エピソード

  • Cathy Freeman : la flamme et le fardeau
    2026/08/06

    Pour ce dernier épisode de la 2è saison de Sport en légende, nous voulons faire place à une lumière d’espoir avec Cathy Freeman. Elle aurait pu céder aux pièges de ses origines, de la pression, de la colère. Mais, elle choisit de ne pas se laisser définir par eux. La collection se referme sur une note positive, celle du dépassement et de la réconciliation.

    Au centre de ce récit, une athlète confrontée très tôt à une pression hors norme. Celle d’un regard permanent posé sur elle. À cela, s’ajoutent des épreuves personnelles et un environnement qui ne lui laisse que peu de répit.

    Et pourtant, elle ne cède pas.

    Cathy Freeman grandit dans un quotidien modeste. Très tôt, elle comprend que le monde autour d’elle est traversé de lignes invisibles, mais bien réelles.

    La course devient alors un point d’ancrage. Un espace où reprendre le contrôle, malgré les obstacles. Car à mesure que les victoires arrivent, une autre constante s’impose : le racisme, parfois diffus, parfois frontal.

    Elle découvre, de façon brutale, ce que signifie être assignée à une place.

    Mais elle continue.

    Repérée, soutenue, puis formée, elle progresse rapidement. Sur la piste, une rivalité se dessine avec Marie-José Pérec. Hors de la piste, l’équilibre reste fragile dans sa vie privée, notamment dans ses relations amoureuses. Et pourtant, elle avance vers un objectif précis : Sydney 2000.

    À écouter aussi : Marie-José Pérec et Cathy Freeman : destins croisés

    À domicile, sous les regards du monde entier, tout converge vers une seule course. Une finale où se joue bien plus qu’un titre : une promesse faite à toute une nation et à elle-même, pour son peuple aborigène.

    À lire aussi : Cathy Freeman, symbole de la réconciliation australienne de Sydney 2000

    Dans cet épisode, nous retraçons le parcours de Cathy Freeman. Une trajectoire faite de ruptures, de choix, et d’affirmation. Un destin qui aurait pu basculer, mais qui a trouvé, au bout du chemin, une forme d’équilibre.

    Prolongez ci-dessous l’expérience avec des conseils de lecture, ainsi que les analyses et les éclairages exclusifs de l’historienne Sandrine Lemaire.

    Comprendre la situation des aborigènes en Australie avec Sandrine Lemaire

    Sandrine Lemaire est historienne, agrégée, docteure en histoire de l’Institut universitaire européen de Florence, enseignante en classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Jean-Jaurès à Reims et codirectrice du groupe de recherche Achac.

    Les analyses de Sandrine Lemaire :

    (Son 1) Peut-on qualifier l’arrivée des Britanniques en Australie de processus de colonisation du peuple aborigène, et selon quels critères historiques ou juridiques ?

    (Son 2) La grand-mère de Cathy Freeman appartenait aux « générations volées » et a été arrachée à sa famille à l’âge de 8 ans pour être placée dans une institution chrétienne sur Palm Island. Quels étaient les objectifs de ces politiques, et quels en sont les effets à long terme, notamment en termes de traumatismes intergénérationnels ?

    (Son 3) Quelle est aujourd’hui la place des Aborigènes dans le sport australien, et plus largement dans la société : peut-on parler d’une réelle inclusion ou observe-t-on encore des inégalités structurelles ?

    Conseils de lecture

    Programmation musicale

    Promise me, Beverley Craven.

