-ils des stéréotypes de féminité, et quel impact cela a-t-il sur leur vie quotidienne ?

    (Son 4) Que pensez-vous du retour des tests de féminité décidé par le CIO pour LA 2028, qui exclut les athlètes intersexuées des catégories féminines, et est-ce un recul pour l’égalité ou une réponse aux pressions sociétales ?

    Conseils de lecture

    Programmation musicale

    Girl next door, Tyla & Ayra Star.

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    29 分
  • Ali et Kaepernick : KO debout, mais vainqueurs à jamais
    2026/07/27

    Deux époques et une seule ligne de conduite : ne pas accepter l’injustice, quoi qu’il en coûte. Du refus de partir au Vietnam à celui de se lever pour l'hymne national, Mohamed Ali et Colin Kaepernick ont choisi leur conscience contre leur carrière.

    À première vue, tout les oppose. Cependant, dans cet épisode, deux figures majeures du sport américain distantes d’un demi‑siècle se répondent sans jamais se rencontrer.

    À écouter aussi : DeHart Hubbard - premier Noir en or aux JO, un changement d'ère ?

    D’un côté, Mohamed Ali, un boxeur flamboyant, provocateur, maître de la mise en scène autant que du ring. Une star mondiale qui impose son style et sa voix à une Amérique en pleine mutation.

    De l’autre, Colin Kaepernick, quarterback talentueux, plus réservé, presque silencieux. Un joueur prometteur de la NFL, propulsé au plus haut niveau avant même d’avoir atteint son apogée.

    À écouter aussi : Jesse Owens, conservateur, républicain et anti-Black Panther

    Tous deux semblaient destinés à régner durablement sur leur discipline. Jusqu’au moment où leurs trajectoires se sont interrompues brutalement, en raison de leurs prises de position : pour Ali, le refus de partir combattre au Vietnam. Pour Kaepernick, la dénonciation des violences policières. Deux gestes différents, mais une même logique : ne pas se taire face à ce qu’ils considèrent comme une injustice.

    À écouter aussi : Sport en légende Jack Johnson : le combat du siècle qui a bouleversé l’Amérique raciste

    En quelques semaines, leur statut bascule. De héros sportifs, ils deviennent des figures controversées, divisant profondément l’opinion publique. Une mécanique infernale s’enclenche. Ils seront suspendus, puis exclus. Une mise à l’écart qui entrainera d’énormes pertes de revenus.

    Leur histoire dépasse alors le cadre du sport. Elle interroge la place de l’engagement et les conséquences d’un acte de désobéissance quand il est exposé au regard de tous.

    Prolongez ci-dessous l’expérience avec des conseils de lecture, ainsi que les analyses et les éclairages exclusifs de l’historien François Doppler-Speranza.

    Comprendre les problématiques des Afro-Américains d’hier et d’aujourd’hui :

    François Doppler-Speranza est historien, maître de conférences à l’université de Lorraine à Nancy et enseignant à Syracuse University.

    Les analyses de François Doppler-Speranza :

    (Son 1) Qu’est-ce qui relie des figures historiques comme Marcus Garvey ou W.E.B. Du Bois à des personnalités comme Mohamed Ali et Colin Kaepernick aujourd’hui ?

    (Son 2) Colin Kaepernick s’inscrit dans la culture hip-hop, notamment à travers son admiration pour des figures comme Allen Iverson. Mohamed Ali l’a influencé par ses attitudes et son activisme. Quelle place occupent Ali et Kaepernick dans la culture populaire Hip-Hop ?

    (Son 3) On parle de crises à différentes époques à travers ces deux sportifs. Peut-on faire un parallèle avec la crise culturelle actuelle, que certains qualifient même de « guerre culturelle » ?

    Conseils de lecture

    Programmation musicale

    Pastime Paradise, Stevie Wonder.

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    29 分