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Religions du monde

Religions du monde

著者: RFI
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Religions du monde traite de l’actualité des religions et croyances autour du monde, de sujets de société, la recherche spirituelle, la religion sur Internet, les pratiques religieuses... Des portraits nourrissent également cette émission présentée par Véronique Gaymard, diffusée le dimanche à 10h10 TU. Réalisation : Ludivine Amado.

France Médias Monde
スピリチュアリティ
エピソード
  • Comment religions, croyances et pratiques traditionnelles accompagnent les parcours de migration
    2026/07/05

    Comment les religions peuvent-elles aider à affronter la migration ? Dans les parcours migratoires, d’Afrique vers l’Europe ou d’un pays africain à un autre, les pratiques religieuses, les objets comme des amulettes et les croyances dans les ancêtres accompagnent les personnes sur ces chemins dangereux et peuvent leur permettre de surmonter les peurs, les angoisses et les incertitudes.

    Comme le souligne l’un de nos invités dans cette émission, « Dieu ne suffit pas » pour affronter les difficultés, l’accompagnement est donc multiple. On utilise aussi sur ce parcours ce qu’on appelle des « kits religieux », des « kits traditionnels » ou encore des « kits de fétiches », à la confluence des christianismes africains, des religions traditionnelles et de l’islam.

    À l’occasion des 9è Rencontres des Études Africaines en France à Paris (du 30 juin au 2 juillet 2026), Religions du Monde a pu rencontrer plusieurs chercheurs socio-anthropologues d’Afrique et d’Europe, réunis au Campus Condorcet à Aubervilliers, au nord de Paris, autour de leur atelier intitulé : « Se déplacer, croire, pratiquer : matérialités et immatérialités religieuses dans la mobilité ».

    Invités :

    - Yassin Dia, anthropologue d’origine sénégalaise qui a fait son doctorat à l’Université de Milan-Bicocca en Italie, travaille sur les migrations africaines en Italie en particulier sur le cas du Sénégal et sur la « quête de soutien spirituel » des Sénégalais en Italie, mais aussi sur la circulation des objets comme les amulettes islamiques

    - Sophie Bava, socio-anthropologue à l’IRD, l’Institut pour la Recherche et le Développement, au Laboratoire Population Environnement Développement, co-rédactrice en chef de la revue « Afrique(s) en Mouvement ». Elle s’intéresse en particulier aux migrations africaines et aux parcours des croyants : comment se recomposent les paysages religieux sur les parcours migratoire. Sophie Bava a notamment travaillé sur le Maroc et avait publié en 2022 (avec l’anthropologue Bernard Coyault et le photographe Malik Nejmi) le livre « Dieu va ouvrir la mer - christianismes africains au Maroc », (Éd. Kulte) une plongée dans le quotidien des « Églises de maison » fondées par les migrants subsahariens dans les quartiers périphériques de Rabat

    - Jean-Fidèle Simba, docteur en sociologie, chargé d’enseignement vacataire à l’université Paris 8, originaire du Congo-Brazzaville, travaille notamment sur le « merveilleux religieux » congolais en contexte migratoire, les pratiques et ses objets, ces « kits religieux » souvent marqués par le secret. Des recherches marquées par son propre parcours migratoire en 2005, qu’il a vécue avec ses propres « kits » en traversant le Sahara et la Méditerranée

    - Ndeye Aida Dia, doctorante à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal (Unité de Recherche en Ingénierie Culturelle et Anthropologie IFAN/UCAD), travaille sur la façon dont la spiritualité, la religion, peut aider au quotidien, dans toutes les épreuves des personnes qui ont fait un parcours migratoire, lorsqu’elles sont loin de chez elles, comment elles recréent des espaces spirituels – à travers l’expérience de Sénégalais qui ont émigré aux États-Unis disciples du guide spirituel Cheikh Sayid Omar Kébé.

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  • Les Ismaéliens : des origines au VIIIè siècle à l’Aga Khan contemporain
    2026/06/28

    Qui sont les Ismaéliens ? Cette branche très minoritaire du chiisme à l’origine du califat fatimide – seul califat chiite - est apparue au VIIIè siècle, à l’époque du sixième imam et descendant d’Ali. Leur califat fatimide a étendu sa puissance aux Xè et XIè siècles en Afrique du Nord, en Sicile et jusqu’à la Syrie. Ils ont fondé Le Caire, devenu capitale politique et centre intellectuel et religieux important.

    Les Ismaéliens sont aussi à l’origine des célébrations du Mawlid, l’anniversaire du Prophète. Dès le IXè siècle, ils s’établissent dans différentes régions, dont le sous-continent indien, en se fondant parmi les hindous et les bouddhistes, à qui ils proposent d’être initiés, sans pour autant renier leurs croyances.

    Pour les Ismaéliens, l’imam est toujours vivant et présent, contrairement aux chiites duodécimains, pour lesquels le 12è imam est entré en occultation et ne reviendra qu’à la fin des temps.