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    29 分
  • Battling Siki : roi sans couronne, champion effacé, sa véritable histoire
    2026/08/05
    En 1922, après avoir battu Georges Carpentier, véritable monument national, Battling Siki devient le premier Africain champion du monde de boxe. Mis au ban, effacé, il meurt assassiné dans l’anonymat d’une rue new-yorkaise à l'âge de 30 ans. Après une ascension foudroyante, il a connu une fin tragique. Battling Siki, un nom que l’histoire a failli engloutir. Nous racontons dans « Sport en Légende » sa véritable histoire. Battling Siki, dont l’histoire a longtemps été simplifiée, parfois déformée, possède un destin bien plus complexe que ce que l’on a voulu retenir. Pendant des décennies, son parcours a été raconté à travers des clichés tenaces. Ceux d’un boxeur instinctif, presque sauvage, emporté par une trajectoire inévitable. Pourtant, des archives que nous avons consultées disent autre chose. Les travaux récents, notamment ceux de l’historien Philippe Tétart, permettent de revoir cette histoire avec précision, loin des raccourcis d’une époque marquée par ses propres préjugés. Tout commence à Saint-Louis du Sénégal, en 1895. Contrairement à certaines versions, M’Baye Fall ne grandit ni dans la misère ni dans l’abandon. Il quitte pourtant très jeune son pays pour rejoindre la France, dans des circonstances qui restent encore floues. Quelques années plus tard, sur les ports de la Méditerranée, il découvre la boxe. Il apprend, progresse, se construit. C’est aussi là qu’apparaît « Battling Siki », un nom de ring choisi presque par nécessité. À partir de ce moment, la trajectoire s’accélère. Entre combats, petits boulots et premiers gains, une autre vie devient possible. Puis vient la guerre. Engagé volontaire en 1914, il en revient vivant, mais marqué. Au début des années 1920, Siki s’impose progressivement sur la scène européenne. Jusqu’à ce combat, en septembre 1922, face à Georges Carpentier. Un événement immense, sportif autant que symbolique. Ce soir-là, devant des milliers de spectateurs, tout bascule. Après une décision arbitrale contestée, Siki est finalement déclaré vainqueur. Il devient champion du monde. Mais la victoire ne clôt rien. Elle ouvre au contraire une série de tensions. Dans la presse, dans les institutions, dans l’opinion. Le champion dérange. Son titre est contesté, suspendu, puis retiré. L’affaire dépasse rapidement le sport et devient politique, portée jusqu’à l’Assemblée nationale par le député Blaise Diagne. ► À écouter aussi : 1918, mission Blaise Diagne. Réhabilité un temps, Siki ne retrouvera pourtant jamais sa place. La revanche contre Carpentier n’aura pas lieu. En Europe comme aux États-Unis, les portes se referment. Sa carrière se fragilise, sa réputation bascule. Les exploits laissent place aux polémiques. ► À écouter aussi : Sport en légende Jack Johnson : le combat du siècle qui a bouleversé l’Amérique raciste. En 1923, il part pour New York avec l’espoir de relancer sa carrière. Mais là encore, les opportunités lui échappent. Relégué à des combats secondaires, il s’enfonce progressivement dans l’ombre. Le 14 décembre 1925, dans une rue de Manhattan, Battling Siki est abattu. Il avait 30 ans. Prolongez ci-dessous l’expérience avec des conseils de lecture, ainsi que les analyses et les éclairages exclusifs de l’historien Philippe Tétart. Comprendre la réalité de la vie de Battling Siki pour éviter les mythes et légendes autour du boxeur Philippe Tétart est historien, maître de conférences en histoire contemporaine à Le Mans Université. (Son 1) Pourquoi, selon vous, l’imaginaire autour de Battling Siki est-il aussi déformé, parfois éloigné de la réalité historique que vous mettez en lumière dans votre livre ? (Son 2) Blaise Diagne et Battling Siki partagent une origine commune, mais tout semble les opposer, notamment leur statut social : comment expliquer alors le regard, voire le désintérêt, que Diagne porte sur Siki après l’avoir initialement soutenu ? (Son 3) Peut-on dire que Battling Siki est né trop tôt, et que son parcours aurait été mieux compris ou accueilli dans la France des années 1960, 1970 ou 1980. Conseils de lecture Programmation musicale « Minnie the Moocher », Robbie Williams.
