エピソード

  • 1. Ishta : le kurde, la langue interdite
    2024/05/06

    Ishta, originaire de Syrie, a dû cacher sa langue maternelle, le kurde, pendant toute son enfance, car l'arabe était la seule langue autorisée. Cette interdiction a renforcé son identité ethnique et politique. Plus tard, menacée en raison de l'activisme politique de son père, la famille s'exile au Liban puis en France. Ishta y apprend le kurde avec l'intention de défendre la cause de son peuple devant les institutions internationales.

    Ce podcast original RFI de Marjorie Bertin a été créé en partenariat avec l’Institut national des langues et civilisations orientales.

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    24 分
  • 2. Liliane : le wushi, la langue en danger
    2024/05/06

    La découverte du wushi, une langue parlée par seulement 22 000 locuteurs dans la région anglophone du Cameroun, a poussé Liliane à se battre pour sa préservation en lui consacrant sa thèse de doctorat. En tant que langue en danger, le wushi, héritier des langues bantoues, risque de disparaître, n'ayant jamais été retranscrit à l'écrit. Entre vidéos YouTube, conflits armés et création d'un lexique wushi, Liliane partage son parcours pour sauver cette langue et préserver la culture qu'elle représente. Son combat souligne l'importance de la circulation et de l’écriture des langues dans la préservation culturelle et humaine.

    Ce podcast original RFI de Marjorie Bertin a été créé en partenariat avec l’Institut national des langues et civilisations orientales.

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    24 分
  • 3. Loïc : le wolof, la langue de la fraternité
    2024/05/06

    Loïc, étudiant vivant en marge de la société, trouve une nouvelle perspective en se liant d'amitié avec des étudiants sénégalais dans l'Est de la France. Fasciné par leur solidarité et leur langue, le wolof, il s'immerge dans leur culture. En apprenant la langue, il découvre un monde qui le captive, ce qui le mène finalement à devenir maître de conférences en grammaire wolof à l'Inalco. Comment une langue peut-elle autant influencer une trajectoire de vie ? D’une jeunesse mouvementée dans l’Est de la France au monde universitaire, Loïc raconte ce tournant, de ceux qui changent radicalement une vie.

    Ce podcast original RFI de Marjorie Bertin a été créé en partenariat avec l’Institut national des langues et civilisations orientales.

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    22 分
  • 4. Marine : le japonais, la langue de l’écologie
    2024/05/06

    Marine, passionnée par la préservation de l'environnement marin, décide d'apprendre le japonais. Son objectif ? Lancer un safari aquatique respectueux de l'environnement sur son île à Tahiti, sachant que de nombreux touristes japonais visitent la Polynésie française. Elle comprend l'importance de parler la langue et de comprendre la culture japonaise pour sensibiliser ses futurs clients aux enjeux climatiques. Son parcours, de Tahiti à l'Inalco, à Paris, reflète sa quête d'un monde plus respectueux de l'environnement à travers l'apprentissage linguistique.

    Ce podcast original RFI de Marjorie Bertin a été créé en partenariat avec l’Institut national des langues et civilisations orientales.

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    23 分
  • 5. Frédérique : l’indonésien, la langue oubliée
    2024/05/06

    Pour quelles raisons peut-on rejeter sa langue maternelle ? Frédérique, dont les parents installés à Java retournent en France quand elle a trois ans, se trouve brutalement déconnectée de sa langue maternelle, l'indonésien. Malgré ses voyages fréquents en Indonésie, elle se trouve peu à peu incapable de parler. Cette lacune affecte sa relation avec sa mère. Devenue réalisatrice, elle tourne des films en Indonésie mais ne peut toujours pas communiquer avec ses acteurs dans leur langue. Réalisant l'importance de retrouver sa langue maternelle, Frédérique entreprend son apprentissage, une immersion vécue par la jeune femme comme une renaissance.

    Ce podcast original RFI de Marjorie Bertin a été créé en partenariat avec l’Institut national des langues et civilisations orientales.