    Au XIè siècle, Hassan Sabbah fonde un ordre ismaélien, nizarite, et s’installe dans des forts et châteaux, dont la fameuse forteresse d’Alamût (située au sud de la mer Caspienne en Iran), semant la terreur par des assassinats ciblés contre des Turcs seldjoukides, les Croisés la surnomment même la « secte des Assassins ». Défaits par Saladin, puis écrasés par Gengis Khan, les Ismaéliens nizarites entrent en semi-clandestinité pendant plusieurs siècles et se fondent dans la population.

    Depuis le XIXè siècle, l’Aga Khan est désormais le chef spirituel reconnu des ismaéliens nizarites (qui sont majoritaires). Depuis la mort de son père en 2025, c’est l’Aga Khan V, âgé de 53 ans en 2026, qui est reconnu comme le 50è imam par la plupart des Ismaéliens, et qui dirige l’Aga Khan Development Trust, une entité caritative très présente dans le monde musulman.

    Décryptage avec Daniel De Smet, invité en studio : spécialiste de l’ismaélisme, directeur de recherches au CNRS, membre statutaire du Laboratoire d’études sur les monothéismes, enseigne la philosophie arabe à l’université de Louvain en Belgique, auteur de Les Fatimides, De l’ésotérisme en islam, aux éditions du Cerf (2022)

    Reportage au nord du Pakistan :

    Notre correspondante Ondine De Gaulle a pu se rendre dans la vallée de Hunza au nord du Pakistan où l’Aga Khan V s’est rendu en visite fin mai 2026.

    Éclairages de Michel Boivin, directeur de recherche émérite au CNRS, et au centre d’études sud-asiatiques et himalayennes, le CESAH.

    Rencontre avec Salim, Malgache d’origine indienne vivant en France, ismaélien, chante des ginans, chants dévotionnels ismaéliens.

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  • Patrimoine religieux et culturel face à la guerre : de Tombouctou à Odessa, comment résister?
    2026/06/21

    Les guerres sèment la destruction, des vies humaines sont brisées, effacées, mais aussi des lieux de culte, des cités anciennes qui sont la mémoire historique des populations, leurs liens culturels et cultuels ancestraux : des églises, des mosquées, des temples, des musées, des sites archéologiques, des cimetières sont même parfois délibérément ciblés pour effacer cette mémoire, comme ce fut le cas lors de la destruction des mausolées à Tombouctou, au Mali, en 2012 par le groupe Ansar Dine, des sites antiques en Syrie et en Irak par l’organisation de l’État islamique en 2014 et 2015, ou les bouddhas géants de Bamiyan en Afghanistan par les Talibans en 2001.

    Certaines de ces guerres se déroulent en ce moment même, à Gaza, au Liban, en Ukraine, … parfois depuis de très nombreuses années.

    Tout récemment, des frappes russes à Kiev en Ukraine ont provoqué des morts dans la capitale et dans d’autres villes ciblées, un incendie a gravement endommagé le toit de la fameuse cathédrale de la Dormition, qui date du XIè siècle, dans le complexe orthodoxe de la Laure des Grottes, un site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

    Au sud du Liban, c’est la ville de Tyr qui a été ciblée récemment par des frappes israéliennes. Inscrits eux aussi au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984, ces sites archéologiques antiques qui remontent au IIè ou IIIè siècle, ont subi des dommages dus aux bombardements. L’Unesco a d’ailleurs placé une quarantaine de biens culturels au Liban sous protection renforcée, un plan d’urgence a été présenté le 8 juin 2026, un signal envoyé à la communauté internationale sur la nécessité de protéger ces sites. En revanche, certains patrimoines sont ainsi définitivement perdus.

    C’est le patrimoine au sens large qui est en péril dans les guerres : des bâtiments mais aussi des objets, des terres, contaminées par des produits chimiques, ou encore des ressources naturelles pillées qui continuent de nourrir les conflits.

    Comment protéger, comment résister ?

    Les deux commissaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup ainsi que le commissaire associé Yves Ubelmann d’ICONEM ont proposé un parcours en trois thématiques dans cette exposition à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris: effacer, résister, réparer (et transmettre).

    Dans cette émission, nous parcourons ces trois espaces, avec des illustrations de lieux détruits parfois reconstitués en films grâce à Iconem, fondée en 2013, spécialisée en numérisation 3D de sites patrimoniaux, qui a travaillé avec l’Unesco.

    Reportage avec les commissaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup, et le commissaire associé Yves Ubelmann, à l’exposition « Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa », à la Cité de l’architecture et du patrimoine, au Trocadéro à Paris (jusqu’au 3/01/2027).

    Avec :

    - Elisabeth Essaïan, architecte, maîtresse de conférences en Théorie et pratique de la conception architecturale urbaine (TPCAU) à l’École nationale supérieure de Paris-Belleville, commissaire de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa »

    - Mathilde Leloup, politiste, maîtresse de conférences en Science politique à l’Institut d’Études Européennes (IEE) de l’université Paris 8 et directrice adjointe du laboratoire CRESPPA, commissaire de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa »

    - Yves Ubelmann, président et fondateur d’ICONEM (Imaging and Computation for Environmental and Monumental Heritage), commissaire associé de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa »

    - Julien Bargeton, président de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine.

    Extraits de reportages / RFI.

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