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    29 分
  • John Akii-Bua : la victoire et l'exil, le sacré et le banni
    2026/08/04
    En 1972, il triomphe à Munich et devient l'héros d'une nation. Quelques années plus tard, John Akii-Bua fuit en exil pour échapper au régime d'Idi Amin, le dictateur ougandais. Son histoire est celle d'un champion que la politique a rattrapé, et qui a choisi sa liberté plutôt que sa gloire. JO de Munich, le 2 septembre 1972, la finale du 400 mètres haies, les regards se tournent vers les favoris. Presque personne ne prête attention au couloir numéro 1. C’est là que se tient John Akii-Bua. En quelques secondes, il va bouleverser l’ordre établi. ► À voir aussi : 1972, tragédie aux JO de Munich Né en 1949 dans la région du Lango en Ouganda, alors sous protectorat britannique, John Akii-Bua grandit dans une famille nombreuse, au sein d’un environnement rural. Adolescent, il quitte son village pour Kampala. Il enchaîne les petits emplois, jusqu’à ce qu’un concours de circonstances l’amène vers la police. C’est là que son potentiel est repéré. Sa trajectoire change réellement lorsqu’il rencontre Malcolm Arnold, un entraîneur britannique venu moderniser l’athlétisme ougandais. À la fin des années 1960, alors que le pays bascule dans l’instabilité politique, Akii-Bua progresse rapidement. En 1971, il figure déjà parmi les meilleurs mondiaux, sans pour autant être considéré comme favori. Le soir de la finale olympique, il franchit la ligne en 47 secondes et 82 centièmes. Record du monde. Son nom entre dans l’histoire. Son geste aussi : il improvise ce qui deviendra plus tard un rituel du sport mondial. ► À voir aussi : L'histoire de John Akii-Bua - Une tragédie africaine. De retour en Ouganda, il est célébré, puis récupéré par le régime d’Idi Amin Dada. Derrière les honneurs, le pays s’enfonce dans la violence. Akii-Bua devient à la fois symbole national et témoin impuissant des persécutions visant son propre peuple. À lire aussi : Ouganda: un documentaire sur la caricature et les caricaturistes sous le régime d’Amin Dada Quand le régime vacille à la fin des années 1970, dans un pays livré à la peur et aux règlements de comptes, John Akii-Bua organise en urgence la fuite de sa famille. L’ancien champion olympique laisse derrière lui ses repères, ses médailles, une part de sa vie et la sécurité fragile d’un camp de réfugiés, loin des stades, loin de la reconnaissance. Prolongez ci-dessous l’expérience avec des conseils de lecture, ainsi que les analyses et les éclairages exclusifs de l’historien Nicolas Bancel. Comprendre le contexte politique et géopolitique autour de John Akii-Bua Nicolas Bancel est historien, spécialisé dans l'histoire coloniale et postcoloniale, ainsi que dans l'histoire du sport et des mouvements de jeunesse, professeur à l'Université de Lausanne, vice-président du Groupe de recherche Achac. Les analyses de Nicolas Bancel : (Son 1) Idi Amin Dada était un dictateur imprévisible, sadique mais aussi enfantin, avec des excentricités publiques. Quel rôle jouait cette mise en scène personnelle dans sa stratégie de terreur ? (Son 2) Dans le conflit entre la Tanzanie et l’Ouganda en 1972, les motivations étaient uniquement ethniques. (Son 3) Cette guerre entre les voisins ougandais et tanzaniens, a-t-elle révélé des divisions au sein de l’Union africaine ? (Son 4) Le régime d’Amin Dada fait entre 150 000 et 300 000 morts en 8 ans, avec des assassinats de masse systématiques. Malgré cette terreur d’État documentée, Amin Dada a reçu un soutien initial de certains pays occidentaux et de l’URSS. Comment s’explique cette ambivalence de la communauté internationale face à un dictateur aussi brutal, et à quel moment exact le basculement vers l’isolement total s’est-il produit ? Conseils de lecture Programmation musicale Adieux, Fally Ipupa.
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    29 分
  • Violette Morris & Hellé Nice : trop libres et condamnées
    2026/08/03

