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Reportage Afrique

Reportage Afrique

著者: RFI
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Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

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エピソード
  • Au Tchad, les agricultrices de Pala changent leurs habitudes pour s'adapter au réchauffement climatique [1/2]
    2026/10/19

    Au Tchad, la saison des pluies s'achève, mais il n'a pas assez plu. Même dans le sud du pays, où les pluies sont habituellement plus abondantes, les précipitations ont été particulièrement faibles. À Pala, dans la province du Mayo-Kebbi Ouest, dans le sud-ouest du Tchad, non loin de la frontière camerounaise, les effets du réchauffement climatique sont visibles. Les agriculteurs en ressentent les conséquences. Les récoltes sont maigres cette année.

    De notre envoyée spéciale à Pala,

    On quitte la terre rouge ocre de la route de Pala pour s'enfoncer dans les champs. Du vert à perte de vue, mais à y regarder de plus près, les wadis et les champs de riz sont secs. Habiba Fatalé est agricultrice. Elle est la cheffe d'un groupement de femmes réunies pour partager les frais de la location de la terre agricole qu'elles cultivent ensemble. « Avant, je ne cultivais que le maïs. Cela donnait en grande quantité et la terre était adaptée à cette culture. Mais dernièrement, comme le climat change, on a dû vite s'adapter. Et cette année, on nous a conseillé de changer pour cultiver du mil rouge et du riz », raconte-t-elle.

    L'association Respirons de l'air naturel, de Pala, accompagne ces agricultrices. Le but : les aider à s'adapter à ces nouvelles conditions de travail. « On vient voir le terrain. On inspecte. On revient ensuite vers nos conseillers agronomes qui sont au siège. On leur présente les phénomènes que nous avons rencontrés et on leur demande comment faire. Quels conseils apporter à ces femmes vulnérables ou à ces cultivateurs qui sont focalisés sur le riz », explique Aboubakar Moustapha Ali, le président de l'association. Mais pour Habiba Fatalé, les résultats sont mitigés. « Le mil rouge a bien donné, la récolte était bonne, mais le riz... Regardez, il manque beaucoup d'eau. Regardez, le wadi est vide. J'ai peur de ne rien pouvoir récolter », s'inquiète-t-elle.

    « Nos conditions sont devenues plus difficiles »

    À quelques mètres de là, Maria Mama Bouba est dubitative. Elle inspecte les tiges de riz et passe ses doigts sur les grains encore verts. Elle fait partie du même groupement d'agricultrices. « Durant les trois dernières années, les températures et les pluies ont beaucoup varié. Nos conditions sont devenues plus difficiles. Les pluies sont plus fortes et concentrées, mais la saison sèche devient plus longue que la saison pluvieuse. Et puis, on manque d'engrais biologiques. Les ingrédients pour avoir de bons engrais sont difficiles à réunir », souligne-t-elle.

    Aboubakar Moustapha Ali constate les mêmes dégâts, mais il reste combatif. « Il y a ce changement et une baisse des rendements, mais nous pouvons agir », assure-t-il. Le Tchad est l'un des pays d'Afrique les plus touchés par les conséquences du changement climatique.

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  • En Tanzanie, certains voient l'arrivée d'El Niño comme une opportunité [3/3]
    2026/10/06

    La région de Morogoro, à l’ouest de Dar es Salaam, est l’une des grandes régions agricoles de Tanzanie, et l’arrivée prochaine d’El Niño est suivie de près. Ce phénomène devrait apporter de fortes précipitations sur une grande partie du pays. Si certains les redoutent, d’autres y voient une opportunité. C’est le cas de l’association Agriwezesha qui va proposer aux petits agriculteurs qu’elle aide de profiter de ces pluies garanties pour planter des arbres.

    De notre envoyée spéciale à Morogoro,

    Au pied des monts Uluguru, à 5 heures de route de la capitale économique Dar es Salaam, Deograsia Ignas observe ses allées de plants d’arbres de toutes sortes. Certains sont encore tout jeunes, d’autres prêts à être plantés : « Ici, vous voyez, ce sont des girofliers qui ont à peu près 6 mois, montre-t-elle. Ici, nous avons des cacaoyers et des manguiers qui sont tous prêts à être plantés, on attend juste la pluie. »

    La jeune femme a fondé l’association Agriwezesha en 2019 et son objectif est d’accompagner les petits agriculteurs de la région à développer leurs terres et pérenniser leur production agricole. Selon Deograsia, les pluies à venir d’El Niño sont une aubaine : « D’habitude, nous plantons de mars à mai, donc ce qu’on va faire, c’est profiter d’El Niño pour remplacer les arbres morts de la saison dernière. »

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    Une saison des pluies supplémentaire

    Avec El Niño, l’irrigation est garantie et gratuite sur des parcelles qui n’ont aucun système d’irrigation artificiel. Une saison des pluies supplémentaire en somme qui fait gagner du temps aux agriculteurs. « En temps normal, nous devrions attendre jusqu’à mars prochain pour remplacer les arbres morts, en même temps que la plantation de la saison prochaine, précise Deograsia Ignas. Donc si la pluie vient, on pourra séparer les deux étapes et se focaliser uniquement sur les nouveaux arbres l’an prochain. Ça nous permet de commencer le travail en avance. »

    L’œil rivé sur ses petits plans collés les uns aux autres dans des pots en plastique noir, Mustafa Mtawa est l’un des jardiniers d’Agriwezesha. Lui tente de préparer au mieux sa pépinière avant l’arrivée de la pluie. « Les fortes pluies sont un défi mais on ne peut pas l’éviter, on doit le gérer, reconnait-il. C’est pour ça qu’on a creusé un système d’évacuation des eaux ici. Quand la pluie commencera, on sera sûrs que nos plants ne seront pas endommagés » Selon lui, une fois les précautions prises, il faudra ensuite tirer le meilleur de cette situation. « Les agriculteurs sont contents, pour ceux situés dans les hauteurs des montagnes, ils pourront en profiter pour cultiver des variétés à cycles courts. C’est une véritable opportunité », se réjouit-il.

    Les pluies d’El Niño devraient arriver dès le mois d’octobre avec un pic autour des mois de novembre et décembre en Tanzanie.

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