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    24 分
  • 6. Victor : l'ukrainien, la langue de la résistance
    2026/09/18

    L’ukrainien était pour Victor la langue maternelle de son grand-père. Une langue qu’il ne maîtrisait pas malgré le souvenir de quelques mots bien ancrés dans sa mémoire. Mais l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 va tout changer. Sidéré, impuissant, Victor décide d’apprendre la langue de ses ancêtres à l’Inalco. Il s’engage à la parler couramment avant la fin de la guerre. L'ukrainien devient alors son outil de transmission, de résistance, et son arme culturelle contre la désinformation. Mais c’est aussi par les livres et le chant que Victor s’efforce de transmettre cette culture qui le fascine tant, loin du prisme de la guerre.

    Le grand-père de Victor parlait « un français à couper au couteau », mais l'enfant qu'il était ne l'avait jamais remarqué. Puis un jour sa mère lui explique : « Papy, il est étranger ». Ce grand-père, arraché à l'Ukraine par les nazis comme près de deux millions de ses compatriotes, avait été envoyé construire des bunkers sur la côte normande, pendant la Seconde Guerre Mondiale, avant de se cacher juste à temps pour échapper au Débarquement.

    Victor ne parlait pas la langue, mais gardait quelques souvenirs d’enfance se limitant aux mots du quotidien. Tout bascule le 24 février 2022. Ce matin-là, en apprenant que les Russes bombardent les villes ukrainiennes et qu'on annonce la chute de Kiev dans trois jours, Victor imagine le bruit des missiles. C’est la sidération. Il ressent « une sorte de colère et d'impuissance », résume-t-il.

    Apprendre la langue pour faire vivre l'Ukraine

    Victor décide alors d’apprendre la langue pour mieux comprendre, accompagner, et soutenir les Ukrainiens. La maîtrise de cette langue devient alors une arme. Une arme contre les injustices que connaît le pays de ses ancêtres. Victor traduit cet engagement en ligne. Il s’implique dans des groupes et mouvements militants qui tournent en dérision la propagande russe et organisent des collectes de fonds soutenant des causes humanitaires ou permettant d'accompagner le développement logistique ukrainien.

    Si l’apprentissage de la langue permet à Victor de communiquer, de connaître et diffuser la culture de ses ancêtres, elle l’apaise également. Car cette langue, il la chante, interprétant des chants traditionnels avec une amie de l’Inalco.

    Car pour Victor, apprendre et transmettre l’ukrainien est crucial, “Par sa langue, le pays reste vivant” affirme-t-il.

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    27 分
  • 7. Sarah : le pashto, la langue de la fraternité
    2026/09/18

    En France, Sarah donnait bénévolement des cours de français à de jeunes exilés. C'est dans ce cadre qu’elle rencontre pour la première fois la langue pashto. Alors ingénieure du son en musique classique, elle décide de découvrir cette langue et cette culture en partant seule en Afghanistan. Devenue interprète pour la Croix-Rouge, elle œuvre notamment au rapatriement des corps des soldats afghans tués au combat. De retour en France, celle qui vient d’ouvrir le premier centre culturel afghan de Paris continue de faire de cette langue son métier à travers les cours qu’elle donne à l’Inalco, et ses activités de traductrice.

    Ingénieure du son dans la musique classique, Sarah donne des cours de français dans une association. Elle y rencontre des exilés afghans, soudanais ou syriens quand un jeune pakistanais lui répond, un jour, qu’il parle pashto. Une langue qu’elle ne connait pas. Le premier réflexe de Sarah est de penser que ce jeune homme ne l’a pas comprise. Mais en tapant « pashtoune » sur un moteur de recherche, elle découvre un peuple de soixante millions de locuteurs et a le sentiment que son raisonnement était, selon ses propres termes, « un peu raciste et colonialiste ».

    Portée par sa soif d’apprendre, Sarah part alors seule en Afghanistan, en 2019, vivre un mois dans une famille afghane.

    J'y étais allée en me disant : il faut que j'y aille avec les yeux d'un nouveau-né. – Sarah, Professeure à l'Inalco.