    Femmes libres, sportives audacieuses, insoumises insaisissables, elles incarnaient une modernité que leur époque ne leur pardonnera pas. L’une a trahi, a été accusée et condamnée. L’autre a surpris, a été soupçonnée et calomniée, manifestement à tort. Ces deux sportives de l'entre-deux-guerres ont payé de leur réputation, parfois de leur vie, le prix de leur indépendance.

    Violette Morris et Hellé Nice ont connu la célébrité à une époque où elle était rare pour des sportives. Deux femmes qui ont aussi, chacune à leur manière, été rejetées, condamnées ou effacées.

    L’une a été tuée. L’autre a été mise au ban.

    Avant cela, dans la France de l’entre-deux-guerres, leurs exploits fascinent. Mais les exposent également, avec ses limites. Car derrière l’enthousiasme, une norme persiste : celle de ce qu’une femme doit être, et ne pas être. Violette Morris et Hellé Nice vont précisément franchir cette ligne.

    Violette Morris, née en 1893 à Paris, impose très tôt une présence physique hors norme. Elle pratique tous les sports, souvent contre des hommes, et accumule les titres dans les années 1920. Mais son apparence, ses choix de vie et son refus des conventions dérangent autant qu’ils impressionnent.

    Hellé Nice suit une trajectoire différente. Danseuse devenue pilote, elle construit son image avec précision. Élégante, médiatique, elle s’impose dans un univers masculin sans rompre totalement avec les codes attendus. Sur les circuits, pourtant, elle ne joue aucun rôle : elle gagne, elle prend des risques, elle bat des records. La presse en fait une icône.

    Dans les années 1920, le sport féminin reste toléré. Le corps des femmes ne doit ni dépasser, ni déranger. Morris et Nice en font un outil de performance, et, de fait, un acte de rupture.

    Violette Morris, exclue et marginalisée, poursuit sa route ailleurs, sans jamais se conformer. Pour Hellé Nice, la chute viendra plus tard, en 1936 au Brésil.

    Puis vient la guerre, et leurs destins qui se referment alors brutalement, pas de la même manière, pas pour les mêmes raisons. C’est précisément cet écart, entre gloire et effacement, entre reconnaissance et condamnation, que nous allons explorer dans cet épisode.

    Prolongez ci-dessous l’expérience avec des conseils de lecture, ainsi que les analyses et les éclairages exclusifs de l’historienne Sandrine Lemaire.

    Comprendre le contexte de l’entre-deux-guerres mondiales autour de Morris et Nice

    Sandrine Lemaire est historienne, agrégée, docteure en histoire de l’Institut universitaire européen de Florence, enseignante en classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Jean-Jaurès à Reims et codirectrice du groupe de recherche Achac.

    Les analyses de Sandrine Lemaire :

    (Son 1) En tant qu’historienne, comment devez-vous traiter le cas de Violette Morris qui a choisi la collaboration et s’est retrouvée du mauvais côté de l’histoire ?

    (Son 2) Comment confronter les faits de sa collaboration lors de la Seconde Guerre mondiale avec son personnage qui a considérablement bousculé les normes de genre de son époque ?

    (Son 3) Comment la trajectoire d’Hellé Nice, de danseuse de cabaret à pilote de Grand Prix) reflète-t-elle les possibilités (limitées ? Réelles ?) d’ascension sociale pour les femmes de cette époque ?

    (Son 4) Violette Morris et Hellé Nice ont toutes deux bousculé les normes de genre dans le sport français des années 1920-1930. Près d’un siècle plus tard, quelles leçons leur histoire nous donne-t-elle sur les progrès réels de la place des femmes dans la société française ?

    Conseils de lecture

    Programmation musicale

    Né sous la même étoile, IAM.

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    29 分
  • Abebe Bikila : l'éternité a une fin
    2026/07/30

    Vainqueur à Rome en 1960, puis à Tokyo en 1964, Abebe Bikila court pour l’Éthiopie et devient l’icône d’un continent. Après les Jeux Olympiques, sa vie bascule un soir de mars 1969. Entre ascension fulgurante et chute brutale, son histoire reste un récit de force et de résilience.

    Le 10 septembre 1960, à Rome, un inconnu prend le départ du marathon olympique. Il s’appelle Abebe Bikila. Il court pieds nus, sans équipement particulier, presque sans histoire. 2 heures et 15 minutes plus tard, il entre seul dans le stade et bat le record du monde. Pour la première fois, un athlète d’Afrique subsaharienne remporte l’or sur l’une des épreuves les plus emblématiques des Jeux.

