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8. Augustin : le cambodgien, la langue contre l'oubli

8. Augustin : le cambodgien, la langue contre l'oubli

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Sa mère, rescapée de la famille royale cambodgienne, refusait de lui transmettre le khmer après le génocide. En apprenant cette langue, Augustin, passionné de langues étrangères et aujourd’hui doctorant, s’empare pour la première fois de celle de ses ancêtres. Peu à peu, le khmer lui permet de reconstruire une mémoire familiale fragmentée et de comprendre les circonstances de l’assassinat de sa grand-mère par les Khmers rouges, en 1975.

Thaï, chinois, anglais, français... Augustin est un amoureux des langues. Il en apprend plusieurs, comme le turc. Puis vient le khmer, langue de sa mère et de ses ancêtres. À travers leur apprentissage, Augustin renoue avec une histoire familiale longtemps restée secrète.

Le khmer lui permet de découvrir peu à peu les origines de sa famille cambodgienne et l’histoire de sa mère, rescapée du génocide perpétré par les Khmers rouges. Une langue qui devient progressivement un moyen de comprendre ce qui s’est transmis, mais aussi, et surtout, ce qui a été tu.

La langue khmère, c'est la langue de ma mère. Et avec cette langue, c'est toute l'histoire de ma mère que je découvre — Augustin, doctorant à l'Inalco.

Le khmer devient bien plus qu’une langue. Augustin l’écrit dans ses carnets intimes, le parle avec sa famille et l’étudie à l’Inalco. Il y découvre ses différents niveaux de langage, du khmer quotidien au langage royal. Un niveau de langage qu’il a dû adapter lors de ses voyages au Cambodge, en 2024 et 2025.

Entre étude des langues et quête de vérité : le khmer comme clé d’un passé méconnu

Il y a d’ailleurs rencontré des membres de la famille royale, vêtu d’un costume qu’Augustin a lui-même confectionné dans un atelier du 13e arrondissement de Paris.

C’est durant l’un de ces voyages qu’il retrouve la trace du village de sa grand-mère. Il s’y rend et découvre ainsi la maison en bambou dans laquelle elle vivait et, sans aucune certitude, aurait été assassinée en 1975. Perpétuant une tradition cambodgienne, Augustin a prélevé un bout de terre du lieu où elle habitait, qu’il compte bien déposer dans la nécropole royale.

Au fil de ses recherches, Augustin devient ainsi le dépositaire d’une mémoire que sa famille avait longtemps gardée enfouie.

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