    Une Française en Afghanistan : comprendre, traduire et transmettre

    Ces quelques rudiments en langue pashto ne sont pas un frein à la découverte d’un nouveau modèle de société dans lequel elle trouve une forme de quiétude. Rapidement après son retour en France, Sarah rejoint la Croix-Rouge en tant qu’interprète pashto-anglais. Puis elle regagne l’Afghanistan, intervient notamment dans le milieu carcéral, et contribue également aux transferts de corps de combattants assassinés.

    Pendant son séjour, elle vit la prise de Kandahar, enchaînant les passages dans les bunkers pour se protéger des bombardements incessants. Elle se raccroche alors au sens de son action, fermement ancrée dans la culture afghane.

    Durant le Covid-19, elle enseigne le pashto à distance à des étudiants de l’Inalco. Puis, de retour en France, elle reprend le poste du professeur de pashto parti à la retraite, fonction qu’elle occupe encore aujourd’hui. Et l’engagement de Sarah s’étend au-delà des murs de l’Institut national des langues et civilisations orientales. Encore aujourd’hui, elle accompagne des exilés afghans et est devenue l'une des seules interprètes femmes du pays, permettant d’assister les patientes afghanes en gynécologie notamment.

    Pour mettre en lumière la culture et la langue qu’elle a adoptées, Sarah a également ouvert, rue des Pyrénées à Paris, « La Petite Kaboul ». Le soir, ce salon de thé mixte accueille des cours de français et de pashto, à partir d’un manuel bilingue français-pashto en vingt leçons qu’elle a elle-même conçu pour pallier le manque d’outils pédagogiques disponibles pour les locuteurs du pashto. Un travail de transmission qu’elle prolonge aujourd’hui avec la publication de Par-delà les portes closes, Nouvelles pachtounes contemporaines d’Afghanistan et du Pakistan, paru dans la collection « Nouvelles » de L’Harmattan.

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    29 分
  • 8. Augustin : le cambodgien, la langue contre l'oubli
    2026/09/18

    Sa mère, rescapée de la famille royale cambodgienne, refusait de lui transmettre le khmer après le génocide. En apprenant cette langue, Augustin, passionné de langues étrangères et aujourd’hui doctorant, s’empare pour la première fois de celle de ses ancêtres. Peu à peu, le khmer lui permet de reconstruire une mémoire familiale fragmentée et de comprendre les circonstances de l’assassinat de sa grand-mère par les Khmers rouges, en 1975.

    Thaï, chinois, anglais, français... Augustin est un amoureux des langues. Il en apprend plusieurs, comme le turc. Puis vient le khmer, langue de sa mère et de ses ancêtres. À travers leur apprentissage, Augustin renoue avec une histoire familiale longtemps restée secrète.

    Le khmer lui permet de découvrir peu à peu les origines de sa famille cambodgienne et l’histoire de sa mère, rescapée du génocide perpétré par les Khmers rouges. Une langue qui devient progressivement un moyen de comprendre ce qui s’est transmis, mais aussi, et surtout, ce qui a été tu.

    La langue khmère, c'est la langue de ma mère. Et avec cette langue, c'est toute l'histoire de ma mère que je découvre — Augustin, doctorant à l'Inalco.

    Le khmer devient bien plus qu’une langue. Augustin l’écrit dans ses carnets intimes, le parle avec sa famille et l’étudie à l’Inalco. Il y découvre ses différents niveaux de langage, du khmer quotidien au langage royal. Un niveau de langage qu’il a dû adapter lors de ses voyages au Cambodge, en 2024 et 2025.

    Entre étude des langues et quête de vérité : le khmer comme clé d’un passé méconnu

    Il y a d’ailleurs rencontré des membres de la famille royale, vêtu d’un costume qu’Augustin a lui-même confectionné dans un atelier du 13e arrondissement de Paris.

    C’est durant l’un de ces voyages qu’il retrouve la trace du village de sa grand-mère. Il s’y rend et découvre ainsi la maison en bambou dans laquelle elle vivait et, sans aucune certitude, aurait été assassinée en 1975. Perpétuant une tradition cambodgienne, Augustin a prélevé un bout de terre du lieu où elle habitait, qu’il compte bien déposer dans la nécropole royale.

    Au fil de ses recherches, Augustin devient ainsi le dépositaire d’une mémoire que sa famille avait longtemps gardée enfouie.

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    27 分