Les compagnies aériennes s'inquiètent de la hausse des incivilités en vol
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Planter une fourchette en plastique dans la main de son voisin, hurler, gifler une hôtesse l’air… Des incidents qui se produisent de plus en plus souvent en avion. L'agence européenne de sécurité aérienne estime la hausse des incivilités à 37% en 2025. Qu'il s'agisse de refus d'obéir aux consignes ou de comportements violents, cette hausse des incidents concerne toutes les compagnies du monde.
En langage d'hôtesses de l'air et de stewards, ils sont appelés les « paxi », terme qui désigne les passagers indisciplinés. L'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) enregistre jusqu'à 500 cas graves chaque année. La plupart des incidents ont lieu au moment de l'entrée dans l'avion. Certains passagers refusent par exemple de se séparer de leur bagage. Et phénomène nouveau : le refus, malgré les consignes, d'éteindre leurs appareils électroniques. Selon l'EASA, 25% des passagers disent avoir assisté à un échange musclé entre le personnel de bord et des « paxi ».
Aucunement surpris par cette hausse des incidents, Alain-Marie Maillat, expert formateur aérien, parle d'une « éducation des passagers » à inventer. Il plaide notamment pour des messages sur l'alcool, et pour cause : l'éthanol se retrouve beaucoup plus vite dans le sang lorsqu'il est bu altitude.
« Pour moi, les passagers qui boivent de l'alcool avant leur voyage ou dans l'avion sont des passagers qui font courir des risques à l'équipage, mais aussi au reste des voyageurs du vol. On a vu des avions obligés de se poser pour faire descendre des personnes trop turbulentes et trop agressives. En fait, chacun devrait être averti avant même de prendre un avion. On n'arrêtera pas cette hausse des incivilités sans éducation. Tout est à faire ! Je verrais très bien des petits textes de trois ou quatre lignes sur les cartes d'embarquement signalant les peines encourues, les amendes et même la prison ! Ensuite, le commandant de bord devrait dire, dans son message de bienvenue, un mot sur les violences vis-à-vis des personnels de bord ou des autres passagers », explique Alain-Marie Maillat.
Équipage formé par la police du RAIDLa police du RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion) n'est pas étrangère à l'école des hôtesses de l'air. En France, les policiers du RAID donnent des cours de gestion de crise aux hôtesses et stewards dès leur première année de formation.
« Les policiers nous apprennent les gestes d'autodéfense. Pour la gestion des conflits, en cas d'agression verbale, nous devons immédiatement aller chercher notre responsable, le chef de bord. Si cela ne suffit pas à calmer l'individu, le commandant de bord prend le relais. J'entends beaucoup dire que l'alcool est responsable des violences à bord. Mais pour moi, l'alcool n'explique pas tout ! Il n'y a pas longtemps, un passager refusait de respecter les consignes de sécurité, il m'a dit : "Vous me faites chier !" Les gens se permettent de plus en plus de choses sans conscience de la portée de leurs paroles ou de leurs attitudes », explique Emeline Leroy, hôtesse de la compagnie Transavia France.
L'effet réseaux sociauxRFI a interrogé plusieurs stewards et hôtesses de l'air. Tous ont l'impression que les images vidéos montrant des bagarres ou des gens ivres ou toutes sortes d'autres incidents encouragent certaines personnes à se filmer, elles aussi, lors de leurs voyages en se mettant dans ces mêmes situations d'affrontement verbal ou gestuel. Défier le personnel de bord est devenu une sorte de jeu malsain.
La France fait partie des pays qui ont décidé de muscler leur arsenal judiciaire. Désormais, sur toute compagnie licenciée en France, l'amende en cas de gestes ou de propos violent peut atteindre 10 000 euros, doublée à 20 000 euros en cas de récidive. L'Union européenne possède également un fichier des passagers à risque ou indésirables. Les passagers condamnés à de lourdes amendes seront inscrits dans ce fichier. Dans les cas de violences extrêmes, la peine de prison est prévue. Elle peut être accompagnée d'une interdiction de monter à bord d'une compagnie française pendant quatre ans.