    Cette victoire dépasse le cadre du sport. Elle marque un basculement. Bikila devient en une course le visage d’un continent qui s’affirme, et l’incarnation d’une réussite que peu avaient anticipée.

    À écouter aussi : Abebe Bikila : le symbole politique et médiatique.

    Quatre ans plus tard, à Tokyo, il s’impose de nouveau. Il devient le premier double champion olympique du marathon. Son nom s’inscrit durablement dans l’histoire.

    Mais la trajectoire s’interrompt brutalement.

    Dans la nuit du 22 mars 1969, sur une route éthiopienne, sa voiture quitte la route. L’accident ne dure que quelques secondes. Les conséquences, elles, sont définitives. À 36 ans, Abebe Bikila devient paraplégique.

    Que reste-t-il alors d’un champion dont tout reposait sur le corps ? Que devient une figure mondiale quand la performance n’est plus possible ?

    Cet épisode de Sport en Légende revient sur l’ensemble de ce parcours, des premiers pas à la reconnaissance mondiale, jusqu’à l’accident qui en change le cours, et sa participation aux Jeux de Stoke Mandeville, ancêtre des Jeux Paralympiques. Il s’attache surtout à raconter la manière dont Bikila a lutté tout au long de sa vie.

    Prolongez ci-dessous l’expérience avec des conseils de lecture, ainsi que les analyses et les éclairages exclusifs du politologue Yvan Issekin.

    Comprendre le contexte autour de l’ascension et la chute d’Abebe Bikila

    Yvan Issekin est politologue, enseignant en Sciences politiques à l'Université Catholique d'Afrique Centrale et chercheur affilié au CERDAP à l'Université de Yaoundé II.

    Les analyses d’Yvan Issekin :

    (Son 1) Pouvez-vous détailler comment l’empereur Haïlé Sélassié a utilisé la figure d’Abebe Bikila pour renforcer l’image de l’Éthiopie comme nation moderne et victorieuse sur la scène internationale, notamment face aux puissances coloniales ?

    (Son 2) Pouvez-vous détailler les conditions qui ont conduit au coup d’État de décembre 1970 en Éthiopie qui conduiront Abebe Bikila quelques mois en prison ?

    (Son 3) En quoi, en franchissant victorieux l’Arc de Constantin à Rome en 1960, pieds nus, la victoire d’Abebe Bikila est-elle une revanche ?

    (Son 4) Que reste-t-il aujourd’hui de l’héritage d’Abebe Bikila ?

    Conseils de lecture

    Programmation musicale

    Mulutu Astatke - Yegellé Tezeta.

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    29 分
  • Julissa Gomez : corps brisé, rêve sacrifié
    2026/07/29

    Son histoire est celle d'une enfant de 15 ans broyée par la machine du sport de haut niveau, entre ambitions démesurées et corps sacrifiés. Un destin tragique qui force à regarder en face ce que le rêve de gloire en sport peut coûter.

    Tokyo, en mai 1988, lors du World Sports Fair, dernière étape avant les Jeux olympiques de Séoul.

    À lire aussi : Près d'un enfant sur cinq est victime de violence sexuelle en Europe

    Au centre de l’histoire, une gymnaste de 15 ans : Julissa Gomez. Silhouette légère, précision remarquable, discipline sans faille. Elle incarne l’une des promesses de l’équipe américaine. Mais à ce niveau, le talent ne suffit pas. Il faut convaincre, prendre des risques, se démarquer.

    À lire aussi : Près de six sportifs sur dix déclarent avoir subi des violences dans leur club, en France, selon une étude récente.

    Pour y parvenir, elle mise sur un saut difficile, le Yurchenko. Spectaculaire, mais instable dans son cas. Plusieurs observateurs le notent. Malgré cela, le choix est maintenu.

    Lors de l’échauffement, Julissa s’élance. En une fraction de seconde, tout bascule. L’impulsion est mauvaise, la trajectoire trop courte. Elle heurte violemment la table de saut. Le bruit du choc interrompt la salle. Puis, un silence.

    Le diagnostic est immédiat et irréversible : lésion grave de la moelle épinière. Julissa est paralysée. Elle ne se relèvera pas. Après trois années passées dans le coma, elle meurt en 1991, à 18 ans.

    Que s’est-il réellement joué ce jour-là ? Une erreur technique, une prise de risque excessive, ou le symptôme d’un système qui incite des adolescentes à dépasser leurs limites sans filet ?

    L’histoire de Julissa Gomez dépasse le cadre d’un accident. Elle s’inscrit dans un modèle où la performance prime, où les jeunes athlètes évoluent sous pression constante, souvent sans réelle capacité de décision. D’autres trajectoires, comme celles de Christy Henrich ou Elena Mukhina, montrent que ces dérives ne sont ni isolées ni nouvelles.

    À lire aussi : Comment en finir avec les violences sexuelles sur mineurs?

    Depuis, des évolutions ont émergé. Certaines figures, comme Simone Biles, ont ouvert une autre voie, en plaçant la santé physique et mentale au cœur de la performance. Mais ces changements restent inégaux.

    Conseils de lecture

    Programmation musicale

    Prendre ta douleur, Camille.

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    29 分
  • Caster Semenya & Dutee Chand : pas assez femmes pour gagner
    2026/07/28

    Elles courent vite. Trop vite, selon certains. Championnes sur la piste, elles deviennent des accusées dans les prétoires. Leur combat contre des règlements qui questionnent leur droit même à exister a marqué l'histoire du sport et celle des droits humains.

    Que reste-t-il d’une carrière quand elle se décide dans un couloir d’hôpital, ou au terme d’un dossier administratif ? C’est là que commencent les histoires de Dutee Chand et Caster Semenya.

    Dutee Chand grandit dans une famille modeste en Inde. Très tôt, elle comprend que sa vitesse peut lui ouvrir un autre horizon. Les résultats arrivent vite : en 2014, elle remporte deux titres aux championnats d’Asie juniors. Sa progression semble linéaire. Jusqu’à ce que tout s’arrête.

    Quelques semaines plus tard, elle est déclarée inéligible. En cause : un taux de testostérone jugé trop élevé. Chand refuse de modifier son corps et saisit le Tribunal arbitral du sport.

    L’histoire de Caster Semenya est plus brutale encore. En 2009, à 18 ans, elle devient championne du monde du 800 mètres. Le jour même, la fédération internationale annonce des « tests de féminité ». La victoire bascule immédiatement dans le soupçon.

    Suspendue, exposée, contestée, Semenya devient un cas mondial. Elle revient pourtant, gagne, domine, devient championne olympique. Mais les règles changent. Semenya refuse. Le combat se déplace devant les tribunaux, jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme.

    Pendant ce temps, d’autres athlètes suivent le même chemin. Certaines changent de distance. D’autres renoncent. Toutes s’adaptent à des critères qui évoluent plus vite que leurs carrières.

    En 2026, le CIO relance les tests de féminité, ravivant une question ancienne : qui décide des frontières du sport féminin ?

    Prolongez ci-dessous l’expérience avec des conseils de lectures, ainsi que les analyses et les éclairages exclusifs d’Anaïs Bohuon.

    Comprendre les problématiques des athlètes intersexués :

    Anaïs Bohuon est professeure des Universités à la Faculté des Sciences du Sport de l'Université Paris-Saclay. Socio-historienne, elle a publié des articles et ouvrages scientifiques sur le corps, le sport et le genre.

    Les analyses d’Anaïs Bohuon :

    (Son 1) Comment les fédérations sportives internationales, comme World Athletics, utilisent-elles des règles sur la testostérone pour contrôler les athlètes femmes comme Semenya ou Chand, et qu’est-ce que cela nous dit des normes et politiques imposées ?

    (Son 2) Pourquoi ces exclusions touchent-elles presque exclusivement des athlètes africaines ou du Sud global, comme la Sud-Africaine Semenya ou l’Indienne Chand, et quels déséquilibres Nord-Sud cela révèle-t-il dans le sport mondial ?

    (Son 3) Dans une société obsédée par l’apparence et le genre, comment les jugements sur le corps de ces championnes intersexuées perpétuent-ils des stéréotypes de féminité, et quel impact cela a-t-il sur leur vie quotidienne ?

    (Son 4) Que pensez-vous du retour des tests de féminité décidé par le CIO pour LA 2028, qui exclut les athlètes intersexuées des catégories féminines, et est-ce un recul pour l’égalité ou une réponse aux pressions sociétales ?

    Conseils de lecture

    Programmation musicale

    Girl next door, Tyla & Ayra Star.

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    29 分
  • Ali et Kaepernick : KO debout, mais vainqueurs à jamais
    2026/07/27

    Deux époques et une seule ligne de conduite : ne pas accepter l’injustice, quoi qu’il en coûte. Du refus de partir au Vietnam à celui de se lever pour l'hymne national, Mohamed Ali et Colin Kaepernick ont choisi leur conscience contre leur carrière.

    À première vue, tout les oppose. Cependant, dans cet épisode, deux figures majeures du sport américain distantes d’un demi‑siècle se répondent sans jamais se rencontrer.

    À écouter aussi : DeHart Hubbard - premier Noir en or aux JO, un changement d'ère ?

    D’un côté, Mohamed Ali, un boxeur flamboyant, provocateur, maître de la mise en scène autant que du ring. Une star mondiale qui impose son style et sa voix à une Amérique en pleine mutation.

    De l’autre, Colin Kaepernick, quarterback talentueux, plus réservé, presque silencieux. Un joueur prometteur de la NFL, propulsé au plus haut niveau avant même d’avoir atteint son apogée.

    À écouter aussi : Jesse Owens, conservateur, républicain et anti-Black Panther

    Tous deux semblaient destinés à régner durablement sur leur discipline. Jusqu’au moment où leurs trajectoires se sont interrompues brutalement, en raison de leurs prises de position : pour Ali, le refus de partir combattre au Vietnam. Pour Kaepernick, la dénonciation des violences policières. Deux gestes différents, mais une même logique : ne pas se taire face à ce qu’ils considèrent comme une injustice.

    À écouter aussi : Sport en légende Jack Johnson : le combat du siècle qui a bouleversé l’Amérique raciste

    En quelques semaines, leur statut bascule. De héros sportifs, ils deviennent des figures controversées, divisant profondément l’opinion publique. Une mécanique infernale s’enclenche. Ils seront suspendus, puis exclus. Une mise à l’écart qui entrainera d’énormes pertes de revenus.

    Leur histoire dépasse alors le cadre du sport. Elle interroge la place de l’engagement et les conséquences d’un acte de désobéissance quand il est exposé au regard de tous.

    Prolongez ci-dessous l’expérience avec des conseils de lecture, ainsi que les analyses et les éclairages exclusifs de l’historien François Doppler-Speranza.

    Comprendre les problématiques des Afro-Américains d’hier et d’aujourd’hui :

    François Doppler-Speranza est historien, maître de conférences à l’université de Lorraine à Nancy et enseignant à Syracuse University.

    Les analyses de François Doppler-Speranza :

    (Son 1) Qu’est-ce qui relie des figures historiques comme Marcus Garvey ou W.E.B. Du Bois à des personnalités comme Mohamed Ali et Colin Kaepernick aujourd’hui ?

    (Son 2) Colin Kaepernick s’inscrit dans la culture hip-hop, notamment à travers son admiration pour des figures comme Allen Iverson. Mohamed Ali l’a influencé par ses attitudes et son activisme. Quelle place occupent Ali et Kaepernick dans la culture populaire Hip-Hop ?

    (Son 3) On parle de crises à différentes époques à travers ces deux sportifs. Peut-on faire un parallèle avec la crise culturelle actuelle, que certains qualifient même de « guerre culturelle » ?

    Conseils de lecture

    Programmation musicale

    Pastime Paradise, Stevie Wonder.

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